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Heureuse de constater que le chapitre précédent vous a convaincues.

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Voici les réactions de l'équipe suite à l'altercation avec Tony. J'espère que vous approuverez.

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« Résolution 2 » avance à petits pas dans la mesure où, pour l'instant, je consacre mes rares moments de libre à terminer de réécrire les derniers chapitres de cette fic. Cependant, j'en ai déjà écrit une bonne partie mais il manque les premiers chapitres pour être en mesure de poster la suite que vous attendez avec impatience.

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Je suis flattée que mes histoires plaisent autant et je tente de me mettre devant mon ordinateur aussi souvent que possible. Cependant, comme beaucoup d'entre nous, entre travail et vie privée, il faut trouver le temps de se consacrer à ses loisirs et faire parfois des choix drastiques.

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Ma vie professionnelle a subi des changements importants ces six derniers mois et je dois m'adapter à de nouvelles conditions de travail sous peine de perdre mon poste. C'est essentiellement la raison qui m'oblige à différer parfois la publication de mes fics.

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Pourtant, je m'accroche à ce loisir car il m'autorise à m'évader en inventant ces histoires. Mon imagination bouillonne et mon cerveau fourmille d'idées. Je navigue d'une histoire à l'autre au gré des idées qui me viennent à l'esprit. Je peux écrire une histoire de plus d'une centaine de pages en quelques semaines ou mettre des mois à taper quelques paragraphes.

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La muse d'un écrivain va et vient à son gré et à son rythme, nous pouvons être productifs ou connaitre un passage à vide plus ou moins long. Il est alors inutile de vouloir forcer notre cerveau à produire quelque chose, ce serait le plus sûr moyen d'obtenir le contraire.

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Et il me semble injuste de me précipiter à écrire lorsque l'envie ne vient pas. Je ne prétends pas faire partie de la classe des grands écrivains comme notre pays a pu en produire depuis des siècles mais j'estime que je dois à mes lectrices de faire un effort pour leur donner envie de lire mes fics et me suivre d'histoire en histoire.

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Voilà, c'était une petite digression pour vous expliquer un peu qu'il n'est pas si facile de se lancer dans l'écriture et que bien des facteurs externes peuvent venir perturber notre processus de création.

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Je vous laisse à votre lecture et attends, comme toujours, vos commentaires.

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Chapitre 35 : Réaction collégiale

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Le silence qui suivit le départ des deux hommes était épais et presque crispant. Aucun membre de l'équipe n'osait le briser de peur de voir Gibbs exploser de colère. Le reste des agents lançaient des regards curieux vers l'équipe attendant les réactions de leurs collègues, certains avec impatience et d'autres avec jubilation.

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Pour la plupart, Gibbs et son équipe méritaient l'algarade qu'ils venaient de subir de la part de l'italien, il y avait longtemps que l'agent aurait dû leur dire sa façon de penser et les remettre à leur place. L'attente avait valu la peine, le spectacle avait été jouissif.

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Et que dire du dernier geste de DiNozzo, ce baiser fougueux échangé avec l'inconnu ! Personne n'aurait jamais soupçonné le coureur de jupons qu'il était – ou voulait que tous croient – d'être intéressé par l'autre sexe. Ou était-ce juste une manière de les faire marcher, de bluffer ?

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Ou plus simplement de faire comprendre à une certaine israélienne qu'elle n'aurait jamais eu aucune chance de mettre l'italien dans son lit. Il n'avait échappé qu'à peu d'entre eux le manège de David lorsqu'elle suivait Tony dans les toilettes des hommes. Il était évident qu'elle entendait l'embarrasser ou le séduire. Une attitude que l'italien semblait avoir bien cerné puisqu'il l'avait apostrophé sur le sujet.

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Personne ne savait ce que serait le lendemain lorsque l'italien reprendrait son poste mais beaucoup espérait que l'agent demanderait un transfert. Tous les autres chefs d'équipe avaient, à un moment donné ou un autre, souhaité avoir l'italien dans leur équipe. Il était évident que le second de Gibbs était sous-estimé par ses propres collègues alors que tant d'autres reconnaissaient sa valeur.

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L'avenir allait être définitivement changé après cette altercation et tous étaient impatients de voir dans quelle mesure.

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Pour sa part, Abby était toujours enlacée par son protecteur, l'altercation avait mis ses nerfs à rude épreuve car elle détestait les conflits directs surtout si elle était impliquée personnellement. Elle n'avait jamais soupçonné que celui qu'elle avait qualifié d'agent en formation durant l'absence de Gibbs puisse être aussi… vindicatif et, en même temps, si attractif.

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Il se dégageait de l'italien, à ce moment-là, une telle puissance qu'il en devenait très sexy. Son magnétisme était si vibrant qu'en d'autres circonstances, elle aurait bien tenté de le séduire. Jamais elle n'avait entraperçu ce côté 'animal' de celui qui avait été un jour un ami proche, presque un frère de cœur.

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Et ce baiser ardent échangé avec l'inconnu l'avait mise presque en transe, elle qui rêvait d'être témoin des ébats entre deux hommes s'adonnant aux joies de l'amour physique. Si elle avait eu la plus petite idée que leur coureur de jupons chassait également les pantalons, elle l'aurait entraîné dans des clubs plus sélectifs lorsqu'ils allaient danser ensemble.

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Elle soupira, elle avait manqué de discernement avec l'italien et désormais, elle aurait en tête des images suggestives et censurées par les bonnes mœurs.

