Hello les p'tits loups !
Me voilà de retour super en avance pour un nouveau chapitre !
J'ai vraiment adoré l'écrire ! J'espère qu'il vous plaira autant ! :D
Disclamer : Tout à JKR, sauf Enora, les autres personnages que j'ai inventé et l'intrigue.
Brefouille ! Bonne lecture à tous !
Enjoy it !
Chapitre 34
George s'avança sur les gravillons du chemin qui menait à la porte d'entrée du Manoir. Plus il s'approchait de la maison, plus il remarquait que les traces de lutte étaient nombreuses. Comment pouvait-il savoir que c'était de la magie noire ? C'était tout simple, une idiote déduction : il n'y avait que des sorciers pratiquant la magie noire qui pouvaient mener ce type d'attaque à la sauvage, et surtout chez les Malefoy. Cependant, il n'y avait pas que ces deux seuls indices qui faisaient penser cela au jeune homme. En effet, il savait reconnaître les effets de ce type de magie quand il en voyait, et le principal était la putréfaction des êtres vivants (fleurs, animaux, arbres…) qui avaient été frôlés par ces enchantements. Ainsi, devant lui, le gazon avait des airs de légumes plein de pustules. Les arbustes qui servaient de haies étaient de couleur de vomi et en avaient l'odeur. Rien n'était pire que cela, si ce n'était l'idée que Drago ou sa mère aient pu être touchés par un de ces sorts abominables, qui n'apportaient que la destruction et la désolation autour d'eux. Mais que s'était-il donc passé ici ? Des stigmates de sorts violents tatouaient les murs de façade tout juste refaits. Le rouquin sortit sa baguette et, rendu prudent par la guerre, envoya un Patronus au Bureau des Aurors, les prévenant d'une possible situation de combats par magie noire au Manoir des Malefoy. Il avait pensé une seconde l'envoyer non pas au Ministère, mais chez lui, pour prévenir Enora et sa famille. Mais il avait compris que ce ne serait pas une bonne idée. Hermione et son amie rousse étaient déjà assez traumatisées comme ça par cet endroit, il ne voulait pas en rajouter, que ce soit ou non pour secourir un ami, ou un amoureux. Il fit cela tout en gardant un œil attentif sur le moindre bruit ou mouvement suspect qui viendrait de la maison, puis il reprit son chemin, la baguette en avant. Sans que rien ne se soit produit, George arriva devant la porte d'entrée défoncée. Le jour qui baissait rendait la visibilité moindre et transformait chaque ombre en monstre, chaque son en tonnerre menaçant. Cependant, le courage de la maison des Gryffondors ne lui faisait pas défaut en cette soirée. Sans attendre d'éventuels renforts, le rouquin pénétra dans la bâtisse.
La première chose qu'il remarqua fut la grande obscurité ambiante. Toutes les lumières étaient éteintes dans le crépuscule. Ses yeux enfin habitués au peu de visibilité, le jeune homme se rendit compte que tout le faste heureux qui avait mis en place par son ancien ennemi avait été détruit à grand renforts de sorts déchaînés. La rage qui se révélait dans ce carnage fit frissonner George. Qui avait donc bien pu faire cela ? Cette question tournait en boucle dans sa tête.
En faisant quelques enjambées sur le marbre blanc, le rouquin entendit ses pas crisser. Baissant le regard, il remarqua que des gravats jonchaient le sol. Se demandant d'où ils pouvaient venir, il observa les murs et le plafond. Ce fut alors que sa bouche s'ouvrit et laissa échapper un gémissement horrifié. La voûte de l'entrée était fissurée en toutes parts et menaçait de s'écrouler d'une minute à l'autre. Immédiatement, George fit apparaître des étais pour soutenir le plafond en les apposant sur les cloisons qui étaient encore en bon état. Il les fit se croiser au centre pour qu'ils puissent se soutenir les uns les autres. Bien lui prit car quelques secondes plus tard, un craquement plus sonore que les autres qu'il avait discernés jusque-là, se fit entendre et une faille[CJ1] plus grande et plus profonde que les autres apparut. Une goutte de sueur dégoulina dans le dos de l'associé d'Enora. Il respira un grand coup avant de reprendre sa progression dans le manoir. Au moment où il atteignait l'escalier en face de la porte, il entendit des sons caractéristiques du transplanage. Il se retourna et vit s'avancer quelques Aurors de sa connaissance, tel que Williamson et Crabtree. Ces derniers le remarquèrent très vite et ils lui firent signe de revenir vers eux. George refusa en secouant la tête, montrant le plafond. Les deux Aurors firent quelques pas prudents et virent ce que lui montrait le fils de Molly. Ce dernier était courageux comme un lion, mais n'était pas fou. Il était content du travail d'étayage qu'il avait fait, mais il n'avait pas trop envie de s'aventurer dessous.
