Bonjour à tous,

Bon une fois n'est pas coutume, je suis encore en retard pour la publication de ce chapitre. J'espère que sa longueur m'aidera à me faire pardonner.

Comme à chaque fois, je tiens à vous remercier pour votre patience déjà, merci à tous les lecteurs qui suivent cette histoire depuis ses début - ou pas - et merci et bienvenu à tous les nouveaux lecteurs!

Vous êtes maintenant près de 160 Followers et plus de 100 favorits! Alors merci beaucoup!

Merci aussi pour vos nombreux reviews à chaque nouveaux chapitres!

et enfin, merci à ceux qui ont participé à mon petit jeu/concours. Les votes sont maintenant terminés et le résultat annoncé (toujours sur Wattpad).

Très de blabla, je vous laisse découvrir ce nouveau chapitre.

A bientôt pour la suite et bonne lecture!


XXXIII -

- Hé Lex'…

Je m'éjecte presque de notre étreinte brûlante dès que j'entends la voix, mais c'est déjà trop tard.

- Waouh si je m'attendais à ça, enfin…

Un rire ponctue la remarque tandis que je tente de reprendre une contenance. Mes yeux paniqués se posent sur Lexa qui n'a pas changé de place mais se tient parfaitement droite et impassible comme si sa cousine ne venait pas de nous surprendre. Autant pour notre secret…

- Anya…

La voix de Lexa gronde dans le silence pesant de la pièce. Elle semble bien plus énervée que gênée par l'irruption impromptue, et au fond ce constat me soulage.

- Clarke, c'est un plaisir de te revoir.

J'aimerais pouvoir en dire autant mais les mots restent coincés dans ma gorge. J'ai le visage en feu mais surtout, surtout le corps en ébullition. C'est la seconde fois de la journée que je me retrouve arrachée à l'objet de tous mes désirs et le manque cumulé à la frustration forme un cocktail détonnant qui est à deux doigts de me faire exploser.

- Je peux savoir ce qui t'amène dans mon bureau ? On ne t'a donc jamais appris à frapper avant d'entrer ?!

En face de moi Anya hausse les épaules avant de se laisse tomber nonchalamment sur l'un des canapés tandis que Lexa, visiblement contrariée, fait le tour de son bureau.

Très bien, a priori elle ne compte pas partir tout de suite, dans ce cas c'est peut-être à moi de m'en aller.

- Je vais vous laisser discuter, j'ai encore pas mal de révisions pour les examens et…

- Non. Attends, Clarke.

Je me retourne, légèrement surprise par le ton presque implorant de Lexa.

- Tu veux bien m'attendre là-haut ? Accorde-moi juste dix minutes, tu veux bien ? Tu avais quelque chose à me dire il me semble ?

Pour toute réponse je me contente de hocher la tête et un sourire vient discrètement étirer ses lèvres. Je me perds un instant dans la contemplation de ce sourire qui fait légèrement briller ses yeux. Peut-être un instant de trop parce qu'un raclement de gorge vient briser ce moment. En une fraction de secondes le regard de Lexa s'assombrit tandis qu'elle fusille sa cousine du regard. Bon, il est temps que je sorte d'ici maintenant. Sans plus attendre je me détourne. La voix d'Anya résonne dans mon dos quand je franchis la porte :

- Ce n'est que partie remise, Blondie !

Je ferme la porte en la traitant intérieurement de tous les noms. Dix minutes. Je lui laisse dix minutes et après je viens la tuer de mes propres mains si elle ne me rend pas Lexa !

OoOoO

Est-ce qu'il est possible que la notion de temps ne soit qu'une illusion ? Mon téléphone m'affirme que ça ne fait que sept minutes que je suis sortie de ce bureau et pourtant j'ai l'horrible impression qu'il s'est écoulé plusieurs heures.

J'ai eu le temps de me laisser tomber sur l'un des immenses canapés et de me perdre dans mes pensées avant d'avoir l'impression de devenir folle. Je me suis alors mise à arpenter le salon, puis le hall d'entrée avant de me laisser glisser sur le carrelage, les yeux rivés sur les portes de l'ascenseur. Finalement je me suis redressée, préférant le confort d'un des hauts tabourets de l'îlot central de la cuisine. Par deux fois je me suis levée, la première pour aller chercher un verre d'eau, la seconde pour récupérer mon téléphone qui depuis me nargue, étirant les minutes à l'infini.

Huit minutes. Plus que deux et je descends commettre un meurtre. Mes doigts tapotent nerveusement sur le marbre froid du plan de travail, dans un rythme qui leur est propre. De ma main libre, je fais apparaître l'horloge de mon téléphone. Huit minutes. Toujours huit minutes. Sérieusement ?! Je hais Anya ! L'écran redevient noir. Je lâche un soupir en laissant tomber mon front sur la pierre glacée devant moi.

Le bruit de l'ascenseur me fait relever la tête instantanément. Je saute de mon siège et cours presque pour me retrouver devant les portes au moment même où elles s'ouvrent sur Lexa. Mon cœur s'affole dans ma poitrine devant cette vision presque angélique, pourtant je ne bouge pas. Lexa non plus. Elle me regarde avec cette intensité qui lui est propre et ce petit sourire… Elle est tellement belle !

Mon corps me hurle de lui sauter dessus, mais mon esprit retient chacun de mes muscles, leur intimant de rester à leur place. C'en est presque douloureux mais je sais que c'est la bonne chose à faire. J'ai effectivement quelque chose à lui demander, mais plus important que ça, il y a un sujet que je dois aborder avec elle, il faut juste que je trouve le bon moment et la bonne façon. Je sais que si je laisse parler mon corps maintenant, je n'aurai plus le courage de nous faire redescendre de notre bulle en abordant ce sujet sensible. Il me faut juste un peu de volonté pour faire abstraction de ce désir brûlant encore quelques minutes. Juste quelques minutes de plus.

