Alpha & Oméga
Chapitre 34
Ils restèrent une bonne partie de la nuit l'un contre l'autre à parler de tout et de rien, le père de Castiel ne manquant pas de ressurgir rapidement.
- As-tu trouvé des indices ? Demanda Dean, qui caressait du bout de ses doigts le bras de son amant.
- Strictement rien, il est possible que ce type ait acheté les personnes ayant été en contact avec Papa afin qu'ils ne me dévoilent rien si le jour où je chercherais des réponses arrivait...
- Tant que tu n'abandonnes pas, tu finiras par le retrouver... Souffla Dean avant d'embrasser la tempe de son amant qui soupira, mais acquiesça toutefois. Bon, c'est pas tout mais il faudrait que j'arrive à emmagasiner suffisamment d'heures de sommeil pour travailler demain, soupira Dean en enlaçant Castiel qui le laissa l'allonger et le serrer contre lui.
Le lendemain, Dean se réveilla seul. Il sentit son cœur peser dans son torse en voyant un mot sur l'oreiller de son Oméga mais réprima ses émotions et saisit le mot.
« J'ai un rendez-vous loin cet après-midi, alors j'ai dû partir avant. On se voit dans deux jours. Je t'aime. »
Dean sentit son cœur louper un battement à la dernière phrase. C'est vrai qu'il le lui avait également dit dans le feu de l'action la veille... Il sentit une bouffée de chaleur le prendre aux reins. Peut-être un jour aurait-il la chance de l'entendre de sa bouche même si Castiel avait autant, voire plus de difficultés que lui à exprimer ses émotions, pensa-t-il en souriant. Il fourra son nez dans l'oreiller de son amant, respirant son odeur avec adoration... Il avait déjà hâte qu'il revienne. Il soupira de dépit lorsque son réveil sonna pour la deuxième fois. Il était grand temps qu'il se lève. Il prit une douche rapide, s'habilla et sortit dehors pour aller prendre les transports en commun, inconscient de la personne cachée dans la foule qui le suivait.
Castiel gara sa voiture après cinq heures de route. Il ne prit pas de pause et alla directement à son rendez-vous. Une petite clinique réputée pour ses soins excellents et ses prix exorbitants. Il observa les alentours... C'était désert. Parfait pour son taré de père adoptif parano à l'idée d'être montré du doigt par des ignorants antipathiques seulement capables de penser à travers les codes fermés et stupides d'une société n'évoluant pas avec sa pris une profonde inspiration et entra, de suite accueilli par une belle Oméga blonde au sourire détartré.
- Que puis-je faire pour vous ? Demanda la jeune femme avec une voix douce, mais qui mit Castiel mal à l'aise.
Elle avait l'air... comme fausse, non authentique... Un gros contraste, comparée à son amant qui gueulait, rouspétait, riait... vivait. Il secoua la tête. Certainement des restes de chaleurs qui lui faisaient encore perdre sa concentration facilement...
- Je viens pour avoir des informations sur un patient que vous avez soigné en 2056, il s'ap...
- Désolée, mais je n'était pas employée en 2056, le coupa la jeune femme sans aucune espèce de finesse.
Étonnant venant d'une clinique pour les bourrés de fric avec un manche à balai tellement enfoncé dans le cul que le moindre mouvement de travers leur provoquerait une hémorragie interne.
- Vous n'avez pas une base de données ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Hum... L'ex-employé n'a pas pu me former suffisamment pour que je puisse vous aider.
- Quoi, ils étaient tellement pressés que ça de changer de secrétaire ? S'étonna Castiel, qui commençait à voir les contours se dessiner.
- Hum... C'est à dire que d'après ce que j'ai compris, ils changent souvent. Tous les ans, peut-être même tous les six mois...
Castiel fit une mine consternée. Les riches... il n'avait rien contre eux, mais leur personnalité matérielle était désolante et une insulte à l'esprit humain.
- Je ne savais pas que les Oméga perdaient leur beauté au bout de quelques mois seulement... Ricana-t-il amèrement en voyant la jeune femme se pincer les lèvres, pas aussi idiote qu'elle ne le laissait paraître. Appelez-moi l'Alpha en chef, ce ne peut être qu'un Alpha avec un ego aussi gros que son compte en banque pour décider de choses stupides à ce point, ne put-il s'empêcher de persifler.
