CHAPITRE 34 : Le lien
Teddy n'en apprit pas plus. Sam et Jesse quittèrent rapidement l'infirmerie et Napata, elle, faisait partie de ceux qui n'avaient pas mangé de ragoût. Mais Lorena disparut de la circulation aussi subitement que l'avait fait Léodegranz Atticus. Etait-elle, elle aussi, assignée à son dortoir ou bien quelque chose de plus sombre était-il en train de se tramer ? C'était à s'en arracher les cheveux. Et pourtant Teddy sentait que chaque élément avait un lien.
La veille des examens de fin de trimestre, il délaissa ses révisions pour un morceau de parchemin et une plume et il se mit alors à écrire. Tout avait commencé par la disparition du Poudlard Express le jour de la rentrée. A cet instant, personne n'avait pu dire ce qu'il en était advenu et d'ailleurs à ce jour, le train en lui-même n'avait toujours pas été retrouvé. Par contre ils savaient que le chauffeur était mort, probablement assassiné.
« Va dans l'ordre, Teddy ! »
Effectivement, ce serait plus simple ainsi. L'Express avait donc disparu, ce qui avait créé une belle pagaille le jour de la rentrée et avait failli de peu retarder la cérémonie de répartition des première année. Il nota tout ceci sur son parchemin puis continua. Ensuite il y avait eu la plaque commémorative des héros de la guerre, morts à Poudlard, qui avait été vandalisée. Teddy n'était pas sûr que cet événement soit en lien avec le reste mais il préférait le noter tout de même. On ne savait jamais. Tout comme il inscrivit les vagues de vols et de racket perpétrées par Atticus lui-même. Face au danger causé par l'absence de l'Express et craignant une nouvelle panique comme au jour de la rentrée, le ministère avait pris pour mesure d'interdire aux élèves de rejoindre leurs familles pour les fêtes de Noël. Napata et lui avaient cependant bravé l'interdit.
Mais ça c'était une autre histoire. Peu avant les vacances, il y avait eu l'araignée géante qui l'avait mordu et Teddy avait alors commencé à se demander s'il n'était pas la cible d'un groupe de Mangemorts revenu à la vie. Il ne comprenait cependant pas pourquoi. Et Napata lui avait dit que c'était quand même très présomptueux de penser une telle chose.
A partir de là, ils avaient coincé Atticus en échange de quoi Ziaye fermait les yeux sur leurs escapades nocturnes que, du reste, ils essayaient au maximum d'arrêter. Ensuite, Napata et lui avaient illégalement transplané et ils avaient découvert un corps dans une caverne aux abords de Pré-Au-Lard. Ce corps était celui du chauffeur du Poudlard Express. Ils étaient passés en conseil de discipline mais n'avaient pas été expulsés de l'école. Tante Hermione avait dit que c'était un sacré coup de chance et qu'il ferait mieux de ne pas recommencer, il risquait de ne pas s'en sortir aussi bien la prochaine fois.
Ils avaient ensuite eu un long moment de tranquillité où ils avaient presque oublié toutes ces histoires et avaient quasiment mené la vie normale d'étudiants normaux. Et puis il y avait eu la Saint Valentin et la carte que Napata avait reçue pour un mystérieux rendez-vous. Teddy avait eu le nez fin en trouvant ça louche et Sam, Jesse et lui s'étaient cachés pour l'espionner. Il avait suivi une ombre dans la Forêt Interdite. On lui avait jeté un maléfice. Sans l'intervention d'Hagrid, il ne s'en serait probablement pas tiré.
Plus tard, il avait fait la connaissance du portrait de Severus Rogue, ancien directeur de Poudlard qui, selon les dates sur son cadre, n'avait pas été à la tête de l'école bien longtemps. Il lui avait dit de chercher dans le passé de l'école et principalement au niveau de la chambre des secrets. Teddy avait appris deux ou trois petites choses mais rien de concluant et lorsqu'il avait voulu s'y rendre, Hagrid lui avait parlé de réunions secrètes d'élèves dans la Forêt Interdite. Il s'était perdu en chemin, s'était retrouvé dans une aile désaffectée du château et avait découvert les serpents dans la poussière mais également Lorena et Atticus qui fomentaient une potion étrange. Cette potion était très probablement celle qu'il avait mélangée au ragoût et qui avait empoisonné la moitié de l'école.
