Coucou à tous, désolée du retard ! Voici le chapitre 34 !
Le retour après les vacances, ça ne fait jamais plaisir, mais alors là, la troupe se prépare pour la Première !
Merci à tous pour vos reviews/messages/follow/fave ! On a décidément atteint les 300 REVIEWS ! C'est tout bonnement énorme, merci, merci, à tous !
Malheureusement, et voilà le pire moment pour un écart comme celui ci, mais je ne vais pas pouvoir y répondre avant, au moins, samedi ! Cela dit, le prochain chapitre sortira à temps, normalement, dimanche ! Bref, au final tout va bien, juste quelques contre-temps !
Merci encore à tous, on touche au but et pourtant la joie que vous m'offrez via cette fic ne cesse de grandir ! :D
Merci aussi à ma correctrice, Akimitsu N, éternellement !
Et sur ce, je vous laisse avec chapitre, bonne lecture ! ;)
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Lundi matin. Dix heures.
Akaashi tournait, et tournait, et virevoltait sur lui même.
Au Downtown Theatre, le stress montait.
Bien sûr, avant les vacances, toute la troupe avait déjà bien conscience que la Première approchait. Mais maintenant que l'ultime étape qui les en séparait était passé, tous les artistes comprenaient soudainement l'urgence de la situation.
- Quelqu'un a vu Yamaguchi ? s'écriait, dans un coin lointain de la pièce, un Tsukishima plus tendu que jamais.
Il avait beau jouer la carte de la confiance, Akaashi sentait bien qu'il était terrifié.
- Je l'ai pas vu depuis trois quarts d'heure, répondit Nishinoya qui se trouvait là bas.
Et du coin de l'oreille, Akaashi comprit que Tsukishima faisait les cents pas depuis son coin de plancher.
Mais Akaashi n'avait pas le temps de s'inquiéter pour les autres. Il devait absolument perfectionner chacun de ses pas.
De plus, il avait été décidé que chaque après-midi serait désormais vouée à des répétitions générales.
En boucle.
Pour bien tout se rentrer dans le crâne.
Sur le coup de dix heures et demi, Akaashi décida de se prendre une petite pause. Il restait lucide, il était loin d'être le plus débordé par la situation, aussi n'avait-il aucune raison de s'imposer des entraînements intensifs. Le mieux est l'ennemi du bien, comme on dit.
Autour de lui s'élançaient avec plus ou moins d'anxiété cette poignée de silhouettes qui l'accompagnaient dans cette aventure depuis déjà six mois.
Six mois.
A la fois tout un monde et absolument rien.
Yachi fut la première qu'Akaashi aperçut. En cet instant tout comme lors de son premier jour au théâtre, prenons soins de le remarquer. Cette dernière chantait, sourcils froncés et main en l'air, dans la cacophonie générale. C'était fou comme elle avait changé depuis le début des répétitions.
Shimizu quant à elle, mimait avec une concentration indétrônable une vague de colère vrombissante, et agitait ses bras rageurs autour de sa tête, comme si elle était en décalage complet avec la réalité.
Plus loin, Takana déclamait lui aussi quelques lignes, dans un texte effréné, frénétique, fantastique ; perdu à la fois entre une série de paroles maîtrisées, soudain bouleversées dans une bourrasque mirobolante d'explosions de musique, puis hachées très rapidement dans un rap qui s'échappe et dérape et contraste avec le reste de ses mots.
Asahi quant à lui, tournait le dos à tout le monde. Une main sur le ventre, l'autre sur la poitrine, la tête fort basse et le regard très haut, il semblait complètement enturbiné dans ses pensées, tandis qu'il chantait d'une voix de bronze ses mélodies aux accents tragiques.
Quelques mètres derrière lui, Nishinoya comptait dans un murmure qu'Akaashi lisait sur ses lèvres un rythme que seul lui entendait. Une seconde il tourbillonait au sol, la suivante il bondissait vers le ciel, dans un étrange mélange de capoera et de hip hop, puis soudainement de danse de salon revisitée sous des airs parfois majestueux de danse classique. Mais rappelons le, il nous avait demandé de ne surtout jamais essayer de le décrire.
Au milieu de la pièce, les héros, les étoiles du show, ne se disputaient plus. Aggripés l'un à l'autre dans leur duo indétrônable, Hinata et Kageyama s'échafaudaient vers le plafond dans des pirouettes et des constructions humaines tout bonnement époustouflantes. Ils ne se parlaient même plus. Se regardaient à peine. Hinata savait, au frémissement de Kageyama, où ce dernier allait poser sa main. Et Kagayama savait, à l'hésitation d'Hinata, qu'il faudrait retarder leur prochain exploit d'une demi seconde.
Daichi, lui, dans sa grandeur bien connue, murmurait son texte pour lui même, le regard bouillonnant, dressé vers l'avant. C'était un artiste qu'il y avait là, un coeur qui ne battait que pour son art.
