J'aime pas les vacances, les reviews sont trop rares :( Bon, il est 4h du matin ... Je le mets en ligne :p
Kisous : Il y a toujours des surprises ^^ Un petit village .. pas vraiment :)
Le rêve d'Azami fut peuplé de créatures étranges, aux allures de monstres mais elle n'en garda qu'un vague souvenir à son réveil et la première image qu'elle vit, en ouvrant les yeux, fut Tobi, toujours endormi et métamorphosé, en train de sucer son pouce d'un air adorable. Elle en oubliait presque ce qu'il était et se surprit même à passer une main douce dans ses cheveux mi longs noirs, très semblables à ceux de Madara même s'ils étaient sûrement basés sur ceux d'Izuna.
Baragouinant dans son sommeil, Tobi se rapprocha un peu d'elle et elle sourit en se disant que Madara aurait put le faire un peu plus mature quand même mais ça n'était pas si grave. La mère qui était en elle prenait le relais et ça n'était pas si mal. Ça la rendrait plus forte, dans un sens, même si elle aurait préféré que ça se passe dans d'autres conditions.
Après un baiser doux sur la tempe de Tobi, Azami se leva lentement, attrapa des vêtements propres dans son sac et rejoignit la salle de bain où elle put se laver avec autant d'application, profitant des savons et autres huiles essentielles avec abondance, au cas où ils étaient virés de la cité, ce qui serait mauvais pour sa mission. Mais Madara saurait rectifier cette erreur, n'est ce pas ?
C'était du moins ce dont elle essayait de se convaincre.
Cependant, elle n'aurait jamais imaginé que la douceur d'une eau brûlante sur sa peau puisse lui manquer autant, la mousse dans ses cheveux tandis qu'elle les frottait avec soin, alors que depuis un long moment, elle les avait juste laissés à l'abandon, ne pouvant se permettre de trop les laver au risque de tomber malade, sans parler de la simple sensation de se savoir propre. Ça en était jouissif.
Le repas qui l'attendait, à son retour dans la chambre, ainsi que la mine fatiguée de Tobi la fit sourire et elle se mit rapidement à table pour manger avec appétit alors que son vis à vis se contentait de regarder, comme à son habitude.
Durant le voyage, Azami avait appris que Tobi n'avait pas besoin de manger, et aussi qu'il n'avait aucun besoin naturel tout court, ce qui ne l'avait pas plus surprise que ça étant donné qu'il n'avait pas de bouche. Mais Tobi appréciait cuisiner et s'occupait souvent de ses repas.
Mais cette fois, qu'il ne mange pas allait sûrement poser problème, vu que les repas étaient préparés pour deux et que les autochtones commenceraient à avoir des soupçons s'ils voyaient que Tobi ne mangeait pas.
Celui ci sembla d'ailleurs penser la même chose mais il se contenta de sourire et dire :
- Tobi s'en occupera !
- Tu m'accompagnes pour l'interrogatoire ou tu préfères rester ici ?
- Comme tu veux. Mais Tobi ne veut pas faire de bêtises.
- Tu .. resteras là alors, d'accord ? Et si nous pouvons, je viendrais te chercher pour qu'on visite un peu.
Tobi acquiesça et après une légère hésitation, il s'installa dans les bras de la jeune femme en murmurant :
- T-tobi peut appeler Azami-chan maman ?
Les joues rouges, la jeune femme acquiesça doucement, gênée par la situation et eut un sourire tendre quand Tobi l'embrassa doucement sur la joue en murmurant :
- Tobi est allé dire qu'on était arrivés ...
- Cette nuit ?
- Voui mais Tobi a été très prudent !
- Et ?
- Il a juste dit d'accord.
Azami acquiesça et Tobi fourra le nez dans son cou en murmurant :
- Tobi veut toujours rester là.