Il soupira. Le lien était là, sous ses yeux, mais pas moyen de le trouver, pas moyen de faire la relation. Napata qui pensait mieux que lui pourrait peut-être l'aider, après tout elle…
« Napata ! »
De son lit où il lisait son livre de métamorphose, Jesse sursauta.
« Euh… tu te sens bien Teddy ? Napata est dans sa salle commune, ne l'appelle pas, par pitié.
_ Non ! Napata ! C'est le lien !
_ Le lien ? Mais de quel lien est-ce que tu parles ? »
Plus loin, Sam, qui avait déjà enfilé son pyjama pour être plus à l'aise dans ses révisions, se laissa glisser au bas de son lit et vint les rejoindre. Il s'appuya au montant de celui de Jesse. Teddy, lui, se sentait surexcité, comme s'il venait de découvrir quels seraient ses prochains cadeaux de Noël.
« Est-ce que vous pouvez garder un secret ?
_ Bien sûr, s'écria Sam en ébouriffant ses cheveux roux. Pour qui est-ce que tu nous prends ?
_ Vous ne le dîtes à personne hein.
_ Promis ! s'écrièrent les deux garçons en chœur.
_ Napata n'est pas la nièce du ministre de la magie, c'est sa fille et c'est elle qui est visée avec tous ces attentats.
_ Mais… souligna Jesse. Pourquoi est-ce que ça nous tombe toujours dessus alors ?
_ Parce qu'on est toujours avec elle, et parce que les terroristes ne sont pas assez doués pour faire mieux. »
Son esprit fonctionnait à toute allure, il pouvait presque l'entendre grincer au fur et à mesure que les pensées défilaient dans sa tête. Il en avait le vertige.
« Parce que… parce que les terroristes sont des gosses, comme nous. »
La lumière était en train de se faire dans son esprit.
« L'ouroboros est le signe qu'ils se sont donnés.
_ Oh doucement ! protesta Sam. C'est quoi ça l'ours bourros ?
_ L'ouroboros ! C'est le serpent qui se mord la queue. Le professeur Starlight a dit que c'était le signe de l'éternité et de l'éternel recommencement. Ou quelque chose dans ce goût-là. Et c'est leur signe de ralliement.
_ Mais pourquoi ? insista Sam. Pourquoi pas une cacahuète tant qu'ils y sont ? Enfin sauf que l'ours bourros est plus classe, je suis d'accord. »
Teddy n'avait pas la réponse à cette question-là. Mais ce qu'il avait découvert ce soir était largement suffisant pour entretenir son excitation. Il avait l'impression d'être un auror en pleine enquête. Et, qui sait, peut-être son parrain accepterait-il de le prendre pour apprenti avant qu'il n'ait l'âge requis ?
Il saisit un nouveau parchemin, trempa sa plume dans l'encrier et entreprit d'écrire rapidement et maladroitement par manque de surface plane et stable, une lettre à Harry. Il y expliqua tout ce qu'il avait découvert et s'il ne savait toujours pas ce qu'il était advenu du Poudlard Express, il espérait au moins que tout ceci puisse l'aider. Il ajouta les quelques pistes dont il ne savait que faire, notamment la plaque vandalisée et les indications du portrait de Severus Rogue puis, lorsqu'il eut enfin terminé, il fonça hors de son dortoir pour se rendre à la volière.
Bien que le printemps approchât, à presque neuf heures du soir, il faisait déjà nuit et Teddy dut courir aussi vite que le lui permettaient ses jambes pour ne pas trop dépasser sur l'heure du couvre-feu. Il prit la première chouette appartenant à l'école qui lui tomba sous la main, y attacha son message et la laissa s'envoler.
