Bonsoir à tou(te)s et merci d'être là pour la presque fin de Dans la Lumière je T'appelle ! Bonne lecture et merci à mes fidèles lecteurs et revieweurs !


Chapitre 36

Cela faisait presque deux semaines maintenant. Après avoir éclaté à la plus grande stupeur de Damon, et de la pauvre Caroline également, Maria avait fini par se calmer, et trois jours plus tard, le vampire la rejoignait à la tombée de la nuit pour leur première patrouille ensemble depuis plus d'un an.

Selon elle, la chasse n'avait pas été brillante : Mauvaise coordination, problèmes de concentration évidents, si l'on considérait le côté résultat comme elle le faisait, la soirée était un échec. Damon au contraire trouva l'expérience plutôt revigorante, même si au fond de lui un mal-être subsistait. Il s'était du coup trouvé plusieurs fois gêné en la regardant, sans raison valable.

Maria n'était pas dupe : Bien sûr que ce genre de réaction était prévisible. S'il n'avait ressenti au moins un tant soit peu de sympathie, alors cela aurait signifié qu'il n'était plus du tout humain. Ou alors qu'il n'avait plus rien dans le cœur pour elle.

Au fur et à mesure des nuits à chasser ensemble, les vieux réflexes étaient revenus, et la jeune femme commença sans s'en empêcher à se poser des questions : Est-ce que d'autres choses pouvaient elles aussi revenir ? Comme les tactiques de traque, les regards, les sensations, pouvait-il se rappeler les mots doux, les affections ?

Quand elle y pensait, le plus souvent, elle secouait la tête et se concentrait à la place sur ses tours de garde. Mais les pensées de ce genre se faisaient de plus en plus grandissantes et les tours de gardes beaucoup moins. Elle se sentait un peu coupable de lui avoir dit qu'elle le détestait, même si sur le moment c'était le mot qui décrivait le mieux son ressenti.

Ce qui la rassurait, c'est qu'elle savait qu'il se sentait coupable lui aussi, dorénavant.

Elle raccrocha après avoir dit à son frère d'être prudent, car il partait accompagner une équipe de chasseurs non loin d'ici. Elle espérait qu'il irait bien, et qu'il ne flipperait pas trop : Ce n'était pas une homme de terrain.

Elle jeta un œil à Damon alors qu'il enjambait les troncs d'arbres couchés, à deux mètres d'elle, et il croisa rapidement son regard. Mal lui en prit, car il n'attendait que cela, sembla-t-il, pour se plaindre.

« C'est pas vrai, ça fait combien de chasses maintenant ? Et pas une seule bestiole à faire sauter !

-J'ai tendance à me dire que c'est une bonne chose, mais excuse-moi si je me trompe... » rétorqua-t-elle, et elle fut accueillie par un reniflement dédaigneux. « Écoute, si tu veux te casser, libre à toi ! Je ne t'ai jamais forcé à ven... »

Le reste de sa phrase fut englouti dans le vide lorsqu'elle tomba en s'enfonçant dans un lambeau de terre. Elle roula dans les feuilles et finit la tête dans la mousse, trois mètres plus bas. Se tournant difficilement, elle se rendit compte que Damon l'avait tenue par la manche pour tenter de l'empêcher de tomber, et était tombé avec elle. Heureusement, il s'était rattrapé sur les mains et, même s'il était au dessus d'elle, elle n'avait pas ressenti son poids à la fin de la chute. Autrement elle aurait mangé la terre.

Les dix secondes qui suivirent leurs parurent extrêmement longues, peut-être parce que Damon ne se levait pas, et que Maria ne lui disait pas de le faire. Le cœur de la jeune femme battait vite, mais elle était persuadée que ce n'était qu'à cause de la surprise de la chute ; Néanmoins, elle finit par se demander s'il ne s'agissait pas plutôt de ces magnifiques yeux bleus, un peu froncés et de cette bouche entrouverte et de ce souffle chaud.

Elle finit par s'éclaircir la gorge et Damon cligna des yeux, puis se leva sans un mot. Elle s'épousseta et marmonna un « on continue ? », puis reprit la tête de la patrouille.


