Le matin se profila trop vite au goût du groupe. Les réveils avaient été programmés pour sonner à 8h pile mais chacun eu du mal à se lever après la soirée qu'ils avaient passé la veille.
Après avoir pris le petit déjeuner, il fallut préparer les sacs. Si pour certains, comme Stiles, l'affaire fut vite réglée, Lydia mit trois heures avant de rassembler tous ses vêtements et de les ranger dans ses valises.
En attendant l'heure du déjeuner, ils firent le tour du complexe et se remémorèrent tout ce qu'ils avaient vécu ensemble. Stiles en profita pour se faufiler jusqu'à Derek. Mine de rien, il glissa sa main dans celle de l'alpha et entrelaça ses doigts avec les siens. Il attendit anxieusement un instant, guettant la réaction du loup garou qui poursuivit sa route comme si rien n'avait changé. Un sourire ravi naquit sur les lèvres de l'adolescent.
Avant de partir, ils chargèrent les valises dans les voitures, ce qui ne fut pas une plus mince affaire qu'à l'aller, vu que les filles avaient achetés une foule de vêtements et qu'il fallait réussir à caser les sacs entre les valises.
Ils réussirent quand même à fermer tous les coffres et se rassemblèrent autour de la piscine pour profiter des dernières heures dans le Complexe du Paradis. Ils avaient décidé de partir vers seize heures, étant donné qu'ils avaient trois heures de route.
Ils prirent un goûter rapide à quinze heures trente avant d'aller rendre leur pass à l'accueil. Ils se rassemblèrent ensuite sur le parking et prirent une dernière photo de groupe. Stiles se blottit contre Derek. Il était heureux comme il ne l'avait plus été depuis le décès de sa mère.
Même si ce séjour n'avait pas toujours été idyllique, entre ses crises de panique et l'intervention de sa tante, il se sentait plus soutenu que jamais. Sa relation avec Derek le rendait plus épanoui bien qu'il n'était pas sûr que leur couple survive à leur départ du complexe.
Une fois la photo prise, ils se répartirent dans les différentes voitures et se préparèrent à rentrer à Beacon Hills.
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Stiles déposa Matt devant chez lui. Danny et Isaac étaient déjà descendus de la voiture. L'adolescent aux cheveux courts aida le photographe à sortir ses bagages et après l'avoir salué, il partit en direction de sa maison. En ouvrant la porte d'entrée, il eut la surprise de voir que son père était dans le salon.
— Alors, ce séjour, fiston ?
Le jeune garçon laissa tomber son sac par terre et se jeta dans les bras du shérif.
— Je t'ai tant manqué que ça ? demanda le patriarche Stilinski en essayant de cacher son émotion.
— Un mois sans mon père ! C'était long !
— Tu n'as plus cinq ans, pourtant.
— Justement. J'ai conscience qu'avec ton métier, il peut t'arriver malheur tous les jours. Alors je m'inquiète quand je suis loin de toi.
Le shérif tapota l'épaule de son fils.
— Je sais prendre soin de moi, voulut-il le rassurer.
— Ah ouais ? Et je peux savoir combien de pizzas tu as mangé, ce mois-ci ?
Le père de l'adolescent haussa les épaules.
— Comme d'habitude. Plus ou moins une par semaine.
— Plus ou moins ? releva le jeune garçon.
— Je ne me suis pas amusé à compter !
— Et après les pizzas, c'était quoi ? Hamburger ? Frites ? Chips ?
— Oh ! Ca va ! Tu ne vas pas commencer à me faire des reproches sur mon alimentation !
Stiles fronça les sourcils.
— Il faut que tu fasses attention ... commença-t-il.
— Oui, je sais, je sais. Si tu me parlais de quelque chose dont je ne suis pas encore au courant. Ton séjour, par exemple.
L'adolescent sembla hésiter entre poursuivre sur les risques d'une alimentation non équilibrée ou raconter tout ce qu'il avait fait pendant un mois. Au final, il choisit la deuxième option et s'installa sur le canapé pour commencer son récit.
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Stiles ferma la porte de sa chambre et jeta son sac aux couleurs des Mets près de son armoire. Le garçon avait passé presque deux heures à bavarder avec son père, lui racontant son séjour de long en large. Il avait bien entendu évité de mentionner l'épisode avec sa tante, d'autant plus que les blessures qu'elle lui avait infligées avaient disparues.
