Bonjour à tous !

Voici enfin le nouveau chapitre, qui ouvre la troisième année et l'arrivée du plus célèbre des évadés d'Alcatraz. Euh, d'Azkaban.

Merci à tous ceux qui me soutiennent par leur reviews, j'espère que ce chapitre vous plaira.

Bonne lecture à tous.

Disclaimer : Harry Potter appartient à J.K. Rowling


Chapitre 36 : Des mots emplis de venin

Les vacances d'été étaient très longues, songea la brune qui relisait pour la septième fois une lettre envoyée il y a seulement deux jours par Drago Malefoy.

Depuis son incident dans la chambre des secrets, la brune s'était plus ou moins habituée à son bras d'argent. Au milieu des moldus, elle s'appliquait à le dissimuler convenablement, alors qu'elle apparaissait toujours avec de longs gants sombres et opaques. Ses doigts se faisaient lentement à la sensation du tissu doux et désormais, elle avait remarqué qu'elle aimait bien dormir avec ses gants.

Bien sûr, de nombreux regards suspicieux lui avaient été adressés, alors que certains de ses condisciples râlaient sur sa nouvelle fantaisie. Parmi le personnel, personne ne se souciait de faire davantage que de la railler en privé. Ils ne lui faisaient plus de remarques sur son attitude, car mieux valait préserver la paix sociale dans l'orphelinat.

Harmonie recevait la Gazette du Sorcier à domicile, dont les exemplaires soigneusement camouflés lui parvenaient par hibou. Elle avait brièvement souri en observant les résultats de la grande loterie, tandis que quelques numéros plus tard, une grande photographie des Weasley en Egypte s'étalait sur la une. Dans le même temps, alors qu'elle avait reçu une lettre de Ginny, elle les envia. Elle même aurait adoré voyager et elle se dit qu'au vu de ses finances, elle se ferait un tour du monde dès qu'elle aurait fini ses études, pour voir tout ce qu'elle n'avait pas pu découvrir.

En ce début d'août, la Gazette du Sorcier était porteuses de plus mauvaises nouvelles. Le journal montrait désormais la photographie d'un homme hirsute, aux cheveux sales et embrouillés, vêtu d'une vieille tenue de prisonnier défraîchie. En dessous, la légende proclamait que l'impossible venait pourtant d'avoir eu lieu. Le Mangemort Sirius Black venait de s'évader du Quartier Haute Sécurité d'Azkaban.

Harmonie ne s'en souciait guère. Le Ministère avait lancé la plus grande chasse à l'homme du pays et clamait qu'il serait vite rattrapé et exécuté. Enfin, entre les paroles et les actes, la différence est assez grande pour un empire.

Deux jours plus tard, la brune était témoin d'un phénomène mystérieux. Tous les jours, à la même heure, elle voyait une personne dissimulée derrière un tas de poubelles, qui disparaissait en transplanant. C'était très curieux, songea t-elle, tandis que son cerveau réfléchissait à ces éléments.

Il semblerait que des aurors du Ministère soient postés près de l'orphelinat ou tous les services administratifs savaient qu'elle résidait. Il était logique que cette sûreté ait été instauré après l'évasion de Black, puisqu'elle n'avait rien remarqué les années précédentes. Pourtant, il y avait un tas d'autres lieux sensibles dans le monde sorcier, alors pourquoi donc assurer une protection importante à son foyer ? Cet auror n'était que la partie émergée d'un iceberg qu'elle soupçonnait exister sans en avoir la confirmation, ni l'infirmation.

La brune se doutait qu'il y avait un rapport entre Black et elle, mais elle ne savait pas lequel. Tout ce dont elle se remémorait, c'est que ce nom ne lui était pas inconnu. Elle avait vaguement le souvenir de l'avoir vu, et même lu, mais elle ne se souvenait plus où.

Rageant contre cette défaillance de sa mémoire, elle décida de sortir de sa chambre, afin de s'aérer l'esprit. Une autre affaire devait être traitée rapidement, alors qu'elle réunissait ses gardes du corps.

Malgré son absence et la protection que le trio avait réussi à obtenir en faisant jouer le nom de leur chef, il y avait eu un bouleversement dans l'organisation de son escadron de sécurité.