- Je suis désolée.

La voix de Lexa vient rompre le silence tandis qu'elle sort finalement de l'ascenseur dont les portes se referment.

- Anya peut vraiment être…

- Envahissante ?

Un sourire me répond tandis qu'elle s'approche de moi. Chaque pas dans ma direction fait accélérer un peu plus mon cœur, si bien que je me demande s'il ne va pas tout simplement lâcher d'ici peu. Je dois me concentrer. Je peux le faire. Je prends mon courage à deux mains et me détourne pour rejoindre le salon avec Lexa.

- En quelque sorte, oui.

Elle vient déposer la boîte de pâtisseries sur l'îlot centrale de la cuisine. Je n'avais même pas remarqué qu'elle l'avait dans les mains.

- C'est moi qui suis désolée. Tu voulais garder notre relation secrète et à cause de moi…

Je baisse les yeux, légèrement honteuse. Après tout c'est entièrement de ma faute si sa cousine nous a surprises. On ne peut pas dire que je regrette, non, jamais je ne pourrai regretter le moindre moment passé avec Lexa, mais j'aurais aimé éviter cette situation. Mon plan n'était pas si parfait que ça finalement.

Le regard que Lexa pose sur moi me fait relever les yeux. Je ne comprends toujours pas comment mon corps peut sentir une chose aussi subtile qu'un simple regard mais c'est un fait. À chaque fois que Lexa pose les yeux sur moi, c'est comme si son regard laissait une marque sur ma peau. Je pourrais le sentir même à plusieurs mètres de distance.

Le sourire attendri qu'elle m'adresse me fait fondre un peu plus lorsqu'elle s'approche de moi. Elle marque un temps d'arrêt une fois arrivée à mon niveau et mon cœur manque un battement en anticipant son prochain mouvement. Je peux voir ses muscles se mouvoir sous sa peau, son bras frémit presque et je suis certaine qu'elle va me toucher, mais au dernier moment elle détourne le regard et s'éloigne en direction du salon comme si de rien n'était.

Je relâche le souffle que j'avais retenu de façon inconsciente, avant de la suivre.

- Oh ne t'en fais pas pour ça. Je crois qu'elle le savait déjà de toute façon. Enfin, elle s'en doutait fortement. On n'a fait que confirmer ses doutes.

Elle se laisse tomber sur le canapé et je l'imite. Parler ne m'a jamais semblé aussi dur qu'en ce moment. Non pas que j'ai du mal à prononcer des mots, le problème ne vient pas de mes cordes vocales. Le souci c'est que mes lèvres ont une envie bien différente. L'écouter parler n'est pas plus simple, surtout quand mon regard se perd sur cette bouche tentatrice d'où s'échappe un son magnifique. J'aimerais bien l'entendre chanter un jour. Je déglutis avant de refouler mes pensés dans un coin de mon esprit et de me concentrer sur le moment présent.

- Je vois.

J'aurais aimé trouver quelque chose de plus pertinent à répondre mais il faut croire que mon corps a une influence bien plus importante que je ne le pensais sur mon esprit.

- Tu m'as dit cet après-midi que tu voulais me parler de quelque chose ?

J'aspire une grande bouffée d'air le plus discrètement possible dans l'espoir de retrouver l'entière possession de mon corps et de mon esprit. Par quoi commencer ?

- Je voulais…

Je lève la tête et me retrouve plongée dans les yeux de Lexa. Et mince ! Elle me regarde patiemment comme elle le fait à chaque fois que j'ai du mal à m'exprimer, ce qui m'arrive beaucoup trop souvent avec elle. Ce n'est pourtant pas dans mes habitudes, mais quand je croise ses iris émeraudes, c'est comme si toutes mes convictions s'envolaient et que je n'étais plus sûre de rien, pas même de moi et de ma propre voix. Il faut vraiment que je règle ce problème. Je suis sûre que c'est uniquement à cause de toute cette frustration accumulée, ça a fini par me griller le cerveau, je ne vois pas d'autre explication.

- Octavia propose une soirée entre filles. Elle aimerait que tu viennes et … Peut-être que tu pourrais inviter Anya également ?

La surprise que je lis sur le visage de Lexa ne m'étonne absolument pas. A vrai dire je m'attendais exactement à ce genre de réaction bien que je ne sois pas certaine de ce qui la surprend le plus : l'invitation d'Octavia ou le fait que je demande à inviter Anya également ? Oui, à moi non plus l'idée d'inviter Anya ne me semble pas géniale mais c'est pour Raven et surtout pour éviter une crise diplomatique avec O'. En face de moi, Lexa réfléchit rapidement. Elle pèse les pour et les contre et je suis presque certaine qu'elle en vient aux mêmes conclusions que moi. Elle doit comprendre à quel point cette idée est idiote et dangereuse pour notre petit secret. Pourtant son visage finit par se détendre imperceptiblement.

- Ça devrait être faisable. Enfin je vais devoir en parler à Anya, elle ne sera pas facile à convaincre mais si Raven est là… Elle a prévu quoi comme genre de soirée ?

Je reste un instant interdite. Je ne pensais pas qu'elle accepterait. Pas en connaissant tous les risques.

