Bonjour, alors je ne ferai pas une si grande intro que d'habitude pour le simple fait que je n'ai qu'un grand merci à dire à tout le monde pour l'acceptation de mon choix. J'espère toutefois ne pas décevoir les attentes que vous pouvez avoir.
Mais en tout premier, comme toujours, un grand merci pour son soutien à ma Bêta Demoisel, comme toujours notre collaboration est un grand réconfort^^
Et encore, je salue tous les nouveaux lecteurs qui arrivent toujours, merci de me suivre dans cette aventure.
CHAPITRE PRECEDENT : Je les regardai une dernière fois, un léger sourire aux lèvres. C'était ce que je voulais, mais c'était quand même étrange de me dire que je n'allais plus être comme eux à présent.
« Tu es prêt ? »Demanda Carlisle, et j'acquiesçai sans même y réfléchir.
J'étais prêt à passer le reste de ma vie avec celle que j'aimais.
Bonne lecture
35-Souffrances
CARLISLE POV
Le jet nous avait déposés sur un des terrains les moins accidentés du coin, mais nous avions encore à marcher pour rejoindre celui que nous cherchions, un de ceux que les Volturi avaient pourchassés pour hérésie. Un vampire qui croyait à la possibilité de redevenir humain.
Du coin de l'œil, je vis Edward regarder les alentours. Nos regards se croisèrent, et je savais qu'il n'y avait pas besoin de mots pour nous comprendre. Nous ressentions la même appréhension. Allions-nous réussir à trouver ces vampires qui connaissaient un moyen pour rendre humain un vampire ? Mon fils réussirait-il à atteindre son rêve de vivre avec Bella ?
« C'est à quatre-vingt-dix degrés Nord »Annonça le pilote, et j'acquiesçai.
Edward et moi avançâmes d'un même mouvement dans la neige, en direction de l'avenir.
Le silence s'était installé autour de nous quand je décidai d'interroger Edward
« L'as-tu dit à Bella ? »
« Non, je ne veux pas qu'elle sache au cas où… »
Il ne finit pas sa phrase, mais la peur que ça ne réussisse pas était palpable dans ses propos. Je me demandai ce qu'il voulait faire en premier quand nous serons rentrés
« Emmener Bella au restaurant sur la côte »Répondit Edward à mes pensées, et je m'étonnai d'avoir été si lisible pour lui. Il sourit, et je vis le bonheur inscrit sur ses traits.
« Je suis sûr que tout ira pour le mieux »
« Tu es toujours optimiste, Carlisle »Assura-t-il, quelque peu accusateur.
« Je n'ai pas besoin de lire l'avenir comme ta sœur pour savoir que cette rencontre avec Bella était le début de quelque chose de plus grand »Expliquai-je en m'orientant toujours plus vers notre objectif. A mes côtés, l'espoir illumina le visage d'Edward. Je souris et nous continuâmes à avancer, en silence.
Entouré par cette neige immaculée, je réalisai qu'en transformant Edward presque cent ans plus tôt, j'avais su qu'il ne serait pas éternellement à mes côtés. J'avais su qu'il serait un fils comme un autre, qui aurait besoin de s'éloigner pour aller vivre de son côté ce qu'il avait à vivre. Et j'en étais fier.
Bien sur, me dire qu'un jour, je n'allais plus l'avoir à mes côtés, qu'il ne serait plus avec nous, me rendait triste, mais c'était la tristesse fière que chaque parent ressent quand son enfant grandit.
Je souris à mes pensées, et vis la lumière d'une habitation à plusieurs centaines de mètres de là. Edward s'immobilisa une seconde, j'attendis qu'il se reprenne et posai une main de soutien sur son épaule. Il croisa mon regard avec ses yeux inquiets.
J'agrandis mon sourire, et hochai la tête.
Son regard passa de l'habitation, à moi, puis il redressa les épaules, et repris son avancée.
Il était convaincu par ce qu'il faisait.
EDWARD POV
Je n'avais pensé à rien de spécial le temps que notre marche avait duré, seulement conscient de l'assentiment de Carlisle.
