Bonjour !

Vous savez que vous avez vraiment de la chance ?... J'ai failli ne pas poster ce chapitre à temps, heureusement que mon après-midi s'est libérée hier pour le terminer sinon vous auriez attendu une semaine supplémentaire.

J'espère pouvoir vous poster le prochain la semaine prochaine mais ça risque d'être compliqué, en effet je suis en plein déménagement donc je manque cruellement de temps pour écrire.

En attendant j'espère que ce chapitre-ci vous plaira, je vous souhaite une bonne lecture et comme d'habitude on se retrouve en bas pour le débrief ! :)

Blond'sparkle

Réponses aux reviews :

SaniaWive : Oui tu as raison, Charlie est complètement aveuglé par son amour pour Charlotte, pour lui il est impossible qu'elle ait pu lui faire du mal. On verra par la suite comment ça va se passer. Je suis sincèrement désolée de t'avoir fait lâché une larme mais en même temps je suis contente d'avoir remué quelque chose au fond de toi, c'est touchant ! :') J'espère que ce chapitre te plaira et merci d'être là ! :)

MissKara1759 : Oui moi aussi j'adore quand Charlie pète les plombs, il ne peut pas toujours être calme et serein, c'est sûr ! En tout cas j'ai beaucoup aimé le faire sortir de ses gonds, le faire sortir des sentiers battus. J'espère avoir l'occasion de recommencer dans d'autres chapitres ! :) Comme tu le dis, on peut comprendre qu'il s'énerve face à Charlotte, on a hâte que les choses se règlent entre eux !
Ah, ah en tout cas je suis plus que ravie que ce chapitre t'ait plu, moi aussi je l'aime beaucoup parce qu'on avance pas à pas dans les révélations que ce soit du côté de Charlie ou celui de Charlotte.
Merci encore pour tes commentaires et tes encouragements, ça me fait chaud au cœur ! :')
Bonne lecture et à bientôt ! ;)


Chapitre 12 :

Calion's journey

Charlotte, depuis l'étage, entendit la porte claquer, se refermer sur la dernière personne qu'elle voulait voir disparaître de sa vie. Elle dut se faire violence pour ne pas descendre et rejoindre le jeune homme. Les poings serrés, elle prit une grande inspiration et essaya de retrouver son calme, en vain. D'une démarche fébrile elle se dirigea vers la petite chambre de devant, ignora Calion qui était assis sur une liseuse et se précipita sur la fenêtre qui donnait sur la rue.

- Il ne t'a pas cru, c'est ça ? entendit-elle dans son dos tandis qu'elle écartait le rideau d'une main tremblante.

- Il me croira, lâcha cette dernière d'une voix gutturale. En voyant mes souvenirs il n'aura pas d'autre choix que de me croire.

De la fenêtre elle pouvait voir Charlie, immobile sur le perron, le lampadaire sur le trottoir projetant sa lumière blafarde sur lui. Un instant elle le vit regarder de plus près les flacons qu'elle lui avait donnés, imperceptiblement son estomac se contracta. Elle n'osait imaginer ce qu'il allait penser d'elle lorsqu'il saurait, une douleur immense l'enveloppa toute entière et elle dût se tenir au rebord de la fenêtre pour ne pas défaillir. Il allait la détester, la haïr… Il regretterait de l'avoir aimée ne serait-ce qu'une seconde, il regretterait de l'avoir rencontrée… Le rouquin glissa les fioles dans sa poche et la seconde suivante il avait disparu, Charlotte continuait pourtant de fixer l'endroit où il se tenait espérant peut-être qu'il réapparaisse mais ce ne fut pas le cas. Avec lenteur elle réajusta le rideau et s'écarta de la fenêtre, dans un pauvre geste de réconfort elle enroula ses bras autour d'elle et laissa reposer sa tête sur sa poitrine, tentant d'ignorer les battements douloureux de son cœur contre sa cage thoracique. La jeune femme sentit alors une larme traîtresse franchir la barrière de ses cils pour venir s'écraser sur sa pommette.

- Tu l'aimes ce garçon, je me trompe ?

Charlotte sursauta, elle n'avait pas remarqué que Calion était resté derrière elle pendant tout ce temps. Rapidement elle essuya sa joue et se tourna vers lui. Il avait abandonné cet air suffisant qu'il arborait depuis qu'elle l'avait rencontré, à la place son visage affichait une simple curiosité.

- J'ai besoin d'être un peu seule, je… On continuera plus tard, d'accord ?

Le jeune Vélane acquiesça doucement et sortit de la pièce laissant la blonde seule avec sa souffrance. Quand elle repensait à la journée qu'elle venait de vivre, à cette abominable soirée… Elle regrettait presque de ne pas être partie plus tôt, comme Calion le lui avait conseillé alors. Cependant, quelque part au fond de son cœur, une douce chaleur se réveilla et se répandit lentement dans tout son corps lui rappelant ce que lui avait révélé Charlie… Il l'aimait, il lui avait dit qu'il l'aimait, qu'il était amoureux d'elle… A cette pensée elle ne put retenir un sourire, sentant son estomac faire une cabriole. Charlotte ne s'était pas attendue à ce qu'il lui fasse part de ses sentiments, après tout ce qu'il s'était passé entre eux, après tout ce qu'elle lui avait fait subir elle était loin d'imaginer que le rouquin puisse l'aimer… enfin, pas de cette manière… Et s'il avait su que… s'il savait qu'elle aussi… Peut-être que les choses seraient différentes... Un instant elle sentit l'espoir faire gonfler sa poitrine, l'idée folle de partir pour le pays de Galles afin d'y retrouver le dragonnier lui traversa l'esprit mais très vite les échos de leur conversation lui revinrent en mémoire et lui firent l'effet d'une douche froide. Comment pouvait-elle s'imaginer qu'il l'aimerait encore après ce qu'il allait découvrir ? Comme Paul il la repousserait, la trouverait monstrueuse… Et même dans l'hypothèse qu'elle arrive à se débarrasser de cette malédiction, rien ne lui certifiait que Charlie voudrait renouer avec elle à son retour, si retour il y avait…Charlotte soupira et sortit de la chambre d'un pas résigné. Il fallait qu'elle arrête de se morfondre, dans quelques heures tout au plus cela demeurerait de lointains souvenirs…

