Disclaimer : Ni Severus, ni aucun des personnages de cette histoire ne sont à moi, sauf Ioann, Milo, Ivanna et Sergueï

Béta : BettyMars

Zarakinel, merci de toujours être présente sur mon histoire après tant de chapitres.

Emilie : Merci pour tous tes compliments, ça me fait très plaisir. Pour ce qui est du manque d'action, désolée, mais j'avoue, j'ai préféré faire une histoire « familiale » plutôt qu'un fic à action qu'on trouve assez fréquemment. Un coup c'est vrai qu'il y a des passages plus lents. Pour l'instant l'accent est mis sur la famille Malfoy et surtout sur le comportement de Lucius. Mais la vue va s'élargir à nouveau après et on retrouvera des persos qui ont été mis sur le côté. De nouveaux vont également arriver et cela va un peu bouger par la suite… mais il faut laisser aux personnages le temps de vivre et d'interagir … après tout, dans l'histoire, il ne s'est pas encore passé 3 mois )

Le comportement de Lucius semble remporter toute vous avoir énervé. C'est vrai qu'il est assez écœurant dans le fait qu'il zappe ses enfants mais se sert tout de même d'eux pour récupérer sa femme. Le chapitre qui arrive est toujours axé sur les Malfoy avec un Lucius toujours aussi … lui. Des nouvelle d'Albus arriveront et une fin qui je pense, est un passage attendu par certaines. Allez, assez de blabla, je vous laisse découvrir.

Ah et aussi, j'ai dépassé les 100 reviews … j'en suis toute émue car je ne pensais vraiment pas en avoir autant. Aussi pour vous remercier, et si ma béta est motivée, je vais essayer de vous poster un chapitre en plus… mais elle est très prise et les chapitres assez longs en ce moment, donc aucune promesse ferme …

Bonne journée à tous, bonne lecture et à mercredi prochain (peut-être avant ?).


Chapitre 36 : Etain.

Lundi 4 Août 1986.

Severus était dans son salon en train de regarder Ioann tenter de lacer lui-même ses chaussures. Deux jours plus tôt, Milo avait rejoint son nouvel appartement sur Londres afin d'emménager correctement. La veille, les deux Snape y étaient allés afin de visiter et de l'aider à finir son installation. L'appartement était à peu près de la même taille que celui qu'il avait à Kazan. Et ses vieux meubles avaient définitivement repris leur place. Le soir, en rentrant chez lui, l'ex professeur avait trouvé la maison bien vide. En un mois il s'était habitué à la présence soutenue du Russe. Un petit reniflement le tira de ses pensées. Ioann avait commencé à pleurer alors qu'il n'arrivait pas à faire le nœud. Severus s'agenouilla devant lui pour le faire à sa place. Puis il lui releva la tête en lui essuyant les joues. Il le rassura d'un câlin, lui disant que ce n'était pas grave, que bientôt il serait capable de le faire tout seul. Puis il se releva en le tenant dans ses bras. Il activa la cheminée et ils se retrouvèrent tous les deux dans le salon somptueux du Manoir Malfoy. C'était la première fois que Ioann y allait. Les adultes avaient décidé que cette fois ce serait les Snape qui viendraient à eux et non l'inverse. Severus déposa son fils au sol, en gardant bien sa petite main dans la sienne. Narcissa les attendait en souriant. Elle se baissa pour embrasser l'enfant et les conduisit dans le parc.

A l'abri d'une tonnelle, Draco attendait son ami. Il trépignait presque d'impatience. Quand il vit tout le monde arriver, il se leva de son siège et courut vers eux. Il s'arrêta devant Ioann afin de lui dire bonjour avant de lui déposer un baiser énergique sur la joue. Le plus petit lui répondit doucement avant de l'embrasser également. Le blondinet recommença avec Severus avant d'attraper la main de son camarade et de partir en courant pour jouer avec lui. Il avait sorti son balai d'enfant et avait décidé de montrer au Russe comment s'en servir. Severus et Narcissa s'assirent à l'ombre pour siroter une boisson fraiche, gardant un œil attentif sur les deux garnements. Régulièrement le plus jeune se retournait vers eux avant de continuer son jeu.

- Il te cherche encore du regard ?

- Depuis l'épisode de son oncle, il a repris cette habitude. Il a besoin de savoir que je ne suis pas loin et que je ne l'abandonne pas.

- Il va avoir du mal à être séparer de toi.

- Je sais. Je sais mais j'ai dû mal à le forcer à être autonome. Il a besoin de temps.

- Il y arrivera, ne t'inquiète pas.

Draco était sur le balai et volait à quelques centimètres du sol, comme le voulait la restreinte de sécurité. Ioann le regardait avec des grands yeux ébahis et la bouche bée. Il savait qu'un balai ça servait à nettoyer ou à frapper, mais il ne savait pas qu'on pouvait aussi voler dessus. C'était pour cela qu'il n'avait jamais été attiré par le balai d'enfant que son père lui avait offert. Il avait cru qu'il le gardait pour le ménage ou les corrections. Il se dit qu'il aimerait bien essayer de monter dessus. Mais en même temps, une crainte le retenait. Celle de tomber et de se faire mal.

- Severus, l'autre jour Draco m'a dit quelque chose d'adorable.

- Ne dis jamais ça devant Lucius ou il te répliquera qu'un Malfoy n'est pas adorable.

- Mon bébé est adorable ! Qu'il le veuille ou non.

- Duquel tu parles ? De celui qui n'est pas encore là, ou de celui qui n'est plus un bébé ?