Alors, sans plus se préoccuper des chuchotements désapprobateurs des deux policiers-sorciers, George reprit sa montée prudente (c'est-à-dire qu'il s'arrêtait à toutes les étapes, à la recherche d'un bruit qui pourrait lui indiquer s'il y avait encore quelqu'un dans ces couloirs) des marches de l'escalier. Tout le long, de nouvelles traces noires de sorts mal visés fleurissaient, flanquant un peu plus la peur dans le ventre du jeune homme. Bah oui, on pouvait être courageux, mais pas sans peur ! Non, mais ! Que celui qui pensait cela vienne remplacer tout de suite George dans ces escaliers sombres, dans ce manoir sombre, dans lequel il ne savait du tout à quoi s'attendre, sinon à une bonne bagarre et à un bon duel magique avec un fou qui pratiquait la magie noir. Que du bonheur quoi ! Quelle ironie…
Sans se laisser envahir par ces pensées défaitistes, le roux continua d'avancer. Il arriva finalement en haut de l'escalier. Devant lui plusieurs couloirs commençaient, mais il lui restait à savoir lequel prendre. Oui, il était venu dans cette maison auparavant, pourtant cela ne voulait pas dire qu'il la connaissait sur le bout des doigts. Bien qu'elle soit bien moins grande que Poudlard, elle avait presque autant de passages tortueux et indéfinissables. Il lui avait fallu des années avant de comprendre la façon d'être du château, et il n'était pas tout seul. Seulement, là maintenant, George n'avait pas beaucoup de temps s'il voulait aider Drago et Narcissa, dont il se doutait qu'ils se trouvaient là, et il était en solitaire. Soudain, la solution lui apparut, évidente. Il se retint de se taper du plat de la main le front. Cela aurait été d'une perte de temps (et de neurones) sans conteste et inutile. Il n'avait qu'à suivre les traces de lutte. Un peu lugubre comme chemin, cependant, cette conclusion était la plus flagrante. Il chercha alors des indices tels qu'il en avait déjà vus. Rapidement, il put se repérer et suivre facilement les marques qu'avait laissées le combat qui apparaissait comme féroce. Mais par acquis de conscience, il laissa une trace bien à lui, une tête de lion rouge et or (il avait mis pas mal de temps à se décider pour trouver quelque chose d'assez unique et reconnaissable… Bah oui, ce n'était pas un maître du dessin et les bouclettes de la crinière lui paraissaient impossibles à faire), pour que les Aurors, quand ils auraient trouvé un moyen de passer sous le plafond tremblotant de l'entrée, puissent suivre la même route que lui dans le dédale des corridors.
Précautionneusement, il avança. Tout à coup, il arriva devant une porte qui était entrouverte, contrairement à toutes les autres avant. A pas de loup (pas garou, rassurez-vous !), il s'approcha, jusqu'à ce qu'il vit une lueur vive traverser la pièce à grande vitesse à travers l'entrebâillement. Cela le surprit tellement qu'il fit un pas en arrière, en retenant un cri de stupéfaction. Mais ce qu'il ne prévit pas fut que la porte s'ouvrit en grand laissant apparaître une personne qu'il ne s'attendait pas du tout à voir là.
oOo
Cela faisait vingt minutes qu'Enora se tordait de douleur. Parfois celle-ci cessait, lui laissant quelques instants de répit. Cependant, quelques secondes après, elle reprenait sans que la jeune fille ne puisse s'y attendre. Les Weasley et Hermione autour d'elle ne savaient que faire. Elle se tenait le ventre comme si sa vie en dépendait. La jeune femme marmonnait des phrases sans queue ni tête, hurlait des cris de voyelles, puis retombait dans une souffrance silencieuse, ou presque. Mais ce qui marqua le plus Harry, qui contemplait tout cela de loin, ce fut que cela ressemblait à ses crises lorsqu'il entrait en contact avec Voldemort à son insu. Soudain elle cria un long appel à Drago. Ce dernier devenait de plus en plus récurrent jusqu'à ce, durant une légère accalmie (ce qui était déjà beaucoup), elle puisse enfin chuchoter quelque chose d'intelligible, que, malgré la distance le Survivant put comprendre.