Un sentiment de profonde culpabilité prit place dans l'esprit de la jeune femme, quand elle imagina ce que Madara allait pouvoir faire de la créature, sans parler du fait qu'elle n'allait sûrement pas pouvoir le garder, et que ça ne serait jamais pareil qu'avec son propre enfant. Mais à sentir Tobi dans ses bras, comme s'il était son fils, était déstabilisant quoique techniquement, Madara était son père. Avec Hashirama, ce qui rendait les choses encore plus étranges.
Cependant, le petit être entre ses bras l'attendrissait.
Après quelques minutes de câlins, Azami se leva pour le poser sur le lit en lui indiquant :
- Reste ici, je pense que je dois aller à l'interrogatoire.
- Ne bois rien.
- Je sais.
Elle l'embrassa doucement sur le front avant de lui sourire avec tendresse et sortir de la chambre. Immédiatement, un garde en armure dorée s'inclina devant elle et demanda :
- Puis-je vous aider ?
- Fumikazu, l'intendant, m'a signalé que je devais passer un interrogatoire ?
- Bien sûr. Votre enfant peut-il rester seul ?
- Il ne fera pas de bêtises.
- Suivez moi.
Emboitant le pas au garde, Azami l'observa un instant, méfiante avant de lui demander :
- Vous vous appelez Hakuba, c'est ça ?
- En effet.
- Et vous vivez ici ?
- Je suis né ici.
Impressionnée qu'on puisse naitre dans un endroit pareil, Azami se perdit un instant dans ses pensées, jusqu'à ce qu'ils arrivent devant une double porte en bois, renforcée de métal et le garde y toqua deux fois avant de faire entrer la jeune femme qui, timidement, passa l'entrée.
Elle avait pensé entrer dans un bureau mais c'était une bibliothèque aux proportions impressionnantes qui se dressait face à elle et elle pouvait voir des livres à portée de vue. Des étagères imposantes, dont les rayons supérieurs n'étaient accessibles que via des échelles sur rail dans lesquelles des tonnes de parchemins et livres en tous genres. Et c'était extraordinaire de voir tout ça.
À quelques pas se trouvait Fumikaru et celui ci lui fit signe de s'approcher en souriant avant de la saluer et indiquer :
- Nous vous avions monté un diner, hier soir, mais vous dormiez déjà.
- Le voyage a été long.
- D'où venez vous ?
- Et bien, nous étions dans le Pays du Vent, le mois dernier mais vu que je n'avais plus rien, et que j'ai dû quitter mon habitation, j'ai décidé de venir ici.
- Izuna-sama vous avait parlé de Kumamoto ?
- Plusieurs fois oui. Il m'a dit que c'était un refuge pour les âmes perdues.
- Nous ne savions pas qu'il avait une .. femme ?
- Notre relation n'a jamais été officialisée.
La jeune femme baissa doucement la tête, d'un air gêné avant d'ajouter :
- Nous nous sommes connus lors de l'une de ses missions, et après .. quelques rendez vous, il s'est avéré que je suis tombé enceinte. Trop tôt pour Izuna, qui était plus jeune que moi mais je ne lui ai demandé qu'une visite par an pour que son fils le rencontre.
- Je comprends. Mais Izuna-sama n'a jamais précisé qu'il avait un fils.
- Il tenait sûrement à le protéger.
Après un instant, l'homme acquiesça en souriant et demanda :
- Auriez vous un moyen de vous rendre utile pour la citée ? Izuna-sama nous apportait la protection de son clan.
- Je sais broder, coudre, cuisiner ..
- Ecrire ?
- Aussi.
- Avez vous des compétences shinobi ?
- Izuna m'a appris à me métamorphoser pour ma sécurité mais ça s'arrête là.
- Bien. Vous devez savoir que je suis obligé de vous garder sous surveillance pendant deux semaines pour m'assurer que votre présence ne troublera pas la citée. Quant à votre fils, il ne sera pas autorisé de se déplacer sans vous.
- Je comprends et ça m'arrange.
- Je vais vous laisser vous installer, Hana-san, et visiter. N'hésitez pas à demander à votre garde si vous avez besoin de quelque chose.
- Merci beaucoup.