Mais en arrivant devant cette lumière, j'eus sous les yeux toutes les choses que je rêvais de faire en tant qu'humain. Il y avait tant de choses que je n'avais pas faites que ça me rendait presque ivre devant l'abondance qui s'offrait à moi.
La main de Carlisle sur mon épaule calma quelque peu mes pensées, et je n'eus qu'une seule image sous les yeux. Celle de Bella souriante.
En avançant d'un pas décidé vers cette lumière, j'embrassai avec plaisir ce qui m'y attendait.
'Approchez mes petits, tonton va vous dire sa façon de pensée de venir troubler mon repos' Pensa le vampire alors que nous étions à portée de voix.
« Il n'a pas l'air réjoui d'avoir de la compagnie »Prévins-je Carlisle qui hocha la tête, en signe qu'il avait noté l'information.
Alors, il ralentit ses pas, et j'en fis de même.
« Je suis Carlisle Cullen »
« Rien à faire, passez votre chemin »Répondit notre interlocuteur sans ouvrir la porte.
« Nous souhaitons de simples renseignements »Continua Carlisle, imperturbable.
« J'ai la tête d'un mec des renseignements ? »S'agaça l'autre en ouvrant la porte et se postant, les bras croisés, sur le seuil.
« Vous êtes de ceux qui croient à la légende des vampires qui peuvent redevenir humain »Contra Carlisle ce qui déstabilisa notre hôte.
'C'est pas vrai, qui ?'
« Nous ne venons pas de la part des Volturi, je veux savoir si la légende est vraie »Expliquai-je alors qu'il hésitait, un pied à l'intérieur de sa maison.
« Et pourquoi tu veux savoir ça, mon gars ? »Il me regarda d'un air suspicieux. Je savais que si je ne disais pas la vérité, il nous enverrait sur les roses.
« J'aime une humaine »
« Mauvais plan, vieux »Me coupa-t-il, mais il ne se retourna pas non plus. Il était intrigué.
« Je ne peux pas rester vampire alors qu'elle est une humaine »Continuai-je en avançant d'un pas vers lui.
Il garda le silence puis se tourna vers Carlisle
« Il est malade, votre petit. Si jamais les Volturi l'apprennent… »
« Nous saurons faire face, de toute façon, une fois que ça sera fait, ils ne pourront plus rien »Carlisle se relaxa imperceptiblement, il sentait, comme moi, que le vampire en face de nous cédait à notre demande.
Le vampire nous regarda tour à tour, puis nous fit signe de le suivre à l'intérieur.
'Je fais une connerie, mais tant pis, au diable ces satanés Volturi'
« Asseyez-vous que je vous explique quelques petites choses »Nous dit-il. La maison n'était en fait qu'une grande pièce aménagée avec goût autour de l'espace salon où des fauteuils confortables étaient installés. Nous nous assîmes, et notre hôte commença « Je suis David, j'ai fait partie d'un groupe de gardiens à Voltera pendant plusieurs décennies. Et puis, au début du siècle, des rumeurs ont couru comme quoi un clan de vampires existait et était capable de rendre humain des vampires » Il s'interrompit, comme pour vérifier que son effet avait fonctionné sur nous. « Bien sur, Aro et les autres ont décrété que c'était une véritable fable. Un peu comme un conte pour enfant : si tu ne fais pas ceci, le grand méchant loup viendra te manger »Il se tut à nouveau, et j'étais prêt à lui tordre le cou pour le faire se dépêcher. Je savais que je n'avais pas tout mon temps.
'Impatient ?'Ironisa David, et je serrai les mâchoires.
« Existent-ils ? »Demanda Carlisle pour le ramener à ce qui nous intéressait.
« Bien sur ! »Et je sentis un poids s'envoler de mes épaules.
Soudain, j'étais euphorique, et encore plus impatient. Il devait se dépêcher. Il devait me dire où trouver ces vampires…Je devais retourner auprès de Bella et prendre en main notre avenir. L'aimer, la protéger…Lui montrer qu'un homme ne se réduisait pas simplement à Adrian, son ancien petit ami et violeur…Je savais que ma décision était aussi guidée par ça : je voulais lui donner un autre aperçu de ce que peut être un humain, qu'elle oublie que les humains tournent le dos facilement quand ils ne veulent pas voir ce qui se passe. Comme tous ses camarades l'avaient fait un an auparavant.