- C'est… C'est… C'est Drago…
Tout de suite, Hermione réagit en se rapprochant du lit sur lequel avait été allongée la rousse.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
Néanmoins, avant que la demi-Elfe ne réponde, la douleur la reprit à la gorge, la faisant suffoquer, au ventre, lui donnant envie de vomir. Dans un effort qui paraissait surhumain (ou surelfique), la fille de Severus montra son ventre en soulevant difficilement son t-shirt trempé de sueur. Serrant les dents, elle leur fit découvrir une cicatrice. Cette dernière était blanche, hypnotique, bougeant au même rythme que la respiration sifflante d'Enora. Elle faisait un peu moins de dix centimètres de longueur sur cinq millimètres de large.
Harry s'interrogea immédiatement. Qu'est-ce qui avait bien pu provoquer cela ? Avait-ce été fait durant sa capture ? Est-ce qu'Arthur était au courant ? Aux vues du regard ahuri qu'il lançait sur l'abdomen de la rousse, non. Il ne la connaissait pas. Qui avait donc fait cela ?
Enora ne put manquer, malgré ses yeux plissés par la douleur qu'elle éprouvait, les émotions que reflétaient les visages qui l'entouraient. Ebahissement. Consternation. Incompréhension. Heureusement, pas de dégoût. Elle se doutait qu'ils avaient dû en voir de belles durant la guerre. Mais la sienne devait tout de même être impressionnante. Même pour eux.
Soudain, cela fit écho dans l'esprit de l'Elu. Il ouvrit de grands yeux. La rousse savait qu'il comprendrait, à cause des discussions qu'ils avaient eues tous les deux à propos de leur vie respective. Harry n'avait jamais pu imaginer que cela ait pu exister, qu'Enora en soit la preuve vivante. Cette dernière fixait droit dans les yeux son ami binoclard, le poussant à exprimer ce qu'il avait sur le bout de la langue. Parce qu'elle avait compris qu'il avait compris ce qu'elle voulait lui faire comprendre. Cela pouvait paraître compliqué, mais, en fait, c'était très simple. Cela pouvait paraître impossible, mais dans un monde comme celui de Poudlard, rien n'était vraiment impossible.
Profitant d'une nouvelle accalmie, Enora ouvrit la bouche.
- Harry… Dis… Dis-leur… Eau…
A peine le dernier mot prononcé qu'elle partit enfouir son esprit loin de ce qu'elle ressentait, loin de tout. Elle s'évanouit. Puis tomba dans le coma. Hermione, sortant la première de la sorte de transe dans laquelle tout le monde avait été plongé dès qu'Enora avait hurlé pour la première fois sa douleur, fit tout de suite appeler madame Pomfresh, parce qu'elle était le seul médecin en qui la toute famille avait vraiment confiance, surtout pour lui révéler qu'Enora était une Elfe. Enfin, une demi-Elfe. L'infirmière de Poudlard, encore en vacances pour quelques jours, arriva quelques instants après l'appel par Cheminée de la brune des Gryffondors. Cette dernière lui montra sa patiente et fut réquisitionnée comme assistante. Les autres furent tous éjectés de la pièce. Puis, comme des automates revenant à la vie, ils se tournèrent vers Harry qui semblaient avoir des réponses aux questions qu'ils se posaient tous. Arthur proposa avant tout de rappeler son fils de sa sortie nocturne, mais sa femme ne le lui conseillait pas tant qu'ils ne savaient pas plus précisément ce qu'avait la jeune fille. Ils se retournèrent alors vers Harry et celui-ci rougit sous l'attention palpable que lui portait la famille de sa petite-amie et de son meilleur ami.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?, demanda Arthur d'une toute petite voix, montrant à quel point cela l'avait remué.
Harry s'éclaircit la voix. Il avait intérêt à s'expliquer au plus vite sinon il risquait de faire exploser les nerfs de toutes les personnes présentes dans la maison, et ce serait un beau carnage. Et plus de travail pour madame Pomfresh, qui lui en voudrait sûrement.
