Par avance : C'est la fête, les enfants ! Deux chapitres postés avec seulement quatre jours d'écart ? Ouh là là ! Pourquoi ? La faute à une dénommée Brume Froide qui me met une certaine pression et qui me dit que si j'arrête ma fic, ma maison brûlera très certainement. Plus sérieusement, disons qu'elle m'encourage assez pour que je lui fasse le plaisir d'écrire plus vite. De plus, j'étais dans un passage que je devais écrire vite sans quoi l'envie me serait passée. Voilà donc un chapitre "action" qui sera suivi par au moins deux autres chapitres aussi actifs et qui verront intervenir des persos pas vu depuis un petit bout de temps, comme un Mangemort, ou encore une Craqmol. J'espère que les dialogues vous plairont, je suis un peu dubitatif. Enjoy !


TOUTES LES DEUX – POTTER

Bien que vêtue comme une mini-Morgan, j'avais décidé de garder mes cheveux détachés et de ne changer aucune couleur. Il ne s'agissait pas de jouer les clones, pas après le choc que j'avais reçu en me regardant dans un miroir. Je pris avec moi le pendentif anti-détection que m'avait offert Morgan, par précaution.

C'est le cœur toujours battant que je rejoignis Morgan sur l'esplanade. Elle était vêtue de son éternel équipement d'expédition : bottes, robe, body, gants, ceinture et étui à baguette. Cet accessoire en particulier m'amusait, me rappelant les cow-boys solitaires du Far West – et j'avais désormais le même. Se dressant fièrement face au soleil couchant, les mains sur les hanches, elle déclara sans se retourner :

« Ce soir, Finey, on passe au niveau supérieur ! Jusqu'ici on jouait contre de petites règles, mais cette fois, si on se fait choper, on aura de très gros problèmes.

Je soupirai et croisai les bras, décidée à ne pas laisser mon excitation prendre le dessus. Il fallait que je m'informe du plan de mon amie avant l'action.

– Il n'y a pas à dire, tu sais comment me mettre en confiance. Si tu me disais un peu plus ce que tu as en tête ?

Morgan, toujours sans se retourner, pointa du doigt un balai appuyé contre la rambarde. Je haussai un sourcil.

– Mais d'où tu sors des balais à chaque fois ?

– Ben… De locaux à balai, cette question…

– Auquel tu as accès bien sûr…

– Pas officiellement. Ce n'est que de l'emprunt de toute façon, il reprendra sa place quand j'en aurai fini.

– Tu as volé ma robe à Pré-au-Lard, tu voles des balais, bref tu n'as aucun concept de la propriété, c'est cela ?

– Pas quand les circonstances l'exigent. Enfin bon, tu vas écouter mon plan ?

– Vas-y, surprends-moi.

– Bien. Il commence à faire sombre. Avec ce balai, on vole à proximité du labyrinthe. Des officiels du Ministère le garde au sol, donc le seul moyen d'entrer est par au-dessus.

– Mais… Attends, on peut rentrer par au-dessus ? C'est pas très sécurisé, ça…

– Eh bien… Pour avoir essayé le soir où j'ai vu Maugrey faire son incantation suspecte, j'ai tout de suite essayé de voir si on pouvait tout simplement atterrir à l'endroit propice.

– Et donc ?

– Je me suis retrouvée dans les arbres. Lorsque j'ai voulu foncer vers la Coupe, mon balai a dévié d'un coup, comme repoussé, et j'ai perdu le contrôle, m'écrasant à l'orée de la forêt un peu plus loin.

– Tu t'es pas fais mal au moins ?

– Hof, j'ai eu droit à un petit mal de dos, sans plus. J'avais déjà commencé à reprendre le contrôle. Mais là c'est bon, je suis en pleine forme, prête à agir.

– Et sans balai alors ? Comment on pénètre « l'espace aérien » du labyrinthe ?

– Eh bien j'ai une théorie. Les balais ne passent pas, mais je pense que les gens si. Donc…

– Bon sang ! Me dis pas que tu penses à nous larguer au-dessus !

– Bah quoi ? T'inquiète pas, j'assurerai un atterrissage en douceur avec Ego Repulsa.

– C'est un plan complètement fou… Enfin je m'y attendais… Mais on ne va pas se faire voir ?

– Les officiels font des rondes. Il y aura un moment pendant lequel aucun d'entre eux ne pourra nous voir arriver d'un certain angle. Je dirigerai le balai vers la Coupe et nous lâcherai au bon moment.

Je soupirai de nouveau. Dans son ensemble, son plan ne semblait pas irréalisable, mais mon instinct me disait qu'il y allait avoir un imprévu. Et j'appréhendai déjà la chute libre, même si Morgan m'avait déjà fais le coup l'année d'avant en nous lançant dans le vide depuis l'esplanade et en nous réceptionnant avec son sort.

– Bon, admettons… Et ensuite ?

– On retrouve le Trophée.

– Et ?

– On avisera une fois devant.

– Ah. D'accord. Improvisation.

– Je ne peux pas savoir ce que Maugrey a fait au trophée. Je vais l'examiner et on avisera ensuite. Au pire des cas, si un candidat apparaît, on essaiera de lui expliquer.

