Bonjour

Voici le 36ème chapitre et il marque le retour de ma formidable beta Elyrine pour la correction.

Le titre est suffisamment clair alors pas d'explications

Merci de me lire, de m'écrire, ...

Bonne lecture et à lundi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Tears of yesterday d'Hoobastank

Chapitre 36 : Reste

« Il ne faut jamais renoncer. Il ne faut jamais baisser les bras. Parfois, la situation peut sembler désespérée mais on peut toujours trouver la force de se relever. Il suffit de garder espoir et de se battre de toutes ses forces. Se résigner est la pire des issues. Elle nous donne des regrets, et je sais qu'il est difficile de vivre avec des regrets. On finit par ne plus croire en rien et par ne plus avoir la force de nous relever. Alors il faut se battre. Il faut s'accrocher à l'espoir d'une victoire et faire en sorte qu'elle finisse par nous trouver. La chance tourne toujours un jour ou l'autre. Mais il faut lui en donner les moyens. Quand on veut quelque chose, on peut l'obtenir. Il ne faut pas laisser les autres nous convaincre du contraire ou nous dissuader de continuer. Personne ne peut savoir mieux que nous-même ce dont nous avons besoin et ce que nous pouvons obtenir. Ce monde est cruel et dur. Il est difficile de se lever le matin et de réaliser qu'il ne s'agit pas d'un cauchemar. Que c'est la réalité … notre réalité. Et c'est justement parce que ce monde ne semble plus avoir rien à nous offrir qu'il faut se battre pour nous créer nos propres opportunités et ne surtout pas laisser échapper celles que l'on a déjà. Même si elles semblent inaccessibles, parfois. »

Manuel de survie de Dean Winchester.

Dean était un défenseur du libre arbitre. Il l'avait toujours été. Il considérait que chacun devait pouvoir prendre ses propres décisions et vivre sa vie comme bon lui semblait. Il refusait de juger quelqu'un sur ses choix, ses préférences ou ses envies. Il estimait qu'on était libre de faire ce qu'on souhaitait du moment qu'on respectait le libre arbitre des gens autour de nous, leurs droits et leur sécurité. Du moment aussi et surtout qu'on acceptait d'assumer les conséquences de nos choix.

Mais cette fois, il était prêt à ignorer ses principes. Parce qu'il considérait le choix de Dylan comme un erreur monumentale. Il était tout à fait prêt à le laisser prendre ses décisions seul du moment qu'elles ne le mettaient pas en danger. C'était pour ça qu'il l'avait laissé prendre ses distances et l'ignorer. Pour ça qu'il n'avait pas cherché à établir un contact alors que Dylan ne semblait pas avoir envie de lui parler. Mais le laisser quitter le camp pour s'aérer l'esprit ou quoi que ce soit du même genre n'était pas envisageable. Il allait se faire tuer. Et Dean refusait de le perdre parce qu'il se tenait bêtement à un principe qui n'avait finalement pas lieu de s'appliquer dans une telle situation.

Le libre arbitre était une chose qu'il respectait. Mais pas quand il était utilisé à mauvais escient. Et choisir de quitter la sécurité d'un camp dans lequel il était utile et apprécier était une bêtise. Une erreur qui n'avait rien à voir avec un choix réfléchi et intelligent.

Castiel n'avait pas pris de pincettes en le lui annonçant. Il avait en revanche demandé à Gabriel d'être présent avec lui. Dean s'était senti un peu pris au piège face aux deux frères. Mais il n'en voulait pas à son petit ami. Il savait qu'il avait redouté sa réaction. Redouté qu'il décide de suivre Dylan ou une autre bêtise dans le même genre. Sauf que Dean n'avait pas l'intention de partir à la recherche de Dylan ou de le suivre pour s'assurer qu'il allait bien. Ce ne serait pas nécessaire. Car Dylan ne quitterait pas le camp. Dean veillerait à ce qu'il renonce à cette idée. Il était même prêt à l'attacher quelque part jusqu'à ce qu'il entende enfin raison.

Il était en colère contre son ami. En colère d'abord parce qu'il n'avait pas eu le courage de lu annoncer lui même son départ. En colère aussi parce qu'il était égoïste et n'avait pas pensé une seule seconde au mal qu'il allait faire aux gens qui tenaient à lui au camp. Dean en tête. Il n'était pas le seul.

Bien sûr, coincer Dylan dans un coin et lui hurler dessus n'arrangerait sans doute pas les choses. Il devait agir intelligemment et avec calme. Même s'il avait une furieuse envie de coller son poing dans la figure de son ami. Juste pour avoir penser que partir était une solution envisageable.

Il resta donc de longues minutes à écouter Gabriel et Castiel lui expliquer que Dylan semblait sûr de lui et qu'il serait difficile de le convaincre de renoncer. Il les écouta sans réellement prêter attention à ce qu'ils disaient. Il réfléchissait déjà au meilleur plan d'action pour obtenir que son ami reste. Il utilisa également ce temps pour se calmer un peu.

Quand il fut suffisamment lucide pour aller trouver son ami, il s'excusa auprès de Castiel et Gabriel. Il ne savait pas vraiment où Dylan se trouvait. De toute évidence, il prévoyait de quitter le camp le jour même. Dean espérait qu'il n'était pas trop tard.