Je me forçai à revenir au présent, et écoutai la suite du récit de David
«…A mordu ces deux frères pratiquement en même temps, et ils n'ont jamais été entièrement vampires »
« Comment ça ? »Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas.
Il sourit, comme s'il s'adressait à un enfant.
« Ils peuvent se passer de sang pour être en forme, et ils n'ont jamais été venimeux »
« Comment se passe la transformation ? »
« Vous voulez dire l'inversion ? »Nous hochâmes la tête, attendant avec impatience sa réponse. « Ils se sont souvent amusés à mordre des humains, mais ne les ont jamais transformés. Et un jour, pendant un combat où ils étaient deux contre un vampire beaucoup plus fort, ils se sont protégés mutuellement »Il faisait exprès. Il prenait tout son temps et ne nous donnait les renseignements qu'au compte goutte…D'un seul coup, il se redressa, et demanda « Que m'offrez-vous si je vous dis ce que je sais ? »
« Nous vous assurons que les Votluri ne sauront jamais où vous trouver »Répondit Carlisle, et je fus soulagé qu'il pensât comme moi, même si c'était en d'autres termes. Personnellement, je lui aurais dit directement qu'il s'agissait de son existence qu'on lui laissait s'il disait vite ce qu'il savait.
David sembla peser le pour et le contre de notre proposition, puis se résigna à continuer son explication
« Leur adversaire a été mordu plusieurs fois par chacun d'entre eux…Il n'est pas mort, mais s'est plutôt réveillé, au bout de je ne sais trop combien de temps en humain »
Etre mordu par ces vampires était la solution. Je digérai l'information. Même si j'étais un vampire, la douleur des morsures répétées était quelque chose que j'évitais un maximum.
Je croisai le regard de Carlisle, il pensait à la même chose que moi. Mais je savais que j'étais prêt à endurer à nouveau la douleur de la transformation, qu'elle soit en vampire, ou en humain.
« Merci »Dis-je à David, et il grimaça
'On verra si tu dis la même chose tout à l'heure'
« Pas si vite, vous serez comme un humain, mais pas entièrement...Il y a évidemment des inconvénients »
« C'est-à-dire ? »
De toute façon, j'acceptai le risque encouru.
« Comme on garde certaines caractéristiques humaines en devenant un vampire. On garde des éléments de vampire en redevenant humain…Les deux frères qui sont responsables de ça, se sont amusés à expérimenter leur don et se sont rendus compte que ceux qu'ils mordaient gardaient un faible rythme cardiaque, l'un d'eux a même eu un problème sanguin avant d'en mourir » Carlisle cessa de respirer, alors que j'avais du mal à déglutir. « Toujours tenté ? »Se moqua David, et j'hochai la tête. Il tentait de m'effrayer, mais ça ne marchait pas.
« Où peut-on trouver ces deux frères ? »
« Ils vous trouveront avant que vous ne retourniez à la zone d'atterrissage »Fit-il, énigmatique.
BELLA POV
Je sortis des cours avec un sentiment de malaise. En fait, j'avais eu cette impression désagréable qui me tordait l'estomac pendant toute la journée. Comme si quelque chose allait se passer, ou alors comme si quelque chose n'était pas normale.
'Edward' Assura la petite voix dans ma tête, et je me frappai mentalement. Evidemment, Edward n'était pas en cours, puisqu'il y avait du soleil, et c'était étrange d'être seule à l'université, sachant que je n'allais pas le croiser au détour d'un bâtiment. La routine était brisée aujourd'hui…Et je me rendis compte que je n'étais pas convaincue. Je n'avais jamais prétendu avoir de l'instinct, mais cette fois, en montant dans ma toute nouvelle voiture, je sus que je n'allais pas aimer ce qui se tramait.
J'accélérai à peine sortie du parking du campus, et m'éloignai vers chez moi avec l'estomac au bord des lèvres. J'inspirai lentement, me concentrant sur ma conduite, tentant de me persuader que rien n'était arrivé.
