Me revoilà, 10 mois après mon dernier chapitre ... Oui oui, j'ai honte. Heureusement, certains irréductibles reviewers ont continué à mettre des reviews sur cette fiction, m'incitant à m'y remettre, petit à petit.
Je dois aussi vous dire que ce chapitre est écrit depuis plusieurs mois, mais que j'ai tardé à le publier parce qu'il ne me plaît pas. J'avais une idée précise de ce que je voulais faire pour ce chapitre, dans lequel Rosier aurait dû intervenir, mais hélas ce sera pour le prochain chapitre.
Je sais aussi que ceux qui lisent la -future- trilogie (puisque nous n'en sommes qu'au deuxième tome) de Celles qui, doivent avoir l'impression que je délaisse mes fictions personnelles pour celles en collaboration et j'en suis désolée. Il est simplement plus facile de travailler avec une autre personne, et c'est plus productif. Sans compter le fait que Fleur de Pêcher n'est pas mon seul écrit, j'ai d'autres fictions (dont certaines ne sont même pas publiées sur ce site) et un début de roman à travailler. Et comme je l'ai déjà dis plusieurs fois, je suis tellement attachée à Tania et son histoire (ce sont un peu mes bébés) que j'ai peur de les gâcher.
Néanmoins, je tenais vraiment à vous remercier du fond du coeur pour votre soutien, même après tout ce temps. Vous n'imaginez pas combien je vous adore ! Merci à ceux qui me lisent et merci surtout à ceux qui prennent le temps de me donner leurs avis ! Merci à Ecleli, SallyWolf, lolahg, miss-sawyer, Charlotty, Miss Virginie, EllieFowl, ElishaJ, Kervana, mimi70, SunPotion, Didi-Fan-Anonyme, MilaRukie (qui utilise notre compte commun mais passons) et nyfa ! Vous êtes tous(tes?) extraordinaires !
Réponses aux reviews anonymes :
Didi-Fan-Anonyme : C'est le genre de review qui me donne vraiment honte de moi, tu sais, ce que tu me dis. Je suis d'autant plus triste que je ne peux pas te prévenir lorsqu'un nouveau chapitre arrive et que je ne peux pas t'en vouloir de ne pas vérifier ma fiction tous les mois, connaissant mon rythme lent de publication. Ca me touche vraiment de savoir l'état dans lequel te mets ma fiction, car ça m'est déjà arrivé d'être comme ça après avoir lu un livre palpitant. J'avais du mal à m'en remettre, à revenir à la réalité. Alors savoir que tu ressens ça pour cette fiction sans prétention, ça me fait chaud au coeur. Tu me remercies de publier pour vous, et bon sang, c'est MOI qui vous remercie, te remercie, pour tout ce que vous m'apportez. Je suis désolée de savoir que ça n'allait pas fort pour toi en août dernier et d'autant plus désolée de ne pas avoir pu te répondre à ce moment-là. Je ne pensais pas que Fleur de Pêcher pouvait apporter de la joie à qui que ce soit, car c'est une fiction plutôt sombre, mais je suis heureuse si elle a pu, au moins un peu, t'aider à te sentir mieux, l'espace de quelques instants. J'espère vraiment de tout coeur que tu puisses lire ces remerciements, car ils sont sincères.
SallyWolf : Coucou et bienvenue sur cette fiction ! J'espère que tu repasseras par ici pour voir qu'il y a un nouveau chapitre. Je ne peux qu'imaginer ta tête en effet le lendemain si tu as tout lu en une nuit ! Je dis chapeau bas. Ensuite merci beaucoup pour le compliment sur les personnages, j'essaie de faire en sorte qu'ils soient tous réalistes et qu'ils aient tous une personnalité propre, alors je suis heureuse que tu les apprécies ! Même si on ne voit pas Evan dans ce chapitre, j'espère que tu reviendras et qu'il te plaira !
Je vois essayer de faire un gros résumé de la fiction pour vous remettre dans le bain !
