Bonsoir à toute !

Bon... avant que vous me détestiez toutes...

Merci pour les reviews

Merci à Lydie pour la correction.

Bonne lecture...


En entant chez moi, j'affichai un air enjoué, comme si la journée avait été la plus normale du monde. Même si je débarquais avec la moitié de mes affaires et mon chat dans les bras. Ma mère qui s'affairait à mettre la table me regarda en soulevant un de ses sourcils. Je lui souris et posai Brad Pitt qui retrouva vite ses habitudes.

- Chérie... pourquoi... tu as pris le chat ?

- Je crois qu'il déprime chez Edward, il n'a pas ses repères... alors j'ai pensé que le ramener ici serait pas mal. On verra. Ça va ?

Je mentais plutôt bien, j'avais appris à le faire. Ma mère hocha la tête et posa ses assiettes avant de venir me prendre dans ses bras. Mon père apparut avec le Seattle Time dans les mains, à la page des sports bien entendu, le contraire m'aurait étonné. Il passa son bras autour de mes épaules et embrassa ma joue avant de se détacher de moi.

- Alors ta journée ?

J'affichai le sourire le plus sincère du monde en répondant avec enthousiasme.

- Bien. Soulagée qu'Edward ait gagné contre Jane. Mais j'ai peur qu'elle trouve encore un truc pour s'en prendre à lui. Enfin on verra...

Ma mère frotta mon bras en me souriant pour me réconforter.

- Ne sois pas si pessimiste, ma chérie. Le repas est prêt, on peut s'installer. Seattle est une ville incroyable !

- Alors qu'avez-vous fait ?

Je m'installai à ma table, en bout de table entre mes deux parents. Je me sentais comme à la maison et pour la première fois aujourd'hui, je me sentis sereine. J'arrivai même à chasser de mon esprit le sujet Edward. J'écoutai alors ma mère raconter leur matinée à Pike Market, leur déjeuner dans un restaurant typique de la ville et ils avaient choisi d'aller ensuite admirer la vue du haut du Space Needle. Je me contentais de hocher la tête à leur description. Je n'étais pas encore montée en haut de la Space Needle. Mon père, lui, reprenait comme toujours, les propos de ma mère quand elle amplifiait les événements de la journée. Cela me fit sourire, maman levait les yeux au ciel à chaque reprise de mon père.

- Et demain ? Qu'avez-vous prévu ?

- Je pense que demain matin nous resterons tranquilles, enfin nous prendrons notre temps. Et continuer de visiter le centre ville.

- Tu pourrais venir avec moi au bureau demain matin. Je dois passer chercher des affaires. Je reste ici cette nuit.

- Tu... restes ici ? Est-ce que ça va ?

Je haussai les épaules, plutôt convaincante, même moi j'y croyais à mon air détaché.

- Je le voulais c'est tout. Je voulais profiter de vous toute la soirée sans m'inquiéter de l'heure. Comme ça, demain, nous partons toutes les deux, non ?

- Oui... oui, d'accord. Mais où vas-tu dormir. Enfin je sais bien que c'est chez toi mais...

- Maman, ne t'en fais pas pour moi. Je me suis endormie plus d'une fois sur le canapé. Edward y a passé sa première nuit ici. Il avait bien dormi.

- Tu es sûre ?

- Oui maman. Si vous vous préférez être seuls...

Mon père posa sa main sur la mienne et me regarda tendrement.

- Ne dis pas de bêtise. Nous sommes seuls toute l'année.

Je lui souris et j'aidai ma mère à débarrasser pendant que Brad Pitt tournait autour de nous pour lécher quelques restes dans nos assiettes. Nous décidâmes ensuite de sortir sur les quais afin de voir les lumières de la grande roue. Avec le téléphone de ma mère, je commandai un taxi. Je pestais contre moi-même d'avoir oublié mon téléphone et ma tablette. Je me sentais diminuée... je levai les yeux au ciel, voilà ce que la technologie faisait de nous. Des dépendants !

Heureusement, le taxi arriva vite et ma mère déborda d'enthousiasme à l'idée que nous allions nous balader tous les trois. Le trajet fut relativement court mais les rues étaient animées par les touristes et les habitants de la ville, surtout des jeunes qui profitaient des vacances d'été pour sortir et faire la fête. Les quais étaient magnifiques, toutes ces lumières rendaient l'endroit féérique. Sans parler de l'immense roue qui nous offrait des kaléidoscopes de couleurs épatantes. Mon père décida que nous ferions un tour de roue, il n'y avait pas trop de monde, enfin l'attente était d'une demi-heure tout de même.