– Mouais.

– Alors, parée ?

– Je me suis levée de table tout à l'heure, non ? Ca voulait dire oui. Je vais être honnête, ton plan me semble complètement inconscient. Mais je suis curieuse de voir s'il peut marcher. On va bien voir.

Morgan tourna de moitié sa tête et me regarda d'un œil vif, un sourire franc sur le visage.

– Voilà la Finey que j'aime entendre !

Elle se retourna complètement et me tendit sa main.

– Allons-y partenaire, réglons cette histoire de Trophée piégé par nous-mêmes et faisons éclater la vérité !

Je m'approchai avec un sourire en coin.

– Que de jolies paroles pour traduire le fait que nous allons bafouer je ne sais combien de règles en mettant notre avenir, et peut-être notre vie en jeu.

– Ca ne semble pas te gêner outre mesure. Ca m'étonne d'ailleurs.

Je pris sa main et la serrai le plus fermement possible. Puis je détournai le regard.

– Tu sais… La nuit où nous avons affronté les Détraqueurs toi et moi reste l'un de mes souvenirs les plus fabuleux. J'ai transgressé les règles, j'ai mis ma vie en jeu, mais le résultat est simple : cela valait le coup. Et vu que ton plan n'est pas un échec certain, je vais prendre le pari.

Morgan parut un instant surprise avant d'arborer un sourire encore plus franc qu'avant.

– Je ne pouvais pas en attendre mieux ! Allons-y !

– Oui ! »

L'excitation avait pris le dessus au final. Ce plan était fou, Morgan était folle, je l'étais tout autant de prendre un tel pari. Mais les conséquences, j'avais décidé de les oublier pour profiter de l'instant présent. Pour ne rien perdre.

Je fis cependant moins la fière lorsque nous nous retrouvâmes non loin du stade et donc du labyrinthe, cachés parmi les plus hauts arbres de la Forêt Interdite, à deux sur le balai, moi devant, Morgan derrière et dirigeant le balais – elle était plus grande, avait de plus grand bras, et voulait s'assurer de pouvoir me saisir lors du largage. Maintenant que j'étais en l'air, suspendue dans le vide, avec un vent doux me frappant le visage, la perspective de sauter dans le vide me plaisait moins. Je déglutis avec difficulté tandis que Morgan cherchait le meilleur angle d'attaque. Je voyais les officiels dont la Serpentard m'avait parlé faire le tour des gradins et du labyrinthe, baguette à la main. Un seul de leur regard lorsque nous entrerions en action, et nous étions fichues. Finalement Morgan dit :

« Dès que le gros en robe rouge tourne à l'angle du labyrinthe à notre gauche, la voie sera dégagée. Tu es prête ?

– Euh… Non, pour être honnête.

– T'en fais pas. Je suis derrière toi, et quoiqu'il arrive je te protégerai.

Son ton doux et calme associé à ses propos firent s'accélérer mon cœur mais apaisèrent mon esprit.

– Je compte sur toi, Morgan.

– Compte aussi sur la chance, un peu, fit Morgan avec un rire nerveux. Je ne sais toujours pas si les êtres humains ne sont pas également repoussés par le champ de force magique. On va peut-être se retrouver à voltiger en même temps que le balai.

– Tu as l'air dubitative, j'aurais pensé que…

– Mais bon, interrompit Morgan d'une voix forte, il n'y a qu'une manière d'en être certain, c'est d'y aller. Il va tourner.

– Ah, voilà.

Morgan eut un bref ricanement et se concentra. Je m'agrippai pour ma part fermement au manche du balai et inspirai à fond. Morgan murmura :

– Il a tourné. »

Elle partit vite. Pas aussi vite que Mélanie lors de sa pointe de vitesse, mais assez pour que l'air doux devienne froid. Le temps ralentit à mesure que le labyrinthe se rapprochait. Je serrai les dents, les yeux grands ouverts. Nous dépassâmes la première haie et Morgan ne ralentissait pas. Je reconnus l'aire où était censée se trouver le Trophée et les interrogations tardives se bousculèrent alors dans ma tête : est-ce que nous n'allions pas trop vite ? Est-ce que la protection magique n'allait pas faire plus que nous éjecter ? Est-ce que Morgan contrôlait la situation ? Est-ce que j'avais bien fais de venir ? Est-ce que… Je fus ballottée par une violente déviation du balai avant d'être secouée de nouveau mais cette fois par Morgan qui m'enserrait au ventre par un bras et nous faisait chuter du balai. Je ne vis dès lors pas grand-chose mais mon sens de la gravité m'indiquait que nous étions en chute libre. Mon instinct quant à lui m'indiquait que nous allions mourir, ce qui est la réaction normale lorsque l'on chute de plus d'une dizaine de mètres de haut. Le décor tourna un moment puis je vis distinctement le ciel encore faiblement étoilé.

« Ego Repulsa !