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Malgré ses pensées, elle ne regretta pas un instant d'avoir giflé l'italien, il méritait au moins ça pour avoir osé s'attaquer à eux. Certes, il l'avait menacé de déposer plainte mais elle était confiante. Gibbs ne le laisserait pas faire une telle chose, elle n'avait aucun doute à ce sujet et aucune inquiétude.

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Elle se serra davantage entre les bras de Gibbs et soupira tout en émettant un petit sanglot qui aussitôt fit réagir son 'renard argenté' comme elle l'espérait, il resserra son étreinte autour d'elle l'enveloppant dans un cocon de sécurité.

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La gothique ne fut pas la seule qui réagit à l'attraction de l'italien. Ziva n'avait pu rester insensible à cette facette de son collègue dont elle n'avait jamais été témoin. Pour elle, sa première impression lors de leur rencontre était que l'agent était faible, veule et enfantin.

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Et voilà qu'il dévoilait un aspect de sa personnalité qu'elle n'aurait jamais associé à l'italien.

Il avait exsudé une telle force de tout son être qu'elle regrettait de n'avoir pas eu l'occasion de le mettre dans son lit. Elle aimait les hommes capables de la dominer et elle n'avait jamais songé que sous des dehors puérils, l'italien puisse être de ceux-là.

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Cependant, le dernier geste qu'il avait eu, ce baiser fougueux qu'il avait échangé avec cet inconnu, la laissait perplexe. DiNozzo les avait-il simplement bernés tout ce temps ou venait-il juste de les provoquer ? Essayait-il de lui passer un message expliquant pourquoi il n'avait jamais été attiré par elle ?

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Il était impossible qu'elle ait été dupée à ce point par un imbécile, un idiot et un clown ! Il devait y avoir une explication logique et rationnelle au geste auquel elle venait d'assister. DiNozzo était amoureux d'elle, elle l'aurait juré… Avait-il voulu la mener en barque… non, ce n'était pas l'expression qu'elle cherchait mais qu'importe.

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Ce baiser faisait voler en éclats les certitudes qu'elle avait à son sujet, des certitudes issues des recherches effectuées sur chaque membre pour le compte d'Ari. Si elle s'était faite bernée ainsi par lui, qu'en était-il des autres ? Avaient-ils aussi des secrets qu'elle n'avait pas découverts ?

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En définitive, avait-elle jamais véritablement connu l'italien comme elle le supposait ? Ziva ne pouvait douter de ses instincts ainsi, elle était membre d'une unité Kidon, ce qui signifiait qu'elle était préparée à des éventualités parfois incroyables mais là… elle réalisait qu'elle venait d'être le jouet d'un maître qui l'avait mystifiée durant plusieurs mois. C'était proprement incompréhensible, incroyable et totalement inattendu !

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Que n'aurait-elle donné pour voir plus souvent ce côté primitif de l'italien ! Il était si attirant lorsqu'il était ainsi, si fort et si… mâle, un homme comme elle aurait aimé qu'il soit la plupart du temps. Elle aurait définitivement pu tomber amoureuse de lui si seulement…

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McGee avait été si ahuri qu'il en était resté bouche bée. Voir DiNozzo rouler un patin à un mec n'était pas un geste qu'il aurait attendu de sa part. Jamais il n'aurait soupçonné l'italien de batifoler pour l'autre sexe alors qu'il ne ratait aucune occasion de flirter avec tout ce qui portait un jupon. Il était connu pour ses conquêtes… toutes féminines d'après les rumeurs.

Comment pouvait-il s'être laissé manipuler ainsi par un gars qui ne possédait qu'un diplôme en Education Physique. Ou ce qu'il avait insinué plus tôt signifiait-il qu'il était détenteur de plus que ça. Impossible, il n'aurait pas raté une occasion de l'envoyer à la figure de Tim à un moment donné ou un autre, histoire de le remettre à sa place.

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Mais s'il réfléchissait, DiNozzo n'avait jamais avoué parler plusieurs langues, il avait fallu des enquêtes spécifiques pour que cette information soit portée à leur connaissance. Etait-ce à dire qu'il leur avait caché d'autres choses à son sujet ? Il parlait beaucoup mais il réalisa soudain qu'il savait vraiment peu de choses personnelles à son sujet.

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Son collègue semblait être plus complexe que l'idiot du village qu'il véhiculait à tout va. Et ce n'était pas faute de dire que bien des gens le sous-estimaient et qu'il était bien plus que ce qu'il montrait. Tim s'était laissé distraire par son bonhomie, sa jovialité et sa puérilité.

DiNozzo avait réussi l'exploit de le laisser vivre dans l'illusion qu'il connaissait parfaitement celui que Tim considérait comme un agent au rabais, un ex-flic de second ordre.

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Lui qui se disait génie s'était fait embobiner par un mec dont le QI était bien inférieur au sien ! Quelle humiliation !

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McGee n'avait pas non plus apprécié les remarques que l'italien avait faites à son encontre. Pour sa part, ses diplômes le destinaient à occuper le poste de directeur dans quelques années et il ne modifierait son objectif pour rien au monde. Il serait un jour celui qui serait à la tête de l'agence et le plus jeune directeur d'une agence gouvernementale. Il y veillerait.

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Bientôt, il remplacerait DiNozzo en tant que second de Gibbs, il en était également certain. L'italien ne serait plus qu'un lointain souvenir d'ici quelques semaines, l'ancien Marine ne le laisserait pas s'en tirer à si bon compte. Un premier pas dans la bonne direction avant de pouvoir prendre la place de Gibbs.

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Ducky avait regardé les deux hommes s'embrasser et s'il n'avait pas été choqué outre mesure, il était cependant stupéfait de n'avoir pas détecté la tendance homosexuelle du jeune Anthony. L'italien avait bien caché cet aspect de sa personnalité et réussir à berner le légiste n'était pas une mince affaire.