Dans la file, je discutai joyeusement avec mes parents, insouciante. Cependant, quand mon regard se posa sur un jeune couple en pleine démonstration amoureuse, je ressentis un pincement au cœur et le souvenir de ma journée avec Edward revint hanter mon esprit. Heureusement, ce fut notre tour de monter dans la capsule en verre de la grande roue. Plus nous prenions de la hauteur, plus j'étais éblouie par la beauté de Seattle et la nuit qui s'étendait devant moi. La capsule me donnait l'impression d'être dans une bulle où rien ne pouvait m'atteindre, où je dominais le monde.

Mes parents aussi s'extasiaient devant le spectacle. Je pris le temps d'observer chaque angle de vue avec attention, la roue tournait très lentement, nous ne ressentions absolument pas le mouvement. Arrivés au sommet, je levai la tête pour apercevoir les étoiles. Le ciel était étincelant, sans nuage, j'étais si près de lui... je souris à ce ciel étoilé et murmurai pour moi-même.

- Salut Jacob... Tu me manques, tu sais.

Près de moi, je sentis la présence de ma mère, elle parla tout bas.

- Il veille sur toi, tu sais.

J'avais parlé trop bas pour qu'elle m'ait entendu. Maman me connaissait juste bien. Je passai un bras autour de sa taille sans quitter le ciel des yeux qui s'éloignait de moi.

- Tu crois ?

- J'en suis persuadée oui. Pas toi ?

Je souris et repensai à la conversation que j'avais eue avec Edward le jour de l'enterrement de Jacob. Je lui avais demandé s'il croyait à la vie après la voir. Il m'avait conseillé de croire au fait que Jacob veillait sur moi si je le voulais. J'avais eu quelques oppositions à l'époque mais là maintenant, je voulais croire que Jake était là.

- Si. Il est là. Je le sais.

Je me serrai contre elle, mes yeux se reportèrent sur la ville... là où Edward était, quelque part dans cette jungle de gratte-ciel. Mon père vint nous rejoindre, il me prit lui aussi par la taille. Juste avant la fin, nous fûmes avertis que nous allions être pris en photo, toujours entre mes parents, je souris à l'objectif alors qu'ils m'embrassaient tous deux sur la joue. En sortant, nous visitâmes la boutique souvenir, j'achetai la photo souvenir, ma mère aussi. Elle était plutôt réussie même si mon regard ne brillait pas de bonheur.

Pendant encore une heure, nous marchâmes sur les quais. Papa m'offrit une gaufre au Nutella que je mangeai avec gourmandise. Après mon dessert, nous reprîmes un taxi pour rentrer chez moi. Je parlai encore un peu avec maman avant d'aller tous au lit. Allongée sur mon canapé avec ma couverture, je caressai distraitement mon chat qui dormait déjà contre moi en ronronnant.

Je pensais à Edward, à ses colères... je savais qu'il était colérique, je l'avais déjà vu changer d'humeur en un battement de cil, mais c'était la première fois que ça arrivait entre nous. Je ne savais vraiment pas ce qu'il lui avait pris. Pourtant, après notre bref moment dans la chambre avant le déjeuner, moment que je ne regrettais absolument pas, j'avais pensé que tout allait bien. Je soupirai face à tout ça. Ce n'était pas croyable. Nous étions deux êtres têtus qui s'affrontaient. Mais hors de question que je cède ! Je m'installai alors du mieux possible sur le canapé pour réussir à m'endormir. Ce qui arriva plutôt vite, bercée par les ronronnements de mon chat.

- Au secours ! À l'aide ! Edward ! Pitié non ! Lâchez-moi !

- Baise-la, vas-y ! Et toi ?! Fais-la taire ! Enfonce-lui ta bite dans la bouche !

- NON ! EDWARD !

Je me débattais de toutes mes forces, mais ils étaient trop forts. Ça recommençait, on m'agressait. C'était les mêmes que la première fois... je le savais même s'ils étaient sans visage, ce qui était encore plus terrifiant. Soudain, Edward était à mes côtés. Il s'accroupit, me regarda tandis que les agresseurs continuaient de me maintenir fermement mais en silence. Ils attendaient... mais quoi ? Je suppliais Edward du regard avant de parler.

- Aide-moi...

- Il fallait m'écouter Bella. Mais tu n'as pas voulu.

- Pardon... je t'en prie. Sauve-moi.

- J'ai essayé. Mais tu es trop bornée.

- Je t'en supplie.

- Non. Je ne mourrai pas pour toi. Pas comme Jacob. Il regrette sûrement, tu sais...

- Edward... non... pas ça...

- J'étais prêt à t'aimer de tout mon cœur pourtant. Tu aurais été la femme la plus choyée du monde mais tu as choisi de t'opposer à moi. Tu es trop de problèmes pour moi. Dommage... vraiment.

- Je t'aime...

Il caressa ma joue.

- Moi je ne t'aime plus Isabella.

Il se releva et regarda les agresseurs.