Constance Willfire, avec ses cheveux de feu et sa veste de cuir, était la plus impressionnante du trio. Madison Longwy, avec ses lunettes carrées était la plus soumise et la plus influençable, prête à tout pour lui plaire. Enfin, la dernière membre, Lucy Thorn, avait quitté le groupe par la trahison, vendant une information pour rejoindre la cour actuellement au pouvoir.

Face au fait qu'elles ne soient plus que deux, les gardes d'Harmonie voulaient obtenir autre chose qu'une banale sécurité. Elles voulaient une revanche radicale contre Lucy, afin que personne ne pense que leur gardienne se soit ramollie et que les deux n'étaient plus intouchables. Elles voulaient aussi obtenir des moyens financiers, car il ne leur restait que peu de temps avant leur sortie du centre d'hébergement et leur entrée dans la vie active.

Harmonie avait haussé les sourcils. Elle n'avait pas le temps pour s'occuper de ça, mais d'un autre coté, c'était important de disposer de relations dans le monde moldu. Elle avait accepté d'essayer de trouver de l'argent, venu d'ailleurs que de sa poche, avant de se concentrer de nouveau sur le problème que constituait Lucy.

Cela faisait plus d'un mois que les actions de la déserteuse étaient parvenues aux oreilles de la brune, mais elle n'avait pas encore agi. Lucy commençait même à se sentir en sécurité et sa trop grande confiance la poussait à l'arrogance et à la vantardise, alors que nombre de ses camarades lui conseillaient de se faire discrète.

Lucy passait beaucoup de temps dans le jardin du vieux centre, profitant des rares fleurs plantées dans le petit parterre qu'elle entretenait du mieux qu'elle pouvait. Elle observait et soignait avec grand soin un massif de violettes qui lui rappelaient le parfum de sa mère, une fleuriste qui avait été assassinée par un père schizophrène, lorsqu'elle était très jeune.

La jeune femme aux yeux sombres et aux longs cheveux ocres passait du temps à l'arrière du bâtiment, sous le regard du vieux gardien qui fumait discrètement, malgré l'interdiction affichée sur une consigne imprimée sur du papier jauni et en partie déchirée.

Les converses de Lucy faisaient crisser le gravier de l'allée, alors qu'elle se dirigeait comme chaque jour vers le massif de fleurs violacées. Lorsqu'elle tourna à l'angle du bâtiment, disparaissant de la vue des personnes postées dans la cour d'entrée, elle fit une désagréable rencontre. Le parterre était toujours là, mais une personne se tenait devant les fleurs, pensive. Harmonie Potter l'attendait, devant son jardin secret.

- Que veux-tu ? demanda la plus vieille à l'adresse de la brune gantée.

- Juste discuter, répondit celle qui inspirait profondément, plaçant une fleur violette sous son nez pour en capter le fin arôme. Je dois admettre que je me posais une question sur toi.

Lucy resta imperturbable, indiquant qu'elle laissait Harmonie parler, écoutant ce qu'elle avait à dire.

- Tu me ressembles sur certains points, reprit la brune avec un regard dénué d'émotions. Tu es indépendante et peu sociale, alors je ne me fais pas d'illusions sur ton caractère. Je comprends même le pourquoi de ta trahison, car tu ne veux jouer que par toi même et que tu veux tirer le plus de profits pour les deux ans qu'il te reste à passer ici. Cependant, tu es différente de moi sur certains points. Tu es une idiote, faible et fragile.

La brune fixa son interlocutrice dans les yeux, observant la pointe d'irritation naître dans le regard de Lucy; avant de s'en désintéresser et de regarder la fleur entre ses doigts.

- Tu es, comment te dire ça, juste comme cette violette, ajouta t-elle en écrasant la fleur entre son pouce et son index. Tu n'es rien et tu ne sers à rien ici.

Les yeux de l'ancienne garde du corps s'élargirent brièvement, alors qu'un frémissement de ses narines indiquait qu'elle se retenait de se jeter sur la brune et de lui fracasser le visage.

- Tout comme toi, cracha Lucy. Quand on sortira d'ici, on sera toutes dans une merde semblable.