La jeune femme passa immédiatement un coup de téléphone. Cinq minutes après, le dit chef se ramenait, un grand sourire blanc brillant éclatant, une costume droit, carré, impeccable... ennuyant à mourir. Rien à voir avec le côté négligé de son homme qui le rendait diablement sexy, son odeur exquise même après un jour de travail... Il se l'imaginais torse nu, juste en jean ouvert dev...
- Bonjour, je suis Azazel Demon-murail, se présenta le pompeux en tendant une main que Castiel dut bien serrer malgré lui. Que puis-je faire pour vous ?
Castiel ne voulait pas donner son vraie nom à un type pareil. Il opta donc pour son surnom lorsqu'il était étudiant.
- Bonjour, je suis Clarence.
Mais quel nom de famille donner ?!
- Clarence ? Le poussa Azazel.
- Winchester, répondit le brun avant d'avoir pu y réfléchir. Clarence Winchester, reprit-il avec plus d'aplomb. J'aurais aimé que vous me disiez si vous avez eu dans votre clinique un certain Liam Novak en 2056.
- Je suis désolé, mais non, répondit immédiatement Azazel avec un sourire faux. Je m'en serais souvenu, si un membre de la famille Novak était venu se faire soigner dans mon humble clinique.
Humble ? Mon cul ! Voulut dire Castiel, mais il se retint.
- Je vois... Fit-il en serrant la mâchoire.
- Vous ne devriez pas fusiller un Alpha du regard, fit soudainement Azazel en passant son regard sale sur son corps.
Que voulait dire ce type ?!
- Je vous demande pardon ? Fit Castiel, toutes défenses dehors pour envoyer ce con sur les roses.
- Voir un Oméga me regarder comme ça me donne toujours envie de le corriger dans mon lit, susurra Azazel à l'oreille de Castiel, qui grimaça de dégoût.
Alors ses chaleurs passées étaient encore perceptibles ! Sa gorge se noua mais il se força au calme. C'était loin d'être la première fois que ce genre de choses arrivait. Il ne faillit pas et soutint le regard de ce pervers qu'il pouvait voir fantasmer de façon répugnante.
- Je n'ai pas l'intention d'en entendre plus, fit-il sur un ton sec et dur. Et sur ce, je vais prendre congé de votre présence, fit-il avant de se retourner pour s'en aller, mais une main ferme se referma sur son épaule et le força à se retourner.
Castiel laissa complètement parler son corps, ses réflexes prenant le dessus dans l'instant. Son poing alla cueillir en pleine mâchoire ce type qui, ne s'attendant visiblement pas à ça, alla s'écrouler au sol. Avec ce genre d'Alpha, la meilleure défense était l'attaque et, si possible, une attaque finale et décisive. Castiel le regarda batailler pour ne serait-ce que se remettre assis, essuyant le sang coulant sur son menton du dos de sa main.
- Je vous prierais de ne plus me toucher, fit-il d'une voix ferme en empêchant toutefois son aura d'Alpha de trop sortir pour ne pas dévoiler sa nature ambivalente à cet homme. Moi et mon Alpha n'apprécierions pas ça du tout, menaça-t-il pour être sûr d'avoir fait passer le message.
Azazel sourit avec des dents rouge sang, couleur lui seyant particulièrement bien, pour une obscure raison. Castiel l'observa se relever lentement sans ciller un seul instant, ses yeux bleu s'électrifiant, le mettant au défi de tenter quoi que ce soit.
- T'as vraiment de la chance d'avoir un Alpha derrière toi, petite salope, cracha Azazel, son sourire dérangeant ne s'évanouissant aucunement. Ce dois être Castiel Novak, non ? Envoyer son Oméga... on dirait qu'il veut que tu te fasses violer !
Castiel se reteint de ricaner. Heureusement qu'il ne lui avait pas donné son vrai nom.
- Mon Alpha sait parfaitement que je n'ai besoin de personne pour me défendre, même contre des trous du cul de votre genre, fit-il en acérant son regard avant de se détourner pour s'en aller.