Toute la nuit, il se tourna et se retourna dans son lit, cherchant le sommeil. Chaque fois que le vent faisait craquer une poutre ou qu'une bûche éclatait dans le poêle, il s'imaginait qu'un hibou venait frapper à la fenêtre pour lui apporter une réponse d'Harry. Il se dressait alors sur son lit et allumait sa baguette, allait parfois jusqu'à se lever. Mais chaque fois, il fut déçu de constater que seule la nuit l'observait. Une fois ou deux, il ouvrit la fenêtre pour se pencher à l'extérieur, des fois que le hibou serait perché sur une corniche un peu plus loin mais il ne vit rien et à un moment, Jesse le traita de malade qui cherchait à leur faire attraper la mort à tous.
Il se recoucha et, sur les premières heures du matin, le sommeil eut finalement raison de lui. Mais il fit des rêves agités au sujet d'Harry, de Napata, du Poudlard Express enfin retrouvé. Au matin, lorsque son réveil sonna, il se sentait aussi fatigué que lorsqu'il s'était mis au lit, comme s'il n'avait pas dormi du tout.
Il s'habilla sans vraiment de goût et suivit les autres pour le petit-déjeuner où il mangea du bout des dents.
« Ne te stresse pas ! s'exclama Sam qui n'avait décidément rien compris. Je suis sûr que tu vas réussir tous tes devoirs haut la main. D'ailleurs… »
Il se tourna vers Jesse qui dévorait voracement un toast à la marmelade de potiron.
« Est-ce que les gobelins ont créé Gringotts avant ou après leur révolution ?
_ Après ! soupira Jesse en envoyant des miettes sur la table. S'ils l'avaient créée avant, il n'y aurait certainement pas eu de révolution. »
Teddy savait qu'il ferait mieux de noter cette information dans un coin de son esprit, voire même d'en demander un peu plus à Jesse qui semblait parfaitement maîtriser le sujet. Mais il ne parvenait pas à s'intéresser à ses cours. De sa place, il avait une vue sur la table de Serpentard. Napata prenait son petit-déjeuner en riant avec Phébus. Etait-il possible que ce soit lui le terroriste ? Au point où il en était, il se mettait presque à soupçonner tout le monde. Encore un peu et il allait sombrer complètement dans la paranoïa.
Lorsque sonna l'heure de se rendre en cours, ils se levèrent tous les trois et, avec un dernier regard déçu vers le plafond où, décidément, aucun hibou ne semblait vouloir venir pour lui, il suivit Sam et Jesse vers leur salle de métamorphose où ils avaient leur premier examen de la journée.
Ce fut fastidieux pour lui, difficile de se concentrer sur ses copies lorsque toutes ses pensées volaient vers Harry et le Poudlard Express. Il était persuadé que s'il mettait la main sur le terroriste alors le nœud de l'affaire se démêlerait et ils retrouveraient le train. Ça lui semblait bien plus important que cette question sur les dix manières de transformer de la laine en mousse. Qui allait donc se soucier d'effectuer ce genre de métamorphose dans sa vie future si ce n'était une couturière qui vivait dans une bergerie ?
Il fut soulagé de voir approcher l'heure du repas.
« J'aurais de bonnes notes, je crois, s'exclama joyeusement Jesse en hissant son sac son épaule. J'ai trouvé le devoir de botanique tellement facile !
_ Mais on s'en fout de la botanique ! explosa Teddy. Est-ce que je suis le seul ici à me soucier de ce qui se trame dans cette école ? »
Jesse et Sam échangèrent un regard perplexe. Devant eux, leur ami avait soudainement foncé ses cheveux du noir le plus intense et sa peau elle-même avait pris une couleur brune. Depuis le début de l'année, ils avaient largement eu le temps de s'habituer à sa métamorphomagie, mais ce n'était pas pour autant qu'ils n'étaient pas impressionnés par toutes les apparences qu'il pouvait prendre.
« Qu'est-ce que tu crois ? répondit Jesse du ton le plus calme possible. Nous aussi on a peur et nous aussi on s'inquiète, mais on a onze ans, enfin pas Sam, je crois qu'il n'a que deux ans. »
L'intéressé le poussa du coude en protestant. Teddy soupira et sentit un peu de la tension qui l'avait habité le quitter.
« J'aimerais en savoir plus sur ces groupes qui se réunissent la nuit dans la Forêt Interdite.
