Dernier chapitre de cette longue fic, je suis contente de l'avoir achevée j'ai horreur de ne pas finir une fic, ça m'est d'ailleurs jamais arrivé. Je suis aussi contente de voir que vous avez continué à lire malgré mon absence, mes problèmes se sont plus ou moins résolus. J'espère ne pas trop vous décevoir avec cette fin. Bisous et merci à tous pour votre fidélité et vos reviews!


Les mains crispées sur le volant, le visage dur, les yeux grands ouverts, Ziva regardait la route sans vraiment la voir. Sans vraiment se poser la question par où passer. Elle connaissait le chemin par coeur, gravé à jamais dans sa mémoire, elle pourrait s'y rendre les yeux fermés. A croire que sa voiture connaissait elle aussi le chemin. Tout se bousculait dans sa tête, un peu trop même puisque la jeune femme se faisait un film dans sa tête, jusqu'aux répliques qu'elle dirait à Tony. Un peu comme si elle avait déjà vécu ce qu'il allait se passer. Un simple écho de son coeur à vif. Elle se préparait seulement au pire. Désolé Ziva, j'ai retrouvé ma mémoire, mais mes sentiments ne sont plus là. Désolé, elle ne pouvait plus entendre ce mot vide de sens qu'on bombarde sans vraiment savoir ce qu'il signifie ou même sans le penser réellement. Désolé de ne plus t'aimer, restons amis j'aimerai vraiment. Je comprendrai que tu ne le veuilles pas.

Pourquoi se donnait-elle alors la peine d'aller chez lui si elle savait par avance ce qu'il lui dirait? Pourquoi se faire souffrir? Etait-elle masochiste ou au contraire, une partie en elle, une infime partie espérait encore?

La vie lui avait appris qu'il fallait mieux voir le verre à moitié vide qu'à moitié plein. Qu'il n'y a pas de cadeaux mais seulement les fruits de ce que l'on a semé. La vie n'est pas juste, c'est un fait. Tout n'est que sueur et labeur. Désillusion et souffrance. On a jamais ce que l'on a rêvé ou voulu.

Dieu qu'elle avait été sotte de croire qu'ils pourraient formés un couple. Vraiment sotte.

Alors pourquoi se garait-elle devant son immeuble? Qu'à présent, elle éteignait le contact et ses phares? Elle ferma les yeux pour se reprendre, et respira lentement aux antipodes de son coeur qui ne voulait décidément pas battre moins fort. Faire le vide dans sa tête, ne plus penser à rien. Plus facile qu'à faire. Ziva resta un long moment assise derrière son volant, des larmes silencieuses roulant sur ses joues brûlées par le sel à force d'avoir trop pleuré. Sans que son cerveau ne dicte quoi que ce soit à ses membres, elle sortit de la voiture, aussi impassible qu'elle le put. Une zen attitude temporaire, elle ne tiendrait pas longtemps.

Une fois devant la porte de son appartement, l'angoisse émergea de nouveau en elle, plus étouffante, elle encercla son coeur, lui coupant à moitié le souffle. Sa vue se brouilla légèrement, elle dut user de toutes ses forces pour parvenir à lever sa main et frapper. Un coup faible, trop faible pour que l'occupant de l'appartement puisse l'entendre. En temps ordinaire, oui. A croire que Tony l'attendait derrière la porte puisque celle-ci s'ouvrit presque dans l'immédiat.

La vue de son partenaire, de son ami, de son amant... enfin de cet homme lui fendit le coeur. Aussi ravagé qu'elle, il tenait à peine debout, et ce n'était pas à cause de l'accident. Sa souffrance était palpable, ses traits crispés par la douleur - non physique- lui fit oublier la sienne. C'est ça l'amour, se perdre dans l'autre, s'oublier soi même. Minimiser sa propre peine au regard de celle qu'éprouve l'être aimé.

- « Je suis là » chuchota t-elle à défaut de ne pouvoir parler à haute voix, à défaut de trouver quelque chose de plus intelligent à prononcer.

- « Entre » l'invita t-il.

Ziva entra, timidement, hésitante.

- « Tu veux boire quelque chose? »

Sa première réponse aurait été un oui catégorique. Un remontant bien fort qui lui brûlerait la gorge, qui lui ennuagerait l'esprit afin de me mieux encaisser. Mauvaise idée.

- « Un thé je veux bien. »

- « Tout de suite »

Tony s'éloigna, le bruit de ses pas, seul sons audible. Ça et le bruit de son coeur battant la chamade. Une fois qu'il eut disparu, Ziva daigna enfin à tourner la tête pour regarder l'endroit où il se trouvait quelque instant auparavant. Elle soupira. Bon sang qu'elle aime cet homme!

OoO

Le bruit de la bouilloire le fit réagir, Tony secoua la tête et éteignit le gaz. Une seconde de répit dans sa réflexion. Dans son harcèlement moral qu'il s'infligeait à lui même. Quoi dire au risque de s'entendre répondre qu'il était trop tard, qu'un essai serait impossible. On ne pourra jamais formé un nous, désolée. Trop de souffrance. Trop de passé douloureux commun. Une seule nuit et une grossesse interrompue accidentellement. Le poids de souffrance avait peut être déjà atteint son point culminent. Aucun retour possible. Repartir à zéro, une pure chimère. Parfois l'amour n'ait pas suffisant, on a beau mettre du sien, toute sa bonne volonté, rien n'y fait, c'est perdu d'avance. Pourtant il espérait vraiment au fond de lui même se tromper. La mort n'avait pas voulu de lui, sans amour, à l'instar d'une coquille vide, sa vie n'avait par conséquent aucun sens. Aucun intérêts.