Après un sourire un peu forcé, la jeune femme lança un dernier regard circulaire à la bibliothèque, se disant qu'elle y trouverait sûrement des indices de ce qu'elle cherche avant de rejoindre son garde qui se contenta de faire le voyage retour mais pendant qu'elle marchait, elle ne pouvait cesser de se dire que cet entretien lui avait semblé bien court.
Peut être était-ce la suspicion qu'elle soit l'amante d'Izuna. Elle ne savait pas s'il avait une influence semblable à celle de Madara mais ce Fumikazu semblait le respecter énormément malgré tout, même si c'était sûrement à cause de la protection que lui fournissait le shinobi.
En tous cas, elle se doutait que la période de surveillance serait difficile, et qu'elle n'aurait sûrement pas droit au moindre faux pas.
En arrivant dans sa chambre, Tobi lui sauta dans les bras et elle murmura :
- Habille toi mon grand, nous allons nous promener un peu.
- Voui maman !
Avec tendresse, il l'embrassa sur la joue avant d'aller enfiler sa cape et ses gants tandis que la jeune femme regardait autour d'elle d'une manière méfiante. Elle détestait se sentir surveillée de cette façon et avait presque l'impression que les murs avaient des oreilles, et même des yeux ! C'était affreusement oppressant.
Cependant, quand Tobi lui sauta dans les bras, qu'il se blottit contre elle en souriant, la jeune femme sentit son coeur se réchauffer un peu et elle l'embrassa sur la tempe avant de sourire à Hakuba et descendre au rez de chaussée de la citadelle pour prendre la direction du parc.
Les jardins étaient magnifiques, quoique la saison n'était sûrement pas la mieux pour en apprécier la beauté et Azami se doutait qu'au printemps, les cerisiers en fleurs étaient grandioses, les bosquets colorés, les parterres sublimes. Sans parler de la roseraie sous une serre de verre.
Et bien qu'elle ne connaissait pas Izuna, qu'elle n'avait aucune idée de sa personnalité, même un shinobi de son rang ne pouvait rester de marbre devant un endroit pareil. Surtout que Madara avait spécifié qu'Izuna avait un côté très sentimental, à faire de la poésie, et à beaucoup lire.
Madara, par contre, resterait sûrement insensible. Il n'était pas du genre à s'émerveiller devant un paysage de ce genre ou en tous cas, c'était ce que la jeune femme pensait, sans pouvoir imaginer que ça puisse être le cas.
Quand elle fut certaine d'être à une bonne distance de son garde, tandis qu'elle croisait d'autres habitants de l'endroit, Azami embrassa Tobi sur la tempe et chuchota, le plus bas possible :
- Tu vas voir Madara cette nuit ?
- Oui.
- Je te donnerais un message pour lui.
- D'accord Azami-chan.
- Je dois le coder ?
- Pas besoin je pense. Madara ne le perdra pas !
Réalisant sur le moment, Azami fronça les sourcils et demanda :
- Madara code ses messages parce qu'il a peur que je les perde ?
Tobi releva doucement la tête, gêné et les joues rouges avant de sourire et murmurer :
- Azami-chan n'est pas un shinobi.
- Oui, ça, c'est sûr !
- Et Madara est juste prudent.
- Je sais oui. Il me manque ..
La créature lui sourit avec tendresse et s'extirpa de ses bras pour se remettre sur ses pieds et demanda :
- Je peux courir ?
- Ne t'éloigne pas trop.
- D'accord maman.
Après un nouveau sourire éclatant, il s'élança dans les jardins, en riant tandis qu'Azami jetait un coup d'oeil vers Hakuba en demandant :
- Ca ne dérange pas, n'est ce pas ?
- Ca n'est qu'un enfant. Ils sont tous les bienvenus à Kumamoto. Surtout les orphelins.
- Vous pensez qu'il se fera des amis ?
- J'en suis sûr. Votre fils semble être un garçon adorable.
