ça fait longtemps, je sais, désolée. Mea culpa!


Chapitre trente-six

- A quoi penses-tu ? demanda Castle alors que Kate demeurait silencieuse.

- A rien… murmura-t-elle tout en dessinant nonchalamment du bout du doigt des arabesques sur le torse de l'écrivain.

- ça va ? Demanda-t-il en percevant l'émotion de la jeune femme.

- Mhm-mhm…

- Tu es sûre ?

- Mhm-mhm…

- Donc… Tu as aimé ?

- Mhm-mhm…

- Okay, là, je m'inquiète, dit-il en se redressant. J'ai fait quelque chose de mal ?

- Quoi ? Mais non ! Bien sûr que non ! répondit-elle en se relevant à son tour.

- Tu es au bord des larmes ! Ne me dis pas que tout va bien ! Protesta-t-il nerveusement.

- Hey ! Du calme ! C'est juste parce que je suis émue ! Le rassura-t-elle.

- Emue ? Tu es émue ?

- Sois pas si étonné, je n'ai pas un cœur de pierre ! Se vexa-t-elle.

- Je n'ai pas voulu dire ça ! C'est juste que… Oh bon sang ! Ne me dis pas que… Blêmit-il.

- Que quoi ?

- C'était ta première fois ?! Tu aurais pu me le dire ! Ça se dit ce genre de choses ! Ronchonna Castle.

- Non, ce n'était pas ma première fois ! Qu'est-ce que tu vas chercher ?

- Non ?

- Non ! … Enfin… Si … Enfin…

- Il va falloir être plus claire, soupira-t-il un peu perdu. C'était ta première fois ou pas ?

- En quelque sorte…

- Okay, je suis perdu ! Dire que je me vantais de comprendre les femmes ! Marmonna-t-il. Tu m'expliques ?

- C'était la première fois que…

- Que ?... L'encouragea-t-il en remarquant son air gêné.

- Que je ressentais ça ! Lâcha-t-elle enfin. C'était si intense !

- Oui, sourit-il, je sais, je suis un amant … plutôt intense…

- Sois sérieux un peu ! Râla-t-elle en lui adressant une légère tape sur le bras.

- Aïeuh ! Quelle violence !

- C'est de ta faute ! Tu tournes tout à la dérision, alors que moi je te parle sérieusement ! Bouda-t-elle.

- Excuse-moi, c'est un automatisme… Alors ? Tu voulais dire…

- Que je n'ai jamais ressenti ça pour quelqu'un avant et ça me fiche la trouille tellement c'est fort ! Avoua-t-elle excédée.

- …

- …

Ils se regardaient sans un mot, atterrés par ce qu'elle venait de dire.

Elle était effrayée à l'idée d'en avoir trop dit trop vite, de lui avoir fait peur. Lui, était estomaqué par la force de caractère de cette jeune femme. Il savait à quel point elle tenait à lui, ses actes le lui avaient admirablement montré. Mais il savait aussi à quel point elle était secrète au sujet d'elle-même, à quel point elle avait du mal à parler de ce qu'elle ressentait.

- Wah… Articula-t-il finalement.

- Je suis désolée ! s'écria-t-elle affolée. Je ne…

- Ne le sois pas, sourit-il en l'embrassant tendrement sur les lèvres.

Lorsqu'il mit fin à leur baiser, il colla son front contre le sien et délicatement, vint lui caresser la joue du bout des doigts.

- Ne t'excuse jamais de m'aimer, susurra-t-il en déposant délicatement un baiser à la commissure de ses lèvres.

- Alors… Je ne t'ai … pas … fait … flipper ?... Demanda-t-elle en penchant la tête pour lui faciliter l'accès à son cou et mieux succomber aux baisers enfiévrés qu'il y parsemait.

- Ce qui … me fait … flipper, répondit-il en embrassant son épaule délicate, … c'est l'idée… que j'aurais… pu… ne jamais… te rencontrer… Ou pire… ne pas … me rendre compte… de la chance… que j'avais eue… en te rencontrant…

Soulagée, elle sourit. Ce merveilleux sourire, celui qui lui réchauffait instantanément le cœur, comme un coup de baguette magique, celui qu'il ne se lasserait jamais d'admirer et qu'il s'évertuerait de faire fleurir sur son visage jour après jour. Empoignant ses hanches délicatement, il la fit basculer et elle se retrouva à califourchon sur lui. Elle ferma les yeux tandis qu'il plongeait dans son cou et se laissa succomber à la douceur de ses baisers et à la passion de ses caresses.