La gravité semble peu à peu disparaître à mesure que le courant d'air amortissait notre chute. C'est agrippée au cou de Morgan mais les pieds sur terre que nous atterrîmes sur l'herbe du stade. Tandis que je me remettais de ma chute, Morgan, qui ne semblait pas vraiment secouée par la cascade jura :

– Ah zut ! J'ai raté mon coup, quelle conne ! On est pas du tout dans la zone où se trouve la Coupe. Et vu que c'est un labyrinthe…

Je lâchai Morgan et regardai autour de nous. Nous étions au bout d'un couloir et je voyais plus loin le chemin tourner. Je soupirai.

– Nous allons devoir jouer le jeu, il semble.

– Ouais et on ne doit pas tarder parce que… Attends, écoute.

Je tendis l'oreille sans rien percevoir. Puis j'entendis quelques voix. Enfin une rumeur monta peu à peu tout autour de nous. Le public s'installait. Ils étaient tous autour de nous : élèves, professeurs, gens du Ministère… candidats… Nous étions complètement encerclées, mais à l'abri derrière les haies de six mètres de haut. Morgan eut un petit ricanement et dit avec une certaine fierté :

– On ne peut plus reculer. L'épreuve va commencer, alors à nous de profiter de notre avance. Nous ne sommes pas tombées si loin de la Coupe. Prête, partenaire ?

J'eus un sourire résigné et haussai les épaules.

– Comme tu l'as dis, on ne peut plus reculer. J'espère vraiment que tes soupçons sont justifiés.

– J'en mettrai ma main à couper. Mais je tiens à ma main. Alors disons juste que j'en suis persuadée. »

Je lui lançai un regard malicieux et d'un geste du bras l'invitai à prendre les devants, ce qu'elle fit sans protester non sans avoir regardé auparavant le ciel dégagé avec un air concentré. Alors que nous courions dans le labyrinthe, j'entendis la voix de Verpey amplifiée par la magie :

« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, la troisième et dernière tâche du Tournoi des Trois Sorciers est sur le point de commencer !

– Parle pour toi, marmonna Morgan.

Je souris en coin tandis que Verpey énonçait les scores des joueurs. Je profitai de ce moment de « détente » pour me pencher sur ce que je ressentais vraiment. J'étais libre, tout simplement. La liberté a ses risques, mais je faisais quelque chose de personnel avec quelqu'un qui m'était cher. Pour le moment, il n'y avait que de bons côtés à cette aventure.

– Trois… Deux… Un… C'est parti ! » s'exclama Verpey.

Morgan tourna à un angle, puis à un autre. Puis elle stoppa net et tendit son bras pour que je ne passe pas. Devant nous se dressaient une créature que je connaissais bien. Avec un air de dégoût, je m'exclamai :

– Un Scroutt à Pétard ! Et mate-moi sa taille !

– Verpey dessine vraiment très mal, je n'aurais jamais pu imaginer que ce genre de créatures nous attendent. Finey, je veux que tu prépares ta baguette. Seul son abdomen peut recevoir des sorts. Je t'ai entraînée à viser, c'est le moment de mettre en pratique.

– Attends, comment tu… ?

Tandis que je paniquais à l'idée de me faire arracher la tête par les pattes de cette chose mesurant bien trois mètres de long, Morgan réagit au quart de tour. Elle fonça vers la bête et partit s'allonger juste à côté de lui en glissant, tel un joueur de football faisant un tacle. Elle passa alors sa baguette entre deux pattes et murmura quelque chose que je ne pus entendre. Elle gardait la voix basse pour ne pas alerter qui que ce soit. Mais je devinai qu'il s'agissait de son sort de repoussement lorsque le Scroutt s'envola en l'air en tournoyant légèrement tandis que Morgan était repoussée contre les bases de la haie.

– A toi Finey ! s'écria Morgan le moins fort possible.

Me mettant une gifle pour me concentrer, je tendis ma baguette, visai et au moment opportun, lançait un sort de stupéfixion. Ce qui marcha parfaitement bien. La bête retomba, inerte. Morgan se releva en me regardant d'un air fier puis commença à enlever l'herbe et les morceaux de haies qui étaient resté sur elle.

– Eh bien tu vois quand tu veux.

Je me rendis compte d'une chose.

– Tu n'aurais pas pu la stupéfixer lorsque tu étais en-dessous ?

– J'aurais pu tenter, mais ça restait hasardeux. Alors que créer cette bouffée de vent assurait que la bébête décolle. Et moi avec.

– Tu crois qu'il y a d'autres créatures de ce genre ici ?

– Je n'en doute pas un instant. Et c'est seulement en…

Le cri proche d'une fille fit s'arrêter Morgan. Elle fronça les sourcils et me regarda.

– C'était pas la frenchie ?

– Ce serait logique.

– Dommage pour elle. »

Morgan reprit sa route en courant et je lui emboîtai le pas, non sans regarder la bête que j'avais vaincue une dernière fois avec un certain sentiment d'accomplissement. Nous prîmes plusieurs virages tandis que des bruits de sorts se faisaient entendre ici et là. Nous finîmes par percevoir clairement la voix de Potter qui criait :

« Impendimenta ! »

Morgan m'intima alors le silence en mettant son index sur sa bouche et poursuivit sa course sans bruit. Un nouvel obstacle nous fit face au détour d'un angle et Morgan poussa un petit ricanement. Il s'agissait d'un troll. Celui-ci nous tournait pour le moment le dos et semblait patrouiller, une lourde massue sertie de métal posée sur l'épaule. Il faisait deux fois la taille de Morgan et était en tout et pour tout vêtue d'une salopette délabrée. J'étais terrifiée.

