Wargate : Frustré ? oh, pauvre de toi ;-)
Mary Cooper : ca le rend un peu nerveux Harry pour le coup !
Lunenoire : tu crois ?
Remus James Lupin : merci beaucoup.
Philippe Gryffondor : merci, c'est pas grave. Voici donc la suite
LeDjiNn : plutôt raide, en effet le nouveau monde côté sorcier...
Ryan : merci pour l'auteur
Ajira : scuse. j'ai bégayé du doigt. donc puisque tu n'auras sans doute pas pu me lire de la semaine, j'espère qu'elle aura été bonne.
Merci également à tous ceux que je ne cite pas ici, et qui ont permis à cette fiction de passer la barre des 200 reviews.
smndi
Quand lui et Ginny sortirent tous les deux de l'infirmerie, ils étaient encore un peu branlants. Harry recommença à courir, mais il ne refit pas aussi bien que ce qu'il était habitué à faire tout de suite. Il travailla aussi sa forme d'animagus, mais il la tenait pendant seulement la moitié du temps d'avant son accident de Quidditch. (Il pouvait complètement se transformer maintenant, jusqu'aux ailes du griffon). La bonne chose du jour où il s'était cassé les jambes était qu'il avait gagné le match et laissé Pouffsouffle sur un score vierge. Cela aidait à équilibrer la défaite qu'il avait causé contre Serdaigle. Il s'était aussi entraîné au blocage de la douleur avec Draco avant le match, mais maintenant qu'il était en-dehors de l'infirmerie, il n'était pas d'humeur à ressentir de sort de Passus de façon répétée dans l'immédiat.
Harry avait pensé au gros sujet concernant les sorcières et les sorciers nés de moldus tandis qu'il était allongé dans l'infirmerie, et il avait une proposition à faire à Draco, sa sœur et Ginny. Étant donné que cela impliquait Ron et Charlie, il était particulièrement soucieux de la réaction de Ginny. C'était par sa faute que le nés de moldus étaient exclus du monde de la sorcellerie. Jusqu'à ce qu'il puisse trouver un moyen de tout rechanger, le moins qu'il pouvait faire était de rectifier quelques unes des horribles choses qui s'étaient produites parce qu'il avait sauvé la vie de sa mère.
Il souhaitait se souvenir des noms de plus de nés de moldus de son autre vie. Quand il regardait Annika et Zoey rendre visite à Ginny à l'infirmerie le second jour où il y était, il avait pensé à une de plus : Ruth Pelta. Elle aurait dû être dans l'année de Ginny, et ses parents étaient rabbins tous les deux. Puis il y avait les frères Creevey, Colin et Denis, qui auraient dû être en cinquième et en quatrième année. Quand Percy avait rendu visite à Ginny avec Bill et les jumeaux, il avait aussi pensé à Pénélope Deauclaire, qui n'avait jamais rencontré Percy Weasley dans cette vie (et qui, probablement, ne s'était pas suicidée).
En fait, il réalisa que toute la famille de Pénélope devait bien aller, y compris son petit frère, Jeremy, qui aurait dû être en première année à Poudlard. Ainsi, Jeremy Deauclaire était un autre sorcier né de moldus… Oh, attends pensa-t-il. Jeremy aurait été conçu après la mort de mon père. Il n'existait probablement pas dans ce monde. Mais si Pénélope avait d'autres frères et sœurs plus jeunes, étant donné que deux d'entre eux étaient magiques dans son autre vie, il y avait de bonnes chances pour que les autres enfants des Deauclaire soient aussi magiques. Les deux frères Creevey l'étaient. Bien sûr, sa mère et sa tante ne l'étaient pas toutes les deux, alors cela ne marchait pas toujours ainsi…
Il écrivit à Maggie avec ces noms, lui demandant si elle pouvait d'une façon ou d'une autre les retrouver. Il pensa que ce ne serait pas trop difficile de trouver Ruth, si Maggie appelait juste les synagogues à la recherche des Rabbins Pelta. Ce n'était probablement pas un nom répandu en Angleterre, et les synagogues n'étaient pas aussi répandues que les églises (elle pouvait aussi immédiatement rayer toutes celles qui n'autorisaient pas les femmes à être rabbin). Il ne savait rien d'utile sur les Creevey ou les Deauclaire, contrairement à la façon qu'il avait eu de savoir que Justin serait probablement à Eton, que les parents d'Alicia élevaient des chevaux et que Dean supportait l'équipe de football de West Ham dans son autre vie. Oh, bien, pensa-t-il. Nous verrons ce qui est possible…