Mais en passant la porte, ma tentative de persuasion tomba à l'eau et mon cœur s'arrêta dans ma poitrine.
« Esme ? »M'inquiétai-je en avançant jusque dans le salon.
Elle se tourna vers moi, un léger sourire aux lèvres.
« Bella, comme je suis contente de te voir »Me salua-t-elle en se levant, venant m'embrasser. Je répondis à son étreinte, et attendis une explication à sa présence. Comme rien ne venait, je demandai
« Il y a un souci ? »
« Pourquoi veux-tu qu'il y en ait un ? »Fit-elle, innocente.
« C'est pas génial ça ? On va aller faire les boutiques ! »S'enthousiasma Alice en passant un bras sous le mien.
Je lui lançai un regard noir en me dégageant.
« Ne le prends pas mal, Esme, seulement, ça m'étonne que tu aies traversé le pays pour venir faire les boutiques »
Alice et elle échangèrent un coup d'œil, et mon estomac se contracta encore plus.
« Calme-toi, Bella. Pas la peine de t'inquiéter »Recommanda Jasper en entrant dans la pièce, m'envoyant une onde de paix. Je combattis ce calme, et me tournai vers lui.
« Et pourquoi ne pourrais-je pas m'inquiéter ? Je rentre, Esme est là, et Edward n'est pas venu me voir ! »A peine avais-je dit cela que je paniquais, ce n'était pas normal…Il venait toujours m'accueillir. La routine était vraiment remise en question. « Edward… »
« Ne va rien imaginer, ma chérie. Edward est avec Carlisle pour quelques jours »Me réconforta Esme d'une voix douce.
« Pourquoi ? »Cette fois, la panique était dans tout mon corps. Je fermai les yeux, et les rouvris brusquement. « Quelqu'un va m'expliquer, ou je dois vous tirer les vers du nez ? »C'était la colère qui s'insinuait en moi.
Pourquoi Edward était-il encore parti ? Et pourquoi ne me l'avait-il pas dit ? Même un simple message m'aurait aidée à mieux vivre ce départ !
« Je vous avais dit qu'elle devait savoir »Commença Rose en nous rejoignant. Je me tournai vers elle avec espoir. De toute la famille, elle était celle qui comprenait le mieux mes réactions, elle devait me dire ce qui se passait.
« Rosalie »Prévint Alice, et je lui lançai un regard blessé. Pourquoi ne me disait-elle rien ? « Bella, ce n'est pas compliqué, Edward a des choses à régler avec Carlisle. Ils reviennent très vite, c'est promis »Continua-t-elle en approchant.
« Arrête »Exigeai-je en grimaçant. « Tu pourrais au moins faire en sorte d'inventer une bonne excuse ! »
Je me détournai d'eux avec impatience. Je devais me retrouver seule pour me calmer, et analyser la situation avec détachement.
« Bella »Appela Emmett au moment où j'arrivais devant la porte de son appartement. Je m'arrêtai et le regardai sans le voir. Il semblait mal à l'aise. « Ne nous en veux pas, on manque de pratique, c'est tout »
« Et la vérité ne me tuerait pas, Emmett »Répondis-je en sentant ma voix trembler. Malgré son air de comique, il était celui sur lequel je comptais pour remplir le rôle de grand frère.
« Peut-être pas…Mais, tu sais, ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort »Sourit-il, et malheureusement, c'était communicatif parce que je sentis que j'esquissais un sourire. « Tout ça nous paraitra bientôt comme une nouvelle étape dans la vie en communauté »Dit-il en posant une main réconfortante sur mon épaule.
Je me mordis la lèvre inférieure, et détournai le regard. Son attention était ce dont j'avais besoin, mais ça n'empêchait pas que j'étais encore en colère d'être mise à l'écart ainsi. Je levai les yeux sur lui, et ouvris la bouche
« Où est-il ? »
« Je ne peux rien te dire, Bells »Il paraissait gêné d'avoir à me répondre ça, et je me forçai à ne pas m'énerver contre lui en inspirant à fond.