Elle ouvrit brusquement les yeux, comme si quelqu'un l'avait tirée de son sommeil. Un instant elle demeura immobile simplement pour se rendre compte qu'elle était bien seule dans sa chambre et, en voyant le rai de lumière blanchâtre qui traversait la pièce, la jeune femme comprit ce qui l'avait réveillée. Elle avait simplement oublié de fermer le rideau en allant se coucher. D'un geste rageur elle repoussa les draps, bascula en position assise et se leva non sans réprimer un frisson. D'un pas lent Charlotte se dirigea vers la fenêtre et tira le pan de velours d'un coup sec, masquant ainsi la lumière que projetait le lampadaire depuis la rue. Tandis qu'elle se maudissait pour son étourderie son regard accrocha un objet dans la pénombre, un petit coffret qui reposait sur le guéridon, caché derrière une pile de livres, un petit coffret qu'elle avait presque oublié. La blonde marqua un temps d'arrêt. Et si ?...
Dans le silence de la nuit elle quitta sa chambre, rejoignit le palier à pas de loups, évitant du mieux qu'elle pouvait les lattes de parquet grinçantes, et descendit les escaliers. Arrivée au rez-de-chaussée, elle se dirigea vers le salon, le coffre coincé sous son coude. De peur d'être entendue Charlotte alluma ni chandelle ni feu, elle se contenta simplement de jeter un « Lumos » et, uniquement éclairée du bout de sa baguette, elle s'installa à même le tapis du living-room et déposa précautionneusement le coffret devant elle. La jeune femme resta un moment à le contempler, se demandant s'il était raisonnable de céder à la tentation après ce qu'il s'était passé plus tôt dans la journée mais elle constata avec amertume, et en dépit de tout ce qu'elle pouvait espérer, qu'elle était arrivée à un point de non-retour. Ces lettres étaient le dernier lien qui la rattachait à Charlie, si elle voulait avancer elle savait qu'elle n'avait d'autre choix que de s'en débarrasser. Certes, elle aurait très bien pu les jeter au feu, sans état d'âme, mais une culpabilité tenace l'obligea à ouvrir le coffret et à s'emparer de la liasse de courrier qui reposait au fond, fermement retenue par un cordon de cuir. Après l'avoir détaché, la blonde attrapa fébrilement les premières lettres, elle tremblait tellement qu'elle faillit les arracher en les dépliant et, avant de commencer sa lecture, elle prit une profonde inspiration, s'accrochant à tout le courage dont elle pouvait faire preuve.

Charlotte,

Bien que mes dernières lettres soient restées sans réponses, je me berce encore dans l'espoir que tu répondras à celle-ci. Peut-être me fais-je trop d'illusions mais je n'abandonne pas et prête à croire que mon acharnement aura raison de ton indifférence.
Mes mots te feront peut-être sourire mais moi je les écris avec beaucoup d'amertume. Depuis ta visite en Roumanie pas un seul jour ne passe sans que je me demande ce qui a bien pu clocher ce jour-là, ce que j'ai bien pu faire, ce que j'ai bien pu dire pour que tu décides de m'ignorer à ce point. Je ressasse cette journée encore et encore mais je ne comprends toujours pas, certes on s'est embrassés mais qu'est-ce qu'un baiser ? Est-ce à lui que je dois ton désintérêt ?
Pour en revenir à quelque chose de plus sérieux, sache que je serais présent à la commémoration ce deux mai, si jamais te prend l'envie de me voir ou même de m'expliquer les raisons de ton silence, je t'attendrais.

Avec toute mon affection,

Charlie

La jeune femme jeta le parchemin comme s'il l'avait brûlée, elle était loin d'imaginer que les mots écrits par le rouquin des mois auparavant la toucheraient autant, c'était comme si elle venait de recevoir cette lettre, comme si les derniers mois n'avaient jamais existé.

Charlotte,

Je n'arrive pas à croire que tu sois partie.
Je suis rentré en Roumanie avec la ferme intention de passer à autre chose mais ton départ pèse plus que jamais sur ma conscience et sur ma vie, je ne saurais même pas t'en expliquer les raisons moi-même. Peut-être aurais-tu une hypothèse à me formuler ?
J'ai par ailleurs une nouvelle à t'annoncer, j'aurais aimé te l'apprendre de vive voix mais les choses étant ce qu'elles sont, tu devras te contenter de ce courrier. J'ai décidé d'accepter le poste à Beddgelert. Je quitte la Roumanie dans deux semaines, je retourne au Terrier pour quelques temps avant de prendre mes fonctions le premier juin prochain à la réserve. Ma mère a beaucoup pleuré, elle était ravie d'apprendre mon retour au Royaume-Uni, tout le monde d'ailleurs, comme tu t'en doutes. Pour ma part je suis complètement effrayé, j'ai l'impression d'avancer dans le vide sans baguette magique, je dois avouer que ce n'est pas une sensation très agréable. Aurais-tu des conseils à me donner pour mes premiers pas là-bas ?

J'imagine que cette lettre demeurera sans réponse, comme toutes les autres, mais peut-être qu'avoir un peu de compagnie outre-Atlantique te procurerait un peu de baume au cœur. En attendant je te souhaite une bonne installation à New-York, j'espère que les choses se passeront bien pour toi là-bas.

Affectueusement,

Charlie

Certaines lettres faisaient des pages et des pages tandis que d'autres ne dépassaient pas les quelques lignes, écrites à la va-vite derrière une note de service ou une serviette en papier, comme si le dragonnier avait eu une soudaine inspiration et qu'il avait pris ce qui lui tombait sous la main alors pour coucher ses pensées, ses humeurs. La jeune femme avait l'impression de revivre ce qu'il avait vécu au travers de ses courriers et ce qu'elle en tirait la bouleversait considérablement. Comment avait-elle pu être si insensible au point de ne pas lire les lettres qu'il avait pris le temps de lui envoyer ?

Charlotte,

J'ai besoin que tu m'écrives, j'ai absolument besoin que tu m'écrives. Depuis que je suis arrivé ici je vis un véritable enfer, chaque jour réservant son lot de catastrophe. Parfois je me demande si je ne ferais pas mieux de tout plaquer. Comment ai-je pu croire que j'étais capable de réussir ? Que je serais à la hauteur de ce poste ?
Si seulement tu étais là, je suis sûr que tu saurais quoi faire !

Écris-moi, je t'en supplie.

Charlie

Je crois devenir dingue. J'ai rêvé de toi la nuit dernière, j'ai cru que tu me rendais visite et que tu restais là, avec moi.

Parfois je me dis que tu n'aurais jamais dû venir ce jour-là, en Roumanie.

Elle n'avait pas remarqué comme ses mains tremblaient, le morceau de parchemin qu'elle tenait entre ses doigts était déjà très chiffonné mais les spasmes qui lui traversaient le corps à ce moment ne faisaient qu'accentuer cet état, manquant même de l'arracher. Elle roula en boule le mot et de rage le jeta dans l'âtre éteinte de la cheminée puis elle prit sa tête entre ses mains et ne put contenir le sanglot qui entravait sa gorge depuis plusieurs minutes. Dans le silence cotonneux de la nuit, Charlotte se mit à pleurer, elle ignorait si c'étaient des larmes de fureur ou de désespoir qui coulaient sur ses joues mais cela ne soulagea en rien sa peine. La jeune femme se sentait véritablement monstrueuse, comment avait-elle pu laisser aller les choses aussi loin ? Comment avait-elle pu perdre à ce point le contrôle de sa vie ?

Charlotte,

Cole m'a rejoint, il a accepté ma proposition et lui et sa famille sont arrivés la semaine dernière. J'ai le sentiment que les choses vont aller beaucoup mieux maintenant qu'il est là, j'avais vraiment besoin d'un ami sur lequel m'appuyer, quelque part au fond de moi j'avais espéré que ce soit toi mais il faut désormais que je me fasse une raison quant à ton éventuel retour en Angleterre.
Comment ça se passe au Macusa ? J'ai appris que tu travaillais là-bas désormais, j'imagine que ce doit être bien différent du Ministère de la Magie. Cole ne cesse de répéter que le Congrès est bien plus performant que notre ministère, je veux bien le croire. Il m'a fallu remplir pas moins d'une centaine de formulaires pour ma prise de poste à Beddgelert, j'y ai laissé tout un stock de plumes !

En attendant de tes nouvelles,

Charlie

Ginny est enceinte… Est-ce que tu te rends compte ? Ma petite sœur, ma Ginny, je suis tellement content !