- Faites ce que vous voulez d'elle. Elle n'est plus rien pour moi.

À ces mots, mes bourreaux se remirent à crier des insultes, à me déshabiller, je vis même un couteau. Je hurlais le prénom d'Edward en essayant de me débattre mais il me tournait le dos, il partait malgré mes cris.

- Isabella ! Bella ! Seigneur, réveille-toi ! Isabella !

J'ouvris les paupières, la lumière brûla mes yeux humides. j'étais à bout de souffle, en sueur, tremblant de tout mon corps. J'étais assise, maintenue contre mon père, assis derrière moi, lui aussi haletant. Ma mère, en chemise de nuit, était contre le mur face à moi, ses mains plaquée sur sa bouche, elle pleurait. Pourquoi ?

- Maman...?

J'étais perdue. Ma mère étouffa un sanglot. Non, il ne fallait pas qu'elle pleure. Pourquoi elle pleurait ? Puis le souvenir de mon cauchemar me revint en mémoire. L'agression, Edward qui me quittait et me laissait entre les mains de ces hommes. Mon cœur s'emballa à nouveau, mon souffle se fit de nouveau rapide. Et s'il me quittait vraiment à cause de mes problèmes ? S'il ne m'aimait pas autant qu'il l'avait prétendu ? Je ne voulais pas le perdre ! Je ne le supporterais pas.

- Bella, tout va bien ma chérie... calme-toi. S'il te plait, respire... calme-toi... chut...

Je me laissai aller contre mon père essayant de trouver un rythme cardiaque normal. Mes tremblements se calmèrent, mon souffle se fit régulier et mes pensées plus cohérentes. Je me sentais terriblement mal d'avoir fait subir ça à mes parents. J'avais réussi à leur épargner mes cauchemars aussi violents soient-ils. Faible, je laissai tomber ma tête sur l'épaule de mon père qui m'enveloppa de ses bras. J'étais dans un cocon. Il chuchota doucement à mon oreille.

- Est-ce que ça va mieux ?

- Je suis désolée papa...

- Chut... ma petite fille... ça va aller mon petit oiseau. Tout va bien.

Je souris sincèrement à ce surnom en me rappelant du jour de son attribution. J'avais 6 ans, je mangeais très peu et mon père s'en était plein. Il m'avait accusée d'avoir un appétit d'oiseau, j'avais alors répondu en battant des cils : « Oui mais ton petit oiseau à toi papa ». Il avait était si attendri qu'il m'avait laissée tranquille après m'avoir répondu : « Oui, mon petit oiseau à moi que j'aimerai toujours » Ce surnom était resté, mais il ne le disait que rarement. Seulement pour me dire à quel point il m'aimait et qu'il serait toujours là pour moi quand j'avais besoin de l'entendre.

- Renée, elle va bien. Tu peux aller lui chercher de l'eau ?

- Oui, oui bien sûr. Oh mon bébé...

Maman disparut et je me redressai pour regarder mon père. J'avais honte et baissais les yeux devant lui, il me releva la tête en posant deux doigts sous mon menton.

- Est-ce que ça arrive souvent ?

- Non.

- Isabella ?

Je grimaçai, inutile de mentir à l'inspecteur Swan. Je chuchotai honteuse, je savais que j'allais lui faire de la peine.

- Toutes les nuits depuis décembre.

- Seigneur Bella. Pourquoi n'avoir rien dit...

- Je ne voulais pas vous embêter.

- Ma chérie, nous sommes là pour ça. Nous sommes tes parents, nous devons te protéger, être là pour toi... De quoi tu rêves ? L'agression ?

Je hochai la tête et entendis maman revenir vers nous.

- Ne dis rien à maman. Je t'en prie papa... elle sera morte d'inquiétude et invivable.

- Bella...

- S'il te plaît.

- Nous n'avons pas fini d'en parler. Mais je ne lui dirai rien... pour le moment.

Je le remerciai en silence alors que maman s'assit à côté de moi en me tendant un verre d'eau. Elle était complètement paniquée. Oh ma pauvre maman.

- Tiens mon cœur. Est-ce que ça va ? Ma pauvre chérie...

- Je vais bien. Je suis désolée pour ça... je... dois être préoccupée par mon rendez-vous de demain devant le notaire. Je ne sais pas.

Ma mère écarta une mèche de cheveux collée à mon front et je bus le verre d'eau. Je mourrais de soif. Je reposai le verre tout en soupirant. J'avais grandement besoin d'une douche. Mon père semblait perdu dans ses pensées et ma mère affichait toujours un air horrifié.

-Tu te souviens de ton rêve ma puce ?

- Non maman... je ne... j'en sais rien.

- Tu appelais Edward...

Oui maman... parce qu'il me quittait en me laissant avec mes agresseurs. Je pris cependant un air surpris.

