Petite info pour ceux et celles qui se poseraient la question : nous sommes bien plus proches de la fin que du début ! Si j'osais, je dirai qu'il reste une dizaine de chapitres sans les extra de fin mais... Le truc c'est que mes prévisions sont vraiment foireuses... A quel point ? Oh ! si peu... j'estimais juste cette fic à 15 chap à son commencement... Et on ne rigole pas ! T_T

Donc voilà, si ça peut vous rassurer (et vu ce que vous allez lire, ça peut être nécessaire !), le happy end est pour dans pas si longtemps !

Bonne lecture O:)

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Ça déménage !

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Chapitre 35 : rencontre déterminante.

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Depuis trois jours que Sam était chez lui, Balthazar avait bien du mal à contenir ses sourires amusés face à ce qui se passait sous ses yeux.

Les intentions et les actions de Sam n'étaient pas difficiles à comprendre ni même très discrètes toutefois, on ne pouvait les éviter, de la même manière qu'on ne pouvait éviter une météorite qui vous tombait droit dessus. C'était plus ou moins l'impression que devait avoir Gabriel, celle de se faire assommer par quelque chose de gros, d'imprévu et qui ne lui laissait aucune chance.

Mais un Skyfall ne se laissait pas abattre aussi facilement ! Gabriel répondait à la séduction de Sam par l'humour, à la tendresse par l'ironie. De son côté, le lycéen s'assurait que Gabriel ne puisse fuir grâce à des phrases comme des chaînes, faites de culpabilité et de remords qui menaçaient d'étrangler son cher neveu si jamais il lui prenait l'envie de quitter la ville.

Un vrai jeu du chat et de la souris que Balthazar prenait un malin plaisir à regarder.

Encore maintenant, Gabriel s'était assis sur un fauteuil pour regarder tranquillement la télé, une tasse de chocolat chaud entre les mains, quand Sam apparut et se posa sur l'accoudoir, tout contre lui. Gabriel était tellement rouge qu'on aurait pu craindre qu'il s'étouffe dans sa boisson ! Pourtant il se reprit bien vite et se leva précipitamment, si bien que Sam se retrouva les quatre fers en l'air, à moitié sur le fauteuil, à moitié dans le vide, sous l'œil amusé du petit blond.

- Un de plus qui quitte le marché, soupira Meg avec ce qui ressemblait à de la déception.

Elle se plaça à côté de Balthazar, devant la porte du salon, pour regarder l'étrange rituel des deux garçons.

- Et ton Emmanuel alors ? sourit le plus âgé.

- Ce n'est pas parce qu'on ne peut pas toucher la marchandise qu'on ne peut pas fantasmer dessus, répliqua la jeune femme en souriant à son tour. Tu lui donnes combien de temps ?

- A Gabriel ou à Sam ?

- A Gabriel, pour craquer.

- On pourrait être surpris, fit pensivement Balthazar. Sam est persévérant et il s'y prend étonnamment bien mais... Gabriel pourrait décider à tout moment qu'il en a assez et fuir, d'une manière ou d'une autre.

- Moi je dis qu'avant la fin des vacances ils seront ensemble !

- Pari tenu ! Celui qui perd s'occupera du ménage pendant les trois prochains mois.

- Vendu !

- Vous pariez sur quoi ? demanda Charlie en arrivant à son tour.

- Est-ce que Sam attrapera Gaby dans ses filets avant 2010, expliqua Meg.

- Trop aléatoire comme pari, décida Charlie en secouant la tête. Dites, on ne devait pas aller à la patinoire ?

Balthazar grimaça.

- Moi qui espérais que vous auriez oublié...

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Dean somnolait dans son lit. Il avait énormément de mal à dormir depuis le départ de Sam. Pourtant, il savait qu'il n'avait qu'un court laps de temps pour se reposer. Il valait vraiment mieux pour lui qu'il s'endorme rapidement s'il ne voulait pas avoir la tête des camés que lui et son père ramenaient à la police !

Mais il n'y arrivait pas. Il manquait quelque chose. Il y avait un trop grand vide dans cette chambre. Une présence qui lui manquait.

Son père ronflait déjà sur le lit d'à côté mais Sam... Sam n'était pas là. Ses affaires non plus. Et son père ne parlait jamais de lui. Les rares fois où Dean avait fait mention de son frère par habitude, son père avait grogné ou l'avait simplement ignoré. C'était comme si Sam n'avait jamais existé... Seul les textos qu'ils s'envoyaient et le lego coincé dans la ventilation de l'Impala lui prouvaient qu'il ne rêvait pas l'existence de son petit frère, autrement, il aurait vraiment craint d'être devenu fou et d'halluciner.

En attendant, sain d'esprit ou non, il n'arrivait pas pour autant à dormir. Il manquait la présence de Sam dans la pièce, son sac, une odeur de jus de tomate, un lit supplémentaire, une troisième respiration... Pour ne rien rajouter, même si Dean savait son frère en parfaite sécurité, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Il pouvait arriver tellement de choses à Sam alors qu'il était loin de lui ! Qui le protégeait ? Qui s'assurait qu'il ne tombait pas malade ? Qu'il faisait ses devoirs ? Oui il avait seize ans, et alors ! Il n'était juste pas là pour vérifier que tout se passait bien et les texto lui paraissaient si impersonnels...

Dean tapa son oreiller et ferma fortement les yeux. Ça faisait deux jours qu'il dormait à peine, il fallait vraiment qu'il récupère un peu ! Demain, lui et son père devaient attraper un violeur qui avait rompu sa conditionnelle. Il devait être en forme !