La blonde lâcha une exclamation étranglée, coincée entre le rire et les larmes, tandis qu'un faible sourire étirait ses lèvres. Elle replia soigneusement le petit mot à l'écriture brouillonne et le posa à côté d'elle où s'éparpillaient déjà des dizaines de lettres.

Charlotte,

J'aimerais que tu sois là, j'aimerais pouvoir te parler, comme avant. Je n'arrête pas de penser à notre dernière conversation, à Poudlard, avec cette étrange impression d'avoir vécu un rêve surréaliste et soudain je me rappelle de la douleur que tes mots ont fait résonner en moi et je comprends que tout était vrai. Et je demeure là, à espérer que tu me répondes, à espérer te revoir un jour et je comprends, une fois encore, que l'espoir est comme une blessure infectée, gangrenant peu à peu chaque partie de mon corps jusqu'à annihiler toute once de vie. Cette discussion me hante, sans cesse, comme si je venais de la vivre alors que des mois se sont écoulés depuis. Comment avons-nous pu laisser les choses en arriver là ? Comment ? Un seul être vous manque est tout est dépeuplé, dit-on, jusqu'à maintenant je n'avais jamais pris part à cet adage mais aujourd'hui je sais ô combien il est fatalement vrai.
Il y a des jours où je ne trouve plus les mots, je ne trouve plus la force de t'écrire. Je ne sais même pas si mes lettres arrivent à bon port, je ne sais même pas si tu les lis.
J'aimerais tellement que tu répondes à mes lettres, j'aimerais savoir comment tu vas, quelle est ta vie là-bas, en Amérique ? Est-ce que tu y es heureuse ?...

Donne-moi de tes nouvelles s'il-te-plaît,

Charlie

Et son amour lui éclata à la figure, la submergea comme une vague tandis qu'elle sentait son cœur battre plus vite contre ses côtes. Entre les lignes elle sentait toute la détresse du rouquin, toutes ses craintes… Tout ce qu'il essayait de lui dire depuis des mois et elle, elle avait été si aveugle… Comment avait-elle pu manquer ça ? Pourquoi n'avait-elle pas lu ces lettres avant ? Comme elle se sentait idiote, parfaitement idiote… Encore une fois elle n'avait pensé qu'à elle alors que Charlie avait été seul, si seul pendant plus d'un an. Ravalant les larmes qui menaçaient de couler, la jeune femme replia rapidement la lettre qu'elle fourra dans sa poche de pyjama. A chaque courrier qu'elle découvrait la douleur dans sa poitrine s'intensifiait mais elle n'en avait cure, plus encore elle attrapa une autre lettre, la dernière de la pile, et continua sa lecture comme pour s'obliger à partager jusqu'au bout la souffrance du dragonnier.

Charlotte,

Le temps passe si vite, cela fait déjà un an que tu es partie, un an que tu as quitté l'Angleterre et pourtant ces derniers mois ont été un véritable supplice. Entre le mariage de Ron et Hermione dans quelques semaines et la naissance de Molly, la fille de Percy et Audrey, j'ai l'horrible impression de stagner. Bien sûr je suis content pour eux mais je ne peux m'empêcher de penser que, malgré tout, la vie s'écoule anormalement pour moi, comme si je demeurais bloqué sans pouvoir véritablement avancer. As-tu déjà ressenti cela ?
Il me devient chaque jour un peu plus difficile de t'écrire, je sais que Cole surveille chacun de mes gestes. Il prétend même que je devrais arrêter de t'envoyer des lettres, parfois je me dis qu'il a raison mais pour moi la tentation est trop forte, je ne pourrais jamais m'empêcher de te dévoiler ce que je ressens, ce que je vis ici, à Beddgelert. Après tout, tu es la bienfaitrice de ce projet, sans toi je ne serais pas ce que je suis, je ne serais pas là aujourd'hui.
Dans un mois il y a le mariage au Terrier, j'espère t'y voir.

Avec toute mon affection,

Charlie

Elles étaient là. Des dizaines et des dizaines de lettres gisantes sur le tapis, lui rappelant comme il s'était évertué à lui écrire pendant une année entière, comme il avait espéré un signe d'elle et elle, elle n'avait fait que l'ignorer pendant des mois et des mois et pourtant… pourtant il lui avait tellement manqué.
Charlotte se détestait pour ce qu'elle était, pour ce qu'elle devenait. Chaque jour, chaque minute elle sentait que le monstre qui dormait en elle gagnait un peu plus de terrain, s'emparant doucement mais sûrement de son être, la transformant en une personne qu'elle ne connaissait pas, qu'elle ne connaissait plus. Et elle pleurait, elle pleurait… Se fichant complètement que Calion l'entende. Elle serrait les lettres contre elle dans une sorte de possessivité sauvage, elle voulait voir Charlie, elle voulait lui crier qu'elle était désolée, elle voulait lui dire qu'elle l'aimait, elle voulait être près de lui, simplement. Et tandis qu'elle s'enfonçait dans son désespoir, elle distingua à travers ses larmes quelqu'un s'approcher d'elle. Elle reconnut tant bien que mal Calion s'agenouillant à son niveau et qui se mit à la secouer par les épaules puis, sans qu'elle ne s'y attendre, il la gifla avec force. La jeune femme stoppa net ses pleurs, choquée.

- Désolé, souffla-t-il avec une respiration saccadée. Mais tu étais en train de perdre les pédales.

Elle hocha la tête mais les larmes continuaient de dévaler ses joues rouges, enfin dans un dernier sanglot elle murmura :

- Il faut q-que… il faut qu'on s'en aille… Je ne veux pas rester une minute de plus ici…


- Rappelle-moi pourquoi on emprunte les transports moldus, demanda Charlotte alors qu'ils étaient brinquebalés depuis presque une heure dans un autocar d'un autre âge avançant cahin-caha sur une route sinueuse en plein cœur des Carpates.

Calion qui était assis à côté d'elle ne paraissait pas le moins du monde perturbé par le voyage, au contraire il souriait, ses mains croisées sur ses genoux.

- Parce qu'on ne doit pas utiliser la magie, cela nous ferait repérer au cas où des gens se seraient déjà lancés à ta recherche.

Une vieille femme en face d'eux, son sac à provision fermement serré contre sa poitrine, ne semblait pas comprendre un traître mot de ce qu'ils racontaient mais toutefois elle paraissait fascinée par le jeune Vélane.

- Oui, c'est sûr que fagoté comme ça, tu passes to-ta-le-ment inaperçu, cingla la jeune femme, les sourcils froncés en avisant la longue cape brodé du blond.

Il se tourna vers elle, haussa les épaules et se concentra de nouveau sur l'enfant qui mâchouillait son poing sur le siège d'à côté.

- On aurait au moins pu prendre l'avion, râla la blonde.

- Il y a trop de contrôles de sécurité, nous aurions dû lancer tout un tas de sortilèges. Et, je dois avouer que j'aime beaucoup prendre le bus.

- Parle-pour toi, marmonna-t-elle en retenant un sac qui menaçait de glisser à tout instant du filet à bagages au-dessus de leurs têtes.

