Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.
Un texte qui pourrait se situer vers le début de la série, avant la saison trois.
Avertissement : Je tiens à préciser que le véritable shérif de Grand Isle est un homme qui n'a rien à voir avec celui de mon texte. Après le décès de son épouse, qui tenait le poste de shérif, il a pris la suite ainsi qu'elle le souhaitait.
Les vacances idéales de Peter Burke
Chapitre 35)Lorsque le FBI s'en mêle, première partie
Loin de North Hero et du Vermont une journée de travail ordinaire avait débuté pour Clinton Jones et Diana Barrigan. Ils n'avaient pas eux la chance d'être en vacances et même s'ils n'étaient pas le moins du monde jaloux de Peter et de Neal, l'absence du duo était tout de même nettement remarquable.
Oui, comme Diana s'en faisait la réflexion chaque fois qu'elle poussait la porte de la division de lutte contre les crimes en col blanc, sans Peter Burke et Neal Caffrey les locaux du FBI semblaient bien plus paisibles.
Elle devait bien s'avouer qu'il lui tardait qu'ils reviennent.
L'air malicieux de Neal, la façon qu'il avait de titiller Peter pour le faire réagir, le sérieux de ce dernier, tout cela lui manquait de plus en plus.
Sans ces deux là ce n'était plus pareil, le service s'enfonçait dans une routine désagréable dont elle avait hâte de sortir.
Sans compter que pour l'heure le service était des plus calmes, aucune affaire vraiment passionnante à l'horizon, comme si même les criminels étaient en vacances.
Le printemps était humide cette année là, les averses se succédaient et cela ne faisait qu'ajouter à la morosité ambiante.
Diana qui n'avait rien d'autre à faire pour l'heure que de vérifier de vieux dossiers à la recherche d'un élément qui aurait pu leur échapper et qui serait en mesure de relancer une affaire. Ce n'était pas son activité favorite, mais elle n'avait pas d'autre choix.
De sa place elle avait une vue dégagée sur le bureau de Reese Hughes et elle vit soudain le visage de leur supérieur se figer alors qu'il écoutait une personne venant de le contacter par téléphone.
Diana ne pouvait pas entendre ce qui se disait dans le bureau, mais si elle en jugeait d'après l'air de plus en plus contrarié de Reese ce qu'il était en train d'apprendre ne lui plaisait pas du tout.
Effectivement, lorsqu'il avait été informé qu'un shérif du Vermont voulait lui parler Reese Hughes avait tout d'abord été intrigué.
Il savait bien entendu que son meilleur agent et le consultant de ce dernier se trouvaient dans cette région en compagnie de l'épouse du premier, mais il ne pensait pas que cet appel puisse avoir le moindre rapport avec eux.
Il savait qu'il pouvait avoir toute confiance en Peter Burke et que ce dernier était tout à fait à même de garder Neal Caffrey sous contrôle.
Ce fut donc une totale surprise mêlée d'incompréhension qu'il ressentit lorsque le shérif en question lui affirma qu'il venait de procéder à l'arrestation d'un individu prétendant être un agent du FBI rattaché à son service, que l'individu en question avait fait son possible pour sortir de cellule un individu suspecté d'avoir participé à un braquage meurtrier, que des policiers avaient arrêtés sur la base des descriptions faites par des témoins du crime. L'individu arrêté portait un traceur à la cheville, ce qui l'avait rendu plus suspect encore aux yeux du shérif et de ses hommes. Une femme qui accompagnait le soi disant agent du FBI avait elle aussi été arrêtée et mise en détention. Le shérif soupçonnait celui qui prétendait être un agent d'être soi un imposteur, soit un agent corrompu tentant d'aider un criminel en fuite à gagner le Canada. Il requérait l'aide de Reese pour tirer cette affaire au clair et procéder au rapatriement des suspects vers New-York.
Reese assura le shérif qu'il allait immédiatement envoyer des hommes à lui afin d'éclaircir tout cela et raccrocha fermement.
Il n'avait pas compris grand chose aux explications confuses du shérif, mais il était cependant certain d'une chose, les Burke et Neal Caffrey étaient en mauvaise posture, s'il s'agissait bien d'eux et il était urgent de les tirer de ce mauvais pas.