- Raille-toi. Mais je suis sûre que ton Ioann est ton petit bébé adoré, ironisa Narcissa

- Il est plus petit que Draco, rouspéta Severus.

- Oui mais il n'est plus un bébé non plus.

- Et qu'a-t-il dit de si Adorable ?

- Il considère Ioann comme son petit frère.

Un sourire léger apparut sur les lèvres du brun et ses yeux s'adoucirent considérablement. Narcissa se dit que le cruel Mangemort était bien loin maintenant. Elle fronça le nez à cette réflexion. Il y avait quelque chose d'étrange dans cette phrase ... Elle se secoua mentalement.

- Tu as raison, ton fils est adorable. Et en plus il est de bonne influence sur le mien.

- Un Malfoy est toujours de bonne influence, snoba-t-elle.

- Tout dépend sur quoi un Malfoy nous influence ... , répondit Severus légèrement amer en partant légèrement dans ses souvenirs. En tout cas, Ioann tente régulièrement de répéter certains mots de Draco.

- Comment cela « il tente »?

- Oui, il tente, parce qu'il s'essaye à l'anglais.

- Oh. Alors il sera sûrement un élève très attentionné s'il s'intéresse déjà à une autre langue que la sienne.

- Je pense qu'il se montrera très motivé pour apprendre. De temps en temps il me dit quelques mots tremblants. Des choses qu'il a souvent entendu dire par Draco.

Les deux adultes n'avaient pas quitté leur enfant respectif du regard. Draco essayait de persuader Ioann de monter sur le balai pour voler un peu mais celui-ci refusait en reculant. Severus se leva et les rejoignit. Il s'accroupit devant eux et tenta, lui aussi, de persuader son fils. Finalement Ioann céda, avec la condition que son père le tienne fermement tout le long de l'expérience. Quinze minutes plus tard, c'était un petit Russe, les joues rougies par l'excitation, les cheveux décoiffés et les yeux brillants de mille feux qui voletait tout seul autour de la tonnelle. Draco s'amusait à le suivre en courant et en rigolant. Puis ils s'arrêtèrent brusquement pour aller boire. Narcissa essuya leurs visages transpirants avec son mouchoir.

Severus retira quelques mèches humides coulées sur le front de son enfant tout en lui resservant un verre d'eau. Ce fut à ce moment là que Lucius fit son apparition. Il embrassa rapidement sa femme, passa sa main dans les cheveux de son fils, accepta le bisou de Ioann et serra la main de son ami. Il prit lui aussi place devant un verre avant de regarder les deux garçons se lever précipitamment pour aller jouer plus loin. Les trois adultes entamèrent une conversation polie sur les frasques du Ministère jusqu'à ce que Lucius ne fasse une demande explicite à leur invité.

- Severus, j'ai une requête à te soumettre.

- Dis toujours. Je verrais si j'accepte ou pas.

- Dans dix sept jours, Narcissa et moi fêtons nos dix ans de mariage. J'aurais aimé lui offrir une deuxième lune de miel.

- Parce que tu ne lui offres pas déjà tous les jours ? Je te rappelle qu'elle est déjà enceinte. Tu n'as pas besoin de faire plus, l'enfant a déjà été conçu.

- Oui mais j'aimerais l'emmener quelque part, seuls tous les deux. Aussi j'aimerais savoir si cela te déranger de nous garder Draco pendant quatre jours.

- Ioann et lui sont presque inséparables, regarde-les. Et tu sais que j'aime beaucoup mon filleul. C'est avec plaisir que je le garderais.

- Nous te l'amènerons le vingt aout au matin et nous le récupèrerons le samedi vingt trois en début de soirée.

- Très bien je prends bonne note. Et vous irez où ?

- Tu ne crois tout de même pas que je vais te le dire alors qu'elle écoute savamment d'une oreille ?

- Mais enfin mon p'tit chat, tu sais bien que je suis incapable d'une telle perfidie. Je me concentre sur mon fils. Je ne peux pas en plus t'écouter, répondit Narcissa avec un sourire faussement innocent alors que Severus ricanait.

- Je suis un mal aimé. Ma femme veut me manipuler et mon ami en profite pour se moquer. Que Salazar me vienne en aide. Et je t'ai déjà demandé de ne pas m'appeler ainsi, Chérie !

- N'empêche que les oreilles pointues t'allaient merveilleusement au teint, railla Severus, s'attirant un regard foudroyant du blond.

o0o

Mercredi 6 Août 1986.

En cette fin d'après midi, le parc du Manoir Malfoy était tout juste praticable. L'été avait beau être là, il pleuvait régulièrement. Ce matin-là n'y avait pas échappé et le soleil vif qui avait suivi n'avait pas encore fait son travail. De l'endroit sec où il se trouvait, Dobby se rongeait le bout des oreilles. Son jeune maître avait voulu aller dehors. Il lui avait bien dit que ce n'était pas possible mais l'enfant n'en avait pas démordu. Il avait même crié et tapé du pied. L'elfe avait donc fini par céder n'ayant personne à proximité pour le raisonner. Maître Lucius était très occupé au Ministère et Maîtresse Narcissa avait dû s'absenter pour une course sur le Chemin de Traverse. Lorsque Draco glissa et tomba de tout son long dans l'herbe mouillée, Dobby cacha ses yeux de ses mains en se promettant de se coincer les orteils dans le tiroir des couverts. Ils allaient tous les deux se faire disputer s'il n'arrivait pas à faire rentrer et changer le turbulent garnement avant le retour des Maîtres.