- Durant les premières années de ma scolarité, après les premiers contacts télépathiques entre Voldemort et moi, j'ai fait des recherches pour en savoir plus sur les liens entre des cicatrices et celui qui l'avait faite, et pour savoir si je pouvais arrêter ces visions que la mienne me faisait avoir. Pour moi, je n'ai rien trouvé du tout. Je ne rentrais dans aucune des catégories que les livres de la bibliothèque et de la réserve de Poudlard explicitaient. Mais j'ai fait tout un tas de découvertes sur les différents liens psychiques qui peuvent lier deux personnes. Notamment les liens d'empathie.
Cette déclaration laissa presque tout le monde perplexe. Liens d'empathie ? C'est-à-dire ?
Harry comprit facilement l'interrogation qui taraudait sa famille d'adoption, quand un nouveau cri le fit sursauter et se mordre la langue jusqu'au sang de surprise, l'empêchant de parler. Non, ce n'était pas Enora qui s'était réveillée et qui hurlait à nouveau de douleur. Non. C'était Ginny.
- Tu veux dire qu'Enora est empathique ? Qu'elle a le pouvoir d'empathie ?
Son petit-ami hocha la tête, approuvant les dires de celle qu'il aimait.
- Wouah !, s'exclama la jeune rouquine. Mais de qui ?
- De Drago…, répondit-il.
- Oh… Je comprends…
- Est-ce que quelqu'un aurait l'extrême amabilité de nous expliquer de quoi il retourne ?, gronda une Molly sarcastique, inquiète pour une de ses protégées.
Harry eut un triste sourire.
- En fait, Enora a hérité des Elfes d'un autre de leurs exceptionnels pouvoirs.
- Exceptionnel ? C'est ce pouvoir qui lui fait mal ? Et tu le qualifies d'exceptionnel ?, s'exclama la mère de famille, coupant son presque-fils.
- Je vais vous expliquer. En fait, ce pouvoir est capable de vous faire ressentir toutes les émotions de la personne à laquelle vous êtes lié. Mais Enora a réussi, instinctivement je suppose, à masquer les propriétés de ce pouvoir, car tout ce que ressentait la personne à qui elle est liée n'était pas assez dangereusement fort pour percer la coquille, disons, anti-intrusion, qu'elle s'était créée. Pour tout vous dire, je crois qu'elle n'était même pas au courant de son pouvoir, qu'elle était liée à quelqu'un.
- Mais alors, comment a-t-elle su que c'était pour cette raison qu'elle avait si mal ?, questionna Arthur, aussi inquiet que sa femme.
- En fait, je pense qu'elle a découvert cette possibilité en lisant un des livres de Dumbledore sur les Elfes et leurs pouvoirs.
- Et à qui serait-elle liée ?, interrogea Ronald encore un peu sceptique.
Lui, tant qu'on ne lui montrait pas, il ne croyait pas. Ou difficilement.
- A Drago, patate !, s'exclama sa sœur en levant les yeux au ciel. Mais ce qui m'intrigue, moi, c'est comment ils se sont liés…, déclara Ginny.
- Je crois que c'est cette cicatrice qu'Enora nous a montrée qui est la clé de tout.
- Tu veux dire qu'il aurait…
- C'est probable, bien que j'aie dû mal à y croire, répondit Harry en la coupant.
- Bon… Quand vous aurez fini de parler en messages codés avec Ginny, vous pourrez peut-être nous expliquer, non ?, s'impatienta Ron.
- En fait, pour se lier à quelqu'un par le pouvoir de l'empathie, il faut qu'on la blesse. Physiquement, ou parfois, cela peut arriver quand on la blesse mentalement.
- Ce que tu dis c'est que DRAGO aurait mutilé Enora ? Dra-go ? L'amoureux ? La fouine ? Ce serait lui qui lui aurait fait cette balafre sur le ventre ?, s'étonna férocement le meilleur ami du Survivant.
Harry, un air désolé sur le visage, hocha la tête, incapable de prononcer la phrase, qui conclurait cela, à voix haute. Ce fut cet instant que choisirent Hermione et madame Pomfresh pour sortir de la chambre d'Enora et descendre dans le salon du Terrier. Tous les habitants de la maison branlante se précipitèrent sur les deux femmes, les pressant de questions sur l'état de santé de la rousse. N'appréciant pas être bousculée de cette manière, Pompom leva la main d'un geste autoritaire qui fit pratiquement taire tout le monde.