En voyant que Calion se fichait éperdument de ses revendications Charlotte se mit à observer le paysage qui défilait derrière la vitre. Cela faisait presque une semaine qu'ils avaient quitté Londres, prenant tour à tour le ferry puis le train et enfin diverses lignes locales jusqu'à arriver en Bulgarie, à Sofia, où ils venaient de prendre un car qui les conduisait désormais jusqu'au massif de Rila.
Durant leur périple la jeune femme n'avait pas tellement eu l'occasion de s'apitoyer sur son sort et, inconsciemment elle se demandait si quelqu'un s'était aperçu de son absence car, à l'heure qu'il était, elle aurait dû être en route pour New-York. Alors elle songea à Adam qui devait l'attendre patiemment à Manhattan, à quel moment se rendrait-il compte qu'elle n'était pas dans ce TRAM ? Ni dans les suivants ? A quel moment comprendrait-il que quelque chose clochait ? Elle savait qu'à partir de là, il préviendrait Hermione et Hermione préviendrait Fleur et sans doute ses parents… Non, se dit-elle, elle ne leur dirait rien pour éviter qu'ils ne s'inquiètent. Mais peut-être en ferait-elle part à Charlie ?... La blonde se détourna de la fenêtre en même temps que de son esprit torturé, penser à ses proches lui était beaucoup trop douloureux.

En fin de journée l'autocar les déposa sur la grand-place d'une petite bourgade au pied des montagnes. Au-delà de la fontaine délabrée la jeune femme remarqua une petite auberge vers laquelle Calion se dirigeait déjà en de grandes enjambées. A l'intérieur, ce fut lui qui se chargea des réservations, apparemment il parlait couramment le bulgare bien qu'il semblait à la blonde que cela ressemblait plus à un patois local. Jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans les escaliers, Charlotte ne manqua pas les regards méfiants que leur lancèrent les aubergistes, un grand type au regard fou et, ce qu'elle supposa être son épouse, une femme blonde taillée dans le même bois. Dans l'unique couloir de l'étage, le jeune homme lui désigna d'un geste de la main sa chambre, qui faisait face à la sienne. En entrant dans la pièce la Française ne put que remarquer l'aménagement spartiate, elle avisa le lit dans lequel elle aurait voulu se vautrer, littéralement, mais se retint. Avec humeur elle jeta son sac en perles et sa malle dans un coin de la pièce, la dernière alla se taper contre la petite armoire qui émit un grincement sinistre. En trois pas elle avait traversé la chambre pour venir se coller au chien-assis qui lui servait de fenêtre, à travers le rideau en macramé elle regarda les habitants aller et venir sur la place, pendant un instant son regard s'attarda sur un chien qui somnolait sur le perron d'une petite maison de pierre puis elle sortit de sa rêverie quand quelqu'un toqua à la porte. La blonde se détourna de la fenêtre et intima son visiteur d'entrer. Calion pénétra dans la chambre et s'installa sur l'unique chaise de la pièce comme s'il était chez lui, passablement irritée Charlotte ne put s'empêcher de lancer d'une voix grincheuse :

- Ne te gêne surtout pas !

- Nous allons descendre dîner, dit-il simplement en contemplant ses ongles.

- Je n'ai pas faim.

- Tu as tort, Irina fait le meilleur kavarma de la région.

- Je n'ai aucune espèce d'envie de goûter les spécialités locales. Ensuite, ces gens nous trouvent étranges, ajouta la jeune femme en pointant la porte. Comment peux-tu vouloir les fréquenter alors qu'ils nous regardent comme des bêtes de foire ?

- Ne fais pas ta tête de mule, s'impatienta-t-il en claquant la langue. Ce ne sont que de simples humains, ils nous veulent aucun mal.

- Peut-être mais je ne veux pas descendre, je n'ai pas faim, répéta-t-elle en lui tournant le dos.

Un silence lourd tomba sur la petite chambre. Charlotte pouvait sentir le regard pesant de Calion dans son dos, dans ces moments elle avait la désagréable impression qu'il avait la capacité de lire la moindre de ses pensées.

- Ce que tu peux être faible, entendit-elle alors.

Surprise, elle fit volte-face et lança un regard furieux au jeune homme.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Il est évident que tu te morfonds de lui, lâcha-t-il avec un haussement d'épaules. Comment peux-tu t'intéresser à un homme aussi insignifiant ? C'est vraiment la question que je me po...

La gifle qu'elle venait de lui administrer lui coupa net la parole, résonnant dans la pièce pendant de longues secondes. La blonde sentait son cœur battre avec force dans sa poitrine, la respiration saccadée elle demeurait figée, redoutant la réaction du Vélane qui ne se fit pas attendre.

- Comment oses-tu ? gronda-t-il en se redressant de toute sa hauteur.

- Je ne te permets pas... Je ne te permets absolument pas de parler de lui ainsi ! parvint à répondre la jeune femme sans se démonter.

Elle se sentait trembler de tous ses membres, la colère s'emparant rapidement d'elle comme un poison mortel. Avec vivacité elle attrapa sa baguette magique qu'elle avait coincée dans sa ceinture mais avant même de pouvoir la pointer sur le blond celui-ci la fit sauter de ses mains en un claquement de doigt. Le morceau de bois tomba sur le parquet avec un bruit sec et roula jusque sous le lit.

- Ne songe même pas à recommencer, la prévint-il avec froideur.

Dans un mouvement de cape il se dirigea vers la porte et, la main sur la poignée, il se retourna finalement.

- Quand nous serons à la Triade tu comprendras que tout ça n'est que futilité et tu oublieras bien vite ce petit sor...

- Tu prêches un idéal ! éclata soudainement Charlotte. Tu déblatères sans cesse à propos de la Triade, de ce que je devrais faire et jusqu'alors je t'ai suivi, sans opposer de résistance, mais aujourd'hui j'en ai assez ! Assez, tu entends ?! Que connais-tu des hommes et de leurs sentiments ? Que connais-tu de l'amour ?

- Bien plus que tu l'imagines, répondit-il d'une voix grave, ses yeux bleus reflétant une profonde colère.

- Qu'est-ce qui me le prouve ? Je ne sais rien de toi ! Rien !

- Qui es-tu pour me juger ? demanda alors le Vélane en se rapprochant d'elle. Que sais-tu de la vie que j'ai menée ? Tu n'es qu'une petite idiote qui ne cesse de pleurnicher sur son propre sort sans se soucier des autres ! ajouta-t-il, amer.

- Comment peux-tu di…

- Tais-toi ! aboya-t-il, les traits crispés par la fureur.

La jeune femme se tut, abasourdie par le ton qu'il employait. Elle le vit soupirer longuement, il passa une main sur son visage et reprit plus calmement :

- Je croyais t'avoir dit qu'il ne fallait pas que l'on nous remarque.

- Je m'en contrefiche, je ne connais personne ici. Tout ce que je veux ce sont des réponses.

- Encore toi ! Toujours toi ! Tu ne penses qu'à ta petite personne !

- C'est faux ! s'époumona-t-elle, une nouvelle fois gagnée par la colère. Si je suis ici, c'est pour une bonne raison ! Tout ce qui compte c'est que Charlie et les au…

- Encore ce garçon ?! la coupa-t-il. Combien de fois t'ai-je dit de ne plus penser à lui ?!

- Tu ne pourras m'empêcher de…

- Ça suffit ! s'impatienta Calion. Cette conversation ne mène nulle part, nous devrions aller nous coucher. Demain une longue journée nous attend.

- Je ne suis pas fatiguée, déclara la jeune femme dans un pur mensonge, en vérité elle mourrait d'envie d'aller dormir.