Sam devait dormir comme un loir chez Balthazar... Tout comme Castiel. Et lui était loin d'eux, insomniaque.

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Sam dormait effectivement profondément sur le canapé-lit du salon, sous le regard pensif de Gabriel. Charlie, l'autre lève-tôt de la maison, était déjà partie pour faire un tour dehors, laissant le blond seul avec les trois marmottes. Dont un géant couché en chien de fusil et emmitouflé dans sa couette.

Gabriel ne savait que penser de Sam. Tout était devenu compliqué dans sa tête depuis qu'il l'avait revu. Honnêtement, s'il se savait bi, il se savait aussi une nette préférence pour les femmes, tout simplement parce que ses critères de beauté masculine étaient plus exigeants.

Et il avait fallu que Sam fasse un presque sans faute...

Comment aurait-il pu savoir ou même l'envisager ? Sam avait toujours eu une apparence de petit bonhomme ou de crevette jusqu'à aujourd'hui ! Et maintenant, voilà qu'il faisait deux mètres de haut avec des putains de muscles en béton et des mains... Gabriel laissa son regard glisser le long d'un bras à découvert et tomba sur une grande paluche aux doigts longs et agiles. Main qui reposait à côté d'un visage d'ange qui avait perdu une bonne partie de ses rondeurs enfantines.

Mais ça restait Sam ! Le petit Sammy !

Petit Sammy qui lui faisait un gringue d'enfer depuis qu'il était arrivé... Bonjour l'innocence et l'enfance ! pensa-t-il avec ironie.

Gabriel se sentait perdu. Pourtant il avait déjà eu une vision du tout nouveau Sam quand il l'avait vu torse nu sur son ordinateur mais entre le voir en vrai et le voir à travers un écran, il y avait un fossé. Un gouffre. Un monde entier. Et il venait de se prendre le monde en question en pleine tronche.

Sam avait grandi. Il ne pouvait plus vraiment le nier, pas dans sa tête en tout cas. Pas après l'avoir vu en chair et en os de géant, pas après qu'il ait lâché son frère aîné pour venir les rejoindre, pas alors qu'ils avaient été voir ces fichus campus universitaires ensemble. Pas après tous les gestes de Sam envers lui pour lui prouver qu'il avait des sentiments à son égard...

- Tu comptes me regarder en silence pendant encore longtemps ? soupira Sam en ouvrant les yeux.

- Déjà réveillé la marmotte ? sourit aussitôt Gabriel. Il n'est que dix heures, tu vas être en manque de sommeil à ce rythme.

Malgré sa position allongée, Sam réussit à lever les yeux au ciel avant de s'asseoir. Il invita Gabriel à le rejoindre en tapotant la place à ses côtés. Le blond préféra s'installer sur l'un des fauteuils. Sam ne parut pas blessé, pas même étonné.

- Tu as peur ? plaisanta-t-il gentiment.

- Non, je garde une distance de sécurité, corrigea Gabriel d'une voix moqueuse.

- Tu en as besoin ? Avec moi ?

Gabriel ne répondit pas, observant le regard vert toujours aussi doux, y cherchant quelque chose comme de l'incertitude ou une pointe de peur. Juste un tressaillement lui suffirait ! N'importe quoi pour renvoyer le petit Sammy à son jeune âge.

- J'aurai dix-sept ans dans quatre mois et quelques jours, annonça Sam comme s'il devinait ses pensées.

- Et moi vingt-et-un dans trois. Je pourrai légalement boire de la bière dans tous les États d'Amérique quand tu ne pourras pas encore voter.

- Gabe...

- Tu sais qu'ici tu es même considéré comme un mineur sexuel ?

- Pourquoi tu ramènes toujours tout à l'âge ? soupira Sam.

- Parce que c'est important.

- Menteur, répliqua doucement le plus jeune. C'est une excuse, tu le sais.

- Alors si tu sais tout c'est parfait, non ? grinça Gabriel en se levant.

La tasse en main, il retourna vers la cuisine, entendant à peine les bruits de draps froissés derrière lui. Et puis deux bras se glissèrent autour de son cou, un torse chaud irradia contre son dos et un souffle caressa le haut de son oreille.

- Pourquoi tu fuis ? lui murmura Sam.

- Lâche-moi... souffla le blond.

- Sors avec moi Gabriel, laisse-moi une chance de te montrer qu'on peut être bien tous les deux, que je t'aime.

- Je n'y crois pas et tu le sais, se referma-t-il aussitôt. L'amour n'existe que pour ceux qui y croient et je n'en fais pas partie.

- Gabe, moi je t'aime déjà. Même si tu es borné, même si tu doutes encore de toi et que tu te caches encore et toujours derrière ta bonne humeur, je t'aime, parce que c'est toi, fit-il en resserrant ses bras.

- Laisse-moi m'en aller, demanda le blond d'une voix tremblante.

- Pour aller où ?

Gabriel ne répondit pas mais se dégagea fermement des bras de Sam. Il enfila ses chaussures et sa veste et sortit de la maison précipitamment sous le regard triste du Winchester.

Gabriel passa la matinée dehors, regardant vaguement les décorations de Noël, observant les gens passer avec d'énormes paquets sous les bras, admirant les bus qui défilaient dans les rues, emportant des gens vers d'autres villes, d'autres États, tout en grignotant un bretzel acheté en chemin.

Il voulait partir.

Mais il voulait aussi rester.

Il voulait fêter noël avec Sam, Balthazar et Castiel ainsi que les filles.