La sonnerie de son téléphone tira Rick du sommeil. Il s'empressa de décrocher tout en quittant précipitamment la chambre pour ne pas réveiller Kate, qui dormait encore à poings fermés.

- Castle… s'annonça-t-il en se débattant avec son pantalon.

- Papa ? Qu'est-ce que tu as ? Ta voix est toute bizarre !

- Oh ! … Euh... J'enfile mon pantalon… Avec une seule main, ce n'est pas évident ! Comment vas-tu ma chéééééééhhhhhh ! Ahhhh !

Un gros boum retentit, suivit des grognements de douleur de Rick.

- Papa ? Ça va ? S'inquiéta Alexis.

- Oui… Euh… Je me suis pris les pieds dans mon pantalon… grogna l'écrivain.

- Qu'est-ce que tu faisais sans ton pantalon ?

- Comment ça qu'est-ce que je faisais sans mon pantalon ? Je sortais de mon lit, pardi !

- Papa ! Tu avais promis ! Soupira Alexis avec un ton plein de reproches.

- J'avais promis ? Paniqua Rick en faisant tourner sa mémoire à plein régime dans l'espoir de retrouver ce qu'il avait bien pu promettre à sa fille et qu'il avait apparemment oublié.

- Tu avais promis d'arrêter de te morfondre dans ton lit tout le week-end quand je suis chez maman !

- Oh ! Ça ! Ne t'en fais pas, je ne me morfondais pas ! Sourit Rick soulagé.

- Alors qu'est-ce que tu faisais encore au lit à 14h ?

- Il est 14 h ? Wah ! Euh… Bah… Je me suis couché tard hier soir, bafouilla-t-il.

- Tu t'es couché tard ?

- Exactement ! Et c'est pour ça que je n'étais pas encore levé !

- Alors tu vas bien ?

- Je vais très bien chérie ! Et toi dis-moi ? Comment ça se passe chez maman ?

- Ça va. Elle m'attend pour aller faire les magasins…

- Oh !... Je vois, grimaça-t-il compatissant de tout cœur avec sa fille.

- Je préfèrerais aller voir la mer mais… c'est déjà bien d'être avec elle…

- On ira voir la mer la semaine prochaine.

- Tu me manques papa…

- Toi aussi chérie, murmura Rick.

- Dis… Pourquoi tu t'es couché tard ?

- Euh… Eh ben… J'ai travaillé sur mon prochain roman ! J'ai écrit plein de chapitres ! Tu peux être fière de ton papa ! On sera tranquille avec ça, quand tu viendras la semaine prochaine. Je serai tout à toi !

- Je t'aime papa ! Rit-elle.

- Moi aussi je t'aime chérie, répondit Castle touché. Tu devrais aller rejoindre ta maman, elle va devenir invivable si elle n'a pas le temps de faire toutes les boutiques qu'elle veut.

Alexis l'embrassa encore plusieurs fois avant de raccrocher, lui laissant un immense sentiment de vide, comme à chaque fois. Il resta ainsi un bon moment, assis sur le canapé et le regard dans le vide, jusqu'à ce qu'une personne se faufilât derrière lui et que deux mains d'une extrême douceur vinssent se poser sur son torse.

- Hey… Fit Kate d'une voix douce.

- Salut marmotte, sourit-il en tournant la tête pour venir l'embrasser.

- Un souci ?

- Non… Tout va bien…

- C'était Alexis ?

Il la regarda d'un air interrogateur.

- Au téléphone ! C'était Alexis ? Précisa Kate.

- Je croyais que tu dormais…

- Je dormais, assura-t-elle.

- Alors comment sais-tu qu'elle m'a appelé ?

- Je te trouve assis sur le canapé, à moitié habillé, les yeux dans le vague et ton téléphone posé devant toi. Ce n'est pas difficile à deviner.

- Tu devrais devenir détective, tu es douée !

- Dans une autre vie peut-être, répondit-elle après réflexion. Allez viens, je vais te changer les idées!

- Un quatrième round?! Mais tu n'en as jamais assez!

- Plus tard, monsieur le pervers! Je pensais plutôt à aller prendre un bon bol d'air!

