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Hao à Jun
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Madame, vous êtes un monstre et je comprends pourquoi l'on vous connaît si peu d'amants. Vous en usez comme d'un guerrier avec son cheval : il vous suffit d'une chevauchée pour en crever dix. J'ai par chance assez d'endurance, mais par votre faute, me voici fourbu. Moi qui avais tant de projets pour ce soir ! À peine sorti des bras de pierre de ma statuesque sainte, il m'a fallu me jeter dans les vôtres, non moins rudes, et vous voudriez que je vole jusqu'à votre pupille pour la prier de m'ouvrir les siens ! De grâce, Marquise, laissez-moi une nuit de sommeil et j'irai conquérir sa porte, son cœur et tout ce qu'il vous plaira d'autre. Mais pour l'heure, votre écolière attendra : je laisse germer les graines que vous avez savamment plantées. J'ai par ailleurs de plus grands projets en tête, dont je vous dirai plus dans quelques temps. Ah et j'oubliais ce dîner de demain, en compagnie de Jeanne ! Vous finirez par me vieillir avant l'heure, ma belle amie. Et je gage que vous vous en repentiriez.
Vôtre à jamais, si vous daignez m'accorder quelques nuits de repos.
Hao.
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PS : Vos ardeurs m'inquiètent. Vous devriez vous trouver un galant qui vous les entretienne. Désirez-vous que je fasse savoir quelques noms ? Dites-moi. Vous savez que votre bonheur m'importe plus que tout.
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De Tokyo, ce 26 Mai 17**
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