Et il voulait aussi retourner sur les routes, loin des prises de tête.

Ça ne tournait plus rond chez lui, encore. Des envies de sucré le reprenaient. Des envies de lâcher de prise, de facilité. Il voulait se mettre en boule dans un coin sombre, loin des regards, et s'empiffrer de toutes les cochonneries qui pourraient passer sous son nez. Mais il luttait. Il savait que s'il reprenait, ça en serait fini de lui. Il lui faudrait tout recommencer de zéro. Il n'en serait sûrement pas capable. Alors il luttait. Mais c'était dur, vraiment dur...

En début d'après-midi alors qu'il combattait toujours ses envies de dévaliser les stands de friandises et de gâteaux, ses pas le menèrent tout naturellement devant chez Pamela.

C'était un réflexe idiot. Il n'avait absolument pas rendez-vous et elle devait certainement préparer le réveillon du soir même. Pour autant, ça lui faisait du bien de revoir cette maison, ça renforçait sa détermination de ne pas craquer, de ne pas se laisser engouffrer par la peur et l'angoisse.

Une voiture passa et se gara dans l'allée du garage. Pamela en sortit. Gabriel ne savait pas s'il était fabuleusement chanceux ou particulièrement poissard. Probablement un peu des deux.

- Tu viens m'aider Gabriel ? exigea aussitôt sa psy en sortant de la voiture, comme si sa présence était tout à fait normale et prévue de longue date.

Le blond haussa les épaules et s'approcha. Au point où il en était...

Pamela ouvrit le coffre sur un monceau de sacs en papier remplis de marchandises fraîches. Avant même qu'il n'ait eu le temps de dire ouf, Gabriel en récupéra deux dans les bras et se retrouva à marcher jusqu'à la porte puis jusqu'à la cuisine où il déposa ses paquets.

- Tu attends quoi ? On en a encore beaucoup d'autres à ramener ! ordonna Pamela.

Gabriel obéit à nouveau. Ensemble, ils emmenèrent toutes les courses sur le plan de travail mais Pamela ne le lâcha pas pour autant. Il dut aussi aider à tout déballer et tout ranger dans les placards.

- Ça fait longtemps que tu es revenu ? demanda-t-elle en rangeant de la préparation à pudding.

- Non, une semaine à peine, avoua Gabriel en jonglant avec les patates douces.

- On ne joue pas avec la nourriture, lui rappela aussitôt Pamela en récupérant ses légumes. Comment ça se passe ?

- Très bien. Balthy était content de me revoir. Je devrais partir, tu vas avoir des invités, non ?

- Cette bande de feignasses n'arrivera que pour se mettre les pieds sous la table, plaisanta la psychiatre. Vous êtes nombreux chez vous ?

Elle lui tirait les vers du nez tout en lui occupant les mains, Gabriel en était parfaitement conscient. Ça ne l'empêchait pas pour autant de se laisser faire.

- Moi, Balthy, Meg et Charlie, mon cousin Castiel, et Sam. Vraiment, je ferais mieux de rentrer, j'ai des trucs à préparer moi aussi et je ne suis plus ton patient...

- Gabriel, l'interrompit sévèrement Pamela. Non seulement tu ne me déranges pas, mais sache que tu seras toujours un peu mon patient. Surtout quand je te vois fouiller nerveusement tes poches. On sait tous les deux ce que tu y cherches.

- Je n'ai plus de problèmes ! se défendit aussitôt Gabriel en croisant les bras. Tout va bien depuis que je suis parti ! Je n'ai pas recommencé, aujourd'hui c'est... C'est différent !

- Tu n'as vraiment jamais repiqué ? Pas une fois tu n'as vidé tes placards ni ne t'es retrouvé entouré d'emballages vides comme après un mauvais rêve ?

Gabriel reprit sa veste qu'il avait posée sur sa chaise et marcha jusqu'à l'entrée de la maison.

- J'aurais été inquiète du contraire, lança Pamela dans son dos. On ne guérit pas si facilement, à moins de remplacer une addiction par une autre. Mais ça n'a pas été le cas, n'est-ce pas ?

- Non, grogna Gabriel, une main sur la poignée de la porte. J'ai juste... J'étais juste fatigué, c'est tout.

- Je ne suis pas là pour te juger, tu devrais le savoir. Que s'est-il passé chez ton oncle ? Qu'a fait Sam ?

- Qui vous dit que c'est lui ? s'emporta Gabriel en se retournant.

Pamela le regarda silencieusement, les bras croisés et un sourire ironique aux lèvres.

- Il... Il ne cesse de me dire qu'il m'aime !

- Et ?

- C'est Sammy !

- Il n'est pas de ta famille, tu es plutôt libertin et lui n'est plus un enfant à l'heure d'aujourd'hui.

- Vous ne comprenez rien ! cria Gabriel. L'amour n'est qu'un... N'est qu'une connerie de mensonge !

Gabriel claqua violemment la porte derrière lui et courut pour s'enfuir loin de cette maison. Ses pas le ramenèrent instinctivement chez Balthazar mais il fut incapable de passer la porte. Il se contenta de s'asseoir sur la dernière marche du perron et de regarder la vie de San Francisco défiler devant lui. Il allait vraiment devoir se mettre au repas du réveillon. Vraiment.

La porte derrière lui s'ouvrit et quelqu'un vint s'asseoir à ses côtés.

- Tu n'es pas parti, dit Sam.

- Balthy a commandé une super bûche chez un pâtissier français pour ce soir. Je ne voudrais pas louper ça.