L'adolescent avait également soigneusement évité de mentionner sa relation avec Derek Hale. Il n'avait pas vraiment envie d'en parler avec son père. Non pas qu'il ait honte de son homosexualité. Mais déjà, son amoureux avait sept ans de plus que lui. Le shérif aurait certainement du mal à accepter que son fils sorte avec un homme beaucoup plus âgé que lui, qui avait par ailleurs était accusé de meurtre.
Et en plus, Stiles n'était même pas sûr qu'il sortait encore avec Derek. L'alpha ne lui avait absolument rien dit à ce sujet. Il ne l'avait pas repoussé tout au long de la journée mais ils étaient encore au Complexe au Paradis quand le garçon et le loup garou s'étaient montrés proches.
L'adolescent sortit son téléphone portable de la poche de son sweat et consulta sa boîte de réception. Il n'avait aucun nouveau message. Dans un soupir, il envoya son téléphone sur son lit. Même pas un texto pour lui annoncer s'ils étaient toujours ensemble ou si Stiles pouvait remballer ses espoirs.
Le garçon se laissa tomber sur son matelas, déprimé. Au même moment, son IPhone vibra, signal qu'on lui avait envoyé un message. L'adolescent attrapa aussitôt le mobile et son cœur loupa un battement quand il lut le nom de Derek sur son écran.
« Je t'attends en bas de chez toi. »
Stiles se prit la tête dans les mains et se frotta les cheveux. C'était le moment de vérité. Il allait enfin savoir si son couple allait passer le mois de juillet. Le jeune garçon attrapa son portable et s'élança dans les escaliers.
— Où vas-tu ? l'interrogea son père au moment où il passait devant le salon.
— Scott vient me chercher, on va chez lui regarder un film, mentit l'adolescent.
— Vous êtes restés ensemble pendant un mois mais vous avez encore besoin de vous voir ?
— Que veux-tu ? On est plus habitué à rester plus d'une heure sans se voir !
Stiles fit un signe de la main à son père et sortit. La Camaro noire de Derek était garée deux maisons plus loin et le jeune garçon se dépêcha de s'installer sur le siège passager. L'alpha était assis derrière le volant, l'air impassible, presque grave.
— Ca ne s'annonce pas de très bon augure, pensa l'adolescent.
Il avait envie de se pencher vers le loup garou pour l'embrasser mais il se retint. Si le jeune homme avait décidé de le plaquer, il se sentirait assez humilié comme ça. Pas la peine de tenter de lui voler un baiser et de se faire lamentablement repousser.
Derek passa la première vitesse et s'engagea sur la route.
— On va où ? finit par demander Stiles.
— Dans un endroit calme, où l'on pourra parler.
Le jeune garçon retourna la phrase sous toutes ses coutures, cherchant à analyser les sous-entendus qu'elle contenait. Un silence pesant s'installa dans la voiture. L'alpha dirigea sa voiture vers la forêt. Ils s'enfoncèrent dans les bois et suivirent un petit sentier à moitié dissimulé par les feuilles mortes et la boue.
— Tu n'as pas peur qu'on s'enlise ? s'inquiéta Stiles au bout d'un moment.
— Si c'est le cas, tu iras pousser, répondit laconiquement le loup garou.
L'adolescent se renfonça dans son siège. La conversation ne promettait pas vraiment d'être heureuse. Derek finit par garer sa Camaro au bord de la falaise. La ville s'étendait en contre-bas et devant eux, le soleil se rapprochait de l'horizon.
— Il faut qu'on parle, annonça Derek après un instant.
Le cœur de Stiles se mit à battre à tout rompre. Le moment fatidique était arrivé.
— Je comprends, fit-il. Tu n'arrives pas à passer au-dessus de ça ...
— Au-dessus de quoi ? s'étonna l'alpha.
— Au-dessus de Kate. Elle t'a détruit le cœur, elle l'a déchiré jusqu'à ce qu'il soit en miettes et tu n'arrives plus à faire confiance à personne. Même pas à moi.
L'adolescent se mordit violemment la lèvre pour ne pas pleurer.