Et puis quelques mètres plus loin s'appliquait enfin Sugawara, les paupières à demi closes. Il marquait une pause, pour mieux éjecter ses bras vers le ciel la suivante. Il se laissait tomber pour mieux rouler vers l'arrière par la suite. Mourrait un instant puis explosait le suivant. A bien y réfléchir, Akaashi l'admirait toujours autant dans sa danse. Mais pour être honnête, peut être aurait-il été plus heureux de ne l'avoir jamais connu personnellement. Pas parce que Sugawara et ses piètres jugements lui apportait un certain mal être. Cela ne l'affectait pas à un si haut point. Mais tout simplement parce que malgré la grandeur, le spectaculaire de cet homme, Akaashi avait été malgré tout obligé de faire face à une réalité qui l'avait déçu. La perfection n'existait pas.
Puis, pour terminer, Akaashi se tourna vers Bokuto.
Là où tous les autres brillaient, s'affirmaient, bouillonnaient d'émotions et d'expressions, Bokuto pâlissait.
Il semblait raide, froid, tendu. Ses mouvements étaient incertains, ses doigts tremblants, son expression illisible.
Et au moment exact où Akaashi aurait perçu une opportunité pour lui de se lancer une bonne fois pour toute et de se plonger dans sa danse, Bokuto, lui, s'arrêta. Il fit une pause le temps d'une minuscule seconde. Tête basse. Les bras paralysé. Puis il soupira, sembla pris dans un dilemme urgent entre la gauche et la droite, puis finit par se jeter vers sa bouteille d'eau, au sol, qu'il fit tomber deux fois en voulant l'aggriper de ses paumes tremblantes. Là, le teint plus pâle que jamais, les traits plus compressés que jamais, les yeux plus exorbités que jamais, il avala une minuscule gorgée d'eau bien qu'il semblait assoiffé, et s'assit dans un coin. Les jambes croisées mais très serrées contre lui, la mâchoire hyper-tendue, les bras verrouillés, dont les mains semblaient chercher à arracher le sol, et le dos tordu dans un angle peu confortable. On aurait dit que cela faisait des nuits qu'il ne s'était pas reposé.
Et dire qu'ils avaient repris le matin même.
Cependant, malgré ce malaise certains de Bokuto, Akaashi ne s'inquiétait pas pour lui.
Il avait vécu ce qu'il endurait à ce moment. Il avait connu ce terrible passage d'angoisse aux abords de la première des premières scènes. Mais il avait bien fallut monter sur scène à un moment où à un autre. Il avait bien fallu parce que ce n'était plus le moment de reculer et qu'il n'avait pas pu s'arrêter avant car son plaisir de danser était bien trop viscéral.
Alors finalement c'était presque avec affection qu'Akaashi contemplait le fantôme de tous les artistes dans les phalanges crispées de Bokuto. Cependant, une seule chose devait changer.
Akaashi glissa alors quelques cheveux rebiffants derrière son oreille et se dirigea, silencieux, léger sur le parquet grinçant, et vint s'asseoir à côté de Bokuto.
Il lui glissa les doigts autour du bras et le tirant gentimment vers lui, il demanda :
-Tu veux bien qu'on répète le passage d'avant les vacances ? J'ai besoin de toi pour danser.
Et Bokuto, livide, tourna ses deux yeux sauvages vers lui et, toujours un peu creux, répondit :
-Okay.
Et ils se levèrent.
Akaashi sourit. Bokuto pouvait avoir aussi peur qu'il le souhaitait, c'était normal. Cependant en aucun cas il ne fallait s'arrêter de danser.
Pas maintenant.
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- Pour une fois qu'on va pas avoir l'air de gros crasseux ! S'enthousiasmait Oikawa, le pas lyrique sur le béton.
Il se serait presque envolé de bonheur tant il semblait excité.
Akaashi, soyons honnête, ressentait lui aussi une certaine bouffée d'exaltation en songeant à ce qui les attendait. Pour l'occasion de la Première, à laquelle Oikawa, Iwaizumi, Kuroo et Kenma avait promit sur l'honneur de venir, toute la troupe, les deux danseurs y compris, étaient partis en quête de costumes respectables.
En effet, aucuns d'eux n'en possédaient, hormis Iwaizumi dont l'antique matière de feutre en sa possession laissait entrevoir les longues années d'usages, de machine, et de prêts à gauche et à droite.
- Moi je le trouve toujours bien, le miens… Soufflait-il de temps à autre.
Il trainait un peu des pieds. Ralantissait tout le monde. Marmonnait dans son coin.
Mais il y avait dans sa réticence un aspect ravissant aux yeux de ses amis.
Ce n'était pas la douleur, le désespoir constant qui le hantait depuis des mois qui le faisait parler ce jour là. C'était sa simple personnalité. C'était lui.
Iwaizumi revenait chaque jour à la vie.
Et Akaashi, au même titre que les autres, avait bien conscience de s'en émerveiller chaque jour, chaque instant, mais c'était là une guérison grandiose. Ou tout du moins, si parler de guérison n'était pas possible, il s'agissait au moins d'un éveil inespéré.
Kuroo, derrière lui, semblait étrangement jovial.
- Je me demande si je vais être beau, avoua-t-il tout haut.
Kenma leva le nez de son téléphone.