- Une soirée cinéma suivie d'un verre dans un de ses bars préférés. Tu as conscience du risque n'est-ce pas ? O' se doute de quelque chose et elle va nous épier toute la soirée. La moindre erreur et elle le verra. Il ne lui en faudra pas plus pour sauter aux conclusions, tu le sais, n'est-ce pas ?

- Ne t'en fais pas Clarke, tout va bien se passer, il suffit qu'on se comporte comme on le faisait avant, comme deux amies, et tout ira bien.

Son argument n'arrive pourtant pas à me convaincre. Je reste perplexe un instant, ne sachant pas bien si elle pense sérieusement ce qu'elle vient de dire ou si elle essaie juste de s'en persuader elle-même. Lexa semble le remarquer et un léger rire s'échappe de ses lèvres. Aussitôt mon cœur s'allège. Je savoure ce moment trop rare tandis que le son du rire de Lexa me chatouille encore les oreilles. Elle est encore plus belle quand elle rit, si seulement c'est possible. Mon cœur se gonfle et bat un peu plus fort dans ma poitrine. Je me rends compte que je la fixe quand je la vois avaler sa salive tandis que son rire s'évanouit dans le silence de l'appartement, ne laissant pour seule trace qu'un sourire timide sur son visage.

- Ce sont tes amies Clarke, et même si ça ne sera pas facile de voiler nos sentiments l'espace d'une soirée, j'aimerais mieux connaître les personnes qui participent à ton bonheur tous les jours. Même si Octavia parle un peu trop et un peu trop fort. Même si Raven peut être infernale en présence d'Anya. Elles font partie de ta vie, alors je veux mieux les connaître.

Mon cœur s'emballe encore un peu plus à ses paroles. J'ai envie de lui répondre que la personne qui participe à mon bonheur tous les jours, c'est elle. J'ai beau adorer ces filles, elles ne tiennent pas ne serait-ce qu'un centième de mon bonheur entre leurs doigts. Ce pouvoir c'est Lexa qui le détient, elle et elle seule. Mais je ne peux pas lui dire car ce serait avouer également qu'elle est la seule capable de me détruire et ça, c'est encore bien trop effrayant pour que je l'accepte pour le moment. A défaut de trouver une meilleure réponse, je me contente de hocher la tête.

- En fait je n'aurai qu'une seule condition, que cette soirée se passe ici.

- Une nouvelle fois je reste sans voix. Comment ça, ici ?

- Il y a de la place pour tout le monde. Les canapés sont bien plus confortables que n'importe quel siège de cinéma et on peut faire du popcorn. Sans compter que je suis presque sûre qu'il y a encore ce qu'il faut dans le bar de la bibliothèque pour faire plaisir à tout le monde.

- Tu es sûre de toi ? Tu veux que tout le monde vienne dans ton appartement ? Tu veux faire cette soirée ici ? Mais pourquoi?

- J'en suis absolument certaine. Ca serait dommage que la soirée soit gâchée à cause de paparazzi et de journalistes trop curieux.

Elle marque un point. je ne suis pas certaine qu'Octavia, ni même Raven et encore moins Harper apprécient de voir leur soirée entre filles étalée en première page des magazine people.

- Très bien. Je préviendrai les filles alors.

Je ne pensais pas qu'il aurait été aussi facile de la convaincre. J'espérais avoir plus de temps pour trouver les bons mots avant d'aborder le vrai sujet. Celui qui ne manquera pas de nous faire redescendre sur terre un peu trop violemment. Pourtant ce n'est pas grand-chose, enfin… Je ne sais pas vraiment ce que c'est mais je dois le lui dire. De toute façon elle finira forcément par le savoir puisque ça la concerne.

En face de moi Lexa semble avoir remarqué mon hésitation. Elle a compris que je m'apprêtais à dire quelque chose mais que j'avais besoin de temps pour le formuler alors elle ne dit rien, et se contente de poser sur moi un regard doux et bienveillant.

- J'ai été contactée par la police.

Inévitablement le visage de Lexa s'assombrit. Son regard se ternit et ses trait se tendent légèrement. Pourtant elle ne semble pas surprise. Non, en fait son expression ne trahit aucune émotion et c'est peut être ça le plus dur à supporter. Le changement brutal de température entre nous me serre le coeur. Je m'en veux presque d'avoir abordé le sujet mais il le fallait. J'ai déjà passé une soirée et une journée entière à réfléchir à la bonne façon de le lui dire sans trouver de solution, je ne pouvais plus me dérober.

Comme Lexa ne réagit pas à mon intervention, je décide de poursuivre pour lui fournir le peu d'informations que j'ai en ma possession.

- Ils sont venus me voir hier soir pour me demander de passer au commissariat re-raconter ma version des faits en détail. Ils n'ont pas voulu me dire pourquoi. Il m'ont juste précisé qu'ils avaient besoins d'éclaircir certains points incohérents. Tu sais de quoi ils voulaient parler ?

Je peux voir d'ici les muscles de sa mâchoire se crisper dans une tentative de cacher son mécontentement.

- Je leur avait dit que c'était inutile mais ils ne veulent rien entendre.

La froideur de son ton me fait mal. Je sais que cette carapace fera toujours partie d'elle mais je déteste quand elle me repousse à l'extérieur de ses murs. Elle ne le fait pas volontairement, du moins je ne pense pas, mais j'aimerais tellement qu'elle accepte de me laisser voir ses faiblesses. Parce que c'est bien de ça qu'il s'agit, qu'elle se l'avoue ou pas, elle ne me fait toujours pas assez confiance pour m'exposer toutes ses failles et ses faiblesses. Si c'était le cas, elle ne ressentirait pas le besoin de se retrancher derrière ces barrières.

- Tu savais qu'ils viendraient?