- Petit Maître Draco, il faut rentrer et vous laver maintenant. Les Maître et Maîtresse ne vont plus tarder à arriver.

- Encore un peu Dobby, c'est drôle ! Ça glisse comme la neige et ça fait « sploch » quand on tombe !

- Petit Maître Draco, couina l'elfe d'une voix désespérée. Il ne faut plus tarder maintenant. Vous pourrez jouer plus tard.

- Non, non, non et non !

Il avait dit cela en tapant du pied pour ponctuer chacune de ses exclamations. Il regarda ses pieds se faire arroser de boue avant de rigoler de joie. Il se mit donc à marcher, en faisant de grands pas qu'il essayait d'appuyer fortement comme s'il pesait très lourd. Il rit un peu plus en voyant les éclaboussures qui voltigeaient tout autour de lui.

Au bout de dix minutes de supplications, Dobby arriva à le faire rentrer. Le petit blond était tout de même très récalcitrant. Il avait serré ses bras contre son torse et avait une mine très boudeuse. Il en profitait pour donner des coups de pieds dans toutes les mottes de terre mouillée qu'il pouvait. Il passa la porte d'entrée et commença à se diriger vers l'escalier quand une voix forte et contrariée l'appelant le fit sursauter. Il regarda vers elle et prit peur en voyant son père arriver à grands pas.

o0o

Lucius venait d'arriver d'une journée particulièrement désagréable au Ministère. Il commençait à y avoir quelques fuites sur la paternité de Severus et il devait proférer moult menaces pour les étouffer. Il s'était d'ailleurs, et à nouveau, accroché violemment avec Scrimgeour qui n'appréciait pas qu'il ait eu recours à ses Aurors sans le prévenir. Ils avaient fini devant la Ministre qui donna son appui à Lucius. Au grand déplaisir du chef des Aurors. Mais malgré cela, cette journée l'avait passablement énervé. Il était rentré chez lui avec dans l'idée de se détendre auprès de sa femme pour le reste de la journée. Mais la première chose qu'il vit lorsqu'il arriva dans l'entrée, était son fils, couvert de boue même dans ses cheveux, boudant et suivant de mauvaise grâce l'elfe qui voulait qu'il aille se nettoyer. Il l'appela fortement, ignorant le sursaut de l'enfant. Il s'approcha rapidement et avant tout, le gifla violemment. Draco se retrouva assis par terre, la main collée à sa joue douloureuse.

- Peux-tu m'expliquer pourquoi tu es d'une saleté si repoussante ?

- Je ... je voulais jouer dehors.

- Ne t'avions nous pas dit qu'il t'était interdit de sortir aujourd'hui à cause de la pluie ?

- Si ... Mais je ... .

Une deuxième gifle résonna dans le hall.

- Tu es l'héritier Malfoy. Tu te dois de toujours être propre et impeccable sur toi. Regarde-toi. On dirait une souillon ! Tu me fais honte !

Lucius l'attrapa fermement par le bras et le remit sur ses pieds. Il l'entraina dans la salle de bain et plus précisément dans la douche et ouvrit l'eau.

- Tu restes là sans bouger et tu attends que je revienne !

Il fit demi-tour, laissant Draco, toujours habillé, sous le jet d'eau plus froide que tiède. Il descendit pour voir Dobby nettoyer les traces de boue occasionnées. Il sortit sa baguette et lui lança un puissant Doloris.

- Si tu n'es pas capable de te faire écouter par un enfant de six ans, alors je me verrais dans l'obligation de te tuer et de trouver quelqu'un d'autre pour le faire.

Puis il remonta et ordonna à son fils de se déshabiller, toujours sous la douche, et de se laver. Draco eut toutes les peines du monde à enlever ses vêtements sales et mouillés. Mais une fois nu, il se lava au mieux et le plus rapidement possible. Il eut beaucoup de mal avec ses cheveux car d'habitude, c'était sa maman qui les lui lavait. Il se sécha également succinctement, avant d'enfiler le pyjama que son père avait fait venir. Puis celui-ci le traina dans sa chambre avant de lui donner cinq claques assez forte du plat de la main sur ses fesses.

- Maintenant tu te mets au lit. Je viendrais te chercher pour manger mais je ne veux pas te voir debout sans mon accord. Sinon cette fois, la punition sera bien plus importante.

Quand la porte de la chambre se referma, Draco laissa ses larmes, qu'il avait tenté de retenir, couler abondamment. Il s'était couché sur le côté car ses fesses le brûlaient fortement. L'eau presque froide de la douche avait heureusement calmé la douleur de ses joues. Il essaya de reprendre contenance avec peine. Après tout cette fois, il n'avait pas eu droit au cachot. Il avait eu si peur quand il avait vu son père arriver sur lui. Il avait presque failli faire pipi sur lui. Oh, ce n'avait pas été très loin. Il n'avait pas pu se retenir quand il avait été sous la douche, mais au moins son père ne l'avait pas vu à cause de l'eau boueuse.

o0o

Narcissa arriva moins d'une demi-heure plus tard. Elle s'étonna de ne pas voir son fils dans le salon et demanda à Lucius qui sirotait un verre de Whisky dans son fauteuil s'il savait où il était.

- Il est puni.

- Qu'a-t-il fait ? Demanda-t-elle d'une voix tendue.

- Il est allé jouer dehors malgré nos interdictions. Après qu'il se soit lavé, je l'ai envoyé directement au lit. Il ne pourra se lever que pour venir manger avant de repartir dormir.

