Les dernières découvertes faites par l'équipe de Maura nous avez mené à un immeuble désaffecté dans lequel il semblait que notre tueur avait aménager trois appartement : un appartement pour vivre, un appartement dans lequel était stocké tout un tas d'objets et de vêtements et le dernier dans lequel je trouvais l'agent Thomas attachée sur un lit blessée et inconsciente. Je me précipitais vers elle pour m'assurer qu'elle était encore en vie laissant Korsak et Frost sécuriser les lieux. L'agent du FBI était mal en point, son pouls était faible et elle avait une entaille au niveau du poignet gauche, pas suffisante pour la tuer en faisant passer cela pour un suicide mais suffisante pour qu'à terme cette blessure l'amène lentement aux portes du royaume d'Hadès. Après avoir vérifié qu'elle n'avait pas d'autres blessures je fis pression sur la plaie le temps que les secours arrivent. Alors que je regardais les infirmiers s'affairer autour de l'agent Thomas je me demandais comment Maura allait réagir en apprenant que sa petite amie avait été retrouvée grièvement blessée et presque morte. Sans prendre le temps de réfléchir je laissais la scène de crime sous la responsabilité de Dean et Korsak pour me précipiter jusqu'à la morgue. Je ne pouvais m'empêcher de penser que je devais être celle qui annoncerait notre découverte au docteur Isles, mais comment annoncer à ma meilleure amie, à la femme que j'aimais, que j'aime toujours, que sa petite amie avait été retrouvée dans un immeuble abandonné entre la vie et la mort. Comment pourrais-je lui annoncer une telle chose ? Je dois avouer qu'une part de moi aurait préféré que l'agent Thomas soit morte ou l'assassin. J'étais effarée par mes propres pensées mais je suis amoureuse et l'amour me rend égoïste. Je ne voulais pas que Maura retourne auprès de l'agent Thomas, je voulais la garder pour moi, mais ce serait comme briser les ailes d'un oiseau et le priver de sa liberté. Je ne voulais pas rendre mon amie malheureuse, mais je ne voulais pas non plus la perdre au bénéfice de cet agent du FBI. Je me suis garée devant le poste hésitant entre révéler mes sentiments amoureux et prendre le risque que Maura ne soit malheureuse, de la voir culpabiliser si elle ne ressentait pas la même chose que moi ou me taire et favoriser son bonheur au détriment du mien. Je frappais le volant de frustration. Vous auriez fait quoi à ma place ? Je commençais à croire que ce que je ressentais pour Maura se transformait en un subtil mélange d'égoïsme et d'altruisme, d'amour et de jalousie, de possessivité et de tolérance, car il me fallait accepter qu'elle ne serait pas mienne. Je pris mon courage à deux mains pour aller parler à mon amie. Je trainais des pieds en prenant le chemin de la morgue, j'avais le cœur lourd à cause de la nouvelle que j'apportais à Maura et des conséquences probables sur notre amitié. En sortant de l'ascenseur je vis mon amie occupée avec son équipe. Je lui fis signe de me rejoindre dans son bureau vers lequel je me dirigeais déjà pour préparer mon sac au cas où Maura ne voudrait plus rester au poste en apprenant que l'agent Thomas était en vie. Je pris aussi les dossiers des victimes sur le bureau de mon amie pour ne pas laisser l'enquête de coté, surtout que nous avions trouver deux lieux dans lequel notre tueur avait sans doute laisser des traces : le lieu dans lequel Mle Raven, notre témoin, avait été retenue prisonnière et l'immeuble où nous avions retrouver l'agent Thomas. Maura n'arrivant toujours pas j'appelais Korsak afin de savoir s'il avait trouvé d'autres indices ou notre témoin disparut. Selon mon co-équipier il y avait énormément d'indices, sans doute trop mais pour le moment pas de traces de la jeune Indira Raven. Alors que j'étais en pleine discussion avec le Capitaine, assise sur le canapé du bureau, je sentis deux mains masser mes épaules. Je donnerais tout ce que j'ai pour que mon avenir soit rempli de moments de douceurs identique à celui-ci. Je fermais les yeux afin de savourer ce dernier instant de bonheur avec elle. Tout en terminant la conversation avec Korsak, je me préparais à mettre un terme à ma… relation, histoire d'amour… comment désigner ce que je vivais avec Maura. Alors que je rangeais mon téléphone, Maura vint s'installer sur mes genoux avant de déposer un langoureux baiser sur mes lèvres. Je la serrais contre moi approfondissant ce baiser et réalisant qu'il serait sans doute le dernier. Je devais résister, je ne devais pas laisser l'amour que je lui porte briser ses chances de bonheur. Je mis fin au baiser avant de la repousser lentement et pris une grande inspiration. Je ne me sentais pas prête à lui dire que j'avais retrouvé sa petite amie.