- Non, je pensais avoir réussi à les convaincre mais visiblement je n'ai pas été assez claire. Je suis vraiment désolée que tu te retrouve mêlée à tout ça.

- Tu sais, j'apprécie vraiment que tu tiennes assez à moi pour vouloir me protéger de la sorte mais que tu le veuilles ou non, je suis mêlée à cette histoire.

- Je sais. J'aimerais juste que ça ne soit pas le cas.

- Tu sais pourquoi ils veulent reprendre ma déposition?

Elle hésite un moment, tiraillée entre l'envie d'être franche et honnête avec moi et celle, probablement de continuer à me garder éloignée de toute cette histoire. D'un simple regard je tente de lui faire comprendre que cette solution n'est pas envisageable, ce qu'elle semble comprendre et finalement accepter.

- Ils ont interrogé Nia il y a quelques jours. Elle aurait confirmé les dire de Cage sur pas mal de points et en particulier sur son histoire avec mon père.

- Je vois. Mais dans ce cas-là, quelle partie leur paraît incohérente?

- Comme tu t'en doutes, dans une enquête on ne peut pas se fier uniquement à la parole des gens. On a besoin de preuves tangibles. Ils ont cherché des documents qui pourraient confirmer toute cette histoire. Il ne leur a pas fallu longtemps pour trouver des preuves du lien entre Nia et mon père. Elle avait suffisamment de photos et autres souvenirs. Le rôle de Cage a été un peu plus compliqué à mettre en évidence mais il semble lui aussi avoir dit la vérité sur son lien avec mon père et Nia. Les enquêteurs ont pu facilement retracer toute une partie de l'enfance de mon père et de sa vie d'adolescent. Le reste est encore plus simple puisque plus rien n'a été privé depuis qu'il a pris à la tête de l'entreprise familial.

- Alors où est le problème? Je ne comprends pas.

- Le problème c'est que Nia leur a parlé de cette histoire d'infertilité mais qu'ils n'en ont trouvé aucune trace. Il devrait pourtant y avoir des traces de ces résultats dans son dossier médical, mais rien.

- C'est plutôt une bonne nouvelle, non?

- Ça devrait en effet, sauf que ça n'a pas de sens. Pourquoi Cage et Nia s'accorderaient sur leur histoire et sembleraient dire toute la vérité pour mentir uniquement sur ce point précis?

- Tu penses qu'ils auraient pu, je ne sais pas, monter cette histoire de toutes pièces ? En se basant sur des faits réels, c'est tellement simple de faire passer une fausse information.

- Peut-être, mais ça n'explique pas mon père à fait faire un test de paternité.

Cette fois la révélation me surprend. Je suis complètement perdue. Je ne suis pas détective et je n'ai probablement pas assez regardé de séries policières pour comprendre en quoi ce genre d'information est un problème. Ca ne devrait pas plutôt être une bonne chose ? Pas de trace d'infertilité, un test de paternité prouvant le lien entre Lexa et son père, peu importent les parole de Cage ou de Nia, les preuves matérielles suffisent à elles seules, non?

- Comment ça?

- On ne fait pas un test de paternité sans raison. Son existence à elle seule est louche pour les enquêteurs et ça l'est d'autant plus que ça contredit les paroles de Nia et de Cage .

Ses mots font écho dans mon esprit au moment où je comprends où elle veut en venir et quelles conclusions les enquêteurs ont pu tirer de tout ça. Mais ce ne sont que des suppositions. Sans preuves, tout ça ne reste qu'un enchaînement de coïncidences qui n'ont probablement aucun lien. Je n'ai pas connu les parents de Lexa mais Cage lui-même a souligné sa ressemblance avec son père, alors pourquoi tout remettre en doute maintenant?

J'avale difficilement ma salive. Tout ça doit être terriblement dur pour Lexa. Je sais qu'elle ne le dira pas et ne le montrera pas, mais j'ai déjà eu un aperçu du coeur si sensible et fragile sous sa carapace et il ne fait aucun doute que toute cette histoire doit la toucher bien plus qu'elle ne veut bien le faire paraître.

Dans un geste qui se veut rassurant, je viens mêler mes doigts aux siens. J'observe un instant mon pouce qui caresse la peau fine de son poignet avant de relever la tête à le recherche de son regard. J'aimerais tellement qu'elle me laisse entrer. Qu'elle m'accorde suffisamment sa confiance pour me laisser franchir ce mur si haut et si épais. J'imagine la force dont elle doit faire preuve pour ériger cette barrière entre elle et le reste du monde et mon admiration pour elle n'en ai que plus grande, mais j'aimerais tellement qu'elle n'ait pas à user de cette force avec moi.

Je cherche dans le fond de ses iris une faille, un signe, n'importe quoi qui pourrait me permettre de l'atteindre. Pendant que mon pouce continue ses va et vient sur sa peau douce, je cherche des mots. Pas n'importe lesquels, mais ceux qui seront capable de l'atteindre sans la faire fuire. Je sais que c'est le risque et que si elle se sent menacée, trop vulnérable, elle peut choisir de s'enfuir comme elle l'a déjà fait et je ne le supporterai pas.

A défaut de trouver des mots, je tente de laisser parler mon regard. J'y fait passer toute l'affection que j'ai pour elle, tout le respect et l'admiration aussi mais ce n'est pas assez. C'est à ce moment-là que quatre petit mots viennent ricocher dans mon esprit. Ils tournent en boucle, refusant de sortir, ne sachant pas trop bien l'effet qu'ils pourraient avoir. Inlassablement ils reviennent, comme un refrain entêtant qui ne demande qu'à sortir. Alors j'ancre mon regard un peu plus profondément dans le sien et je referme les doigts un peu plus fort sur sa main, dans une timide tentative de la retenir au cas où elle déciderait de s'enfuir.