Fleur de Pêcher est l'histoire de Tania, une jeune née-moldue, qui est dans la maison Serdaigle. La jeune femme perd malheureusement une de ses proches amies, Cérès, est ivre de vengeance fait une alliance avec Evan Rosier. Ce dernier doit l'entrainer au combat pour le rendre capable de tuer le meurtrier de son ami, en échange de quoi, Tania doit réussir à traduire les runes gravées sur un étrange cristal, ayant le pouvoir d'absorber la magie. Au cours des premiers mois de sa sixième année, elle se rapproche de James Potter, de Sirius Black et de Jeana Lewis, mais aussi de Kyle Ross avec qui elle finit par sortir. Mais ce dernier est un sang-pur et beaucoup de chose les sépare. Néanmoins il est sincèrement amoureux d'elle. Pourtant, Tania ne peut s'empêcher d'éprouver des sentiments à l'égard de Rosier et quand, enfin, elle pense que son affection est réciproque, elle apprend qu'il est fiancé depuis plus d'un an à ce qu'il semble être la jeune femme parfaite. Par ailleurs, Lynn, la cousine de Rosier et celle qui l'a mise en contact avec lui, lui demande de but en blanc de quitter Kyle, à qui elle est promise depuis son enfance. Tania, abattue et peinée par tous ses évènements, retrouve finalement du réconfort auprès de son ami Stephan, comprenant enfin que ce dernier est désespérément amoureux de sa meilleure amie, Rosalie.
Et je vous laisse sur ces mots en vous souhaitant une bonne lecture !
CHAPITRE XXXIV
Cauchemar et réalité
Je me souviens encore du regard qu'il m'a lancé et de ce que j'ai pensé alors.
Je goûtais pour la première fois à la tentation de lancer un oubliette.
Pas seulement pour ne pas affronter sa douleur et ses reproches mais pour le libérer de son amour, de sa peine et de sa colère.
Mais je n'ai pas sorti ma baguette.
Parce que, égoïstement, je ne voulais pas qu'il oublie les moments que nous avions passé ensemble. Notre relation avait peut-être manqué de passion, mais ça ne nous avait pas empêché de vivre de beaux instants. Je ne voulais pas l'en priver, même si y repenser lui était douloureux.
Mais surtout, je ne pouvais pas lui lancer ce sort, car ça aurait été la pire des lâchetés. Je lui avais fait du mal et j'avais fait des erreurs. Ça aurait été trop facile de faire comme si rien de tout cela n'avait existé.
Kyle était en droit de me faire souffrir à son tour et je n'avais pas le droit de l'en priver.
Je me suis réveillée, ce matin, dans un sursaut d'angoisse et le cœur battant à tout rompre. Quel rêve affreux, songeais-je, appuyée contre le lavabo de la salle de bain, les jambes encore tremblantes.
Je m'étais endormie, la veille, l'esprit agité de décisions à prendre. Je ne me doutais pas que mes angoisses viendraient me hanter jusque dans mes songes. Mon rêve avait pourtant bien débuté. J'étais dans un jardin, pied nus et les cheveux bougeant doucement avec une brise printanière, profitant du soleil et des rayons chauds sur ma peau, quand un nuage noir s'était avancé. Je réalisais seulement à cet instant que je me trouvais dans le jardin des Tournevel. Une pluie battante s'était mise à tomber et, malgré moi, je courrais vers l'intérieur du manoir.
C'est là que l'horreur avait commencé. J'avais ouvert la porte d'entrée, étrangement déverrouillée, dans un grincement sonore qui me fit courir un frisson le long de ma colonne vertébrale. Tout était plongé dans la pénombre et je n'entendais que le bruit de la pluie et du vent qui frappaient les carreaux des fenêtres, alors que j'avançais d'un pas hésitant dans le couloir principal de la demeure. Pas âme qui vive. Seulement cette entêtante odeur métallique qui me prenait à la gorge. L'odeur du sang, réalisais-je en poussant la porte du séjour, alors qu'un hurlement strident passait mes lèvres, en voyant les corps démembrés de la famille Tournevel.
Je hurlais encore et encore, tandis que mon estomac se soulevait pour rendre son contenu, face à la tête de Cérès, posée sur la table basse et figée à jamais dans une expression d'horreur. Je sentis alors des mains me saisirent violemment les bras, pour me redresser. À travers mes larmes d'horreur, je reconnus les masques des mangemorts.