Il fouilla le camp de fond en comble avant de demander à toutes les personnes qu'il croisait si elles avaient vu le jeune homme. Ce fut finalement Lisa qui lui apporta la réponse dont il avait besoin. Dylan venait tout juste de lui annoncer son départ et s'apprêtait à franchir le portail au moment où ils parlaient. Dean courut donc jusqu'à l'entrée du camp et aperçut le jeune homme saluant Gilda qui était visiblement de garde aujourd'hui.

Dean oublia toutes ses bonnes résolutions quand il vit son ami franchir le portail avec un sac sur le dos et un fusil dans une main. Il oublia qu'il s'était juré d'agir calmement. La colère revint avec force et il attrapa le jeune homme par le bras un peu trop violemment sans doute. Dylan se retourna en un bond et le dévisagea aussitôt.

- Dean, souffla-t-il, visiblement surpris de le trouver là.

- Tu croyais vraiment que j'allais te laisser partir comme ça ?

- J'espérais que Castiel attendrait que je ne sois plus là pour te l'annoncer.

- Sauf qu'il me connaît trop bien pour savoir qu'il avait tout intérêt à ne surtout pas faire comme ça.

Dylan soupira longuement et Dean dut prendre quelques secondes pour retrouver un semblant de calme. Il avait envie de hurler. De secouer Dylan jusqu'à ce qu'il ait à nouveau les idées claires. Mais il y avait Gilda qui les regardait et sans doute d'autres personnes suffisamment proches pour entendre ce qu'ils allaient se dire.

- Dean, écoute… si tu crois pouvoir me faire changer d'avis, tu te trompes. Et tu perds ton temps. Tu devrais plutôt être en train de préparer ton mariage.

- Mon mariage ? Mon… c'est pour ça que tu pars ? Parce que je vais épouser Cas ?

Dylan sembla blessé qu'il puisse voir les choses ainsi. Mais Dean avait la sensation que c'était en partie ce qui avait motivé Dylan à partir. Peut être avait il enfin compris qu'il n'existait réellement plus aucune chance entre Dean et lui. Peut être était il incapable de rester et d'assister à son bonheur avec Castiel.

- Non, pas du tout. Je l'ai dit à Castiel. Je suis content pour vous. Sincèrement. Ma décision était prise avant que ton petit ami ne me l'annonce.

- Alors quoi ? Tu ne peux plus supporter de me voir tous les jours ? Tu crois vraiment que partir va tout arranger comme par miracle ?

Il était sans doute un peu trop agressif dans sa façon de parler. Il savait que son ton était probablement en train d'énerver Dylan. Mais c'était plus fort sur lui. Peu importait ce qu'il s'était promis quelques minutes plus tôt. Il était bien trop en colère pour se montrer un tant soit peu lucide.

- Non. Je sais qu'il n'y aura pas de miracle. Mais je sais aussi que je ne peux pas continuer comme ça. J'ai besoin… c'est trop douloureux, Dean. C'est trop difficile pour moi de te voir et de me dire que je suis passé proche de… je ne sais même pas pourquoi je cherche à me justifier auprès de toi. Je ne te dois rien.

Dean recula d'un pas choqué par ce qu'il entendait. Il ne lâcha toutefois pas le bras de Dylan pour autant. Il était presque sûr que son ami en profiterait pour prendre la fuite aussitôt.

- Tu ne me dois rien ? Tu te fous de moi, j'espère ? Dis-moi que c'est une plaisanterie parce que je suis à deux doigts de te coller mon poing dans la figure et franchement… je préférerais ne pas avoir à te frapper.

Dylan ricana alors. Dean ferma les yeux et compta silencieusement jusqu'à dix pour ne pas faire quelque chose de stupide en réponse à sa réaction.

- Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ? Demanda finalement Dylan après quelques secondes.

Dean rouvrit les yeux et étudia son visage. Il semblait triste et peut-être un peu coupable. Mais il paraissait déterminé également. Et en colère.

- Non, tu n'en as pas l'air. Ce qui me fait penser qu'un bon coup de poing ne serait finalement pas une aussi mauvaise idée.

- Frappe-moi si cela peut te faire plaisir. Ça ne changera rien.

Dean prit une grande inspiration et attendit une seconde avant d'expirer lentement par le nez. Il n'avait pas aborder les choses comme il l'aurait du. Il devait reprendre du début et faire les choses bien. Il ne pouvait pas perdre Dylan. Surtout pas pour quelque chose d'aussi stupide. Il avait commis une erreur et il était prêt à en assumer les conséquences.

- Écoute, je suis désolé, d'accord ? Je n'aurais pas dû… j'ai été stupide de t'agresser de la sorte. Je m'excuse. Ce n'est pas comme ça que je voulais faire les choses. J'avais même un plan en tête qui tenait la route. J'ai juste… j'ai laissé mes émotions prendre le contrôle.