- Je ne sais pas... je suis un peu perdue... je crois que je vais aller prendre une douche. Ça va me faire du bien.

- Oui. D'accord. Vas-y ma puce.

J'essayai de sourire à ma mère mais ça ressembla plus à un rictus qu'autre chose. Un peu hagarde, j'allai jusqu'à la salle de bain où je me déshabillai. Je frissonnai en repensant à ce cauchemar. « Tu es trop de problèmes pour moi » Et si c'était vrai ? Et si mes soucis nous séparaient, s'il en avait marre ? Il me quitterait... et je ne serais plus rien. Non ! C'était un rêve ! Un mauvais rêve ! Nous nous étions disputés et mon inconscient me montrait mes pires craintes ! Rien n'était vrai ! J'avais inventé tout ça !

J'entrai sous la douche, mis l'eau la plus chaude possible et me positionnai sous le jet brûlant qui mordit la peau. Peu à peu, je me détendis, mes épaules se relâchèrent, délestées de toutes mes angoisses. Je ne tardais pas trop, mes parents devaient m'attendre. Mon père allait sûrement me passer un savon à la première occasion venue, parce que je ne lui avais pas parlé, ma mère mettrait du temps à se remettre de mes hurlements. Je me détestais à l'idée d'être une source d'angoisse pour eux.

En retournant dans le salon, je découvris ma mère, sanglotant dans les bras de mon père. Elle disait n'avoir jamais eu aussi peur pour moi depuis l'agression, qu'elle n'oublierait pas la violence de ce cauchemar. Mon père la berçait en lui répétant que ce n'était qu'un mauvais rêve et que j'allais bien. Mais je voyais qu'il n'y croyait pas. Je m'approchai alors d'eux et pris moi aussi maman dans mes bras. Elle changea de position pour se blottir contre moi, me serrant fort.

- Maman, je vais bien. Je suis désolée... ne pleure pas... Je t'en prie.

- De quoi rêvais-tu ? Tu hurlais le prénom d'Edward... tu... tu appelais au secours... Il te fait du mal Edward ?

- Non maman ! Je ne sais pas de quoi j'ai rêvé mais Edward ne me fait pas de mal. Au contraire.

- Tu... veux qu'on l'appelle ?

- Non. Il doit dormir. Laissons-le. Je crois qu'on devrait tous dormir. Je me sens épuisée.

- D'accord ma puce. Tu veux que je reste près de toi ?

- C'est gentil mais ça va. Je t'en prie maman... ne t'en fais pas.

- Impossible mon bébé... depuis ce jour, j'ai peur à chaque heure, chaque minute et chaque seconde qui passe pour toi. Je t'aime tellement.

Oh maman... Je fermai les yeux et nichai ma tête dans son cou. J'étais si désolé fallait que je leur montre que j'allais bien, même si ce n'était pas le cas. Il fallait que je me montre forte. Je pris l'air le plus assuré possible et me redressai pour parler d'une voix calme.

- Allez... maintenant au lit.

- Oui. Couche-toi mon ange. Charlie, lève-toi qu'elle s'allonge. Est-ce que tu es bien installée sur ce truc au moins ?

- Oui.

Je m'allongeai et ma mère me borda avant d'embrasser mes deux joues et mon front.

- Je t'aime ma fille.

- Moi aussi maman.

Elle caressa mes cheveux tendrement avant de se reculer, Mon père se contenta d'embrasser mon front, me regardant d'un air triste.

- Je t'aime aussi Bella.

Je lui souris en lui murmurant que moi aussi je l'aimais. Puis il prit ma mère par l'épaule pour la conduire dans la chambre. Je n'arriverais pas à m'endormir, je le savais. Je savais aussi que mes parents allaient guetter le moindre bruit de ma part. Il fallait donc que je reste sagement allongée. Je m'en voulais vraiment d'avoir oublié mon téléphone et ma tablette chez Edward. Je n'avais rien d'autre à faire que d'attendre.

Après ce qui m'avait semblé une éternité, je me levai, il était 6h30. Je décidai de préparer le petit-déjeuner. J'avais faim. À 7h, mon père et ma mère sortirent de la chambre. Je fus soulagée qu'ils sortent tous les deux, j'avais eu peur de devoir subir l'inquisition de l'inspecteur Swan de bon matin. Ils me remercièrent pour le petit-déjeuner. Nous mangeâmes en silence, maman n'étant pas matinale surtout en vacances. J'allai ensuite me préparer, je décidai de mettre un tailleur pantalon, pas de jupe ni de robe aujourd'hui. Je me coiffai comme à mon habitude, queue de cheval bien lisse. Je mis les premières chaussures noires à talon qui passaient et retournai dans le salon.