_ Et tu comptes sillonner toute la forêt sans savoir où tu vas ni même si tu es tombé sur la bonne nuit ? demanda Sam, un rien railleur. Je ne te donne pas dix minutes avant de te faire dévorer par un quintaped. »
Ils se dirigèrent vers la Grande Salle pour y déjeuner, mais Teddy n'avait pas plus d'appétit qu'au matin. Il pinça les lèvres et joua du bout de sa fourchette avec les aliments auxquels il ne touchait finalement pas. Lorsque tout à coup, il redressa la tête.
« On pourrait faire croire qu'on est intéressés et qu'on veut entrer dans le groupe !
_ Ah oui ? Et à qui tu vas demander ? questionna Sam. Salut, t'es un Mangemort toi, parce que j'aimerais bien faire partie de votre groupe, y a moyen ?
_ Je sais à qui demander. »
Teddy bondit sur ses pieds et courut aussi vite qu'il le put vers la tour des Gryffondor. Il enfila les escaliers à une vitesse qu'il n'aurait jamais cru atteindre un jour et arriva à bout de souffle devant le portrait de la Grosse Dame qui était en pleine discussion avec Violette.
« Voyez-vous, le problèmes avec les canevas c'est qu'ils pensent que leur laine leur donne plus d'importance que notre peinture. »
Violette étouffa un petit cri indigné et plaqua une main sur ses lèvres avant de l'enlever rapidement pour boire une gorgée de cherry qui fit rosir ses joues.
Teddy prit quelques secondes pour respirer et prononça le mot de passe. Sans même s'occuper de lui, la Grosse Dame ouvrit le passage et il s'engouffra dans la salle commune. A cette heure, elle était déserte. Le feu de la cheminée était moribond. Il n'en restait plus que quelques tisons rougeoyants et une odeur qui n'était pas sans rappeler celle des bougies d'anniversaire que l'on venait de souffler. Mais Teddy ne s'attarda pas là non plus. Son cœur battait à toute allure, non seulement à cause de la course qu'il venait de suivre mais également à cause de l'excitation. Il savait qu'il était en train de jouer quitte ou double et qu'il risquait gros. Mais il ne pouvait se résoudre à rester les bras croisés et à jouer aux enfants normaux alors qu'il avait peut-être les moyens de donner un coup de main à son parrain.
Il était le fils de Nymphadora Tonks, une excellente auror et de Remus Lupin, résistant de l'Ordre du Phénix. Il avait le devoir de leur faire honneur.
Il monta vers les dortoirs des filles, choisit celui des cinquième année et monta les marches. Il était presque arrivé à la dernière lorsque, dans un craquement, elles se transformèrent en un toboggan. Teddy sentit ses semelles déraper et il chercha une prise à agripper mais il n'y en avait pas, avec un cri, il tomba lourdement sur le ventre et glissa jusqu'en bas. Son menton avait heurté le sol et s'il ne saignait pas, il n'en avait pas moins mal.
La porte s'ouvrit néanmoins.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Il étouffa presqu'un cri de joie. Devant lui se tenait Lorena, pas maquillée et l'air fatigué.
« Il faut que je te parle ! » s'écria-t-il en se remettant debout.
Mais l'adolescente fit la moue.
« J'ai déjà eu assez de problèmes comme ça, Lupin. Ce n'est pas la peine de m'en rajouter, merci.
_ C'est important ! »
Elle leva les yeux au ciel.
« Mais c'est toujours important avec toi !
_ Parce que des vies sont en jeu. »
Elle hésita, soupira et finit par descendre l'escalier, refermant soigneusement la porte derrière elle.
« Tu t'es fait mal ? Tu ne savais pas que les garçons ne pouvaient pas entrer dans les dortoirs des filles ? Je crois qu'un jour un directeur a eu peur d'avoir des mauvaises surprises la nuit. Ou alors ce sont les fondateurs eux-mêmes qui avaient déjà des doutes sur les mœurs des adolescents. »
Il se frotta le menton. C'était sensible mais ce n'était pas non plus si douloureux que ça.
« Lorena, je… je ne sais pas trop comment dire ça mais… je crois que…
_ Je sais pourquoi tu viens.
_ Ah oui ?
_ Tu veux savoir pourquoi j'ai fait ça. »
Il déglutit, acquiesça. Ce n'était pas tout à fait ce qu'il avait espéré mais ce n'était pas inintéressant non plus. La jeune fille baissa les yeux, contrite.