La jeune femme acquiesça en souriant et rougit en voyant le garde lui sourire d'un air tendre. C'était à la fois gênant, surtout que Madara aurait tué pour moins que ça, mais vivifiant, dans un sens. Au moins, elle avait l'impression d'être la bienvenue et ça serait plus simple pour elle d'effectuer sa mission dans ces conditions.
Le sourire du garde s'estompa légèrement, laissant place à une légère gêne et il avoua :
- Je finis ma garde ce soir, mais je pourrais vous faire visiter. La citée est magnifique de nuit.
Gênée par la proposition mais décidée à arriver à ses fins, la jeune femme se racla la gorge et se détourna légèrement :
- Vous croyez que je pourrais laisser mon fils seul ?
- Nous pourrions attendre qu'il dorme.
Les joues rouges, la jeune femme acquiesça en disant :
- Après le diner ?
- D'accord.
Le garde reprit ensuite son air le plus sérieux, comme s'il sortait d'une pause dans son travail tandis qu'Azami continua sa visite sommaire en compagnie de Tobi.
Le soir arriva assez rapidement et tandis que le diner leur était apporté, Azami attrapa un morceau de papier ainsi qu'une plume avant de dire à son compagnon :
- Je risque de passer du temps dehors ce soir, je ne sais pas à quelle heure je rentrerais.
- Azami-chan a un rendez-vous ?
- Purement professionnel.
Perdant son air amusé, Tobi fronça les sourcils et demanda :
- Tu crois que ça fonctionnera ?
- Je vais essayer. En restant discrète.
- Azami-chan doit rester prudente !
Après un sourire rassurant vers la créature, Azami entama son message pour Madara en lui assurant qu'elle allait bien, qu'elle était à Kumamoto. Elle lui expliqua que la sécurité de la cité était assez spéciale et qu'elle allait être surveillée pendant un moment mais que la bibliothèque lui offrirait sûrement les réponses qu'elle cherchait. Que ça n'était qu'une question de temps.
Et aussi, qu'il lui manquait. Un peu.
Son post scriptum demandait surtout ce qu'il comptait faire de Tobi quand leur plan sera terminée, et si elle allait pouvoir le garder, si ça convenait à Tobi.
Bien sûr, Azmai se doutait que cette dernière question ne manquerait pas de surprendre Madara, qu'il allait même s'interroger sur sa santé mentale. Après tout, Tobi n'était qu'une créature présente pour la protéger, une création bizarre mais ce qu'elle ressentait pour lui, qui avait grandit beaucoup trop rapidement en elle n'était pas facile à ignorer. Au contraire. Son instinct maternel, qu'elle avait étouffé à la naissance du bâtard de Taku refaisait surface pour ce petit être et elle refuserait que Madara lui fasse du mal, quitte à s'interposer.
En voyant Tobi se diriger vers elle, la jeune femme se pressa d'apposer un sceau de cire sur le parchemin avant d'accepter l'étreinte de Tobi qui murmura :
- Tobi est un gentil garçon.
- Oui.
- Tobi fera un clone avant de partir, au cas où.
- Ça sera parfait.
Quand deux coups résonnèrent à la porte, Tobi glissa un léger baiser dans le cou de la jeune femme qui lui sourit avant de le faire se coucher, le border avec soin et l'embrasser sur le front en douceur, puis elle se dirigea vers la porte, vérifia son apparence une dernière fois dans un des miroirs de la pièce et ouvrit la porte sur Hakuba.
Celui ci était élégamment habillé d'un kimono sombre, assez épais, mais d'une grande qualité. Trop pour un garde, peut être mais ça n'était pas ce qui surprenait le plus la jeune femme. Sans son armure, l'homme paraissait nettement plus attirant. Ou du moins, sans l'espèce de casque qu'il portait, elle avait une vue parfaite sur son visage et jamais elle n'aurait pensé qu'il puisse être aussi beau.