Oikawa rejeta ses cheveux en arrière. Il soupira, dramatique :
- Mais bien sûr, que tu seras beau, espèce de beau gosse des années 2000 !
Et à cette exclamation, Bokuto ricana et injecta :
- MDR ! J'avoue, avec ton vieux côté émo et comment tu te la pète, ce sera encore toi le plus beau évidemment !
Et on sentait peut être une poussière ancienne d'une jalousie renfermée dans sa voix, mais ce jour là, il se moquait.
Kuroo fronça le nez.
- Heuuu, commença-t-il pour jouer les offusqués. Déjà vous critiquez pas le mouvement émo, continua-t-il en riant. Et surtout en présence de Iwa, le plus grand fan de MCR de la planète, sorry not sorry !
Et pour illustrer ses paroles, il attrapa Iwaizumi par les épaules, lequel se mit à rire.
- Ne parle pas de My Chem à la légère, annonça-t-il d'une voix grave. On ne rigole pas sur un groupe séparé dans des conditions si tragique… Clôtura-t-il, la visage faussement sombre.
Et tout le monde se mit à rigoler, Oikawa s'esclaffant le plus fort.
Après cette discussion fort enrichissante, la troupe au complet finit par se retrouver plantée devant l'adresse d'un vendeur de costumes qu'Oikawa avait déniché sur Internet.
- Il a quatre étoiles et demi sur Google+, souffla-t-il en levant le nez vers la vitrine.
Cet endroit ne leur ressemblait pas du tout.
Elle transpirait de luxe.
Et même si tout le monde avait fait l'effort de mettre un jean bien propre ce jour là, on voyait bien à leur dégaine que ce n'était pas leur monde.
- Bon ! Lâcha Oikawa, un peu impressionné.
- Eh ben les clients sont rois les gars, allez, on y va ! Répliqua Kuroo, soudain plus enthousiaste.
Il était le plus confiant de tous, et tout le monde le suivit vers la porte.
- Prêts à devenir pauvres ? Demanda-t-il en posant sa main sur la poignée de la porte.
Et sans attendre la réponse de qui que ce soit, il poussa la porte vers l'intérieur.
Tout le monde entra.
Dans cette boutique très chic, il faisait plutôt frais.
Une petite clochette rigola pour annoncer leur venue, et deux hommes -un jeune et un d'âge mûr- vinrent immédiatement à leur rencontre.
S'ils furent surpris de trouver dans leur magasin cette tripoté d'enfants sauvages, ils n'en laissèrent absolument rien paraître.
Le plus vieux s'exclama :
- Messieurs ! Que pouvons nous faire pour vous ?
Son collègue et lui avaient tous les deux la peau blanche, la même mâchoire très carrée, une barbe très calculée, les yeux un peu rieurs, un peu séducteurs, le sourire aux airs francs, les épaules larges, les mains carrées. Bref, les archétypes parfaits de l'homme parfait sur les couvertures de magazines pour hommes parfaits écrits par des hommes parfaits.
Akaashi, tout en finesse, avec ses cheveux bouclés, ses mains de pianistes, son pas de danseur ; pire : son pas de danseur de danse classique ; son nez courbé et ses yeux en amande, n'avait pas franchement pour habitude de se sentir gêné par son apparence. Il n'aurait sûrement pas eu l'audace de se trouver beau, mais ne se serait pas qualifié de moche non plus. Mais face à ces hommes là, il se trouva soudain fort hors du moule. Il se trouva soudain manquant cruellement de masculinité.
N'en avouant surtout pas un mot, il fit un pas en avant.
- Bonjour, répondit cependant Oikawa avec son plus beau sourire. On a tous besoin d'un costume, ici.
Et il se tourna rapidement vers ses amis.
Kuroo posait dans un coin, la hanche calée vers la droite, les bras croisés devant lui, quelques mèches sombres devant les yeux. Et dans le coin de son oeil, Akaashi crut deviner qu'il s'observait lui même dans un miroir en face de lui, entre une porte entrouverte et une plante en pot.
Quelle image renvoyait-il ? Comment le percevait-on ? Voilà à quoi il devait penser.
Et voilà malheureusement quelques questions auxquelles Akaashi avait eu si peur de répondre pour lui même, et ce pendant si longtemps.
Cela dit, ce n'était pas le moment pour les révélations existentielles.
Akaashi se tourna vers Bokuto, qui lui fit un grand sourire, et lorsque leur guide les emmena vers un recoin de la pièce, où le plus jeune ouvrit d'un geste théâtrale les portes d'une armoire en bois luxueux, Bokuto fit de grands yeux, comme pour dire "mais qu'est-ce qu'on fait là ?".
- On commence par qui ? Demanda un des deux hommes.
Akaashi ne vit pas de qui il s'agissait. Il avait le bras d'Oikawa devant les yeux.
- Par Oikawa ! Répondit soudain Kenma, inattendu, en glissant son téléphone dans sa poche arrière.
Et tous les regards convergèrent vers lui.
Kenma tourna la tête vers Oikawa.
- C'est bien ce qu'on avait dit, non ? Fit-il d'un air faux.