- Tu te trompes, dit Harmonie avec un air volontairement arrogant. Moi, une belle somme m'attend pour avoir la belle vie et toi, rien du tout. Un héritage dilapidé, une boutique sous scellées et qui perd de sa valeur chaque année et pour couronner le tout, une ardoise qui s'alourdit pour payer le traitement de ton père. Tu n'as plus rien, ajouta t-elle avec un rictus mauvais, il ne te reste que des souvenirs idylliques et des espoirs totalement vains.

La brune laissa ses mots faire effet, avant de passer à la partie suivante. Elle saisit la bouteille qu'elle avait dissimulée derrière la chaise de plastique et la montra à l'adolescente aux yeux bruns-noirs. C'était du désherbant, volé dans le cabanon du vieux gardien qui gardait toujours la clé accrochée à un vieux clou à l'entrée de sa loge dont la porte fermait très mal.

Lucy comprit le machiavélisme de celle qu'elle avait trahie et se jeta sur la brune pour l'empêcher de commettre ce geste. Malheureusement pour elle, Harmonie ne laissait rien au hasard. Constance Willfire s'était approchée par derrière, après l'avoir discrètement suivie en restant soigneusement dans l'angle mort du champ de vision de Lucy. Elle ceintura efficacement l'amoureuse des fleurs, lui bloquant les bras dans le dos au point de lui disloquer l'épaule, tandis que Harmonie écrasa quelques bleuets du parterre avec une lenteur cruellement calculée.

- Tu sais, ajouta t-elle avec un air impassible, pour les gens comme toi, ça ne sert à rien d'espérer.

Sous le regard incrédule et désespéré de Lucy, elle déversa la moitié de la bouteille sur les fleurs, attendant que le désherbant fasse son effet.

- A l'heure qu'il est, tes fleurs sont déjà condamnées. Tu ne verras le résultat que dans deux jours, mais considères qu'elles sont déjà mortes. Regardes les bien, grave en le souvenir dans ta mémoire et profites-en bien, car elles vont disparaître de ta vie pour toujours, te laissant toute seule. Exactement comme ta mère.

Lucy resta tétanisée, laissant ses larmes couler sans se soucier du reste.

- De toute façon, elles n'auraient pas vécu longtemps, tout comme toi. Tu sais ce qui attend la majorité des filles qui sortent d'ici ? demanda Harmonie en laissant quelques secondes pour que le venin de ses paroles agisse. Je vais te le dire. La plupart finissent par jouer les putes, camées et pourries par le SIDA, se vendant aux punks du squat le plus proche pour se payer leurs doses. C'est ton destin et endettée comme tu l'es, tu n'as aucune chance.

Harmonie fit un geste à Constance, qui jeta brusquement sa captive sur le sol de gravillons, écorchant les mains de Lucy.

Elle resta prostrée, devant les fleurs, à gémir. Harmonie la plaqua au sol d'un coup de pied dans les cotes, avant de lui mettre la clé du gardien dans la main, de façon à ce que les empreintes digitales s'y impriment.

- Fais ce que tu veux, reprit la brune avec malveillance, mais le fait est que j'ai raison. Tu pleures sur un passé révolu. Tu espères vainement. Tu sais que tu ne peux rien faire. Ca ne changera jamais, tu ne serais jamais rien de plus qu'une idiote inutile.

Harmonie et sa garde du corps s'éloignèrent sans un mot, laissant Lucy seule devant le parterre empli de désherbant.

Lucy resta là, envahie par une solitude qu'elle espérait ne plus jamais avoir à ressentir, fixant ses fleurs en ressassant les paroles malveillantes de la brune, jusqu'au moment ou la cloche sonna, indiquant le signal de la rentrée dans l'établissement.

Anéantie par la cruauté glaciale de Potter, Lucy observa ses violettes. Les feuilles habituellement vertes de vie avaient commencé à prendre une teinte pâle, presque jaunâtre.

Elle ne pouvait plus rien faire, à part se souvenir des plantes éclatantes et pleines de vie, qui étaient en train d'agoniser devant ses yeux. Le présent s'obscurcissait, ne présageant rien de bon pour l'avenir. Un avenir qu'elle craignait, tandis qu'elle aurait bien aimé retrouver la sécurité de l'enfance et ne jamais avoir à entrer à l'âge adulte. Pourquoi devait-elle subir ce futur ?