Je ne répondis plus, et montai jusque dans mon appartement, au troisième étage de cet hôtel particulier qui m'avait paru une si bonne idée…
****
Le silence était étouffant.
En entrant dans l'appartement, l'air sembla me manquer. Je refermai la porte derrière moi, et y restai appuyée, le regard dans le vide. Je tentai de remettre de l'ordre dans mes pensées et dans mes sentiments. J'avais envie à la fois de me battre et d'aller dormir pour oublier.
De quel droit me privait-on d'informations concernant mon petit-ami ?
Et puis, pourquoi était-il parti comme ça ?
Que me cachait-on ?
« Raaah ! »M'agaçai-je en jetant mon sac sur les marches menant à la chambre.
J'allai dans le dressing, et dénichai un jogging et un t-shirt. J'enfilai le tout, relevai mes cheveux, et mis une paire de baskets avant d'attraper mon I-pod.
Je passai devant le salon au rez-de-chaussée sans y regarder, et partis en direction de la forêt à quelques mètres de là. Je ne savais pas ce que j'écoutais comme musique, je savais juste que ça rythmait mes pas entre les branches à terre et les feuilles mortes.
Ca faisait longtemps que je n'avais pas ressenti un tel regain d'énergie, alors j'en profitai. J'avançai sans faire attention à ma direction. Tout ce qui m'intéressait, c'était de courir, de bouger pour ne pas m'enfoncer dans les questions et inquiétudes.
Je n'étais pas d'humeur à penser pour le moment.
Mais bien sur, mon esprit n'était pas tout à fait unanime quant à la marche à suivre. Une partie de mon cerveau s'évertuait à fuir la réalité, alors que l'autre libérait toute la colère et la frustration que je ressentais.
Ils n'avaient pas le droit de m'écarter ainsi.
Ils avaient dit que j'étais de leur famille, mais dès le premier pépin, ils me remerciaient gentiment et ne voulaient pas de moi dans la confidence.
'Ils veulent te protéger' Les défendit la petite voix dans ma tête. Et je savais que c'était surement une de leurs excuses, mais tout de même.
J'accélérai encore en sentant que j'étais sur une côte, et l'effort que je fournis me permit de mettre un instant mes pensées de côté. Et je me concentrai donc sur le bien-être qui m'emplissait en courant.
Mais ce fut éphémère.
Mes pensées refirent violemment surface dans mon cerveau, me remémorant les moments que j'avais passés avec ceux que je considérais comme ma famille. Ces derniers temps, la bonne humeur était au rendez-vous, les plaisanteries fusaient dans tout l'hôtel. Et la veille, avec Edward, tout avait été parfait une fois que nous nous étions expliqués…
Je m'arrêtai brusquement.
Bien sur ! Sa réaction, à mon retour des cours, avait été le précurseur de son départ.
« Ce que je peux être bête »Dis-je à voix haute en tapant dans une branche morte à mon pied. J'avais senti que quelque chose clochait, et je m'étais laissée endormir par ses diversions…
Je retirai les écouteurs de mes oreilles, et m'assis à même le sol, maugréant contre moi-même et contre ces vampires qui me servaient de famille et d'amis.
Au bout d'un moment, je revins à la réalité et vis que la nuit était tombée depuis quelques temps. Je soupirai, je n'avais pas l'impression d'être apaisée.
Je me relevai, remis mon I-Pod en marche, et repartis vers la maison. Au détour d'un arbre, je vis Emmett et Rose se caler sur mes pas. Je les ignorai, et ils ne cherchèrent pas à me parler.
Quand nous parvînmes à la porte, ils me laissèrent monter seule jusqu'à mon appartement, mais il me semblait sentir leurs regards sur mon dos.
Arrivée à ma porte, je la claquai d'agacement, et filai à la douche.
L'eau chaude sur mon corps relâcha mes nerfs, et je sentis des larmes rouler sur mes joues.
Je ne les retins pas. Je n'en avais pas la force.
Qu'est-ce qui avait poussé Edward à me quitter sans un mot ?
Après la colère du début, je n'avais plus en moi que des questions pleines de désespoir.
Si j'avais fait quelque chose différemment, en serais-je là ?
