Note de l'auteur : Je crois que je vais passer à un OS tous les deux jours, l'inspiration se faisant rare ces jours-ci... C'est la faute à la rentrée, qui m'oblige à me lever à 6h15 au lieu de 9h...


Réponses aux reviews

Holidays : J'ai tendance à beaucoup, beaucoup, beaucoup cogiter sur Fairy Tail (j'en rêve même la nuit, c'est dire si ce manga est incrusté dans ma tête... ). Du coup, disons que j'ai déjà « essayé » mentalement pas mal de trucs et que je garde ceux qui se rapprochent le plus du caractère des personnages, ceux qui font le plus « vrai »... Quant à nos petits Jellal et Erza, bien qu'ils aient 26 ans, effectivement, en matière de relations humaines on a vu mieux.

Lehanna : Oui, la jalousie est un vilain défaut. Et ce sera le défaut fatal de notre bien-aimé Jellal ( j'en dit pas plus sinon je vais spoiler la suite de mon histoire... ).

Riza Deumbra : Pauvre Coco, oui ! Elle est complètement passée à la trappe ! Jellal, c'est pas bien !


36. Tourbillon

X791 - Archipel Tendori, Slival

La main devant la bouche, accoudée au balcon en pierre de la loge, Erza réprima un bâillement.

Elle n'avait pas beaucoup dormi cette nuit, en partie à cause de ses blessures qui lui faisaient un mal de chien, et en partie à cause du Roi et de ses actes aussi irréfléchis qu'incompréhensibles.

Franchement, pourquoi Jellal lui avait-il sauté dessus comme ça ? Ce n'était pas la première fois qu'elle était blessée - et sûrement pas la dernière - en sa présence. Certes, elle devait admettre que l'épreuve INFERNO était limite suicidaire, mais quand même.

Elle avait déjà failli mourir plusieurs fois autrefois, quand il était Prince, et il ne lui avait fait une telle scène. Elle se doutait qu'il allait débarquer, l'air mi-inquiet mi-paniqué, pour voir si elle allait bien, comme il le faisait autrefois - ça c'était Jellal, on ne le changerais pas, toujours à s'inquiéter pour des broutilles. Mais qu'il lui saute dessus, qu'il l'embrasse et la plaque sur le lit, ça, elle ne l'avait prévu. Du tout.

Pas plus qu'elle n'avait prévu d'aimer ça.

Elle avait donc deux points à éclaircir.

Pourquoi Jellal l'avait-il embrassée ? Bon, elle n'était ni bête, ni sainte, ni naïve. Ils avaient grandi, ils n'étaient plus des enfants. Ils étaient un homme et une femme, avec les hormones et les envies qui allaient avec. Et elle reconnaissait - avec difficulté, mais son ego avait quand même des limites - que Jellal était quand même sacrément bien foutu. Elle était bien obligée de reconnaître au moins ça, de toutes façons elle ne pouvait pas nier qu'il était attirant, pas avec les rêves qu'elle faisait régulièrement depuis quelques années.

Le hic, c'est qu'en se levant ce matin et en voyant son reflet dans le miroir de la salle de bains, elle s'était rendu compte que question physique accrocheur, elle avait quand même déjà fait mieux. Bon, d'accord, la veille il faisait un peu sombre dans sa chambre... Mais tout de même. Elle avait l'air d'être passée sous un Legyon.

Jellal ne pouvait pas lui avoir sauté dessus parce qu'il la trouvait irrésistible, ça elle en était sûre, pensa-t-elle en ricanant mentalement. Et puis, il savait se tenir, sinon cela ferait belle lurette qu'il aurait assouvi ses pulsions avec les midinettes de la Cour qui lui faisaient les yeux doux.

Bon, elle n'était pas plus avancée et elle sentait pointer une migraine affreuse. Elle passa donc au deuxième point de son ordre du jour, qui aurait peut-être bien mérité une première place.

Pourquoi - non, pas pourquoi, comment -, comment diable avait-elle pu aimer que Jellal l'embrasse ? Quoi qu'il ait pu avoir derrière la tête pour faire ça.

Elle l'avait vu arriver, inquiet comme pas possible - elle s'en était sentie presque attendrie, il n'avait vraiment pas changé -, elle l'avait vu détailler son corps sous toutes les coutures - faisant probablement le listing de toutes ses blessures -, et puis... Bam, elle s'était retrouvée sous lui, le dos contre le matelas moelleux - elle devrait penser à s'acheter un matelas comme celui-là en rentrant à Edolas -, les joues prises entre deux mains chaudes et les lèvres contre celles de Jellal.

Et elle avait aimé ça. Et passé le coup de la surprise, ça lui avait fait peur.