Maman se prépara alors en vitesse pendant que je prenais le peu d'affaires que j'avais emportées avec moi. Il fallait que je laisse le chat ici. Mes parents me le rapporteraient ce soir à l'appartement d'Edward. Enfin si le dîner tenait toujours et si je dormais là-bas... je ne savais pas. Je secouai la tête. Je m'aperçus alors que mon père m'observait. Il n'avait toujours rien dit et ça m'angoissait, il pouvait aborder le sujet n'importe quand et l'angoisse de l'attente me rendait nerveuse. Je lui souris alors que maman apparaissait dans le salon.

Je partis alors à pied jusqu'au bureau en compagnie de ma mère. Elle discuta de tout et de rien avec moi, mais je savais qu'elle continuait de s'inquiéter et que mine de rien, ses questions étaient faites pour estimer mon état. Je ne me laissais pas avoir. Quand j'entrai dans le hall, j'allai demander à Heidi un pass visiteur pour maman, puis je passai les portiques de sécurité tout en saluant poliment les agents de sécurité. Pour une fois, ma mère était totalement muette, impressionnée je crois. Arrivées à l'étage de E.C Design, je saluai Angela.

- Bonjour Isabella. Madame.

- Angela, voici ma mère Renée. Maman je te présente Angela.

- Bonjour...

Je n'aurais jamais cru maman aussi timide. Peut-être que le luxe des lieux l'impressionnait. Que dira-t-elle en voyant l'appartement d'Edward... ou la maison des Cullen demain soir. Je repris la parole, je n'avais pas beaucoup de temps et j'en avais perdu en attendant pour obtenir un badge visiteur à l'accueil.

- Angela, je viens chercher le courrier et quelques dossiers. Il y a quelque chose de particulier ?

- Quelques dossiers d'Emmett qu'Esmée ne peut pas gérer, il a envoyé un mail à son assistante pour dire qu'Edward devait s'en charger. Il y a quelques cadeaux de bon rétablissement aussi. Le courrier est ici avec les dossiers d'Emmett.

- D'accord. Je vais dans le bureau et je les récupères. Merci Angela.

Je fis signe à maman de me suivre, elle me regarda en fronçant les sourcils.

- Quoi ?

- Je te trouve sèche et dure Bella.

Je ne répondis pas. Oui je l'étais, inutile de le nier. Nous traversâmes les bureaux sans que personne ne me salut, je m'en fichais. Je croisai même Tanya qui me lança un regard noir avant de s'enfermer dans son bureau. Rentre te cacher sorcière !

- Voilà, c'est ici que je travaille. Et voilà le bureau d'Edward.

- C'est grand dits donc... et luxueux.

- Oui.

J'allumai l'ordinateur d'Edward et le temps que ce dernier se réveille, j'allai chercher les documents dont j'avais besoin pour la journée de travail. Je vérifiai que tout était complet quand ma mère gloussa. Je me tournai vers elle en l'interrogeant du regard.

- Le fond d'écran est adorable et il change toutes les minutes.

Oh non... je m'installai sur le fauteuil face à l'ordinateur où une photos de moi endormie où Brad Pitt était lové contre moi, la tête dans mon cou, était affichée. Je ne pus retenir un petit sourire, cependant j'ignorais de quand datait cette photo. C'était chez moi en tout cas. La suivante apparut, Edward et moi sur le ponton de la piscine de ses parents. Sur le cliché, je souriais, heureuse alors qu'il embrassait ma joue. Ma mère lâcha un « Oh » émue et je me rappelai que je n'avais pas de temps à perdre.

Je triai ses mails professionnels et mis en priorité ceux qui devaient l'être. J'étais douée pour savoir ce qui était important ou pas et ça lui évitait de perdre du temps le matin. Tant que j'y étais, j'en fis autant avec ma propre boite de réception. Normalement, je n'avais pas à m'occuper de ses courriels mais je pensais être assez proche de lui d'un point de vue professionnel et personnel pour me permettre une telle action. Ce qui ne l'empêchait pas de regarder quand même entre deux rendez-vous ou dossiers.

Alors que maman se promenait dans le bureau pour observer les différentes peinture ou photos de la pièce, je terminai en vérifiant les messages vocaux. Normalement, tous ses appels étaient transférés sur son portable mais on ne sais jamais, je préférais être prudente. Une dernière vérification rapide plus tard, je me levai après avoir tout éteint et récupéré.

- Maman j'ai fini.

- D'accord. C'est une très belle pièce. Edward a du goût.

- C'est sa mère qui a décoré.

- Elle a fait tout l'étage ? Chaque bureau ?

- Je suppose oui.

- J'aime beaucoup. Mais je doute d'avoir les moyens de faire appel à eux.

Je souris et nous sortîmes du bureau. Esmée s'avança alors vers nous, visiblement, elle venait tout juste d'arriver. Elle me sourit chaleureusement après avoir lancé un regard étonné à ma mère.