Harry fut autorisé à quitter l'infirmerie le lendemain de l'arrivée de Stuart. Ginny fut finalement libérée un jour plus tard, à la condition qu'elle revienne une fois par jour pour prendre une potion contre la douleur, si elle en avait besoin, et pour être surveillée pendant une demi-heure. Harry demanda à Draco, Ginny et Jamie de le retrouver dans l'antichambre le samedi matin suivant le match de Quidditch. Quand il arriva, ils l'écoutèrent avec apathie. Il leur faisait manquer la joie de glisser sur le lac, des combats de boules de neige enchantées, et de la luge. Heureusement, la potion contre la douleur de Ginny lui permettait de pratiquer de telles activités. La première neige était arrivée deux jours plus tôt, et toute l'école était sortie du château après le petit déjeuner le premier samedi étant donné que les pelouses étaient couvertes de blanc. Il y avait eu une chute de neige fraîche pendant la nuit aussi, recouvrant toutes les empreintes entre le château et les serres. Harry avait été forcé de reprendre ses courses à l'intérieur de la grande salle.
Il savait qu'ils étaient impatients, alors il essaya d'aller vite. Après avoir énoncé son plan, il réalisa qu'il était allé trop vite, il ne les avait pas correctement préparé. Ils le fixaient, dénués d'expression.
« Une grève générale ? » dit Draco incrédule. « Où vas-tu chercher des mots comme ceux-là ? »
« Bien, c'est une chose moldue, mais je pense que cela peut marcher ! Si nous sommes soudés et unanimes ! »
« Alors, » dit-elle lentement « tous les élèves… »
« et les professeurs. »
« … tous les professeurs et tous les élèves doivent être d'accord pour qu'il n'y ait pas classe jusqu'à ce que le bureau des gouverneurs résigné. »
« Résilie. »
« … le bannissement des élèves nés de moldus ? »
Harry rayonnait. « L'école s'arrêtera. J'aimerais voir si nous pouvons aussi impliquer les gens à Pré-au-Lard. Une grève générale paralyserait la ville. Toutes les boutiques fermées. »
Draco fit la tête. « Pourquoi ferait-ils cela ? Ils doivent bien vivre. »
« Parce que le bannissement n'est pas juste ! Il a causé la pénurie de main d'œuvre, il a autorisé les mages noirs à prendre possession du gouvernement. Les gens qui courent pour surveiller les nés de moldus sont débordés et toutes sortes de magies sont probablement vue par les moldus. Je parie que ces sorts de mémoires ne sont pas fait avant que personne n'ait quitté la scène d'un incident de magie accidentelle. Quelques gens ont bien dû passer par les fentes. Le ministère ne semble pas être conscient de toute la magie accidentelle qu'a pu faire Maggie au fil des ans. »
« Mais » dit Ginny, hésitante, « pourquoi as tu besoin que Ron et Charlie mènent la grève générale ? Pourquoi ne le fais-tu pas toi-même ? »
Harry se renfrogna. « Je suis un Serpentard. Je suis le dernier que le reste de l'école suivrait. Nous avons besoin que Ron soit le visage public de notre campagne. C'est le capitaine de l'équipe de Quidditch de Griffondor, c'est lui qui a le plus de chances d'être élu préfet en chef l'an prochain… » il essaya d'ignorer le grognement de colère de Draco « …et toi, Ron, et le reste de ta famille, avez récemment été réunis à une sœur qui a passé toute sa vie comme une moldue. Pense à comment cela a été pour elle ! Ne pas savoir pourquoi des choses étranges se passaient autour d'elle, ne pas être prise à Poudlard. Est-ce juste, ce qui lui est arrivé ? Pense à chacun et à chacune des nés de moldus qui vivent la même chose. Est-ce plus juste pour eux ? Ils n'ont pas été kidnappés, mais bon : on leur refuse leur héritage magique. Ils sont exclus à cause de leur naissance, et ceux d'entre nous qui vivent dans le monde de la sorcellerie souffrent aussi de cela. »
