Bonjour,

Voici déjà le 34ème chapitre. Naomi rentre en scène pour aider Castiel à y voir plus clair. J'aime bien leur relation.

J'espère que ce chapitre vous plaira. Encore une fois mille mercis à tous ceux et toutes celles qui me lisent et m'envoient des commentaires et messages.

Bonne lecture

Sydney8201

Musique du chapitre:

Read all about it d'Emili Sandé

Chapitre 34 : Une histoire à partager

« You've got the words to change a nation

But you're biting your tongue

You've spent a life time stuck in silence

Afraid you'll say something wrong

If no one ever hears it how we gonna learn your song?

So come on, come on

Come on, come on »

Emili Sandé

Castiel savait que les choses n'étaient pas parfaites entre Dean et lui. Leur relation se reconstruisait peu à peu au fil des jours. Ils passaient du temps ensemble à discuter. Ils échangeaient quelques baisers et se tenaient la main par moment. Ils n'avaient rien fait de plus sexuellement parlant et le jeune libraire savait qu'il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Il n'avait jamais du genre à attacher énormément d'importance au sexe. Il avait toujours privilégié les autres aspects d'une relation amoureuse. Les petits moments de partages. Les discussions. Les dîners en tête à tête. Ce n'était pas tant le sexe qui lui manquait depuis qu'il s'était remis avec le jeune homme. C'était l'intimité qu'ils avaient perdu depuis leur rupture. Dean semblait avoir besoin de temps pour lui faire confiance à nouveau et s'ils passaient effectivement du temps ensemble, Castiel n'avait pas réellement la sensation d'être avec le jeune homme comme il avait pu l'être à l'époque. Ils étaient dans la même pièce. Ils parlaient et riaient ensemble. Ils regardaient la télé et se moquaient des personnes invitées dans certains talks shows. De l'extérieur, leur couple semblait parfait. Mais rien ne l'était. Car si Castiel savait que Dean l'aimait et qu'il voulait être avec lui, il ne pouvait pas ignorer que le jeune homme redoutait le moment où ils devraient être réellement ensemble. Ils étaient des amis tout au plus actuellement. Des amis qui s'aimaient sincèrement et s'embrassaient de temps en temps. Mais il n'y avait plus la même complicité entre eux. Plus la même tendresse dans le regard de Dean. Il semblait se contenter de ce qu'ils avaient sans jamais se plaindre de ce qu''ils n'avaient plus. Et Castiel ne pouvait pas lui en vouloir. Il savait que tout était de sa faute. Son manque de confiance en le jeune homme avait brisé quelque chose entre eux. Le jeune libraire pouvait parfaitement envisager de se passer de sexe pendant de très longues périodes – même si le sexe avec Dean avait toujours été incroyable – mais il avait du mal à envisager une vie sans intimité quelconque. Il voulait que son petit ami soit capable de s'allonger avec lui sans être terrifié de ce qui risquait de se passer. Il voulait toucher Dean sans craindre d'être rejeté. Il pouvait parfaitement ignorer ses besoins physiques. Mais son cœur souffrait de la distance que Dean avait mis entre eux sans réellement s'en rendre compte.

Castiel ne savait pas si les choses finiraient un jour par s'arranger entre eux. Il ne savait pas si le jeune homme parviendrait un jour à oublier le mal qu'il lui avait fait pour aller de l'avant. Il avait envie d'y croire. Mais il n'était pas particulièrement optimiste sur ce point. Pouvaient-ils se contenter l'un et l'autre de cette relation étrange ou devraient-ils fatalement se rendre à l'évidence ? La promesse que le jeune libraire avait fait à son petit pesait sur eux constamment. Castiel savait ce que Dean attendait de lui. Si les choses ne collaient pas, il devrait être celui qui partirait. Et il tiendrait sa promesse. Pour le moment cependant, il préférait ne pas y penser.

Au fil des jours, ils avaient fini par trouver une certaine stabilité. Plusieurs fois par semaines, Castiel passait voir Dean et Sam à leur appartement pour manger ensemble et regarder un film. Il s'asseyait à côté de son petit ami sur le canapé, leurs mains jointes parfois entre eux. Mais le contact leur semblait étranger et nullement naturel. C'était presque comme si Dean se forçait à l'accepter. Ils n'en parlaient pas. Ils n'en parlaient jamais. Castiel avait bien trop peur de ce que le jeune homme pourrait dire à ce sujet. La présence constante de Sam avec eux était une preuve de plus que son petit ami n'était pas prêt à être de nouveau intime avec lui. Castiel l'avait accepté. Il était prêt à tout pour mettre Dean à l'aise.

Sam avait refusé de lui adresser la parole au début. Le jeune garçon semblait toujours en colère contre lui et Castiel ne lui en voulait pas. Il savait combien les deux frères étaient protecteurs l'un envers l'autre. Il avait fait du mal à Dean et en conséquence, il devait composer avec la rancoeur de Sam. Le jeune garçon avait fini par lui adresser quelques mots après une semaine de silence. Puis il avait recommencé à lui sourire. Rien n'était réglé entre eux non plus mais Castiel espérait qu'avec le temps, il finirait par regagner la confiance de Sam. C'était son deuxième objectif. Le premier restant de prouver à Dean qu'il pouvait croire en lui et qu'il n'avait aucune raison d'avoir peur de lui.