« Écoute, si tu veux te casser, libre à toi ! Je ne t'ai jamais forcé à ven... »

Il n'avait pas été difficile pour Damon de l'attraper au moment même où elle tombait, considérant ses pouvoirs et le fait qu'il ne faisait que la regarder, tout ce temps. Ils glissèrent le long de la pente douce et grâce à la gravitation, il finit sa course les mains enfoncées dans la terre, au-dessus d'elle. Elle se tourna en poussant sur sa main et il put voir son visage légèrement sali par la chute. Sa queue de cheval était détendue, le col de sa veste retourné, et ses lèvres légèrement retroussées, signe de son inconfort. Tout cela bien sûr, ce n'était pas Damon qui l'avait remarqué, mais la bête à l'intérieur de lui qui jouait avec ses entrailles chaque fois qu'il la voyait. La voir comme ça, quelques feuilles dans les cheveux, sous lui et la gorge exposée, lui rappela la fois où elle avait manqué se faire renverser par une voiture, et qu'elle l'avait ensuite incendié sur sa relation avec Elena. Il espérait au plus profond de lui qu'elle ne le ferait pas cette fois-ci, car il ne saurait pas quoi répondre.

Elle finit par détourner le regard et s'éclaircit la gorge, signe qu'il devait se lever. Il le fit et remarqua au passage que les mains de la jeune fille étaient auparavant agrippées à ses manches. Cela lui donna le sourire l'espace d'une seconde, mais elle ne le vit surement pas, plus occupée à se hâter devant lui.

Une demie heure plus tard, ils étaient de retour sur la grande avenue et Damon se proposa de ramener Maria. Elle déclina et fit une sorte de mouvement étrange, entre la tape sur l'épaule et l'accolade pour lui dire au revoir, ce à quoi ils rirent tous les deux.

« Eh Damon, » appela-t-elle à quelques mètres, pour qu'il se retourne, « Tu as raison, c'est plus fun à deux, les patrouilles. »

Après un sourire et un haussement d'épaules, il se tourna et partit à grande vitesse chez lui.

Stefan était en train de lire sur le canapé du salon, les pieds sur la table basse, et lui fit un signe lorsqu'il entra.

« Alors, cette chasse ? » demanda-t-il aimablement, sans le regarder. Son frère avait l'habitude de converser avec lui, sans doute un moyen de se rassurer, de faire en sorte qu'ils conservent un peu de fraternité.

« RAS. C'est assez calme en général.

-C'est une bonne chose... Non ?

-Si on est un pacifiste de Green Peace et pas un prédateur comme moi, oui. »

Stefan émit un petit rire et posa son livre sur sa cuisse lorsque son frère vint s'asseoir à côté de lui, sa veste encore sur son dos.

« Maria va bien ?

-Mieux que moi. Elena n'est pas là ?

-Chez elle. Pourquoi mieux ? »

Damon ne répondit pas. Il se contenta d'observer les flammes dans la cheminée et se rendit compte qu'elle était allumée peu importe la saison. Pour les vampires ça ne posait pas de problèmes, mais pour les autres... Quoiqu'à part des vampires, personne ne foutait les pieds ici.

« Tu évites encore de parler d'elle ? Je pensais que c'était réglé. » Constata Stefan en faisant mine de reprendre son livre.

L'aîné considéra les options : Passer pour un fou auprès de son frère, ou se morfondre et finir par devenir réellement fou ? De toute manière ils étaient passer par pire que ça. Et Stefan savait que Damon avait un grain.

« Et si je te disais que je n'étais pas tout seul dans ma tête ? » finit-il par dire, et son frère émit un petit rire. Puis il se rendit compte que Damon ne riait pas et il fronça les sourcils.

« Quoi, t'es sérieux ?

-Va nous chercher à picoler, sinon je ne vais pas pouvoir continuer cette discussion. »

Stefan ne ramena qu'une bouteille de Whisky et un verre pour son frère, qu'il attaqua directement.