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Cet exploit démontrait bien que le second de Gibbs avait plus d'expérience dans l'art de la dissimulation que quiconque voulait lui attribuer. Le peu d'informations glanées sur son enfance et son adolescence recelaient sans doute plus de secrets qu'il ne l'avouerait jamais à âme qui vive. Les blessures devaient être si ancrées profondément dans son être qu'elles l'avaient rendu plus fort et plus combatif.

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L'admiration pour la ténacité et la force de caractère de l'italien s'en trouva encore renforcée. Mais hélas, il n'aurait probablement jamais l'occasion de le lui dire de vive voix si les derniers mots de son jeune ami étaient à prendre au sérieux.

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Il était dommage de voir ainsi leur relation se briser en quelques mois alors que les deux hommes avaient mis des années à partager un certain respect l'un pour l'autre. Ducky regrettait de n'avoir jamais avoué à l'italien qu'il le tenait en si haute estime et que sa propre mère l'avait adoré dès leur première rencontre.

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Cependant, le légiste devait admettre qu'il n'avait apporté aucun soutien à son jeune ami lors de l'absence de Jethro. Au contraire, il avait exhorté Anthony à faire des efforts pour compenser la perte que l'équipe venait de subir sans se préoccuper davantage de ce que l'italien pouvait ressentir lui-même.

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Ducky reconnaissait s'être laissé influencer par les trois jeunes gens d'une certaine manière et leur avoir donné raison contre l'italien sans avoir pris la peine de confronter les différentes parties était un manque flagrant de discernement. Il savait pourtant que l'italien tenait son mentor en grande estime. Il aurait dû être plus objectif.

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De tout son cœur, il espérait avoir l'opportunité un jour prochain de faire son mea culpa et de révéler à Anthony son opinion personnelle à son sujet.

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Palmer n'était pas intervenu une seule fois durant la confrontation, il avait laissé Tony avoir son heure de gloire. Le voir remettre ses coéquipiers à leur place était juste ce qu'il fallait à l'italien pour mettre un terme à ces derniers mois de torture mentale.

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Entendre les commentaires de McGee, David et Sciuto à son sujet avait parfois été difficile pour Jimmy. Avec raison, Tony lui avait conseillé de ne pas révéler leur amitié et d'éviter de se retrouver mêler aux digressions verbales des trois idiots, comme son ami les surnommait parfois. Jimmy, quant à lui, leur donnerait un autre surnom moins poétique.

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Il n'avait été aucunement surpris du dernier geste de son ami, un véritable camouflet pour Gibbs. Certes, Tony n'avait jamais dévoilé la véritable nature de sa relation avec l'ancien Marine et Jimmy n'avait pas posé de question à ce sujet. Il n'empêche qu'il n'était pas aveugle ou stupide comme certains le supposaient et qu'il avait deviné bien avant l'accident.

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Il semblait être le seul à avoir eu cette intuition si les réactions des autres en était un signe. Le jeune légiste était franchement étonné de constater que ni Abby, si intuitive en règle générale, ni Ducky et son diplôme en psychologie n'aient découvert le pot aux roses. Pour quelqu'un qui connaissait aussi bien les deux hommes que ces deux-là, il était plus que surprenant qu'ils n'aient pas deviné.

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Tony était un expert pour cacher ses émotions et taire ses secrets, Gibbs n'était pas un grand bavard. Pourtant, leurs petites mimiques et leurs regards auraient dû mettre la puce à l'oreille d'enquêteurs expérimentés tels que Todd, McGee et David se prétendaient être. Abby était une autre paire de manches, elle était intrusive et assez manipulatrice pour soutirer des informations. Mais sans doute pas assez pour quelqu'un de l'envergure de Tony.

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Après avoir découvert les effets du départ de Gibbs sur Tony, l'attitude de McGee et David mais surtout celui d'Abby, l'absence de soutien de Ducky, Jimmy était heureux de constater que son ami avait réussi à rebondir et trouver un homme qui semblait lui convenir.

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Contrairement à ce que les différents membres de l'équipe pouvaient penser, Tony n'avait pas eu ce geste pour les mystifier. Il laissait simplement une facette de sa personnalité percer au grand jour, à la grande satisfaction de Jimmy.

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Désormais, il n'aurait plus à cacher sa véritable nature car, même si Tony n'avait rien confirmé, il était évident qu'il ne resterait plus très longtemps à l'agence. Sans connaitre l'homme dont Tony était visiblement épris, il était persuadé que l'inconnu ne laisserait pas l'italien travailler dans un environnement toxique comme le NCIS.

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Jimmy était à la fois heureux pour son ami d'avoir trouvé l'amour et malheureux de perdre sans doute le seul véritable ami qu'il avait au sein de l'agence.

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Gibbs avait eu bien du mal à rester impassible lorsque DiNozzo avait embrassé cet inconnu. Il estimait être le seul à avoir ce droit… même s'il avait tenu Tony à l'écart de sa vie depuis son retour. Il avait eu toutes les peines du monde à le voir chaque jour et à maintenir une certaine distance entre eux.

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De toute l'équipe présente, il était bien le seul qui connaissait la véritable nature de l'italien. Avoir été son amant durant plusieurs années lui conférait un avantage certain sur le reste du groupe et il n'avait pas été surpris par le geste de son amant ou devrait-il dire ancien amant.

Il semblait que le cœur de son compagnon soit désormais occupé par un autre et ce par sa faute exclusive.