- Dean…

- Non, je n'ai pas fini. Je ne veux pas que tu partes. Je ne veux pas que tu quittes le camp et que tu prennes le risque de te tuer parce que j'ai été suffisamment stupide pour te faire du mal. Tout est de ma faute et je ferais en sorte que cela s'arrange. Mais pour ça j'ai besoin que tu sois là. Je ne peux pas te perdre Dylan. Ce n'est pas… je ne peux pas.

Dylan détourna alors les yeux. Il en semblait plus en colère. Mais il était toujours aussi triste. Dean savait que c'était en grande partie sa faute. Il avait eu tort de le faire espérer. Tort de se servir de lui comme il l'avait fait. Il lui avait brisé le cœur. Il l'avait poussé à penser que partir était la seule solution.

- Je t'aime Dylan. Pas comme tu le voudrais et j'en suis sincèrement désolé mais je t'aime comme un frère. Tu es ma famille et j'ai besoin… j'ai besoin de savoir que tu vas bien. Que tu es en sécurité. J'ai déjà perdu un frère. Ne m'oblige pas à en perdre un second.

- Je suis désolé mais je ne peux pas… je l'ai dit à Castiel. Je vais revenir. J'ai juste besoin de quelques jours loin de tout ça… loin de toi… pour reprendre mes esprits et faire le point sur ce que je ressens. Ça pourrait être bénéfique pour le camp, d'ailleurs.

- Sauf que je me fiche du camp à cet instant précis. Et tu ne peux pas jurer que tu reviendras. On sait tous les deux les dangers qui nous attendent à l'extérieur. Tu ne peux rien me garantir.

Dylan haussa alors les épaules et Dean sentit la colère l'envahir à nouveau. C'était presque comme si son ami se fichait de mourir. Comme s'il considérait cela comme un détail. Sauf que ça n'en était pas un pour lui. Il avait besoin que Dylan le comprenne.

- Je ferai ce que tu me demanderas de faire mais je ne te laisserai pas partir. Je sais que je t'ai fait du mal et que tu auras probablement du mal à me le pardonner mais partir n'est pas la solution.

- Je t'aime, souffla alors Dylan d'une toute petite voix.

Dean s'apprêtait à lui dire qu'il le savait déjà et qu'il en était désolé mais son ami reprit la parole avant qu'il ait le temps de dire quoi que ce soit.

- Je t'aime comme j'ai aimé Emma et comme je me croyais incapable d'aimer à nouveau. Je voudrais pouvoir te serrer contre moi la nuit avant de m'endormir et me réveiller à tes côtés. Je voudrais pouvoir t'embrasser et te tenir la main… et te faire l'amour pendant des heures. Je voudrais pouvoir t'aimer comme Castiel t'aime et je voudrais que tu m'aimes en retour comme tu l'aimes lui. Dean, je voudrais être celui que tu vas épouser. Sauf qu'à la place, je dois être le témoin de toutes ces choses que je voudrais partager avec toi et que tu partages avec un autre. J'apprendrais à vivre avec mais j'en suis incapable pour le moment.

Si la situation n'avait été pas été aussi grave – ou si Dean avait été Gabriel – il aurait probablement plaisanter sur le fait qu'il doutait que quiconque soit capable de lui faire l'amour pendant « des heures ». Mais il n'était pas capable de plaisanter quand il savait la situation critique. Et quand il devinait la souffrance sur le visage de Dylan.

- Alors je ferai en sorte de me faire discret. Je t'éviterai. Mais partir et prendre des risques n'arrangera rien à te situation. Tu te feras tuer… ou tu ne reviendras pas et je ne pourrais jamais m'en remettre. Si tu es incapable de rester, dis-toi que je suis incapable de te laisser partir.

Dean ne semblait toujours pas convaincu. Dean voulait toutefois croire qu'il était capable de le convaincre. Qu'il lui suffisait de trouver les mots justes. Il était convaincu que Dylan ne voulait pas réellement partir. Qu'il ne voyait juste pas d'autre issue pour le moment.

- J'annulerai mon mariage avec Castiel. Je ne m'afficherai plus avec lui. Je ferai en sorte que tu ne nous vois pas. Dylan, je suis prêt à tout sacrifier pour que tu restes. Mais s'il te plaît… s'il te plaît, ne m'abandonne pas.

Dylan reporta alors son attention sur lui et secoua la tête. Il ne pouvait pas retenir les larmes qui coulaient sur ses joues et Dean sentit son cœur se briser dans sa poitrine.

- Ce n'est pas ce que je veux. Crois-le ou non, Dean, je veux que tu sois heureux. Même si c'est avec quelqu'un d'autre. J'ai sans doute toujours su que rien ne serait possible entre toi et moi. Je me suis voilé la face. Et c'est cet espoir qui me tue parce que je n'arrive pas à le faire taire. Je ne parviens pas à l'ignorer.

Il était évident que Dylan aurait pu envisager de rester si Dean ne lui avait pas fait miroité la possibilité d'une histoire avec lui tout en sachant qu'il ne serait pas capable de lui donner ce qu'il était en droit d'attendre. Il l'avait mis dans cette situation. Il avait fait naître cet espoir qui le détruisait à présent.

- Alors je vais partir, déclara-t-il brusquement.