- Dis-donc! Tu ne me trouvais pas si pervers que ça cette nuit...

Ils se préparèrent rapidement, puis quittèrent l'hôtel pour se rendre dans la baie de San Francisco où ils louèrent des vélos après avoir déjeuner dans un petit restaurant français.

- Des vélos?! Tu es sérieuse? Bougonna Castle en enfilant son casque.

- C'est bien le vélo! Surtout après toutes les pâtisseries que tu as prises en dessert.

- Je n'en ai pas pris tant que ça... C'était un assortiment « découverte »!

- Tu n'étais pas obligé de tout prendre, quand même, tu es un sacré gourmand.

- Tu n'as pas idée! Mais pour en revenir au vélo... Tu es sûre? Avec ton poignet?

- Mais oui! J'ai une attelle! Et puis, il suffit de ne pas tomber! Allez! En selle cowboy!

- Il faut être inconscient pour faire du vélo à San Francisco! Marmonna Castle. Il n'y a que des collines!

- Dis-toi que derrière chaque montée, il y a une descente Castle! Le nargua Beckett en donnant un premier coup de pédale pour démarrer.

- Hey! Attends-moi! S'écria-t-il en se lançant à sa poursuite.

C'était à croire que faire du vélo était une seconde nature chez elle, elle enchaînait les côtes avec une aisance déconcertante et Castle avait bien du mal à suivre parfois, enfin souvent ! Dans ces cas-là, elle ralentissait mine de rien, s'attardant dans la contemplation du paysage, pour ne pas lui faire remarquer qu'elle levait le pied pour lui permettre de suivre. Ils décidèrent de passer par le Golden Gate Bridge. La vue y était à couper le souffle. Puis ils s'arrêtèrent dans un parc pour se reposer un peu.

- Des gaufres?! S'étonna-t-elle en le voyant revenir près d'elle avec deux assiettes débordantes de chantilly.

- Je n'ai plus de sucre, il faut bien que je recharge mes batteries!

- Tu as toujours une bonne excuse pour succomber aux tentations! Sourit-elle.

- C'est ma devise! Tiens!

- Merci Castle.

Il grimaça en s'asseyant à ses côtés. Et un peu plus en songeant qu'ils devraient refaire le chemin inverse pour aller rendre les vélos. Elle posa son assiette en carton et vint lui prendre le mollet.

- Qu'est-ce que tu fais?

- Un massage, ça devrait te soulager et surtout te permettre de faire le chemin retour.

- ... J'ignorais que tu avais des talents de kinésithérapeute, dit-il au bout d'un moment alors que ses crampes avaient presque totalement disparu.

- Je cours beaucoup, alors je m'y connais en crampes.

- Je vois ça. Tu as appris à faire ça toute seule?

- Non, on m'a appris, répondit-elle amusée en voyant sa mine se renfrogner aussitôt.

- Je vois... Une de tes nombreuses conquêtes... Bougonna-t-il.

- Oui. Il est fou de moi, expliqua-t-elle. C'est une grande histoire entre lui et moi.

- C'est? Tiqua-t-il aussitôt.

- Je ne pourrais jamais en parler au passer, répondit-elle amusée à l'idée de le torturer un peu.

- Okay, là il faut que je te prévienne, dit-il en fronçant les sourcils. Je ne suis pas très partageur! Alors tu vas bien devoir te résoudre à parler de ton super masseur au passé, parce que sinon...

- Sinon quoi?

- Sinon, eh bah… euh... Je vais retenir ma respiration tiens ! Comme ça ! Jusqu'à ce que tu arrêtes de parler de ce bellâtre au présent!

- C'est mon père Castle! Pouffa-t-elle.

- Ton père?

- C'est lui, qui m'a donné le virus de la course à pieds. Quand je rentre à New York, on se fait encore des longs parcours dans Central Parc tous les deux.

- Ton père?

- Ne le regarde pas avec cet air incrédule le jour où il te parlera de ses exploits de joggeur si tu tiens toujours à lui faire bonne impression, parce que sinon, il va se vexer!

- Tu ne pouvais pas le dire tout de suite, que tu parlais de ton père?

- Oh non, ça m'aurait enlevé une bonne occasion de te torturer, rit-elle en venant l'embrasser.

- Sorcière! Soupira-t-il en la laissant le dévorer de baisers passionnés.