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Il n'avait pas su gérer la résurgence des souvenirs de la mort brutale de 'ses filles' et la découverte de sa trahison envers Shannon avec rien moins qu'un homme. Il s'était dégouté lorsqu'il avait compris qu'il avait son second pour amant. De tous ceux qui gravitaient autour de lui, il était le dernier qui aurait dû lui inspirer un tel sentiment.

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Mais sans doute aimer un homme était une façon de ne pas mettre sa chère Shannon en compétition avec un nouvel amour. Ses trois divorces avec de pulpeuses rousses s'étaient tous soldés par des échecs. Il en était allé de même avec ses liaisons passagères. Il avait peut-être pensé qu'une relation avec un homme changerait ce pronostic.

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Grave erreur, il avait quand même brisé le lien qui le liait à DiNozzo sans que ce dernier ne puisse s'y opposer. Et pour éviter une scène pénible, il avait agi de manière sournoise, sans laisser à Tony l'occasion de plaider sa cause. Couper les ponts brutalement lui avait semblé le meilleur moyen de gérer le problème et d'avorter la crise qui s'en serait suivie.

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Il avait repoussé Tony, l'avait forcé à s'éloigner en lui témoignant de l'hostilité, l'avait relégué au rang d'agent uniquement et avait renié leur relation. Un dur camouflet pour l'italien, un de ceux qu'il ne pouvait prétendre ignorer. Un autre échec à ajouter à ceux qu'il avait connu avec son père et sa fiancée.

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L'obliger à parler de ses sentiments était un exercice auquel Gibbs ne souhaitait pas s'adonner librement ou par obligation. Il était connu pour être un homme de peu de mots et il entendait maintenir cette impression. Pourtant, si le sujet en valait la peine, il pouvait parfaitement aligner plus de quelques mots.

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Il avait jugé qu'il n'avait pas à faire cet effort avec DiNozzo. Son second avait toujours su lire en lui et le comprendre mieux que personne sans le moindre effort. Pour quelles raisons n'avait-il pas utilisé cette connaissance pour confronter l'ancien Marine ? Gibbs ne le savait pas et surtout, il n'avait pas cherché à le savoir. Il avait donc décidé de laisser leur relation s'étioler lorsqu'il avait réalisé que Tony ne ferait pas un geste vers lui.

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Pourtant, ça n'empêchait pas son cœur de se serrer à la vue des deux hommes ensemble. Il aurait dû être le seul destinataire de l'attention de l'italien, il voulait être l'unique bénéficiaire de son amour. Mais il était trop tard pour remédier à la situation qu'il avait initiée pour éviter de souffrir.

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En fait, il avait obtenu l'inverse de ce qu'il avait voulu et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Vivre avec le regret de n'avoir pas pu ou su gérer l'après accident et le réveil des souvenirs de ses filles serait sa pénitence pour le reste de ses jours. Il savait qu'il ne retrouverait pas une relation comme celle qu'il avait connue avec l'italien.

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Son agent avait toujours été si compréhensif, si intuitif, si présent, si disponible ou si discret quand il s'agissait de lui que Gibbs doutait de jamais rencontrer un autre compagnon qui soit aussi complémentaire pour lui que l'italien l'avait été. Sa personnalité était unique et était le pendant parfait de la sienne.

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L'ombre et la lumière, la glace et le feu, la froideur et l'exubérance, le taciturne et le prolixe, le renfermé et le jovial : toutes ces différences qui les caractérisaient avaient contribué à solidifier leur relation.

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Que ne donnerait-il pas aujourd'hui pour revenir quelques mois en arrière pour réparer ses erreurs et tenter de reconquérir l'italien ?

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« Le spectacle est terminé, que chacun reprenne le travail » les apostropha soudain la directrice les faisant tous sursauter.

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Elle venait d'assister à une démonstration époustouflante de l'italien et elle enrageait de n'avoir pu le convaincre d'adhérer à son projet. Il venait de lui prouver qu'il aurait été parfait pour mettre à genoux René Benoit. Il avait admirablement su contrer Gibbs et son équipe.

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Cependant, elle n'avait pas escompté qu'il pointe du doigt certains points aberrants concernant Ziva. Elle se demandait s'il soupçonnait qu'elle-même avait passé un accord spécial avec le directeur du Mossad, Eli David pour obtenir certaines informations au sujet de Benoit. Savait-il ou soupçonnait-il juste pour quelle raison Ziva disposait d'un niveau d'accréditation aussi élevé ?

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Tout comme certains de ses collègues, elle avait pris l'italien pour argent comptant. Il avait su admirablement berné son monde en jouant les coureurs de jupons et le clown. Il était définitivement un maitre dans l'art de la distraction et de la mystification. Le parfait candidat pour la mission qu'elle avait souhaité lui confier.

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Elle avait soigneusement épluché les dossiers des agents de terrain durant plusieurs semaines pour trouver celui qui serait à même de jouer le rôle qu'elle avait en tête et à entendre les réflexions de Ziva sur l'italien, les remarques de McGee sur son collègue et les rares compliments de Gibbs à son sujet de même que les incessantes demandes de certains chefs d'équipe pour adjoindre l'agent à leur propre équipe l'avaient conduite à s'intéresser à lui et à approfondir l'étude de son dossier.

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Et voilà qu'après avoir élaboré soigneusement une couverture adéquate basée sur la personnalité de l'italien, celui-ci faisait tout voler en éclat parce qu'il avait des doutes sur la légitimité de la mission !

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Elle allait devoir reprendre à zéro et revoir aussi bien la couverture que choisir l'agent qui l'accomplirait. Une perte de temps qu'elle ne pouvait plus se permettre de gaspiller. Et elle n'avait que peu de choix parmi les agents capables de fournir une prestation de qualité sans griller leur couverture.