- Il faut que tu comprennes que tu ne le reverras plus, lança-t-il d'une voix sentencieuse. Plus vite tu auras intégré cela, plus vite tu pourras passer à autre chose. Après tout, qu'est-ce que l'amour ? Si ce n'est faire souffrir les autres.

- Comment peux-tu dire une chose pareille ? Comment peux-tu être aussi peu touché, aussi détaché ?..., demanda la blonde avec douleur.

- J'ai vécu bien plus longtemps que toi pour savoir que la vie ne nous réserve pas que de belles surprises, déclara-t-il d'une voix brisée.

Avant même qu'elle ne puisse dire quelque chose, le jeune homme sortit de la chambre et claqua la porte derrière lui, laissant Charlotte avec ses interrogations, plus nombreuses encore qu'auparavant.

- Tu prêches une convaincue, murmura-t-elle finalement à la porte close.

Et ce fut d'un sommeil sans rêve qu'elle s'endormit cette nuit-là.

Le lendemain, dès l'aube, ils quittèrent l'auberge pour rejoindre une forêt qui s'étendait un peu plus haut dans la vallée, à flanc de montagne. A mesure qu'ils avançaient la région devenait plus aride, les sentiers plus sinueux et plusieurs fois, la jeune femme manqua de glisser sur les cailloux qui recouvraient le chemin. Plus les heures passaient plus l'ascension devenait compliquée pour Charlotte, elle était en nage, le soleil cognant douloureusement sur sa nuque tandis que la sangle de son sac lui meurtrissait l'épaule. Comme de coutume, Calion ne semblait pas souffrir de la marche et encore moins de la chaleur, d'ailleurs il ne disait rien et ne lui adressa pas la parole de tout le voyage ce qui l'énerva au plus haut point. Toutefois elle se retint de lui faire une réflexion ou même de se plaindre, elle voulait prouver au Vélane qu'elle n'était pas une pleurnicheuse comme il l'avait sous-entendu la veille. Quand enfin il s'arrêta, elle avait la sensation que ses jambes allaient se dérober sous son poids.

- On va faire une pause, déclara-t-il en observant les alentours.

- Je peux encore continuer, lâcha la blonde dans un souffle, une main sur ses côtes où elle sentait poindre un point de côté.

Calion haussa les sourcils et la jeune femme vit qu'il se retenait de lui lancer une remarque, finalement il expliqua :

- Je voudrais être sûr de te ramener en bon état.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? lança-t-elle vivement, l'air courroucé et oubliant momentanément sa douleur.

- Simplement que ta mauvaise condition physique ne nous permet pas de reprendre la route actuellement.

- Ma condition physique ?! Si au moins tu m'avais dit qu'on devrait jouer les alpinistes aguerris ! Comme tu peux le voir, ajouta-t-elle en désignant ses baskets, je ne suis pas équipée pour ce genre d'exercice. Si tu me laissais utiliser ma baguette, je…

- J'ai dit : pas de magie, la coupa-t-il d'un ton sans équivoque.

- Et comment fais-tu toi, pour ne pas être épuisé ? continua cependant la jeune femme, faisant mine de ne pas l'avoir entendu.

- J'ai grande habitude de ce chemin, je suis comme qui dirait le messager de la Triade dans ce monde et cela depuis très longtemps et crois-moi, je n'ai pas rencontré d'humain plus pénible que toi ! Quoique, je me souviens il y a une trentaine d'années…

Charlotte recracha la gorgée d'eau qu'elle venait de boire et s'exclama :

- Comment ça, « une trentaine d'années » ?! Je croyais que nous avions le même âge ?!

Calion perdit la face un instant mais se reprit très vite, enfin il lâcha un rictus moqueur.

- Désolée de te l'apprendre petite fille mais notre peuple a des dispositions à la longévité plutôt étonnantes, en clair nous n'avons pas le même âge.

- Explique-toi, cingla la blonde qui en avait assez de le voir tourner autour du pot.

Elle le vit s'emparer de la gourde, boire une longue gorgée, prenant visiblement un malin plaisir à la faire attendre.

- J'ai quatre-vingt-trois ans, répondit-il finalement.

Charlotte ne put retenir une exclamation étranglée, manquant de glisser du rocher sur lequel elle s'était assise, elle fixa le blond s'attendant à ce qu'il éclate de rire à tout instant, s'exclamant qu'il lui avait fait une farce mais il demeurait figé, son éternel sourire énigmatique plaqué sur son visage.

- C'est impossible, à moins d'avoir usé de sortilège mais à ma connaissance il n'en existe pas de tel…

- Je ne te demande pas de me croire. Tu m'as posé la question, je te réponds et ça s'arrête là.

- Attends un peu, n'espère pas t'en sortir avec cette simple réponse. Je voudrais savoir… Est-ce que vous avez une sorte de pierre philosophale ou quelque chose du genre ?

- Je ne saurais t'en dire plus, cela fait partie de nous et c'est comme ça. Je ne suis pas le mieux placé pour te fournir des explications.

- O.k., c'est bizarre. C'est très bizarre… Mais, et moi ? Est-ce que…

- Ça suffit pour les questions, l'arrêta-t-il en se levant. Remettons-nous en route, tu t'es assez reposée.

Ils grimpèrent pendant une heure encore avant d'atteindre l'orée de la forêt, au loin les nuages s'amoncelaient dans le ciel signe qu'un orage allait bientôt éclater. Charlotte trouvait l'endroit peu accueillant mais elle n'eut d'autre choix que de suivre Calion qui s'était déjà avancé dans les sous-bois. Pendant un moment ils suivirent un sentier de terre mais plus ils s'enfonçaient dans la forêt plus la végétation se densifiait et peu à peu le chemin disparut complètement, la jeune femme sentait les ronces agripper son pantalon à chaque pas qu'elle faisait, plusieurs fois elle dut même s'arrêter pour se dépêtrer d'un enchevêtrement de branches qui s'était coincé dans ses lacets de chaussures. A mesure qu'ils avançaient les arbres semblaient plus grands et plus majestueux, laissant peu de lumière passer le toit que formait leurs feuillages, la blonde pouvait entendre le grondement lointain de l'orage au-dessus de leur tête mais ici, ils étaient à l'abri. Très vite elle remarqua autour des arbres centenaires, plantés à côtés des racines qui avaient parfois la taille d'un tronc, des drôles de rochers. Intriguée Charlotte s'en approcha et découvrit que ce qu'elle avait pris pour des pierres étaient en fait des petites statuettes grossièrement taillées dans le roc, et pour la plupart, recouvertes de lichen. Certaines affichaient des sourires, d'autres des mines plus solennelles mais toutes avaient, semblait-il, ce même regard vide.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle.

Calion tourna la tête dans sa direction puis, sans s'arrêter, répondit :

- Ce sont pour les esprits de la forêt.

La blonde haussa un sourcil peu convaincu.

- Ici, les gens sont très superstitieux, ils croient en la magie et aux esprits, expliqua-t-il. Ils viennent déposer ces petites statues en guise d'offrande, ce sont des espèces de totems qui leur apportent bonne fortune. Certains disent que si les yeux bougent c'est qu'un esprit y a élu domicile.

La jeune femme qui s'était accroupie au niveau de l'une d'entre elles se releva aussi rapidement que si elle avait été piquée, le Vélane lâcha un rictus moqueur et Charlotte lui lança un regard mauvais.

- Tu te crois drôle, sans doute ?