Et ce n'était pas du tout "ce qu'on avait dit", mais Oikawa n'eut pas le temps de poser quelque question que les vendeurs lui demandaient déjà :
- Alors, est-ce qu'on part plutôt sur du…"
Et c'est ainsi que toute la joyeuse troupe perdit tout un après-midi à essayer, comparer, hésiter entre telle veste et telle couleur, entre le classique ou l'excentrique, entre le gilet de costume ou pas.
Et si le tout au début fut plutôt tendu, tout le monde au final se prit au jeu, même Kenma qui ne s'arrêtait plus de rire lorsqu'il comparait les jambes de pantalon trop courtes de Kuroo et ses propres manches de vestes bien trop longues. Et si nous avions un Iwaizumi dans un ensemble noir et blanc qui oscillait entre le côté tapis rouge et l'effet gangster, il fallait voir à côté son Oikawa tout de rose vêtu digne d'un Gatsby le Magnifique, sa coupe de champagne à la main.
Kenma de son côté ne cessait de se trouver ridicule.
- C'est pas mon genre, se plaignait-il.
Il plissait les yeux devant le miroir.
- On dirait que j'ai douze ans, ricanait-il.
Et il se tassait face à son reflet.
- Je peux pas plutôt y aller en robe ? Soufflait-il une dernière fois.
Il commençait sérieusement à considérer toutes les autres possibilités, tout pour se libérer de cette galère. Mais sa remarque fit relever la tête d'Oikawa.
- Hey...
Akaashi l'entendit s'éveiller.
- C'est vrai que j'ai cette robe à la maison…
Akaashi leva la tête vers lui. Et Oikawa le vit se retourner. Il se pencha vers le danseur :
- Akaashi, tes collègues te verraient moins bien si je venais en robe à ta Première ?
L'intéressé planta son regard dans celui de son ami.
- Sois honnête, ajouta durement Oikawa.
Et Akaashi haussa les épaules.
- Franchement, commença-t-il. Ça m'étonnerais.
Oikawa ne se ravit pourtant pas. Il continuait de fouiller son regard.
- Mais, reprit Akaashi. Je te garantie pas que personne ne fera de remarque, que personne ne regardera mal… Glissa-t-il.
Et c'était vrai. C'était dans un monde comme cela qu'Oikawa vivait.
Et ce n'était pas tant qu'Oikawa ait besoin de se mettre en robe. Il pouvait s'accommoder de son costume. Il ne souffrirai pas atrocement de honte et de haine envers lui même s'il portait ce dernier, et il s'en avouait bien chanceux, car contrairement à d'autres il savait se trouver bien dans tout, il savait se trouver beau, se retrouver lui même dans beaucoup de choses. Ce n'était pas le cas de tout le monde.
Mais le problème, pour son cas, n'était pas de mener la guerre difficile que peuvent mener les personnes trans. Son problème à lui, c'était d'être libre d'être lui même n'importe quand.
Car une partie de qui il était se trouvait acceptée par la populace générale. L'autre, non.
Or, bien sûr, il aurait pu porter son costume quoi qu'il arrive. Mais que faire si ce jour là c'était sa robe qu'il voulait porter ? Un choix était si facile, si attendu ; l'autre s'attendait forcément à une série de questions, de regards bizarres, et même d'un peu de peur.
Alors on avait beau dire qu'Oikawa était libre de faire ce qu'il voulait, c'était faux. Concrètement, c'était faux. Et ce n'était pas grave, pas vitale à son bien être. Mais c'était une barrière considérable, cela lui volait quelques petits bonheurs qui mis côte à côte auraient pu constituer une joie énorme. C'était un rappel constant qu'il ne faisait pas ce qu'il voulait. C'était un rappel constant qu'il ne pouvait pas être qui il voulait.
Alors Oikawa dit simplement :
- Bon, je verrai…
Et entre deux coups d'oeil, il souffla à Akaashi :
- De toutes façons j'ai de quoi me l'acheter, ce costume, alors je le prend de toutes façons, il me va trop bien.
Et il lui fit un clin d'oeil, auquel Akaashi sourit.
Pendant leur petite aparté, en tous cas, Kenma se retrouvait dans un costume brun, aux petites vibes vintage, comme s'il sortait d'un remake des années trente.
Il semblait se plaire sans oser l'avouer, il ne disait rien, et hésitait, hésitait, hésitait. C'était comme si pour la première fois de sa vie, Kenma se regardait vraiment dans un miroir. C'était comme si Kenma avait vécu jusqu'à ce jour dans une espèce de complaisance sans efforts vis à vis de son apparence, comme par vanité, comme pour dire que lui, il n'avait pas besoin de ça, mais qu'aujourd'hui seulement il réalisait avec effarement le plaisir, l'enchantement de se trouver beau. C'était comme si finalement, en ayant vécu si longtemps aux côtés d'un Kuroo si beau, si travaillé, il n'avait jamais osé sortir de ce désintéressement physique par peur de ne jamais être à la hauteur. Et le voilà qui semblait découvrir, au vue de l'éclat dans ses yeux, toute une nouvelle aube de possibilités de personnes qu'il pourrait être, un jour, peut être.