« Bon, c'est quoi cette histoire ? C'est en rapport avec Maria ?

-Ouaip, » fit Damon en accentuant le p, « En tout cas si c'est pas elle qui m'a fait ça, c'est à cause d'elle que je me transforme en malade mental.

-Mais c'est quoi, tu te parles tout seul ? S'amusa Stefan et le regard noir de Damon le stoppa.

-On va poser les bases : Je suis incapable d'être amoureux de Maria. Ce serait comme aimer une inconnue, là où j'en suis, avec la perte de mémoire ou je ne sais pas quoi. »

Stefan hocha la tête, et croisa les jambes, à présent intéressé par ce que son frère tentait de lui expliquer.

« Mais depuis qu'elle est revenue, il y a comme, quelque chose en moi, qui réagit comme ça. Je sais que ce n'est pas moi, tu comprends ? C'est comme si on contrôlait une partie de mon cerveau, et je ressens des choses tout en ne comprenant pas pourquoi je les ressens.

-Par exemple ?

-Il m'est arrivé, je sais pas, euh... » Damon remua légèrement dans le canapé, et fixa le feu. « De rêver d'elle, ou des souvenirs, ou alors même de bloquer devant elle comme tout à l'heure. Et des fois, je te jure que j'ai l'impression de perdre le contrôle de mon propre corps... »

Il passa une main sur son visage et Stefan put finalement y discerner la fatigue.

« Tu sais, ce genre de choses, c'est un peu ce que ressent n'importe quel mec qui tombe amoureux..., tenta Stefan.

-Non. Écoute, je sais que ce n'est pas ça. Je veux dire, je ne tombe pas amoureux de Maria. Mais... »

Il se leva et vida son verre, et posa les mains sur le montant de la cheminée, dos à son frère.

« Quelqu'un en moi n'a jamais arrêté de l'aimer, et ça me rend dingue. »


L'air était frais.

Maria en avait besoin pour se détendre. Les coups de son cœur sur sa cage thoracique s'étaient transformé en une énorme boule, qui oppressait sa poitrine. Elle ne voulait penser à rien, mais son cerveau fusait. Et s'il m'aimait encore ? Et si c'était un signe ? Et si je pouvais le faire revenir ? Peut-être qu'il le sentait, peut-être qu'elle lui plaisait, à nouveau ?

Elle se détesta d'être une femme, car toutes ces questions optimistes se battaient avec l'envie de pleurer sur ses souvenirs déchus, ses sentiments piétinés, les fortes chances qu'elle ait juste imaginé des signes qui n'en étaient pas. Elle était un mixeur où on avait fourré toutes les émotions du monde, et elle n'arrivait même pas à faire sauter le couvercle pour abaisser la pression.

Elle arriva enfin devant chez elle et sourit. Lorsqu'elle serait dans son cocon, tout ira mieux. Elle s'imaginait déjà au fond de son lit, les couvertures sur sa tête. Elle en fermerait presque les yeux.

Une paire de mains autour de sa taille l'arracha à ses rêves éveillés. Ce n'était pas des mains agréables, comme elle aurait pu l'espérer, mais une poigne de fer, qui l'empêcha de bouger et laisserait certainement des bleus. Elle donna un grand coup de tête vers l'arrière et se tourna lorsqu'on la lâcha, mais elle fut sonnée un instant. L'instant qu'il fallut à deux autres paires de bras pour la ceinturer et lui écarter les bras et les jambes, les maintenant pour qu'elle ne puisse pas se battre. On lui passa un sac en toile sur la tête et elle rugit, secouant la tête pour l'ôter. Son assaillant, la trouvant trop farouche, lui assena un coup sur la tête, et elle tomba, inconsciente.

Lorsqu'elle se réveilla, le sac n'était plus là. Elle ne voyait cependant pas grand chose, car la seule lumière provenait d'une lucarne à barreaux, qui diffusaient uniquement la lumière de la fin d'après-midi.

Oh non.