Autant en finir le plus vite possible, comme lorsqu'on arrache d'un coup un pansement. Ça fait mal sur le coup puis survient le soulagement. Oui, il y croyait fermement!

Tony prépara le thé et l'amena au salon où il remarqua, non sans un pincement au coeur, que Ziva n'avait pas pris place sur le canapé. Debout, les bras croisés instinctivement en signe de défense, elle l'attendait. Hésitant, il tendit la tasse fumante à la jeune femme, n'osant pas croiser son regard. Un lourd silence s'installa, un silence lourd où chacun priait pour que l'autre ose faire le premier pas alors qu'en même temps, paradoxalement, chacun cherchait de son côté comment amorcer la conversation. Eluder ou entrer dans le vif du sujet. Telle est la question qui pourrait changer la donne entre eux.

Intrinsèquement ce rôle devait certainement revenir aux femmes. Parler des sujets fâcheux ou tabous, aider l'homme - qui par nature - est ni courageux ni capable émotionnellement de tenir le choc. Ziva se décida finalement à parler.

- « Pourquoi m'as tu demandé de venir? »

- « Je te dirai bien que j'avais envie de partager un verre avec toi... mais toi comme moi savons que c'est faux. »

Etonnée par cet élan de franchise, Ziva le fixa, les yeux écarquillés, clouée sur place.

- « Assis toi, s'il te plait. »

La jeune femme acquiesça du menton et s'installa sur le canapé, prenant soin de s'asseoir bien au bout à croire qu'elle avait peur d'attraper la peste.

- « Je me souviens de tout » annonça t-il, la souffrance perceptible dans sa voix.

Une souffrance qui n'avait pas lieu d'être si on considérait, objectivement, qu'il n'attendait que ça depuis des semaines. Bien sûr, il avait toujours su à quoi s'attendre. Ses souvenirs ne seraient pas uniquement synonymes de joie et de bonne humeur, il y aurait forcément dans le lot, des moments pénibles. C'est un lot, on prend le tout.

- « De tout? En es tu certain? »

Tout ou presque tout. Ziva se triturait le cerveau pour savoir s'il y avait un message caché. Que signifiait ce 'tout'?

- « Je pense que oui » lui répondit-il sans se départir de son calme.

Le faisait-il exprès ou quoi? Il est vrai que sa question n'amenait qu'une réponse monosyllabe, un oui ou un non, mais elle aurait souhaité un peu plus de développement. Un peu plus de précisions.

- « Bien, je suis contente pour toi » dit-elle, cachant au mieux sa frustration.

Une frustration qui ne passa toutefois pas inaperçue aux yeux de Tony qui connaissait parfaitement sa partenaire. Lorsqu'elle levait un tantinet le menton, que ses yeux se rétrécissaient, et que surtout, sa voix devenait glaciale, d'apparence hautaine, cela indiquait une frustration ou un agacement. Pour le cas présent, il misait tout sur le premier mais au lieu de corriger le tir et de fournir la réponse qu'elle désirait, il entra dans le jeu qu'eux deux avaient mis en place inconsciemment.

- « Je vais pouvoir retourner au travail, Ziva David es tu prête à le supporter? »

- « J'ai toujours mon trombone si tu m'agaces de trop. »

- « La violence n'est pas une réponse à tout. »

- « Pour ton cas, si! »

Ziva porta sa tasse à ses lèvres, une manière pour s'occuper, hélas, elle était vide.

- « Tu en veux un autre? »

- « Non, merci. Contrairement à d'autre, certains ont travaillé aujourd'hui et sont fatigués. »

- « Très bien »

- « Bien. »

Ils se jaugèrent du regard un long moment, se défiant, s'analysant, se suppliant.

- « Je vais y aller alors. »

Pourtant, elle ne bougea pas. Elle attendait qu'il fasse le premier pas, un seul mot suffisait pour qu'elle se jette dans ses bras. Bordel, pourquoi ne disait-il rien? Il ne la regardait plus, se forçant à regarder le mur en face à lui, chose plus attrayante qu'elle apparemment!

- « Bonne nuit, Tony » chuchota t-elle en se mettant sur ses pieds, résolue.

Elle resta debout immobile, faisant semblant de se rhabiller, alors que son manteau était fermé. Après un soupir, elle se décida enfin à partir. A peine eut-elle fait deux pas, elle se stoppa et fit volte face.

- « C'est pas vrai Tony! » hurla t-elle, levant les mains. « Dis quelque chose! »

- « Tu veux que je dise quoi » lui répondit-il sur le même ton.

- « Tu me dis te souvenir de tout, mais tu ne précises rien. J'ai si peu compter pour toi, je ne suis qu'un souvenir parmi t'en d'autres... un souvenir que tu aurais préféré oublié »

Le ton de sa voix cassante aussi bien que les mots lui pressèrent le coeur, métaphoriquement parlant mais également physiquement. Il eut mal. Mais il avait aussi la réponse à sa question. Elle voulait donner une autre chance à leur couple.

- « Surtout pas »

Tony s'avança, sans jamais dévier son regard de celui de Ziva. Sans sourire, le visage sérieux. Sa main glissa dans ses boucles brunes et sa bouche s'ouvrit mais aucun mot ne sortit. Sa foutue peur le tiraillait, étrange, lui qui n'avait peur de rien. De rien sauf de lui même.

- « Je ne peux, ni ne veux t'oublier. Je t'ai dans la peau Zi-va. » réussit-il à dire avant de l'enlacer contre lui.

Une nuit avait suffit pour que leur idylle débute et prenne fin. Une seule nuit peut combler toute une vie d'amour, mais c'est encore mieux quand on sait que pour le restant de nos jours l'amour sera là.

FIN