C'était assez ironique, quand on y repensait. Elle, Erza Knightwalker, qui venait d'affronter sans tressaillir une flopée de monstres impossibles et cauchemardesques dans une tour infernale, avait peur d'un baiser. Si ça se savait, sa réputation de démon sans peur était fichue.

Ça lui avait vraiment fait peur. Parce qu'elle ressentait quelque chose de nouveau, d'étrange et d'inidentifiable. Parce que c'était Jellal - Jellal, bon sang ! - qui l'embrassait. Et ça, c'était profondément illogique, inconcevable et irrationnel. Elle aurait bien dit impossible, mais vu que c'était justement en train de se passer...

Ça lui avait fait tellement peur qu'elle n'avait pas réfléchi. Il fallait que ça s'arrête, ça ne pouvait pas arriver et ça ne devait pas arriver. Elle ne savait pas pourquoi, mais ça devait s'arrêter et c'est tout. Alors elle avait mis les mains sur son torse - notant au passage qu'il avait une main dans ses mèches écarlates et l'autre autour de sa taille -, et elle l'avait repoussé.

Elle s'était écarté, et parce qu'elle n'aimait pas ne pas comprendre, elle lui avait demandé. Pourquoi il faisait ça ? Sauf qu'il l'avait regardé d'un air totalement hébété, à croire qu'il était drogué, et il n'avait rien répondu.

Et comme elle se sentait de plus en plus mal à l'aise en sa présence, elle était partie. Sans un mot de plus, de peur que sa voix la trahisse. Sans se retourner, parce qu'elle sentait ses joues commencer à brûler. Elle avait claqué la porte avec soulagement, s'y était adossé cinq minutes le temps de rassembler ses esprits, et elle était partie squatter la chambre de Simon, qui avait été assez gentil pour ne pas lui demander d'explications - il la connaissait assez depuis le temps.

Erza soupira en se massant les tempes. Ça y était, la migraine était installée et elle ne semblait pas prêt de s'en aller. Mieux valait pour elle qu'elle cesse de se retourner le cerveau à propos de Jellal. Pour l'instant.

Relevant la tête, elle fixa son regard sur l'arène du jour.

Arène qui consistait en une vallée. Deux montagnes se dressaient non loin de Slival, tellement proches l'une de l'autre que la vallée qui la séparait faisait à peine vingt mètres de large. Elle était profondément encaissée et les vents du nord, tous droit venus de l'Océan, s'y engouffraient et s'y accumulaient, créant des rafales gigantesques à la sortie de la vallée, où ils se trouvaient actuellement.

Le bruit du vent balayant tout les autres sons, l'intitulé et le but de l'épreuve avaient été inscrits sur de larges panneaux accrochés un peu partout sur les promontoires qui servaient de gradins, à l'abri des rafales meurtrières.

Meurtrières, car le vent était si fort qu'il emportait tout sur son passage, et des morceaux de roches gigantesques étaient régulièrement projetés à l'entrée de la vallée, largement capables de tuer quelqu'un par simple collision.

Les cinq participants à l'épreuve, ironiquement nommée STORM, en faisaient actuellement l'expérience, tentant de rester vivants sous la pluie de projectiles plus ou moins létaux qui surgissaient sans prévenir.

C'était là le but de l'épreuve. Rester debout, entier, vivant, et ce le plus longtemps possible. Ceux qui tombaient étaient éliminés. Certes, ce n'était pas aussi dangereux que l'épreuve à laquelle elle avait participé, mais c'était sûrement tout aussi éprouvant, et elle encouragea mentalement Luxus qui se trouvait plus bas.

Les participants de Mentar et Joras avaient déjà été éliminés, leurs gabarits, trop légers, ne leur ayant pas fourni grande aide. Ils avaient plié rapidement sous la force du vent.

Alors que les trois derniers combattants résistaient bien, un rocher de presque deux mètres de diamètre surgit de la vallée à une vitesse effarante, passant à seulement dix centimètres de Luxus et emportant avec lui le combattant de Tendori, dans un écœurant bruit de chair broyée. Erza fit la grimace. Même elle n'était pas très friande de ce genre de spectacle. Trop salissant, surtout quand c'était vous qui deviez nettoyer ensuite.

Finalement, la chance joua en faveur de Luxus, car une large branche frappa le combattant kirian, le déséquilibrant juste assez pour qu'il finisse sur le dos, permettant ainsi au blond de prendre la première place.

Erza sourit. La veille, Coco s'était placée deuxième dans l'épreuve LOST, leur offrant six points en plus. Aujourd'hui, avec cette première place et les huit points qui l'accompagnaient, Edolas montait à vingt-six points. Ils étaient à égalité avec Kirios, alors que Tendori culminait en pole position avec trente points.

Rien n'était joué.