Gabriel entendit Sam soupirer de dépit à côté de lui. Ouais, il avait un humour décapant aujourd'hui...

- Si je n'arrête pas, tu vas vraiment finir par fuir, n'est-ce pas ?

Gabriel ne répondit pas et regarda ses pieds taper la mesure au sol. En vrai, il n'en savait rien. Sam lui retournait le cerveau depuis son arrivée. Pas moyen de savoir sur quel pied danser avec lui. Gabriel passait son temps à attendre des actions enfantines de sa part avant de le regarder et de tomber sur ce géant au regard doux qui semblait lui promettre monts et merveilles. Un dilemme permanent, en plus du reste.

- D'accord, je te fiche la paix, céda Sam avec une touche de tristesse dans la voix. On a qu'à appeler ça la trêve de Noël.

Sam se leva et se posta devant Gabriel, main tendue. Le blond hésita quelques secondes avant d'attraper cette main. Sans aucun effort apparent, Sam le releva à la seule force de ses bras.

- Il est temps de rentrer de toute façon, je commençais à avoir le cul gelé ET carré, plaisanta Gabriel en ouvrant la porte d'entrée.

- J'ai l'impression que tu me cherches, râla Sam en roulant des yeux.

- Tu crois ?

Sam secoua la tête devant le sourire faussement innocent de Gabriel.

Apparemment, il s'était vite remis de sa petite déprime. Apparemment. Tout n'était toujours qu'une question d'apparence avec Gabriel. Savoir ce qui se passait réellement dans sa tête et dans son cœur demandait presque des pouvoirs extralucides. Presque, sauf si on le connaissait assez, lui et sa mauvaise habitude de tout planquer derrière un sourire et des blagues vaseuses.

Cependant, Sam respecterait sa promesse, parce qu'il était Sam et qu'il tenait parole. Cela dit, même sans draguer Gabriel, il s'assurerait que ce dernier se sente soutenu car la période restait difficile pour le blond. Pour commencer, il allait lui donner un bon coup de main pour attaquer les préparatifs du repas du réveillon.

Malgré le retard pris au démarrage, Sam et Gabriel réussirent à s'organiser suffisamment pour tout sortir en temps et en heure. Le blond profita d'ailleurs de l'intimité de la cuisine pour faire des remarques déplacées au plus jeune à plusieurs occasions. Sam ne dit rien et joua le jeu, se disant que Gabriel voulait juste retrouver leur ancienne relation, comme si rien n'avait changé entre eux. Il avait besoin de se rassurer et Sam voulait bien faire l'effort de le mettre à l'aise. Il aurait l'occasion plus tard de le pousser à nouveau dans ses retranchements.

Quand le cuisinier et son commis sortirent de la cuisine avec la salade d'entrée, la table était déjà mise et Castiel, Charlie, Meg et Balthazar se disputaient la télécommande dans le salon. Hé oui, même Castiel ! Apparemment, il y avait un reportage sur les cités mythiques disparues qu'il aurait aimé voir sauf que Charlie voulait, elle, regarder un film anglais appelé « the Hogfather »* et Meg avait le DVD « d'Amityville » dans une main. Balthazar arbitrait vaguement, donnant sa préférence pour l'une ou l'autre des possibilités selon la quantité d'huile que son avis allait rajouter sur le feu.

Il fut heureux que Sam et Gabriel arrivent pour appeler tout le monde à table, Meg commençant à menacer tout le monde d'insérer la télécommande dans un endroit non prévu à cet effet.

- Au cuisinier de choisir l'ambiance, décida finalement Balthazar en remettant l'objet de toutes les convoitises dans la main de Gabriel.

Celui-ci ne réfléchit pas, mit le reportage de Castiel – le pauvre avait bien droit à une compensation avec l'absence de son petit-ami – avant que tout le monde ne s'installe à table.

Sam avait déjà vécu des Noëls étranges mais celui-ci semblait vouloir se hisser dans le top trois avec son tout premier noël en compagnie de Gabe et celui chez Bobby où il avait failli avoir une crise cardiaque à cause d'un idiot aux cheveux jaunes.

Le plus étrange pour Sam était, sans conteste, l'absence de son frère. Il ne se souvenait pas d'un seul réveillon de fête sans son frère jusque-là, quel que soit la façon dont ils passaient le réveillon, par ailleurs. C'était bien ce qui lui pesait le plus, cependant, dès qu'il pensait à Dean, Gabriel, Balthazar ou même les filles racontaient alors un truc tellement énorme qu'il en oubliait honteusement son frère. Sam ne fit pas tout de suite le rapprochement entre leur attitude et l'absence de Dean, certaines histoires ahurissantes arrivant parfois sans raison, jusqu'à ce que Sam découvre qu'elles étaient corrélées aux regards tristes de Castiel aussi bien qu'à ses propres pensées qui s'envolaient vers le MidWest.

Toute la maisonnée semblait vouloir veiller sur les deux garçons que l'absence d'un proche blessait. Quand il s'en aperçut, Sam se sentit immédiatement ému. Ce qui, bien sûr, déclencha une analyse très poussée de Charlie sur la façon dont un chat pouvait voler grâce à une tartine beurrée collée dans son dos et pourquoi un arc-en-ciel allait forcément se créer derrière lui.

Sam ne retint qu'une chose de la démonstration : Charlie devrait mettre plus souvent le nez dehors et il l'adorait.

Le dessert fut difficilement mangé et tout le monde alla s'effondrer dans le salon sitôt sa part de gâteau engloutie. Le drôle de Noël de Scrooge ne fascina pas grand monde et l'alcool autant que la digestion firent doucement leur œuvre.