Mon corps avait réagi avant mon esprit, et je ne sais comment, j'étais parvenu à me défaire de leurs emprises, courant à perdre haleine dans cette maison si familière, renversant les meubles sur mon chemin pour entraver la course de ceux qui me traquaient. Je chutais plusieurs fois, dans ma précipitation, et j'entendais leurs pas se rapprochaient de plus en plus. Je tournais la tête pour voir où étaient mes poursuivants quand mon corps s'abattit sur un autre.
- Doucement, sang-de-bourbe, tu vas te faire mal, si tu continues …
- Rosier ?! … Rosier ! Les mangemorts, criais-je, ils sont là ! Ils vont nous tuer, il faut sortir ! Lui dis-je en lui prenant le bras pour l'attirer vers la sortie.
- Allons, Tania, souffla-t-il doucement, tu ne serais pas en train de … perdre la tête ? Dit-il avec un sourire horrible sur les lèvres qui me fit reculer d'un pas.
Une nouvelle nausée me prit, que je réprimais aussitôt. Un éclat argenté attira mon attention et je le regardais, horrifiée, réalisant qu'il tenait dans sa main droite le masque métallique des mangemorts.
- Non … Non ! Criais-je en tentant de m'enfuir à nouveau.
Mais il me saisit violemment le bras et nous fit transplaner dans un endroit plus lugubre encore.
- Que .. Où sommes-nous ? Qu'est-ce que tu comptes faire ?! Lâches-moi ! Lâches-moi ! Hurlais-je en me débattant alors qu'il me traînait de force dans différentes pièces, où je croisais plusieurs mangemorts.
J'aperçus alors dans le coin de la pièce -un salon- Liliane Barthelemy et une jeune adolescente aux cheveux aussi sombres que ses yeux. Je devinais immédiatement l'identité de celle qui se trouvait auprès de la fiancé de Rosier. Morgane. La soeur cracmol d'Evan.
- Viens, Morgane, souffla Liliane en entraînant la jeune fille vers la sortie. Ça ne va pas être joli à voir …
- On … On est chez toi ? Ne pus-je m'empêcher de demander à Rosier, dos à moi, en m'interrogeant sur les raisons de ma présence ici.
- Oui.
- P-pourquoi ?
- Mon grand-père veut punir de ses mains celle qui lui a dérobé son cristal en jetant un imperium à ses petits-enfants, expliqua froidement Rosier sans me regarder.
- Mais je n'ai rien fait ! Protestais-je. Je suis innocente ! C'est Lynn et toi … Vous m'avez piégé ! Je suis innocente ! Aidez-moi ! Au secours ! Paniquais-je soudain en me débattant de plus belle.
- Tais-toi donc, tu me donnes mal au crâne, lança une voix depuis la porte.
La voix me statufia sur place. Je redressais la tête vers son propriétaire, surprise d'abord, puis soulagée de sa présence ici.
- … Kyle ? Kyle ! Aide-moi ! Je t'en prie, je suis innocente ! Je n'ai rien volé, je te le jure ! C'est Rosier, il m'a trompé !
J'arrêtais de crier en voyant Kyle avancer vers moi, sans l'ombre d'un sourire ni une lueur d'amour dans les yeux. Mon soulagement s'éteignit aussitôt en discernant de la haine dans son regard. Jamais encore il ne m'avait fixé d'une telle façon ... Que se passait-il ?
- Mensonges que tout cela ! Siffla-t-il.
- Kyle … Qu'est-ce-que tu dis ? Soufflais-je en écarquillant les yeux, perdue et blessée par son comportement.
- Une menteuse, une voleuse, et si Evan ne t'avait pas arrêté, une meurtrière !
- Quoi !? Non ! Je n'ai rien volé et je n'ai fait de mal à personne ! Kyle ! Je te donne ma parole, c'est la vérité ! Je t'en prie, il faut que tu me crois, je suis innocente ... Kyle ! Criais-je en le voyant me tourner le dos.
- La vérité ? Ricana-t-il en se tournant enfin vers moi, un rictus horrible aux lèvres. Quand as-tu jamais dit la vérité ? C'est la vérité de me laisser t'aimer quand tu embrasses un autre dans mon dos ? La vérité …
Il eut un rire qui me glaça le sang alors que je le fixais, horrifiée et muette.