- Continuons, nous sommes bientôt arrivés, reprit-il, hilare, avant de contourner un buisson de ronces.

Ils marchèrent encore un long moment, petit à petit le feuillage au-dessus de leurs tête se clairsemait, signe qu'ils allaient bientôt quitter la forêt et en effet, quelques centaines de mètres plus loin ils débouchèrent sur une clairière dont l'extrémité se terminait en une falaise abrupte. De nouveau la jeune femme sentit le vent lui fouetter le visage, le ciel demeurait brumeux et était encore chargé de pluie, une odeur de terre humide flottait dans l'air. Avec le sentiment de se sentir ridiculement petite Charlotte admirait le panorama qui s'offrait à elle, une mer de rocs et de forêts perforaient les nuages de leurs sommets enneigés, les montagnes s'élevant encore et encore dans le ciel comme si rien ne pouvait les arrêter. Très loin, vers l'horizon, la jeune femme devina une rivière qui serpentait parmi les cols, rejoignant sans doute un fleuve plus bas dans la vallée. Enfin elle se tourna vers Calion qui se trouvait au bord du précipice, ses longs cheveux balayés par les rafales de vent, il regardait dans sa direction d'un air impatient. Bon gré mal gré la blonde s'arracha à sa contemplation et s'avança vers lui, ce ne fut qu'arrivée à son niveau qu'elle remarqua un pont de singe accroché à la falaise et qui semblait descendre dangereusement dans le ravin, dans la brume Charlotte ne distinguait même pas son extrémité.

- C'est par-là que nous descendons, déclara inutilement le Vélane.

La Française avisa l'amas de bois suspendu dans les airs par rien d'autre que des cordes rongées par les intempéries et se sentit tout à coup bien moins encline à continuer ce périple.

- Bon, tu avances ou tu comptes camper ici ? s'impatienta Calion qui était déjà presque arrivé à la moitié, sa voix faisant écho contre les parois des montagnes.

- Je n'ai pas du tout confiance en ce pont, avoua la jeune femme en évitant du mieux qu'elle pouvait de regarder dans le ravin.

- Très bien ! s'écria le jeune homme. Dans ce cas, reste là ! Cependant je dois te prévenir, il y a un troll ou deux qui se baladent de temps en temps dans ces montagnes.

- Je n'ai pas peur ! répliqua la blonde en haussant la voix. Simplement… Est-ce bien raisonnable de passer pa…

- Je peux t'assurer qu'il n'y a aucun danger, la coupa-t-il, visiblement agacé.

Avec un soupir résigné Charlotte posa le pied sur la première planche qui émit un craquement sinistre, elle sentit le pont tanguer sous son poids et dans un geste précipité elle agrippa les cordes de chaque côté. Devant elle Calion trottinait plus qu'il ne marchait, comme s'il faisait ça tous les jours.

- Est-ce que les moldus peuvent traverser ce pont ? demanda finalement la jeune femme, essayant de se concentrer sur autre chose que la peur lui nouant les entrailles.

- Non, répondit le Vélane par-dessus son épaule. Ils peuvent ni le voir ni le traverser, de plus cela relèverait véritablement de l'exploit s'ils arrivaient ne serait-ce qu'à atteindre cette partie de la forêt, ajouta-t-il en désignant quelque chose derrière elle mais Charlotte ne préférait pas se retourner, cependant elle comprit qu'il parlait de la clairière qu'ils venaient de quitter.

- Il y a un sortilège Repousse-Moldus ?

- Je ne saurais te dire, la seule chose dont je suis sûr c'est qu'il arrive malheur à tous ceux qui s'en sont approchés. Blessures, chutes… L'endroit repousse les moldus à sa manière.

- Et pour les trolls ?

- Je voulais être certain que tu ne te défiles pas, répondit-il avec un sourire en coin. Bien que je sois persuadé d'en avoir aperçu un il y a une dizaine d'années, à quelques kilomètres d'ici.

Tandis qu'ils continuaient de descendre la lumière du jour se faisait de plus en plus faible, la brume devenait au contraire plus intense et Charlotte pouvait sentir ses membres s'engourdir sous la violence des courants d'air glacé qui traversaient le ravin. Enfin la jeune femme atteignit le bout du pont, celui-ci débouchait sur une petite corniche à flanc de montagne où pouvait se tenir à peine plus de quelques personnes. En levant les yeux la blonde ne pouvait même plus apercevoir la falaise qu'ils venaient de descendre, le brouillard semblait encore s'intensifier.

- Entrons par-là, dit Calion en désignant une arcade taillée à même la roche.

La blonde ne l'avait pas vue tout de suite, en s'approchant elle découvrit des runes gravées tout autour, certaines lui rappelaient celles dessinées dans sa chair. Instinctivement elle posa une main sur sa poitrine et, comme si le tatouage réagissait à son geste, elle sentit une brève douleur.

- Tu viens ?

Charlotte baissa les yeux sur Calion, celui-ci avait une boule de lumière bleue qui lévitait dans la paume de sa main, projetant une lueur pâle sur son visage, enfin il avança dans la cavité et disparut. La jeune femme lui emboîta le pas et s'introduit à son tour dans la grotte, aussitôt une puissante odeur de moisissure la prit au nez. Devant elle, le Vélane descendait un escalier de pierre qui longeait la paroi, les marches, taillées à même la montagne, suintaient d'humidité et de l'autre côté s'étendait le vide, immense et sombre, un gouffre béant depuis lequel s'élevaient des bourrasques froides comme la mort. La blonde risqua un coup d'œil mais abandonna rapidement l'idée quand elle manqua de déraper sur les pierres glissantes.

- Bon sang…, marmonna-t-elle en se rattrapant maladroitement à la paroi rocheuse, son cœur battant la chamade dans sa poitrine.

- J'ai dit que je te voulais en un seul morceau alors tâche de faire attention, balança le jeune homme par-dessus son épaule, continuant sa descente.

Charlotte le fusilla du regard mais il ne fit pas attention à elle alors, tant bien que mal, elle descendit à son tour l'escalier. Et alors qu'ils s'enfonçaient davantage dans les entrailles de la Terre la blonde perçu, au loin, l'eau tomber en gouttes régulières quelque part dans une cavité. Elle écouta ce bruit un long moment jusqu'à ce qu'ils arrivent au pied des marches, en levant la tête la Française remarqua qu'ils se trouvaient maintenant dans une salle vaste comme une cathédrale, leurs pas se répercutant en écho contre les murs gigantesques. Autour d'eux plusieurs tunnels s'élevaient dans la pénombre si bien que la jeune femme avait l'impression d'être dans une fourmilière géante.
Calion s'engouffra dans l'un d'entre eux sans l'attendre, Charlotte dut presque courir pour le rattraper. Ils marchèrent le long d'un tunnel étroit pendant presque une heure, celui-ci déboucha finalement sur un petit ponton de bois, au-delà s'étendait une nouvelle fois le vide. Le blonde s'avança jusqu'au bord, là le jeune Vélane souffla sur la boule de lumière qui lévitait encore dans sa main et celle-ci se laissa tomber dans le gouffre, éclairant les parois de pierre qui n'en finissaient pas de descendre. Au bout de quelques secondes il ne restait plus qu'une faible clarté pour les éclairer. Charlotte se tourna vers Calion.

- Est-ce qu'on va…

Elle ne termina pas sa phrase et avec un frisson d'angoisse elle vit le Vélane acquiescer lentement.