Je m'assis dans la douche, le jet d'eau chaude frappant toujours mes épaules secouées de sanglots.
****
6jours plus tard,
ROSALIE POV
En cette fin septembre, la pluie tombait drue sur nos épaules alors que nous sortions des cours. Emmett et moi avions pris les mêmes enseignements d'ingénierie, et même si c'était pour faire comme tout le monde que nous allions à l'université, c'était pour une fois, des cours intéressants. Emmett prit ma main dans la sienne, et nous courûmes, à vitesse plus vampirique qu'humaine jusqu'à ma voiture.
A côté, c'était celle de Bella. Et mon souffle se coupa quand je vis que Bella était au volant, immobile. Je me concentrai sur elle, et entendis son cœur qui battait. Je savais que c'était une vérification qui aurait pu passer pour inutile aux yeux des autres, mais je savais aussi que Bella n'allait pas aussi bien qu'elle voulait le faire croire.
Je voyais bien dans son regard qu'elle n'était pas à l'aise avec ses activités. Depuis le départ d'Edward avec Carlisle, Bella avait connu plusieurs phases de violences et d'abattements. Cette dernière étant la plus fréquente.
Emmett frappa doucement à la vitre de celle que nous considérions comme une petite sœur, et nous la vîmes sursauter. Son regard sembla s'allumer une seconde avant qu'elle ne réalise que c'était nous.
Que ce n'était que nous.
Je plaquai un sourire enjoué sur mon visage, mais Bella ne sembla pas le voir. Elle nous fit signe qu'on se retrouvait à la maison, et démarra sa voiture.
Emmett la regarda partir, et je sentis la tension qu'il y avait en lui, la même que celle que je ressentais. Je posai une main rassurante sur son bras. Il baissa les yeux sur nos mains jointes, puis m'ouvrit ma portière. Il s'installa au volant, et en moins de deux, nous étions sur la route de notre maison.
Je profitai des quelques minutes utiles à notre retour pour étudier à nouveau la situation. Une situation qui n'était pas bien brillante. D'abord, parce que nous n'avions pas de nouvelles de Carlisle et Edward, ensuite, parce que le silence était devenu règle d'or dans la famille. Alors que nous avions l'habitude de rire, de raconter des anecdotes, à présent, nous évoluions selon Bella. Aucun de nous ne savait comment agir envers elle. Bella faisait en sorte d'être seule la plupart du temps, et quand elle devait faire face aux appels de ses parents, ou même rencontrer ses camarades de cours, elle affichait un air désinvolte qui trahissait encore plus à nos yeux sa détresse.
J'avais essayé de lui parler, mais elle avait affirmé qu'elle pouvait se débrouiller seule.
Alice et Esme avaient tenté de la faire sortir, mais Bella les ignorait.
Nous savions qu'elle était en colère parce que nous ne lui disions rien au sujet d'Edward, ni de son départ, et nous savions qu'elle préférait être seule plutôt que de dire des choses qu'elle regretterait. Mais nous ne pouvions pas la laisser s'enfermer et disparaître comme ça avait été le cas, un an plus tôt à Phoenix.
Je soupirai, et sentis qu'Emmett posait une main sur ma jambe. Je croisai son regard un instant, puis un mouvement attira mon attention. Sans regarder, je savais que c'était Bella qui allait faire un jogging. Elle avait repris l'habitude. A chaque fin de journée, elle partait courir une heure ou deux, et à chaque fois, Emmett et moi la suivions à bonne distance pour la protéger au cas où…
« Si
tu préfères rester à la maison... »Commença Emmett, et je
secouai la tête. Suivre Bella, la voir vivre pendant son jogging
était un moyen d'oublier l'air fermé qu'elle arborait tout le
temps. « D'accord »
Il gara la voiture, et je
l'attendis. Nous remontâmes rapidement chez nous, ça me permit de
changer de chaussures, et nous repartîmes sur la trace de Bella. Ce
n'était pas bien compliqué de la trouver, nous avions fini depuis
ces mois à la côtoyer, par connaitre son odeur par cœur. Quand
nous fûmes suffisamment proches, nous ralentîmes, et Emmett reprit
ma main dans la sienne. J'entrelaçai nos doigts comme si c'était
une bouée de sauvetage, et il serra ses doigts autour des miens, en
signe de soutien.