- Il serait appréciable que nous ne parlions pas trop fort pour ne pas déranger Enora. Merci.
Cette phrase eut pour conséquence de faire cesser les derniers chuchotements qui perturbaient le silence que voulait l'infirmière pour sa patiente. Molly, ayant compris ce que voulait le médecin de Poudlard, invita toute la petite troupe à s'asseoir. Pompom hocha la tête, pour la remercier.
- Bien. Mademoiselle Rogue est dans le coma suite à une grande douleur. Cependant, cette souffrance s'est arrêtée quelques instants après que je sois arrivée. Malgré cela, pour protéger son esprit, son cerveau s'est mis en veille, mais quelque chose qui est plus profond que le sommeil. Pourtant, je ne sais pas du tout ce qui a pu provoquer cela. Tous ses signes vitaux sont corrects, ses organes vont bien. Rien n'indique ne serait-ce qu'une raison médicale pour qu'elle ressente une telle souffrance.
- Je pense savoir pourquoi.
Madame Pomfresh se tourna vers celui qui avait parlé, Harry. Ce dernier lui expliqua la même chose que ce qu'il venait de dire aux Weasley. Durant tout son exposé, l'infirmière hocha la tête, comprenant facilement ce qu'il lui racontait. En effet, durant ses études à l'Institut d'Infirmomagie et de Médicomagie adjacent à Sainte Mangouste, ses professeurs leur avaient fait étudier un grand nombre de cas particuliers, dont celui des liens empathiques. Elle ne pouvait pas le briser (et surtout pas sans l'accord de la principale intéressée), mais maintenant qu'elle connaissait la cause des douleurs de sa patiente, elle savait ce qu'elle pouvait faire pour la soulager un tant soit peu. Elle coupa court aux éclaircissements du jeune homme aux cheveux noirs et remonta dans la chambre d'Enora pour lui administrer de nouveaux soins plus adaptés, ainsi que pour vérifier à nouveau ses signes vitaux.
Le salon resta plongé dans un silence religieux. Chacun pensait et laissait son esprit divaguer sur ce qui venait d'être dit. Cependant, certaines questions étaient récurrentes dans leurs raisonnements : quand est-ce que Drago avait bien pu blesser Enora de cette manière, alors qu'il se targuait (aux dires de George) de ne jamais l'avoir faite souffrir directement durant son emprisonnement ? S'étaient-ils fait avoir sur ce personnage dont le vice était bien présent à Poudlard ? Dans quelle partie de sa vie leur avait-il montré un masque de fausseté ? Avaient-ils eu raison de lui faire confiance et de le faire entrer dans leur vie ? Mais surtout, qu'est-ce qui faisait souffrir Drago à ce point pour qu'il en fasse souffrir Enora à son tour ? Personne n'avait de réponse précise.
oOo
Elle flottait. Enora, ou plutôt son esprit, flottait dans une sorte de vide noir et sans fin. La seule chose dont elle était sûre, c'était qu'elle n'était pas morte. Elle semblait plus être dans une sorte de coma. Oui, coma était le mot exact.
Soudain, devant elle, s'ouvrit un quelque chose comme une porte. Mais cette porte n'était pas rectangulaire, telle que toutes les autres qu'elle avait déjà connues. Elle était ovale, presque ronde. De cette porte lui parvenait une lumière forte qui l'éblouissait. La rousse chercha à la fermer pour s'en protéger, mais rien n'y faisait. Soudain, la porte se mura d'elle-même, la laissant à nouveau dans le noir. Quelques secondes plus tard, une autre pratiquement identique à quelques mètres ou kilomètres de distance (elle ne savait pas, le noir n'aidant définitivement pas à se repérer dans l'espace) se dégagea, lui faisant subir la même lumière aveuglante. Le même laps de temps après, elle se ferma. Puis plus rien.
Enora continuait de flotter dans le vide. Elle se percevait, elle se voyait, mais ne pouvait rien distinguer autour d'elle. Ne pouvant pas faire autre chose qui soit plus constructif, elle s'assit en tailleur dans ce vide qui semblait la porter, et se mit à réfléchir. Tout de suite, il lui vint à l'esprit que ce qu'elle avait pris pour des portes étaient en fin de compte ses yeux. Un médecin venait sûrement de l'examiner, pour savoir où elle en était dans son coma.