Narcissa sembla soulagée. Lucius avait été raisonnable et la punition était adaptée. Evidement, il avait bien pris note de ne pas lui dire qu'il avait tout de même corrigé l'enfant. Même s'il avait été plus laxiste qu'à l'ordinaire, il avait tout de même fait preuve de son autorité. Et en plus, il allait tout de même passer une bonne soirée avec sa femme.

o0o

Jeudi 14 Août 1986.

Depuis une semaine, Draco essayait d'éviter au maximum d'énerver son père. Il commençait réellement à être terrifié de devoir essuyer une nouvelle colère. Quelques jours plus tôt il avait un peu discuté avec Ioann. Il lui avait demandé de lui raconter ce que son oncle lui faisait. Bien sûr le petit Russe n'avait que très peu parlé, peu désireux de repartir dans ces douloureux souvenirs. Mais il lui avait tout de même dit qu'il avait toujours très peur quand quelqu'un élevait la voix. Car avant, ça signifiait que la ceinture allait le frapper. Le blondinet avait frissonné en concert avec lui. Lui n'avait pas eu droit à la ceinture et espérait ne jamais y goûter, mais le bâton sur ses fesses lui apporter des larmes rien qu'en y pensant. Il aurait aimé que son père soit comme son parrain. Car Severus ne tapait jamais son fils. Mais en même temps, Ioann ne faisait jamais de bêtises non plus.

Dobby transplana à côté de lui. Il lui apprit que Narcissa voulait lui parler et qu'elle l'attendait dans le jardin de fleurs. Draco se leva prestement de son bureau, ouvrit la porte de sa chambre avec fougue et courut dans les escaliers pour la rejoindre. Il n'avait juste pas prévu que son père serait sur son chemin, tenant dans ses mains de nombreux dossiers. L'enfant voulut ralentir mais trop tard, il bouscula l'adulte qui, surpris, se retrouva par terre, son fils par-dessus lui. Draco se releva vivement, les joues rouges, la lèvre tremblotante, les yeux s'emplissant de larmes avant de s'écarquiller en voyant la robe couteuse de son père déchirée sur le côté. Lucius se releva dignement. Son expression était figée mais la lueur qui brillait dans ses yeux n'augurait rien de bon. Son regard tomba sur l'accro à son vêtement alors qu'un léger sanglot arrivait à ses oreilles. Deux claques furent données à la suite l'une de l'autre. Puis Lucius ramassa d'un sort ses parchemins éparpillés au sol. Il agrippa ensuite son fils par le bras, sans rien dire de plus et se dirigea vers son bureau. Il n'avait pas encore attrapé la tige de bois que déjà le garçon pleurait à chaudes larmes.

Draco était mortifié. Lui qui avait fait bien attention de ne pas énerver son père venait de lamentablement échouer. Et cette fois, il allait encore avoir le bâton. Il n'avait pas encore appris à compter au delà du chiffre cinq. Mais il avait réussi à compter le nombre de coups, quatre fois jusqu'à cinq avant que la punition ne s'arrête. Puis Lucius lui ordonna de disparaître de sa vue avant qu'il ne décide qu'un tour dans les cachots lui calmerait ses ardeurs. Il ne se le fit pas répéter deux fois. Il sortit doucement de la pièce avant de se précipiter auprès de sa mère. Il ne courrait pas. Il avait bien appris la leçon même si son père n'avait presque pas ouvert la bouche. Et de toute façon, son postérieur protestait déjà à chacun de ses pas alors qu'il marchait uniquement. Quand il arriva, toujours en pleurs, dans le jardin de fleurs, sa mère vint rapidement le prendre dans ses bras en lui demandant ce qu'il avait.

- Mon Trésor, qu'est-ce qu'il y a. Pourquoi ce gros chagrin ?

- J'ai ... j'ai couru et j'ai ren ... renversé papa ... et il m'a... puni.

- Qu'est-ce qu'il a fait ? Demanda Narcissa en se crispant.

- M'a donné des ... des gifles et des coups de ... de bâton.

- Combien, mon Chéri, combien de coups t'a-t-il donné ?

- Sais pas. Quatre fois ... jusqu'à cinq.

- Vingt coups ? Oh merlin. Dobby !

Quelques secondes plus tard, l'elfe s'inclinait devant elle. Elle lui demanda une potion anti douleur et un baume apaisant. Quand il revint avec son chargement, elle fit prendre la potion à son fils avant de l'allonger sur un banc. Elle lui baissa le pantalon afin de passer le baume sur les fesses rougies et meurtries par endroits. Lucius avait dû taper fortement pour arriver à l'égratigner ainsi malgré les vêtements. Puis elle le fit s'asseoir sur ses genoux pour le réconforter. Quand les larmes se tarirent, elle lui expliqua ce qu'elle avait à lui dire.

- Dis-moi, mon Chéri, est-ce que ça te plairait de passer quelques jours avec Severus et Ioann ?

- Oui maman. J'aimerai bien, répondit-il d'une petite voix.

- Alors tant mieux. Parce que dans une semaine tu pourras y rester presque quatre jours.

- Pourquoi ? J'ai été trop vilain ? Vous voulez plus de moi ?

- Mais non mon Amour. Tu es un adorable enfant. C'est juste que papa et maman veulent partir en voyage tous les deux tous seuls. En amoureux. Mais tu reviendras vite avec nous, ne n'inquiète pas.

- Je dormirais avec Ioann ?

- Oui. Comme quand vous faites la sieste ensemble.

