Chapitre 35 : Mr Magic fingers
-Bella ne fait pas l'enfant !
Je songeais quelques secondes à l'ironie de cette phrase lorsqu'elle était prononcée par la lutine.
-Mais j'en veux encore...Me plaignis-je en tirant de toute mes forces vers moi.
-Mais bon dieu ! Lâche !
-Non.
-Bella. Menaça t-elle. Lâche ça tout de suite !
-Mais...
-Bon sang, Bella. Lâche ce pot de glace ! S'impatienta t-elle.
-NOOOOOOOOON ! Pleurnichais-je alors que le petit récipient si précieux à mes yeux me glissait des mains.
-Ah ! Enfin. Monte maintenant, le charmant masseur t'attend.
-Elle n'a peut-être plus envie. Hasarda Edward.
-Ne prend pas tes rêves pour des réalités sale conducteur de Volvo. Bella en meurt d'envie. N'est-ce pas ? Dit-elle en me vrillant de son regard.
Je me faisais toute petite au centre des regards d'Edward et Alice. Je calculais mes chances de survies face à ses deux prédateurs et lequel serait le plus insupportable si non satisfait... Alice bien sur! Jamais Edward ne pourrait me faire la tête plus de...30secondes ? Je fis tout de même un pas en arrière, périmètre de sécurité exige.
-Je vais y aller. Dis-je d'une toute petite voix en pointant mon pouce derrière ma tête.
Edward laissa fleurir un sourire sur ses lèvres qui ne laissait rien présager de bon pour moi et encra son regard dans le mien. Que Dieu me pardonne de vénérer une toute autre divinité que lui en cet instant et avant qu'il me vienne en aide !
-Je pourrais te masser moi même...Proposa t-il avec une lueur, qui ne devrait pas être permise en public, dans le regard.
Je déglutissais et serrais les mâchoires pour retenir le cri affirmatif qui voulait jaillir de mes lèvres. Alice s'interposa entre Edward et moi. Je fixais mon regard sur son dos pour m'empêcher de regarder Edward par dessus l'épaule de ma meilleure amie. Celle-ci agitaitnerveusement ses bras devant elle comme pour dissiper une odeur dans l'air ou dans le cas présent chasser Edward.
-Vas-y Bella, j'te couvre ! Dit Alice parfaitement sérieuse.
Je laissais échapper un rire en même temps qu'Edward, le sourire jusqu'aux oreilles, faisait un pas sur le côté. Alice fit de même avec une lenteur calculée. Je souris une dernière fois en regardant leur ballet si particulier, me demandant s'il y avait une chance que l'un d'entre eux le remporte un jour, puis me dirigeais vers l'étage.
C'est devant la porte de chambre d'Edward que l'appréhension prit possession de moi. J'essayais de me rassurer en planifiant rigoureusement ce qui allait se dérouler dans cette pièce, de mes gestes, paroles, aux différentes façons que le masseur aurait d'y répondre.
Je tentais de me préparer à toutes éventualités pour ne pas être surprise et me trouver dans une situation embarrassante.
Je levais la main pour frapper le bois de la porte, hésitais, la baissais, la relevais de nouveau pour encore une fois interrompre mon geste.
Je replaçais mes cheveux derrière les épaules, tendais ma main vers la poignet et me figeais avant de toucher le métal. Je me grondais intérieurement pour mon attitude ridicule.
Je réajustais mon peignoir, soufflais tout en fixant le panneau de la porte devant mes yeux. Devais-je toquer pour rentrer dans ce qui était comme ma propre chambre ? Ou tout simplement entrer ?
Je finis par me décider pour une solution intermédiaire. Je pris une profonde inspiration pour m'insuffler un peu de courage. Il me fallait plus de temps de préparation pour faire face à un masseur qu'à un vampire sadique, complètement ridicule... Seulement dans le second cas j'avais l'adrénaline de mon côté...
Je cessais de tergiverser pour gagner du temps et je levais mon poing pour porter un unique coup contre le battant de bois puis sans attendre de réponse ouvrais doucement la porte.
Le jeune homme finit d'ajuster une longue serviette blanche sur la table de massage et se tourna vers moi, un sourire rassurant au coin des lèvres. Je lui rendis timidement, prostrée, la poignée toujours en main.
-Entrez et fermez la porte. (Me voyant tendue) Faite comme chez vous. Plaisanta t-il.
J'obéis mais restais loin de lui. Il me regarda et laissa échapper un rire.
-Bon. Dit-il en s'avançant énergiquement dans ma direction. Je suis Lorenzo, pour vous servir.
Je serrais la main qu'il me tendait et lui souriais plus sincèrement bien que mon cœur pulsait nerveusement dans ma poitrine.
-Détendez-vous Bella...
-Comment connaissez-vous mon prénom ?
-Oh. Votre amie est très bavarde. Sourit-il.
Je levais les yeux au ciel en souriant à mon tour alors qu'il me guidait jusqu'à la table. Il me tourna le dos en s'écartant. Après quelques secondes à attendre et fixer son dos je compris que c'était le signal pour retirer mon peignoir. Je le fis très rapidement dans la crainte qu'il ne se retourne alors que je n'étais pas encore allongée.
Ce ne fut pas le cas, quand il revint vers moi j'étais sur le ventre, tendue, légèrement relevée sur mes avant bras. Lorenzo me sourit et je pouffais quand je le vis me détailler rapidement.