Sam, assis sur le canapé à côté de Gabriel, regretta de ne plus être assez jeune pour s'affaler lentement contre le torse du blond. Désormais il était grand et, au mieux, il aurait eu l'air ridicule à faire ça, en plus de se déboîter quelques vertèbres dans l'opération. Alors il posa simplement son bras sur le dossier du canapé, juste derrière Gabriel, pendant qu'il commentait le film avec Meg qui y voyait un tas de sous-entendus à Satan ou au sexe.

Sam ne se rendit compte d'absolument rien jusqu'à ce que Balthazar sonne la fin de soirée. Il voulut se lever quand il découvrit un poids sur le haut de son corps. Un poids qui avait des cheveux blonds et qui était plus têtu qu'un troupeau de mules au complet.

- Ne le réveille pas, lui chuchota Castiel. Il n'a pas beaucoup dormi ces dernières nuits.

Sam fronça les sourcils et passa une main dans les mèches blondes tandis que les autres partaient se coucher après avoir déposé leurs paquets en bas du meuble où reposait le minuscule sapin.

- Il ne va pas forcément apprécier s'il se réveille et découvre qu'il dort avec moi, réfléchit tout haut Sam bien que l'envie le démangeait.

- Je ne sais pas... Il avait l'air mieux ce soir, avec toi à ses côtés.

- Parce que je lui ai promis de ne plus rien faire, pour l'instant, soupira le plus jeune avec défaitisme.

Castiel regarda son cousin endormi en fronçant les sourcils.

- Plutôt mauvais signe, non ?

- Je n'en suis pas certain, rectifia Castiel. Parfois je me dis que pour comprendre Gabriel, il faut prendre ce qu'il dit et tout inverser. Comme lorsqu'il dit qu'il déteste sa famille.

- Pourquoi ment-il tout le temps, sur tout, tu peux me l'expliquer ça ? demanda Sam avec un semblant de désespoir dans la voix.

- Il pense que sa famille l'a trahi, lâcha Castiel après quelques minutes de réflexion. Je ne sais pas exactement comme cela s'est passé mais... Tu sais que Gabriel a été... Malade ?

- Oui, acquiesça Sam en allongeant plus confortablement ledit Gabriel sur le canapé pour ensuite poser sa tête sur ses genoux. Il me l'a dit.

- Sa famille a pensé que ce serait une bonne chose de le mettre en centre ouvert, pour l'aider. Il l'a très mal pris. Il a... Fui. Peu après.

- C'est lui qui te l'a dit ?

- Non, c'est Michael. Il est venu plusieurs fois ici en espérant le voir. Mais Gabriel a menacé Balthazar de ne jamais revenir, de le rayer de sa vie si jamais Michael venait pendant qu'il y était, prévint Castiel en voyant une lumière s'allumer dans les yeux de Sam. On ne doit pas le faire venir ! Il n'est pas prêt.

- Il faudrait savoir ce qu'il s'est réellement passé...

- Gabriel refuse d'en parler, soupira Castiel. Il se pense trahi et refuse toutes mentions de ses frères.

- Je vais m'en charger Cas', ne t'en fais pas, promit Sam. Je sais comment le faire parler. Je te tiendrai au courant. Et... Concernant Dean, je suis sûr qu'il ne voulait pas te trahir non plus. Il est juste... Mon frère est...

- Je sais Sam, répondit platement Castiel. Je sais. Je ne lui en veux pas... Pas vraiment. Je comprends qu'il ait des difficultés à l'avouer à votre père. J'ai mis des années avant de pouvoir le dire à voix haute. Le problème c'est que... Il m'a menti Sam, avoua Castiel d'une voix étranglée. Il m'a menti et ça je... Je lui faisais entièrement confiance et maintenant...

- Castiel, mon frère fait des erreurs en ce moment. Plein. Crois-moi, je le vois il... Il se perd, complètement, mais ce qu'il y a entre toi et lui...

- Je sais. Et j'y crois Sam. J'y crois encore...

Mais pour combien de temps ? fut la question qui plana dans les airs durant un lourd moment. Sam ne pouvait malheureusement pas rassurer Castiel sur le temps qu'il allait falloir à Dean pour ouvrir les yeux et Castiel ne savait pas où se trouvait son point de rupture. C'était l'impasse pour le moment.

Gabriel bougea dans son sommeil et ouvrit les yeux au milieu du silence.

- Qu'est-ce que je... commença-t-il en fronçant les sourcils devant sa position plutôt équivoque.

- Tu t'es endormi comme un bébé, plaisanta Sam pour le sortir de l'embarras.

- Eh bien bébé va rejoindre son berceau alors ! Bonne nuit les gars, bailla Gabriel en partant rejoindre au radar son matelas dans la chambre de Castiel.

Quand le blond eut claqué la porte, Sam tourna son regard vers Castiel.

- Je m'occupe de Gabriel.

- Merci.

- Et, si j'ai le droit de te demander ça, ne ferme pas toutes les portes à mon frère, s'il te plaît, le supplia Sam. Il a besoin de quelqu'un comme toi. J'aurais beau faire mon maximum, jamais Dean ne me verra comme un soutien et il idolâtre trop papa pour se confier à lui. Tu es le seul avec qui il peut parler librement et je crois que... Que tu es le seul avec qui il est... Lui, murmura-t-il avec tristesse.