Cela dit, comme le silence commençait à devenir un peu gênant, Kuroo glissa :
- Alors ?
Et Kenma inspira, et lâcha simplement, comme s'il prenait la plus grande décision de sa vie :
- Je le prend.
Ce fut le tour de Kuroo.
Qui, au contraire, se plaisait dans tout.
Comme s'il était né entre des étoffes de satin et des chutes de velour.
Kuroo, en vérité, avait ce côté star en lui, que certaines stars n'ont pas. Il avait le goût de la célébrité, sans vraiment trop l'avouer, il avait le goût du succès, de la reconnaissance, de l'admiration. Bref, tout ce qu'on échouait à lui offrir récemment.
Cependant, à s'amuser s'admirer dans des matières précieuses, il semblait retrouver une joie de vivre, et son âme semblait se désaltérer sans fin dans l'abysse du miroir.
Il s'aimait autant dans un jaune canari que dans un noir très classique, autant dans un bleu électrique que dans un rouge excentrique.
Et si Oikawa prenait très à coeur ses essayages, il ne l'aidait pas beaucoup puisqu'il était du même avis : il était beau dans tout.
Bokuto finit par avouer :
- Moi je préfère le jaune.
Et si Akaashi vu filer une pulsion dans les yeux de Kuroo, une courbe soudaine dans les intérêts de son coeur qui pencherait soudainement lui aussi vers le jaune, ce fut Kenma qui coupa court aux délibérations.
- Moi je te trouve mieux dans le rouge.
Kuroo se tourna vers lui, sans même un regard pour Bokuto.
Kenma haussa les épaules.
- Ça se correspond mieux. C'est plus toi.
Kenma avait parlé. Il préférait le rouge.
Adjugé, vendu.
Et Akaashi soupçonnait Kuroo d'adorer être amoureux. Pas même d'être aimer. Aimer tout court. Akaashi le soupçonnait d'adorer faire tout pour plaire à une seule personne. Akaashi le soupçonnait d'adorer penser à celle ci à chaque instant, d'adorer s'imaginer avec elle avant de dormir, d'adorer lui sourire, d'adorer se rapprocher, très doucement, très timidement.
Car en effet, Kuroo pouvait à nouveau goûter petit à petit au plaisir d'un amour nouveau. Son amour pour Bokuto avait pourri. Il était devenu impossible, amoral, et tourmenté au point d'être immangeable. Or, lorsqu'il tournait la tête, glissant de plus en plus loin de Bokuto, pour poser ses yeux sur Kenma, qui, soyons honnête, le regardait déjà, il avait cette joie de sentir son coeur s'envoler, rigoler, imploser.
Et cette nouveauté semblait le rafraîchir à chaque instant, comme s'il ne cessait d'oublier son état, et que cela lui revenait parfois : "Oh, c'est vrai, je suis amoureux", "Oh, c'est vrai, je suis heureux".
Et autant était-ce merveilleux, autant il s'agissait de sa plus grande tragédie, car ce Kuroo tourné vers la gloire et la lumière, ne se sentait vivre qu'avec un coeur battant pour quelqu'un d'autre. Amoureux, il chantait. Esseulé, c'était sa peine, en prévision des jours heureux, qu'il écrivait.
Et finalement, malgré les déboirs de tous les autres, ce fut au tour d'Akaashi. Contrairement aux autres, il semblait avoir déjà vu plus de personnes en costumes en face de lui, aussi la chose lui semblait moins grotesque. Après ces longs moments d'attentes passives, Bokuto et Oikawa commençaient sérieusement à en avoir marre de se tenir assis, aussi avaient-ils décidés de jouer les conseillers.
Bokuto brandissaient tous les ensembles les plus immondes en ayant sincèrement l'air de les apprécier. Akaashi n'osait pas le vexer en rigolant, mais il s'agissait là d'un gros effort, que de se retenir de rire. Cela dit, Oikawa gardait son bon goût, et il scrutait avec justesse les allures d'Akaashi pour lui sortir des vestes qui semblaient lui couler contre les hanches et des pantalons qui lui tombaient parfaitement à la cheville.
C'était tandis que Bokuto défendait le cas d'un ensemble kaki et rose qu'Akaashi finit par trouver ce qu'il voulait. Sa main s'arrêta hâtivement sur une veste en particulier, entre un exemplaire fushia et un noisette.
Il la sortit, l'observa plus attentivement. Bokuto babillait toujours dans le fond à propos de la beauté du costume qu'il avait entre les mains, mais Oikawa tourna la tête, et vit ce sur quoi Akaashi portait son attention.
Il siffla, admiratif.
- Hey c'est bien ça ! Lança-t-il.
Il lâcha ce qu'il regardait. Bokuto leva le nez un instant.
- J'avoue ! S'exclama-t-il.
Et il reposa à la va-vite son costume à la mauvaise place.
Akaashi était hésitant quant à lui. Son costume était d'un vers foncé peu habituel. La matière était un lainage concret mais raffiné dans des tons tel que celui ci. Il leva la tête, échangea un regard avec Oikawa et Bokuto.