- Isabella, bonjour.

- Bonjour Esmée. Je vous présente ma mère Renée. Maman, voici Esmée Cullen.

Esmée tendit la main à ma mère que cette dernière serra en souriant.

- Ravie de faire votre connaissance, Renée !

- Moi de même. Je viens juste de dire à Bella que je trouvais votre travail remarquable !

- Merci.

Je me sentis obligée de justifier la présence de ma mère dans les locaux.

- J'espère que ça ne vous ennuie pas, Esmée, d'avoir emmené ma mère avec moi ce matin. Elle était curieuse de voir ou je travaillais et je...

- Tout va bien Isabella, ça ne me gêne nullement. Je voulais vous voir pour demain. Laurel est folle de joie. À quelle heure devons-nous l'amener ?

- Nous embarquons à 11h, il y a 2h de bateau jusqu'aux îles San Juan et une escale de 3h puis le retour à Seattle.

- Où embarquez-vous ?

- Port de Seattle, quai 69.

- Vers 10h00 au port ? Carlisle la conduira.

- Parfait. Le retour devrait se faire aux alentours de 18h.

- Edward n'aura qu'à vous prendre pour ensuite venir à la maison.

- Oui.

- Parfait. Je vous laisse, j'ai une réunion. Renée ce fut un plaisir. Je vous dis à demain soir.

Maman parut étonnée. Je n'étais pas sûre de lui avoir dit que nous étions invités chez les Cullen pour dîner. Cependant, elle répondit par l'affirmative et Esmée s'éloigna de nous en souriant. En retournant vers l'accueil, je fis une moue d'excuse à ma mère.

- Je crois que j'ai oublié de te dire que demain soir nous sommes tous invités à dîner chez les Cullen.

- Effectivement, tu as oublié. Il me faut une tenue, je n'ai rien. Ils ont l'air si chic !

- Tu seras parfaite maman. Pas la peine de t'habiller pour les oscars.

Elle me sourit et je récupérai auprès d'Angela les deux cartons de courriers, cadeaux et dossiers destinés à Edward. D'ailleurs, elle m'interrogea sur la santé de notre patron.

- Est-ce qu'il va mieux ?

- Oui, lundi, il sera de retour.

- Salus-le de ma part. C'est triste ici sans Emmett et lui... Bonne journée.

- Merci à toi aussi.

J'appelai ensuite l'ascenseur en discutant d'une tenue pour demain. Ma mère ne lâcherait pas le morceau, elle voulait une robe de cocktail, je l'en dissuadai et lui conseillai plutôt une robe simple, légère avec une veste et des ballerines. N'oublions pas que nous n'aurons pas le temps de nous changer après notre excursion. En arrivant dehors devant l'immeuble, je ne fus qu'à moitié surprise de voir Paul. Il s'avança vers nous.

- Bonjour Mademoiselle Swan.

- Bonjour Paul. Edward est là ?

Je savais pertinemment que non.

- Il m'a envoyé vous chercher.

- Je me débrouillerai merci. Je dois passer au Starbuck encore, et raccompagner ma mère.

- Monsieur Cullen a insisté.

Et peut-être même qu'il l'avait menacé. Je ne voulais pas mettre Paul dans une situation délicate, ni faire une scène devant ma mère. Ainsi j'acceptai.

- D'accord. Mais uniquement pour que vous n'ayez pas d'ennuis Paul. Après tout, vous faites ce qu'il demande. Il vous a dit quelque chose hier soir ?

- Rien que je n'ai mérité qu'il me dise.

- Paul, je suis navrée.

Comme réponse, il me sourit et prit les cartons que je tenais toujours pour les mettre dans le coffre. Il ouvrit ensuite la portière pour nous laisser monter dans la Berline. Le Starbuck était tout à côté, encore une fois, maman m'accompagna. Je pris la commande habituelle d'Edward qui mit une éternité à arriver avant de retourner à mon appartement.

- A ce soir maman. Je pense que Paul viendra vous chercher.

Je lançai un regard au chauffeur dans le rétroviseur qui me confirma d'un bref hochement de tête que j'avais vu juste. Maman embrassa mes joues avant de me serrer contre elle.

- Bonne journée chérie. Je pense que je vais aller faire les magasins aujourd'hui. Ton père va adorer ça !

- Pauvre papa. N'hésite pas à m'appeler si besoin.

- Promis, oui.

Paul descendit alors de la voiture pour ouvrir à maman. Elle le remercia, m'envoya un dernier baiser avant d'entrer dans l'immeuble. Je soupirai et tandis que la voiture démarrait, je regardai l'heure. 9h. Merde, j'étais en retard !

- Paul, Edward est comment ce matin ?

- Je ne saurais vous le dire.

- De 1 à 10 sur l'échelle de la colère ?