- Sam, je ne demande que ça de le soutenir, mais c'est lui qui n'est pas venu, lui rappela douloureusement Castiel. Pour autant, je serai là s'il a besoin, s'il ne me rejette pas complètement. Ce n'est pas moi qui couperai les ponts.

Sam hocha la tête, acceptant la réponse en demi-teinte du brun. Ils se dirent bonne nuit et partirent se coucher, l'esprit décidément trop chagrin pour une nuit de Noël.

000

La nuit de Noël. Dean la passa dans un motel miteux à tracer des plans avec son père. La piste d'Alastair n'avait jamais été aussi fraîche.

Sam n'était pas là.

Dean faisait comme si ça n'avait pas d'importance, se concentrant sur le boulot.

Castiel non plus n'était pas là.

Dean serrait les dents, démontait son arme, la nettoyait et la remontait.

C'était la nuit des fêtes de famille. Bobby non plus n'était pas là...

Ce n'était qu'une nuit parmi tant d'autres. Sans importance particulière.

000

Le matin de Noël, Sam se réveilla avec plus de difficultés que jamais. Il n'y aurait pas eu Charlie et Gabriel qu'il aurait probablement comaté jusqu'au début de l'après-midi. Il fut malgré tout forcé de se lever quand les deux excités parlèrent de seaux d'eau en tentant de lui piquer sa couette.

- L'est quelle heure ? bougonna-t-il en jouant les chenilles dans son cocon.

- Neuf heures du matin. Fallait dormir plus tôt au lieu de taper la discute hier soir ! se moqua Gabriel.

Sam grimaça et tourna son regard vers Meg, Castiel et Balthazar. Ça le rassura de voir qu'eux aussi avaient l'air de zombies fraîchement déterrés et qu'ils s'étaient affalés dans les fauteuils sitôt arrivés.

Gabriel et Charlie, aussi énergiques que des piles électriques dans un bain d'azote, distribuèrent les cadeaux et en quelques secondes chacun se retrouva avec un paquet dans les mains. Sam regarda le sien d'un œil morne. Il le tâta de la main. C'était mou.

- Alors, alors ? demanda Charlie avec des yeux brillants.

Bon, ça venait d'elle donc. Ça pouvait être une bonne nouvelle comme une mauvaise. Finalement, il ouvrit le paquet et déplia une écharpe.

- Au départ je trouvais que tu étais plutôt Serdaigle mais Serpentard fera beaucoup mieux ressortir tes yeux !

Hein ? Sam regarda son écharpe à nouveau. Ah oui ! C'était une écharpe de l'univers Harry Potter. C'était... Cool ?

- Crois-moi, grâce à ça tu vas te faire plein d'amis dans ton école !

Sam préféra ne pas commenter. Il eut à peine le temps de la remercier et de replier l'écharpe qu'il se retrouva avec un nouveau paquet sur les bras. Un coup d'œil sur sa droite lui apprit qu'ils étaient bien quatre otages face à deux tarés fanatiques. Il valait mieux répondre aux exigences des ravisseurs pour ne pas subir leur courroux.

Au final, en plus de l'écharpe, Sam se retrouva aussi avec un livre de droit, un jouet pour adulte de la part de Meg que Sam rangea très vite le visage rouge de honte, un porte-clés qui faisait aussi clé USB de la part de Balthazar avec un double de la clé de la maison au bout – Sam fut assez réveillé pour manquer fondre en larmes – et, de la part de Gabriel, un simple CD avec la photo de ce dernier en archange en couverture. C'était une compil' de musique. Tout simplement. Pour lui.

Salaud, pensa Sam en sentant à nouveau les larmes lui monter aux yeux.

Quand le blond passa devant lui, sans lui laisser le choix, Sam l'attrapa et le bascula sur le lit pour le serrer contre lui.

- Merci, lui chuchota-t-il à l'oreille.

- De rien Kiddo, souffla Gabriel.

Sam ne reprit pas le surnom cette fois.

000

Tandis que chez Balthazar les jours suivant Noël se déroulaient dans la bonne humeur, à Chicago le travail n'attendait pas. John et Dean avaient découvert l'un des repères d'Alastair et ils savaient que son bras droit allait y faire un tour le soir-même. Les deux chasseurs avaient monté tout un plan et s'étaient fabriqués de fausses identités juste pour cette occasion. Cette nuit, John était un marines reconverti dans le trafic de drogue avec pour cibles spécialisées les militaires et Dean était son dealer tout juste engagé dans l'armée. Ils venaient tous les deux pour se refaire des contacts et passer des contrats pour de la marchandise.

Comme prévu, Dean et son père purent entrer sans difficulté dans le casino clandestin. Ensuite, ils burent un peu au comptoir pour observer la clientèle et calculer leur chance en cas de grabuge. Elles n'étaient pas vraiment bonnes... Mais Alastair n'était pas loin ! Celui qui avait tué Mary par procuration et qui avait fait brûler leur maison. Dean était prêt à tout pour le faire tomber lui et tout son réseau.

Ensembles, les deux chasseurs de primes se levèrent et partirent rejoindre leur table de poker dans une pièce isolée.

Quatre personnes étaient déjà assises à la table : deux femmes dont l'une lourdement maquillée et l'autre avec une carrure de boxeur, un homme en costume élégant et un autre qui semblait tout droit sorti de taule avec ses bras et son visage bardés de tatouages de gang.

Dean et John s'installèrent à des places séparées et attendirent le dernier joueur, un homme en costume italien hors de prix et au sourire de requin.