Draco retrouva progressivement son sourire. Il avait hâte d'être chez son parrain. En plus il n'y aurait pas son père et il n'aurait plus peur de se faire fâcher.

o0o

Severus regardait avec effarement le parchemin qu'il venait de recevoir. Il se demanda un instant si ce n'était pas une blague. Mais non. Le sceau qui l'avait tenu fermé était bien authentique. Il le relut une nouvelle fois pour bien vérifier qu'il en avait compris tous les termes.

Cher Monsieur Snape,

J'ai appris par des collègues que vous étiez à la recherche d'un emploi. Je suis actuellement à la recherche d'un employé expérimenté en qui je pourrais avoir une totale confiance. Je connais votre réputation d'invivable de par vos élèves mais je sais aussi que vous êtes quelqu'un avec de très grandes capacités. J'aimerais que vous veniez me voir demain à dix heures afin d'en discuter plus facilement.

Cordialement

Artémius Zonko

Il n'y avait aucun doute. Il avait bien compris du premier coup. Cela faisait presque deux mois qu'il était à la recherche d'un emploi et d'un coup on lui en proposait un. C'était assez étrange. Mais il n'allait sûrement pas cracher dessus. Surtout qu'il savait que Zonko était en pleine expansion, donc il avait une chance d'y rester assez longtemps pour se refaire une renommée. Il contacta Poppy sur le champ pour lui demander si elle pouvait venir s'occuper de Ioann le lendemain matin. Elle fut ravie de faire du gardiennage et encore plus quand il lui dit que c'était pour un hypothétique boulot. Il rangea le parchemin et alla jeter un œil à son fils. Celui-ci était dans sa chambre, en train d'essayer de nommer quelques objets par leur traduction anglaise comme le lui avait appris Draco. Il grimaçait à chaque fois que la voix traductrice se taisait au lieu de traduire. Cela voulait dire qu'il s'était trompé et qu'aucun mot de correspondait à ce qu'il avait dit.

Severus redescendit avec un sourire. Finalement, son fils arriverait peut-être à parler anglais plus rapidement que prévu. Dans la cuisine, alors qu'il s'apprêtait à commencer le repas, il se rendit compte que Fumseck le regardait, perché sur une chaise. Il s'approcha de lui et attrapa le message qu'il transportait. Contrairement à la dernière fois, il ne repartit pas. Severus se fit la réflexion qu'il attendait la réponse. Et effectivement, Albus lui disait avoir du nouveau sur le problème de la bulle opaque et qu'il désirait venir lui en parler au plus vite. Il lui griffonna un mot lui permettant de venir maintenant avant de le donner au phœnix. Celui-ci entonna quelques notes joyeuses avant de disparaître. Sans surprise, l'alarme de la cheminée s'activa quelques minutes plus tard.

- Bonjour Severus, comment allez-vous ?

- Parfaitement bien pour l'instant. Mais venons-en au fait. J'ai un garçon en pleine croissance à nourrir dans peu de temps et mon repas n'est pas encore prêt.

- Et lui, comment se sent-il ?

- Il va très bien. Malgré quelques cauchemars plus ou moins violents, il profite de la vie comme tout garçon de son âge. Sans compter que son grand ami, Draco Malfoy, en plus de beaucoup jouer avec lui, lui apprend notre merveilleuse langue.

- Je suis ravi de voir que tout sourit enfin à votre fils. Je vous ai rarement vu aussi rayonnant Severus. Finalement, heureusement que vous n'êtes plus mon professeur de Potions. Vous auriez perdu votre réputation d'immonde chauve-souris des cachots en moins d'une journée.

- Taisez-vous donc, vieil homme. Ou plutôt dites-moi ce que vous avez trouvé pour la sphère.

- Bien. Il s'agit donc d'une sphère de magie instinctive. Comme nous l'avions supposé. Si elle bloque le sort d'alarme c'est par reflexe de protection. Chez son oncle en Russie, le moindre bruit était récompensé par des coups. Aussi elle annihile les sorts au rôle alarmant et agit comme un sort de silence afin de le protéger des coups en représailles.

- C'est donc pour cela que l'alarme me disant qu'il est réveillé ne fonctionne pas tout comme celle qui m'indique qu'il a un problème.

- Effectivement.

- Mais pourquoi le sort de détection de cauchemar n'est pas contré dans ce cas là ?

- Car il n'est pas un sort d'alarme à proprement parlé. Le lanceur se lie à la personne qui le reçoit d'une façon bien spéciale. Ce sort n'est presque plus utilisé de nos jours et sûrement pas dans la version première de son utilisation. Il fut inventé il y a quelques siècles quand un groupe de Médicomages a commencé à faire des recherches sur les cauchemars afin de mieux en étudier les causes et de les contrer. Ils devaient ressentir ce que le dormeur ressentait afin de mieux analyser. Au fils des décennies, il est tombé en désuétude, les recherches n'ayant rien apporté de probant.

- C'est bien beau tout cela mais je ne saisis toujours pas la nuance.

- Quand Ioann fait un cauchemar, vous êtes averti par le sort. Vous ressentez un malaise qui vous indique qu'un cauchemar a lieu. Il n'agit pas de façon sonore comme une alarme car à l'origine, il n'en ait pas une. Poppy a réellement été inspirée en retrouvant cette formule.

- La magie instinctive ne le reconnaît pas comme une alarme donc elle ne le bloque pas ? Merlin. Je savais ce genre de magie impressionnante mais pas aussi intelligente.