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Shepard avait passé tant d'heures à observer l'équipe de Gibbs une fois son choix fixé qu'elle savait que DiNozzo était de loin le candidat idéal. Et cette surveillance constante lui avait, en même temps, permis de constater que McGee ne pourrait pas être un substitut valable pour remplir la mission.

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L'informaticien était trop influençable et trop nerveux pour se mesurer à un homme tel que le trafiquant. Il fallait avoir de l'expérience et des nerfs d'acier pour jouer un rôle aux antipodes de sa personnalité et elle doutait que McGee puisse être assez fort et résistant pour à la fois travailler le jour et conter fleurette la nuit.

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Jenny laissa son regard glisser de l'agent vers l'officier du Mossad. Peut-être pourrait-elle convaincre Ziva de prendre la place de DiNozzo, elle voudrait certainement prouver qu'elle valait mieux que l'italien en mettant tout en œuvre pour être celle qui ferait tomber le mercenaire. Oui, elle pouvait sans doute revoir la couverture pour l'adapter à la personnalité de l'israélienne.

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Shepard soupira, les rouages de son cerveau en pleine ébullition et l'esprit occupé à trouver ce qui siérait le mieux au tempérament de son amie pour lui permettre d'aborder la fille de son ennemi juré et l'aider à obtenir la vengeance qu'elle convoitait depuis bien des années.

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DiNozzo lui avait fait défaut mais elle n'avait pas dit son dernier mot, loin de là.

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Elle fit enfin demi-tour et regagna son bureau en espérant qu'elle aurait le temps de faire tomber son ennemi, sa Némésis avant qu'il ne soit trop tard pour elle. Ce serait assurément le dernier acte important qu'elle voulait voir se produire avant qu'elle ne puisse plus rien entreprendre.

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Finalement, le petit groupe sortit de sa transe et Abby fut la première à réagir, signe évident que son instant de faiblesse n'était pas si réel que ça. Gibbs l'écarta de lui et s'avança vers son bureau où les boitiers contenant ses médailles et ses récompenses gisaient pèle mêle sur la surface.

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Ce seul geste prouvait que DiNozzo ne considérait plus leur relation comme potentielle mais bel et bien terminée. Dans le cas contraire, il aurait gardé jalousement les médailles dans le tiroir de son bureau comme il l'avait fait durant ces dernières années. Il sentit son cœur se serrer à ce simple constat, Tony ne souhaitait plus être le gardien des preuves de sa réussite professionnelle.

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Il ignorait ce qui adviendrait après leur altercation collective, McGee et David ne seraient pas enclins à le laisser s'en tirer sans dommage. Abby ne lui pardonnerait pas les propos qu'il avait eus à son encontre, Ducky aurait lui aussi quelque ressentiment envers l'italien. Seul Palmer semblait tirer son épingle du jeu, il n'avait pas été la cible des récriminations de son second.

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Il fut tiré de ses réflexions par la voix de la gothique.

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« Alors, qu'est-ce qu'on fait, Gibbs ? » lança soudain Abby.

« On attend de voir ce que DiNozzo fera demain et on avisera alors » répondit David à la place de l'ancien Marine.

« Oui, on le laisse croire qu'il peut nous critiquer publiquement et dès qu'il devient moins vigilant, on attaque » suggéra McGee.

« Et vous pensez que votre si ingénieux plan va fonctionner, McGee ? » demanda Gibbs, le dédain perceptible dans sa voix.

« Patron, il ne sait pas être durablement en colère contre nous, il voudra obtenir notre approbation et que tout redevienne comme avant en un rien de temps » expliqua l'informaticien.

« Je pense plutôt que vous voudriez que ça se passe comme ça » objecta l'ancien Marine. « Cette fois, je crois que DiNozzo ne vous fera pas de quartier. Vous pourrez faire tout ce que vous voulez, vous ne parviendrez pas à obtenir le résultat que vous escomptez. »

« Tu veux dire qu'il restera furieux contre nous, Bossman ? » s'indigna la gothique.

« Abby, tu devrais savoir que lorsque DiNozzo a une excellente raison de garder une dent contre quelqu'un, il peut couler de l'eau sous les ponts avant qu'il ne s'adoucisse. »

« Mais… c'est injuste qu'il s'en tire à bon compte » maugréa Abby.

« Ne t'inquiète pas, Abs, il devra me rendre des comptes » l'assura son mentor. « Il ne peut impunément nous accuser de tous ces méfaits en espérant échapper à ma colère. Et lorsque j'en aurai fini avec lui, il ne pourra plus travailler ici. »

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Malgré ses propos, Gibbs souhaitait de tout cœur ne pas en arriver à devoir virer son second, il admettait être vindicatif mais il ne voulait pas priver Tony d'un travail qu'il adorait et dans lequel il excellait. Certes, il n'avait pas apprécié être remis à sa place devant tout l'étage mais il avait mis Tony dans cette position à plusieurs reprises. C'était un juste retour des choses.

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« Allez, remettons-nous au travail pour aujourd'hui » ordonna enfin Gibbs. « Demain sera un autre jour. »

« Nous allons lui montrer de quel bois on se chauffe » grogna Abby.

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Puis elle salua l'équipe et s'en fut vers l'ascenseur et s'engouffra dans la cabine qui venait de stopper à l'étage. Gibbs la regarda partir et repensa à ce que Tony avait dit plus tôt en ce qui concernait Abby. Ses propos contenaient un brin de vérité et il devrait certainement en toucher deux mots à la gothique. Grandir un peu ne lui ferait pas de mal et pourrait sans doute améliorer les rapports de l'équipe.