La partie de poker commença. Ou plutôt les parties. Il y avait le poker qui se jouait officiellement sur la table, les propositions qui s'échangeaient à demi-mot sur fond de bluff et les regards méfiants que tout le monde lançait à tout le monde.

Le bras droit d'Alastair ne devait pas arriver tout de suite aussi les Winchester commencèrent le jeu en restant prudent sur leur mise tout en jouant les parfaits trafiquants à la recherche de contrats, échangeant des discussions sur la qualité de la neige et des menaces à peine voilées.

Tout se passait bien et Dean en profita même pour rafler quelques mises. Et puis la porte s'ouvrit.

C'était lui. Celui qui allait les emmener à Alastair.

Dean jeta un rapide coup d'œil à son père. Ce fut amplement suffisant. Dean se leva, flingue en main, pour menacer l'armoire à glace pendant que son père le couvrait en menaçant les autres.

- Des intrus se sont introduits dans la souricière, constata le nouvel arrivant à l'apparence plus proche du taureau que de l'humain.

Il envoya un regard glacial au type richement habillé qui essayait de se faire tout petit.

- Que puis-je pour vous ?

Dean aurait pu être étonné de voir que le tas de muscles semblait posséder un cerveau en parfait état de marche et des nerfs en acier, mais la vérité était qu'il n'avait qu'une chose en tête : trouver Alastair.

- Dis-nous où est ton boss et on partira sans faire d'histoires, annonça John.

- Je vais devoir décliner l'offre.

- Dommage pour vous. Dean !

Son fils s'approcha de l'homme, toujours en le pointant et se positionna dans son dos.

- Tu vas nous emmener quelque part où on va pouvoir discuter tranquillement, exigea-t-il à son oreille.

Dean força ensuite le bras droit d'Alastair à sortir de la pièce tout en maintenant son arme discrètement pointée sur son dos. L'homme s'exécuta sans broncher et Dean fut bientôt rejoint par son père alors qu'ils approchaient d'une porte près du bar.

- Ne prends pas de mauvaise décision, tu pourrais le regretter, menaça Dean.

- Ce ne sera pas nécessaire.

Le sourire du tas de muscles donna des frissons glacés dans le dos de Dean et son père.

D'un seul coup, avant qu'ils aient pu demander la moindre explication, tout s'emballa.

La porte d'entrée, la porte de la sortie de secours et celle de la salle de poker privée s'ouvrirent brutalement pour laisser passer des fédéraux, armes aux poings, et la femme à la carrure de boxeur, elle aussi armée. L'armoire à glace profita de la distraction momentanée pour inverser sa position avec Dean et mettre ce dernier en joue avant de s'enfuir par la porte.

Dean vit son père tenter de le rejoindre mais la bataille entre les membres du casino et les fédéraux faisait rage et les balles volaient en tous sens, avec en prime une folle vengeresse qui tirait sur tout ce qui bougeait en criant qu'elle faisait ça pour venger la mort de sa sœur.

Avant de pouvoir dire « ouf », le jeune chasseur se retrouva enfermé dans une petite pièce avec l'armoire à glace qui lui tordait fermement le bras. Sans comprendre ce qui lui arrivait, il se retrouva plaqué contre un mur, qui tourna...

Un ancien speakeasy, comprit Dean en grimaçant. Et qui disait bar de contrebande disait aussi pièces cachées et sorties secrètes. Ça ne sentait pas bon de l'avis de Dean et quand il vit l'homme tout en élégance qui les attendait confortablement assis sur un fauteuil, le chasseur se dit que ça puait même carrément.

D'âge indéfinissable, la barbe poivre et sel et les yeux profondément enfoncés dans leurs orbites, l'homme dégageait la tranquillité de celui qui allait régulièrement passer ses vacances en enfers et en revenait avec de délicieux instruments tarabiscotés et inquiétants en souvenirs.

- Qui est notre invité ? demanda-t-il.

Dean sentit le gars derrière fouiller ses poches et sortir son portefeuille. Son faux permis de conduire était bien visible mais le type alla directement chercher le vrai dans la doublure.

- Dean Winchester.

- Ah... Les Winchester... Ça faisait longtemps que je voulais vous rencontrer.

- Suffisait de passer un coup de fil, on serait allé boire une bière, répondit Dean avec insolence.

Il s'attendait à ce que le tas de muscles dans son dos le cogne pour sa bravade mais il se contenta de resserrer sa prise autour de son bras tordu tout en maintenant fermement son autre poignet. En face de lui, l'homme déplia sa longue carcasse filiforme et s'approcha lentement de Dean tout en sortant une étrange baguette reliée à un fil qui continuait son chemin dans sa poche.

- Wow, je sais pas ce que vous voulez faire avec ça, mais je suis vraiment pas intéressé, fit le chasseur en tentant de se débattre.

- Rassure-toi, Dean, ça va juste être... Affreusement douloureux.

L'homme appuya le bout de sa baguette sur la clavicule de Dean, visible entre sa chemise et son tee-shirt. Immédiatement, une odeur de brûlé arriva à ses narines alors qu'il se tordait de douleur, son cœur s'affola brutalement.

- Je n'aime pas qu'on me manque de respect.

La baguette bougea à nouveau sous les yeux affolés de Dean et se glissa sous son tee-shirt, au niveau des abdominaux. Tout son corps se crispa ainsi que ses muscles quand l'électricité le parcourut et il eut toutes les peines du monde à ne pas hurler.

- Je suis sûr que tu seras un peu plus sage pour mon garçon désormais, dit poliment le sadique.

- Va te faire foutre, enculé, cracha Dean.