— J'ai essayé, pourtant. J'ai essayé de te donner confiance en moi. Mais je n'ai pas réussi. Ça doit être parce qu'on n'est pas fait pour être ensemble.
Le garçon tenta de sourire mais ce fut une grimace qui s'afficha sur son visage.
— J'aurais vraiment aimé que ça marche entre nous deux. Parce que tu n'es peut être pas mon premier amour, mais tu es mon premier copain. Et je ne t'oublierai jamais. Je te le jure. Et je suis sûr que je n'arriverai jamais à trouver quelqu'un d'aussi bien que toi. Parce que sous tes airs de gros dur, je sais qu'il y a une âme tendre et altruiste.
Stiles battit rapidement des paupières pour tenter de refouler les larmes qui menaçaient de couler le long de ses joues.
— Je t'aime, Derek. Je t'aime et je t'aimerai toujours, je crois.
L'alpha lança un regard perdu à l'adolescent en face de lui.
— Mais ...
— Il n'y a pas de mais, Derek. C'est comme ça et puis c'est tout. On se sépare, on reste amis et on continue comme avant. Toi, chef de meute. Moi, meilleur copain d'un de tes bêtas. Nous, alliés forcés de coopérer pour réparer les bêtises de Scott et pour veiller sur lui. Ça va être dur au début, de te voir et de plus pouvoir te serrer dans mes bras, mais je ferai avec ...
La voix du garçon se brisa et une larme roula sur sa pommette. Le loup garou essuya avec son index la perle salée et se pencha vers Stiles pour déposer ses lèvres sur les siennes. L'adolescent voulut savourer ce dernier baiser, conscient qu'il n'en connaitrait plus d'autres avant un moment. Mais par fierté, il se refusa d'accepter ce qu'il considérait comme un lot de consolation et il recula.
— Ce n'est pas parce que je chiale comme une fille qu'il faut te sentir obligé de me réconforter. Ça fait encore plus mal, je te signale. Et pour ta gouverne, la prochaine fois que tu voudras plaquer quelqu'un, évite de l'emmener à 500 kilomètres de chez lui ! Pas besoin de faire autant de route pour annoncer ça !
Derek fronça les sourcils et prit enfin la parole :
— Tu veux qu'on se sépare ?
— Quoi ? Non ! C'est toi qui le veux ! Moi, je t'aime. Je t'aime plus que tout. Et je veux pas que tu me quittes. Mais je comprends, je t'assure. Je sais que tu as eu une vie difficile et je sais que tu as du mal à faire confiance aux autres et je ...
— Je te fais confiance, Stiles.
L'adolescent s'arrêta net et lança un regard ahuri à l'alpha. Le jeune homme semblait gêné et il avait sur le visage un air perdu qui le rajeunissait, comme s'il avait quinze ans et faisait sa première déclaration d'amour.
— Je suis désolé si je t'ai fait croire le contraire, chuchota le loup garou. Mais je te fais confiance. Kate m'a ruiné le cœur, mais je me suis reconstruit petit à petit. Et puis, j'ai rencontré Scott. Et toi.
Derek tapota sur le volant de sa voiture avant de continuer :
— Etrangement, je me suis rendu compte au fil du temps qu'on pouvait te faire confiance. Bien sûr, tu es l'une des personnes les plus maladroites que je connaisse, et c'est toujours risqué de te demander de garder un secret, car tu risques de le divulguer par inadvertance ...
L'alpha sourit nerveusement.
— Mais tu es loyal. Tu te bats pour défendre tes amis et tu ne les abandonnes jamais. Et c'est une qualité que j'apprécie beaucoup chez les autres.
Le loup garou se gratta le sourcil.
— Tu sais, ma sœur avait le don de savoir m'apaiser. Quand j'étais plus jeune, dès que j'étais stressé, je pensais à elle et je me sentais tout de suite mieux. C'est grâce à Laura que j'ai pu supporter la mort de mes parents. Quand elle est décédée à son tour, j'ai cru que j'étais perdu à jamais et que je ne retrouverai plus jamais la paix qu'elle savait si bien m'inspirer.