Car c'était exactement ce qui clochait entre eux et ils le savaient parfaitement. Dean avait perdu toute confiance en Castiel et il était à présent constamment terrifié que le jeune libraire le fasse à nouveau souffrir. C'était probablement normal après une telle rupture et les insécurités de Dean rendaient les choses plus compliquées encore. Mais il était totalement insupportable pour Castiel de sentir les craintes chez son petit ami. Pas celles de souffrir physiquement. Castiel n'avait jamais levé la main sur lui et ne la lèverait jamais. Non. Ce que Dean redoutait par dessus tout était d'avoir le cœur brisé. Car c'était exactement ce que Castiel lui avait fait en l'accusant de lui avoir menti à l'hôpital. Il lui avait brisé le cœur. Le jeune libraire ne savait pas comme effacer tout cela. Il ne savait pas comment réparer les dommages causés. Il n'était pas sûr que cela soit réellement en son pouvoir.

Il avait toutefois décidé de faire en sorte que tout soit à nouveau normal dans sa vie à défaut de pouvoir arranger les choses avec Dean rapidement. Il allait mieux. Même si rien n'était résolu et s'il restait toujours trop d'interrogations dans un recoin de son esprit quant à l'avenir de son couple, il n'en était pas moins soulagé de savoir qu'il existait une ouverture. Qu'il y avait une chance que les choses se passent bien. Que ce qu'il avait fait n'était pas irrévocable. Il se sentait plus léger et parfois même sensiblement optimiste.

Et cela se ressentait considérablement dans sa vie de tous les jours. Il souriait plus souvent et pas uniquement pour donner le change. Il avait retrouvé le plaisir de faire son travail. Il appréciait les moments passés en compagnie de Gabriel et de ses autres employés. Il s'était rendu compte à quel point le bonheur était une chose fragile. On pouvait tout perdre en l'espace de quelques secondes. Et il était convaincu à présent qu'il était important de profiter de la vie tant qu'on le pouvait. Il était déterminé à apprécier toutes les petites choses qu'il avait voulu ignorer quand il ne parvenait pas à penser à autre chose qu'à sa rupture avec Dean. Il redécouvrait les joies d'un café bien chaud. Le bonheur de boire une bière avec son meilleur ami. De rendre service à des clients. De prendre un fou rire avec Anna à propos de quelque chose que Gabriel avait fait. Il avait appris à aimer la vie pour ce qu'elle lui offrait en attendant que tout soit parfait. Il en faisait de même avec chaque moment qu'il passait avec Dean. Si rien n'était parfait entre eux, les choses n'étaient pas entièrement déplaisantes pour autant. Il prenait ce que le jeune homme lui offrait et croisait les doigts pour que cela suffise.

Gabriel lui avait assuré qu'il était heureux pour lui. Il semblait sincèrement soulagé de savoir que Dean et lui étaient de nouveau ensemble. Benny l'avait félicité également. Aucun d'eux ne savait à quel point les choses étaient différentes aujourd'hui entre le jeune homme et lui. Il ne voulait pas le leur dire. C'était uniquement entre Dean et lui.

Castiel ne s'était pas rendu compte qu'il avait totalement mis sa vie de côté durant les semaines qui avaient suivi la mort de John Winchester. Mais à présent qu'il se remettait doucement des épreuves traversées, il réalisait à quel point il avait mis entre parenthèses tout ce qui le concernait pour ne se concentrer que sur Dean.

Il passa quelques jours à mettre un peu d'ordre dans les documents administratifs pour la librairie. Il en fit de même pour ses propres affaires quelques jours plus tard. Il avait toujours le carton que Dean lui avait donné dans un coin de son appartement. Il l'avait ouvert mais l'avait aussitôt refermé. Ce carton contenait une partie de ce qu'il avait partagé avec Dean et les photos le renvoyaient à une époque où tout était absolument parfait entre eux. Elles le narguaient et Castiel refusait de les regarder. Il avait rangé son appartement, fait le grand ménage de printemps même si ce n'était pas vraiment la saison adéquate puis fait un tri dans ses affaires pour en donner la plupart à quelques œuvre caritatives. Il avait la sensation en rangeant son appartement de faire également le ménage dans sa vie. Il voulait faire de la place pour Dean et pour ce qui les attendait. Il s'appliqua ensuite à donner de ses nouvelles à ses parents qu'il avait ignoré depuis l'enterrement de John. Il ne leur donna pas les détails de sa rupture avec Dean mais leur expliqua rapidement qu'ils avaient du se séparer mais étaient à nouveau ensemble. Il leur jura de leur présenter le jeune homme prochainement puis leur promit de ne plus rester sans leur donner de nouvelles pendant aussi longtemps. Il appela ensuite Balthazar qu'il n'avait plus revu depuis un siècle et enfin Naomi avec qui il convint d'aller boire un café le lendemain.

Quand il se coucha ce soir là, il envoya un rapide SMS à Dean pour lui souhaiter bonne nuit et lui répéter une nouvelle fois qu'il l'aimait. La réponse ne se fit guère attendre.

« Je sais qu'on va s'en sortir Cas … Je t'aime. Bonne nuit ».