« Ils en ont lâché un ! sifflai-je doucement pour ne pas attire son attention. Ils sont tarés !

– Je te rappelle que les candidats affrontaient des Dragons dans la première tâche. C'est démontré depuis un petit bout de temps que les organisateurs se moquent de mettre les participants en danger. On a de la chance, c'est un Troll des Rivières. Moins con, mais moins dégueu et surtout moins gros. Là à tout casser il fait 2 mètres 50. Mais il est aussi résistant à la magie que son confrère des Montagnes. Ah bah oui, tu peux pas savoir, tu n'étais pas là. Pendant notre première année, un Troll des Montagnes à été lâché dans l'école. Ca avait un rapport avec la Pierre Philosophale, c'est indéniable, mais je n'ai jamais compris l'intérêt de l'opération. J'avais vu la bestiole et…

– Morgan je sais pas comment tu peux être aussi calme, coupai-je d'une voix paniquée, mais ce truc vient de nous voir et nous court dessus avec sa massue alors arrête de me taper la causette et dis-moi quoi faire !

– Eh bien… Contente-toi de regarder. »

Et je regardai. Ce à quoi j'assistai fut une sorte de leçon de combat au corps à corps. Lorsque le Troll abattit sa massue pour intercepter Morgan qui lui courait dessus, celle-ci fit au dernier moment un pas sur le côté, sortit sa lame de sous sa robe en tournant sur elle-même et entailla le bras de la créature qui poussa un bref grognement de douleur. Il ne lâcha pas sa massue pour autant et entreprit de la faire tournoyer pour frapper Morgan au niveau du bassin. Mais mon amie était déjà baissée lorsque la massue lui passa au-dessus, à quatre pattes tel un félin prêt à bondir, et elle donna un nouveau coup de taille au tendon de la cheville du Troll. Le grognement fut cette fois plus significatif et le Troll dut mettre un genoux à terre. J'eus mal pour lui – une telle blessure était toujours dur à voir. Morgan se releva en rangeant sa lame, groupa ses poings au-dessus d'elle et les abattit sur la tête du Troll qui tomba ventre à terre. Comme il bougeait encore, Morgan prit la massue du Troll – qu'elle eut quand même du mal à porter – et s'apprêta à lui frapper la tête comme si elle avait tapé une balle de golf. J'intervins :

– Euh, Morgan, c'est utile, ça ?

La Serpentard prépara son geste et me regarda avec un air décontracté.

– T'inquiète, un Troll a la tête dure, c'est bien connu. C'est une sorte d'évolution naturelle, parce qu'ils s'assomment souvent avec leur propre massue. En plus regarde, il va se relever. Dors bien mon gars !

Et elle frappa dans un magnifique mouvement de bassin. Le coup sonna étonnamment creux et le Troll cessa complètement de bouger. En arrivant à son niveau, je vis qu'il respirait encore, ce qui me rassura un peu.

– Voilà, fit Morgan, il ne nous embêtera plus. Et ne va pas me dire que je suis cruelle avec les créatures s'il te plaît. J'ai plus de respect pour la plupart d'entre elle que pour la plupart des êtres humains. »

Et elle repartit. Je la suivis tout en méditant cette citation à la Morgan. Encore quelques détours et nous fûmes devant l'embouchure du carré où se trouvait le Trophée. Emportées par la joie d'avoir gagné, nous nous regardâmes brièvement avec un air triomphant et courûmes vers le piédestal, un peu comme si nous étions les vainqueurs de cette course – alors que nous avions eu un avantage plus que déloyal. Je m'arrêtai à proximité du piédestal, préférant garder mes distances avec une zone qui pouvait être piégée. Morgan fit de même mais se permit de s'écrier :

« Et voilà ! Maintenant, passons à l'étude de…

Elle se retourna d'un coup avec un air alarmé. Lorsque je suivis son regard, un frisson me parcourut mon échine. Une araignée géante fonçait droit vers nous. Elle devait être haute comme Morgan mais était bien plus grosse et surtout sa vélocité dépassait celle de mon amie. J'étais paralysée. L'araignée était pratiquement déjà sur nous, s'étant déplacée sans un bruit sur l'herbe depuis un angle sombre. Je saisis ma baguette mais Morgan se mit devant moi et hurla de toute ses forces :

Res Protego !