-Par contre, il y a un certain point plus sombre, continua Albus en attirant l'attention de Severus. Si elle le protège du danger qu'est son oncle, elle agit elle-même comme un catalyseur de peur. Elle empêche une future correction extérieure mais génère une certaine punition interne.

- Comment cela ?

- Ioann a peur du noir. En bloquant la lumière, elle le punit d'avoir fait du bruit.

- Vous êtes en train de me dire qu'inconsciemment, mon fils se punit de faire des cauchemars ?

- C'est bien cela.

- Je croyais que la magie instinctive n'avait pour but que de protéger l'enfant.

- Et c'est là le problème. Je n'ai pas encore tout découvert dessus, mais je suis persuadé qu'il y a une dose de magie noire dans celle de Ioann. Ce qui fait qu'elle agit de cette façon. Non, ne dites rien. Je ne sais pas encore comment expliquer la présence de cette sombre magie dans votre fils et n'ayant pas été témoin de l'évènement, je ne peux pas me justifier. Mais je suis sûr de ne pas me tromper.

L'information fit frissonner Severus. Son fils de cinq ans faisait instinctivement de la magie noire pour se punir. Il en aurait pleuré si sa dignité ne l'avait pas repris à l'ordre.

- Je pense que cela se résorbera petit à petit. Il a déjà accepté sa nouvelle vie. Il lui faut juste un peu de temps pour mettre de côté ses affres anciennes afin d'être pleinement confiant. Lorsque son inconscient aura admis qu'il ne craint plus rien, et qu'il n'a pas besoin de se punir, alors tout rentrera dans l'ordre.

- Mais combien de temps devra-t-il souffrir ainsi ?

- Je ne sais pas. A moins de trouver comment bloquer la magie noire, seul le temps fera son effet.

- Si je vous remettais le souvenir de cet après midi là, pourriez-vous en apprendre plus sur la nature de la sphère ?

- Sûrement. Peut-être pas aussi bien que si je l'avais moi-même vu mais ce serait déjà un bon point de départ.

- Très bien alors ne bougez pas.

Severus gagna précipitamment son laboratoire. Il attrapa une fiole vide. Il posa le bout de sa baguette sur sa tempe et se concentra. Puis doucement, il extirpa le souvenir voulu avant de l'enfermer précautionneusement dans la bouteille. Puis il retourna au salon afin de la remettre à Albus. Ils échangèrent encore quelques mots avant que chacun reparte à ses activités.

o0o

Samedi 23 Août 1986.

Après avoir levé les garçons, les avoir fait déjeuner puis qu'ils se soient préparés, Severus les avait laissé jouer tranquillement dans la chambre de Ioann. Il avait déposé un sort d'alarme afin d'être averti en cas de problème et avait été s'enfermé dans son laboratoire. Il avait commencé son nouveau travail cinq jours plus tôt. Son entrevue avec Zonko s'était très bien passée. Il lui avait tout de même demandé s'il était au courant de son ancien statut afin de ne pas avoir de soucis dans le cas contraire lorsqu'il l'apprendrait. Mais l'homme avait balayé sa réplique d'un coup de main, lui disant que si Dumbledore avait été son défenseur lors de son procès, ce n'était pas pour rien et que ça lui suffisait. Severus avait été surpris. Agréablement. Puis alors que Zonko lui expliquait ce qu'il attendait de lui, il lui avait alors parlé de Ioann. Son interlocuteur avait été stupéfait d'apprendre qu'il avait un fils. Il accepta de garder cette information secrète tant qu'elle n'aurait pas été annoncée officiellement. Il se promit mentalement de demander des informations à Minerva sur cette situation.

L'ex-professeur lui demanda également d'attendre une semaine avant de commencer son contrat. Il devait garder le fils d'un de ses amis pendant quatre jours dans la semaine qui arrivait. Mais Zonko balaya une nouvelle fois sa remarque qu'un geste de la main. Il lui apprit que tant que le travail était fait, s'il préférait le faire chez lui, cela ne le dérangerait pas. Aussi, Severus était reparti avec son contrat signé, ses consignes de boulot et le matériel dont il allait avoir besoin. Depuis ce jour, il se gardait une partie de la matinée, lors des siestes et le soir après le coucher de son fils pour travailler sur les inventions de son nouveau patron. Finalement, le problème de la garde de Ioann en son absence s'était résolu de lui-même. Son fils irait chez les Malfoy les après midi en semaine pour apprendre avec Narcissa. Mais il passerait les matinées ensembles. Cela laisserait beaucoup de temps pour bien avancer dans ses objectifs professionnels.

Lucius et Narcissa avaient déposé Draco, quatre jours plus tôt avant de partir en Autriche. Depuis, Severus se débrouillait pour tout gérer au mieux. Il avait tout de même dû faire appelle à Poppy pour l'aider avec les garçons alors qu'il avait un problème de stabilisation dans une de ses solutions. Et aujourd'hui encore, ll l'avait rappelé peu de temps avant. Il avait pris un peu de retard et aurait sûrement besoin d'elle une ou deux heures dans l'après midi. Il aurait bien contacté Milo mais il savait que le Samedi était consacré à son petit ami. Alors il avait abandonné l'idée.