- 9

Je grimaçai.J'étais dans le pétrin. Je m'en fichais ! J'assumais mes propos et mes actes... d'un autre côté, j'avais peur qu'il me quitte. Devais-je me mettre à genoux en arrivant pour le supplier de ne pas me laisser. Non, j'avais plus de fierté que ça. S'il me quittait, eh bien... je suppose que je fuirais l'état de Washington et partirais dans le fin fond de l'antarctique afin d 'étudier les colonies manchots. J'avais terriblement peur. Bon, je ne partirais pas vraiment vivre avec les manchots mais perdre Edward me terrifiait. Surtout après le rêve de cette nuit.

Paul arriva au parking de l'immeuble d'Edward. Il était presque 9h30. Il allait être encore plus en colère. Il m'aida à porter les affaires et plus l'ascenseur montait plus mon corps était en alerte. Paul essaya de me réconforter avec un regard compatissant tout en ajoutant ;

- Si je peux me permettre... il tient à vous.

- Parfois ça ne suffit pas. S'il vous plaît, s'il me tue, n'enterrez pas mon corps au milieu des bois. Rendez-moi à mes parents.

- Mademoiselle !

Il me lança un regard sévère que j'ignorai et les portes s'ouvrirent. J'avançai dans le vestibule, suivie de Paul. Edward était dans le salon, j'entendais le piano, un air triste. Quand je le vis enfin, je remarquai qu'il portait un pantalon de costume ainsi qu'une chemise, il avait une posture voutée, pas du tout celle d'un bon pianiste. Il leva alors les yeux vers moi et d'un hochement de tête, congédia Paul. Ce dernier posa les affaires qu'il portait sur une console du salon et me laissa après un sourire d'encouragement.

Il s'arrêta de jouer et posa ses mains jointes sur le haut de son piano. Il m'étudia, le visage impassible. Ses yeux étaient cernés et fatigués, il était pâle aussi. Même s'il était bien habillé et coiffé comme d'habitude, il n'avait pas fière allure. Il finit par se lever, il était grand, intimidant, j'osais à peine respirer, il continua de me fixer, le regard dur et sombre. Il était en colère, c'était évident mais je vis aussi de la peine. Je lui avais fait du mal. Lui aussi m'en avait fait. Nous étions quittes. Quand il parla, ses mots furent secs, cassants avec une froideur que je ne lui connaissais pas.

- Tu es en retard !

- Je... suis désolée, il y avait du monde et je...

- Je m'en fous ! Tu es en retard d'une demi-heure ! Tu décales toute ma journée et ça m'emmerde ! Et impossible de te joindre ce qui est encore plus inacceptable !

- Je sais, pardon.

- Je vais dans mon bureau. Si dans cinq minutes, tu n'y es pas pour qu'on voit ensemble ma journée, tu dégages !

Et il partit. Oh putain... oh putain de merde... Je repris mon souffle, choquée par cette échange. Voulait-il dire que nous n'étions plus ensemble ? Mon Dieu, mon cauchemar prenait vie. Je n'avais, hélas, pas le temps de réfléchir à tout ça, je pris les cartons, les dossiers et son petit-déjeuner. Je récupérai également ma tablette, laissée dans la cuisine. Les bras chargés, j'arrivai dans le bureau. Je lui posai son café et son cookie devant lui, sans un regard, et débutai.

- Emmett a demandé à son assistante de vous faire parvenir quelques dossiers qu'il faut gérer durant son absence. Ils sont ici mais il n'a pas été spécifié de quelle affaire il s'agissait précisément.

J'étais volontairement passée du « Tu » au « Vous » tant que je ne savais pas où nous en étions, je ne voulais aucune familiarité. Ce changement ne passa pas inaperçu car il me foudroya du regard après que j'aie prononcé le « Vous » il me répondit ensuite.

- Et le demander était trop difficile ? Je me débrouillerai, l'assistante d'Emmett a dû faire son boulot correctement, elle. Ensuite ?

- Je... j'apporterai le courrier quand il sera trié. J'ai mis en évidence les mails qui nécessitent votre attention en priorité. Concernant la journée, je vous ai apporté les dossiers des contrats à traiter. Ils sont classés, du plus urgent au moins urgent. Vous avez aussi quelques cadeaux pour vous souhaiter bon rétablissement. Tout est dans ce carton.

Je désignai du doigt le carton en question, rempli de cadeaux. Il hocha la tête.

- Enfin quelque chose de bien fait.

Encore une remarque et je me jettais sur lui pour le frapper.

- Je ne veux plus recevoir d'appel ou de mail de la part Rolland. Il nous a harcelé pour un rendez-vous, il l'a eu et ne me propose que des idées de merde. Je ne veux plus entendre parler de lui.

- D'accord. Autre chose ?

- Pas pour le moment.