Castiel sentit son cœur s'emballer devant l'optimisme de son petit ami. Cette nuit là, il rêva de jours meilleurs sans trop savoir, en se réveillant, s'il s'agissait de souvenirs ou de ce qu'il espérait pour le futur.


- Eh Cas, par ici, ! Lança Naomi quand le jeune libraire pénétra dans le café.

Il n'était pas encore quatre heures – heure à laquelle ils avaient convenus de se retrouver – mais la jeune femme était déjà là avec une tasse de café noir entre les mains. Castiel prit place en face d'elle et retira sa veste pour l'accrocher au dossier de sa chaise.

- Je suis tellement contente que tu m'aies appelé, lança Naomi en lui souriant.

Castiel savait qu'il avait manqué à ses devoirs d'ami en ne lui donnant aucune nouvelle. Il savait néanmoins que la jeune femme avait été informé des déboires qu'il avait rencontré par Gabriel dont elle semblait un peu trop proche aux goûts du jeune libraire. Elle était au courant de la rupture entre son ami et Dean. Et Gabriel l'avait appelé dès qu'ils s'étaient remis ensemble. Castiel était content de ne pas avoir à le faire par lui même. Il n'aimait pas parler de ces quelques semaines atroces où il avait été séparé de son petit ami. Il préférait de loin discuter de ses projets d'avenir même si tout était encore compliqué pour lui.

- Je suis désolé de ne pas l'avoir fait plus tôt … je suppose que je ne suis pas un très bon ami, répliqua t-il.

Naomi haussa les épaules sans perdre le large sourire qui étirait ses lèvres.

- Non, tu ne l'as pas été mais je te pardonne, plaisanta t-elle.

Elle avait un don pour dédramatiser la situation et le faire se sentir mieux en quelques mots. En cela, elle ressemblait grandement à Gabriel. Et Castiel ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils feraient un joli couple. Même si l'idée de les savoir ensemble lui donnait la nausée. C'était comme imaginer ses parents faisant l'amour. Il préférait ne pas avoir ce type d'images dans la tête.

- Et de toute façon, je ne suis pas venue pour t'écouter t'apitoyer sur ton sort ! En fait, il y a quelque chose dont je dois te parler, expliqua Naomi avant de boire une gorgée de son café.

Castiel fit signe au serveur de venir le voir puis commanda un latte caramel avant de croiser ses bras et de faire signe à son amie de s'expliquer. Naomi n'était pas le genre de personne à tourner autour du pot si elle avait quelque chose à dire. Elle allait droit au but et c'était probablement une des choses que le jeune libraire appréciait particulièrement chez elle.

- J'ai parlé de toi à mes patrons et ils sont vivement intéressés par ton histoire. Ils pensent que ton livre pourrait être un véritable best-seller … le livre qui bousculerait les idées reçues et choqueraient un peu tous ces idiots homophobes qui continuent de penser que le monde ne doit pas changer.

Castiel aimait assez l'idée de perturber tous ces gens qui le regardaient d'un mauvais œil. Tous ceux qui croyaient qu'il était malade ou dangereux simplement parce qu'il ne vivait pas comme eux. Ceux qui le détestaient uniquement parce qu'il aimait un autre homme. Mais il n'était pas sûr d'avoir suffisamment de talent pour le faire. Et l'idée d'écrire un livre sur Dean et lui ne le séduisait pas autant qu'avant.

- Il s'avère que l'un de mes patrons est lui-même gay et très heureux en couple. Quand je lui ai décrit ce que Dean avait traversé et ce que tu avais fait pour lui, il a été très emballé. Il pense que votre histoire pourrait marquer votre génération.

- Je doute de pouvoir marquer les esprits comme Kerouac ou J.K Rowling l'ont fait. Je n'ai définitivement pas leur talent, protesta t-il.

Castiel ne manquait pas forcément de confiance en lui mais il était réaliste. Il ne se voyait pas accomplir ce genre de choses. Il aimait écrire. Il aimait l'idée de partager son histoire et d'aider quelques personnes à s'en sortir. Mais il doutait de pouvoir être celui qui marquerait son époque. Ce n'était d'ailleurs pas ce qu'il recherchait. Il ne voulait pas être célèbre. Il voulait simplement apporter un témoignage. Peut-être marquer quelques personnes ici et là.

- Ok, je vais laisser glisser cette remarque parce que je sais que tu es trop modeste et que ça a tendance à me mettre hors de moi mais … soyons un tout petit peu réaliste pour une minute … on sait toi et moi que ton histoire et celle de Dean est totalement bouleversante. Et je sais qu'il existe des centaines de milliers de personnes dans votre situation dans ce monde. Des gens qui ont été rejeté en raison de leur préférence. Des personnes qui refusent d'accepter ce qu'elles sont parce qu'elles sont terrifiés à l'idée qu'on puisse les détester. Ce livre, tu dois l'écrire pour eux. Et … les temps changent Cas. Les mentalités évoluent. Tu pourrais être le porte parole de ces gens … tu pourrais être celui qui parle de leur peur et de leurs expériences parce que tu as été toi même le témoin des horreurs que certains peuvent infliger à ceux qui sont différents d'eux.