- On a trouver de nouveaux éléments grâce à ton équipe, dis-je en réalisant que c'était maladroit. Enfin pas seulement de nouveaux indices.
Maura semblait ne pas m'écouter, elle semblait porter énormément d'attention à nos mains jointes. Je serrais sa main en comprenant que je ne voulais pas la voir retourner dans les bras de cet agent du FBI. Je devais me montrer forte.
- Maura, murmurais-je pour attirer son attention.
Elle releva ses yeux et je perdis mes mots en voyant son magnifique regard plonger dans le mien. Il était rempli d'un tumulte d'émotions que je ne parvenais pas à déchiffrer, que je ne voulais pas déchiffrer. Je l'embrassais aves désespoir ne pouvant plus retenir mes larmes. Aucune des balles qui m'avaient blessées au cours de ma carrière ne m'avaient infligées une telle souffrance. Pourrais-je supporter de voir Maura heureuse dans les bras d'une autre ? Je vivais mes derniers instants de bonheur avec la femme que j'aime et je laissais des doutes, des questions et des suppositions envahir mon esprit, gâcher ses derniers minutes.
- Que se passe-t-il ma douce, murmura Maura contre mes lèvres.
- Je collais mon front contre le sien, mettant un terme à notre baiser.
- Nous avons retrouvé l'agent Thomas, dis-je dans un souffle.
Alors qu'elle posait ses mains sur mon visage afin d'effacer toutes traces de larmes elle m'embrassa à nouveau, sans faire de commentaires.
- Maura, tu m'as entendu ? L'agent Thomas est blessée mais vivante, repris-je en la repoussant doucement.
- Je t'ai entendue, répondit-elle en caressant mon visage comme si elle tentait d'en mémoriser chaque trait.
Je ne me lassais pas de ses caresses, je voulais juste que cela ne s'arrête jamais, que le temps ne s'écoule plus et nous enferme dans un grain de sable dans le sablier de l'éternité. Je n'osais pas parler ou faire le moindre geste laissant Maura m'enivrer de ses caresses, annihilant toute ma volonté, toutes mes bonnes résolutions. La serrant à nouveau dans mes bras, je faisais tout mon possible pour la retenir, pour retenir ce temps que nous partagions, ces instants de bonheur qui s'enfuyaient loin de moi, loin de nous.
- Pourquoi es-tu là ? Pourquoi ne pas m'as-tu pas appelée ? Pourquoi n'as-tu pas envoyé Korsak ou un autre policier ?
- Je pensais que tu aurais besoin de moi, parce que…
Parce que je t'aime, voilà ce que j'aurais dû dire au lieu de cela je me suis tu.
- Parce que ? répéta Maura
- Parce que je suis ton amie et que je voulais être là pour te soutenir, ai-je menti.
- Parce que tu es mon amie, dit-elle. Tu sais dans quel hôpital elle a été emmenée ?
- Oui, ai-je soupirer sans desserrer mon étreinte. Si tu veux je t'y emmène.
- Je vais dire à Suzie que je dois m'absenter et faire envoyer une équipe sur place.
Elle ne bougea pas pour autant, se collant encore plus à moi. J'étais perdue entre l'envie de croire que Maura était amoureuse de moi et la vérité qui était qu'elle était amoureuse de Caitlin Thomas, j'étais partagée entre la volonté de la garder dans mes bras et le désir de l'aider à construire son bonheur, peu importe que ce bonheur ne soit pas avec moi. Je devais trouver la force d'accepter la décision de Maura.
- Je ne veux pas te perdre Jane, je ne veux pas que quoique se soit change entre nous maintenant que Caitlin est hors de danger.