Ses cheveux blonds tombaient avec une certaine sensualité sur ses yeux verts émeraude, qui pétillaient de malice quand il posa le regard sur Azami. Il avait l'air moins carré, plus filiforme sans pour autant être spécialement grand mais la jeune femme savait voir sous les vêtements avec une certaine expertise, ayant vu beaucoup trop d'hommes nus selon son propre avis, et celui ci étaient sûrement très bien bâti. Et c'était attrayant.
Après un sourire, Hakuba tendit la main à la jeune femme, pour l'inviter à le suivre et murmura :
- Une visite guidée ?
- Avec plaisir.
Acceptant sa main avec retenue, Azami emboita le pas du garde, restant à une bonne distance, même si leurs mains jointes étaient assez importunes. Jamais elle n'avait tenu la main d'un homme, à part Madara. D'ailleurs, elle ne put se résoudre à continuer parce que faisant mine de remettre ses cheveux derrière son oreille, elle lâcha Hakuba qui se contenta de lui sourire et il demanda :
- Etes-vous bien installée ?
- Je crois. Je n'ai pas vraiment osé déballer mes affaires, et je n'en ai de toutes façons pas beaucoup.
- Vous pourriez demander aux couturières de vous en fournir, je suis certain qu'elles ont votre taille, ainsi que celle de Tobi dans les surplus.
- Vous croyez ?
- J'en suis certain.
L'envie de mettre un kimono prit soudain la jeune femme, qui se trouva franchement mal habillée comparé à l'homme qui l'accompagnait mais après un raclement de gorge, elle le questionna :
- L'accès à la bibliothèque m'est-il autorisé ?
- Certaines sections uniquement pour l'instant. Pourquoi cela ?
- C'est juste que .. I-Izuna me manque vous savez, et il m'a une fois parlé de cette bibliothèque. Je crois que m'y retrouver m'aiderait à raviver certains souvenirs.
- Je comprends. J'ai eu plusieurs conversations avec Izuna-sama et c'était un homme très cultivé et intelligent. Et son fils lui ressemble.
- Vous n'avez pas idée. Des fois, je me demande comment je vais continuer à l'élever.
Après un regard inquisiteur vers son garde, Azami se pinça un instant les lèvres et demanda :
- Izuna s'est-il vraiment arrêté pour parler à un simple garde ? Je ne veux pas vous rabaisser mais … Ca me semble juste étrange.
- Vous êtes perspicace, Hana-san. Je ne suis pas un garde mais je ne vous en dirais pas plus pour la simple et bonne raison que vous me cachez aussi des choses.
Le rougissement qui chauffa les joues de la jeune femme fut assez explicite de la gêne qu'elle éprouva mais elle se défendit :
- Simple mécanisme de défense.
- Je n'ai pas de problème avec ça. C'est aussi pour ma défense que je ne vous révèle pas mon identité.
- Alors, vous ne m'avez pas gardée toute la nuit ?
- Non, un vrai garde a été chargé de votre sécurité pendant que je dormais.
- Dans ce cas, peut être devriez-vous ne pas vous donner la peine de remettre cette armure au profit de vêtements plus confortables.
- Je prendrais votre suggestion en compte quand je m'habillerai demain.
Appréciant le sourire de la jeune femme, Hakuba la mena d'une main douce jusqu'aux jardins, d'où ils avaient une vue imprenable sur la citadelle, dont les vitraux scintillaient de couleurs différentes et après avoir longuement réfléchi, Azami murmura :
- Je ne me doutais pas qu'une cité aux allures si prospères puisse être aussi paisible.
- Nous savons nous défendre. Et aucun clan shinobi n'aurait la folie de nous attaquer.
- Pas même les Senju ?
- Les Senju sont des alliés, tous comme les Uchiha et les Hyuugas. Jamais aucun de ces clans ne viendrait nous poser de problème.
Cette information manqua de faire pâlir la jeune femme mais elle se détourna, profitant d'entendre des bruits de pas venant de sa gauche pour cacher son malaise avant de confier :
- Je n'ai jamais été très à l'aise avec les shinobis.