- Essaye ! S'enthousiasma Bokuto.
Oikawa hocha la tête.
Même Kenma dans le fond approuva.
Alors quelques minutes plus tard, Akaashi se retrouva à poser pour ses amis, dans son ensemble sombre.
- On dirait un mafieu ! Commenta Kenma avec un sourire en coin.
Bokuto ricana franchement.
- C'est tout le charme du costume ! S'exclama Oikawa envers Kenma, lequel sourit en haussant les épaules.
Akaashi riait doucement. Il faisait comme s'il ne savait pas trop, mais il allait le prendre. Il se sentait bien.
- Alors ? Finit par demander Kuroo, silencieux depuis un moment.
Tout le monde se tu.
Akaashi se tourna vers Bokuto et sourit :
- Allez, je le prend.
Tout le monde s'exclama de joie.
- Allez Bokuto, c'est toi le dernier ! Lança Iwaizumi qui rêvassait depuis un moment.
L'intéressé afficha un immense sourire. Bokuto aimait bien avoir l'attention sur lui, ce n'était pas nouveau. C'était là le grand différend entre Kuroo et lui. Bokuto dansait parce qu'il aimait être regardé, Kuroo chantait parce qu'il aimait être acclamé.
- Vous me conseillez quelle couleur ? S'extasiait-il.
- Pas du blanc en tous cas, tu finirais par te salir c'est sûr… Marmonna Oikawa.
Et il y eut une petite pause, durant laquelle Oikawa continuait de fouiller, inconscient des jugements. Bokuto parla le premier :
- Okay Maman !
Et Oikawa le regarda curieusement, là où tout le monde se mettait à rigoler.
Le cas de Bokuto dura longuement.
Ce dernier adorait tel tissu mais il posait problème pour telle raison, là où il préférait un autre, qui restait problématique pour autre chose.
- Bon, Bokuto, t'es chiant un peu, non ? S'impatienta Oikawa.
Akaashi rigola. A travers ses multiples recherches, il avait proposé à Bokuto des ensemble orange, gris, bleu, même du vert presque fluo et rien ne lui avait plu.
Finalement, après une bonne heure d'essayages et de lamentations, tout le monde commençait à être à bout. Les vendeurs, qui les avaient abandonnés il y a bien longtemps de ça trainaient au bout de la pièce et leur jettaient des coups d'oeil désespérés.
Et si Bokuto, à force de persuasion, en était venu à hésiter entre seulement deux modèles, on sentait son choix difficile car peu apprécié.
- Je sais pas, moi, couinait-il, fatigué. Tant pis au pire j'en aurais pas moi !
Akaashi secouait la tête :
- Hors de question ! Il faut faire bonne impression, imposa-t-il.
Mais pour être honnête, il commençait lui aussi à être fatigué.
Cependant, malgré les difficultés d'Akaashi et Oikawa à limiter le choix de Bokuto à deux modèle, Iwaizumi crut bon de proposer autre chose.
- Et ça, alors ? FIt-il d'une voix sourde.
Et il leva à côté de sa tête un costume très vieux jeu et surtout très surfait, dans une matière brillante, cliquante, noire, coupée très cintrée et affublée d'une queue de pie. Akaashi sourit, prêt à se moquer du manque de jugement d'Iwaizumi, et Oikawa rigola ; cependant, Bokuto leva la voix :
- Vas-y passe !
Et il s'enferma illico presto dans sa cabine avec cet étrange trésor.
Akaashi et Oikawa échangèrent un regard interloqué, puis, se tournants vers Iwaizumi, ce dernier leva haut la tête avec un sourire très satisfait.
- Je suis sûr qu'il va prendre celui là.
Et en effet, lorsque Bokuto réapparu, il avait l'air aux anges.
- OMG, s'exclama-t-il, mais je SURKIFFE !
Il fit un tour sur lui même, faisant claquer ses talonnettes au passage. Sa queue de pie le suivit doucement dans sa danse, et lui donnait l'air d'un majordome de lord ou quelque chose du genre.
- Parfait ! S'exclama Kenma, écrasé sur une petite banquette inconfortable.
Il leva ses doigts en "o" face à lui.
Kuroo hocha la tête.
- Moi je suis pour, affirma Iwaizumi.
Oikawa haussa les épaules, un peu prit de court.
Et Akaashi, quant à lui... Il perdait sa contenance.
- Bah, oui, oui, c'est bien… Affirma-t-il.
Et pour être honnête, il le trouvait plus que bien. Qui aurait cru qu'un attribut si pompeux, si cliché, siérait si bien à l'effet un peu rêche de Bokuto ? Qui aurait crut qu'il le trouverait si beau ?
Et Bokuto, lançant son regard à la volé sur ses amis, ne put que remarquer l'air un peu perdu d'Akaashi. Il sourit, lui tendit le bras :
- Puis-je vous offrir cette danse, monsieur ?
Et Akaashi se sentit vraiment trop bête lorsqu'il se mit à rougir en souriant béatement.
Il prit le bras de Bokuto, se leva, mais déclara :
- Non, pas ce soir.