Elle cligna des yeux et la douleur dans son crâne explosa. Elle gémit et prit des grandes inspirations, car la panique faisait rage en elle et si elle ne se maîtrisait pas, elle allait finir par pleurer ou crier comme une fillette. Et surtout, elle ne pourrait pas réfléchir à une évasion.

Elle bougea les bras et se rendit compte qu'ils étaient chacun pris par des menottes, elles même pendues du plafond par des chaînes. Ses pieds ne touchaient pas le sol. Elle était dressée dans la pièce comme Jésus sur sa croix.

On peut laisser tomber l'évasion, pensa-t-elle avec désespoir.

En face d'elle se trouvait le mur, elle supposa donc que la porte était derrière elle. Elle tira sur les chaînes pour essayer de les déloger, mais visiblement le mécano qui avait installé cette salle des tortures avait fait du bon boulot. Mais elle ne pouvait pas ne pas faire quelque chose pour se sortir de là. Elle tira à nouveau sur les chaînes avec un cri d'effort et s'étonna de sa force, car elle sentit les chaînes frémir.

« Je ne m'attendais pas à ce qu'une jeune fille ait autant de fureur en elle. » fit une voix derrière elle qu'elle reconnut à son accent.

Elle ne bougea plus et sentit ses bras s'engourdir. Des pas résonnèrent dans la pièce et Klaus lui fit finalement face, un sourire aux lèvres. Elle l'aurait bien frappé mais ses jambes étaient trop courtes.

« Je ne m'attendais pas à ce qu'un ancêtre grabataire m'enlève comme un pédophile. » rétorqua-t-elle et Klaus rit, amusé.

« Oh, vous n'êtes pas de première génération non plus, Mademoiselle Goretti. Comment le sais-je ? » demanda-t-il à la vue des sourcils froncés de Maria. « Vous n'êtes pas la seule à avoir des connaissances dans le milieu mystique, chère Sainte.

-Vos informations sont erronées, railla-t-elle et le sourire du vampire tomba.

-Je sais pertinemment que vous êtes déchue de vos pouvoirs, ce que je ne comprends pas, c'est comment une sainte peut détenir le pouvoir d'immortalité.

-Le talent. Et la force morale de revenir sur terre pour cogner les petites brutes de cour de récré comme vous. Laissez-moi deviner, vous avez dû en tuer des chiens quand vous étiez gosse ! »

Klaus sembla furieux, ses narines dilatées et son regard plein de venin. Mais il reprit rapidement un sourire serein lorsqu'il posa les yeux sur les chaînes, et il n'avait pas tord d'être si confiant. Elle s'éclaircit la gorge.

« Et donc euh, vous comptez me disséquer, ou m'exposer dans une galerie d'art judéo-chrétienne...?

-En fait, je comptais me servir de vous comme d'un allié. Un allié puissant, considérant vos capacités.

-Et vous croyez sérieusement que je vais vous aider, comme ça, histoire de dire ? Vous venez d'enlever le Shérif de la ville, mon pote, vous êtes cuit ! »

Klaus parut ne pas être perturbé le moins du monde par le fait qu'elle n'accepterait jamais une alliance. Il s'avança vers la lucarne avec un sourire et elle constata que le soleil allait se coucher. Mais combien de temps était-elle restée inconsciente ? Elle regarda ses bras et vit une petite piqûre dans la pliure de son coude. Droguée ? Sédatée ? Pourquoi ?

« Bientôt, il sera plus de minuit et cela fera une journée entière de captivité, » fit Klaus, les mains dans le dos, « Et nous vous laisserons partir.

-Vous deviez gagner du temps ? M'écarter ? Pourquoi ? Qu'avez-vous fait aux autres ?

-Ce n'est pas tant ce que je leur ai fait, que ce que vous allez leur faire, une fois que la verveine aura quitté votre système. »

Elle se sentit malade, d'un coup. Sa seule protection contre les vampires était en train de s'évaporer de son sang et elle était pieds et poings liés, sans fiole.

« Vous allez vous servir de moi comme une arme ? »

Le sourire de Klaus lui répondit.

« Je ne ferai jamais de mal à mes amis, vous me connaissez mal !