Il n'en avait pas envie. Mais puisqu'il était responsable de la situation, c'était à lui d'en assumer les conséquences. Il savait que Castiel serai furieux en l'apprenant. Il était toutefois adulte et il devait se comporter en tant que tel.

- Tout est de ma faute et puisque tu ne peux plus envisager de cohabiter dans le même camp que moi alors il est logique que ce soit qui parte.

- Tu laisserais Castiel derrière toi ?

- Je suppose qu'il ne serait pas vraiment content de me voir partir mais je suis prêt à le faire si cela peut t'aider. Je suis prêt à tout pour toi. Tu l'as dit… c'est temporaire. Je reviendrai.

Dean n'avait pas envie de partir. Il n'avait pas envie de repousser son mariage ou de laisser Castiel derrière lui. Il voulait que les choses sans en venir à de telles extrémités. Mais plus que tout, il voulait que Dylan vive. Et pour cela, il était prêt à tout sacrifier.

- Tu l'as dit toi-même. Ça pourrait être bénéfique pour ce camp. Je pourrais fouiller les alentours et ramener des choses dont on a besoin.

- Je ne vais pas te laisser partir alors que tu es sur le point de te marier. Je ne vais pas accepter que tu abandonnes tout et que tu prennes des risques inconsidérés pour moi.

- Mais tu voudrais que j'accepte que tu le fasses toi ? Je ne vois pas en quoi c'est différent.

Dylan recula d'un pas, forçant Dean à lui lâcher le bras. Il remonta son sac sur son épaule avant de hausser les épaules.

- C'est différent parce que moi je n'ai rien à perdre alors que toi tu… tu as Castiel et Gabriel et… tu as une vie ici. Moi je suis… je suis juste là sans être là.

Dean n'en revenait pas des bêtises que son ami pouvait dire. Comment pouvait il réellement croire qu'il n'avait rien à perdre ? Comment pouvait il penser qu'il ne comptait pas ? Il se trompait sur toute la ligne. Mais Dean n'aurait sans doute du pas être surpris de l'apprendre. Ils se ressemblaient sur ce point. Lui aussi doutait parfois de son utilité et de sa valeur. Ce n'était que depuis sa rencontre avec Castiel et Gabriel qu'il commençait à réaliser qu'il avait eu tort de penser qu'il n'avait aucune importance.

- Tu es un idiot. J'espère au moins que tu le sais, lança-t-il alors.

Dylan soupira mais ne protesta pas. Dean saisit cette chance pour enchaîner.

- Tu es un idiot si tu crois que tu n'as rien à perdre et que tout le monde ici se fiche de savoir si tu es en vie ou non. Tu n'as pas idée à quel point tu comptes pour les gens qui t'entourent. A quel point tous tiennent à toi. Moi en premier lieu bien sûr. Cas aussi et Gabe et… Dylan, tu as une famille ici. Tu as tout à perdre en partant.

- Mais personne n'a cherché à me retenir, rétorqua le jeune homme aussitôt.

- Parce que personne ne pensait en être capable. Et ce n'est pas vrai, d'ailleurs. Je sais que Castiel a essayé et je suis là non ? Si tu attends quelques heures de plus, je suis sûr que Gabriel tentera sa chance aussi.

Dylan sourit tristement et Dean sut alors qu'il avait marqué un point. Ce n'était pas suffisant mais c'était un début.

- Je suis fatigué de souffrir, concéda-t-il ensuite. Je veux juste que ça s'arrête.

Dean ne savait sans doute pas exactement ce que son ami ressentait. Il n'avait jamais eu le cœur brisé. N'avait connu aucun chagrin d'amour. Mais il savait combien il pouvait être difficile d'affronter une nouvelle journée quand on se réveillait avec la même douleur sourde qu'en se couchant. Une douleur qui ne nous quittait jamais. Il avait vécu cela avec Sam. La situation était différente mais les émotions semblables. Il existait toutefois une issue pour Dylan là où Dean ne pourrait jamais oublier la perte de son petit frère.

- Ça s'arrêtera mais tu dois te montrer patient. Je sais que c'est difficile à croire mais tu dois me faire confiance sur ce point. Regarde… tu pensais ne jamais pouvoir retomber amoureux après Emma et pourtant… c'est la preuve que les choses finiront par s'arranger. Mais c'est long. Et partir maintenant, ça reviendrait à baisser les bras. Je sais que tu n'es pas comme ça. Tu es quelqu'un de courageux et de fort. Quelqu'un qui ne se laisse jamais abattre. Je sais que tu vas t'en sortir. J'ai confiance en toi.

Dylan secoua la tête à nouveau. Les paroles de Dean le touchaient. C'était évident. Mais il n'était pas encore prêt à le croire. Et Dean commençait à manquer d'inspiration. A manquer d'arguments. Il avait peur à présent de ne pas être capable de retenir son ami. Il était terrifié à l'idée d'échouer.

- Dylan, s'il te plaît… je sais que le douleur t'aveugle pour le moment mais je sais aussi qu'au plus profond de toi tu n'as pas envie de partir.

Son ami se passa une main sur le visage pour effacer les traces des larmes versées jusque là. Il semblait épuisé et tellement triste que Dean ne fut pas capable de retenir ses propres larmes. Il se fichait qu'on puisse le voir. Peut être son chagrin allait il l'aider à convaincre Dylan de rester.