Il y eut un moment pendant lequel l'araignée sembla heurter une barrière invisible, puis un temps mort et enfin une sorte de retour de force repoussa Morgan vers l'arrière. Son coude vint heurter ma tempe, ce qui me fit vaciller et m'écrouler sur le piédestal. Sonnée par le coup involontaire de Morgan, je tentai de me rattraper a quelque chose avec ma main gantée… Et je mis la main sur le socle du Trophée sans le faire exprès. C'est alors que je sentis une sensation étrange au niveau de mon nombril et que je ne pus enlever ma main du Trophée. Sans comprendre ce qui m'arrivait, je tournais ma tête vers Morgan qui tentait d'attirer l'araignée vers elle et non vers moi et dit d'une petite voix :

– Morgan, je me sens bizarre ! C'est le Trophée, on dirait qu'il…

Je pus voir la Serpentard tourner aussitôt son regard vers moi avec inquiétude… Et le Trophée m'aspira. Pendant que j'étais transportée je ne sais où à une vitesse inimaginable et que je voyais défiler des couleurs vagues, je reconnus ces effets. C'était ceux d'un Portoloin. J'étais en train de me déplacer loin de Poudlard.

Je me retrouvai finalement dans un magnifique cimetière envahi par la végétation et éclairé seulement par la lune et les lueurs au loin d'un petit village. Je regardai autour de moi en me grattant la nuque. Ca n'était pas normal. Pas normal du tout. Que le Trophée transporte le vainqueur ici n'avait aucune logique. Je dus alors me rendre à l'évidence : les soupçons de Morgan étaient confirmés. Maugrey avait trafiqué le Trophée pour en faire un Portoloin. Alors que je commençais à me poser la question du pourquoi, mon champ de vision fut soudain obstrué avant que je ne m'écrase dos au sol avec quelque chose de tendre sur le visage et quelque chose de plus dur sur le reste du corps. J'entendis Morgan maugréer à voix basse :

– Qu'est-ce que…

En localisant la voix de Morgan au-dessus de ma tête, je compris que j'avais la poitrine de mon amie sur le visage. Ce qui n'aurait pas été désagréable en soi si je n'étais pas en train d'étouffer. Mon amie sembla ne comprendre la situation que lorsque je commençai à essayer de parler au travers de sa gorge, ce qui ne marchait pas bien.

– Mmmfommam… mmmfummemmf…

– Oh, euh… Pardon, Finey, chuchota-t-elle.

Elle se leva d'un coup. Alors que je me mettais en position assise pour récupérer, elle sembla prendre conscience de quelque chose et me prit par-dessous les épaules pour me lever sans ménagement avant de me traîner de force en me tenant fermement le poignet jusque derrière une grosse stèle délabrée située en contrebas du reste du cimetière. Elle s'assit contre la pierre tombale et m'intima du regard de faire la même chose.

– Désolé pour la brutalité, Finey, mais je me suis rendue compte d'un coup que si le Trophée menait ici, c'était peut-être qu'un ennemi y attendait l'un des candidats.

– Et quel intérêt Maugrey aurait-il d'amener le vainqueur ici ? Il ne sait pas qui peut gagner, si ? Ou alors il n'a pas trafiqué que le Trophée…

– Je dois t'avouer que j'ai du mal à organiser tout ça dans ma tête, Finey. Je ne sais pas pourquoi Maugrey a fait ça, je ne sais même pas si c'était le vrai Maugrey… Avec ma marque qui revient, j'aurais tendance à croire que ça a un rapport avec Voldemort, mais je ne suis sûre de rien. Et maintenant, nous sommes coincées ici, à attendre. Au final, on a rien pu faire pour les candidats, le Trophée-Portoloin est toujours à sa place…

Je réfléchis un moment à ce qui s'était passé près du Trophée puis demandai :

– Tu as vu que j'avais été transportée par un Portoloin, non ?

– Oui.

– Tu ne pouvais pas déplacer le Trophée, shooter dedans pour l'envoyer sous une haie ou un truc du genre ?

Morgan regarda droit devant elle, l'air impassible. Elle dit lentement :

– J'aurais pu… Si la sécurité de Potter et les autres avait été ma priorité. Mais lorsque je t'ai vue disparaître, la seule chose qui me soit venue à l'esprit c'est : Margaret a disparu, elle est loin de moi et peut-être en danger, je dois la rejoindre au plus vite et ne pas la laisser seule. Je voulais vite te retrouver… Alors j'ai pris le Portoloin.

Elle tourna son regard vers moi avec un air curieux, comme pour voir ma réaction. Je restai interdite un moment puis posai ma main sur son genoux avec un doux sourire :

– Merci de m'avoir suivie aussi vite. Même si j'ai failli mourir étouffe par tes attributs.

Morgan haussa un sourcil et palpa sa poitrine.

– Je trouve que les gens exagèrent à propos de ces deux trucs. Quoi, ils sont si gros ?

– Je pense qu'ils doivent rendre jalouses pas mal de filles et faire fantasmer pas mal de garçons. Mais là, on s'aventure sur un terrain auquel je ne comprends encore rien. Je n'ai que 12 ans, rappelle-toi.