La jeune secrétaire le regarda passer avec des étoiles dans les yeux puis avec crainte lorsqu'elle posa son regard sur son patron. Castiel se mordit la lèvre puis s'arrêta brusquement... il fit demi-tour, incapable de l'ignorer. Il s'approcha suffisamment pour lui murmurer dans l'oreille.
- C'est quoi ton nom ?
- Alex Dino... Murmura cette dernière.
- Je te contacterais prochainement pour te faire une proposition. Accepte-la et tu n'auras plus à subir les caprices de ce connard. C'est toi qui vois, fit-il avant de lui sourire et de partir, jetant un dernier regard menaçant par dessus son épaule à Azazel qui pesta, rageant certainement de se faire mener de la sorte par un simple Oméga.
Castiel respira profondément, réprimant sa rage et son envie transcendante de faire demi-tour pour aller casser la gueule d'un certain Alpha. Mais il avait déjà bien assez attiré l'attention comme ça. Il saisit la poignée de la porte pour atteindre l'extérieur et sortir de cette clinique.
- Castiel ? Fit soudainement une petite voix incertaine.
Castiel se retourna, les yeux écarquillés, face à une dame plutôt âgée qui le regardait avec surprise et émerveillement à la fois. La femme s'approcha de lui, tendit la main vers son visage qu'elle caressa timidement, presque craintivement. Son bras tremblait et Castiel ne pourrait dire si c'était dû à l'âge ou à l'émotion.
- Des yeux si bleus... Ce ne peut être que toi, Castiel.
Castiel hoqueta. Son père Oméga blanc n'avait pas les yeux bleus, il avait reçu ces yeux de son père Oméga noir... Ce qui voulait dire que cette personne avait non seulement entendu parler de son père mais l'avait également connu...
Dean était au travail et commençait à en avoir sa claque de voir Garth aller et venir car incapable de faire son travail seul. Benny, à côté de lui, avait une étrange façon de sourire à son portable dès qu'il recevait un message. Mais l'événement le plus étrange avait été l'arrivée inopinée de Gabriel dans son bureau sous les yeux tout aussi étonnés des autres loups noirs aux alentours.
- Hey Dean-o ! S'exclama Gabriel en entrant dans son bureau sans se préoccuper de Benny qui lui avait juste jeté un coup d'œil avant de retourner faire les yeux doux à son portable.
- Hey Gaby ! S'exclama l'Alpha noir avec une joie exagérée en se redressant comme un I dans son siège.
- Tu sais, mon p'tit chou, susurra Gabriel en s'asseyant sur le bureau de Dean qui haussa un sourcil, ton frère commence à être envahissant.
- ... Comment ça ? Demanda-t-il en fonçant les sourcils.
Pour toute réponse, Gabriel sortit son portable de sa poche et présenta l'écran à Dean qui lut rapidement les messages, tous venant de Sam.
« Bonjour, Gabriel, j'aurais aimé avoir quelques informations sur la hiérarchie à l'OMSLH. »
« Désolé de te déranger encore mais aurais-tu des nouvelles de mon frère ? J'ai retrouvé cet idiot en pleine rut il y a quelques jours et depuis plus aucune nouvelle et je n'ose pas l'appeler, le voir à deux doigts de sauter sur tout ce qui bouge était déjà assez traumatisant comme ça alors j'avais espéré que tu reçoives au moins des nouvelles de par ton frère. »
« D'ailleurs, pourrais-tu me passer le numéro de ton frère ? »
« Je sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt. »
« Comme ça, je lui demande directement au lieu de t'embêter. »
- Wow... Fit Dean avant de sourire de façon moqueuse. Il en pince pour toi ! Rit-il en secouant la tête avec consternation.
- Vraiment ? Demanda Gabriel avec perplexité en relisant les messages.
- J'en sais rien, demande-lui toi-même ! Sourit Dean avant de reprendre son sérieux. Sinon, pourquoi es-tu ici ?
- Pour les lupins !
- Les quoi ?
- Les lupins, Dean ! Intervint Benny. L'association de ton frère.
- Ah oui... Son association. Et que veux mon lycanophile de frère ? Redemanda Dean à Gabriel.
- Que je te filme en train de sortir de ton bureau en mode naturel, mais big badass loup tout de même ! Fit Gabriel en sortant son smartphone.