Derek regarda à nouveau Stiles avec cet air perdu que le garçon ne lui connaissait pas, un air bouleversant qui l'électrisait des pieds à la tête et lui donnait l'envie de l'embrasser et de le câliner pour qu'il oublie tous ses soucis.
— Quand Scott et toi êtes rentrés dans ma vie, j'avais trouvé un moyen de ne pas mourir d'angoisse. Je m'étais bâti une carapace de fer derrière laquelle je dissimulais toutes mes émotions. Ma colère m'aidait à garder mes sentiments pour moi. Et puis, il y a eu toutes ces aventures qu'on a vécu tous ensemble et où j'ai pu constater que la haine n'était pas forcément la meilleure façon de continuer à vivre ...
Le jeune homme détourna le regard et observa la ville en contrebas.
— Tu sais, je te considère vraiment comme un membre de la meute. Mais ce n'est pas vraiment pour ça que je t'ai aidé à lutter contre tes crises de panique. Je veux dire ... Si, bien sûr. Mais Scott m'avait appris, pour ta mère. Et j'étais ébahi de voir qu'un garçon de seize ans pouvait être aussi serein que tu l'es après avoir vécu un tel drame dans sa vie. Je savais que si je voulais trouver une nouvelle raison d'avancer dans la vie, je devais découvrir ton secret.
Derek ferma les yeux un instant.
— Je ne sais pas encore comment tu as fait pour vivre aussi bien le décès de ta mère. Mais j'ai découvert quelque chose d'autre.
L'alpha rouvrit ses paupières.
— J'ai découvert que tu arrivais à m'apaiser. Comme Laura le faisait avant.
Le jeune homme tendit timidement la main vers celle de l'adolescent et lui serra doucement les doigts.
— Je ne sais pas comme tu fais, mais je me sens bien avec toi. J'ai l'impression que mes soucis pèsent moins lourds. J'ai le sentiment que si tu restes près de moi, plus rien ne me fera jamais peur. Si tu restes à mes côtés, j'aurais le courage de tout faire. Et surtout, j'ai envie de te faire confiance. Et ça fait tellement longtemps que je n'ai pas ressenti ça ...
Le loup garou pinça ses lèvres et fit une moue gênée.
— Bien sûr, il y a toujours une part de moi rationnelle, qui me dit que je ne peux avoir confiance qu'en moi, que tu vas me décevoir comme tous les autres m'ont toujours déçu, que je vais être blessé par notre relation ... Mais j'ai envie d'essayer, Stiles. J'ai envie d'essayer, de voir jusqu'où on ira ensemble. Je veux qu'on aille le plus loin possible, je veux qu'on aille jusqu'au bout, même plus loin que le bout.
Derek serra plus fort les doigts de l'adolescent.
— Je veux qu'on ait une maison à nous deux, je veux qu'on ait un chien, ou un chat, ou un poisson rouge, tu choisiras. Si tu veux qu'on ait des enfants, on en aura. Autant que tu voudras. Si tu veux avoir trois voitures différentes juste pour toi, tu auras trois voitures différentes juste pour toi. Si tu veux que ton père vienne vivre chez nous plutôt qu'en maison de retraite quand il sera trop vieux pour s'occuper de lui-même tout seul, il viendra vivre chez nous. Si tu veux manger des chips saveur barbecue et poulet grillé tous les jours, on en mangera tous les jours. Je te promets que tu auras tout ce que tu voudras. Mais je te demande une chose. Si tu veux me quitter, quitte moi. Mais ne me fais jamais souffrir. S'il te plaît.
Stiles posa sa main sur la joue de l'alpha.
— C'est promis, souffla-t-il tendrement. Et je n'oublierai pas que tu m'as juré que j'aurais tout ce que je voudrais.
Le jeune homme envoya un regard brillant à son amoureux.
— Tu as promis de ne pas me faire souffrir ...
— Conduire ta Camaro, ça ne va pas te faire souffrir !
— Si. J'aurais trop peur que tu me l'abîmes !
L'adolescent resta bouche-bée quelques secondes.
— Tu sais quoi ? Je préfère t'embrasser plutôt que d'entendre de pareilles âneries !