– Bah tu sais, j'en ai 15, et je n'en sais pas plus que toi sur les relations amoureuses. C'est un concept flou pour moi, et ça ne m'intéresse pas particulièrement. Déjà que je n'étais même pas douée pour des relations amicales avant de te connaître…

J'eus un demi-sourire. Concept flou, hein ? Ce qui était flou pour moi, c'était ma relation avec Morgan… Elle venait de me classer dans ses amies, mais on s'était embrassées. J'avais ressenti quelque chose à ce moment-là. J'avais décidé par la suite de mettre de côté cette soirée, mais là, cachée derrière cette stèle juste à côté d'elle, après avoir frôlé une nouvelle fois le danger, les questions revenaient. Afin de mieux savoir ce que Morgan pouvait ressentir, j'essayai discrètement d'amener ma main jusqu'à la sienne pour la serrer. Mais alors que j'allais m'en saisir, Morgan se crispa et serra les poings. Elle serra les dents et ferma les yeux, en proie apparemment à une grande douleur. Alarmée, je balbutiai quelques secondes avant de demander clairement :

– Tu as mal ? C'est quoi ? Un sort ?

– Non, répondit Morgan d'une voix rauque. C'est le bas de mon dos. C'est la marque. Voldemort…

– Quoi ? Quoi, Voldemort ?

– Je ne sais pas du tout. Je… C'est arrivé d'un coup. Regarde-la pour moi s'il te plaît.

Elle se tourna et leva son body. Je me mordis la lèvre lorsque je vis une Marque des Ténèbres parfaitement distincte et qui avait même une légère aura noire.

– Elle… Elle est noire et… elle émet une sorte de lumière noire.

– Bordel ! Ca… Ca ne devrait pas arriver… à… à moins qu'il soit juste à côté.

Je fus submergée par des sueurs froides. Morgan était presque paralysée par la douleur, aussi je pris sur moi de me lever légèrement et de regarder tout autour de nous. C'est alors que je discernai une petite silhouette qui devint rapidement reconnaissable à la lueur de la lune. Peter Pettigrow. Il était habillée en haillons et avait dans la main quelque chose emmitouflé dans du tissu. Une créature. Une créature qui lorsqu'elle se mit à parler d'une voix éteinte et sifflante me donna de nouvelles sueurs froides :

« J'espère que tu es sûr que c'est là, Petigrow, et que tu ne t'ai pas trompé sur l'horaire… Tu sais que l'une des choses que je déteste le plus, c'est attendre. Et j'ai assez attendu toutes ces années !

– Ne vous inquiétez pas, maître. Potter traversera rapidement le labyrinthe, il sait se débrouiller.

– Es-tu obligé de le couvrir de louanges ?! s'énerva la créature.

– Pardon, maître, je voulais juste dire que…

– Tais-toi et emmène-nous un peu plus loin… Mieux vaut rester caché en attendant son arrivée… Je le sentirai quand il sera là. Il le sentira aussi d'ailleurs.

Le duo s'éloigna. Je ne pouvais être sûre de rien, mais j'avais une idée sur l'identité de la petite chose lovée sous le bras de Pettigrow et que je n'avais pas bien discernée. Je tournai ma tête vers Morgan et celle-ci semblait déjà moins souffrir. Mais elle était toujours aussi crispée et ses yeux étaient exorbités, ses dents plus serrées que jamais. Elle finit par les desserrer un peu et siffla d'une voix tremblante :

– C'est lui, Margaret, c'est lui. C'est lui ! C'est Voldemort ! C'est lui, putain. Celui qui m'a volé mes parents, il est là !

– Je… Il a l'apparence d'une petite créature toute chétive, je ne sais pas ce qu'il est devenu mais…

– Je vais lui régler son compte, Margaret. Ma vengeance, je l'aurai ici ce soir. C'est une occasion trop belle ! Je vais le buter ! Le buter ! Je vais le buter !

Morgan se leva. Elle semblait hors d'elle, presque enragée. Son corps tout entier tremblait. Elle n'avait pas l'esprit clair, c'était certain. Il était dangereux pour elle d'aller faire face à celui qu'on surnommait le Seigneur des Ténèbres, celui qui n'était même pas vraiment mort alors que son sort mortel lui était revenu dans la face grâce à Potter, celui qui vivait au travers d'une petite chose sans que cela ait aucun sens. Voldemort défiait toute notion de vie et de mort et Morgan n'était pas en état de réfléchir, l'équation était vraiment mauvaise. Aussi, alors que Morgan commençait à se tourner vers là où étaient apparus Pettigrow et son maître, je m'interposai.

Mon amie me lança alors un regard plus que mauvais, qui m'intimait de me pousser de là et de ne pas la gêner. Même si ce visage me terrifiait, même si j'avais l'impression de faire face à une toute autre personne, je devais faire quelque chose. La perspective de la perdre de cette manière me semblait si stupide et vide de sens ! Les larmes me montèrent aux yeux tandis que je contemplais cette bête avide de vengeance qui avait conquis Morgan. Je ne voulais pas perdre celle qui m'avait fait vivre tant de choses, celle qui m'avait fait apprécier le monde des sorciers… Elle agrippa sa main à mon épaule, sans doute pour me pousser. Je pris alors mon courage à deux mains et lui donna un petit coup de poing sur le front, comme si je toquais à une porte. Comme elle m'avait dit de faire.