Et Bokuto, qui partait déjà dans une série de pas, s'arrêta net. Il fit volte-face. Leva les sourcils.
- On garde ça pour la semaine prochaine, non ?
Et Bokuto, bien que frémissant d'angoisse, lui sourit, incontrôlable.
Oikawa leva les yeux au ciel en souriant depuis son coin de pièce et se dirigea - enfin ! - vers la caisse. Kuroo baissa les yeux en entraînant Kenma avec lui. Iwaizumi sourit à Akaashi en les dépassant.
Ils quittèrent le magasin pauvres, mais grandioses.
Sur la route, personne ne parla du fait qu'Akaashi et Bokuto se souriaient beaucoup trop, ni qu'ils s'effleuraient beaucoup trop, ni qu'ils se regardaient beaucoup trop. Et Akaashi se doutait bien qu'en vérité, personne n'en parlerai avant un long moment. Mais finalement tout le monde était lucide.
Entre deux discussions somme toute assez banales, Iwaizumi parvint à sortir, un peu hors sujet, une autre question que personne n'osait aborder :
- Alors Kuroo, tu joue toujours de la musique dans la rue au final ?
Il y eut un instant de froid. C'était comme si Iwaizumi avait été endormi pendant si longtemps que désormais il n'avait plus conscience des tabous. C'était à la fois terrifiant et merveilleux.
Car si Bokuto et Kenma se trouvaient alors terriblement tendus, mâchoires crispées, le rouge aux joues, Kuroo répliqua pourtant, l'air fier et profond :
- Ouais.
Il fit une pause. Tout le monde le regardait. Tout le monde écoutait, à la fois trop curieux et trop inquiet.
- Ouais, reprit-il alors. Et la semaine dernière je me suis fait cent cinquante balles rien qu'en y allant tous les jours.
Et il déclara cela comme s'il ne s'agissait de rien. Comme si cent cinquante livres ça n'équivalait pas à trois Mc Do respectables pour toute la troupe. Comme si avec ça il ne pouvait pas s'acheter une paire de Dr Marteens. Comme si ça ne faisait pas une vingtaine de places de cinéma. Comme si ce n'était pas deux très bonnes places de théâtre.
Akaashi se rendit compte qu'il le fixait, l'air abasourdi, au moment où Kuroo croisa son regard.
Le coeur d'Akaashi manqua un battement. Il se rattrapa immédiatement, et, à nouveau neutre, ne sut plus quoi faire de son visage. Devait-il être content pour lui ? En même temps si Kuroo se retrouvait tout seul, c'était un peu à cause de lui. Son enthousiasme ne serait-il pas mal perçu, alors ? Fallait-il ne rien dire ? Ce serait un peu cruel. Fallait-il se tourner vers les autres ? Ça ne réglait pas son problème, il devrait s'exprimer à un moment où à un autre de toutes façons.
Et alors seulement une pause se fit dans la tête d'Akaashi. Que pensait-il vraiment de cette situation, en fait ?
Tout semblait brumeux dans ses pensées, et après quelques instants de balayage, après s'être rappelé les origines de cette histoire, c'est-à-dire les origines de son arrivée parmi la Troupe, il finit seulement par réaliser : Il était content pour Kuroo.
Alors avec la force de celui qui n'a rien à perdre, de celui qui savait qu'il était impossible d'empirer sa relation avec Kuroo, il sourit.
- C'est vrai ? Fit-il calmement.
Et tout le monde se tourna brusquement vers lui.
Il avait osé répondre le premier. C'était lui qui menait la danse maintenant.
- C'est mérité, tu as travaillé dur, affirma-t-il.
Comme s'il ne s'agissait de rien.
Et alors seulement un petit sourire se dessina sur le visage de Kuroo.
- J'avoue, répliqua-t-il, un peu poseur.
Il n'en disait rien mais semblait fort fier.
- Truc de ouf ! Lança alors seulement Oikawa. Sérieux tu nous en a même pas parlé, quoi ?! S'exclama-t-il, offusqué.
Kuroo haussa les épaules.
- Je ne pensais pas que ça vous intéresserait… Glissa-t-il.
Il frisait la passive-agressivité avec délectation, jubilant d'avoir réussi et de pouvoir blâmer ceux qui l'avait blessés de ne pas l'avoir suivit au doigt et à l'oeil. Car certe son plan n'avait pas tourné comme il l'avait prévu, et certe il avait été triste durant le chemin. Mais c'était la vie.
Et il avait continué.
Et il avait réussi.
- En plus j'en avais parlé à Kenma, il ne vous en a pas parlé non plus, argumenta-t-il.
Et Kenma leva vivement la tête, sa tignasse s'agitant contre ses joues.
- Comme si j'allais en parler à tout le monde !
Et Kuroo lui sourit, alors Kenma comprit que, pour une fois, son jugement avait été trompé et qu'il avait emprunté le mauvais ton. Il pinça les lèvres et baissa un peu la tête, faisant mine de chercher quelque chose sur son téléphone.
Ainsi tout le monde rentra.
Arrivé à l'intersection devant Noveapolis, Bokuto s'exclama :
- Partez devant, j'arrive !