Le garçon plongea sur les lèvres du loup garou et ils échangèrent un baiser passionné, profitant de leur bonheur, heureux d'être toujours ensemble. Quand leurs bouches se séparèrent enfin, ils restèrent blottis l'un contre l'autre, admirant le soleil qui se couchait, projetant des traînées rouges et or dans le ciel.
— On devrait rentrer. Ton père va s'inquiéter.
— Je lui ai dit que j'étais chez Scott. Il s'attend sûrement à ce que je passe la nuit chez lui.
— Tu ne lui as pas dit que tu sortais avec quelqu'un ?
Stiles plissa les yeux.
— Euh ... Non. Je n'étais pas vraiment sûr qu'on était toujours ensemble.
— Et tu vas lui en parler quand ?
— Je ne sais pas trop. Pourquoi ?
Derek haussa les épaules.
— J'aimerais bien que tu me présentes à ton père. Pas tout de suite. Mais je n'ai pas envie que notre relation reste cachée très longtemps.
— On n'est pas bien, là, dans les bras l'un de l'autre, dissimulés par la forêt ?
— Si. Mais je t'ai dit que je voulais qu'on aille très loin, tous les deux. Et je le pense sincèrement. Alors, je ne nous imagine pas ensemble à quarante ans, obligés de se voir en cachette parce que tu n'as rien dit à ton père.
L'adolescent prit son temps avant de répondre. Il était certain d'aimer l'alpha et il voulait vraiment construire quelque chose de durable avec lui. Mais il ne se sentait pas du tout prêt à annoncer à son père sa relation avec le loup garou. Le jeune homme était tout de même un ancien fugitif, recherché pour meurtre. Et bien qu'il soit blanchi, le shérif ne le verrait jamais d'un bon œil. Surtout qu'il était bien plus vieux que son fils.
— Tu sais quoi ? Je te présenterai à mon père lorsque tu m'auras présenté à ta famille à toi.
Derek fronça les sourcils.
— Tu te crois malin ? Tu as promis de ne jamais me faire souffrir et tu n'arrives même pas à tenir parole plus de cinq minutes.
— Peter ne compte pas vraiment comme ta famille. Il sait déjà pour nous, renchérit le garçon, sans faire attention à la précédente réplique de l'alpha.
— Tu ne veux pas me présenter à ton père ?
Le ton du loup garou était tellement empli d'angoisse que Stiles se sentit obligé de le rassurer.
— Il n'est pas question de ça. On va dire que c'est ma vengeance personnelle pour refuser de coucher avec moi.
— Mais quand est-ce que tu vas me lâcher avec ça ? râla le jeune homme.
— Quand on aura fait l'amour !
— Donc, en gros, j'ai encore treize mois avant que tu me fiches la paix, se lamenta Derek.
Le garçon rebondit aussitôt sur cette phrase.
— J'ai mal compris ou tu sous-entends qu'on sera toujours ensemble dans un an ?
L'alpha attrapa le menton de l'adolescent et leurs deux regards se rencontrèrent pour ne plus se lâcher.
— Je t'ai dit que je voulais aller jusqu'au bout avec toi, Stiles Stilinski. J'ai peut-être du mal à croire les autres, mais une fois que je donne ma confiance, c'est pour toujours. Alors oui, je crois, j'espère, je veux qu'on soit toujours ensemble dans un mois, dans un an, dans dix ans.
Le jeune homme s'humecta les lèvres avec sa langue et poursuivit :
— Et en parlant de confiance, il faut que je t'avoue un secret ...
Derek déglutit et prit une grande inspiration pour se donner du courage. Lorsque Stiles entendit les quelques mots chuchotés, son cœur fit une vrille dans sa poitrine et il ne put se retenir de se jeter contre les lèvres de son amoureux.
« Je t'aime »
Une simple phrase, souvent lancée à tort et à travers.
Mais utilisée à bon escient, elle permet de franchir les montagnes, de traverser les océans, de parcourir le ciel.
« Je t'aime »
Une simple phrase, souvent prononcée sans les sentiments qui doivent aller avec.
Mais lorsqu'elle est murmurée avec toute la passion qu'elle doit contenir, elle bouleverse les cœurs et unit deux âmes à jamais.
« Je t'aime »
Ce n'était que quelques mots. Et ce n'était même pas assez fort pour exprimer tout l'amour que Derek ressentait pour Stiles.