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Il devait également réfléchir à ce que son second avait révélé sur Ziva. Il reconnaissait avoir accueilli la jeune femme au sein de l'équipe sans approfondir les détails de son engagement qu'il avait laissés au soin de Jenny. Maintenant, il se demandait s'il n'aurait pas dû discuter ce point avec la directrice. Après tout, un officier de liaison ne pouvait bénéficier de passe-droits aussi importants sans accorder quelques compassassions.

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Gibbs ne doutait pas non plus que les infos révélées par l'italien soient véridiques. Il ne voyait pas son second avancer ce genre de détails s'il n'était pas certain qu'ils soient exploitables donc qu'ils soient corrects. DiNozzo avait un don pour ferrer des indices comme personne d'autre, il l'avait déjà prouvé au cours de certaines enquêtes. Nul doute donc que toutes les informations aient été vérifiées deux fois plutôt qu'une.

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Ensuite concernant McGee, il savait qu'il ne pourrait faire de lui son bras droit, l'agent n'avait ni les qualifications, ni l'expérience nécessaire. Il n'avait jamais rempli la masse de paperasse qu'un tel poste entrainait sachant que son second devait également gérer sa propre charge de travail. De plus, McGee n'aurait jamais l'autorité nécessaire pour contrôler Ziva, il n'avait pas l'envergure qu'il fallait pour mater quelqu'un comme elle.

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Il ignorait ce qui avait bien pu provoquer une telle réaction chez son second mais il soupçonnait qu'il y avait bien plus que l'attitude déplorable de ses coéquipiers. Si Tony en avait simplement eu assez, il aurait réagi depuis plusieurs semaines.

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Et que dire de son acte de bravoure devant tout l'étage ! Ce n'était pas dans les habitudes de DiNozzo de dévoiler ainsi sa vie privée. Jamais il n'avait provoqué de rencontre entre ses conquêtes et l'équipe. Pour quelle raison son dernier flirt en date était-il venu spécialement ce jour-là ? Les narguer ainsi n'était pas sans objectif précis mais dans quel but ?

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Gibbs avait également la désagréable impression de connaitre le gars qui prétendait être le nouvel amour de l'italien. Il ne se souvenait plus dans quelle circonstance mais il savait qu'il avait déjà vu l'homme. Il allait devoir creuser la question et fouiller sa mémoire toujours quelque peu défaillante.

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Ou oserait-il poser la question à l'italien ?

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Tony et Steve étaient désormais libres de songer à eux. Même si Steve avait pris quelques jours pour être avec Tony lors du séjour de l'italien à Hawaï, il voulait également passer un peu de temps avec lui avant de repartir. Aussi, il avait décidé pour ce faire de prendre quelques jours sans solde.

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Il était presque certain que Tony ne resterait pas à DC s'il en jugeait par les quelques indices qu'il avait égrenés çà et là à son intention. Les deux hommes gagnèrent rapidement l'appartement de Tony après la confrontation avec son équipe, plutôt sa future 'ancienne équipe' puisque son homme avait l'intention de déposer sa plainte à la DRH puis dans un second temps sa démission.

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La nouvelle de l'altercation avait circulé comme une trainée de poudre et sur le chemin de leur sortie, ils furent arrêtés souvent par des agents ou des employés qui félicitèrent chaleureusement Tony pour avoir osé défier ainsi Gibbs et son équipe et leur avoir remonté les bretelles. Les mines réjouies de certains attestaient qu'ils en étaient ravis.

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Steve fut abasourdi de voir autant de monde venir saluer son compagnon, il semblait que Tony connaissait bien le personnel de l'agence qu'il avait gratifié d'un au-revoir déguisé en salut en les appelant personnellement par leur prénom. Ça en disait long sur non seulement sa popularité mais aussi sur les talents de l'italien de forger des relations étroites avec autrui.

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Il leur fallut bien un bon quart d'heure pour finalement gagner la sortie, rejoindre le véhicule de Tony et enfin prendre le chemin de son domicile. Durant tout le trajet, Steve garda sa main sur la cuisse de son homme comme pour lui apporter son soutien. Tony la lui serra à plusieurs reprises en remerciement.

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Parvenus à son domicile, Tony laissa Steve le diriger vers la chambre où il procéda à l'effeuillage en règle de son homme. Une fois tous deux nus, il invita l'italien à s'allonger avant de le rejoindre. L'hawaïen enlaça l'italien et il s'employa à le calmer en déposant de petits baisers sur sa peau nue. Il n'avait aucune intention de pousser les choses plus loin, simplement de rassurer Tony, de lui faire savoir qu'il était là et qu'il était aimé.

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Steve sentit Tony se détendre progressivement et soupira lorsque son homme finalement succomba et s'endormit. Il savait que Tony avait été émotionnellement vidé de ses forces après la confrontation. L'italien n'était pas homme à garder rancune longtemps, aussi lorsqu'il explosait, il y mettait tant de passion qu'il finissait par être drainé de son énergie.

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Il resta un long moment à observer les traits tendus de son homme, il effleura d'un doigt le visage comme pour gommer la tension et la fatigue qui le marquaient. Il soupira et finalement décida de profiter lui aussi de cette sieste improvisée et s'allongea aux côtés de son homme.

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A leur réveil, ils auraient une conversation sérieuse sur la suite à donner à toute cette affaire.

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L'après-midi touchait à sa fin lorsque les deux hommes s'éveillèrent en même temps et aussitôt, Tony se mit en devoir de remercier à sa manière son homme de sa présence et son soutien durant son altercation avec son équipe. Steve le laissa faire et fit entendre son appréciation, ce qui motiva encore plus Tony qui redoubla ses efforts.