-Mais si ce n'était pas votre ami ? »

Maria fronça les sourcils tandis qu'il avançait. Il s'approcha de son oreille et murmura :

« Un ami ne vous volerait pas l'homme que vous aimez, après tout. »

Ses yeux s'ouvrirent grand à cela et elle tira plus fort sur les chaînes, hystériques.

« NON ! » Hurla-t-elle alors que Klaus quittait la pièce, satisfait.


Le manoir Salvatore était trop calme. En général, si les deux frères ne se battaient pas, quelqu'un était toujours là à taper sur quelqu'un d'autre, quand ce n'était pas la fête. Alors lorsque Damon descendit les escaliers dans le silence ambiant, cela ne l'étonna pas que Caroline débarque en trombe le matin, fonçant sur lui pour le plaquer au mur.

« Où est-ce qu'elle est ? Espèce de dépravé dégueulasse...

-Pardon ? Où est qui ? »

Caroline sembla tendre l'oreille et relâcha son étreinte sur la gorge du jeune homme.

« Maria n'est pas là ? Demanda-t-elle.

-Non ! Pourquoi elle serait là ?

-Elle n'est pas rentrée hier ! Quand je suis arrivée chez elle dans la nuit, elle n'était pas là, et ça me fait flipper ! J'ai cru qu'elle pourrait être chez toi, vous êtes tellement étrange tous les deux...

-Caroline, tais-toi. Ou alors, essaye de dire des choses intéressantes ! Tu as essayé de l'appeler ? » fit Damon tout en sortant son téléphone, qu'il colla à son oreille. La poche de Caroline sonna et elle sortit le téléphone de la chasseuse, avec une expression qui semblait dire « Crétin ».

« Tu l'as trouvé où ?

-Dans sa sacoche, sur le perron.

-Par terre ?

-Non pas exactement, elle était euh, sous l'un des fauteuils ! Ce qui m'a paru étrange parce qu'il était déplacé et qu'elle n'ai-

-N'aime pas qu'on bouge ces satanés fauteuils. On a un problème. »

Il monta en vitesse réveiller son frère et descendit les marches quatre à quatre, passant devant Caroline en courant.

« Où est-ce qu'on va ? Appela-t-elle lorsqu'elle le rejoint devant sa voiture.

-Voir le plus chiant de tous les putains d'emmerdeurs de la ville.

-Klaus ? »

Damon la regarda, puis monta dans sa voiture.


Après avoir harcelé Klaus et manqué de déclencher une guerre, Damon était sûr qu'il détenait Maria. Malheureusement, pas dans la maison qu'il habitait. C'était la tombée de la nuit et l'Original s'était éclipsé quelque part alors que ses chiens de garde faisaient diversion, et ils avaient perdu sa trace. Mais une chose était sûre, elle était encore à Mystic Falls.

Ils décidèrent donc de fouiller tous les lieux où il était possible de séquestrer quelqu'un, des ruines aux anciens caveaux, aux vieux appartements. Mais rien n'avait donné de résultat.

Damon, Caroline, Stefan, Elena, Bonnie, Matt et Jeremy étaient tous regroupés sur la grande place, certains faisant les cent pas, d'autres la tête dans les mains.

« Elle est forcément quelque part, il ne l'aurait pas enterré ou jeté dans le lac, quand même ! »

Aux paroles de Bonnie, Matt Jeremy et Elena affichèrent des regards paniqués : Si, il le pouvait. Mais Damon soupira.

« Non, elle ne lui servirait à rien morte, de toute manière elle est immortelle.

-Elle est quoi ? »

Caroline et Stefan se regardèrent, tous deux gardiens du secret de Maria, alors que les autres attendaient des explications.