Il fit courir son regard sur la grande salle s'étendant en contrebas de son bureau et l'arrêta sur la jeune femme qui venait de baisser la tête pour éviter d'être prise en flagrant délit de curiosité.
Un sourire satisfait se posa sur les lèvres de Reese.
Il venait de trouver la première des personnes qu'il allait envoyer dans le Vermont. La seconde allait de soit.
Se levant il gagna la porte et l'ouvrit.
- Jones ! Barrigan ! Dans mon bureau immédiatement ! Lança t'il.
Les deux interpellés se hâtèrent d'obéir.
- J'ai une mission pour vous, qui va vous demander de la discrétion. Je viens de recevoir l'appel d'un shérif du Vermont qui affirme avoir arrêté un trio de personnes suspectes. D'après lui un agent, ou quelqu'un qui se prétend tel essaierait d'aider un criminel en fuite à gagner le Canada. Le shérif m'a demandé d'enquêter sur cette affaire. Bien que cela n'ait rien à voir avec nos services j'ai un mauvais pressentiment et j'aimerai que vous alliez voir ce qu'il en est.
Il écrivit l'adresse fournie par le shérif et tendit le papier à Clinton Jones.
- Comment devons nous nous y rendre ? Questionna le jeune homme.
Il était un peu surpris par la demande de leur supérieur, mais si Reese Hughes leur ordonnait de se rendre dans le Vermont c'était sans nul doute parce qu'il avait de très bonnes raisons pour cela.
- Considérant l'urgence de la situation, je préférerai que vous preniez l'avion. Plus vite vous serez là bas mieux cela vaudra. Répondit Reese.
Il ne précisa pas qu'il était plus que probable que ce soient les Burke et Neal qui se retrouvaient en mauvaise posture, il savait les deux agents à qui il faisait appel tout à fait à même de réfléchir par eux même et de le réaliser avant même d'avoir atteint l'aéroport de départ.
Diana et Clinton ne perdirent pas de temps à poser de questions, ni même à repasser chez eux afin d'y prendre des affaires. La mission était urgente et ils n'avaient pas de temps à perdre.
Trois heures plus tard ils étaient installés côte à côte dans un appareil de la compagnie JetBlue à destination de Burlington. Ils avaient prévenu Reese Hughes avant d'embarquer et ce dernier leur avait assuré qu'il ferait son possible pour qu'un représentant du shérif soit à les attendre lorsqu'ils descendraient de l'avion.
Moins d'une heure et demie après le décollage leur appareil se posait sans encombre sur le tarmac de Burlington.
Diana et Clinton avaient passé le vol à discuter de ce qu'il conviendrait de faire une fois au bureau du shérif.
Ils étaient tous deux fort perplexes quand à cette affaire d'agent, qu'il soit réel ou non, aidant un criminel à gagner le Canada.
Comme l'avait dit Reese Hughes un jeune agent du bureau du shérif les attendait dans l'aéroport, portant un panneau de carton sur lequel était marqué FBI en grosses lettres noires.
Clinton et Diana échangèrent un regard atterré. Ils auraient, et de loin, préféré un accueil plus discret. Le jeune homme brun et mince qui devait les prendre en charge partageait visiblement leur avis car son visage exprimait beaucoup d'embarras. Il n'était pas à la fête, de nombreuses personnes circulaient dans le hall d'arrivée et plus d'un l'observa d'un air surpris ou curieux.
Pour mettre un terme à son calvaire et éviter d'attirer plus que nécessaire l'attention sur eux Diana et Clinton se dépêchèrent de le rejoindre et de se présenter.
Le jeune homme se débarrassa avec une joie visible de l'encombrant panneau et se présenta en retour.
- Tyler Salmon, enchanté de faire votre connaissance. Navré pour le panneau, le shérif Emerson m'a donné l'ordre de m'en munir. Comme nous ignorions vos noms et à quoi vous ressembliez. Dit il d'une voix qui inspirait confiance. Elle était ferme, ce qui laissait deviner qu'il était plus solide que son apparente nervosité ne le laissait entendre.
