Que les choses sérieuses commencent. Encore un chapitre sous l'influence d'une musique. Pour ceux que ça intéressent, c'est Skrillex - Alvin Risk "Try It Out". Prêt pour la danse ?

Bonne Lecture !


]Chapitre Trente-Six[

POV Roy Mustang

Le couché de soleil était magnifique à cette heure-ci. Il devait être sept heures du soir quand nous avions terminé de disposer nos rangs. Il n'y avait qu'une allée centrale et deux cul-de-sac dans cette rue. Le seule moyen d'en arriver était de passer par le centre de la ville. L'autre façon d'en partir, nous la bloquions actuellement.

Des soldats habillés en civils nous faisaient un rapport depuis le centre où ils étaient éparpillés dans les bars et les restaurants. Nous ne doutions pas que l'arrivée d'Edward ou des homonculus ne serait pas discrète. Je ne cessais de me demander combien d'entre eux nous allions devoir affronter. J'attendais, en face de mon ancienne maison brûlée et détruite. Oui, décidément ce point de rendez-vous n'avait rien d'innocent. Que voulait-il me faire passer comme message ?

Il commençait à faire très froid en ce début de soirée. J'avais pris soin de prendre mon beau manteau noir et une paire de gants en plus m'attendait dans ma poche en cas d'urgence. J'en avais déjà mis aux doigts et je ne cessais de repenser à l'autre soir, tendis qu'Edward avait brûlé ma maison sans avoir besoin d'eux...

Je me demandais furtivement si Solf J Kimblee serait là. Il serait certain que les soldats en perdraient la face de la lune et se poseraient beaucoup de questions.

"- *Tssssh* Mouvement en approche, mon Colonel, quatre personnes arrivent. Trois hommes et une femme. *Tsssssssh*"

Je serrais le talkie-walkie dans ma main que je rapprochais de ma bouche;

"- Bien reçu."

J'étais tendu et crispé. Rien ne semblait vouloir calmer cette souffrance grandissante dans mon estomac. Je me penchais vers le Généralissime à ma droite;

"- Ils ont repérés un groupe de quatre personnes qui arrivent dans notre direction. Trois hommes et une femme.

- Est-ce qu'ils en reconnaissent ? me demanda Grumman"

C'était une très bonne question à laquelle je n'avais pas songé, trop préoccupé et certain qu'Edward faisait partie de la meute de toute manière. Je relevais le talkie-walkie vers mes lèvres;

"- Est-ce que vous reconnaissez quelqu'un ?"

Le soleil couchant dans mon dos me brûlait la nuque. Je ne cessais de fixer l'horizon de la rue qui coulait en direction du centre.

"- Oui, me répondit un des soldats, il y a le FullMetal en approche..."

Il s'interrompit mais sa réponse ne m'étonnait même pas. Il reprit;

"- Il y a aussi son frère, je crois, Alphonse Elric"

Je restais abasourdi par ce qu'il venait de dire sans cesser de regarder l'horizon. Était-ce une blague ? Edward n'aurait pas fait ça ? Était-ce seulement lui qui l'avais fait... Je me sentais subitement très découragé. Je n'avais pas réussis à protéger Edward et je n'avais mon plus réussi avec son frère. C'était une catastrophe.

"- En êtes vous sûr ? demandais-je d'une voix mal contrôlée"

Mon masque s'effritait à l'approche d'une bataille inévitable. Je ne savais pas qui mourrait et qui vivrait mais j'avais la certitude que beaucoup de sang allait couler.

"- Oui, répondit-il.

- Est-ce que... (j'inspirais à fond) Est que le troisième homme est le Sergent-Chef Fuery ?

- Non, mon Colonel, il ressemble plutôt à un fantôme..."

Si j'avais eu un auto-mail à la place de la main, j'aurais écrasé le talkie-walkie entre mes doigts. Mais ma poigne n'étant pour l'instant pas assez forte pour ça, je me contentais de rebaisser le bras et de refaire le rapport au Généralissime. Pendant ce temps, Alex-Louis Armstrong se frayait un chemin parmi la troupe dans notre dos. Il se posta à ma gauche et attendit que j'eu fini de parler pour me faire un furtif salut militaire.