Lucy aurait tant aimé pouvoir rester dans ce passé si sécurisant, même si c'était illusoire. Elle avait toujours appréhendé les lendemains, mais les mots d'Harmonie sur son destin résonnaient en elle. Le pire, c'est qu'elle savait que son ennemie avait raison, que les mots malveillants étaient emplis d'une véracité cruelle.

Elle sentait la haine l'envahir, mais elle était étouffée par le désespoir.

Fatiguée, elle regarda autour d'elle, cherchant quelque chose à quoi se raccrocher.

Une heure plus tard, Harmonie regardait calmement à travers la vitre de sa chambre. Dans la cour, elle observait silencieusement l'ambulance emmener Lucy Thorn. L'adolescente avait été retrouvée dans l'arrière cour, après avoir dérobée la clef du vieux gardien et avoir ingéré une demi bouteille de désherbant.

Harmonie referma le rideau, un sourire aux lèvres, sachant parfaitement que personne ne pourrait rien prouver contre elle. Constance resterait bouche fermée, car ce serait dommage d'être arrêtée pour mise en danger de la vie d'autrui, alors qu'elle n'avait plus qu'un an à attendre dans cet établissement.

La brune savait déjà quoi répondre aux enquêteurs qui bâcleraient l'enquête, avant d'arrêter le vieux gardien pour sa négligence ayant conduit à la mort de cette jeune femme fragile. Inutile d'attende quoi que ce soit des services sociaux, l'aide psychologique serait très limitée, voire inexistante. L'information ne passerait peut être même pas dans les médias, sauf sous la forme d'un nom dans la rubrique nécrologique des journaux.

Lucy était morte comme elle avait vécu, dans une indifférence glaciale.

Maintenant, Harmonie savait qu'elle avait franchi un nouveau cap. Après les morts directes, elle venait de tuer indirectement quelqu'un, en utilisant ses propres mots. Quirrell et Lockhart ne comptaient pas, elle laissait ces points à Voldemort.

Les mots étaient bien l'outil le plus efficace, l'arme la plus terrible dans l'arsenal de possibilités que son cerveau de génie asociale lui offrait. Comme disait Bouddha, les mots ont le pouvoir de détruire et de soigner. Quand ils sont justes et généreux, ils peuvent changer le monde.

- Et quand ils sont odieux et qu'ils frappent le cœur de mes ennemis, ils sont le poison le plus violent, celui qui blesse de la pire des façons, faisant de la mort une délivrance.

Quand elle comptait, cela faisait déjà cinq personnes qui avaient perdu la vie de par ses actions. Cela lui arrachait juste un sourire, alors qu'elle sentait en elle une terrible insatisfaction.

Elle avait toujours fait ça à distance, n'ayant encore jamais éprouvé la sensation de toute puissance qui envahissait les assassins lorsqu'ils sentent la vie de leur ennemi être à la merci de leurs mains et qu'ils peuvent voir en face les yeux brillants perdre leur lueur pour ne devenir que des globes ternes et dénués d'intérêt. Elle n'avait jamais pu expérimenter cette fascination morbide, non pas pour les tas de viande froide, mais pour l'éphémère instant ou une personne meurt et que ses fonctions s'éteignent juste devant l'assassin dont les mains sont toujours serrées sur la gorge, qui gargouillait il y a encore quelques instants.

Enfin, songea t-elle, elle avait tout le temps. Elle avait encore deux semaines à passer dans ce foyer, avant de partir pour le Chemin de Traverse. Peut être que quelque chose d'autre se passerait.

" Le monde magique était trop profondément divisé. Les élites au pouvoir semaient la discorde entre les différentes races, à cause de leur arrogance et de leur insupportable complexe de supériorité, qui s'étendait jusque dans leur propre race, avec le prétendu mythe du sang-pur. Les choses stagnaient en temps normal, mais l'émergence de Voldemort et l'intransigeance des différentes factions ne fit qu'échauffer les esprits. Au milieu de cette poudrière, Harmonie Potter jeta elle aussi du combustible par sa déclaration du 1 septembre 1995. Neuf mois plus tard, c'est également elle qui allumait l'incendie de la guerre civile. Je m'en frotte encore les mains "

Notes personnelles de Lord Ragnok "pattes de poule", directeur de la branche britannique de la banque de Gringotts et protecteur commandeur des gobelins de Grande Bretagne.