Une atmosphère étrange régnait dans cette partie de la campagne anglaise. Le temps était comme en suspend. La pleine lune irradiait de son halo laiteux au-dessus des arbres qu'une légère brise faisait onduler. Au loin, on entendait le hurlement d'un chien qui brisait un silence oppressant. C'était comme si le monde entier retenait son souffle et attendait un événement attendu et redouté.
Une petite maison se dressait à la lisière d'une forêt. La faible lueur d'une bougie perçait à travers l'une des fenêtres, lui donnant l'apparence d'une demeure hantée. Une ombre projetée sur le mur, se mouvait avec lenteur et ondulait au rythme de la flamme.
Un cri déchirant s'éleva soudain, emplie de souffrance et de colère.
Je suis désolé, Maman ! Sois forte ! Je vais bientôt te voir !
-NON ! C'est trop tôt ! Je ne suis pas prête ! Je ne peux pas !
Un peu de courage ! Bientôt nous serons tous les deux !
Hermione poussa un nouveau cri. Elle avait l'impression de son ventre se déchirait et que l'on appliquait un fer incandescent sur ses reins. La douleur était atroce et les mots de réconfort du monstre n'arrivaient pas à l'apaiser. Une autre contraction irradia son bassin. Elle allait mourir, elle en était sûre !
Tu ne mourras pas ! Je ne le permettrais pas ! J'ai besoin de toi, Maman ! Maintenant pousse !!!
Hermione, malgré le peu de force qu'il lui restait, poussa aussi fort qu'elle le put. Il lui fallut s'y reprendre à trois fois avant de sentir la tête entre ses jambes. De ses mains fébriles, elle aida le reste du petit corps à sortir et le posa sur le sol. Il semblait si normal ! Elle coupa le cordon avec ses dents, faute de couteau et s'affala contre le mur derrière elle.
La chose pleurait comme un nouveau-né normal, mais elle n'avait ni la force, ni le courage de le prendre contre elle.
Elle se redressa légèrement et ce qu'elle vit la tétanisa. Elle se serait cru dans un film d'horreur moldu. Le bébé était à présent difforme et mutait en quelque chose de visqueux et couvert de veines noires, une sorte de « Blob ».
La chose se mit alors à grandir à une vitesse impressionnante, laissant échapper des bruits de succion.
Brusquement, une main surgit de l'amas gluant, arrachant un cri de terreur et de surprise à la jeune femme. Un homme nu se dressa alors devant elle avec un sourire.
-Bonjour, Maman !
Hermione sombra dans l'inconscience. L'homme s'approcha d'elle, caressa son visage et la porta à l'étage pour la déposer sur un lit.
-Dors, je veille sur toi maintenant !
Neville émergea lentement de son sommeil. Il mit un certain temps avant de se rappeler les événements de la veille. Se tournant, il aperçut Lucius qui l'observait assit sur la chaise.
-Bien dormi, Longdubas ? Je l'espère pour toi, la journée va être longue !
-Que me voulez-vous à la fin ?
-Pas grand chose ! Mais avant tout, j'ai quelques révélations à te faire qui devraient beaucoup t'intéresser !
Séverus faisait les cent pas sous l'œil attristé de Dumbledore. Echevelé, la tenue débraillée, son visage exprimait une douloureuse angoisse.
-C'est ma faute ! dit-il brusquement. Si je n'avais pas été aussi stupide et que je lui avais avoué mes sentiments, elle ne se serait pas enfuit !
-Ne vous blâmez pas ainsi, mon ami. Intervint Albus, avec douceur. Miss Granger est perturbée, je doute que vous soyez le seul responsable de sa fuite.
-Si ! J'en suis sûr !
Rogue s'affala sur un fauteuil, la tête dans ses mains. Le vieux sage se leva, contourna son bureau et posa une main réconfortante sur l'épaule du sombre professeur.
-Nous la retrouverons, Séverus ! Je vous le promets ! Elle vous aime et je suis persuadé qu'elle ne pourra pas rester longtemps éloignée de vous.
-Pourvu que vous disiez vrai, Albus ! dit Rogue en relevant la tête. Elle est ma vie !
-Je le sais, mon garçon et j'en suis ravi pour toi.
Séverus leva ses yeux vers l'homme qu'il considérait comme un père, surpris. C'était la première fois qu'il le tutoyait depuis qu'il l'avait sorti d'Azkaban. Dumbledore posa son doux regard azur sur lui et il sut que tout se passerait bien tant que le vieil homme serait à ses côtés.
-VOUS MENTEZ !!! hurla Neville. Tout ça n'est qu'un ignoble mensonge ! Je ne peux vous croire ! Vil serpent ! Vous ne faites que cracher votre venin immonde !
-Quelle raison aurais-je de te mentir ?
-Vous êtes un Mangemort ! C'est votre activité favorite !
-Pense ce que tu veux, il n'empêche que c'est la pure vérité. Pourquoi crois-tu que Aïgon t'a enlevé ? Tu es la pièce maîtresse de son plan ! Ce… cette chose est en toi, il ne lui reste plus cas l'éveiller. Que tu le veuilles ou non, tu es ce que tu es ! En choisissant Potter, Voldemort a enclenché votre Destin à tous les deux. Les deux faces d'une même pièce !
Neville était pétrifié. Ce devait être un cauchemar ! Lui, le fils de deux Aurors ! Comment pouvait-il être… ? Non, impossible ! Malfoy mentait ! C'est le Mal !