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Puis tous deux paressèrent encore un peu avant de se lever, de se doucher et de penser à se restaurer. Tandis que Tony leur préparait un repas, Steve déambula dans l'appartement et apprécia l'ensemble. Tout était sobre, de bon goût et certainement coûteux.

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La bibliothèque démontrait que l'italien avait des goûts éclectiques en matière de littérature, la vidéothèque le surprit par le nombre de films et la diversité des genres. Pourtant, il nota que la plupart était de vieux classiques tandis que le nombre de films plus récents était nettement en infériorité.

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Mais ce qui stupéfia plus l'ex Seal fut le magnifique piano qui trônait dans le salon. Il s'approcha et s'assit sur le banc, fit jouer quelques notes au hasard. Il nota la partition en partie écrite qui était posée sur l'instrument et comprit que non seulement son homme jouait - ce qu'il avait découvert durant la conférence - mais qu'il composait également. Il lui tardait de l'entendre jouer à nouveau et surtout ce qu'il avait couché sur le papier.

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« A table » annonça soudain Tony.

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Steve se retourna pour découvrir l'italien qui l'observait depuis le seuil de la cuisine. Il se leva, le rejoignit et déposa un baiser sur les lèvres si tentantes. Puis il lui saisit la main et l'entraîna vers la table où il s'installa. Bientôt, il se régala en dégustant le plat préparé par les soins de son homme.

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Le repas se passa presque en silence, les regards des deux hommes se croisaient souvent et le sourire qui accompagnait chacun d'eux était un baume au cœur de Tony. Il réalisa qu'il avait fait le bon choix en décidant de tenter sa chance avec l'hawaïen. Il était plus heureux qu'il ne l'avait jamais été avec Gibbs et il se demanda soudain si le sentiment qu'il avait eu pour l'ancien Marine était vraiment de l'amour.

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Le repas terminé, chacun s'activa à ranger la cuisine avant de gagner le salon. Tony sortit son ordinateur et se connecta sur le site de l'agence. Il avait une plainte à déposer et une lettre de démission à préparer.

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« Je remplis l'imprimé pour la plainte à l'encontre de Sciuto » informa-t-il Steve. « Ensuite, je mets en forme le dossier à transmettre au SecNav par rapport à la mission officieuse que Shepard voulait me donner. J'y joindrai ma lettre de démission à effet dans deux semaines. »

« Pourquoi différer ta démission, Tone ? » demanda Steve.

« De cette façon, l'agence retiendra 'assaut envers un agent dans l'exercice de ses fonctions' plutôt que 'assaut envers un civil'. Le délai de traitement de ma plainte sera plus rapide et entrainera des sanctions envers Sciuto » expliqua l'italien.

« Oh, bien vu parce que je pense qu'elle le mérite » approuva le chef du 5.0. « Et en ce qui concerne ta directrice ? »

« Le dossier qu'elle m'a confié sera une preuve irréfutable de sa culpabilité » indiqua Tony. « De même que tous les éléments que j'ai réunis grâce à mes contacts. Je doute qu'elle conserve son poste assez longtemps pour mener sa vengeance à terme. Mes soupçons concernant la présence de David au sein de l'agence seront joints également à ce dossier. Et je lui fais part également de mes réflexions sur la publication du bouquin de McGee. »

« Et en ce qui concerne Gibbs ? » ne put s'empêcher d'ajouter Steve.

« Il ne sera pas épargné, je lui fais un topo sur la gestion de l'équipe à la manière Gibbs » spécifia l'italien. « Et pour être certain que le SecNav ne va pas enfouir l'affaire sans prendre de mesures concrètes, je le transmets également au SecDef. Comme ce dernier ne porte pas Shepard dans son cœur, je suis assuré qu'il ne laissera pas passer l'occasion de réagir. Je lui conseille également de se mettre en contact avec Tom Morrow pour connaitre le détail des recherches effectuées par son équipe. »

« Que penses-tu qui ressortira de toute cette merde ? »

« L'équipe sera certainement soumise à diverses sanctions, McGee sera certainement obligé de ne pas publier son livre, Sciuto devra suivre une thérapie pour gérer sa colère et son agressivité. Gibbs devra sans doute travailler avec un psy pour la même raison et suivre une formation sur le management. Quant à Shepard, je pense qu'elle risque tout simplement de perdre son poste. Et en ce qui concerne David, elle peut être priée de retourner en Israël manu militari surtout si elle est convaincue d'espionnage » énuméra Tony.

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Durant l'heure suivante, il travailla sur son ordinateur, Steve le laissa gérer le dossier. Il profita de cette activité pour fouiller dans la bibliothèque et s'empara d'un livre sur les civilisations disparues et commença sa lecture. De temps en temps, il jetait un coup d'œil vers son compagnon qui tapait toujours.

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Il se passa bien deux bonnes heures avant que Tony ne soit satisfait de la rédaction de son dossier qu'il enregistra. Il s'étira pour détendre son corps, les bras levés et tourna sa tête pour assouplir les muscles du cou. Il se leva et se pencha vers l'arrière pour faire jouer ses vertèbres. Ce faisant, son t-shirt remonta et laissa voir ses abdominaux qui attirèrent aussitôt le regard de Steve.

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Plus il côtoyait l'italien et plus il avait envie d'être auprès de lui, il ne pouvait s'empêcher de noter que l'homme qu'il avait invité ce soir-là dans sa chambre méritait d'être choyé et chéri plus que n'importe qui. La mise au point de la matinée laisserait sans doute un goût amer dans la bouche de l'italien mais son esprit trouverait le repos après un certain temps.