Dean le regarda avec consternation. Il ne pensait pas que son frère allait réellement mettre son projet idiot de mini-film en route... Il soupira en fixant Gabriel qui souriait toujours aussi bêtement en remuant son téléphone dans sa main. Dean sentit son sourcil tiquer puis bomba le torse et se leva en remettant sa veste correctement.
- Je ne vais faire cette connerie qu'une seule fois alors t'as intérêt de faire ça en une seule prise, prévint Dean se plaçant devant son bureau.
Gabriel hocha du chef en s'empressant de passer en mode vidéo.
- Et moi je veux quelque chose de potable, sinon ça compte pas ! Pas de démarche ridicule, de sourire stupide ! On fait chacun notre boulot correctement et on passe à autre chose. Deal ? Cria Gabriel qui se tenait maintenant à l'autre bout du couloir, armé de son téléphone.
- Ça marche ! Conclut Dean.
- Que tout le monde rase les murs de ce couloir si vous ne voulez pas avoir de problèmes avec Daddy Gaby ! S'écria Gabriel aux personnes passant dans le couloirs. Quand tu veux, Dean-o !
Dean souffla un bon coup avant de s'élancer, « professionnel, naturel et badass » tournant dans sa tête. Il entra dans le couloir, passa son regard sur les autres loups avant de se tourner et de fixer la caméra tout en marchant avec confiance et décontraction à la fois, les traits de son visage étant sérieux mais pas stricts. Gabriel devait bien avouer que Dean était une bombe sur cette vidéo... Il rit et signifia à Dean que c'était parfait avant de retourner à son travail.
Castiel était de plus en plus mal à l'aise face à la vieille Bêta qui continuait de le fixer avec une étrange sorte d'admiration et d'affection mêlées. Il l'avait emmenée dans un petit café non loin pour mieux parler.
- Qui aurait cru que je vivrais assez longtemps pour voir cet instant ! S'exclama Dorothée avec excitation. Tu es devenu un bel Oméga, Castiel, reprit-elle plus calmement avec tendresse. Et un Alpha fort.
Castiel releva un regard scrutateur sur elle. Comment savait-elle cela après avoir passé seulement quelques minutes avec lui ? Ses parents lui avaient-ils dit ?
- Ne fais pas cette tête inquiète, Castiel, sourit la vieille Bêta. Je m'étais toujours demandé ce qu'un hybride entre Oméga et Alpha donnerait, surtout avec deux parents Oméga. Je suis sûr que Liam serait très fier du bel homme fort que tu es devenu.
Castiel sourit tristement à l'entente du nom de son père.
- En revanche, je doute qu'Arthur aurait aimé que tu coures après lui.
Castiel releva instantanément son regard vers Dorothée à cette phrase, les yeux démesurément écarquillés.
- Arthur ? Demanda-t-il avec une certaine fébrilité dans la voix.
- Arthur Milton, dit Dorothée. C'est de lui que tu tiens tes magnifiques yeux bleu, souffla-t-elle avec attendrissement.
Castiel la regarda sans pouvoir prononcer un mot, trop de questions se bousculaient dans sa tête pour qu'il arrive à les classer par priorité. Il vit Dorothée sourire tendrement à sa façon de s'exciter et de bouger sur sa chaise comme un enfant impatient.
- Ton père, Liam, avait effectivement été hospitalisé à la clinique que tu viens de quitter. Henry Novak l'y avats placé, à l'abri des regard au cas où tu n'aurais pas eut la bonne couleur.
- Ça aurait fait scandale si son fils avait été un loup noir, fit avec dédain Castiel. Non seulement ça aurait voulu dire que papa l'avait trompé, mais avec un loup noir...
- Exactement. Mais par là, que ce soit intentionnel ou non, il t'a aussi protégé, dit Dorothée en reposant sa tasse. Je doute que tu aurais eu une vie aussi paisible si Liam t'avait donné naissance dans un établissement publique, surtout s'il s'était avéré que tu étais un loup noir.
Castiel frotta ses lèvres de sa main, considérant les propos de la vieille Bêta.
- Comment connaissais-tu Arthur ? Demanda-t-il.