Nous marchâmes en silence, sur le chemin que
nous connaissions à force de suivre Bella, elle empruntait toujours
le même itinéraire...
« Il faut qu'on fasse quelque chose,
Rose » La voix d'Emmett me surprit, tellement j'étais habituée
au silence. Je tournai la tête vers lui, je ne pouvais être que
d'accord avec lui.
« Elle refuse qu'on l'approche,
Em... »
« Oui, et elle déprime, et on ne peut pas la
laisser comme ça »Asséna-t-il.
« Tu as une
idée? »
« On devrait la stimuler, la forcer à
continuer à vivre et à rire...Edward va nous tuer s'il la voit
comme ça à son retour »
« Ce n'est pas le moment de
rire, Em »Lui rappelai-je et, à en juger par le regard qu'il
me lança, j'avais mal interprété ses propos. « D'accord, il
va être furieux...d'accord, on doit la stimuler, tu as une
idée? »
« Non, pas encore »
Mais à son ton, je savais qu'il y réfléchissait.
Bella s'assit,
comme à son habitude, au pied du même arbre. Cette fois, je me
rendis compte qu'elle touchait sans cesse la broche de la famille
qu'Edward lui avait donnée un mois plus tôt. Je restai le regard
fixé sur elle, son regard était dans le vide, elle semblait jouer
avec les bandes qui cachaient ses poignets, et un peu inopinément,
je me demandais si Edward les avait déjà vus...Avait-elle partagé
ça avec lui?
« Vous allez rester à m'observer encore
longtemps? »Demanda-t-elle au bout d'un moment. Et je savais
qu'elle ne nous voyait pas, en revanche, elle savait qu'on la
suivait.
« Le temps que tu resteras aussi
hermétique »Répondit Emmett en faisant un pas vers elle. Elle
se tourna vers nous, et leva les yeux au ciel. J'attendis une réponse
de sa part, mais apparemment, elle n'en avait pas.
« Bella,
est-ce que tu veux qu'on fasse quelque chose? » Elle ne
répondit pas, une fois de plus.
« Il va falloir que tu te
bouges, Bella. Tu crois qu'Edward aimerait te voir ainsi? »
A
la mention de notre frère, Bella nous lança un regard blessé et
furieux à la fois.
« De toute façon, a-t-il jamais été
intéressé par mon sort? »Fit-elle, hargneuse.
« Alors,
là, jeune demoiselle, ça suffit! Tu ne peux pas penser ça
réellement. Edward t'aime non de non! Tu crois que tu porterais cet
emblème au poignet si c'était pas le cas? Tu crois que tu serais
ici, avec nous, si ça n'avait pas été le cas? Tu crois qu'on
veillerait sur toi comme sur notre sœur de sang, si ça n'avait pas
été le cas? »Sa voix craquait au même titre que la lèvre
inférieure de Bella se mettait à trembler.
Alors, je vis Emmett
tomber près de Bella. Elle le regarda, d'abord comme quelque chose
d'étrange, puis elle détourna la tête. Mais je vis l'effort
qu'elle faisait pour ne pas se jeter dans les bras d'Emmett.
Personne
ne bougea pendant un moment, puis, je les rejoignis, je m'assis aux
côtés de Bella. Elle était entourée par nos deux corps,
représentants de la famille Cullen dont elle faisait partie depuis
le premier jour où elle avait rencontré Edward.
Encore un
temps indéfini passa avant que le froid ne fasse frissonner Bella.
Elle esquivait à peine un premier geste pour se lever que nous
l'attendions déjà, à un pas d'elle. Elle soutint une seconde notre
regard puis elle reprit son chemin en direction de la maison.
« Je
crois que ça lui a fait du bien » Dit Emmett, et je ne pouvais
pas dire le contraire. Même si la manière dont nous avions obtenu
ça était dure à encaisser pour Bella.