Et tous firent comme s'ils n'avaient pas compris l'attachement singulier qui poussait Bokuto à rester auprès d'Akaashi. Kuroo ne dit rien, n'exprima rien, il marcha. Kenma jeta un petit oeil en arrière et quand Akaashi trouva son regard, ce dernier lui fit un sourire. Oikawa agita sa main dans un au revoir. Iwaizumi lui tenait le bras. Il avait l'air d'avoir froid.
Finalement seuls, ni Akaashi ni Bokuto ne dirent un mot.
C'était vrai qu'il faisait froid.
Bokuto embrassa Akaashi et Akaashi embrassa Bokuto.
A aucun moment ils ne parlèrent du fait que les autres sachent officieusement la nature de leur relation.
Bokuto embrassa Akaashi sur la joue et ce dernier sentit toutes ses entrailles se compresser entre elles, et son coeur cogner contre le fond de sa poitrine, hurlant pour qu'on le laisse sortir, pour qu'il ait plus de place, plus d'air à respirer, plus d'amour à cracher.
Il respira fort, sourit. Ne dit rien. Il fourra son nez contre l'épaule de Bokuto et attendit un peu, juste par plaisir d'être là, d'avoir quelqu'un contre lui. D'avoir Bokuto contre lui.
Il se concentra quelques secondes pour voir s'il entendait son coeur, cependant c'est la voix de celui ci qui lui parvint à travers sa poitrine, irréelle.
- Quoi ? Demanda-t-il, un peu houleux, car il était dans un autre monde.
Il se demandait encore comment tout ça pouvait être réel.
- Je disais que tu était beau dans ton costume, fit Bokuto.
Et il sourit de toutes ses dents.
Akaashi rigola doucement.
Il y avait peu de voitures, ce soir. Peu de bruits, peu de lumières, peu de gens éveillés. Comment pouvait-on dormir quand un coeur tel que celui d'Akaashi grondait si fort aux alentours ? Comment pouvait-on dormir quand quelque chose d'aussi grandiose se passait dans cette ville ?
Akaashi avait l'impression de n'avait jamais vécu quelque chose de si unique. D'être terriblement chanceux. De vivre une exception.
Les amoureux sont naïfs.
C'est ce qui fait leur douceur.
- Toi aussi tu es beau, sourit Akaashi.
Et sa sincérité était folle.
Akaashi réalisa qu'il avait hâte pour le futur, qu'il n'en revenait pas du présent, et qu'il avait une douce affection pour le passé. Il ne savait plus où donner de la tête. Car tout autour de lui revenait à son bonheur, qui lui paraissait intemporel mais qui vivait bien dans le présent.
C'est ainsi qu'après une série de frissons de la part de chacun et une lourde insistance de la part d'Akaashi pour que Bokuto rentre directement au lieu de le ramener, que les deux garçons se quittèrent.
Un dernier baiser. Très pur, pour souhaiter une bonne nuit. Et Akaashi était seul. A se demander où il allait mais en étant sûr qu'il adorait déjà sa destination.
Il ne vit pas le trajet du retour passé.
En moins de deux il était déjà chez lui, les clés posées sur la table, ses chaussures ôtées et assis sur le canapé.
Que faire maintenant ?
Il vérifia son téléphone, informa Bokuto qu'il était bien rentré, et remarqua un message de Lev qu'il avait raté.
Lev et Yaku allaient bien. Ils s'étaient très bien portés pendant son absence, et d'après les vérifications d'Akaashi, rien n'avait été bougé dans son appartement. Akaashi ne leur avait pas parlé de ce qui s'était passé avec Bokuto. Non seulement car il n'avait pas eu l'occasion mais aussi finalement car cette tendance au secret était apaisante, dans le sens où cet amour lui appartenait tout entier. Il pouvait le modeler à sa manière.
Il baissa les yeux, ouvrit le message de Lev.
Daté d'une heure auparavant, il disait :
"cc akaashi ya d la pizzza ici stv!%! ta qua passer c soiree foot : russie vs angleter e omgg"
Akaashi sourit. Il passa à la cuisine, bu un verre d'eau, jeta un regard vers la fenêtre. Puis, pensif, heureux, il remit ses chaussures sans nouer les lacets et écrit à Lev :
"Ok, j'arrive !"
oooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Alors ? Qu'en avez vous pensé ?
Vous êtes contents que les vacances soient finis pour la troupe et qu'on passe à autre chose ? Vous appréhendez pour la Première ? Ça vous a fait rire tout ces essayages de costumes haha ? A votre avis, qui est le plus beau ? Quels sont vos sentiments vis à vis de Kuroo et son coeur toujours un peu brisé ? Vous en pensez quoi, du fait qu'il joue de la guitare tout seul dans la rue ? Et du fait qu'il n'en ait parlé qu'à Kenma ?
En tous cas, j'espère que ça vous aura plu !
N'hésitez pas à venir sur le blog de la fic : dance-dance-bokuaka sur Tumblr pour qu'on s'y retrouve, et sur ce, je vous dis normalement à DIMANCHE qui vient (le 20) pour la suite ! :3
Bisous à tous, love you all !