« Mais » , s'étrangla Draco, « pourquoi est-ce que la grève générale doit inclure le Quidditch ? »
Harry sourit. « Parce que c'est quelque chose qui va vraiment les frapper où cela fait mal. Pas d'entraînement de Quidditch du tout. Rien. Sais-tu combien de parents, spécialement des membres du bureau, reviennent à Poudlard pour les matchs de Quidditch, afin de supporter leur maison ? Ce sont des tickets qu'ils achètent pour le train pour Pré-au-Lard, s'ils ne transplanent pas ou n'utilisent pas de poudre de cheminette, et des rafraîchissements qu'ils achètent dans le train ou à Pré-au-Lard… »
« Mais si tous les commerces de Pré-au-Lard ferment, ils n'auront de toutes façon aucun endroit où acheter à manger. »
Jamie roula ses yeux. « Ils pourraient juste prendre des paniers pique-nique. Plein de gens le font. Ecoute, Harry, cela va simplement faire du tort aux gens de Pré-au-Lard… »
Il céda à contrecœur. « OK, OK. Nous ne demanderons pas aux commerces de Pré-au-Lard de fermer, pas tout de suite. Mais si nous leur enlevons le trafic des matchs de Quidditch, ils verront quand même une différence. Cela va faire un autre groupe de personne demandant au bureau de changer de politique. Et je sais que de nombreux membres du bureau sont propriétaires ou actionnaires de commerces à Pré-au-Lard… »
Draco avait l'air exaspéré. « Et s'ils nous expulsent simplement et virent les professeurs qui sont impliqués ? »
« Il y a déjà une pénurie de main d'œuvre. Ils ne peuvent pas se permettre de faire cela. S'ils commencent à expulser les élèves dont les voix sont contradictoires, ces gens ne pourront rien faire à la pénurie de main d'œuvre quand ils auront fini l'école. »
« Et si, » dit doucement Jamie « ils envoient des détraqueurs ? »
Harry serra les dents et regarda les trois autres. « Je peux m'occuper des détraqueurs. » dit-il, butté, mais il sentait une boule froide familière dans le creux de son estomac comme il disait cela. Il avait un patronus de classe mondiale, se rappela-t-il. Qu'ils envoient les détraqueurs…
« Je continue à penser que tu es celui qui devrait en prendre la tête. » dit Ginny. Il ne savait pas si c'était parce qu'elle voulait lui donner du crédit si cela se passait bien, ou parce qu'elle voulait protéger Ron et Charlie si cela tournait mal.
« Tu connais l'autre raison pour laquelle Draco et moi ne pouvons pas être associés à cela. » dit-il doucement. Elle acquiesça. L'initiation n'était plus très loin maintenant. A seulement une quinzaine de jours. Harry essaya de ne pas s'étendre là-dessus, mais c'était difficile quand il était allongé la nuit dans son lit et qu'il revoyait dans sa tête le Draco de l'autre vie recevoir la Marque des Ténèbres… Si lui et Draco devenaient espions, ils ne pouvaient pas être connus publiquement pour avoir mené la grève générale.
« Alors, tu vas leur dire ? » demanda-t-il à Ginny. Elle se renfrogna.
« Je pense encore que cela devrait venir de toi. Je serai avec toi… Charlie est ton ami. Parle-lui en premier, convainc-le. Puis nous dirons à Ron que Charlie marche… »
« Non. Nous devrions le demander aux deux à la fois. » dit-il fermement, venant juste de décider cela. Il avait la gorge serrée. S'il vous plait, faites qu'ils soient d'accord….
Il décida qu'ils avaient assez parlé, et qu'ils pouvaient rejoindre le reste de l'école dehors. Il essaya d'être insouciant, jetant des boules de neiges à Draco et à Jamie (mais manquant tout le temps Ginny à dessein). Ils rencontrèrent Ron, Neville et Seamus et se battirent contre eux, Ginny se tenant près de Ron derrière un banc de neige, bombardant Harry avec des boules de neiges jusqu'à ce qu'il tombe au sol, mettant en scène une mort élaborée avec une bonne dose de mauvais jeu d'acteur. Ron riait vraiment à cela. Harry se rassit et lui sourit. En espérant qu'il serait d'accord pour s'impliquer dans la grève générale, pour être le leader public du mouvement. Avec de la chance, cela marcherait et le bannissement serait levé.