- S'il te plaît, répéta-t-il alors.

- Dean, souffla Dylan avant d'exploser en sanglots.

Ce n'était pas la réaction à laquelle Dean s'attendait. Et il ne savait pas vraiment comment réagir. Il avait envie de prendre son ami dans les bras. Mais il n'était pas sûr d'en avoir le droit. Pas sûr que Dylan le laisserait faire. Il jeta un coup d'œil à Gilda qui faisait mine de ne pas les voir. Il reporta ensuite son attention sur son ami. Il ne pouvait pas supporter de le regarder pleurer ainsi sans rien faire pour tenter de le réconforter. Il allait devoir prendre le risque de se faire rejeter. Il prit une grande inspiration puis passa ses bras autour des épaules de son ami. Il fut surpris quand ce dernier se jeta en avant sans ménagement, manquant de le faire basculer en arrière. Dean parvint à se stabiliser sans relâcher son ami. Il le laissa enfouir son visage dans son cou et joignit ses mains dans son dos pour le garder contre lui. Ils restèrent ainsi de longues minutes, le silence n'étant entrecoupé que par les sanglots bruyants de Dylan.

Dean ne l'avait jamais vu dans un tel état. Il ne l'avait jamais vu exprimer ainsi son chagrin. C'était difficile à entendre. Difficile à voir tout en sachant que c'était en grande partie sa faute.

- Je suis désolé, murmura-t-il une énième fois.

Il avait besoin de s'excuser. Besoin de dire encore et encore à Dylan combien il était conscient d'être à l'origine de la plupart de ses souffrances. Il ne voulait surtout pas que son ami puisse penser que tout était de sa faute. Il n'avait rien fait de mal. Il était juste tombé amoureux. Il avait eu confiance en Dean pour gérer cette situation. Malheureusement pour lui, il en avait été incapable. Au lieu de protéger Dylan comme il s'était promis de le faire, il avait exploité ses sentiments pour se prouver à lui même qu'il ne les partageait pas. Il avait commencé à guérir en utilisant Dylan. Et il n'avait même pas réellement eu conscience à ce moment là qu'il le détruisait lui à petits feux. Il allait devoir remédier à cela. Il avait beaucoup de travail devant lui mais il voulait croire qu'il en était capable.

- Tu aurais le droit de me détester. Tu aurais le droit de me crier dessus ou de me frapper. Mais tu n'as pas le droit de partir. Pas uniquement parce que cela me tuerait mais parce que tu mérites d'être entouré de tes amis et d'être en sécurité. Tu mérites de reconstruire ta vie quelque part où tu ne seras jamais seul. Tu mérites d'être enfin heureux Dylan.

- Je ne sais pas si je pourrais l'être un jour à nouveau.

- Je suis convaincu que c'est ce que tu te disais également le jour où tu as perdu ton frère… celui où tu as perdu Emma. Et tu as pourtant réussi à te reconstruire. Tu as été suffisamment fort et courageux pour passer outre tes souffrances et retrouver espoir. Je sais que j'ai détruit tout ça en agissant comme un idiot. Mais je sais que si tu as pu le faire une fois tu en seras capable à nouveau. Je n'en doute pas une seule seconde.

Dylan pleurait toujours et semblait incapable de reprendre la parole à nouveau. Dean se contenta donc de le serrer contre lui. Il posa une main à l'arrière de son crâne et lui caressa doucement les cheveux. Il se souvenait avoir fait la même chose pour Sam par le passé. C'était quelque chose qui ne manquait jamais de le calmer.

- Et un jour, tu te réveilleras et tu réaliseras que la souffrance n'est plus là. Que ce que tu croyais devoir vivre avec toute ta vie n'est plus qu'un lointain souvenir. Tu me verras et tu te demanderas comment tu as pu pensé un jour être amoureux de moi. Tu tourneras la tête et poseras les yeux sur une autre personne… un garçon, une fille, peu importe… et alors tu ressentiras quelque chose de nouveau et d'excitant pour elle ou lui. Et tout rentrera dans l'ordre.

- Quand tu le dis comme ça, ça a l'air simple. Sauf que ça ne l'est pas…

- Non ça ne l'est pas, confirma Dean sans hésiter une seconde. Un chagrin d'amour, ce n'est pas simple à oublier. Mais on finit par le surmonter et on avance. C'est comme ça que ça fonctionne. Le temps finit par guérir toutes les blessures. Même celles qu'on croyait trop profondes.

Dylan hocha la tête dans son cou. Dean sourit alors, soulagé. Il n'avait peut être pas la solution miracle à tous les problèmes de son ami. Mais il avait su trouver les bons mots. Maintenant, il devait demander à Dylan ce dont il avait besoin. Ce qu'il attendait de lui pour faire en sorte qu'il aille enfin mieux.

- Est-ce que tu crois que ça aurait pu être différent ?

La question de son ami surprit Dean et le tira de ses songes. Il ne voyait pas vraiment où il voulait en venir. Son silence encouragea Dylan à s'expliquer.