Castiel secoua la tête. Il avait été chanceux durant toute son enfance. Jamais personne ne lui avait fait la moindre remarque dégradante. Il avait fait son coming-out sur le tard mais n'avait rencontré que de l'acceptation de la part de ses parents et de ses amis. Il n'avait jamais connu le rejet. Il n'avait jamais réellement connu la discrimination. Il estimait ne pas avoir le droit de parler au nom de ceux qui avaient vécu ces expériences.

- C'est Dean qui devrait écrire ce livre … c'est lui qui a vécu tout ça … pas moi, expliqua t-il en baissant les yeux sur la table entre Naomi et lui.

Il pouvait facilement imaginer Dean prendre la parole devant une foule de personnes en souffrance pour leur dire qu'il était possible de s'en sortir et d'être heureux. Il savait que son petit ami aurait les mots pour leur donner de l'espoir. Lui s'en sentait incapable. Pire encore il se sentait illégitime.

- Oui mais Dean … et je l'adore crois-moi donc ne le prends pas mal … Dean n'a pas ton talent pour l'écriture et je ne crois pas que cela l'intéresse de toute façon. Toi en revanche … tu as un avis extérieur et tu as vu les dégâts que le père de Dean a causé sur lui. Tu sais ce que le rejet peut avoir comme conséquences. Tu sauras te montrer impartial et juste. Tu sauras te montrer honnête. Je crois que c'est ce dont tes futurs lecteurs ont besoin. Pas de quelque chose d'idyllique ou de romancé. Ils veulent être confronter à la vérité … même si parfois elle est dure à entendre. Ils veulent savoir avec certitude qu'ils peuvent s'en sortir … mais qu'ils vont devoir se battre et ne pas baisser les bras.

- Je ne saurais même pas quoi écrire, rétorqua Castiel, pris de court par l'enthousiasme incroyable de son amie.

Il releva la tête et vit que Naomi le regardait avec beaucoup de gentillesse. Il savait qu'il lui avait donné son accord pour écrire ce livre. Mais depuis la mort de John, il avait tout laissé en plan. Il n'avait noté que quelques lignes sur un calepin et n'avait toujours aucune idée de ce qu'il voulait réellement raconter. Il n'aimait pas l'idée d'étaler la vie de Dean au yeux de centaines d'étrangers. Il savait que son histoire attirerait autant la sympathie que la haine. Il ne voulait pas exposer le jeune homme à de nouvelles épreuves.

- Commence par le commencement … Cas, écoute, ce n'est pas mon boulot de te dire quoi écrire ou comment l'écrire mais … je crois vraiment que tu devrais ne rien cacher de ce que Dean a enduré.

Castiel ouvrit la bouche pour protester mais Naomi lui fit signe de se taire et enchaîna.

- Je ne te dis pas de donner le nom de Dean bien sûr … pas plus que le tien d'ailleurs. Tu peux utiliser des pseudos et même écrire sous un autre nom. Ce que je veux c'est que tu sois honnête. Les gens qui se trouvent dans la même situation que Dean n'ont pas besoin de mensonges mais ils ont définitivement besoin d'aide.

- C'est une trop grande responsabilité, avança Castiel.

Il s'était toujours vu comme quelqu'un de relativement courageux et de difficilement décourageable. Mais il n'était pas sûr d'avoir les épaules suffisamment larges pour assumer ce type de responsabilités dans le futur. Pas quand sa relation avec Dean était encore extrêmement fragile et que son bonheur ne tenait qu'à un fil. Comment pouvait-il aider les autres quand il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire pour s'aider lui même ?

- Ca en est une effectivement, concéda Naomi d'un ton calme et professionnel. Mais il faut que quelqu'un l'assume et je pense que tu es parfait pour ça.

- Tu me surestimes, la contredit Castiel.

- Non … écoute … je sais que les choses ne sont pas simples pour toi en ce moment et je sais que Dean et toi traversez une période difficile mais … j'ai confiance en toi. Je t'ai vu t'élever contre des gens qui tenaient des propos racistes ou discriminatoires. Je t'ai vu manifester pour ce que tu estimais juste. Et je sais que tu as les mots pour écrire ce livre … tu dois juste leur laisser libre cours. Tu dois oublier le reste et les laisser s'exprimer. Tu es capable de tout Cas quand tu le veux. Personne ne peut t'arrêter.

Castiel aurait probablement du être extrêmement flatté par les compliments de son amie. Mais ce qu'il entendait lui fichait une trouille bleue. Il avait effectivement eu une période militante durant la faculté. Il avait défilé pour les droits des femmes, avait manifesté pour le droit des animaux et s'était battu pour le droit des homosexuels à mener une vie normale. Il avait été celui qu'on interroge et vers qui on se tourne. Ca avait duré un an. Il était ensuite rentré dans l'ordre et avait poursuivi ses études sans faire de vagues. Il ressentait toujours le besoin de se battre quand il constatait une injustice quelconque. C'était en partie ce qui l'avait conduit à faire du bénévolat. Mais il avait parfois la sensation que la flamme s'était éteinte aujourd'hui. Il était las et fatigué. Il n'avait plus envie de se battre.