Il allait rencontrer Charlie et Ron dans le bureau de Charlie le dimanche, après le déjeuner. Ginny et Jamie viendraient… mais pas Draco. (Harry avait besoin que Ron le dissocie temporairement de Draco.) Si Ron et Charlie acceptaient, la grève générale pourrait être organisée pour le début du nouveau trimestre. Pendant les vacances de Noël, ils enverraient une lettre au bureau des gouverneurs demandant à ce que le bannissement soit levé, et menaçant d'une grève générale. S'ils n'étaient pas d'accord avec la demande de la lettre, au lieu que le nouveau trimestre commence le deux janvier, toute la population de l'école se réunirait devant le château, sur les pelouses, pour protester contre cette politique.
C'est ce qui aurait dû arriver quand cela a été proposé pour la première fois pensa Harry. Au lieu de cela, tout le monde l'a pris à la légère, et a laissé le monde de la sorcellerie tourner au cauchemar…
Penser à organiser la grève générale l'aidait quelque peu à divertir son esprit de l'initiation imminente (quand il était occupé, au lieu d'être allongé à ruminer). Il se demanda à quel point elle reproduirait l'initiation qu'il avait vue dans son autre vie. Il pensa à Draco Malfoy lançant le sort de Hara Kiri sur Karkaroff avant que Voldemort ne le tue… Peut-être que pour leur entraînement à la gestion de la douleur, ils devraient essayer de se lancer ce sort l'un sur l'autre, et essayer de dominer la douleur. Il n'aimait pas l'idée de lancer ce sort sur son meilleur ami, mais s'il était forcé de faire quelque chose de 'diabolique' pour son initiation, il utiliserait ce sort plutôt qu'un sort illégal.
Harry ne put pas manger au petit déjeuner et au déjeuner du dimanche. Tout ce qu'il essayait de faire descendre restait coincé dans sa gorge. C'est cela, pensa-t-il. Nous commençons à mettre la machine en marche. Nous allons essayer de changer le monde de la sorcellerie vers ce qu'il aurait dû être.
Lui et Jamie rencontrèrent Ginny et Ron sur leur route vers le bureau de Charlie après déjeuner. Ron parlait à sa sœur, comme ils grimpaient les escaliers. « Qu'est-ce qu'il y a Ginny ? Tu sais pourquoi Charlie a dit qu'il voulait me voir dans son bureau ? Il doit m'avoir confondu avec quelqu'un qui suit son cours… Oh, bonjour. » ajouta-t-il brillamment, voyant Jamie. Elle lui dégaina un sourire fabuleux, ses yeux scintillant.
« Bonjour. Nous montons aussi au bureau de Charlie » dit-elle joyeusement, sans aucune autre explication. Il eut l'air content de cela, lui souriant, et Harry dut essayer très fort de ne pas rouler des yeux. Ginny vit son expression et elle lui fit de gros yeux et secoua sa tête quand Ron ne la regarda pas. Harry haussa les épaules et continua à monter les escaliers. Maintenant que Jamie avait presque quinze ans, Draco n'était clairement pas le seul garçon dont il avait à se soucier.
La porte du bureau de Charlie était ouverte. Il avait allumé un feu réconfortant dans la cheminée et était allongé sur le tapis élimé, caressant son chaton noir et soyeux, Wronski (du nom de son attrapeur favori). Il les salua tous les quatre avec effusion, mais il ne se leva pas. Harry ne connaissait aucun autre adulte qui s'asseyait régulièrement sur le sol. Cette absence de conscience de soi était une autre chose que Harry appréciait chez Charlie. Mais rejoindrait-il la grève générale ?
Jamie et Ginny se mirent à genoux pour caresser Wronski, le couvant et le faisant ronronner. Harry et Ron prirent place dans les confortables fauteuils placés face au feu, chacun regardant la sœur de l'autre avec Charlie et le chaton. Harry leva les yeux vers le visage de Ron, content que Ron n'ait pas semblé remarquer comment il regardait Ginny. Maintenant, si seulement il ne regardait pas Jamie comme cela…
« Alors ! » dit Charlie depuis le sol. « Qu'y a-t-il Harry ? » Harry essaya de sourire à son professeur et ami, qui le regardait d'un air si sincère. On aurait dit qu'il était la personne la plus jeune de la pièce, pensa Harry, au lieu de la plus âgée. Une des seules fois où Harry l'avait vraiment vu faire son âge (plus vieux, en vérité) avait été quand Charlie avait appris que Maggie avait été retrouvée, et il avait clairement revécu le désespoir qu'il avait ressenti à treize ans, quand il s'était convaincu que c'était de sa faute si les filles avaient disparu.