- Si le monde n'avait pas pris fin et si tu n'avais pas rencontré Castiel… disons qu'on se soit rencontré dans d'autres circonstances et que je sois tombé amoureux de toi… est-ce que tu penses que tu aurais pu m'aimer en retour ?

Dean ne savait pas vraiment comment répondre à cette question. Il n'aimait pas se projeter ainsi. Faire des suppositions qui n'avaient aucun sens. Il était tenté de répondre oui juste pour faire plaisir à son ami. Mais il savait que ce n'était pas ce dont il avait besoin. Il voulait la vérité. Dean prit donc quelque secondes supplémentaires pour trouver ce qu'il devait dire. Quand il reprit la parole, Dylan était toujours fermement accroché à lui et ne semblait pas prêt à s'éloigner.

- J'aimerais pouvoir te dire « oui » sans hésitation mais je sais que tu veux que je sois honnête avec toi alors je vais devoir te dire que je n'en strictement rien. Ce n'est pas un « non » mais ce n'est pas un « oui » non plus.

Il sentit Dylan soupirer dans son cou. Il ne savait pas s'il était triste ou soulagé. Il ne se laissa pas distraire et continua à s'expliquer.

- Ce que je veux te dire par là, c'est le que le moi d'avant… celui qui n'avait pas rencontré Cas était dans le déni le plus total. Je refusais de reconnaître que je pouvais être également attiré par les hommes même si je l'avais expérimenté à l'école avec mon meilleur ami. Je tentais d'expliquer ce que je ressentais de façon logique. Je ne voulais pas voir que je pouvais être bisexuel… ou gay, d'ailleurs, parce que franchement, je suis convaincu que je n'ai jamais été hétéro. Je crois que si je t'avais rencontré avant, j'aurais nié pouvoir être attiré par toi. J'aurais cherché à devenir ton ami. Et je t'aurais sans doute trouvé attirant parce que tu l'es mais… je ne sais pas si j'aurais été capable de me rendre à l'évidence et de m'avouer la vérité. Je suis bien trop différent à présent et… je n'étais pas aussi ouvert d'esprit avant. Du moins seulement en ce qui me concernait moi… parce que je n'ai jamais été homophobe non plus, bien sûr.

Dylan recula finalement son visage pour pouvoir regarder Dean dans les yeux. Il semblait tellement vulnérable que le jeune homme avait envie de le serrer contre lui à nouveau. Mais il devait laisser Dylan prendre cette décision seul.

- Et si tu avais rencontré Castiel à l'époque ? Est-ce que tu aurais changé d'avis ?

Dean prit une seconde pour y réfléchir. Il avait développe des sentiments pour Castiel sans réellement s'en rendre compte. Ça n'avait pas été facile pour lui de l'admettre. Il avait nié son attirance aussi longtemps que possible. Si Castiel n'avait pas pris les choses en mains et fait le premier pas, il n'était pas sûr qu'il en aurait été capable. Il serait sans doute passé à côté de l'amour de sa vie simplement parce qu'il était trop lâche pour accepter son homosexualité. Le contexte avait sensiblement facilité les choses. Son père n'était plus là pour le juger. Il avait perdu Sam et se sentait seul au monde. Il était désespéré et avait eu besoin de quelque chose à quoi se raccrocher. C'était aussi pour cela qu'il avait cédé. Dans d'autres circonstances et avec plus à perdre si on ne l'acceptait pas, il n'aurait peut être pas accepté ses sentiments. Ou peut être l'aurait il fait parce qu'il aurait fini par aimer Castiel plus que la vie elle-même. C'était difficile à dire.

- Je ne sais pas… peut-être. Parfois, j'aime à penser qu'il aurait réussi à me convaincre. Qu'il m'aurait aimé à m'accepter comme je suis. Mais je ne peux pas le jurer. J'étais buté à l'époque. Et je continuais de penser que je n'avais pas le droit d'être moi même. Parce que mon père ne m'aurait jamais accepté si j'avais été ouvertement gay.

Dylan hocha alors la tête avant de détourner les yeux. Il se passa une main sur le visage pour effacer les traces de ses larmes.

- Merci d'avoir été honnête avec moi, souffla-t-il ensuite.

- C'est normal.

- Et pour ce que ça vaut, je suis convaincu qu'il aurait réussi à te convaincre. Il est évident que tu n'aurais pas pu ignorer éternellement l'amour que tu as pour lui. Je n'ai jamais… je n'ai jamais vu quelqu'un aimer autant une personne que toi tu aimes Castiel. A vrai dire, je ne pensais pas qu'il était possible d'être autant fait l'un pour l'autre. C'est douloureux pour moi mais ça me donne aussi de l'espoir. Celui que les âmes sœurs existent et que je pourrais finir par trouver la mienne un jour…

- Je suis sûr que tu la trouveras.

Dylan ne semblait pas aussi convaincu mais le simple fait qu'il le dise était déjà un énorme pas en avant. Dean lui prit le visage entre les mains puis se pencha pour déposer un baiser sur son front. C'était quelque chose que Gabriel faisait souvent quand il sentait que Castiel ou Dean en avait besoin. Et c'était efficace. Il savait que Dylan apprécierait ce geste.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demanda t-il ensuite.