- Et qu'est-ce que je leur dirais hein ? A quel point j'ai fait souffrir Dean en refusant de lui faire confiance ? Comment j'ai brisé son cœur ? Tu crois qu'ils ont vraiment besoin d'entendre tout cela ?

Naomi secoua la tête et pendant une seconde, Castiel crut qu'elle allait lui donner raison et lui dire de ne pas écrire ce livre. Mais il savait à que point la jeune femme pouvait être obstinée quand elle estimait avoir raison. Il savait que bien souvent elle ne se trompait pas. Il avait envie de la suivre. Envie d'écouter ses conseils. Mais il était totalement perdu.

- Ok, tu as commis des erreurs … et ensuite ?

- Ensuite ? Ensuite, j'ai brisé le cœur de Dean … j'ai … je l'ai poussé à avoir peur de moi et à …

- Castiel stop ! Ordonna Naomi d'une voix forte et déterminée.

Castiel fronça les sourcils, surpris qu'elle s'emporte de la sorte. Elle avait toujours été quelqu'un de calme et de posé. Capable du pire quand on faisait du mal aux gens qu'elle aimait mais parfaitement capable de débattre et d'argumenter pour se montrer convaincante. Elle avait toujours été forte et douée avec les mots. Castiel ne l'avait que rarement entendu élever la voix. Et jamais elle ne l'avait fait contre lui.

- Tu as commis une erreur et je sais que tu t'en veux mais flash info mon grand … tu n'es pas parfait ! Personne ne l'est tu sais … on commet tous des erreurs. Moi la première d'ailleurs. Ce qui compte, ce ne sont pas les erreurs en elles-mêmes mais la façon qu'on a de les assumer ou de les nier. Tu as eu le courage de reconnaître ton erreur et de faire en sorte de la réparer. Peut-être que tu n'as pas encore réussi et peut-être que les choses ne sont pas au beau fixe avec Dean mais bordel Cas … tu n'as pas idée de tout le bien que tu as fait pour lui depuis que tu le connais. Tu lui as sauvé la vie et tu l'as aimé … tu continues de l'aimer malgré toutes les épreuves que vous avez traversé. C'est quelque chose de magnifique et de bouleversant. Il suffit de vous regarder pour savoir que vous avez traversé l'enfer mais que vous avez survécu et …

Naomi s'interrompit et saisit la main de Castiel pour la serrer dans la sienne. Le jeune libraire réalisa alors que le serveur lui avait apporté sa boisson sans qu'il s'en rende compte. Il se demanda à quel moment de leur conversation il était venu à leur table. Qu'avait-il entendu de ce qu'ils se disaient ? Castiel soupira alors que son amie posa sa deuxième main sur celle qu'elle avait emprisonnée sur la table.

- Cas, il y a tellement de garçons et de filles dans la même situation que Dean … tellement de jeunes personnes souffrant d'être rejetés ou discriminées parce qu'elles sont différentes. Ouvre les yeux et intéresse toi au taux de suicide chez les adolescents ! C'est effrayant … c'est … bordel, je déteste le monde dans lequel nous vivons. Mais parfois … parfois, on croise quelqu'un qui nous donne de l'espoir … quelqu'un qui nous prouve qu'on a le droit d'avoir confiance et d'aimer … quelqu'un qui nous montre que ce fichu monde peut avoir quelque chose à nous apporter. Et que tu le veuilles ou non, cette personne c'est toi. Pour moi, c'est toi. Alors je me fiche que tu aies commis des erreurs … je me fiche que tu sois mort de trouille. Tu as le devoir de partager ton histoire et celle de Dean. Tu as le devoir de dire à tous ces gens qui souffrent et attendent un signe qu'ils ne doivent pas baisser les bras. Cas … tu n'as pas le choix.

Naomi semblait si sûre d'elle et si confiante que Castiel avait réellement envie de la croire. Il aimait l'idée d'aider les gens. C'était quelque chose qu'il avait toujours voulu faire. Mais il était trop occupé à réparer ses erreurs pour pouvoir se concentrer sur quoi que ce soit d'autre. Peut-être pourrait-il le faire quand tout irait mieux entre Dean et lui. Pour le moment, c'était impossible.

- Naomi, merci de me faire confiance et je ne demande pas mieux que de me montrer à la hauteur de tes attentes mais les choses sont trop compliquées pour le moment. Je n'ai pas le temps de me concentrer sur l'écriture d'un livre … pas tant que Dean et moi n'avons pas arrangé les choses. Je dois reprendre ma vie en mains et avancer avec lui pour le moment. Je ne te dis pas non … je ne te dis pas oui non plus. Je te dis peut-être et je crains qu'il faille t'en contenter.

Castiel espérait sincèrement ne pas décevoir son amie en lui donnant une telle réponse. Il n'aimait pas l'idée de s'être engagé auprès d'elle et de lui faire faux bond. Mais le jeune libraire avait des priorités pour le moment. Et la première de toute était Dean.

- Peut-être alors … répéta Naomi d'un air pensif.

Castiel hocha la tête puis détourna les yeux. Il vit que leur serveur les regardait avec attention. Le jeune libraire se demanda une seconde quelle idée il se faisait de lui et de son amie. Croyait-il qu'il s'agissait d'une dispute de couple ?