Ron le regardait suspicieusement maintenant. Il lui semblait réaliser que ce n'était pas Charlie qui avait suggéré ce rassemblement. Harry sortit sa baguette et la pointa vers la porte. Elle se ferma et la verrouilla. « Je ne veux pas que d'autres puissent entendre cela. Je vais proposer quelque chose d'assez… heu.. sujet à controverse. »
Maintenant, les deux frères Weasley fronçaient leurs sourcils. L'air de famille était étrange. Ginny se releva « Laisse-moi dire quelque chose d'abord. Jamie m'a donné son sentiment et celui de Harry sur… sur la raison pour laquelle nous sommes tous ici. Ils ont de bonnes raisons de se sentir comme cela. Je leur ai suggéré de vous en parler à vous deux parce que… bien, je sais comment vous vous sentez d'avoir retrouvé Maggie. A quel point c'est terrible qu'elle ait été séparée de sa famille pendant tant d'années, qu'elle n'ait jamais su qui elle était, ni ce qu'elle était… »
« De quoi parles-tu ? » voulut savoir Ron, se rebiffant.
Harry le regarda, évaluateur. « J'ai une proposition à vous faire, à vous deux. Je veux organiser ce qui correspond à une rébellion. Mais je suis la dernière personne au monde qui pourrait la mener. Nous avons besoin d'un leader pour les enseignants, et d'un leader pour les élèves. Tous les élèves et tous les professeurs devront soutenir cela, ou cela ne marchera pas. Je sais qu'ils ne suivront pas un Serpentard. » Il désigna Ron de la tête « Mais ils te suivront toi. Tu es capitaine de l'équipe de Quidditch de Griffondor. Tu es préfet. Il y a de grandes chances que tu sois préfet en chef l'an prochain. Et toi, » dit-il, en faisant signe de la tête à Charlie « tu es le professeur le plus populaire de l'école. En fait, j'irai jusqu'à dire que si vous deux dites non, rien ne va se passer. Vous pouvez le faire, ou vous pouvez le briser. » Il était bien conscient du pouvoir qu'il leur donnait en disant cela, et il espérait qu'ils le prendraient dans le bon sens, comme un signe de confiance.
Charlie et Ron se regardèrent, perplexes. Finalement, Charlie regarda Harry et dit calmement. « Qu'est-ce que cette rébellion ? »
Harry prit une grande inspiration. « Nous allons envoyer une lettre au bureau des gouverneurs de Poudlard demandant qu'il lève le bannissement des élèves nés de moldus. »
Ron et Charlie se regardèrent, puis regardèrent Harry. « C'est tout ? » dit Ron, riant pour écarter l'idée. « Une lettre ? Tu veux écrire une lettre pour leur faire lever le bannissement ? Notre père est au conseil, et je ne pense pas qu'il soit intéressé à faire cela. Et s'il ne le veut pas… »
« Je ne m'attends pas à ce qu'ils acceptent simplement. La lettre est plus une formalité. C'est pour qu'ils ne puissent pas dire que nous ne les avons pas avertis. Je m'attends complètement à ce qu'ils ignorent la lettre. Ce n'est pas pour cela que nous avons besoin de vous. »
Ron s'assit au fond de son fauteuil, sceptique. « Pour quoi alors ? »
Harry se pencha en avant. « S'ils ne font pas ce que nous leur demandons, … et ils ne le feront pas… Nous organiserons une grève générale. »
« Une quoi ? » s'exclamèrent Ron et Charlie d'une même voix. Harry le leur expliqua.