- Vous pourriez nous en dire un peu plus sur ce qui motive notre venue ici ? Nous n'avons pas eu beaucoup de détails. Glissa Diana tout en lui emboîta le pas.
- Ce n'est pas une affaire facile. Répondit l'agent Salmon en s'assombrissant. Voilà quelques heures une banque de North Hero a été victime d'un braquage qui s'est fini dans le sang, les criminels ont pu s'enfuir, d'après les témoins l'un d'entre eux a été blessé par balle. Au cours des recherches un homme au torse bandé a été arrêté et mené dans les locaux du shérif où il a été incarcéré. Deux personnes qui avaient été enfermées toute une nuit par les criminels en fuite sont venus faire leur déposition. Ils affirmaient qu'un ami à eux avait disparu. L'homme a très vite prétendu que celui qui avait été arrêté était leur ami disparu. Le shérif n'aime pas perdre la face, ayant constaté que la personne arrêtée portait un traceur à la cheville il a jugé bon d'également enfermer le couple et de prévenir le FBI puisque l'un des trois affirmait être de vos services.
Clinton cessa immédiatement de marcher, tout devenait clair pour lui aussi bien que pour Diana et ils n'aimaient ni l'un ni l'autre ce qu'ils venaient de comprendre.
Pas étonnant que Reese Hughes les ait expédiés à Burlington toutes affaires cessantes, ce n'était pas du tout une affaire d'usurpation d'identité comme ils l'avaient cru en premier lieu, c'était bien plus grave.
Diana lui fit discrètement signe de recommencer à avancer, ce qu'il fit, les sourcils froncés et le visage désormais sombre.
Si ce qu'ils venaient de réaliser était exact, si c'étaient vraiment les Burke et Neal Caffrey qui se trouvaient dans les cellules du bureau du shérif cela allait mettre une sacrée pagaille. Il n'aimerait vraiment pas être à la place de ceux qui devraient payer le prix de cette erreur.
Diana observa le visage ouvert et sérieux de l'agent Salmon. Le jeune policier n'avait pas trente ans, il était clair qu'il n'aimait guère le rôle qu'on lui faisait jouer et qu'il n'était pas vraiment à l'aise.
Elle décida d'en apprendre plus à son sujet.
- Et quelle est votre opinion sur les gens qui ont été arrêtés ? Demanda t'elle.
Tyler Salmon lui adressa un regard prudent et ne répondit pas immédiatement, pesant le pour et le contre avant de le faire, ce qu'elle apprécia.
- Je crois qu'ils disent la vérité, qu'ils ne sont que des touristes en vacances et que cela va mal se terminer pour nos services. Répondit il finalement d'un ton préoccupé.
Diana hocha la tête, satisfaite par la réponse. Elle était désormais certaine que l'agent Salmon était un homme bien, qui disait ce qu'il pensait sans pour autant se permettre de dénigrer autrui. C'était un comportement qu'elle aimait et elle était contente de voir qu'il y aurait au moins un agent local en mesure de leur prêter main forte si le besoin s'en faisait sentir.
Il était heureusement peu probable que les choses aillent jusqu'à l'affrontement entre le FBI et le bureau du shérif. Reese Hughes s'était porté garant d'eux, il avait sans doute envoyé une copie succincte de leurs dossiers au shérif afin qu'il n'y ait aucun doute sur leurs identités, comme il le ferait pour Peter une fois qu'il aurait eu confirmation de sa présence dans les cellules du shérif. Il n'était pas encore 14 heures, avec un peu de chances Clinton et elle auraient tiré tout cela au clair avant le soir.
Clinton pensait la même chose et espérait qu'ils pourraient prendre le vol du soir qui leur permettrait de rentrer chez eux avant le lendemain. Dans le cas contraire ils seraient dans l'obligation de passer la nuit sur place.
Cela n'était pas vraiment pour déplaire à Diana. Tant qu'à avoir fait le déplacement jusque dans le Vermont autant en profiter un peu d'après elle. Elle était décidée à convaincre Clinton qu'il valait mieux qu'ils se reposent un peu avant de rentrer. Si toute fois elle en avait l'opportunité. Elle ne se voyait pas le faire devant le shérif et ses hommes.
A suivre