- Tu n'es pas seule.

Je sais qu'elle comprend l'ampleur de mes mots lorsqu'une timide étincelle vient faire briller ses iris. C'est infime mais c'est là, je peux la voir, cette lumière éblouissante cachée derrière ce mur épais qui vient de se fissurer.

Je ressens un profond soulagement quand je prends conscience que j'ai réussi à l'atteindre et qu'elle ne s'est pas enfuie. Peut-être, peut-être qu'elle a plus confiance en moi que je ne le pensais finalement. Ce constat fait naître un timide sourire sur mes lèvres tandis que progressivement je distingue les pierres qui tombent du mur les une après les autres, gonflant simultanément mon coeur de bonheur.

Quand finalement les dernières pierres disparaissent, je remarque une certaine agitation chez Lexa. Je suppose que c'est bon signe. Que ça signifie que je la vois vraiment, tout entière, sans filtre, avec ses craintes, ses doutes et ses faiblesses. Maintenant que je peux le voir, j'aimerais être capable de le comprendre et de pouvoir l'aider, mais pour ça, il va falloir qu'elle me laisse faire.

Je ne sais pas vraiment comment m'y prendre. J'ai la terrible impression de marcher sur un fil tendu, en équilibre précaire, et qu'au moindre faux pas tout peut disparaître ou plutôt que je me retrouverai de nouveau exilée de l'autre côté d'une véritable forteresse. Pourtant je ne veux pas m'arrêter en si bon chemin. Avec toute la tendresse qu'il m'est possible d'exprimer, je prononce prudemment son nom.

- Lexa ?

- Je…

Elle se mord nerveusement la lèvre inférieure, un geste qui n'échappe malheureusement pas à la bête qui sommeillait en moi et que j'avais réussi à faire taire. Je me gifle intérieurement pour avoir ce genre de pensées dans un moment pareil avant de me reconcentrer sur le regard de Lexa, seule porte d'accès à son âme.J 'y découvre un de ces fameux combats qu'elle mène contre elle-même. J'entends presque les rouages de son cerveau se mettre à tourner à toute vitesse.

- Hé, tout va bien. Tu sais que tu peux tout me dire ?

- Je sais, c'est juste que…

Une nouvelle pause. Ce n'est vraiment pas un comportement habituel chez elle et je sens naître en moi les premiers signes d'angoisse. Ses épaules s'affaissent imperceptiblement. Je connais les signes, le combat est terminé, il ne me reste plus qu'à attendre le résultat.

- Merci.

- Merci? Pourquoi?

- Pour tout. De te battre pour moi. De ne pas partir en courant malgré tous les obstacles.

Ces mots me touchent bien plus qu'elle ne le pense. Comment peut-elle me remercier pour quelque chose d'aussi évident ? N'a-t-elle pas conscience de la place qu'elle a su prendre dans ma vie et dans mon coeur ? Je cherche dans son regard une réponse à cette question, au moins un indice. Mais la seule chose que je suis capable de voir c'est le sourire qui naît sur ses lèvres et cette petite flamme si particulière qui illumine son regard, et de nouveau mon coeur se gonfle.

Parfois je me demande encore comment j'ai fait pour ne pas la voir plus tôt. Comment j'ai pu passer à côté de ce que j'éprouve pour elle. Quand j'y repense, tous les signes étaient là et je crois même que plus d'une fois elle a essayé de me faire ouvrir les yeux. Bon sang, elle m'a même embrassée et encore là, je n'ai pas été capable de comprendre.

- Clarke ? Tu sais, si tu me regardes comme ça lors de la soirée avec les filles, notre secret ne tiendra pas bien longtemps et Octavia n'aura même pas besoin de creuser pour comprendre.

Je sens une chaleur caractéristique me monter au visage devant le sourire charmeur et plein de sous-entendus de Lexa. Je suis certaine que mes joues ont pris au moins deux teintes de rose. Malgré tout le sérieux de la situation, je suis incapable de résister à l'attirance que j'éprouve pour elle. Comme une enfant qu'on aurait prise la main dans le paquet de cookies, je baisse les yeux légèrement gênée, mais contrairement à de simples gâteaux, l'objet de mes convoitises est capable de bouger. Quand ses doigts viennent se poser sur mon menton pour relever mon visage, une nuée de papillons s'envole dans mon ventre. Doucement je lève les yeux et me retrouve une nouvelle fois plongée dans les yeux rieurs de Lexa.

- Je n'y peux rien. Ça serait plus simple si tu n'étais pas… Toi.

Mon ton résigné et légèrement boudeur semble l'amuser car un large sourire vient étirer ses lèvres. Il n'y a rien de drôle. Elle a raison. Si je ne suis pas capable de me contrôler, Octavia n'aura aucune mal à comprendre que nous sommes ensemble et toute les personnes présentes aussi d'ailleurs.

- Tu es tellement adorable.

Cette fois je la fusille du regard. Non mais elle se moque vraiment de moi ? Ça n'a rien d'adorable, c'est… Un rire cristallin vient me chatouiller les tympans. Je reste émerveillée devant ce spectacle aussi magique que fascinant. De nouveaux mon coeur accélère sa course dans ma poitrine... Ce son, cette scène remuent quelque chose de très profond en de beauté... Un ange. Voilà ce qu'elle est, un fichu ange, tombé tout droit du paradis.