"- Bonsoir, mon Colonel, fit-il de sa voix grave"

Son regard était humide, mais il c'était aussi préparé au pire en ayant ses gants métalliques. Il se baissa vers moi et me chuchota dans l'oreille;

"- Le Lieutenant Hawkeye à terminé de s'installer en hauteur. Elle a accès à tout le périmètre et souhaitait que vous ayez cette radio sur vous afin de garder contact."

Il me glissa un autre talkie-walkie dans la poche. Je hochais la tête de manière affirmative avant qu'il ne poursuive un peu plus bas;

"- Si vous avez besoin d'aide pour les emprisonner, faite le moi savoir..."

Il se redressa et je le regardais dans les yeux. Le pauvre homme ne supporterait pas de devoir attaquer les frères Elric, c'était une certitude. Peut-être qu'il combattrait les autres avec fureur et force, mais pas eux...

"- Merci, répondis-je sous le regard interrogateur de Grumman."

Alex-Louis Amrstrong reprit sa position parmi la troupe. Il fallait qu'il reste le plus discret possible jusqu'à l'arrivée des homonculus.

Je n'avais jamais pensé qu'un jour nous puissions en arriver là. Ce qui me déstabilisait le plus était la prestance et le calme du Généralissime à ma droite. Je me demandait presque s'il n'allait pas lâcher une bombe atomique sur nous et nous réduire en poussière une bonne fois pour toute. Mais ça ne devait certainement pas être ça puisque sinon, il n'aurait pas un tel sourire aux lèvres.

Soudain, nous les vîmes. Chaque bras derrière mois soutenait une arme. Chaque bouche était fermée et crispée. Chaque œil suivait les mouvements de loin.

Je voyais la silhouette gracile d'une femme qui approchait. Elle était petite d'ici et très menue. Sa peau blanche était mise en valeur par la cape rouge qu'elle avait sur les épaules. Ses longs cheveux noirs redescendaient en cascade bouclée dans son dos. Malgré sa fine taille et le manque totale de muscles, elle n'avait rien d'une femme facile...

"- Bonsoir ! fit-elle en nous gratifiant d'un sourire plein de dents"

Sa manière légère de nous dire cela donnait l'impression qu'on s'attendait pour dîner. Mais l'acolyte au manteau de cuir dans son dos termina de nous convaincre qu'il s'agissait bien de l'ennemi. Lui aussi avait de longs cheveux noir attaché en catogan et ses yeux violets rayonnaient, intensifié par les dernières lueurs du soleil couchant. Ils s'arrêtèrent tout les deux à une distance de trois mètres. La jeune femme semblait discrète et calme. Elle posa son coude contre l'épaule de Solf J Kimblee et son autre main était refermée contre sa hanche.

"- La moindre des politesses serait de me répondre, messieurs, fit-elle"

Le Généralissime fit un pas en avant en la saluant d'une main tendue. Il lui répondit;

"- Pardonnez mon impolitesse, Madame, mais qui êtes-vous ?"

La jeune femme explosa dans un rire gracieux avant de le gratifier d'un regard plein de promesses douloureuses;

"- Vous n'aurez pas le temps de vous en souvenir..."

A peine eut-elle finie sa phrase que deux hommes arrivaient derrière elle. Là, je vis Alphonse enveloppé dans un blouson de cuir qui s'arrêtait au niveau de la ceinture. Ses cheveux de blé étaient en bataille et son regard, qui me fixa quelques secondes, était violet. J'arborais l'expression parfaite de quelqu'un qui souffre. Car je souffrais rien qu'à voir cela. Alphonse s'approcha en mettant une main dans une poche. Il s'immobilisa auprès de la jeune femme et passa son bras autour de ses épaules. Sans un mot de plus, il nous fixait un par un comme s'il cherchait par avance ses futures et potentielles victimes.

"- Alphonse..., soufflais-je."