- Maura, tu ne me perdras pas, je resterais à tes côtés aussi longtemps que tu voudras de moi.
- Tu veux bien m'emmener voir Caitlin ?
- Non, je n'ai aucune envie de t'emmener voir ta petite amie, dis-je en déposant un baiser sur sa tempe. Mais si c'est ce que tu désires, si tu as besoin de moi à tes côtés alors c'est la que tu me trouveras.
Le docteur Isles se sépara de moi pour se lever et m'embrassa sur les lèvres.
- Attends-moi ici je reviens, sur ces mots elle se dirigea vers la porte de son bureau et sortit.
Je dois avouer qu'à partir de là mes souvenirs sont un peu nébuleux. J'ai mener la fin de l'enquête dans un état second laissant mes réflexes de policiers prendre le relai, aidé de Korsak, Frost, de mon frère et ma mère pour revenir sur terre. Je pense que mon esprit a tenté de me protéger de la douleur à sa façon… Enfin Maura pourrait vous expliquer cela mieux que moi en vous citant Freud, Jung ou un quelconque autre psychanalyste. Je me souviens avoir glisser le dossier concernant Mary Steward dans une pochette que je pris avec moi lorsque Maura vint me chercher pour que je l'accompagne à l'hôpital. Et comme si la vie n'était pas assez machiavélique avec moi, mon amie me demanda de rester à l'attendre, ce que j'acceptais à la seule conditions que se soit dans la voiture, je ne supportais pas d'entrer dans un hôpital à attendre la femme de ma vie alors qu'elle était au chevet de sa petite amie inconsciente. Bien sûr ce ne fut pas l'explication que je lui donnais, je l'ai persuadée que je serais plus au calme dans la voiture pour étudier les différents profil que nous avions et peut-être que parmi toutes ces description je trouverais des éléments qui m'aiderait à me rapprocher du tueur, au vu des dernières erreurs qu'il ou elle avait commises lors de ses deux derniers crimes. J'accompagnais Maura jusqu'à la chambre de l'agent Thomas.
- Tout va bien se passer, tu verras, Caitlin est une battante elle s'en sortira et je serais là pour toi.
- Je sais qu'elle va s'en sortir, mais nous Jane, est-ce qu'on va s'en sortir ?
- Je ne sais pas, mais tout ce que je peux te promettre c'est que je ferais tout pour que nous nous en sortions.
- Tout ?
- Oui, tout mon possible.
Maura vint se blottir dans mes bras en soupirant de soulagement.
- Merci Jane.
Je la laissais quitter mes bras et se diriger vers la porte de cette maudite chambre. Je me forçais à rester et le regardais rentrer lorsqu'elle se retourna.
- Je te retrouve tout à l'heure dans la voiture ? demanda-t-elle inquiète.
- Oui, je t'attends dans la voiture comme promis.
Je suis retournée dans la voiture et j'ai sorti le dossier de la victime numéro deux, Mary Steward, j'ai commencé par rechercher les lettres qu'elle avait écrite à cette mystérieuse Lionne. Je trouvais les deux premières lettres que j'avais déjà lues, puis quelques textes que je pris le temps de découvrir, le style était quelque peu différent des lettres d'amours, ce qui me sembla normal puisque les lettres étaient plus personnel que les autres textes. Je m'apprêtais à relire le rapport du médecin légiste, sachant pertinemment que je ne trouverait rien lorsque je vis une feuille qui semblait dépasser du dossier. Il s'agissait d'une nouvelle lettre, mais contrairement aux deux précédentes qui sortait d'une imprimante, celle-ci était manuscrite. L'écriture me semblait familière, sans doute parce j'avais déjà vu des échantillons de l'écriture de la jeune femme. Je ne pus résister à l'envie de lire cette nouvelle lettre, peut-être y trouverais-je les premiers indices pour découvrir cette mystérieuse jeune « Lionne ».