Cette question fit de suite sourire Dorothée d'un air rêveur.
- Un très bel Oméga, cultivé et avec la rage de vaincre. Sûr que s'il n'y avait pas eu cette hiérarchie restrictive parmi les loups, il aurait fait de grandes choses, assura Dorothée avant de regarder le ciel au loin. Il venait discrètement voir Liam quasiment tout les soirs. Jamais je ne le voyais plus heureux que lorsqu'Arthur venait se faufiler dans sa chambre, sourit-elle tandis que Castiel buvait ses paroles. Les voir ensemble, malgré leur nature respective, n'en semblait pas moins juste et vrai. Ils avaient une complicité et un amour incomparables l'un pour l'autre.
Castiel se pinça les lèvres, sentant la peine de ne pas avoir pu être témoin de ça comme la joie de savoir qu'il était né d'une union véritable l'envahir.
- Est-ce que... est ce que tu sais comment Arthur et mon père se sont rencontrés ? Demanda-t-il avec intérêt.
- Désolé, mon ange, fit Dorothée avec tristesse. Liam a refusé de me le dire la fois où je lui ai demandé, il voulait certainement éviter que trop d'informations circulent sur son amant, expliqua-t-elle avant de prendre une gorgée de son thé.
- Je comprends, oui... Fit pensivement Castiel avant que la question qui le démangeait le plus ne finisse par sortir. Sais-tu où je pourrais trouver Arthur ?
- Désolée mais non, ça fait des années que je ne l'ai pas vu...
- Tu n'aurais même pas une idée d'où il pourrait se trouver, d'où il aurait pu aller durant toutes ces années, demanda Castiel avec empressement.
- Je suis navrée, réitéra Dorothée avant de relever son regard vers celui plein d'espoir de Castiel. Mais je suis quasi-sûre d'une chose, reprit-elle, c'est qu'il n'aurait jamais passé toutes ces années sans nouvelles de toi. Je pense qu'il sait exactement ce qu'il t'es arrivé dans ta vie, comment tu te portes et où te trouver, affirma Dorothée avant de sourire en coin. Il est ce genre d'homme.
Castiel fronça les sourcils en réalisant la situation, ses inquiétudes ressurgissant plus fort encore.
- Je ne pouvais pas le trouver, non pas à cause de Henry... Murmura-t-il. Mais parce qu'il ne voulait pas être retrouvé. Il a fait en sorte de disparaître... Réalisa Castiel. Pour être hors d'atteinte de Henry ? Demanda-t-il à Dorothée.
- Ça, et pour te protéger, répondit-elle en souriant tendrement au brun. Ta ressemblance avec Arthur est frappante, Castiel, et ta famille est plutôt connue dans le milieu. Alors pour éviter que toute relation puisse être faite entre vous deux, il s'est effacé.
Castiel sentit une forte émotion remuer ses tripes. Il souffla lentement, sentant les larmes lui monter aux yeux, mais les contient. Il se frotta l'arrière du crâne pour cacher son surplus d'émotion avant de prendre une bonne gorgée de son café.
- Je suppose alors qu'il ne me laissera pas le trouver... Fit-il avec déception.
- Je suis navrée. Il viendra certainement un jour te rendre visite, très certainement... Fit évasivement Dorothée, probablement parce qu'elle n'en savait guère plus elle-même.
Castiel acquiesça en triturant pensivement sa tasse. Qu'était-il censé faire, alors ? Rentrer chez lui comme si de rien était ? Attendre qu'Arthur vienne hypothétiquement le voir un jour ?
- Et toi ? Comment vas-tu ? As-tu trouvé quelqu'un ? Changea de sujet Dorothée en voyant l'air morose de Castiel.
- Moi ? Ça va, fit-il sincèrement. J'ai assez récemment trouvé un Alpha noir formidable, dit-il avec un ton affectueux qui attendrit de suite la vieille Bêta.
- C'est vrai ? S'émerveilla Dorothée. Je suis ravie pour toi. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Demanda-t-elle, toute ouïe.
- Heu... Fit Castiel avec éloquence, embêté. C'est une longue histoire...
- J'ai tout mon temps, répondit son interlocutrice avec un petit sourire malicieux qui fit rire nerveusement le brun.
À suivre...