Lentement son rire s'essouffle. Elle n'en demeure pas moins belle, et je suis absolument incapable de détourner le regard. Je n'en ai ni la force, ni même l'envie. J'ai bien trop peur que tout ceci ne disparaisse comme un mirage, trop beau pour être vrai. Comme pour me prouver que tout ceci est bien réel, elle vient poser le plus doux des baisers sur mes lèvres et je jure que mon cœur se liquéfie dans ma poitrine.

- Reste avec moi ce soir.

Ces mots presque chuchotés finissent de me faire fondre. A l'image de mon cœur, mon cerveau cesse de fonctionner. Je reste là à me perdre dans son regard, cherchant un moyen de survivre à cet afflux massif et brutal de sentiments. Un ange... Ou peut être un démon. Un délicieux démon auquel je suis incapable de résister plus longtemps !

OoOoO

Un sourire de bien-être sur le visage, je me cale un peu plus près du corps de Lexa. Parfois elle peut vraiment avoir une imagination diabolique et débordante, pour mon plus grand plaisir. Il faut croire que les gâteaux que j'ai rapportés n'ont pas donné des idées qu'à moi. Quoi qu'il en soit, je me sens bien plus sereine depuis que j'ai pu me débarrasser de toute cette frustration accumulée, à moins que ça ne soit l'effet des bras de Lexa autour de moi. Probablement les deux je dirais. Distraitement, je caresse du bout du doigt la peau douce de son ventre tandis que sa respiration me berce à un rythme lent et régulier. Je ne suis pas sûre d'avoir un jours autant savouré la crème fouettée qu'à même le corps de cette femme sublime.

- Tu as encore faim ?

D'elle ? Toujours ! Mais…

- Je ne peux pas répondre non à cette question, mais je ne suis pas sûre d'en avoir encore la force.

Un rire silencieux agite délicatement sa cage thoracique qui vibre contre ma joue.

- Non, je parlais d'une vraie faim. Il reste quelques pâtisseries si tu as envie, sinon on peut aussi commander quelque chose de différent ?

- Oh…

Un sourire étire mes lèvres quand je comprends le malentendu. Elle n'a pas été très claire, ce n'est pas de ma faute si j'ai compris de travers. Je note quand même que cette question semble devenir une habitude, un rituel d'après câlins en quelque sorte, et j'y trouve quelque chose de réconfortant.

Est-ce que j'ai faim ? J'interroge mentalement mon estomac. J'ai eu ma dose de sucre pour la soirée mais je ne suis pas contre quelque chose de salé. J'espère simplement qu'on peut se faire livrer la nourriture jusqu'à ce canapé parce que je ne suis pas certaine d'avoir encore le courage de bouger ne serait-ce que pour aller jusqu'à la porte de l'ascenseur ou pire, jusqu'au hall d'entrée de l'immeuble, et je n'ai aucune envie de devoir sortir de l'étreinte de Lexa ne serait-ce qu'une minute.

L'espace d'un instant j'envisage sérieusement de sauter ce repas, peu importe ce que mon estomac en dira, mais Lexa aussi a besoin de manger et je ne permettrai pas qu'elle perde du poids ou de l'énergie à cause de moi.

- On pourrait se faire livrer italien, tu en dis quoi ?

- Pizza ?

- Je pensais plutôt à des pâtes mais…

- Excellente idée !

Satisfaite de ce choix, je ferme mes bras autour du corps chaud tout contre moi et je me blottis un peu plus confortablement encore. Peu importe dans combien de temps arrivera notre repas, je compte bien passer ces minutes exactement là où je suis.

- Euh, Clarke ?

- Hum ?

- Il faut au moins que j'attrape mon téléphone si tu veux avoir une chance de manger ces pâtes.

Je grogne mon mécontentement sans aucune retenue avant de venir enfouir mon visage dans le creux de son cou. Non vraiment, il n'y a aucun moyen que je bouge d'ici, ni même que je la laisse en bouger!

Un doux rire l'agite de nouveau. Bon sang, comme j'aime ce son ! Je ne m'en lasserai jamais. Une paire de lèvres se pose délicatement sur le haut de mon front tandis que ses doigts sur la peau nue de ma taille tracent un dessin répétitif, une sorte de huit dont les boucles seraient particulièrement allongées. Ce simple contact est absolument délicieux et je pourrais très facilement m'endormir si son estomac ne venait pas de se mettre à gronder sous ma main. Un peu de courage, Clarke. On ne peut décemment pas vivre d'amour et d'eau fraîche et si je ne veux pas voir cette femme incroyable dépérir, il faut qu'elle se nourrisse.

Après une dernière hésitation, je desserre mon étreinte et me redresse légèrement. Je viens poser mes lèvres sur l'estomac en colère, lui promettant de quoi le contenter. Je peux sentir tous ses muscles se contracter sous mon contact, faisant naître sur mon visage un sourire qui vient chatouiller sa peau douce. C'est tellement grisant de voir l'effet que je peux lui faire.

Quand je relève finalement le visage pour croiser son regard, je remarque qu'elle a fermé les yeux, sa lèvre inférieure légèrement coincée entre ses dents. Oh oui vraiment, j'aime l'effet que je peux avoir sur elle ! Je me penche pour embrasser cette bouche si tentante en me demandant encore une fois comment j'ai pu avoir la chance d'avoir une femme comme elle dans ma vie.

A contre-cœur je romps le contact et m'éloigne. Je ne lui laisse pas le temps de faire le moindre mouvement et quitte notre petit nid d'amour à la recherche d'un téléphone. Je sens les yeux de Lexa suivre chacun de mes mouvements et quand je trouve finalement ce que j'étais partie chercher, je ne perds pas un minute pour la rejoindre.