« Elle ne peut pas mourir, on ne sait pas pourquoi, mais ça fait déjà seize fois qu'elle a cassé sa pipe depuis qu'elle est partie à New York et elle revient toujours d'entre les morts. Elle n'est pas un vampire » ajouta-t-il pour Matt, « et elle n'a pas d'anneau magique non plus, » fit-il pour Jeremy « Alors laissez cette question de côté et réfléchissez plutôt à l'endroit où elle pourrait être enfermée sans que ça inquiète personne ! »

Bonnie secoua la tête, l'air affligée, puis soudain se leva. « La mairie ! »

Personne ne sembla suivre son raisonnement, alors elle claqua la langue et pointa le bâtiment au loin. « Cet hôtel de ville est vieux de plusieurs siècles, et dites-moi si je me trompe, mais il doit bien y avoir des cachots ou des cellules, ou même des sous sols là dedans depuis la guerre de Sécession ? Et Klaus a le maire dans la poche ! Il pourrait très bien ne même pas être au courant qu'elle soit là dessous ! »

Étonnamment, cela prit tout son sens et lorsqu'ils virent que la mairie était fermée à cette heure-ci, ils décidèrent d'y jeter un œil.


« Non ! NON ! »

Maria se battait pour qu'on ne lui attrape pas les jambes, mais les deux gardes firent très vite pour la maîtriser, considérant qu'elle n'avait pas mangé et que ses bras n'étaient plus que deux amas de douleur. Elle était sûr d'avoir la taille pleine de bleus, et elle était sale, mais cela n'était rien comparé à l'intérieur de sa tête.

Elle s'était imaginé, des heures durant dans sa petite cellule, toutes les tortures qu'elle pourrait infliger à Elena et cela la rendait malade, de constater à quel point sa force pourrait se retourner contre elle. Que ferait-elle si Klaus parvenait à ses fins ? Pourrait-elle se pardonner si elle faisait du mal à la jeune femme ? Si elle la tuait ? Personne ne pourrait se venger d'elle, même Damon ne pourrait pas la tuer.

Et si elle commettait un meurtre, pourra-t-elle rester en vie ou irait-elle en Enfer ?

Klaus arriva dans la pièce rapidement, et attendit que les deux hommes aient approché la jeune femme de lui, ses bras tendus vers l'arrière la tirant horriblement. Elle poussa un rugissement et ferma les yeux, serrant les dents.

« Ouvre les yeux.

-Ne me fais pas faire ça, espèce de sale enfoiré !

-OUVRE LES YEUX ! »

Sans son consentement, ils lui ouvrirent les yeux et quelques larmes perlèrent au coin de ceux-ci.

« J'ai bien conscience de tes réticences, mais avoue quand même que ton monde serait bien mieux sans elle, expliqua Klaus avec un ton proche de celui d'un ami.

-Tu me condamnes à l'Enfer, je n'aurai plus de monde si je fais ça ! »

Klaus haussa les épaules, avec une expression d'ennui évidente, puis lui attrapa le menton d'une poigne de fer.

« Dès que tu seras libre, tu feras tout ce qui est en ton pouvoir pour tuer Elena. »

Cette simple phrase fut tout ce qu'il fallut à Maria pour sombrer dans son pire cauchemar.


« On a loupé Klaus, mais je la sens ! »

Stefan courut le long du couloir sombre et s'arrêta devant une porte, qu'il fit sauter. Damon et lui s'engouffrèrent dans la petite cellule où Maria était encore pendue au plafond, apparemment inconsciente. Ils firent sauter les chaînes et elle tomba dans les bras de l'aîné, qui lui ôta ses fers.

Stefan cria « On l'a ! » dans le couloir pour prévenir les autres, et des pas retentirent. Cela eut pour effet de réveiller Maria.

« Hey, Maria. Ça va ? Tu n'as rien ? » demanda Stefan, mais lui et son frère se regardèrent étrangement lorsqu'elle sauta de ses bras et attrapa ses chaînes.

« Remettez-les moi ! Tenez-moi ! Cria-t-elle paniquée.

-Quoi ? Mais...

-Empêchez-moi de partir, pitié ! »

Damon n'avait pas le souvenir de Maria, pleurant lors d'un raid. Elle était toujours très calme et arrivait à maintenir son self-contrôle. Mais là, elle était hystérique. Stefan posa ses mains sur ses épaules, et c'est à cet instant que la voix d'Elena raisonna à côté de la porte.