Lorsque l'infirmière arriva, elle trouva la maison étrangement silencieuse. Elle se dirigeant sans hésiter vers le laboratoire, et y trouva, sans surprise, Severus parfaitement concentré. Elle fit remarquer sa présence d'un raclement de gorge. Il se tourna furtivement vers elle avant de lui proposer un siège le temps qu'il finisse la difficile préparation. Une fois ceci fait, il coupa le feu pour laisser reposer et entraina son amie dans la cuisine pour prendre un thé. Ils discutèrent de tout et de rien et particulièrement du retour des parents Malfoy qui venaient le soir même récupérer leur fils. Ils parlèrent également un peu du futur enfant. Poppy avait rendez-vous deux jours plus tard pour un examen de contrôle pour les dix premières semaines de grossesse. Elle avait été étonnée de se voir sollicité à la place de Sainte Mangouste. Mais Narcissa lui avait alors dit qu'elle avait plus confiance en elle et en sa discrétion qu'en tous les charlatans de l'hôpital.

Un bruit de porte qui s'ouvre à l'étage, fit taire les adultes. Ils se levèrent et arrivèrent en bas des escaliers au moment où Draco, suivi d'un Ioann se frottant les yeux en baillant, descendait. Avisant l'heure, Severus remarqua qu'ils n'avaient pas dormi aussi longtemps qu'habituellement et qu'il était trop tôt pour goûter. Il les laissa donc aux bons soins de Poppy le temps d'aller continuer son travail. Tous les trois s'installèrent autour de la petite table afin de jouer tranquillement.

Après avoir pris une collation, les deux enfants avaient voulu jouer dehors. Severus et Poppy les avaient donc accompagnés. L'infirmière avait avoué n'avoir rien de spécial à faire et avait préféré rester à leurs côtés afin de profiter de leur compagnie. Le temps était couvert et un orage semblait se préparer. Les garçons étaient en train de jouer au ballon. Ils couraient et criaient. Quelques semaines plus tôt, cela aurait suffi à briser la patience de Severus et il aurait distribué retenues et des points en moins. Mais maintenant, cela lui arracha juste une grimace lorsqu'un cri très aigu lui vrilla les tympans. Ils les regardaient évoluer avec plaisir. Draco avait beaucoup changé. Du petit prince jaloux et solitaire, il était devenu un protecteur très dévoué. Quand Ioann trébuchait et se faisait mal, il le réconfortait. Quand le petit avait peur, il lui prenait la main et lui disait qu'il était là pour le protéger.

Severus l'avait même entendu, deux jours plus tôt, lui dire qu'il était son petit frère même s'ils n'avaient pas les mêmes parents. Ioann l'avait regardé bizarrement avant de hocher les épaules. Le lendemain, lors du câlin traditionnel du matin, il avait demandé, dans l'oreille de son père s'il avait le droit d'avoir Draco comme frère. Severus lui avait expliqué au mieux qu'ils ne seraient jamais totalement frères mais que s'il le voulait vraiment, ils pouvaient faire comme si c'était le cas. Ioann lui avait fait un énorme sourire avant de trottiner vers le blond. Il lui avait attrapé la main en lui disant « veux que tu sois mon frère » avant de lui coller un baiser bruyant sur la joue.

Severus sourit à ce souvenir et dut le raconter à Poppy qui venait de lui faire remarquer qu'il devenait sénile à sourire sans raison. Quand il eut fini, il remarqua que le calme était retombé sur le jardin. En jetant un œil aux enfants, il les remarqua assis au sol en train de gratter dans l'herbe et la terre. Il se leva pour aller les voir et le trouva en train de creuser pour essayer d'attraper un ver de terre qui fuyait courageusement. Il secoua la tête de dépit avant de retourner s'asseoir. Il n'était installé que depuis quelques minutes quand l'alarme de la cheminée s'enclencha. Il rentra donc pour accueillir ses invités. Narcissa était rayonnante de bonheur et Lucius, malgré son air guindé et son sourire moqueur en coin, semblait dans le même état d'esprit.

- Pas la peine que je vous demande comment cela s'est passé et si l'Autriche est un beau pays. Je doute sincèrement que vous ayez visité plus que votre chambre d'hôtel, ne put s'empêcher de railler Severus.

Lucius le regarda moqueusement sans rien ajouter alors que Narcissa rougit légèrement. Severus leva les yeux au ciel avant de les diriger dehors. Dès qu'il passa la porte, Lucius perdit progressivement sa bonne humeur. Que faisait donc son fils, à genoux par terre à gratter dans la terre. A ses côtés, sa femme ne sembla pas plus dérangée et l'appela pour lui dire bonjour. Au son de sa voix, Draco releva la tête, poussa un cri de joie et se leva prestement. Le regard de Lucius se fit menaçant en voyant l'état des vêtements de son fils ainsi que la terre maculant son visage. Celui-ci s'arrêta dans sa course et se figea d'un coup en voyant son père. Une lueur de peur s'empara de lui lorsqu'il baissa les yeux et qu'il découvrit la saleté repoussante qui le recouvrait. Un tremblement l'attrapa. Il savait qu'il allait se faire punir. Et la dernière fois, il avait été prévenu que ce serait une punition plus lourde. Il était tellement terrifié qu'au son de la voix paternelle, il commença à se faire pipi dessus avant d'arriver difficilement à se retenir.

- Approche, ordonna Lucius d'une voix autoritaire.

Severus le regarda en fronçant les sourcils. Il avait vu le changement radical de son filleul et le ton froid de son ami lui donna la chair de poule. Draco s'avança, la tête basse, en position de soumission. Il n'eut pas le temps de s'arrêter que déjà une violente gifle lui coupa le souffle.

- Lucius ! S'écrièrent simultanément Severus et Narcissa.