Morgan sembla se détendre d'un coup, l'air hagard. Ses yeux observèrent tout autour d'elle comme si elle venait de débarquer puis ils se fixèrent sur moi. Je vis alors une grande culpabilité s'installer dans son regard, puis une certaine tristesse. Tandis que sa main glissait mollement de mon épaule, ses yeux se baissèrent vers le sol. Elle marmonna d'une voix rauque :

« Je suis nulle, n'est-ce pas ?

– Morgan…

Je ne savais pas quoi dire, aussi je me contentai d'exprimer ma crainte en prononçant son nom.

– Je t'ai amenée avec moi, et dès que mon passé me revient dans la tronche, je t'oublie et je ne pense plus qu'à ma vengeance. Je suis vraiment nulle…

– Je… Je me doute que c'est dur pour toi, si Voldemort est vraiment à l'origine de… enfin…

– Ca ne m'excuse pas, se lamenta Morgan. Lorsque tu m'as cogné le front, j'ai… j'ai tout revu, en rétrospective, c'était bizarre… Tous ce passé sombre de mon enfance a disparu pour laisser place à nos discussions sur l'esplanade, nos entraînements, nos aventures dans la Forêt Interdite ou à Pré-au-Lard, à notre baiser… Tu as tant fait pour moi, et je ne m'en rendais même pas compte, je…

– C'est pas grave, Morgan, je veux pas que tu… enfin c'est bien que tu sois redevenue plus lucide, mais… Ne va pas te morfondre… Je ne t'en veux pas, je voulais juste que tu ne cours pas à ta perte. Voldemort… Je ne sais pas ce que je ferais à ta place, mais justement je suis une spectatrice dans l'affaire, et ce que je vois, c'est une adolescente qui m'est chère aller affronter quelqu'un qui a pu tromper la mort ! Tu ne peux pas aller te mesurer à lui, tu ne dois pas ! Pas maintenant… Pas comme ça, à chaud, tremblante… Parce que je… Parce que si tu… Si tu es blessée ou t…t… tuée, je ne… pourrais pas… je ne…

Morgan prit mes mains dans les siennes.

– Arrête de chercher des mots qui te font souffrir. J'ai pas assuré, je… Je ne vais pas y aller. Pas comme ça. Je vais… Je vais réfléchir. On va réfléchir. Viens, on retourne se cacher.

J'acquiesçai sans rien dire et elle me guida lentement vers la stèle derrière laquelle nous nous cachâmes en silence avant de se lover l'une contre l'autre, jambes recroquevillées. La situation était étrange, mais étonnamment agréable. Une certaine paix s'était installée et l'une comme l'autre nous semblions vouloir nous rassurer en nous serrant l'une contre l'autre. J'avais cru voir Morgan partir vers la mort et j'avais peur de ne pouvoir la contrôler. Mais j'y étais arrivée. De son côté, mon amie était en train de comprendre que j'étais plus importante que toutes ses vengeances et qu'elle avait failli aussi me perdre à cause de ses pulsions irréfléchies. Elle murmura :

– Je suis vraiment désolée, Margaret.

– C'est… C'est rien… C'est fini, on en parle plus, ok ? Hein, ma Morgan préférée ?

Cette conclusion censée la faire sourire n'eut pas l'effet escompté et la Serpentard fondit en larmes, se couvrant le visage d'une main.

– Qu'est-ce que je suis devenue ? sanglota-t-elle. Je suis vraiment une conne, c'est pas possible… Je pense jamais à rien…

– Non, Morgan, arrête de penser ça. Si je t'apprécie c'est parce que tu es comme tu es. J'ai du t'arrêter cette fois, mais j'aime quand tu es provocatrice et un peu folle. Les choses qui ont fait ce que tu es sont peut-être tristes mais… je veux que tu restes la Morgan que je connais.

Morgan me regarda avec une des yeux brillants d'espoir. J'eus un sourire gêné et dit :

– Juste, évite de foncer vers la mort tête baissée, d'accord ?

Elle acquiesça fermement et sécha ses larmes. C'était étrange de voir Morgan si vulnérable et attachée à ce que je disais, comme si elle attendait mon jugement. J'allais la rassurer de nouveau lorsqu'une voix nouvelle se fit entendre.

– Où sommes-nous ?

C'était une voix d'adolescent, mais je ne la reconnus pas. Mais quelques secondes plus tard, je perçus la voix de Potter.

– Est-ce que quelqu'un t'avait dit que le Trophée était un Portoloin ?

