Elegie: Merci à toi de me laisser un petit commentaire! c'est très gentil!

Eryn: Non, non je n'ai pas oublié Thranduil. vous verrez, un peu de patience!

Aurélie: héhé! merci beaucoup!

Camus Deverseau: c'est vrai qu'il pleure beaucoup ces derniers temps, alors si en plus, ça dure longtemps à chaque fois, il ne ferait plus que ça le pauvre.


Chapitre 36:

Elrond avait permis à Legolas de retourner dans sa chambre, plutôt que dans celle de la Maison de guérison, devinant sans aucun mal que le jeune prince s'y sentirait plus à l'aise. Les jumeaux l'avaient raccompagné jusqu'à sa porte et l'avaient laissé seul pour qu'il se repose.

La nuit était déjà tombée et Imladris entrait dans cette torpeur propre à la nuit, propice à la contemplation et à la réflexion. Elrond observa un moment les étoiles lumineuses. Parfois, dans de tels moments, lorsque tous ses enfants étaient endormis, ou au loin comme Arwen, un sentiment de solitude l'assaillait brutalement. Il se souvenait de toutes ses soirées si semblables en apparence à celle-ci qu'il avait passé en compagnie de Celebrian. Et pour ne pas succomber finalement au chagrin, il s'efforçait de se souvenir que son épouse l'attendait au-delà de la mer et qu'il la reverrait en temps voulu. Il repensait aussi à ses fils, toujours prêts de lui, et à Estel. Le jeune humain aurait encore besoin de lui pendant plusieurs années avant de partir vivre sa destinée. Alors, en songeant à sa famille, il finissait toujours par accepter qu'il n'était pas si seul que ça.

Et cette soirée n'échappait pas à la règle. Le seigneur Elrond était une fois de plus perdu dans ses pensées depuis un long moment déjà lorsqu'il entendit un hurlement qui lui déchira le cœur. Il n'eut pas à réfléchir longtemps pour comprendre d'où cela venait ni ce qui en était la cause.

Il sortit de ses appartements sans perdre de temps alors qu'un autre hurlement se faisait entendre. Il entra dans la chambre de Legolas sans s'annoncer et accourut jusqu'au lit. Replié sur lui-même, Legolas dormait toujours, ses propres hurlements ne l'ayant même pas réveillé. Il serrait les couvertures de son lit de toutes ses forces, et tout son corps semblait tendu sous l'effort. Elrond remarqua tout de suite que le prince dormait encore les yeux clos, et malgré cela, les larmes coulaient en abondance sur ses joues pâles. Lorsqu'un autre hurlement franchit les lèvres du jeune prince, Elrond s'installa sur le lit et tenta de le réveiller.

Cela ne donna d'abord aucun résultat, et Legolas poussa un autre hurlement. Au même moment, la porte de la chambre s'ouvrait et ses jumeaux apparurent sur le seuil, l'air probablement aussi inquiet que leur père. Elrond leur demanda rapidement de le laisser régler le problème seul. Bien que déstabilisés et inquiets par ce qu'ils venaient de voir et les cris déchirants de leur ami, ils ne dirent rien et refermèrent la porte en laissant leur père seul avec Legolas.

Il fallut de longues minutes à Elrond pour parvenir enfin à réveiller le prince. Lorsqu'il ouvrit finalement les yeux, il pleurait toujours et tout son corps tremblait. Son regard avait d'abord été très confus avant qu'il ne croise le sien et ne le reconnaisse. Sans dire un mot, Legolas refermait déjà les yeux et son corps se détendit un peu. Elrond resta près de lui jusqu'à ce qu'il fut certain qu'il se soit rendormi, en espérant que son sommeil soit plus calme cette fois-ci.

Il ressortit de la chambre, conscient que les jumeaux devaient attendre dans le couloir d'avoir des explications, mais il ne trouva dans le couloir qu'Elladan. Voyant la surprise dans le regard de son père, celui-ci lui expliqua qu'Elrohir était parti recouché Estel qui avait lui aussi tiré de son lit par les cris de Legolas.

« Comment va-t-il ?

-Il s'est rendormi. Calmement pour le moment. Mais j'ai peur que cela ne dure pas.

-Je croyais qu'il irait mieux après nous avoir raconté ce qu'il s'était passé. De toute évidence, ça ne fait que lui rappeler cette affreuse journée sans le soulager.

-Je pense sincèrement que c'est une bonne chose qu'il se soit confié à vous. »

Elladan observa un moment son père. Il lui semblait vraiment fatigué, comme s'il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours. Et au vu des vêtements qu'il portait, il ne s'était pas encore couché lorsque Legolas avait réveillé le reste de la maison.

« Vous devriez aller dormir un peu, reprit le jeune elfe à l'adresse de son père en affrontant son regard sans ciller.

-Je ne veux pas le laisser seul, ça pourrait recommencer d'un moment à l'autre.

-Je vais rester avec lui cette nuit. Vous avez besoin de repos. »

Elrond fronça les sourcils, étonné par l'attitude d'Elladan. Il n'était pas habituel que ses fils discutent ses décisions. Mais après tout, ils n'étaient plus des enfants, et ils seraient sans doute parfaitement capables de gérer la situation. Et Legolas leur faisait confiance.

« D'accord, mais tu dois me prévenir immédiatement si tu rencontres la moindre difficulté. »

Plusieurs fois durant la nuit, le prince se retrouva à nouveau en proie aux cauchemars, cependant moins violents. Il ne se réveilla ensuite à aucun moment et la voix apaisante d'Elladan fut suffisante pour le calmer.

Il se réveilla ensuite aux premières lueurs du jour. Il fut particulièrement surpris de voir Elladan à son chevet.

« Qu'est-ce que… ?

-Vous avez eu une nuit agitée. Vous vous souvenez ? »

Le prince dut réfléchir quelques instants avant de se souvenir partiellement des évènements de la nuit. Aussitôt, il se redressa sur le bord de son lit et se massa les tempes en tournant le dos à son ami.

« Legolas ? Dîtes-moi ce qu'il y a, vous vous sentirez mieux après.

-Je les ai revus le tuer… encore et encore… chaque fois plus violemment. Et chaque fois, il me regarde droit dans les yeux et il hurle que tout ceci est ma faute.

-Melon nin ce n'est qu'un cauchemar !

-Je sais.

-Jamais il ne vous tiendrait responsable de ce qu'il s'est passé.

-Alors pourquoi est-ce qu'il vient me hanter ?

-C'est votre sentiment de culpabilité qui anime ces cauchemars. Tant que vous n'aurez pas vraiment accepté que ce n'était pas votre faute, ils reviendront, je le crains. »

Les rêves avaient été tellement violents et incontrôlables que cette nuit-là n'avaient rien eu de reposante. Il était aussi fatigué que la veille au soir. A tel point qu'il ne chercha même plus à retenir les larmes qui commencèrent à rouler le long de ses joues pâles.

Elladan s'assit sur le lit à coté de lui et le prit dans ses bras, bouleversé de voir son ami dans cet état.

« Vous n'auriez rien pu faire pour éviter cette tragédie. Personne n'aurait pu. Croyez-moi. »


Bon voilà... ça aurait été trop facile si tout s'arrangeait d'un seul coup.