- Très bien.

Je sortis du bureau avec le courrier. Je m'arrêtai dans couloir. Je ne savais pas où aller travailler. Il fallait que je sois relativement près de lui au cas où il m'appelle. Le salon et sa chambre me paraissaient trop loin. Cependant, je n'avais pas le choix. Le salon l'emporta et je priais pour l'entendre s'il avait besoin de moi. Le temps que mon ordinateur s'allume, je trias machinalement le courrier. Comment en étions-nous arrivés là ? Pour des bêtises en plus. Mais il avait été méchant, têtu, obtu et imbu. Un gros con en somme.

D'un autre côté, je crois qu'il me testait. Il voulait certainement me voir craquer, il voulait des excuses et s'imaginait qu'il devait me pousser à bout pour les obtenir. Au final qu'avais-je fait de mal ? Juste râler parce qu'il avait fouillé dans mon téléphone et modifié mes sonneries sans m'en parler, ni avant ni après l'avoir fait. Hélas, ça s'était passé devant ses parents mais je trouvais mon énervement et mon agacement justifié à ce moment-là. Ensuite, j'avais juste refusé que Paul passe sa soirée dans la voiture à m'attendre et décidé, au final, de changer mes plans. Où était le mal ?

Non, lui était monté tout de suite sur ses grands chevaux. Aucune discussion possible, un contrôle total. Personne ne me contrôle ! S'il n'était pas capable de comprendre ça, tant pis pour lui ! Je ne céderais pas, quoi qu'il m'en coute. Je ne présenterais aucune excuse alors que je n'avais rien à me reprocher. À la limite, j'étais d'accord pour lui demander pardon d'avoir oublié mon téléphone et ma tablette, ainsi que d'être arrivée en retard ce matin, mais c'est tout ce qu'il obtiendrait de moi.

Le courrier trié, je le lui apportai, enveloppes ouvertes et classées par ordre d'importance. J'entrai et sortis dans l'indifférence la plus totale. Je ne lui fis passer que les lettres de nos clients, fournisseurs, investisseurs ou en relation avec son centre. Le reste, je me le réservais. Si c'était important, je donnais, sinon poubelle. Par exemple, j'avais là une invitation à un gala, je la mis de côté. Puis j'ouvris une demande d'enquête sur les qualités de service d'une entreprise de paysagiste que nous avions embauchée pour un devis sur l'un de nos chantiers. Edward se moquait bien de cette enquête de satisfaction. Poubelle.

Une fois cette tâche terminée, je m'attelai aux mails. Je dus répondre à Monsieur Edgar Rolland que Monsieur Edward Cullen ainsi que l'entreprise E.C Cullen ne souhaitaient pas faire affaire avec lui. Il m'avait encore envoyé 2 mails en 1h pour me supplier de lui obtenir une nouvelle chance auprès de mon patron. Ça faisait des semaines qu'il me demandait un rendez-vous, il était soi-disant expert en énergie renouvelable. C'était à la mode en ce moment, alors Edward avait fini par accepter un entretien, histoire de voir ce qu'il avait à vendre. Mais apparemment, ça n'avait pas fonctionné. Je n'aimais pas trop envoyer balader les gens, mais aujourd'hui ça ne me posait aucun souci. Au contraire.

Étrangement, la matinée se passa calmement. Peut-être qu'en souvenir de nos moments ensemble, Edward avait décidé de ne pas trop s'acharner sur moi. Je ne le vis presque pas. Uniquement quand je lui apportai le reste du courrier et des documents à lui faire signer. J'avais également vérifié mon téléphone, j'avais un appel manqué d'Edward, juste après être partie avec Brad Pitt sous le bras. J'avais un message d'Alice qui venait aux nouvelles mais je n'avais pas la force de lui répondre. A 12h, il me convoqua dans son bureau. Il était en train de ranger quand j'entrais. Il me lança un regard sans expression avant de poursuivre sa tâche.

- Je sors déjeuner avec ma mère. Nous devons parler d'un client et de New York. Paul m'accompagne. Il faut te déposer quelque part ?

- Non.

- Très bien. La femme de ménage est passée ?

- Non.

- Alors elle ne va pas tarder. Je reviens pour 14H.

- D'accord.

- Il faudra ensuite que nous discutions ensemble. Quand je rentre nous aurons un entretien.

- Un entre... très bien monsieur.

Cette fois, c'était fichu. Il allait me quitter et me virer. Il hocha la tête d'un air entendu et sortit de la pièce puis de l'appartement. Est-ce possible que je vienne de tout perdre en à peine 24H ?


Bon voilà...

Désolée pour celles qui attendaient le testament.

Promis, il sera là la semaine prochaine. Croix de bois, croix de fer si je mens je vais en enfer.

Bisous à toute.

à la semaine prochaine

Lexi