Note.

Me voilà de retour après un long moment d'absence.

J'avais promis d'écrire de nouveaux chapitres de ce premier livre, mais je n'ai encore rien publié. Je suis en effet en train de reprendre mon texte dans son intégralité, car plutôt que d'ajouter à la suite de mon histoire de petits textes supplémentaires, je préfère finalement publier une nouvelle édition de celle-ci, revue et augmentée. En l'attendant, voici un autre épilogue, avec Albus Dumbledore.

J'ai aussi commencé l'écriture du deuxième livre, comme vous l'avez (je l'espère) déjà remarqué. Il y a pour le moment quatorze chapitres d'environ mille mots.


Épilogue 3 : Albus Dumbledore.

D'un ample geste du bras, Albus Dumbledore repoussa les feuilles éparses qui recouvraient son bureau. Des notes pêle-mêle et des manuscrits divers furent rejetés vers l'un des bords, s'y entassant les uns sur les autres, et certains tombèrent même à terre. Mais Albus était trop las pour y faire attention tout ce qui l'intéressait, c'était de faire de la place.

Une fois que cela fut fait, il ouvrit l'un des tiroirs, remplis à ras bord et mal rangé, et fouilla à l'intérieur pour en tirer un vélin vierge, une plume et un pot d'encre noir. Il posa le tout sur l'espace dégagé du bureau, et commença à écrire d'un air soucieux. Il était trop pressé pour s'appliquer comme à l'ordinaire, et son écriture était donc hachée, presque illisible par endroit. Ne voulant pas perdre de temps à faire un brouillon, il jeta ses idées en vrac et fut obligé de raturer des mots à plusieurs reprises pour reformuler une phrase.

Lorsqu'il eut finis, il approcha la feuille à hauteur de ses yeux et s'appliqua à déchiffrer ce qu'il avait écrit en regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune. Ses lèvres bougeaient, comme s'il voulait lire son texte à haute voix, mais aucun son ne sortait de sa bouche. En finissant, il fit la moue il n'était ni satisfait, ni vraiment insatisfait.

Il reposa la feuille en laissant mollement retomber son bras, et soupira longuement. La situation lui avait échappé, et il fallait maintenant qu'il agisse. Cela n'arrivait que très rarement, mais il avait ce jour-là été pris de cours. Il n'avait rien vu venir, et avait même été grandement surpris en apprenant la nouvelle…

Il resta immobile un moment, perdu dans ses pensées, puis se ressaisit : il signa au bas de la feuille, la plia en trois, et sortit un bâtonnet de cire à cacheter d'un autre tiroir. Il en fit fondre l'extrémité à l'aide d'une bougie et laissa couler la cire sur l'arrière du vélin, collant l'un à l'autre les deux rabats. Une fois que la cire eut commencé à durcir, il y imprima fermement le sceau qu'il portait en bague à son annulaire droit.

Il écrivit un nom sur l'avant de la lettre, puis se leva et s'approcha de la fenêtre à carreaux, dont il ouvrit l'un des deux battants. Il siffla alors avec son pouce et son index, et un Grand-duc arriva bientôt pour se poser sur le chambranle. Albus lui confia sa lettre, et l'animal déploya immédiatement ses grandes ailes pour s'envoler à nouveau.

Pendant quelques instants, Albus contempla l'oiseau qui s'éloignait vers l'horizon, et dont l'immense envergure rétrécissait progressivement. Au-delà, le soleil se couchait en produisant des halos rouges et orangés. Le lac et la partie basse du château était déjà plongés dans la pénombre, et la nuit ne tarderait pas. Albus referma la fenêtre et se rassit dans son fauteuil de cuir.

Il n'était pas naïf : tout ce qu'il faisait serait sans doute vain, et il ne le faisait quasiment que par acquis de conscience. En effet, pensait-il, un tel coup ne se prépare pas à la légère, et le voleur était sans doute déjà loin, et bien caché.