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34.

— Tous les secrétaires de camp sont tenus d'assister à une réunion au ministère à la demande expresse de la ministre Riddle. Selon les rumeurs qui circulent depuis cette annonce, elle y annoncerait la mise en place d'une « solution finale ».

— Par Merlin, Drago ! Il faut absolument trouver un moyen d'empêcher ça !

— Ce que je vais te dire va te sembler inhumain, Mione, mais ce n'est pas notre problème dans l'immédiat. C'est celui du Front. Notre priorité à nous, c'est votre évasion.

— Attends, tu ne viens pas avec nous ?

— Anna… dans ma situation, je ne pourrai pas vous accompagner en dehors d'ici.

— Tu diriges ce camp, si on s'en échappe, c'est sur toi que ça va retomber !

— Et alors ? Je ne suis pas de ceux que femme et enfants attendent à la maison. Sachant que ma mort passera quasiment inaperçue, je peux me la permettre sans scrupule.

Un bruit de claquement familier à l'oreille d'Hermione retentit : c'est la main de la jeune fille venant de s'abattre violemment sur la joue du secrétaire qui en reste ahuri.

— Celle-là, elle était largement méritée. Tu as bien fait de la lui coller, Annabelle !

— Merci, c'est l'impression que j'ai eue aussi. C'est pour ça que…

— Allez-y, ne vous gênez surtout pas, continuez de parler comme si je n'étais pas là !

Les deux femmes échangeant un regard entendu, il croise les bras en signe de renfrognement comme si sa mine défaite ne suffisait pas à l'exprimer pleinement.

— Je pars à Londres demain après-midi pour rentrer le lendemain matin.

— Je ne sais pas… c'est un peu précipité, je trouve… intervient Hermione, pensive.

— Je suis d'accord ! On avait prévu de passer à l'action bien plus tard… ajouta Annabelle.

— C'est une occasion rêvée qui s'offre à nous, les filles ! On doit la saisir !

Sourcils froncés, la jeune femme se met à se frictionner machinalement les bras en pesant mentalement le pour et le contre. Cette réunion se présente clairement à eux comme une opportunité qu'il serait bien dommage de manquer. Néanmoins, cela exigerait de mettre en place les choses avec empressement, ce qui augmenterait considérablement le risque de les voir prendre une mauvaise tournure… Une partie d'elle regrette de ne pas pouvoir consulter Severus qui lui, saurait surement quoi faire. Mais une autre lui rappelle qu'elle a pris seule la décision qui l'a amenée à se retrouver dans cette situation et que c'est donc seule qu'elle doit en assumer les conséquences.

— Admettons qu'on tente le coup… décide-t-elle de supposer pour se donner une idée. Il y aurait combien de tes hommes qui resteraient sur le camp ?

— Je devrais pouvoir en amener la moitié en escorte, donc six.

— Si Hélène, toi et moi on en élimine chacune deux, ça peut le faire, non ?

— Une couverture anti-magie recouvre quasiment tout le camp, je te rappelle. Il faudrait que ces éliminations se produisent dans les quelques endroits qui ne sont pas couverts. En plus de ça, nos baguettes ont été détruites et Drago ne peut pas vraiment nous prêter la sienne, qui de toute façon ne suffirait pas. Anna, comment veux-tu que des femmes viennent à bout ne serait-ce que d'un seul de ces hommes à mains nues ?

— Ah, oui… je n'avais pas pensé à tout ça…

— J'ai un miroir dans un tiroir de mon bureau. Vous trouverez bien un morceau de tissu à déchirer dans votre dortoir et trois solides bouts de bois à cacher sous vos vêtements à l'allée ou au retour du camp de travail… Ne me regarde pas comme ça, Hermione. Je suis désolé de te dire ça mais il va falloir se salir les mains cette fois-ci.

S'étant avancé jusqu'à elle, il glisse ses mains de chaque côté de son cou amaigri et appuie son front contre le sien. Et ses yeux gris de plonger dans les marron.

— Pense un peu plus comme une mère et épouse et un peu moins comme une simple jeune femme : tu ne peux plus t'accorder de faire preuve de bienveillance en toutes circonstances. Ces hommes sont des ordures, est-ce que les garder en vie par grandeur d'âme mérite que ton enfant et son père soient privés de toi ?

Habituée à s'indigner devant les arguments visant à justifier les interruptions d'existence de qui que se soit, elle se surprend alors à rien avoir d'autre à répondre qu'une question hors de propos.

— Est-ce que… tu voudrais bien être parrain ?

Elle ferme ensuite les paupières tandis qu'il lui baise affectueusement le front en lui murmurant un faible « oui » ému.

— Je ne savais pas que tu avais un enfant et que tu étais mariée, fait remarquer Annabelle, visiblement agacée par ce rapprochement et décidée à l'interrompre.

— C'est parce que ce n'est pas encore le cas. Bon, allez, on devrait s'y mettre parce qu'on un plan à changer !