-Que se passe t-il ?
-Oh rien. Ris-je doucement. Je songeais juste que vous deviez être déçu de ne pas avoir à vous occuper de Rosalie.
-Rosalie ?
-La superbe blonde que vous...admiriez remonter les marches.
-Ah. Rougit-il légèrement en baissant les yeux. Et bien moi, je ne suis pas déçu. Sourit-il en me fixant.
Ce fut à mon tour de rougir en même temps que je perdais le peur d'assurance gagnée. Je l'avais bien cherché celle là.
Lorenzo me fit allonger complètement et étendre mes bras de part et d'autre de mon corps. Je l'entendis se frotter les mains pour chauffer l'huile. Je fermais les yeux pour ne pas penser que c'était un parfait inconnu qui passait ses mains sur mon dos.
-Détendez-vous. Murmura t-il en appuyant plus fermement sur mes épaules.
J'entendis provenir du rez de chaussée des notes de piano et je souris bien que la musique semblait plus avoir pour but de servir d'exutoire que d'accompagner mélodieusement ma séance de détente. Apparemment Alice et Edward avait abandonné leur petite lutte et mon fiancé se changeait les idées en jouant du piano.
Il jouait une partition inconnue à mes oreilles et il me semblait bien que pour celle d'Edward également. Il composait sur l'instant et si c'était ses émotions qu'il illustrait en musique, j'étais heureuse de ne pas être à ses côtés pour voir sa mine furieuse.
Puis sans raison apparente, créant une étrange coupure dans la musique, celle-ci s'apaisa. Je me laissais bercée tout en savourant les mains expertes de mon masseur d'un jour.
Inconsciemment je me raidis quand ses mains quittèrent mon dos pour s'aventurer sur mes cuisses, passant rapidement sur mes fesses. Comme suivant mon malaise les notes de piano s'intensifièrent et devinrent rageuses là où moi je gesticulais embarrassée.
Me forçant à admettre que Lorenzo ne faisait rien de déplacé, que lorsqu'il passait sur des zones plus « sensibles » il le faisait rapidement et professionnellement, je pus de nouveau me détendre, laissant même échapper un soupir de bien être.
La musique qui ne faisait que s'intensifier raisonnait violemment dans la maison jusqu'à ce que subitement dans un dérapage de notes incohérentes tout pris fin, laissant un silence étrange après ces dernières fausses notes. Je crus entendre une porte claquer mais je n'y fis pas attention car Lorenzo s'attaquait à mes pieds et involontairement je le lui arrachais des mains en riant, manquant de lui envoyer mon talon en pleine figure.
-Tout doux. Rit-il en esquivant de justesse le coup.
-Désolé. Répondis-je rapidement en rougissant.
Je me crispais alors qu'il reprenait mon pied en main pour poursuivre le massage. Je retenais ma respiration, contractais tout mon corps et serrais la mâchoire. Malheureusement rien n'y fit je pouffais puis riais bruyamment. J'entendis un rire dans mon dos mais comme il n'interrompit pas sa douce torture je me retournais sur le dos et remontais mes pieds jusqu'à moi. Rapidement je plaçais un bras en travers de ma poitrine en réalisant mon erreur de m'être ainsi déplacée. Lorenzo m'adressa un sourire malicieux en levant les paumes face à moi.
-Très bien, je n'insiste pas. Puisque vous vous êtes retournez de vous même je vais poursuivre le massage de ce côté.
-Déjà ? M'étonnais-je.
-Je ne suis pas sur que le virtuose du rez de chaussée pense la même chose. Sourit-il. (Je souris gênée en réalisant qu'il avait parfaitement compris le pourquoi de la composition d'Edward) Et puis je n'ai été demandé que pour deux heures. (Il regarda sa montre) Il vous reste approximativement trois quart d'heure pour profiter de cela. Dit-il en agitant ses doigts. A moins que...Débuta t-il avec une expression étrange sur le visage, je compris l'allusion mi-sérieuse, mi-joueuse.
Je riais pour désamorcer la situation et échapper à cette étrange atmosphère.
-Trois quart d'heure, ce sera parfait et ce sera tout. Insistais-je doucement en souriant.
-Comme vous voudrez...Allongez-vous.
Je le fis mal à l'aise en essayant de cacher un maximum ma poitrine. Je fus rassurée quand Lorenzo approcha, une petite serviette pliée en main et qu'il la déposa sur mon bras en détournant le regard, me laissant la placer moi-même sur ma poitrine. Je fermais les yeux et perdis la notion de temps et d'espace. Je sentais des caresses relaxantes sur l'ensemble de mon corps, comme si les mains du masseur était partout à la fois. M'habituant à son touché, je ne me crispais même plus par la suite lorsqu'il s'attaquait à mon ventre. J'avais l'impression d'être complètement déconnecté de mon corps, c'était purement jouissif.
Je laissais échapper une sorte de gémissement de contentement quand ses mains massèrent mon visage et mon cuir chevelu. J'aurais les cheveux gras, c'était indéniable mais bon dieu comme je m'en fichais. Le doux silence de la pièce s'emplit progressivement du léger fredonnement, je pense inconscient, de Lorenzo. Il ne m'en fallut pas plus pour m'assoupir, sans craintes aucunes, ce qui n'était pas arrivé depuis quelque temps.
Toutefois mon réveil fut plus agité...