Son regard qui défilait se reporta directement sur moi et il m'adressa un sourire conquis. Il s'agrandit d'avantage quand le dernier de la troupe du cirque fit son entrée. Edward arrivait derrière eux en enlevant déjà son manteau rouge. Était-ce une insulte au garçon qu'il avait été que de lui mettre ça sur les épaules ? Rien qu'à le voir, j'avais envie de lui sauter à la gorge et de le frapper. Il ne nous regardait pas, trop occupé à chercher quelque chose dans sa poche. Il passa à côté de Solf J, d'Alphonse et de la demoiselle et s'arrêta devant eux. Pourquoi était-il en avant ?

Il trouva son élastique dans sa poche et s'attacha les cheveux en queue de cheval. Quand ce fut fait, il nous regarda enfin en passant le dos de sa main contre sa bouche. Il la retira doucement et laissait une trace pourpre lui peinturer la joue. Quand il vit que nous comprenions ce que c'était, ses lèvres s'écartèrent sur un sourire satisfait. Il laissa son manteau rouge finir par terre et tapa dans ses mains comme pour nous annoncer quelque chose;

"- Je suis navré de vous dire qu'un certain..."

Il leva son index devant lui comme pour nous intimer d'attendre. Il sortit un badge dans la poche de son pantalon, la langue sortit de sa bouche comme si c'était compliqué et le retourna pour en lire le nom;

"- Major Collins (il jeta le badge par terre) ne sera pas disponible !"

Il releva les yeux vers nous, se délectant des mines effrayées devant lui.

"- Major Elric ! l'interpella Grumman à mes côtés"

L'interpellé se focalisa sur lui, son sourire éblouissant effacé de son visage. Est-ce qu'il trouvait ça louche lui aussi que le Généralissime en personne soit venu assister à sa "petite sauterie" comme il l'appelait ? Mais le vieil homme ne se laissa pas dégonfler par le regard méfiant qu'il lui lançait et continua de parler;

"- Je vous demande de vous rendre, les mains en l'air, sinon je serais obligé d'ordonner votre mise à mort."

Edward le regardait, étonné. Il se retourna vers la jeune femme et ils se mirent à rire à l'unisson. Alphonse trouvait ça hilarant lui aussi, car il se pliait en deux en tapant contre l'épaule du grand brun. Celui-ci, le sosie parfait de Solf J Kimblee, était le seul qui ne souriait pas. Il nous fixait avec hargne et j'avais la sensation qu'il serait le premier à nous attaquer. Edward pencha la main en direction d'Alphonse pour lui intimer de venir. Ce qu'il fit. Il passa son bras au dessus de ses épaules et posa sa tête contre son cou;

"- Tu entend ça, petit frère ? Il veut me tuer."

Alphonse hocha la tête d'un air triste. Mais il se retenait de rire;

"- J'ai entendu, répondit-il, mais je ne les laisserais pas faire."

Alphonse plongea un instant ses yeux dans ceux d'Edward et comme un accord, ils nous refixèrent avec une synchronisation parfaite. La jeune femme derrière eux ne bougeait pas et j'avais presque tendance à l'oublier. Edward croisa mon regard. Pendant quelques secondes, personne ne parlait, personne de bougeait. Nous savions tous que le début d'une guerre imminente allait s'enclencher d'une minute à l'autre. Je ne savais pas quoi penser de ce regard qui m'était destiné. Je n'arrivais pas à y lire la moindre émotion comme si le vrai Edward Elric n'était plus là. Il fallait le faire resurgir !

Ils se séparèrent l'un de l'autre. Tendus comme nous étions, un des soldats leur tira dessus. Le cou retentit dans la rue comme un "Top!" dans une course ! Solf J Kimblee s'éloigna de la jeune femme et se mit à courir à une vitesse inimaginable vers nous. Alphonse regardait la balle qu'il avait reçu s'éjecter de son corps avec lenteur. Il reporta son regard vers Edward et lui dit, mi-amusé, mi-étonné;

"- Il m'a tiré dessus, Frangin !"