« En janvier ? » continua Ron. « Rester dehors sur les pelouses du château en janvier ? »
Ginny leva les mains au ciel. « Qu'est-ce que tu trouves à redire, Ron ? Le fait que nous soyons des sorciers et des sorcières et que nous puissions faire du feu sans bois pour pouvoir nous tenir chaud, ou le fait que nous puissions monter des tentes sur la pelouse qui sont aussi confortables qu'un trois pièces à l'intérieur ? »
« Bien, déjà une chose, je m'oppose à quiconque proteste contre une politique que notre père a soutenue… »
Ginny s'accroupit à côté de son fauteuil et le regarda. « Je ne crois pas que papa ait fait cela de plein gré. Il a dit que c'était pour protéger les nés de moldus des attaques de Mangemorts, mais je l'ai entendu dire des choses au fil des ans… »
« Comme quoi ? »
Elle prit une grande inspiration « Je ne pense pas qu'il l'ait fait pour les protéger. Je pense qu'il l'a fait pour nous protéger. Sa famille. Il a subit des pressions pour soutenir cette politique, j'en suis assez certaine. » Harry était surpris. Elle ne lui avait pas mentionné cela. « Pense à tous ces gens, comme Maggie, qui n'ont aucune idée que ce sont des sorciers et des sorcières. Pense à combien les choses seraient différentes s'ils étaient dans le monde de la sorcellerie ! Il y a eu plus d'une centaine d'élèves qui ne sont pas allés à Poudlard depuis le moment où le bannissement a été instauré. Et cela pour ne rien dire des nés de moldus qui ont été tués par les Mangemorts ou qui ont quitté le monde de la sorcellerie et se sont cachés pour se protéger… »
« Aha ! » dit Ron, la montrant du doigt. « Alors tu admets que quitter le monde de la sorcellerie est plus sûr pour les nés de Moldus. »
Ginny soupira. « Cela l'est aussi longtemps que nous ne sommes pas tous solidaires avec eux. Et souviens-toi des Cracmols… La façon dont ils ont simplement disparus du jour au lendemain… Souviens-toi de maman essayant d'expliquer pourquoi nous n'allions plus voir le cousin Edwin. Le comptable. »
« C'était après cela que papa a été d'accord pour le bannissement, Ginny ! »
Harry bondit sur ses pieds. « Le bannissement n'était pas une réponse ! C'était une capitulation ! » Il fixa Ron, sachant que se le mettre à dos ne serait pas d'une grande aide, mais il était incapable de se retenir. « Le monde de la sorcellerie, les gens qui n'étaient pas avec les Mangemorts, ils n'ont pas serré les rangs pour protéger les nés de moldus. Ils ont détourné le regard, ils ont dit 'Oh, désolé, on ne se soucie plus de vous. Nous devons nous protéger.' Non. Nous devons tous nous protéger les uns les autres, avant qu'il ne reste personne. Bientôt, tout le monde devra être un Mangemort, ou prétendre l'être, juste pour survivre. Nous ne pouvons pas laisser les choses se détériorer à ce point. Chaque sorcier et chaque sorcière de Grande-Bretagne est éduqué ici. C'est ici que nous devons faire la différence. C'est ici que va être la ligne de front dans la bataille pour sauver notre monde des ténèbres, de Voldemort. »
Ron frissonna au nom, mais il ne dit rien. Harry était content de cela. Le Ron de son autre vie aurait hurlé 'Dis Tu-Sais-Qui !' Il pouvait voir que Ron réfléchissait furieusement. Il avait cet air qu'il prenait quand il réfléchissait profondément. Harry se rassit et regarda Charlie. « Peux-tu mobiliser les professeurs pour nous ? Peux-tu les convaincre de nous rejoindre sur la pelouse ? L'école doit être complètement fermée. Oh, et cela signifie que nous avons aussi besoin du concierge. »
Charlie le regarda comme s'il ne l'avait jamais vu avant. Harry combattit le besoin de se tortiller sous ce regard scrutateur. Finalement, il fit un petit sourire et dit. « Je ferai de mon mieux. »
Harry se tourna vers Ron. « Es-tu avec nous ? » Il essaya de ne pas avoir l'air trop désespéré. Il était content que Charlie soit déjà d'accord. Ron regarda son frère, tenant Wronski sur ses cuisses, un nouvel air résolu sur ses traits. Il regarda Harry. « Et s'ils nous expulsent ? Et s'ils enlèvent tous les badges de préfets ? Je ne serai plus exactement dans la course pour être préfet en chef, n'est-ce pas ? »
Jamie arrêta de caresser le chaton, et le regarda. Harry ne pouvait pas voir son visage, mais il savait à quel point ses yeux étaient expressifs, et que Ron aimait beaucoup la regarder.