Dylan haussa les épaules.

- Je ne vais pas… il est évident que je ne peux plus partir maintenant. Et je crois que c'est pour ça que je ne voulais surtout pas te voir avant. Je savais qu'à la seconde où tu me demanderais de rester, je serais incapable de te dire non. Castiel devait le savoir aussi et je suppose que c'est pour ça qu'il t'en a parlé immédiatement.

- Tu ne dois pas lui en vouloir. Il l'a fait pour moi et pour toi.

- Je ne lui en veux pas. Je ne suis pas en colère. Je sais que je finirais probablement par devoir le remercier de l'avoir fait. Mais pour le moment, j'ai juste envie de m'enfermer dans ma chambre et de pleurer jusqu'à ce que je trouve enfin le sommeil.

- Dylan…

Dean détestait l'idée de son ami pleurant seul dans sa chambre. Il voulait être là pour le serrer contre lui et le réconforter. Il voulait le faire se sentir mieux. Mais il était à l'origine de ses souffrances et lui demander d'être présent n'arrangera certainement pas les choses. Il allait devoir accepter de rester à l'écart. Espérer que quelqu'un d'autre que lui trouverait les bons mots pour réconforter son ami.

- Non, Dean, je dois le faire. Ça fait partie du processus. J'ai besoin… je crois que j'ai juste besoin d'évacuer un peu de tout ce chagrin qui me ronge de l'intérieur. C'est une étape. La suivante je suppose est d'accepter la réalité avant de pouvoir chercher à comprendre comment je peux vivre ainsi. Et j'aimerais te dire que tu vas pouvoir m'aider mais ce n'est pas ce dont j'ai besoin pour le moment. J'ai surtout besoin d'être seul. Ça ne veut pas dire que je t'en veux… juste que je ne peux pas continuer à te regarder sans avoir envie de… de plus.

Dean savait que son ami avait raison. Il savait qu'il devait à nouveau mettre de la distance entre eux. Il devait également s'estimer heureux que Dylan ait renoncé à son projet de départ. Mais après avoir pu serrer son ami, son frère, dans ses bras à nouveau, il savait que l'éloignement serait difficile à supporter pour lui. Il n'avait néanmoins pas d'autre choix.

- Je sais que j'irais mieux une fois que je me serais laissé le temps de relâcher un peu de pression. Et peut-être… peut-être que tu as raison… peut-être que je finirais par oublier tout ça et par aller mieux. Peut-être que ça ira vite et peut-être que ça prendra des semaines… des mois. Je n'en sais rien et je ne veux rien te promettre. Mais je vais essayer.

C'était tout ce que Dean lui demandait. Rien de plus. Il avait confiance. Ils avaient déjà fait un premier pas en avant et il était convaincu que tout finirait par s'arranger. Ils devaient juste se montrer patients. Bien sûr, ce n'était sans doute pas la qualité principale de Dean. Mais il était déterminé à faire des efforts. Pour le moment, la seule chose qui comptait était le bien être de Dylan. Sa convalescence.

- Je ferai en sorte de rester à l'écart. Je vais repousser le mariage et dire à Cas qu'on…

- Non ! Le coupa Dylan d'une voix forte. Non. Tu ne vas rien repousser du tout. Je crois… je sais que je ne pourrai pas être là avec vous mais je sais aussi que j'ai besoin… j'ai besoin d'accepter pour de bon qu'il n'y aura jamais rien entre nous. J'en suis conscient mais je garde… malgré moi je garde espoir et ça finira par me tuer. Que tu sois sur le point d'épouser Cas me rend fou de jalousie, bien sûr, mais je sais que ça m'aidera à accepter que je ne serais jamais rien de plus qu'un ami. S'il te plaît…

Dean hocha alors la tête. Il voulait donner à Dylan tout ce dont il avait besoin même s'il n'était pas sur lui même qu'il s'agissait d'une bonne idée. Il avait confiance en son ami. Il était suffisamment grand pour savoir ce dont il avait besoin après tout.

- Est-ce que tu peux me promettre quelque chose, Dean ?

Le jeune homme hocha la tête sans hésiter. Peu importait ce que Dylan allait lui demander. Il était prêt à tout pour lui. Même à donner sa vie. A quitter le camp pour ne plus jamais revenir. Il était prêt à sacrifier tout ce qu'il avait à cet instant précis. Parce qu'il savait que Dylan le ferait également si les rôles étaient inversés.

- Tout ce que tu veux, accepta-t-il alors.

- J'aimerais que tu me promettes de faire en sorte que ça marche entre Castiel et toi. Je veux dire… je ne veux pas que tu gâches tout parce que les choses se compliquent et que tu prends peur. Je ne veux pas que tu le perdes ou que tu le fasses fuir.

- Ce n'est pas ce que je veux non plus, assura Dean qui ne comprenait pas bien la requête de son ami.

Dylan lui sourit alors. Il semblait toujours triste mais il allait un peu mieux. Rien n'était réglé mais il semblait un peu plus en paix avec lui même.