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Tony avait eu besoin d'extérioriser ses frustrations et ses interrogations, d'exprimer ses critiques et de vider son sac sur l'attitude de ses coéquipiers. Maintenant qu'il avait confronté ses collègues et surtout la directrice, il pouvait passer à autre chose et envisager son avenir de façon plus sereine. Restait juste à décider ce qu'il voulait faire.

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Steve savait que Tony n'avait pas encore refusé la proposition de Tom Morrow, il n'avait cependant plus abordé le sujet. Son compagnon était si brillant qu'il serait certainement courtisé par les autres agences gouvernementales et certains départements de police. Il aurait bientôt le choix entre diverses propositions plus alléchantes les unes que les autres.

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Le chef du 5.0 espérait cependant que son homme viendrait le rejoindre sur son ile, sinon pour travailler à ses côtés mais du moins pour le faire le plus près possible. Mêler leur vie privée et professionnelle sans heurts serait un vrai challenge sans doute impossible à dissocier mais il se sentait apte à faire les concessions nécessaires pour réussir leur union.

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Steve n'envisageait pas que leur vie à deux soit idyllique, rares étaient les couples qui connaissaient une union parfaite mais il était persuadé que tous deux pouvaient parvenir à traverser les épreuves qu'ils rencontreraient parce que tous deux avaient déjà été meurtris par la vie et qu'ils souhaitaient être heureux ensemble, envers et contre tout.

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« Terminé ? » s'enquit-il en voyant Tony ranger son ordinateur.

« Oui, j'ai envoyé mon dossier au SecDef et au SecNav séparément puis ma plainte et ma lettre de démission » confirma l'italien.

« Pourquoi deux envois séparés pour les grands pontes ? »

« De manière à ce que le SecDef soit au courant si le SecNav ne prend pas les mesures nécessaires pour corriger la situation. »

« Tu soupçonnes le SecNav de vouloir étouffer l'affaire ? »

« Oh, je ne serais pas surpris que Shepard puisse le mettre dans sa poche sans trop de difficulté » indiqua Tony. « Elle n'a pas dû obtenir son poste sans avoir des atouts dans la manche, soit en possédant des preuves de magouilles sur des personnalités importantes, soit en ayant connaissance de quelques secrets que certains voudraient enterrer. Après tout, elle a été un temps la complice d'une espionne, elle a dû être en contact avec des informations ultra sensibles ou découvrir des liaisons extra-conjugales préjudiciables à certains hauts fonctionnaires. Qui sait ce qu'elle peut connaitre ? »

« Tu la dépeins comme si elle était une ennemie » remarqua Steve.

« Non mais elle n'est certainement pas innocente, Steve » le contredit Tony. « Elle allait mettre ma vie en danger pour parvenir à abattre ce Benoit. Ne pas avoir de renfort officiel et ne compter que sur elle est en soi criminel. Et que dire d'utiliser les ressources de l'agence a des fins personnelles. Sa motivation et son besoin maladif de venger son père l'ont poussé toujours plus haut jusqu'au poste qu'elle convoitait. Je parie qu'elle a tout fait pour gravir les échelons et devenir directrice uniquement dans ce but. »

« Et tu vas briser son rêve » nota l'hawaïen. « Comment penses-tu qu'elle va réagir en constatant que tu lui as brisé les ailes et qu'elle va rester clouer au sol ? »

« Elle va tenter de me faire payer » dit négligemment Tony en haussant les épaules.

« De quelle façon ? »

« En lâchant son assassin à mes trousses. »

« Son assassin ? Parce qu'elle en a un à sa botte ? »

« Bien sûr » affirma son homme. « Tu oublies que Ziva David est un assassin entraîné par le Mossad et qu'elle se considère comme faisant partie d'une élite, la meilleure du monde. »

« Rien que ça ! » siffla Steve.

« Mais j'ai un atout dans ma manche » lui répondit Tony en souriant.

« Ah oui ! Lequel ? »

« J'ai un super Seal qui veille sur moi » déclara l'italien d'une voix enjôleuse.

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Il se pencha et s'empara de la bouche de son amant pour un baiser d'abord tendre puis plus fougueux. Tous deux se séparèrent, à bout de souffle. Puis Tony se leva, s'approcha du piano, s'installa sur le banc et après quelques assouplissements de ses doigts, commença à jouer. Steve s'installa plus confortablement sur le sofa, ferma les yeux et laissa la musique l'envahir.

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D'abord des musiques classiques, le mini concert dévia vers des airs plus contemporains, des musiques de films, du jazz pour se terminer vers des morceaux que Steve ne reconnut pas du tout et qu'il supposa être des compositions personnelles de l'italien. Il réalisait que son homme possédait un talent incroyable et un vaste répertoire.

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Après cet interlude, Tony prépara un en-cas qu'ils dégustèrent tranquillement avant qu'il ne propose de se détendre devant un film. Il laissa Steve choisir parmi la collection et il prit un film d'Hitchcock qu'ils regardèrent enlacés sur le divan avant de le délaisser petit à petit tandis que leurs mains s'égaraient sur le corps de l'autre.

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Bientôt, le film fut oublié au profit d'une activité plus langoureuse et satisfaisante. Les gémissements et les grognements indiquèrent que les deux hommes profitaient pleinement d'un corps à corps très sensuel et érotique qui leur importait plus que tout le reste.

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Encore un chapitre ajouté suite à une demande pour connaitre les réactions des divers protagonistes. Espérant avoir été à la hauteur de vos attentes.

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Le prochain traitera des conséquences des actions des uns et des autres.

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La fin est proche, encore deux ou trois chapitres…

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A bientôt

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Chtimi