- Est-ce que tu es prête ? demanda-t-il en s'approchant d'elle.

- Pas vraim…

Mais elle n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il se passait que déjà le jeune homme avait enroulé ses bras autour de sa taille et d'un geste vif il avait sauté dans le vide, l'emmenant avec lui. La blonde ouvrit la bouche pour crier mais aucun son n'en sortit, elle avait la désagréable impression d'avoir laissé sa voix là-haut, sur la corniche.
L'air lui sifflait aux oreilles, autour d'eux l'obscurité semblait les engloutir tout entier. Leur chute dura une éternité, Charlotte demeurait serrée dans les bras de Calion, ses bras enroulée avec violence autour de son cou, elle ne distinguait pas son visage mais elle pouvait aisément sentir son cœur battre dans sa poitrine, instinctivement elle ferma les yeux et attendit l'impact. La seconde suivante ils plongeaient dans une eau glacée, la blonde sentit chaque parcelle de son corps la brûler, elle lâcha un cri de douleur mais cela ne fit que pénétrer l'eau dans ses poumons. Dans l'eau noire elle se mit à paniquer, alors elle tenta de nager vers ce qu'elle pensait être la surface, essayant de chercher l'air libre, mais n'y parvint pas. L'eau continuait de s'infiltrer douloureusement dans ses poumons, elle sentait ses dernières forces la quitter quand quelque chose lui agrippa le bras et la tira avec force. La jeune femme se laissa porter par cette poigne invisible jusqu'à ce qu'elle perde connaissance.
On la laissa retomber sur un sol humide et froid, dans une toux étranglée elle recracha l'eau coincée dans sa gorge, sentant l'air s'engouffrer à nouveau dans ses poumons. Tremblante de la tête aux pieds, Charlotte distingua une faible clarté se refléter sur le sol devant elle. Elle tourna brusquement la tête et remarqua Calion, nonchalamment adossé aux parois de la grotte, la boule lumineuse flottant à quelques centimètres de son visage.

- T-Tu as voulu me tuer ou quoi ?! parvint-elle finalement à lâcher d'une voix aiguë.

- J'ignorais que tu ne savais pas nager, répondit-il simplement en se redressant.

- Je sais nager ! Simplement… simplement j-je… Laisse tomber…, bafouilla-t-elle en se relevant avec difficulté.

- C'est très bien, s'exclama le blond, puisque nous sommes arrivés.

Et tout en disant cela il réajusta la boucle de sa cape, il s'avança de quelques pas pour disparaître complètement.

- Qu'est-ce que… Calion ! appela alors Charlotte.

A son tour elle avança prudemment vers l'endroit où le Vélane avait disparu, très vite elle remarqua un pan de roche couvert par les mêmes runes qu'elle avait vues précédemment, à l'entrée de la grotte. Curieuse, la jeune femme s'en approcha et ce fut à ce moment qu'elle se sentit traverser une puissante barrière magique. Quand elle ouvrit de nouveau les yeux, la grotte avait disparu.
Devant elle s'étendait désormais une nature luxuriante et florissante, vallées et montagnes côtoyaient lacs et rivières dans un paysage idyllique. Au loin la jeune femme devina les contours d'une ville, plusieurs en réalité, si elle poussait son regard vers l'horizon. Une véritable civilisation semblait s'être créée dans cet immense espace sous la terre, comment cela pouvait être possible ? Elle n'en savait rien mais toutefois elle comprit qu'elle avait devant elle le peuple caché des Vélanes, la Triade.

- C'est magnifique…, s'entendit-elle souffler alors.

A côté d'elle, elle pouvait sentir Calion sourire. Sans vraiment comprendre pourquoi la jeune femme se mit à sourire à son tour, sentant un élan de sérénité l'envelopper avec douceur. Soudain elle sentit la main du jeune homme glisser dans la sienne, surprise elle tourna la tête vers lui.

- Maintenant nous pouvons utiliser la magie, déclara-t-il et avant même qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit ils avaient transplané.

L'instant suivant ils étaient perchés sur une corniche à flanc de montagne, en contrebas s'étendait des monuments en ruines, çà et là dormaient pierres et colonnes envahis par la végétation.

- Où sommes-nous ? demanda la blonde.

- Nous nous trouvons dans l'ancienne cité, je voulais que tu voies ça avant que l'on rejoigne la Triade. C'est mon endroit préféré, avoua le Vélane dans un murmure.

Les ruines de la vieille ville donnaient l'impression de dormir là depuis mille ans, elles étaient par endroit recouvertes par la nature qui, semblait-il, avait repris ses droits sur la civilisation. Encore une fois Charlotte reconnut certaines runes gravées sur les anciens édifices mais avant qu'elle n'en demande la signification à Calion son regard fut attiré par un éclat de lumière. A gauche s'étalait un immense lac aux eaux d'un bleu limpide sur lequel se reflétaient les rayons du soleil, en son centre trônaient monts et rochers de diverses tailles, souvent couverts de végétation comme si rien ne les avait empêchés de pousser là.

- Ces ruines datent de la Grande Révolte, la Déchirure, expliqua le blond tandis qu'elle acquiesçait doucement. Maintenant allons-y, nous sommes attendus, ajouta-t-il en faisant demi-tour.


- Co-comment est-ce possible ?... Comment avez-vous réussi à vivre de cette manière ? Je veux dire… rester caché, pendant des siècles !...

Apparemment Charlotte semblait avoir retrouvé l'usage de la parole et tandis qu'elle et Calion déambulaient dans les rues d'une ville beaucoup plus vivante que celle qu'ils avaient quittée quelques minutes plus tôt, elle ne pouvait s'empêcher de poser les questions qui lui brûlaient les lèvres tout en admirant la vie qui s'étalait autour d'eux.

- Grâce à la magie, notre magie, répondit simplement le jeune homme.

- Ça paraît incroyable… Être en plein air et pourtant sous la terre… C'est… c'est…

- Magique ?

- C'est complètement fou ! s'exclama la jeune femme en ignorant le regard réprobateur de Calion, plusieurs personnes se retournèrent sur eux.

- Pourtant votre ministère à Londres est également sous la terre, je ne vois pas en qu…

- Le ministère n'est qu'un bâtiment mais là on parle d'une population entière ! continua la blonde d'une voix forte, ayant bien du mal à dissimuler son enthousiasme.

- Tu devrais baisser d'un ton, les gens commencent à nous regarder de manière étrange. Viens, nous allons passer par ici, ajouta le jeune homme en lui agrippant le bras, la traînant derrière lui sans ménagement.

Ils débouchèrent dans une ruelle sombre et beaucoup moins fréquentée que l'artère principale.

- Qu'est-ce qui te prend ? questionna Charlotte en se massant le bras.

- Tu devrais te changer.

- Me changer ? Pourq… Mais il lui fourra une pile de vêtements dans les mains.

- Prends-ça, j'ai tout prévu et ne pose plus de questions.

La blonde grommela un instant puis fit en sorte d'enfiler les habits par-dessus son pantalon et son tee-shirt. Elle portait désormais une longue robe vaporeuse d'un gris perle qui se fermait grâce à une boucle en argent gravé, Calion insista pour qu'elle ajoute une cape par-dessus, d'un bleu pâle celle-ci retombait élégamment sur ses épaules.