- Je ne t'en veux pas tu sais, précisa Naomi, tirant le jeune libraire de sa contemplation.

Il reporta son attention sur elle et fut soulagé de remarquer qu'elle souriait sensiblement.

- Je ne suis pas ici uniquement en tant que ta potentielle éditrice … je suis ici en tant qu'amie. Alors si la professionnelle en moi n'est pas forcément satisfaite de ta réponse et parfaitement frustrée que ton talent ne s'exprime pas, ton amie sait que tu fais probablement le bon choix. Et c'est cet aspect là de moi qui compte non ?

Castiel hocha la tête. Il adorait réellement la jeune femme. Il aimait la façon qu'elle avait de croire en lui, de le pousser à se battre tout en le soutenant sans hésiter dans le moindre de ses choix. Elle était forte là où lui ne l'était pas. Elle était parfaitement capable de le porter sur un bout de chemin si toutefois ses jambes flanchaient en cours de route. Il se sentait totalement en sécurité avec elle.

- Et qu'est-ce que mon amie pense de ce que j'ai fait à Dean ? De ce que notre relation est devenue ?

Naomi haussa les épaules et retira une de ses mains des siennes pour attraper sa tasse de café.

- Elle pense que les choses ne sont jamais simples et qu'elles sont plus compliquées encore pour toi et Dean. Elle pense que la vie est injuste pour vous et que vous méritez d'être heureux pour une fois. Elle pense que tu es la personne idéale pour Dean et qu'il est la personne idéale pour toi. Elle pense également qu'elle ferait un témoin parfait pour votre futur mariage.

Castiel ne put se retenir de rire une seconde en entendant son amie faire des projets pour eux. Il pouvait facilement imaginer épouser Dean un jour. Construire une famille avec lui. Etre simplement heureux en sa compagnie. Mais pour le moment, il devait s'en tenir à ce qu'il avait. Et ce n'était pas vraiment joyeux.

- Naomi, j'ai peur … peur que les choses ne puissent jamais s'arranger entre nous. J'ai peur d'avoir perdu sa confiance pour de bon. Je suis mort de trouille et je ne sais pas quoi faire.

- Tu l'aimes n'est ce pas ?

- Plus que ma vie elle même, confirma Castiel.

Naomi sourit alors. Le jeune libraire savait que cette affirmation aurait suffi également à le rassurer sur son avenir avec Dean quelques mois plus tôt. Mais à présent, il n'était plus sûr de rien. Il savait aujourd'hui que ses sentiments pour le jeune homme – aussi forts soient ils – n'étaient pas une garantie d'un avenir heureux. Ils ne pouvaient pas être l'unique solution à tous leurs problèmes. Ils étaient parfois même un handicap.

- Castiel, je ne connais pas vraiment Dean. Mais je te connais toi. Je sais que tu n'es pas le genre à baisser les bras. Tu es parfaitement capable de te battre et d'obtenir ce que tu veux. Peu importe les obstacles. Si tu repenses à tout ce que vous avez déjà traversé ensemble, tu te rendras compte que vous avez affronté bien pire.

Le jeune libraire haussa les épaules. Il avait conscience d'avoir surmonté des épreuves incroyables avec Dean. Il savait qu'ils revenaient de loin. Mais cette fois ci, c'était différent. Ce n'était pas la vie ou le destin qui s'était mis entre eux. Ce n'était pas un élément extérieur sur lequel ils n'avaient aucun pouvoir et qu'ils se devaient d'affronter côte à côte. Cette fois ci, il s'agissait d'une erreur que le jeune libraire avait commise. Et il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire pour se racheter.

- Il ne me laisse plus le toucher … il … parfois il m'embrasse et me tient la main mais ce n'est plus comme avant. J'ai la sensation qu'il n'est pas réellement là. Il est sur la défensive. Constamment en retrait. Il se protège et il … il a peur de moi. Je lui fais peur bordel …

- Il a peur de souffrir et je crois sincèrement que tu ne peux pas lui en tenir rigueur sur ce point.

Castiel n'en voulait pas au jeune homme d'avoir peur de lui. Il ne lui en voulait pas de ressentir le besoin de se protéger. Il avait le cœur brisé et un passé qui lui rappelait constamment combien le monde pouvait être cruel avec lui. Dean n'était pas quelqu'un de faible mais il était fragile. Il avait vécu trop de choses pour ne pas ressentir le besoin quasi systématique de se défendre et de se protéger quand on le menaçait d'une manière ou d'une autre. Il avait accepté de s'ouvrir à Castiel mais le jeune libraire avait tout gâché en lui faisant du mal. Il était parfaitement logique que son petit ami ait de nouveau recours à un comportement qu'il avait adopté pendant des années pour se protéger du monde extérieur et de sa cruauté.

- Je ne lui en veux pas … je le comprends. Mais je me déteste … je me déteste. J'aimerais pouvoir tout effacer … tout arranger. Et je ne sais pas si je pourrais y arriver un jour. S'il ne peut jamais plus me faire confiance, qu'est-ce qu'on va devenir hein ?

- Je ne sais pas Castiel. Je n'ai malheureusement pas toutes les réponses à tes questions. Ce que je sais en revanche c'est que tu as les armes pour regagner sa confiance. Tu sais ce que tu dois faire pour qu'il s'ouvre à nouveau à toi.