-Tu peux nier tant que tu le veux, reprit Lucius, cela ne changera pas ta Destiné ! Dumbledore, ce vieux fou, le sait. Il ne t'aidera pas, tu es seul ! Et quand Potter le découvrira, il n'aura pas d'autre choix que de te détruire ! Rejoins-moi Neville, je te protègerais !
Le jeune homme le regarda horrifié. Son monde venait de s'écrouler et il tombait inexorablement dans un gouffre sans fond. Sa seule pensée fut pour Luna, avant de s'écrouler sans connaissance.
Harry observait drago qui semblait ailleurs.
-Elle ne doit pas être loin. Dit-il. Nous allons la retrouver !
-Pardon ? dit le blond perdu.
-Je dis que nous allons retrouver Hermione.
-Ha ? Oui, sûrement.
-Ce n'est pas mione qui te tracasse, n'est ce pas ?
-Non, enfin si ! mais…
-Drago, dis-moi ce qui te préoccupe. Il y a un problème avec Kara ?
-Non, tout va bien ! C'est Carson !
-…
-J'ai eu une petite « discussion » avec lui.
-Et ?
-Je suis perplexe !
-Pour quelle raison ? Parce qu'il se dit ton frère ?
-Oui et non. Il m'a dit quelque chose de troublant et je ne sais pas si je dois le croire ou non.
-Raconte-moi !
Drago soupira, il commença à faire les cent pas et entreprit de relater son entrevue avec Carson.
+FLASH BACK+
-Tu va tout me dire ! cracha t'il. Et sans rien omettre si tu veux vivre. Crois-moi, je n'hésiterais pas à te faire la peau si tu cherche à me faire un coup tordu !
Le Mangemort le toisa avec l'insolence caractéristique des Malfoy. Ainsi, il ressemblait vraiment à Lucius. Drago senti la colère monter en lui, il pointa sa baguette vers l'homme et esquissa un rictus mauvais.
-Si tu es vraiment le fils de Lucius, reprit-il, tu sais sûrement quel bon professeur en torture il est ! N'abuse pas de ma patience, ou je te ferais goûter au traitement Malfoy !
-Pauvre petit Drago ! Papa a été sévère ? Il n'en a jamais eu besoin avec moi !
-Vraiment ? C'est sûrement parce que tu es déjà aussi pourri que lui !
-LA FERME ! Lucius est un grand homme ! Je t'interdis de lui manquer de respect !
-Parce que tu crois qu'il en a pour toi ? Il ne daigne même pas te reconnaître, Carson !
Drago avait appuyé sur son nom avec haine et mépris. Il sut qu'il avait frappé juste. Le dit Carson était rouge de colère, il écumait littéralement de rage.
-TU NE SAIS PAS DE QUOI TU PARLE ! hurla le Mangemort.
-Dis-le-moi !
-Je suis son fils, plus que tu ne le seras jamais !
-Ca, je n'en doute pas une seconde ! Qui est ta mère ?
-En quoi ça t'intéresse ?
-Je veux savoir avec quelle pouffe il a pu concevoir un déchet de ton espèce.
-Tu va mourir pour ces paroles !
-Ca, j'en doute ! Tu n'es pas en position de me menacer ! Réponds !
-Jamais !
-A ta guise ! Alors dis-moi où est Longdubas et pourquoi tu as pris sa place !
-Pour espionner Potter et sa clique !
-Où est-il ?
-J'en sais rien ! Et même si c'était le cas, je ne dirais rien !
-Que lui veux Lucius ?
-…
-Tu abuse de ma patience ! DOLORIS !
Carson se cabra sur sa chaise, mais ne hurla pas. Drago augmenta la puissance du sort. Puis, après une minute, le relâcha.
-Parle ! cracha t'il. Parle, ou je recommence plus fort !
-C'est en rapport avec la Prophétie de Potter. Il y avait deux enfants susceptibles de détruire le Seigneur des Ténèbres.
-Ca je le sais déjà ! Voldemort à choisi Harry.
-Ce que tu ne sais pas en revanche, c'est qu'une fois le « Sauveur » choisi, l'autre devenait son parfait opposé !
-Ce qui signifie ?
-Réfléchis !
-Ne joue pas aux devinettes avec moi ! Je n'ai pas le temps !
-Si Potter est celui qui doit sauver le monde, Longdubas est celui qui le détruira ! C'est assez clair ?
-Tu mens ! Cet idiot n'est pas assez puissant !
-Pas encore, mais avec l'aide de notre cher père…
Carson affichait un air satisfait. Il avait remarqué le trouble de Drago et s'en amusait. Son père avait raison ! Le jeune Malfoy n'était pas digne de son illustre nom. Un traître !
C'est troublé que le Serpentard quitta la pièce.
+FIN DU FLASH BACK+
Harry était silencieux. Son ami se tourna vers lui.
-Tu en pense quoi ?
-Je ne sais pas, mais si c'est vrai… Je dois en parler à Dumbledore !
-Je viens avec toi !
Les deux jeunes hommes se dirigèrent d'un pas alerte vers le bureau du directeur.
Hermione s'éveilla avec une douleur dans le bas ventre et une affreuse migraine. Une main fraîche était posée sur son front.
-Séverus ? articula t'elle avec difficulté.
-Non, repose-toi !
Elle ouvrit les yeux pour croiser deux billes noires et brillantes. Un homme brun était penché sur elle, un sourire bienveillant sur les lèvres. Cet homme lui semblait familier. Quand elle se redressa brusquement. Les événements de la veille venaient de lui revenir en mémoire.
-TOI !
-Oui ! Tu ne m'embrasse pas, Maman ?