« Notre mère est née de moldus, » dit-elle doucement. « Mes frères et moi n'existerions pas si elle n'avait pas été autorisée à venir à Poudlard. Ils ne peuvent pas expulser tout le monde. C'est pour cela que nous devons être unis. »
Le faible écho de sa voix calme resta suspendu en l'air. Ron la regardait encore, et Harry le vit déglutir. Il décida que cela avait été une très bonne idée que Jamie vienne. Après ce qui sembla être une éternité, il leva les yeux et croisa le regard de Harry.
« D'accord. Je le ferai. »
Harry essaya de ne pas sourire trop largement. « Brillant ! Maintenant, nous devons garder cela à couvert jusqu'à ce que nous soyons juste au début du nouveau trimestre. On ne peut pas risquer des fuites. Rentrez-vous à la maison pour Noël ? » Ron et Ginny acquiescèrent. « Bien. Sur le chemin du retour, dans le train, vous aurez besoin de répandre le mot pour la grève générale à tout le monde sauf aux Serpentards. Je laisserai ce soin à Draco : il la leur vendra comme un moyen de sauter les cours, un bon coup, quelque chose à faire pour s'amuser. Quelques uns sont d'accord avec nous, mais les autres… Bien, il y a des chances qu'ils tirent la sonnette d'alarme et envoient un hibou à leurs parents si cela ne leur est pas correctement présenté. Les autres maisons devraient être d'accord pour la plupart, spécialement les demi-sang, mais on ne sait jamais. Des mages noirs sont sortis de Griffondor et de Serdaigle. Probablement Pouffsouffle aussi, bien que je n'en connaisse aucun personnellement. Il vaut mieux la jouer sûre et attendre au dernier moment pour le dire à tout le monde. » Il fit une pause pour respirer. « Peux-tu mettre Cho Chang et Liam Quirke au courant avant le début du nouveau trimestre ? Tu seras encore le meneur étudiant officiel, mais nous ne pouvons pas faire cela sans avoir aussi le soutien de la préfète et du préfet en chef. »
Ron dit qu'il pouvait. « Bien. » répondit Harry, frappant ses mains ensemble, et s'autorisant maintenant un vrai sourire. « Est-ce que vous trois faites quelque chose le vingt-huit ? » Ron, Ginny et Charlie haussèrent les épaules. « Il y a un concert à Londres. Une sorcière née de moldus joue du violoncelle. Maggie m'a aidé à retrouver quelques nés de moldus, et ils auront aussi des invitations et des tickets pour le concert. Pourrais-tu aussi envoyer une invitation et des tickets à Liam et Cho aussi ? » demanda-t-il à Ron. Je veux que nous rencontrions les nés de moldus après cela, que nous leur expliquions leurs, heu, talents inhabituels. Je crois que nous devons trouver autant de nés de moldus que possible et leur dire ce qu'ils sont. Une des demandes que nous allons faire au bureau des gouverneurs est qu'il envoie des lettres à tous immédiatement, et qu'il commence à les laisser recevoir une éducation magique. Le premier pas pour eux est d'être conscients de ce qu'ils sont. »
Charlie reposa le chat sur le tapis et s'assit. « Comment as-tu trouvé ces sorciers et ces sorcières nés de moldus ? Harry, ce que tu proposes maintenant est à la limite de l'illégalité. Une protestation, c'est une chose, mais cela… »
« Comment je les ai trouvé est une longue histoire. Ce n'est pas le moment pour cela. Pour ce qui est de la légalité, je n'ai qu'un mot pour toi Charlie : Maggie. » Il regarda avec intensité son professeur et ami, et vit la culpabilité apparaître sur son visage au son de ce mot. Il coopérerait, ou tout au moins, il ne se retournerait pas contre eux. En réalité, pensa Harry, Charlie était celui qui avait le plus à perdre : son travail. De plus, il pouvait aussi être désigné comme le leader, étant la seule personne du personnel impliquée.