« Elle va bien ? »

Là, comme si elle se trouvait possédée, Maria arrêta de pleurer d'un coup. Elle fixa Elena et de ses deux mains, envoya Stefan contre le mur avant de se jeter sur la vampire. Elle tapa tellement fort la jeune femme qu'elle l'envoya voler dans le couloir, avant que Damon ne la ceinture.

« Sortez Elena ! Klaus l'a envouté ! » cria-t-il a Caroline et Matt, qui attrapèrent la brune pour la tirer vers l'extérieur. « Maria, je t'en prie LUTTE ! »

Elle ne parla pas, se glissa hors de l'étreinte de son ex petit-ami et lui décocha un coup dans la gorge qui le fit suffoquer et tomber à genoux. Elle pencha la tête sur le côté comme un chien, analysant sans doute si elle devait l'achever ou non, puis se tourna et courut hors du couloir.

Stefan se saisit de son frère et le tira pour le lever, puis ils coururent à sa poursuite.

Jamais le groupe n'avait eu aussi peur de se faire attraper. Ils savaient que Maria était puissante, et maintenant qu'elle ne pouvait pas mourir, elle était encore plus létale. Alors quand Elena les poussa vers la sortie, leur ordonnant de courir, ils la prirent pour une folle.

« Elle a des choses à me reprocher, mais je peux peut-être la désamorcer ! Remontez ! Stefan et Damon ne sont pas loin ! »

Caroline hocha la tête et se chargea de protéger les arrières du reste du groupe alors qu'Elena attendait là. Elle se saisit d'une cagette qui trainait par là et en arracha un bout de bois avec lequel elle pourrait se défendre, si besoin.

Jamais elle n'aurait pensé qu'entendre les pas de Maria au bout du couloir lui ferait aussi peur.

Quelques secondes plus tard, elles se trouvaient face à face. Elena tenta de parler, en vain.

« Maria, je sais que tu m'en veux pour Damon, je n'ai jamais eu l'occasion de m'excuser...

-La ferme.

-Mais je t'assure que je suis désolée, et que je ne voulais pas briser votre couple...

-J'ai dit la ferme ! Menaça Maria en s'approchant plus près.

-S'il te plaît, bas toi et reprends le contrôle !

-J'AI LE contrôle ! » Hurla la chasseuse avant de décocher un coup de pied dans l'abdomen d'Elena, l'envoyant contre le mur auquel elle la cloua ensuite pour lui donner des coups de poing. Damon et Stefan arrivèrent au bout du couloir pour voir Maria étrangler la jeune femme, qui essayait tant bien que mal de se débattre avec ses pieds.

« JE TE HAIS ! » Elle attrapa le bâton d'Elena et s'apprêta à la frapper, quand celle-ci esquiva et d'un geste fluide, enfonça le bout de bois dans le cœur de Maria.

Tout devint silencieux.

Damon et Stefan, qui avaient foncé au moment de l'attaque, s'arrêtèrent net et l'aîné ne put s'empêcher de pousser une exclamation. Il regarda Maria, qui leva les yeux de sa blessure vers lui, et il vit qu'elle n'était plus contrôlée. Elle avait mal. Ses mains tremblèrent autour du bâton qu'elle n'osait pas toucher, et sa respiration était haletante. Elena était collée au mur, les yeux fixés sur ses mains, ne réalisant pas encore ce qu'elle venait de faire.

Lorsque Maria tomba à genoux, Damon se précipita vers elle et la posa sur lui, et elle s'agrippa à sa veste, les yeux levés vers lui.

Elle cessa de bouger et de respirer et Damon ne put s'empêcher d'avoir mal. Il la serra contre lui et retira le bout de bois, qu'il balança au loin.

Elena rompit le silence en murmurant « Elle va revivre. Elle va revivre, hein ? ».

Il ne sut pas pourquoi, mais il se leva avec la jeune fille dans les bras et regarda Elena de travers, avant de partir.

« Damon ? » fit-elle d'une toute petite voix, mais il ne se retourna pas.