- Maintenant tâche d'être discrète, il ne faut que l'on te remarque, dit-il tandis qu'il nouait les cordons de sa cape autour de son cou.

- Je ne vois pas en qu…

- Les humains ne sont pas tellement appréciés ici, la coupa-t-il alors qu'ils étaient de nouveau dans la rue principale. Normalement ils ne sont pas autorisés à pénétrer dans ce territoire.

- Je croyais que vous aviez noué des relations pacifiques avec les sorciers, s'étonna Charlotte, les sourcils froncés.

- Pour ne rien te cacher nous fréquentons peu ces populations, nous nous suffisons à nous-mêmes et… Il faut le dire, nous avons connu des guerres effroyables à cause de certains sorciers et de leur ego surdimensionné… Sans compter les moldus qui s'en sont mêlés.

- Je sais, je suis au courant, répondit précipitamment la jeune femme.

- C'est pour cette raison que nous préférons vivre en marge de la société moderne, notre magie nous suffit amplement à parer à toute la technologie que vous, les sorciers, avaient emprunté aux moldus, conclut-il.

La blonde acquiesça doucement et ils reprirent leur marche en silence. La grand-rue se terminait en plusieurs arcades, elles aussi couvertes de runes, qui débouchait sur une vaste esplanade de pierre claire, en face s'élevait un palais majestueux, ses tours et ses arcs se découpant dans le ciel bleu de l'après-midi.

- C'est ici que demeure le siège de la Triade, c'est elle qui régit ce territoire et qui surveille les Vélanes qui vivent dans le monde extérieur, expliqua Calion en désignant l'édifice.

- J'ignorais que vous aviez un souverain.

- Il faut bien qu'il y ait quelqu'un pour faire respecter nos lois, répondit-il avec un haussement d'épaule. Mais si tu préfères, ce rôle ne revient pas à une seule et unique personne, non… En réalité c'est tout un conseil qui se réunit pour débattre des problèmes que peuvent rencontrer les Vélanes d'ici et d'ailleurs.

D'un pas souple il commença à gravir les nombreuses marches qui les séparaient de l'entrée principale, Charlotte le suivit avec beaucoup moins d'entrain, son estomac se nouant sous la panique. Jamais elle n'avait été aussi près du but. Jamais elle n'avait été aussi près de connaître l'origine de sa malédiction.
Quand elle arriva en haut de l'escalier, Calion avait déjà passé les doubles portes de bois clair, elle s'avança à son tour et accueillit avec un frisson la fraîcheur qui régnait dans le hall. Elle se trouvait désormais dans une haute pièce circulaire dont le plafond se constituait en un dôme de verre dont les vitraux étaient un véritable nuancier de bleus, projetant une lumière colorée sur le sol damé. Un instant la jeune femme observa les rayons du soleil pénétrer dans l'espace et l'éclairer d'une lueur opaline jusqu'à ce qu'une voix la fasse sursauter. Elle releva la tête seulement pour voir Calion, un peu plus loin, discuter avec une jeune femme d'une grande beauté, les cheveux roux noués en une longue tresse qui descendait jusqu'à ses pieds, elle avait le teint clair et des yeux d'un verts très foncés.

- La Triade va te recevoir, Calion, déclara celle-ci. Va attendre dans l'antichambre jusqu'à ce qu'une audience te soit accordée.

La rousse ne lui accorda par un regard et fit demi-tour pour finalement disparaître derrière une porte. Le Vélane se tourna vers elle et lui adresse un sourire encourageant.

- Allez…, murmura-t-il.

Charlotte fit oui de la tête mais elle ne semblait pas véritablement comprendre ce qu'il se passait, le jeune homme la rejoignit et la poussa doucement pour qu'elle se décide à avancer. Ils traversèrent plusieurs pièces et gravirent un autre escalier mais la jeune femme ne prêta aucune attention à ce qu'il y avait autour d'elle, pétrifiée elle marchait mécaniquement, aidé de Calion qui continuait de la diriger. Enfin ils arrivèrent près d'une autre double-porte, celles-ci s'ouvrit à leur approche et une vive clarté en sortit, inondant le marbre au sol d'une lumière blanchâtre. Le Vélane s'engouffra le premier et la blonde n'eut d'autre choix que de le suivre, ils avaient pénétré dans une grande et longue pièce où, en son centre, trônait une table rectangulaire taillée dans la pierre. Autour d'elle il y avait plusieurs chaises, elles aussi en pierre, occupées par les haut-dignitaires de la Triade. Hommes et femmes de tous âges, tous et toutes d'une telle beauté et dégageant une telle prestance que Charlotte se sentit insignifiante à côté d'eux. Elle vit Calion baisser la tête dans une sorte de révérence et se sentit obligée de faire de même, bien qu'elle demeurait à demi-cachée dans l'ombre d'une colonne.

- Tu es en retard, dit alors une voix traînante. Nous t'attendons depuis des jours. Qu'est-ce qui t'a retenu ?

- La petite a montré pas mal de résistances les premiers temps, expliqua Calion, l'échine courbée. Où est…

- Elle t'attend, la coupa une autre voix, dans la salle des éphèbes. Vas-y avec elle et nous discuterons ensuite.

La Française sentit quelqu'un lui tirer un pan de sa cape, en relevant la tête elle reconnut le Vélane qui l'enjoignait désormais à la suivre. Dans une démarche maladroite Charlotte lui emboîta le pas et fit mine d'ignorer les personnes assise autour de la table. Elle ne pouvait s'empêcher de trouver l'endroit immense et avait la désagréable impression que plus elle avançait plus la pièce s'étirait comme si jamais elle n'arriverait à atteindre son extrémité. Tous les regards braqués sur elle, la blonde accéléra le pas et vint se placer à la hauteur de Calion. Celui-ci ouvrit la petite porte devant eux et pénétra à l'intérieur de la pièce.

- Je te l'ai amenée Rùmil, comme promis, entendit la jeune femme.

A son tour Charlotte avança doucement et avant même de franchir le seuil de la pièce elle se figea net en voyant la dénommée Rùmil, comment était-ce possible ? Ça ne pouvait… Ce n'était pas…

- Vous êtes… C'est…, bafouilla-t-elle d'une voix aiguë. …Grand-mère ?!...


Note de l'auteur : Voilà, voilà ! Un petit cliffhanger pour bien clore ce chapitre hé, hé ! Qui avait déjà deviné que Rùmil était en réalité sa grand-mère ?
Pour en revenir à ce chapitre, on ne peut pas dire qu'il se passe grand chose bien que l'on découvre un peu plus la personnalité de Calion qui, on l'aura compris, n'aime pas trop être embêté. En effet il est un peu soupe au lait ce garçon et Charlotte en est clairement agacée. Vous avez remarqué qu'on effleure vaguement son passé qui n'a pas l'air tout rose mais on en saura plus dans les prochain chapitres. Autre chose, on découvre en-fin la Triade qui est à la fois une civilisation mais aussi un conseil de commandement, que pensez-vous de tout ça ? Certes je n'ai pas beaucoup épilogué sur ces derniers points mais le chapitre étant déjà long je me suis dit que ce serait plus approprié d'en découvrir plus dans les prochains chapitres.
Enfin voilà pour ce chapitre, pas beaucoup de Charlie certes mais l'histoire est ainsi et, bien évidemment, vous le retrouverez dans le prochain que j'ai d'ailleurs hâte d'écrire et de poster.

A bientôt les amis ! ;)

Blond'sparkle