- Tu ne sais que mentir, Tania ! Tu le fais depuis le début ! Tu mens sur ta famille ! Tu mens sur ton école ! Tu mens à tes amis ! As-tu jamais dis la vérité dans ta vie, Tania ?
Je ne cherchais même pas à savoir comment il avait su pour ma famille et les mensonges que j'avais pu dire à l'entourage de mes parents. Tout ce qui me venait à l'esprit, c'est le flot de mensonges qu'était ma vie. Le sentiment que j'allais finir par m'y noyer, inexorablement. Pourtant, je n'avais jamais eu de mauvaises intentions ... Ou peut-être que si ... Je ne savais plus. Mais il fallait tout de même que je lui explique, qu'il comprenne !
- Je … Je n'avais pas le choix … Je voulais … simplement ... recommencer ma vie … Je voulais … juste … venger Cérès et ne pas te … perdre …
- Trop tard. Beaucoup trop tard … Evan, ton grand-père est d'accord, tu peux lui couper la tête, conclut-il en s'éloignant alors que mes yeux s'écarquillaient.
Quoi ?! Non ! Je tournais mes yeux vers ceux, sombres et vides, du jeune Rosier, avant d'apercevoir l'éclat glacé de la hache, filant à toute vitesse vers mon cou.
- Tania ? Lança soudain la voix de Phoebe de l'autre côté de la porte. Tout va bien ? Ça fait un moment que l'eau coule …
Je sortis de mes morbides pensées avant de fermer nerveusement le robinet d'eau, prenant auparavant une petite quantité dans mes mains pour m'en asperger le visage une dernière fois.
- Ça va, Phoebe, merci … Ça va, répétais-je, pour me convaincre moi-même.
Ce cauchemar, affreux et stupide, n'était que le reflet de mes angoisses. L'anniversaire récent de Cérès m'avait fait repenser à l'horreur qui s'était produit en septembre et Rosier, bien malgré moi, m'accaparait l'esprit. C'était des choses auxquelles je ne pouvais rien. En revanche, il y avait un point que je pouvais remédier.
Il me fallait dire la vérité à Kyle. Ou, du moins, lui dire que notre relation ne pouvait pas continuer. J'allais finir par perdre la tête si je continuais à vivre dans tous ces mensonges. Et il fallait que je lui parle avant la fin de la semaine. Je ne pouvais pas concevoir de passer ma St-Valentin avec lui. Et il n'y avait rien de plus horrible que d'être quitté le jour de la fête des amoureux. Il me restait donc trois jours pour prendre mon courage à deux mains et me préparer psychologiquement. Trois jours …
Je m'étais installée en haut de la tour de divination, dans l'espoir vain que personne ne me trouve jamais. J'eus un rire amer. C'était mal connaître Kyle. Avant ce jour, je ne l'avais jamais vu aussi déterminé. Sans doute Rosalie lui avait-elle mis la puce à l'oreille en lui disant que je me comportais d'une façon étrange. Chère Rosalie ... Ne pouvait-elle pas se mêler de ses affaires ? J'étais injuste, bien sûr, et je n'en voulais pas vraiment à ma meilleure amie. Mais j'étais agacée d'avoir constamment quelqu'un sur le dos en ce moment. J'avais constamment l'impression d'étouffer et tous leurs bons sentiments me donnaient la nausée. Évidemment plein de sollicitude, Kyle avait décidé que c'était son rôle de veiller sur moi, de me rassurer, me consoler ...
Le pauvre n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait. De ce qui me rongeait. Ou peut-être qu'au contraire, une part de lui savait et ne supportait plus de repousser éternellement une discussion que nous aurions dû avoir depuis bien longtemps. Il s'installa dans mon dos, faisant passer ses bras autour de moi pour s'appuyer contre le garde-fou qui nous empêchaient de tomber dans le vide.
Je déglutis en repensant à mon rêve. Serait-il assez furieux pour me jeter dans le vide ? Une part un peu sadique de moi l'espérait, parce que je m'en voudrais moins à moi-même de lui faire du mal en lui donnant la possibilité de m'en faire à son tour ...
- Dis-moi ce qui se passe, Tania ... Tu sais bien que tu peux tout me dire, murmura-t-il dans mon cou.