On passe les minutes suivantes à choisir notre prochain repas avant de se rhabiller sommairement en attendant l'arrivée du livreur. Ce dernier ne tarde pas à arriver et sans que je ne sache bien comment, c'est dans le hall d'entrée de l'appartement qu'il vient nous apporter notre repas.

Je vais récupérer notre commande pendant que Lexa part chercher de quoi payer. Quand elle entre dans le hall, je suis incapable de manquer le regard appréciateur que lui jette l'homme en face de moi. Je ne peux pas le blâmer, après tout n'importe quel être vivant avec des yeux trouverait Lexa aussi belle que fascinante. Un sentiment désagréable s'insinue pourtant en moi, comme l'impression dérangeante qu'il piétine notre intimité en posant ses pieds dans cet appartement.

C'est peut-être futile mais je n'aime pas du tout la façon dont cet inconnu vient de s'insinuer dans notre bulle sans même en avoir conscience. Je serre le poing pour tenter de faire disparaître ce sentiment déplaisant qui ne me ressemble pas. Ce n'est pas parce que cet homme s'est aperçu à quel point Lexa est désirable, et encore moins parce qu'il est venu dans cet appartement par notre volonté que je dois me permettre de ressentir ce genre de chose. Je ne suis pas ce genre de personne.

- Clarke ?

La voix de Lexa me ramène à la réalité. Je n'avais même pas remarqué que le livreur était parti et que je fixais maintenant les portes closes de l'ascenseur. Est-ce qu'il est parti depuis longtemps ? Je n'en ai aucune idée. J'étais bien trop occupée à me concentrer pour ravaler mes émotions négatives à son égard.

- Tout va bien ?

Je desserre le poing, me sentant presque honteuse d'avoir réagi de façon aussi excessive. Qu'est ce qui me prend au juste ? Je sais que sous l'influence de fortes émotions je peux être impulsive, mon comportement après la mort de mon père en est une preuve flagrante, mais jamais encore je n'avais eu ce genre de réaction à l'encontre de quelqu'un.

- Oui, excuse-moi.

Je ne sais pas pourquoi je m'excuse au juste. Ce n'est pas comme si elle avait pu lire dans mes pensées et savoir que l'espace d'un instant j'ai eu envie de frapper ce pauvre garçon.

- Je ne savais pas que tu étais du genre jaloux.

Je tourne vivement la tête vers Lexa qui me sourit tendrement. Moi, jalouse ? Non, ça n'a rien à voir. Je ne suis pas ce genre de personne. Enfin peut-être que si, mais…. Je refuse de devenir comme ça.

Je suis Lexa jusqu'à la cuisine où je dépose notre commande en sortant les différentes boîtes du sachet pendant que Lexa sort des couverts et des assiettes.

- Tu sais, je ne suis pas sûre que ça soit une si bonne idée que ça.

Ma question ne l'interrompt pas dans sa tâche tandis qu'elle dépose deux verres sur le plan de travail.

- De quoi ?

- D'organiser cette soirée ici.

Cette fois j'ai toute son attention. Elle s'installe en face de moi sans me lâcher des yeux.

- Comment ça ?

J'avale difficilement ma salive. Mince, comment je vais pouvoir lui expliquer ça sans passer pour une folle ? Maintenant que j'ai commencé, il va falloir que je trouve quelque chose. Je plante mes yeux dans les siens difficilement alors que le doute m'assaille.

- Je ne suis pas sûre de… Je pense qu'un lieu public serait moins risqué pour notre secret. Il y a trop de…souvenirs dans cet appartement. C'est notre bulle à nous. Je ne sais pas si je serai capable d'en faire abstraction après… Après tout ça.

Je sens le rouge me monter au visage. Je n'ai pas honte de ce que nous avons fait ici. Oh non, loin de là. Je n'en suis même pas un tout petit peu gênée, bien au contraire. Je chéris chacun de ces précieux souvenirs, aussi merveilleux les uns que les autres. Non, ce qui me fait rougir c'est d'avouer à Lexa que lorsque je regarde ce canapé par exemple, je ne peux m'empêcher de l'imaginer allongée dessus parfaitement nue et rayonnante. C'est même tellement clair dans mon esprit que j'ai l'impression que n'importe qui pourrait le voir également, et ça c'est juste… Inimaginable.

Sans compter les idées qui viennent chatouiller mon imagination quand je visualise ce genre de choses et que mon corps ne manquera pas de vouloir mettre à exécution sans délai. Vu le peu de contrôle que je semble avoir sur moi-même dans ce genre de situation, je ne suis pas certaine que ça soit la chose à faire.

- Tu n'as pas complètement tort. C'est peut être un peu risqué, et puis je crois que j'aime l'idée que cet endroit ne reste rien qu'à nous pour le moment. Du moment qu'on reste discrètes et dans des lieux relativement intimes, on ne devrait pas avoir trop de problèmes avec les journalistes.

Je ne m'attendais pas à ce qu'elle comprenne aussi facilement. J'avoue que malgré tout ce qui nous a rapprochées, j'ai encore du mal parfois à savoir ce qu'elle pense. Notre relation a largement évolué depuis notre rencontre, et pourtant elle garde toujours une certaine part de mystère, comme s'il me manquait encore des pièces pour voir le puzzle dans son intégralité. J'aimerais avoir accès à toutes les parties d'elle mais je sais aussi que si ce n'est pas encore le cas, c'est que je ne les ai sans doute pas encore méritées. Elle me fait suffisamment confiance pour m'avoir ouvert son cœur et une partie de sa vie, le reste viendra. Il ne tient qu'à moi d'être à la hauteur.