Une nouvelle décharge, à l'aine cette fois. Dean fut presque content que le type le tienne fermement derrière lui sinon il se serait écroulé au sol à coup sûr.

- Toi et ton père devenez quelque peu gênant pour mes activités ces derniers temps, annonça le squelette ambulant d'une voix détachée, tout en parcourant le corps de sa victime avec sa baguette.

- Alastair, souffla Dean sans pouvoir s'en empêcher.

- Bien ! Mais je n'aime pas quand on parle sans que j'en aie donné l'autorisation...

Nouvelle décharge.

- Les flics sont en haut, ainsi que mon père, grinça Dean. C'est fini pour vous !

Alastair rangea sa petite baguette et sortit un élégant couteau, proche du scalpel, d'une de ses poches. Il remonta le haut de sa victime et posa sa lame à plat sur son torse.

- N'en sois pas si sûr mon garçon.

La lame tourna et une longue ligne sanglante apparut le long du torse de Dean. Puis une autre. Alastair semblait trouver très amusant de décorer le corps de sa victime de ses macabres dessins.

- Vois-tu, mes hommes en haut doivent avoir fait leur apparition maintenant. Ce doit être un fabuleux champ de bataille. Et toi ? Tu es bien la dernière préoccupation des agents du FBI. Un petit chasseur de primes sans intérêt. Pour eux du moins. Mais moi, tu m'intéresses Dean, souffla Alastair en s'éloignant pour admirer son œuvre. Je vois du... Potentiel en toi.

- Je ne suis pas une putain d'enflure criminelle moi, grinça Dean.

Alastair rangea son couteau et sortit à nouveau sa baguette. Il retraça ses précédents dessins avec la pointe, sans pour autant envoyer de décharge. Dean transpirait, angoissait, tous ses muscles étaient tendus, dans l'attente de la prochaine décharge.

- Il ne te manque qu'un bon maître, lui susurra Alastair avant de reculer sa baguette pour finalement violemment cogner avec son poing le visage d'un Dean qui s'était relâché de soulagement.

- Je ne serai jamais comme vous !

Alastair sourit et Dean frissonna violemment. Il n'entendait pas de bruit derrière le faux mur mais ça ne voulait pas forcément dire grand-chose. Les speakeasys étaient connus pour être bien insonorisés. Devant lui, Alastair avait mis la main dans la poche intérieure de sa veste.

Dean dut se faire violence pour retenir le gémissement de crainte qui montait naturellement à sa gorge. Mais Alastair ne sortit pas un nouvel engin de torture, uniquement un bout de papier. Un simple bout de papier. Qui fit plus de dégât à Dean que n'importe quelle arme.

Une photo. Son petit frère, avec Balthazar. Son petit frère qui se baladait dans les rues de San Francisco. Une photo qui datait de ces derniers jours.

- Quel charmant jeune homme, n'est-ce pas ?

- je vous interdis de toucher à un seul de ses cheveux ! s'emporta immédiatement Dean en se débattant violemment.

Il voyait rouge. Son petit frère ! On menaçait son petit frère !

- Je voulais juste que tu saches, Dean, je peux m'occuper de Sammy quand je le veux.

- Qu'est-ce que tu veux espèce d'enfoiré !

- Toi. Ton père ne m'inquiète pas, il est déjà en sursis mais toi... Tu es jeune et encore malléable, je pourrais faire de toi mon successeur, aiguiser le diamant brut que tu es aujourd'hui. Mais pour l'instant, contente-toi de savoir que si tu rejoins mes rangs, je laisserai ton frère tranquille. Je te laisse le temps de la réflexion.

- Jamais je...

Dean n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'Alastair fit un signe au tas de muscles qui lui brisa purement et simplement le poignet dans un craquement sinistre. Dean glissa dans l'inconscience, la rage au ventre et les larmes aux yeux.

000

Sam sirotait un jus de fruits dans la cuisine. Il n'arrivait pas à dormir pour une raison inconnue. C'était comme si on lui tordait les tripes et lui pressait le cœur. Comme s'il était à l'agonie sans l'être. Il n'était pas fiévreux mais tout son corps lui disait que si. Dans le doute, il avait envoyé des messages à son frère et à son père. Il n'avait pas reçu de réponse, ce qui en soit n'était pas choquant ni surprenant vu l'heure extrêmement matinale. Ça ne calmait simplement pas ses inquiétudes.

Par conséquent, il attendait que le soleil se lève en sirotant son jus de fruits et en grignotant des gâteaux secs, espérant faire passer cette sensation désagréable de malaise. Il en avait encore pour un long moment à attendre, il n'était que quatre heures du matin... Et pourtant, il fut rejoint par quelqu'un. Ça ne le surprit même pas.

- Castiel, le salua-t-il à voix basse dans le silence de la nuit.

- Sam ?

- J'imagine que toi aussi tu...

Sam montra son ventre et son cœur du pouce avant de faire un geste flou. Castiel acquiesça.

- Je lui ai déjà envoyé un message. Pas de réponse.

- Moi aussi, avoua Castiel. Et il ne m'a pas répondu non plus.

- Il est tard.

- Oui.

Trois mots pour se rassurer. Trois mots véritablement insuffisants.

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A suivre...

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(Esquive les jets de couteaux, dagues, poignards, masses d'armes, étoiles du matin, flèches, carreaux et autres armes)

Je regrette mes tomates du début T_T

* Je place mes chouchous, pas de raison ! Un film commandé par la BBC pour Noël et tiré de l'univers de Terry Pratchett. Très fidèle et très bon !