Sous le coup, Draco chancela et se retrouva au sol. Dans l'incapacité de se retenir plus longtemps, sa vessie finit alors de se vider. Ioann qui regardait la scène avec anxiété se mit à pleurer de concert avec son camarade. Severus alla le rassurer en le portant et le mit dans les bras de Poppy en lui demandant de l'emmener dans sa chambre afin de l'éloigner. Après un regard noir au patriarche Malfoy, l'infirmière entra dans la maison avec pour mission de calmer et réconforter l'enfant.

- Tu peux me dire ce que signifie cette scène ? Demanda Severus d'une voix polaire.

- Ne te mêle pas de mes affaires, Severus, siffla Lucius.

- Quand ces affaires ont lieu chez moi et devant mon fils, je me vois dans l'obligation de m'y mêler !

Les deux hommes se fusillèrent du regard. Puis Severus reprit la parole tout en gardant les yeux fixé dans ceux de l'aristocrate.

- Narcissa, tu devrais ramener Draco chez vous. Quant à toi, Lucius, je crois qu'il est plus que temps qu'on ait une sérieuse discussion, tous les deux.

Narcissa aida son fils à se relever et l'entraina dans le salon en le réconfortant. Après avoir traversé la cheminée, elle se dirigea vers la salle de bain pour le nettoyer et le changer avant de le suivre dans sa chambre. Elle l'installa sur le lit et le garda dans ses bras pour le consoler, le laissant pleurer tout en lui murmurant que tout allait bien. Cette fois, ils y étaient. Elle pria pour que l'amitié des deux hommes soit suffisamment forte. Mais aussi pour ne pas s'être trompée en pensant que Severus puisse lui ouvrir les yeux. Car s'il n'y arrivait pas, elle savait qu'alors personne ne le pourrait. Draco, lui, avait honte. Honte d'avoir désobéi en se salissant autant, honte de s'être uriner dessus comme un bébé et honte d'avoir fait pleurer Ioann à cause de ses bêtises. Et puis il avait peur aussi. Car il ne savait pas ce que son père allait lui faire en rentrant. Et l'attente était ce qu'il y avait de pire.

- Je ne vois pas de quoi tu veux parler.

- Alors qu'il soit bien clair entre nous que si jamais j'entends dire que tu as encore levé la main de façon aussi brutale sur Draco, je me verrais dans l'obligation de faire intervenir les autorités.

- Je suis suffisamment respecté pour ne pas être mis en danger par tes élucubrations.

- Je suis reconnu pour avoir été un Mangemort et j'ai l'appui de Dumbledore. Si je déclare que tu faisais parti des rangs du Maître, crois-tu réellement que Scrimgeour ne sera pas ravi de te mettre enfin la main dessus ? C'est la preuve qu'il attend pour te coincer et tu le sais.

- Tu irais jusqu'à me vendre ?

- Tu vas jusqu'à enfermer ton fils dans un cachot !

- La façon dont je l'éduque ne te regarde pas.

- Si elle inclue de la maltraitance sur enfant, alors elle me regarde, comme tous ceux qui en sont témoins.

- Ce n'est pas de la maltraitance !

- Ne viens pas me dire ça à moi ! Pas après tout ce que tu sais ! Tu ne réagis même pas de tes actes. Bon sang ! Mais as-tu seulement regardé Draco quand tu es arrivé ? As-tu seulement vu la peur que tu lui inspirais. Par Merlin et Morgane, mais j'avais presque l'impression que derrière ses yeux gris il y avait les yeux de Ioann quand il cauchemarde sur Sergueï. Réveilles-toi, nom d'un Chaudron ! Ouvre enfin les yeux et regarde ton fils comme tel et non pas comme une de tes prochaines victimes !

- Je ne l'ai jamais regardé ainsi. Il est mon Fils ! Rétorqua Lucius, vacillant légèrement sous les accusations de Severus.

- Permets-moi d'en douter. Lorsque Narcissa t'a quitté il y a un mois, tu es venu me voir pour savoir si je savais où elle était. Est-ce que tu te rends compte que jamais à ce moment là tu n'as évoqué Draco. Si je ne te l'avais pas demandé je n'aurais pas su qu'il était avec sa mère. Je sais que tu l'aimes et que tu passes de bons moments avec lui. Mais il semblerait que depuis quelques temps, tu l'oublies de plus en plus. Tu vas avoir un autre enfant. Que vas-tu faire ? Abandonner Draco dans un coin pour t'occuper du bébé avant de le rejeter lui aussi ? Ton fils a six ans et il a besoin de son père. Alors prouve à tout le monde que tu n'es pas qu'un salop sans cœur qui détruit tout ce qui se trouve sur son passage. Prouve à ton fils que tu l'aimes lui et pas seulement pour le corriger !

Severus vit le masque de Lucius se fissurer légèrement avant de reprendre sa place. Il n'était pas totalement rassuré mais il savait que ses mots avaient fait mouche. Le blond reprit un visage neutre et le regarda méchamment. Il fit demi-tour avant de disparaître dans la cheminée après avoir ouvert la liaison avec son bureau. Severus écrivit rapidement un message pour Narcissa, lui intimant de revenir immédiatement ici avec Draco, si jamais elle ne se sentait pas en sécurité au Manoir. Puis il activa la cheminée avec le salon des Malfoy. Il appela Dobby et lui demanda de donner le parchemin à sa Maîtresse. Puis il monta rejoindre son fils et Poppy. Il avait maintenant un garçon à réconforter et sûrement une potion de sommeil sans rêve à lui faire prendre. Car il n'y avait aucun doute. Cette nuit, les cauchemars se feraient nombreux.


(*) Le titre « Etain » correspond à « Noce d'étain » soit dix ans de mariage.