« Il y a des fois où on ne peut pas faire autrement, où on a été manipulés.
_ Comment ça ?
_ Je suis… enfin j'étais, amoureuse de Léodegranz. On se connaît depuis la première année et ça fait à peu près un an que j'espère trouver le courage de lui déclarer que je l'aime. Tu comprends, quand j'ai été nommée préfète avec lui, j'ai cru à un signe du destin. Mais il m'a embobinée. Il m'a fait croire que mon amour était réciproque et qu'on pouvait faire quelque chose tous les deux. »
Elle avala sa salive. Ses joues étaient devenues écarlates.
« Il m'a fait faire un serment inviolable, me faisant jurer de toujours faire ce qu'il me demandait. »
Teddy avait déjà entendu parler de ces serments. Son oncle Harry avait dû en réaliser un lorsqu'il avait été nommé auror, afin de jurer de ne jamais divulguer les secrets du ministère. C'était, selon son oncle Ron, un nouveau moyen de s'assurer qu'il n'y aurait plus de traîtres dans les rangs du ministère.
« Je ne peux pas le briser, continuait Lorena, qui brise un serment inviolable, s'expose à la pire des punitions, la mort. »
Pour une adolescente de quinze ans, la pression était tout de même énorme, Teddy en avait conscience. Il posa cependant la question qui lui brûlait les lèvres depuis le déjeuner.
« Est-ce que c'est Atticus qui fait ces réunions secrètes dans la Forêt Interdite ? »
Elle redressa subitement la tête.
« Tu es au courant de ça ?
_ Hagrid m'a dit que quelque chose de louche se tramait mais il pensait à de stupides idées de collégien.
_ Ce ne sont pas des élèves qui se réunissent là, Teddy. Ce sont des gens mauvais, des anciens Mangemorts pour certains, mais pas tous.
_ Comment ça, pas tous ?
_ Il y a des gens haut placés qui, pour une raison ou pour une autre, veulent que le Seigneur des Ténèbres revienne à la vie.
_ Mais on ne peut pas ramener les morts !
_ Ils n'en sont pas sûrs.
_ Et Atticus est l'un d'entre eux ? »
Elle acquiesça.
« C'est une histoire compliquée et je ne peux pas tout te dire. Je briserais mon serment sinon. Je… il faut savoir que Léodegranz est Stone sont parents. »
Elle fut coupée par la sonnerie de début des cours. Teddy ne fit pas un mouvement pour la quitter.
« Parents ? Comment ça ?
_ Mais tu es bouché ou quoi ? C'est son fils !
_ Mais ils n'ont pas le même nom.
_ Evidemment, Stone s'est arrangé pour que son fils porte le nom de sa mère, pour que personne ne l'embête pendant sa scolarité et ne le pense privilégié parce qu'il est le fils du directeur.
_ Mais… et Napata ?
_ Quoi Napata ? Quelle Napata ?
_ Shackelbolt. »
Lorena secoua la tête.
« Je ne peux pas en parler.
_ Est-ce qu'elle est en danger ?
_ Je ne peux rien dire ! »
Lorena reculait déjà vers l'escalier qui menait à son dortoir.
« Je ne peux pas. »
Et elle fila, monta rapidement les marches pour claquer la porte derrière elle. Teddy resta sur place durant quelques secondes puis, se rappelant tout à coup qu'il avait un examen à l'autre bout du château, poussa un juron et s'élança en courant.
Il arriva néanmoins en retard. Lorsqu'il se retrouva devant la porte de sa salle de classe, celle-ci était déjà fermée. Il grimaça, toqua et entra. Le professeur Rockwell le foudroya du regard.
« Eh bien, monsieur Lupin, vous nous aviez oublié ?
_ Non, professeur. Je… j'étais coincé dans les toilettes. »
Une vague de rire lui répondit et il se força à rougir, ravi que ses dons de métamorphomage lui servent réellement pour une fois.
« Eh bien la prochaine fois emmenez un mode d'emploi. Dépêchez-vous de vous installer et de vous mettre au travail. »
Il tendit à Teddy son sujet d'examen.