- Ah oui et quoi ?

Naomi observa les gens autour d'eux une seconde avant de reporter son attention sur Castiel. Le jeune libraire avait besoin de ses conseils. Besoin de son avis éclairé. Il savait qu'elle était du genre à se montrer réaliste et avoir les pieds sur terre. Elle n'était pas une grande romantique et ne se faisait aucune illusion sur le monde qui les entourait. Si elle estimait que Dean et lui avaient encore une chance d'être heureux, il pouvait lui faire confiance.

- Aime le … ne le brusque pas et contente toi d'être présent pour lui. Ce dont Dean a besoin à présent, c'est de te savoir capable d'attendre. De te sentir près de lui mais sans jamais chercher à le forcer à quoi que ce soit. Tu dois l'aimer. C'est la seule chose qui pourra lui permettre d'oublier tout le reste.

Castiel en était capable. Il n'avait pas l'intention d'abandonner son petit ami simplement parce que les choses étaient compliquées entre eux. Et il n'envisageait pas non plus de le forcer à faire quelque chose avec laquelle il ne serait pas confortable. Il était patient. Il pouvait parfaitement attendre des mois sans toucher Dean.

- Tu es géniale tu sais, lança t-il finalement à l'intention de Naomi.

Cette dernière haussa les épaules en rougissant sensiblement.

- Je ne fais que pointer l'évidence. Je ne vous ai pas vu souvent ensemble mais j'ai vu comment vous vous regardiez. Tu sais, je suis quelqu'un de réaliste et je ne crois pas forcément à toutes ces idioties de coup de foudre, d'âmes sœur ou d'amour au premier coup d'oeil mais … quand je vous vois ensemble … quand je vois la façon que vous avez de vous regarder … je sais que vous êtes faits l'un pour l'autre. Alors oui, les choses sont particulièrement difficiles pour vous parce que Dean a un passé compliqué et que tu n'es pas parfait mais … les faits sont là. Je n'ai jamais vu deux personnes plus amoureuses l'une de l'autre que vous ne l'êtes. Et crois-moi, c'est perturbant pour moi parce que je n'aime pas douter de ce que j'ai toujours cru comme je le fais en ce moment. Cas, lui et toi … vous avez réussi à me faire croire qu'on a tous une âme sœur … et tu sais que c'est le genre de choses que je déteste.

- Et tu crois que Gabriel pourrait être la tienne ?

Naomi rougit de plus belle et Castiel sut qu'il avait vu juste. Il se passait effectivement quelque chose entre ses deux amis. Il aimait assez l'idée même s'il refusait catégoriquement d'entendre les détails.

- Gabriel est charmant mais pour le moment il n'y a strictement rien de plus entre nous. Alors ne va pas te faire idées ok ? On n'a fait que sortir une fois ensemble.

- Mais tu l'aimes bien ?

- Je tiens à lui.

Castiel sourit en hochant la tête. Il pouvait parfaitement imaginer ses deux amis être heureux ensemble. Ils étaient totalement différents sur bien des aspects mais ils se ressemblaient également beaucoup sur d'autres. Ils étaient généreux et drôles. Ils étaient dévoués à leurs amis et sincères. Ils se donnaient sans rien demander en retour. Castiel espérait sincèrement que les choses finiraient bien entre eux.

- Et tu sais, je ferais un très bon témoin moi aussi, plaisanta le jeune libraire en inclinant la tête sur le côté.

En face de lui, Naomi éclata de rire. Castiel la suivit une seconde plus tard et il leur fallut de longues minutes pour retrouver un semblant de calme. Le jeune libraire sourit alors en essuyant les larmes qui avaient roulé sur ses joues. Cela lui faisait un bien fou de passer du temps avec Naomi. Il aimait la façon qu'ils avaient de plaisanter ensemble et de rire facilement. Il était à l'aise avec son amie. Il n'avait pas besoin de cacher quoi que ce soit en sa compagnie. Il pouvait tout lui dire et il lui faisait confiance pour ne jamais le juger ou se moquer de lui. Gabriel avait de la chance . Si tout se passait bien avec Naomi, il aurait dans sa vie une femme extraordinaire. Une femme capable de lui faire garder les pieds sur terre. Castiel aurait pu tomber amoureux d'elle s'il n'avait pas été gay.

- Je vais garder ça en tête si toutefois on en arrivait là. Mais comme je te l'ai dit … pour le moment, on n'en est définitivement pas à ce point. Alors inutile de faire des plans extravagants. Je ne sais même pas ce qu'il peut ressentir pour moi.

- Je pense qu'il tient à toi lui aussi. Il ne m'a même pas dit qu'il sortait avec toi … ce qui, concernant Gabriel, est la preuve que les choses sont sérieuses. Il ne s'est jamais privé de me demander les détails de sa vie amoureuse avant ça. Qu'il reste discret est une bonne chose pour toi … et pour moi également. J'avoue ne pas être très à l'aise quand mes amis me confient les détails de leur vie sexuelle.