« Quand est-ce que je parle aux autres professeurs, Harry ? Ceux d'entre nous qui vont ailleurs pour les vacances sont sensés arriver à Pré-au-Lard la veille du début du nouveau trimestre. La directrice nous enverra des carrosses prêts à nous ramener depuis le village. »
« Commence à les sonder dès que tu es de retour. En fait, tu dois déjà avoir une idée de qui va automatiquement adhérer, et qui va avoir besoin d'être davantage convaincu. Si tout le reste échoue, tu peux les faire adhérer de cette façon : si la population des sorciers continue à diminuer autant, MacGonagall va devoir commencer à mettre les quatre maisons dans la même salle de classe pour chaque cours, et puis vous allez tous enseigner moins d'heures, et vos payes diminueront. Des emplois pourraient être supprimés s'il y avait moins d'élèves. Est-ce ce qu'ils veulent ? Se faire licencier ? Dans le reste du monde de la sorcellerie, la pénurie de main d'œuvre a pu signifier des payes plus élevées, mais cela a aussi voulu dire faire deux métiers au lieu d'un seul, comme ton père, et ne jamais voir sa famille ou prendre de vacances. Je pense que les autres professeurs auront du bon sens si tu leur présentes bien, et je suis complètement confiant que tu le feras, Charlie, sinon, je ne te demanderais pas ton aide. »
« Et pour les élèves qui ne rentrent pas à la maison ? » demanda Ron à Harry, ayant l'air d'un lieutenant soucieux maintenant. Harry avait déjà une réponse prête.
« Nous rentrons à la maison pour les vacances, mais nous vivons à Pré-au-Lard, alors nous serons de retour au château bien avant que le train n'arrive en gare. Nous pouvons commencer à organiser dès que nous reviendrons, tandis que vous deux » il montra de la tête Ron et Ginny « travaillerez dans le train. Nous nous occuperons des élèves de notre maison, et des élèves que nous savons ne pas avoir de problème avec le fait que nous soyons Serpentards, jusqu'à ce que tu arrives. »
Harry sentait son sang sourdre dans ses veines comme s'il venait juste de courir autour du terrain de Quidditch à toute allure. L'excitation de finalement soumettre son plan à Ron et Charlie était intoxicante. Il déglutit, les regardant tous les quatre, convaincu pour la première fois que cela pourrait vraiment marcher.
Ron le regarda avec une étrange expression. « Que penses-tu que ta mère dira ? Et est-ce que Charlie doit demander à tes parents de soutenir cela, ou le feras-tu ? »
Harry n'avait pas pensé à qui demanderait à ses parents. « Je pense que Charlie devrait leur demander. Et pour le professeur Black aussi. Mais ne parle pas de moi ou de Jamie. Ne dis pas que nous avons quoique ce soit à voir avec cela. »
« Black ? » Ron eut l'air étonné.
Jamie le regarda encore et dit doucement « Notre parrain. »
Ron haussa les sourcils de surprise. « Oh » fut tout ce qu'il put dire à cela.
« Tu sais, Harry, » dit Charlie, l'air pensif, « je crois que c'est même possible… que MacGonagall soutienne cela. Et alors, les autres professeurs devraient approuver. »
Harry frotta son menton avec sa main. Il pouvait déjà sentir la croissance des poils, et il n'était pas tard dans la journée. « Possible. Aussi longtemps qu'aucun d'eux ne louche sur son poste et espère qu'elle sera virée. » Charlie acquiesça, concédant cela. Harry se redressa dans son siège, et frappa des mains, souriant.
« Alors ! Nous sommes donc tous à bord, n'est-ce pas ? »
Il reçut des réponses affirmatives, la plus forte venant de, ô surprise, Ron. « Oh, et quand tu invites Cho et Liam au concert à Londres, » lui dit-il, « ne parle pas des nés de moldus. Nous leur expliquerons après cela, quand ils les rencontreront. »
Ron acquiesça. Il semblait se réjouir maintenant. Harry se souvint des nombreux problèmes dans lesquels ils s'étaient fourrés dans son autre vie, il se souvint du Ron qui s'était sacrifié à l'âge de douze ans après avoir joué une partie d'échec grandeur nature qui bloquait le passage jusqu'à la chambre où la pierre de Flamel était cachée. Cela ressemblait au Ron dont il se souvenait.
Harry savait qu'il était l'homme idéal pour ce boulot.
* * * * *