- Les civils ne le sont jamais et ne comprennent pas toujours les motivations des guerriers. Mais votre relation avec Izuna-sama ne vous a-t-elle pas appris certaines choses ?
Les sentiments qu'elle éprouvait pour Madara refirent immédiatement surface et elle baissa la tête en disant :
- Si, énormément. Il m'a appris l'amour, le bonheur d'avoir un ami. Mais aussi la froideur de la solitude, de l'attente, et la douleur des déceptions.
- Mais grâce à votre fils, ne gardez-vous pas une part de lui avec vous ?
- Si, bien sûr. Mais c'est différent.
Battant des cils, un peu troublée, Azami releva les yeux en forçant un sourire :
- Je ne comprendrais jamais à quel point il peut me manquer malgré le temps qu'il s'est écoulé depuis son départ. Quand l'amertume de notre séparation a disparu, je pensais pouvoir passer à autre chose, arrêter de penser à lui, mais chaque jour, à chaque fois que je me réveille pour une nouvelle journée de travail, je le revois près de moi, à me sourire et à me tenir contre lui. Et c'est difficile à mettre de côté.
La sincérité que mettait Azami dans ses propos, quoiqu'elle ne parlait pas de la même personne qu'Hakuba, ne fit que confirmer ce que l'homme pensait d'elle. D'une certaine manière, elle avait été abandonnée par l'homme qu'elle aimait et n'arrivait pas à se défaire de lui malgré tous les efforts qu'elle faisait pour ça.
Et il avait du mal à douter d'elle à présent.
Se détournant avec un soupire, Azami releva les yeux vers la citadelle et demanda :
- Je n'aimerais pas vous paraître malpolie, Hakuba-san, mais je crois qu'une bonne nuit de sommeil ne serait bénéfique.
- Pensez vous que nous pourrions nous revoir, demain ? Avec votre Tobi, si vous voulez. Je pensais vous faire visiter mieux que ça …
- Je suis désolée d'avoir perturbé vos plans.
- Ça n'est pas grave. Votre séjour ici ne fait que commencer.
En se levant, le jeune homme lui fit signe de l'imiter avant de la raccompagner en silence jusqu'à la chambre de la voyageuse et quand elle se tourna vers lui, l'air embarrassé, il leva doucement une main pour l'empêcher de parler avant de sourire :
- Passez une bonne nuit, Hana-san. Et rassurez vous, Kumamoto est un sanctuaire pour tous les voyageurs égarés.
- J'espère y trouver ce que je cherche.
- Que cherchez-vous, exactement ?
- La paix.
Inclinant la tête, l'homme souffla doucement et déclara :
- Alors, vous êtes au bon endroit pour la trouver.
Puis, sans un mot de plus, il prit la direction de l'escalier au bout du couloir tandis qu'un garde venait prendre son poste devant la porte de la chambre.
Le coeur un peu lourd d'avoir parlé aussi franchement à un inconnu, Azami pénétra dans sa chambre, où Tobi se retenait de dormir et il attendit qu'elle soit dans le lit avec lui pour murmurer, le plus bas possible :
- J'ai donné le message à Zetsu, Madara était occupé.
- À quoi ?
- Faire de la soupe de torture.
Comprenant qu'il parlait d'un biju, la jeune femme hocha la tête et embrassa son compagnon sur la tempe avant de s'endormir, décidée à accomplir sa mission, coute que coute et le plus rapidement possible.
Madara, de son côté, réceptionna le message de la jeune femme à la fin de son combat contre Sanbi et profita de devoir reprendre son souffle pour le lire, appréciant l'écriture légère de son amie, quoiqu'il fut surpris par sa demande. Voulait-elle vraiment garder Tobi ?
Mettant cette question de côté, en se disant qu'ils auraient tout le temps d'y repenser plus tard, Madara soupira longuement en se disant que c'était une bonne chose qu'elle soit arrivée à Kumamoto sans problème, qu'elle soit déjà sur sa mission. Et un sourire sincère apparut sur ses lèvres quand il lut trois petits mots.
« Tu me manques. »