J'aurais voulu lui dire que justement, non. Je ne pouvais pas tout lui dire. Au contraire, je devais lui dire la vérité, tout en continuant de mentir. Merlin, cela ne finirait donc jamais ? Était-ce un cercle sans fin ? Chaque mensonge en entrainant dix de plus ... Quand étais-je même devenue si bonne comédienne pour que plus personne n'y prête attention ? J'eus un rire amer, qui interpella sans doute Kyle, bien qu'il n'en dit rien. Ma mère serait tellement fière de moi ! Pensais-je avec ironie.
- Tania ...
- Lâches-moi, sifflais-je soudain d'une voix si basse qu'il ne m'entendit pas.
- Parles-moi, Tam. Je ne supporte pas de te voir comme ça ... Tu n'es plus que l'ombre de toi-même depuis notre retour à Poudlard ... On s'inquiète tous, tu sais !
Je pris une plus forte respiration, tentant de faire disparaître le poids qui m'oppressait la poitrine et la boule que j'avais dans la gorge.
- Lâches-moi, Kyle, répétais-je plus fort, le surprenant certainement puisque je sentis sa prise s'affaiblir.
J'en profitais pour me dégager de son emprise et m'éloigner de lui de quelques pas. Il me regardait avec incompréhension. Alors qu'il faisait un pas vers moi, j'en faisais un en arrière. Ne t'approches pas, ne me touches pas, suppliais-je dans ma tête. Je n'étais pas sûre de résister à ses caresses, à sa douceur. Bien sûr, il le prit comme une marque de rejet, de dégoût, peut-être. C'était très bien ainsi, malheureusement.
- Tania ... A quoi tu joues ?
- Je ne joues pas, affirmais-je en me forçant à le regarder dans les yeux. Je ne veux plus que tu m'approches, c'est tout.
- Mais ...
- Ta présence, coupais-je, ne m'est plus nécessaire. Tu ... Tu n'as jamais été qu'un moyen de me sentir aimée, Kyle, mentis-je avec aplomb et une indifférence dans la voix qui me firent horreur. J'avais besoin d'attention après la mort de Cérès et tu me l'as donné mais je me rends compte aujourd'hui que ... c'est bon. Je me suis remise de tout ça, continuais-je en faisant un large mouvement du bras. Je n'ai plus besoin de toi.
- Tu mens ! S'exclama-t-il en avançant vers moi, posant ses deux mains sur mes épaules. Arrêtes de mentir, Tania ... Je ne sais pas pourquoi tu fais ça, mais si c'est Rosier ...
- Tais-toi ! Criais-je, ne supportant pas d'entendre son nom dans sa bouche. Ouvres les yeux, Kyle, par Merlin ! Tu refuses de le voir depuis des semaines ! A chaque fois que j'essaie de t'en parler, tu trouves un moyen de fermer les yeux ! Ça suffit maintenant ! J'en ai assez ... Je suis fatiguée de faire semblant, soufflais-je durement. Je ne veux plus de toi ! Je ne sais même pas si je t'ai seulement une fois désiré !
- Tu mens, répéta-t-il avec moins de conviction et je le sentis notamment par sa prise sur mes épaules qui se relâchait. Je ne te crois pas ... Ce n'est pas vrai. On s'aime. Tu le sais, n'est-ce-pas ? Je ne sais pas ce qui t'arrive, si tu as reçu un sort ou ...
Si mon coeur n'était pas déjà en mille morceau, cette discussion et les yeux perdu, blessé et désespéré de Kyle ne manqueraient pas de l'achever.
- Qu'est-ce que je dois dire pour que tu comprennes, Kyle ? Coupais-je. C'est fini entre nous ! Et pas à cause d'un sortilège, d'une potion ou de-je-ne-sais quels prétextes qui te viennent en tête !
- Je ne te crois pas, murmura-t-il en secouant la tête, obstiné.
- Je suis amoureuse de quelqu'un d'autre, depuis des mois ! Criais-je en espérant qu'il ne remarque pas mes yeux brillant de larmes contenues.
Il fit un pas en arrière, sonné alors que la colère et la haine s'allumaient enfin dans ses yeux.