« Je
ne vois rien de précis, je ne sais pas quand ils reviennent »
l'inquiétude était palpable dans la voix d'Alice, Emmett et moi
nous regardâmes, appréhendant le moment où Bella allait rentrer
dans la maison. Il serait impossible qu'elle ne remarque pas la
détresse chez notre sœur.
Comme nous le pensions, Bella se
dirigea droit vers Alice quand elle la vit assise, le regard dans le
vide.
« Que se passe-t-il? »Demanda-t-elle, un regain
de vie montant en elle.
Jazz la regarda comme s'il évaluait la
réaction qu'elle allait avoir. Bella resta immobile, un air de défi
dans les yeux. J'allais intervenir pour qu'on parle devant elle de ce
qui se passait, on lui cachait beaucoup trop de choses à mon goût,
quand jasper expliqua
« Alice a des visions contradictoires
concernant le retour d'Edward »
Et sans prévenir, comme une
bombe qui aurait explosé à nos côtés sans qu'on s'en rende
compte, Bella fondit en larmes, glissant au sol comme si ses jambes
refusaient de la porter dorénavant.
CARLISLE POV
Je
regardai mon fils, allongé sur ce lit, depuis ce qui me semblait une
éternité.
J'avais
beau avoir appris la patience dans mon métier de médecin, voir mon
fils souffrir m'empêchait d'être aussi posé que j'en avais
l'habitude.
Les deux frères dont les morsures permettaient de
redevenir humain nous avaient bien trouvé, comme David nous l'avait
dit presqu'une semaine plus tôt. Ils nous avaient conduits dans un
repère dans la glace, ils avaient étudié le comportement d'Edward
alors qu'ils nous faisaient patienter dans un espace de la caverne.
Et puis, ils étaient venus demander qu'on reconnaisse qu'on avait
une dette envers eux
« Au
cas où »Avait souri l'un d'eux, mais rien ne nous aurait fait
repartir, nous avions trop avancé sur cette voie.
Alors, ils
avaient demandé à Edward de s'immobiliser, ce qu'il avait fait. Ils
lui avaient sauté dessus avec plaisir, et j'avais vu mon fils lutter
pour ne pas laisser son instinct de survie prendre le dessus. Ils
étaient tombés au sol, les deux frères se donnant à coeur joie
dans les morsures qu'ils lui infligeaient. Alors qu'ils
recommençaient une nouvelle série de morsures, Edward semblait
s'être comme évanoui, et j'avais été prêt à les arrêter. Mais
l'un d'eux s'était relevé, et m'avait fait comprendre de ne pas
bouger.
Les poings
serrés, j'avais tenté de me souvenir des rires d'Edward, pour
oublier les râles qu'il laissait échapper à travers son
inconscience.
Et puis, les deux frères s'étaient relevés,
s'essuyant la bouche.
« Désolé, ça fait longtemps qu'on
n'a pas eu à se battre, et encore moins à mordre...On s'est un peu
laissé aller »Avait avoué l'un d'eux. Mais je savais qu'ils
ne regrettaient pas.
Pour eux,
ce n'était qu'un jeu.
Alors, je les avais ignorés et étais allé
vers Edward. Les doigts serrés autour d'une de ses mains, j'avais
passé une main sur son front.
« Tu m'entends, Edward? Je
suis là, ça va aller »
« On vous raccompagne »Avait
affirmé l'un d'eux, et je les avais regardés avec surprise.
« Il
est trop mal en point, on ne peut pas le bouger »
« Et
vous comptez attendre ici qu'il se réveille? »Avait-il
ironisé
« S'il se réveille »Avait ricané
l'autre.
J'avais serré les poings, mais n'avais pu
qu'acquiescer.
Je passais alors mon temps dans une maison d'hôtes à plusieurs miles de là, voyant les modifications que subissait Edward: son teint avait pris de la couleur dans les premières heures. Mais derrière ses paupières, je voyais ses yeux rouler, comme s'il tentait d'échapper à quelque chose. Mes doigts sur sa main, j'attendais son réveil, j'attendais la fin de ses douleurs.
NOTE : comme toujours, dites-moi ce que vous en pensez…Et oui, je crois que j'aime bien exploité de nouveaux POV lol
A très vite
bsx