« Ma Lionne,
A nouveau je t'écris tout ce que je ne peux te dire. Nous nous sommes embrassées, nous nous sommes aimées. Je sens encore la douceur de tes lèvres sur les miennes, de tes caresses sur mon corps. Je ne peux plus le nier, je t'aime, je suis inconditionnellement, irrémédiablement, totalement amoureuse de toi. Et toi, que ressens-tu pour moi ? M'aimes-tu ? Ne suis-je pour toi qu'une expérience ? Une amie avec avantage ? J'ai tellement peur de la réponse que tu me donnerais que je me refuse à te poser la question, alors je profite… non, j'abuse de toutes ces choses que nous partageons. De ces caresses lorsque tu prends ma main. Tout est prétexte pour que je t'enlace te provoquant de mille caresses et baisers pour t'attirer de nouveau dans mes bras, dans mes draps. Parfois c'est toi qui veut réveiller mon désir, dans ces moments là je me prends à rêver que tu es amoureuse de moi et que nous sommes un couple. Si je pouvais te faire comprendre combien je souffre lorsque la réalité frappe mon cœur. Je t'aime, je ne veux plus de cette femme qui n'est pas toi, je ne veux plus de ses bras quand je ne rêve que de toi. Je ne veux plus te soutenir alors que tu souffres par la faute de celui que tu aimes et qui est parti loin de toi. Je veux t'offrir ce bonheur auquel tu as droit. Je veux être celle qui t'aidera à le construire jour après jour. Je rêve de ce moment qui te fera réaliser que je suis celle que tu veux dans ta vie, dans tes nuits. Tu dis que tu veux mon bonheur, ce bonheur se trouve dans tes bras, dans ta vie. Mon bonheur c'est de t'avoir dans mes bras, de te voir réaliser que tu ne peux vivre sans moi. Mon bonheur c'est de vivre avec toi, à découvrir ce que tu aimes, vivre avec toutes ces petites imperfections qui font de toi la personne parfaite que je cherchais sans même le savoir. Nous devons parler de ce nous auquel je rêve et dont tu nies l'existence. Nous devons parler avant que mes sentiments ne m'étouffent, pourtant je ne dirais rien car je ne peux t'obliger à tomber amoureuse de moi. Je ne peux t'obliger à m'aimer, je dois me contenter d'être l'amie que je ne veux plus être. Je dois vivre avec ce rôle que j'exècre chaque jour un peu plus et pourtant je n'aurais pas d'autre place dans ton cœur et dans ta vie.
Je t'aime et cet amour me tue un peu plus chaque jour. J'ai beau essayer de t'oublier dans d'autres bras, jour après jour, nuit après nuit, mon amour pour toi s'épanoui. Dieu sait que je fais de mon mieux pour tuer cet amour à sens unique, cet amour que tu ne ressens pas pour moi. Quel terrible paradoxe, plus je partage les nuits de cette femme, plus je t'aime et plus je m'en veux de ma lâcheté. Je t'aime d'un amour qui ne me laisse presque aucun répit, si ce n'est lorsque je suis dans tes bras. »
La lecture de cette lettre faisait écho à mes sentiments, à la situation que je vivais avec Maura. J'aurais pu être l'auteur d'une telle lettre.
Bonjour, je soupçonne que nombre d'entre vous devez me détester, mais que voulez-vous je me suis demandée combien d'entre nous c'était trouvé à la place de Jane, être amoureuse d'une personne qui n'est pas libre, que les sentiments soient ou non réciproques ? Alors, qu'auriez-vous fait si vous aviez été Jane Rizzoli ?
La vie peut parfois se montrer cruelle, mais c'est la vie et malgré les obstacles on ne cesse d'avancer. La vie n'est ni blanche, ni noire et surtout pas rose. Elle n'est pas toujours ce que l'on souhaite mais il ne faut jamais cesser de lutter. Je crois que les évènements que nous vivons n'arrivent jamais par hasard. Personnellement je ne crois ni au hasard ni aux coïncidences, je crois que le destin fait en sorte de nous remettre sur le chemin qui est fait pour nous, même si nous avons tendance à prendre de nombreux détours. L'univers entier s'arrangera toujours pour arriver à son but et mettre sur notre chemin des guides qui nous feront grandir. Il existe une légende qui dit que notre âme soeur se trouve à l'autre extrémité d'un fin fil rouge qui est attaché à notre petit doigt, tentez de saisir ce fil et voyez où il vous mènera.
Et même si je me répète, qu'auriez-vous fait si vous aviez été Jane Rizzoli ? J'attend vos reviews pour connaitre vos réponses.