- Tu n'as jamais été qu'un moyen de l'oublier ... Mais ça n'a pas fonctionné, quand tu m'embrasses, c'est à lui que je pense. Quand je te regarde, c'est pour te comparer à lui. Il est partout autour de moi, Kyle, et tu ne peux rien y faire. Alors autant arrêter là, déclarais-je finalement en détachant le collier de perles qu'il m'avait offert à Noël pour le lui mettre de force dans les mains.
Je m'éloignais vers la porte avant de dire ou faire quelque chose qui ruinerait les efforts que j'avais dû faire jusque là pour me montrer la plus odieuse possible. Pourtant, que Merlin m'en soit témoin, je n'avais qu'une seule envie : le prendre dans mes bras et le supplier de me pardonner. Mais je ne pouvais pas. Je ne devais pas.
- M'as-tu jamais aimé ? Souffla-t-il, dos à moi, un sanglot perceptible dans la voix. N'ai-je jamais eu une place dans ton coeur ?
Je descendis les escaliers sans lui donner de réponse, consciente du mal que je venais de lui infliger. Titubant dans les couloirs, marchant d'un pas incertain vers un endroit inconnu, même pour moi, je finis par m'effondrer au pied d'une statue, des hoquets traversant mon corps alors que je mordais rageusement mes lèvres pour ne pas pleurer. Une part de moi en voulait à Kyle d'avoir cru ne serais-ce qu'un seul de mes mots. Ne me connaissait-il pas mieux que ça ? Comment avait-il pu croire que j'étais capable d'une chose pareille ?!
Et pourquoi la boule dans ma gorge et mon estomac ne partait-elle pas, par Merlin ?!
- Tania ? Appela une voix familière dans le brouillard environnant. Tam ?
- Désolée ... J'suis désolée ... Marmonnais-je en boucle d'une voix inaudible, inconsciente des mains sur mes épaules qui me secouaient de toutes leurs forces.
J'avais envie de vomir. La partie rationnelle de mon esprit rejetait la faute sur la personne en train de me secouer comme un poirier. L'autre savait. Je me dégoûtais juste moi-même. Mon corps entier se rebellait contre ce que je venais de faire.
- Elle est pas un peu blafarde, là ? Si elle veut devenir la nouvelle Dame Grise de Serdaigle, elle est sur la bonne voie ! S'exclama une seconde voix.
- Ce n'est pas amusant, Sirius, soupira une petite voix féminine, exaspérée.
- Oh allez, Jeana, où est passé ton humour ?
- Tu peux la porter, James ? Je crois qu'elle a besoin d'aller à l'infirmerie ! Lança la jeune gryffondor, ignorant complétement la remarque de son ami.
- Euh ... Tu veux pas le faire Sirius ? Elle a l'air sur le point de gerber ...
Il n'avait pas tort. J'avais une sueur glacée dans le dos depuis la venue de Kyle dans la tour et mon estomac était si crispée qu'il rejetait toute la nourriture que j'avais pu ingurgité à midi. Mais je n'eus pas à écouter longtemps le débat qui avait lieu pour savoir qui allait prendre le risque de me porter dans l'antre Mrs Pomfresh, car je me sentis perdre pied avec l'extérieur, d'abord. Puis avec mon propre corps. Plus de douleur, de nausées. Plus de Kyle. D'Evan. Seulement une impression de perdre prise. De flotter entre conscience et inconscience. Plus rien n'avait d'importance. Ni mes amours, ni mes mensonges. J'étais libre de tout ça.
Enfin.
A la tristesse de le perdre, j'ai préféré la douleur de nous briser.
Je suis faible. Si je l'avais laissé m'aimer, en le quittant gentiment, dans mes moments de doute, de peine … Il se serait certainement montré prévenant avec moi et … même si je déteste l'admettre, j'aurais certainement cédé à la tentation de retourner avec lui.
En attisant sa colère, en lui laissant ses souvenirs, en brisant tout ce qu'il y avait eu de beau entre nous … Je le forçais à tourner la page. Même s'il devait me détester pour cela. C'était la meilleure chose que je pouvais faire pour lui.
Aujourd'hui, je me rends compte que c'était la plus belle preuve d'amour que je lui ai faite. Même s'il ne s'en rendait pas compte.
Je l'aimais assez pour accepter d'être détestée.
Je l'aimais assez pour le perdre à jamais.
Je t'aimais, Kyle. Pardonnes-moi ...