Morgan et moi nous regardâmes avec un air d'abord inquiet, puis clairement alarmé. Elle comme moi étions en train de revenir à la réalité. La conversation de Voldemort et Petigrow nous revint à l'esprit ainsi que notre échec à avoir empêché les candidats d'arriver jusqu'ici. Le trouble que nous venions de vivre avait complètement détourné nos esprits de notre mission première et nous nous retrouvions coincées là derrière cette stèle, alors que Potter allait très certainement mourir. Tandis que Morgan semblait en train de réfléchir à toute allure, je passai la tête par derrière la stèle et put découvrir que c'était Diggory qui accompagnait Potter. Ils avaient donc du saisir la coupe ensemble. J'écartai de mon esprit la question de savoir pourquoi et me concentrai sur la présence de Voldemort. Il était non loin et allait retrouver Potter. Il ne pouvait très certainement lui vouloir qu'une chose : le tuer. Je pouvais sortir pour prévenir Potter et Diggory, mais Voldemort saurait alors que j'étais là, moi une petite sorcière ridicule qui ne faisait pas le poids contre lui, c'était une évidence. Je me surpris à me demander si j'étais une lâche. Je me tournai vers Morgan qui semblait incapable de prendre une décision. Elle me dit tout bas, stressée au possible :

– Soit on reste là, soit on sort, mais…

Je venais de l'empêcher de courir à sa perte. Ca ne servait à rien qu'elle sorte maintenant. Je m'agrippai à elle en secouant la tête pour qu'elle ne se montre pas. Elle acquiesça avec un air un peu perdu.

– Quelqu'un vient, dit Cédric Diggory.

Nous attendîmes quelques secondes, il y eut plusieurs mouvements de pas dans la végétation du cimetière abandonné puis Potter poussa des cris de douleur avant que la voix glaciale de Voldemort n'ordonne :

– Tue l'autre !

– Avada Kedavra ! lança Pettigrow.

Il y eut un bruit d'éclair et une lueur verte que nous pûmes voir depuis notre cachette, puis ce fut le silence. Je me tournai vers Morgan et fut chamboulée de retrouver la force de la nature que je connaissais. Elle paraissait à présent concentrée même si un peu tendue et sortit d'une de ses poches de ceinture un petit miroir ovale ouvragé qu'elle passa sur le côté de la stèle. Puis elle rangea le miroir et me murmura à l'oreille :

– Potter est toujours en vie. Le mort, c'est Diggory. En même temps, je ne sais pas ce que Voldie veut faire du Survivant, mais Diggory était mort quoiqu'il arrive.

– Il… Il est mort… Un de nos élèves est mort, fis-je en secouant la tête. Tué par Voldemort…

Je n'en revenais pas. Nous n'avions rien fait. Mais s'interposer équivalait certainement à mourir aussi. Morgan avait peut-être ses chances, mais prendre le risque ? J'avais été lâche. Je ne pouvais le supporter.

– Morgan, nous n'avons rien fait !

– Margaret, fit Morgan en me serrant fortement la main pour me rassurer et en me regardant droit dans les yeux, il n'y a rien que nous n'aurions pu faire. Tu avais raison sur toute la ligne. Voldemort est encore là alors qu'il est bel et bien mort, et je ne sais pas pourquoi. Un simple Avada Kedavra ne le tuera pas et je nous aurais mis en danger toutes les deux. Je dois rester auprès de toi pour te protéger et quant à toi, tu apprends vite, mais tu ne pourrais pas tenir un duel. Mais dis-toi, Margaret, que n'importe quelle fille de ton âge, à ta place, serait recroquevillée, les yeux fermés, en train de trembler à l'idée de se faire tuer et complètement paralysée pour avoir assisté à l'assassinat d'un camarade. Ou pire, cette même fille serait en train de courir pour fuir et se ferait intercepter. Je ne sais toujours pas qui est mort et comment, mais ce décès te permet d'être plus forte. Et cette force on doit la garder. Il ne faut pas sortir, Margaret.

– Et s'il tue Potter ? On peut encore sauver Potter !

– Non, on ne le peut pas. Mais lui, c'est le Survivant, il peut se sauver, il est spécial.

– Tu disais que…

– Il y a ce que je dis et ce que je pense vraiment. Je veux me faire Voldemort plus que tout, mais tu m'as fais prendre conscience qu'il ne revient pas de n'importe où et tant que je ne sais pas ce qu'il est… En restant cachée je garde ma couverture et je pourrais découvrir son plan en nous infiltrant parmi les Mangemorts. Nous devons rester là. Potter a déjà tué Voldemort malgré lui, il peut sans doute le faire une autre fois. Nous ne sommes pas des lâches, Margaret, nous sommes juste humaines. Tu m'as empêcher de faire une énorme bêtise, à moi de te faire comprendre qu'on en ferait une énorme en sortant. C'est une épreuve comme une autre. Tu me comprends ?

J'acquiesçai lentement. Mais je n'étais pas convaincue. Pour moi, nous avions laisser mourir quelqu'un. Et ça me faisait horriblement mal. Morgan vit cette détresse et me serra davantage la main et ajoutant :

– Et si Potter n'arrive pas à la vaincre, si les secours ne viennent pas et qu'on se retrouve là, seules… Alors je le combattrai. Si j'entends Queudver prononcer le début du sort de mort, j'interviendrai.

– Non, dis-je dans une pulsion soudaine. Nous interviendrons. Je ne te laisse pas y aller seule, et de toute façon je ne me pardonnerai pas de t'avoir laissée…

Morgan me jaugea un moment puis un sourire un peu triste.

– D'accord. Toutes les deux. »


Et voilà, Morgan et Maggy, pas si héroïnes que ça. Le titre de ce 2e tome commence à avoir son sens, mwahaha.