- Je sais mais tu… sans vouloir te faire de peine… tu dois reconnaître qu'il t'arrive d'agir comme un idiot quand tu as peur. Et je sais que tu ne veux pas perdre Castiel mais j'ai besoin que tu me promettes que tu feras toujours en sorte d'être heureux avec lui. Que tu travailleras sur tes doutes et tes craintes pour ne jamais l'abandonner.

- Pourquoi je… pourquoi est ce que tu me demandes ça ?

Dean était un peu vexé par ce que Dylan sous-entendait. Mais il devait également reconnaître que son ami avait probablement raison. Il avait tendance à fuir dès que les choses se compliquaient. C'était aussi pour ça qu'il voulait épouser Castiel. Il avait besoin que son engagement soit officiel. Que personne et surtout pas lui même puissent en douter à l'avenir.

- Parce que je suis en train de te perdre même si je ne t'ai jamais réellement eu et… je ne veux pas te perdre pour… c'est difficile à expliquer mais… je veux avoir la certitude que si tu n'es pas avec moi c'est uniquement parce que tu es avec quelqu'un qui te rend plus heureux. Quelqu'un que tu aimes simplement plus. Si tu n'es plus avec Castiel, j'aurais l'impression de… de ne pas m'être suffisamment battu. J'aurais l'impression de ne pas avoir suffi et… c'est sans doute un peu stupide mais c'est comme ça.

D'une certaine manière et même si Dylan avait eu du mal à s'expliquer, Dean comprenait plus ou moins ce qu'il cherchait à lui dire. Il avait besoin de sentir que Dean ne lui échappait pas parce qu'il ne suffisait pas à le rendre heureux. Il avait besoin de comprendre et de sentir que ce n'était pas de sa faute. Qu'il n'aurait pas pu faire plus. Que Dean avait juste trouvé un homme parfait pour lui et qu'il n'y avait aucune compétition possible. Et c'était logique sans doute.

- Je te le promets. Et si toutefois je manques à cette promesse, tu es autorisé à me coller ton poing dans la figure… juste après Gabriel parce qu'il a la priorité, bien évidemment.

Dylan ricana une seconde, visiblement soulagé par la promesse de son ami. Il prit ensuite une grande inspiration avec d'expirer lentement par le nez.

- Je vais aller ranger mes affaires et enfin… me reposer un moment. On se voit plus tard ?

- On se voit plus tard, confirma Dean même s'il n'était pas sûr de ce que « plus tard » signifiait réellement.

Il ne savait pas quand il serait à même de reparler avec Dylan. Quand son ami se sentirait suffisamment solide pour passer du temps avec lui à nouveau. Mais le simple fait de savoir que cela arriverait un jour ou l'autre suffisait à le rassurer.

- Merci pour tout Dean et… tu diras merci à Castiel également. Je crois que je lui dois beaucoup dans cette histoire.

- Ne me remercie pas et je le ferai.

Dylan hocha alors la tête avant de s'éloigner sans rien ajouter de plus. Dean le regarda disparaître à l'angle d'un bâtiment avant de soupirer longuement. Il avait conscience d'être passé proche de la catastrophe. Il avait failli perdre Dylan pour de bon. Les choses pouvaient encore se compliquer et rien n'était réglé mais il avait retrouvé un certain espoir.

Il tourna finalement les tallons après de longues minutes passées à retrouver son calme. Quand son regard croisa celui de Gilda, il ne fut pas surpris de la voir lui sourire largement.

- Bien joué, lança-t-elle avant de s'éloigner à son tour.

Il aurait aimé que Dylan assiste à cela. Il aurait que son ami puisse comprendre combien son départ aurait affecté les gens autour de lui. Il se promit alors de le lui raconter quand tout irait mieux. Personne n'avait osé s'opposer à son départ parce qu'ils pensaient ne pas en avoir le droit. Mais tout le monde serait soulagé de savoir qu'il allait rester. Dylan était important pour tout le monde. Il n'y avait que lui qui n'en avait pas conscience. Dean savait exactement comment les choses fonctionnaient pour son ami. Parce qu'il ressentait souvent la même chose le concernant. Il avait du mal à se voir comme un élément utile au groupe. Utile et aimé. Castiel avait réussi à lui faire voir la vérité et même s'il doutait encore parfois, il était clairement sur le chemin de la guérison. Il allait en faire de même pour Dylan. Il allait le forcer à prendre conscience de l'importance qu'il avait au sein du camp. Il ne le laisserait plus jamais douter de lui même. Ils étaient semblables sur ce point. Et cela provenait pour eux deux de la façon dont ils avaient été élevés. Des responsabilités qui avaient peser sur depuis leur enfance et sur le manque d'affection de leurs parents respectifs. Il savait comment le guérir. Mais pour le moment, il devait le laisser tranquille. Et se concentrer sur son mariage. Sur Castiel et sur la surprise qu'il avait pour lui. Gabriel avait été incroyablement efficace sur ce point. L'idée fit sourire Dean. Il allait offrir à son petit ami une nuit de noce qu'il ne pourrait pas oublier de si tôt. Il allait tenir la promesse qu'il avait faite à Dylan. Jamais plus il ne ferait de mal à Castiel et il se battrait de toutes ses forces pour que leur mariage fonctionne. Rien ni personne ne pourrait se mettre en travers de son chemin cette fois.