- En parlant d'un endroit rien qu'à nous, tu sais ce que tu comptes faire de ton autre appartement ?

Le changement de sens de la conversation la déstabilise légèrement. Je comble le blanc qui suit en nous servant une bonne portion de nourriture avant de goûter une bouchée.

- Je pensais le vendre puisqu'il ne nous est plus d'aucune utilité, pourquoi ?

En voilà une bonne question. Je prends encore une bouchée le temps de trouver une réponse convenable parce que les raison qui m'ont poussée à poser cette question sont difficilement explicables.

- Tu sais, malgré ce qui s'est passé, j'aime beaucoup cet endroit. Je n'y ai pas que des souvenirs joyeux c'est vrai, mais chaque larmes versée entre ces murs a marqué mon histoire, notre histoire, et… Je crois que j'aurais l'impression de me séparer d'une partie de moi, enfin… Non c'est idiot, désolée. C'est ton appartement, tu en fais ce que tu veux.

Je baisse les yeux pour me concentrer sur mon assiette. Pourquoi est-ce que je réagis comme ça aujourd'hui ? Depuis quand est-ce que je fais des choses aussi folles qu'organiser un rendez-vous coquin surprise ? Depuis quand est-ce que j'ai envie de frapper quelqu'un à cause d'un simple regard ou même de sa simple présence dans un endroit précis ? Et voilà maintenant que je fais ma sentimentale en m'attachant à un bien immobilier ? J'ai presque envie de me gifler pour autant d'idiotie. Ce n'est même pas mon appartement ! Est-ce que ça pourrait être à cause de ma commotion ? Le médecin a dit qu'il n'y avait plus de signes de cet épisode mais je sais qu'il peut y avoir des séquelles, même très discrètes.

- Hé Clarke, regarde-moi.

En prononçant ces mots Lexa s'est rapprochée de moi, posant la main sur mon menton pour m'obliger à me plonger dans ce vert fascinant.

- Ce n'est pas idiot. J'ai toujours considéré cet appartement comme étant le nôtre. Si tu ne veux pas qu'on s'en sépare, on peut trouver une autre solution. Tu voudrais retourner y vivre ?

Et voilà, j'ai de nouveau envie de me coller une gifle. Je ne sais pas dans quoi je me suis fourrée, mais le mieux que je puisse faire maintenant pour m'en sortir c'est d'être parfaitement honnête.

- Je… Je ne sais pas encore. Je te l'ai dit, c'est idiot. Après tout, ce n'est qu'un appartement. Je n'ai besoin que de toi pour me sentir chez moi, l'endroit n'a que peu d'importance.

Le regard de Lexa sur moi prend une intensité nouvelle. C'est comme si mes mots avaient allumé quelque chose en elle. Mes mots… Mais qu'est ce qui m'a prise de dire ça ! Si ça se trouve elle va prendre peur et s'enfuir de nouveau. La panique me gagne quand je prends conscience de ce que mes paroles impliquent. Je suis incapable de détourner mon regard de celui de Lexa, guettant moindre signe qui pourrait me prévenir d'une fuite imminente, mais tout ce que je suis capable d'y voir c'est cette chose que je suis incapable d'identifier. Je n'avais jamais vu ses iris scintiller de la sorte. On dirait presque qu'elle a vu une créature fantastique sortie tout droit d'un songe.

Il n'y a aucune trace de peur au milieu de toute cette lumière mais… Est-ce que ce sont des larmes ? Je n'ai vu Lexa pleurer qu'une seule fois et ce souvenir me brise encore le cœur. Elle était tellement désespérée. Elle avait laissé tomber toutes ses barrières et était venue chercher la force de se relever dans mes bras. Ce souvenir est aussi douloureux qu'il est beau, mais jamais je ne veux revoir des larmes couler sur ses joues. Jamais je ne veux revoir cette douleur dans ses yeux. Jamais je ne veux ressentir ce désespoir dans ses gestes.

Mais avant que je puisse voir s'il s'agit bien de larmes, une paire de lèvres vient s'écraser sur les miennes, stoppant instantanément tout le flux de pensées qui m'assaillait. Je me laisse transporter par ce baiser qui n'a rien à voir avec ceux que nous avons pu échanger jusqu'alors. La décharge d'émotions que je ressens à ce moment-là est aussi magnifique qu'effrayante. Cet échange résonne jusqu'au fin fond de mon âme et de mon cœur avec une telle intensité que tout mon corps me donne l'impression d'imploser.

Quand elle rompt finalement le baiser, laissant son front reposer contre le mien et nos respirations s'accorder dans un écho parfait, j'ai l'impression de sortir d'une très longue apnée. Il me faut un moment pour reprendre mes esprits et sentir l'humidité sur ma joue.

La panique refait son apparition quand j'imagine être la responsable des pleurs de Lexa, mais lorsqu'elle s'éloigne un peu plus de moi pour plonger son regard insondable dans le mien, je me rends compte que ses larmes n'ont pas coulé. Et alors que son pouce vient doucement faire disparaître cette goutte égarée sur ma joue, je prends conscience que c'est moi qui pleure.


J'espère que ce nouveau chapitre vous aura plus ?

Je ne sais pas si certains/es d'entre vous iront à la rencontre d'Alycia Debnam-Carey (aka Lexa, entre autre) à Paris le week end du 14 juillet. Je serais présente le samedi et le dimanche et je serais ravie de pouvoir rencontrer ceux d'entre vous présent également.

N'hésitez pas à me faire signe si vous allez à cette convention!

A très bientôt.

Vicky.