Edward tourna la tête dans notre direction. Une partie d'entre-nous était déjà au branle-bas de combat, attaqué par Solf J Kimblee dont aucun son ne sortait de sa bouche. Moi, je n'avais pas bougé. Je fixais les frères Elric avec... Avec... Avec quoi ?! Je n'étais ni calme, ni effrayé, ni apeuré, ni triste, ni heureux, ni ...

J'étais perdu.

Edward leva son majeur devant lui. Il passa ses lèvres dessus et le suça allègrement avant de le ressortir lentement de sa bouche. Il posa son pouce contre lui et claqua des doigts. Le sceau alchimique brilla sur la paume de sa main comme s'il était apparu comme par magie. Pendant une seconde, je n'entendis que mon souffle qui se bloquait dans ma gorge. Je sentais l'air ambiant devenir lourd et chargé. Soudain, le feu jaillit dans une explosion en face de mon visage. Le nuage de feu se rapprochait de moi et de mes collègues dans un souffle rauque. La chaleur s'animait et je ne bougeais pas.

Bouge...

Bouge...

BOUGE !

Avant que le feu nous atteigne, je claquais des doigts à mon tour. Un brouillard de feu se matérialisa à mes pieds et vint braver le nuage en face de lui telle une vague contre l'océan. Ils se fondèrent l'un dans l'autre et s'immobilisèrent entre nous. Doucement, la fumée se dissipa et j'apercevais le visage d'Alphonse un peu plus loin. Mais pas Edward. J'entendis un "CLAP" familier sur ma droite et je me tournais vivement. Edward avait bondit sur moi, les deux mains liées comme une prière. De sa main gauche, il alla caresser la surface de son auto-mail droit. Les doigts métalliques se collèrent les uns aux autres et s'agrandissaient à mesure qu'une lame se forgeait au bout de son bras. Il s'apprêta à me l'asséner dans l'épaule mais je reculais aussi vite que possible. Le bout de la lame m'effleura et me piqua comme une aiguille. Mes chaussures ripèrent contre le sol parmi le sang qui s'y trouvait déjà. Je m'autorisais un regard rapide derrière moi. C'était la cohue générale. Je voyais les soldats courir et tirer sur une forme rapide et mouvante. Ils hurlaient de douleur dès qu'ils étaient blessés. Plus personne ne faisait attention à personne. C'était la guerre.

Je reportais mon attention sur Edward qui me fonça dessus comme une flèche tandis que son auto-mail reprenait sa forme originale. Il leva ses mains en l'air et les deux sceaux alchimiques qui apparurent dans ses paumes illuminèrent mon visage. De deux mains fermes, j'entourais ses poignets et l'empêchait de les rapprocher d'avantage l'une de l'autre. Les sceaux alchimiques cessèrent de briller mais cela ne sembla pas inquiéter Edward qui me souriait à deux centimètres de moi. Je résistais à la tentation de lui donner un coup de tête, mais pas à celle de lui asséner mon genou dans l'entre-jambe. Il recula en grimaçant de douleur et tomba à genoux devant moi. Il ricanait, amusé et en même temps en pleine souffrance.

"- Ça fait un mal de chien, gémissait-il"

Il bascula la tête en arrière en soupirant;

"- Oh punaise, qu'est-ce que vous faites chier des fois..."

La manière qu'il avait de dire ça me donnait l'impression qu'Edward, le vrai, n'était pas loin. Prit d'un élan de curiosité et d'espoir je m'agenouillais en face de lui. Il pencha sa tête vers moi en soufflant comme un bœuf et plongea ses yeux dans les miens;

"- Partez, Colonel."

Je le regardais, incrédule;

"- J'ai déjà fait du mal à mon propre frère alors... PARTEZ !"

Je ne savais pas si c'était vraiment lui, mais si ce n'était pas le cas l'homonculus jouait sacrément bien la comédie car déjà il grimaçait rien qu'à l'allusion de son frère.

"- Je vous en prie, rajouta t-il en baissant la tête, sauvez-le... Sauvez-le..."

Il posa ses mains contre le sol et son dos tremblait sous les sanglots;

"- Sauvez-le..."


A la suite ! Coupure très étrange, mais je ne savais plus où m'arreter !