Naomi rit à nouveau et Castiel sentit son sourire s'élargir. Il se rappelait encore la façon dont Gabriel l'avait abreuvé de détails personnels quand il sortait avec Kali. Castiel avait été extrêmement mal à l'aise en l'entendant lui décrire ce qu'ils aimaient faire ou ce qu'ils avaient envie d'expérimenter. Et il avait toujours vu cet accès d'honnêteté comme la preuve que quelque chose clochait dans leur couple. Il ne s'était pas trompé. Gabriel et Kali avaient fini par rompre. Et à présent son ami semblait décidé à rester silencieux sur son histoire avec Naomi. C'était une bonne chose.

- S'il te fait du mal, je le tuerais tu sais … tu es trop bien pour lui, lança Castiel.

Naomi hocha la tête en baissant les yeux sur la table. Le jeune libraire adorait Gabriel. Il l'aimait comme un frère. Mais il savait également qu'il lui arrivait de se comporter comme un imbécile. Il allait devoir veiller à ce qu'il ne fasse pas de bêtises avec la jeune femme. Il ne voulait surtout pas avoir à faire un choix entre ses deux meilleurs amis. Il ferait en sorte que les choses marchent entre eux quoi qu'il puisse se passer.

- J'espère qu'on n'en viendra pas à de telles extrémités mais merci pour ton soutien.

Castiel hocha la tête.

- Merci du tien … tu ne sais pas à quel point cela m'a fait du bien de te parler. Je … j'avais besoin d'entendre toutes ces choses … besoin que quelqu'un me rassure.

- Eh, c'est mon rôle en tant qu'amie non ?

Naomi était réellement une personne extraordinaire et Castiel se sentait chanceux de l'avoir dans sa vie. Il était réellement heureux que le destin l'ait mise de nouveau en travers de son chemin. Il regrettait à présent toutes les années qu'ils avaient passé loin l'un de l'autre. Il aurait bien eu besoin de ses conseils à une certaine époque. Sans doute n'aurait-il jamais suivi Rafael si elle avait été là pour lui déconseiller de le faire. Castiel aimait Gabriel et il l'écoutait toujours quand il avait quelque chose à lui dire. Mais il savait également que son ami avait tendance à se laisser influencer par ses sentiments et ses émotions. Il n'était pas forcément très objectif. Naomi, à l'inverse, était réaliste et avait les pieds sur terre. Ses conseils avaient un poids important. Castiel était vraiment heureux qu'elle soit là à présent.

- Oui sans doute mais je sais aussi que je me suis engagé auprès de toi pour ce livre et je suis désolé de devoir te faire faux bond pour le moment.

- On s'en fiche Cas, le coupa Naomi. On s'en fiche de tout ça. Ce qui compte aujourd'hui c'est Dean et toi … le reste, on s'en souciera plus tard hein ?

- Plus tard oui, confirma Castiel en souriant.

Il se promit alors de réfléchir sérieusement à ce que Naomi lui avait demandé. A ce livre qu'il espérait sincèrement pouvoir écrire un jour. Mais pour le moment, il voulait se concentrer sur Dean et sur tout ce qu'ils avaient encore à régler pour être de nouveau parfaitement heureux ensemble. Les paroles de Naomi lui avaient donné de l'espoir. Il savait à présent qu'il existait une solution. Il allait appliquer les conseils de son amie à la lettre et aimer son petit ami de toutes ses forces. Il allait lui faire comprendre qu'il pouvait avoir confiance en lui et qu'il n'avait aucune raison d'avoir peur. Il avait commis une grossière erreur et les conséquences étaient terribles. Mais il allait se racheter. Il allait se racheter auprès de Dean et de Sam. Il n'abandonnerait pas les deux jeunes hommes parce qu'il avait été trop stupide pour leur faire confiance immédiatement. Il savait qu'il existait toujours une possibilité que les choses ne se terminent pas bien. Il n'ignorait pas que le chemin était encore long. Mais il avait confiance en ses sentiments pour Dean. Confiance en l'amour qui les unissait. C'était la seule chose qui comptait aujourd'hui. Il ne voulait pas baisser les bras. Il garderait en tête la promesse qu'il avait fait au jeune homme au moment de leur réconciliation. Mais il ne la tiendrait que si les choses devenaient réellement impossibles à régler. Du moment qu'il restait un semblant d'espoir, Castiel refusait de s'enfuir.

- Tout finira par s'arranger Cas. Je le sais, souffla alors Naomi, le tirant une nouvelle fois de ses songes.

Castiel hocha alors la tête et pour la première fois depuis un moment, il le crut réellement. Les paroles de son amie faisaient échos à celle de Dean et elles étaient exactement ce qu'il avait besoin de l'entendre. L'espoir était là, s'insinuant doucement en lui. Il voulait croire qu'après les avoir autant malmenés, la vie se montrerait enfin clémente pour Dean et lui. Ils l'avaient bien mérité. Ils avaient eu leur lots de souffrances et d'épreuves. Ils avaient connu le pire. Il leur restait maintenant à vivre le meilleur. Et Castiel avait réellement hâte. Il avait toute la vie devant lui pour être heureux. Et après sa discussion avec Naomi, il avait décidé que sa nouvelle vie commençait ce soir. Il allait être heureux et se contenter de ce qu'il avait déjà en attendant des jours meilleurs. N'était-ce pas là l'essentiel en fin de compte ?