Coma, un triste mot tout de même. On avait l'impression qu'il annonçait la fin de quelque chose. Pourtant ce n'était pas toujours le cas…
Laissant de côté ces inspirations philosophiques, Enora pensa à ce qui l'avait amenée à se retrouver là. Drago.
Tout de suite, ce prénom lui vint en tête. Elle l'avait dit à Harry. Elle savait qu'il avait compris, tout comme il savait qu'elle avait compris ce qui lui arrivait quand elle lui avait montré sa cicatrice. La solution lui était apparue simplement dans les méandres douloureux de la souffrance.
Drago et elle étaient liés d'empathie. Mais ce lien n'était qu'à sens unique, car le blond, de sang aussi pur était-il, n'était pas un Elfe. Il ne pouvait pas se lier avec quelqu'un de cette manière. D'autant qu'Enora ne lui avait pas enfoncé un couteau dans le ventre jusqu'à la garde. Cette histoire, c'était son secret. Parce que Drago n'était pas au courant de ce qu'il avait fait. Comment cela se faisait-il ? Avant qu'il n'ait appris à y résister, du moins quand ce sort était lancé par les moins bons d'entre eux, un groupe de Mangemorts avait trouvé très drôle, en l'absence des parents de Drago, et en particulier du terrifiant Lucius Malefoy, d'ensorceler le jeune garçon d'à peine treize ans grâce à l'Impérium et de l'obliger à gravement blesser lui-même sa meilleure amie, sans qu'il le sache. C'était son plus grand secret, le seul secret qu'elle avait pour Drago. Parce qu'elle savait pertinemment qu'à l'instant où il apprendrait cela, il pourrait devenir fou. Fou de rage. Fou de douleur. Fou de désespoir. Fou de culpabilité. Jamais, au grand jamais, elle ne voulait que celui qu'elle aimait n'éprouve un centième de ce qu'elle venait de décrire.
Soudain, un constat lui sauta aux yeux, à la gorge. Si elle souffrait, mais que ce n'était pas sa propre souffrance, cela voulait dire que Drago souffrait. Si Drago éprouvait cette horrible douleur, cela voulait dire qu'il était probablement en danger.
Ce fut alors que toute l'horreur de la situation lui arriva en plein visage, en plein cœur. Cette constatation la fit hurler de rage. Parce que si elle était dans le coma, cela voulait dire qu'elle ne pouvait pas aller aider celui qu'elle aimait du plus profond de son être, du plus profond de son âme. Elle ne pouvait pas aller le protéger comme elle aurait dû pouvoir le faire.
Tout à coup, un second constat prit place dans son esprit. Elle se souffrait plus. Elle savait qu'elle ne ressentait plus aucune douleur. Cela voulait dire que, qui que ce soit qui fasse du mal à Drago, à son Drago, il avait arrêté. Elle en ressentit un grand soulagement, bien qu'une inquiétude continue à la tarauder. En effet, même s'il avait arrêté, il n'en restait pas moins qu'il pouvait recommencer. Et cela, elle ne le supporterait pas ! Usant alors de toute sa volonté, elle se força à se réveiller.
Enora se doutait que Harry était arrivé à la même conclusion qu'elle. Il fallait qu'elle fasse tout ce qui était en son pouvoir pour le retrouver, qu'ils soient en froid ou non ! Utilisant sa propre volonté comme un pouvoir inébranlable, elle se força à reprendre conscience.
Ce fut alors que le monde dans lequel elle flottait disparut. Elle ne flottait plus, mais il faisait encore noir. Elle prit alors une grande inspiration, comme si elle avait été en apnée durant plusieurs heures, ce qui la força à ouvrir les yeux. Elle se redressa vivement, tellement vite que la tête lui tourna. Enora respira doucement, inspirant par le nez, expirant par la bouche, jusqu'à ce que la nausée disparaisse totalement.
La rousse remarqua alors qu'elle était toujours habillée avec son jean et son t-shirt de la journée. Cela l'arrangeait. Ce serait plus pratique si elle devait sortir pour retrouver son meilleur ami. Elle enfila ses chaussures qu'elle trouva juste à côté du pied de son lit et se leva. La jeune fille prit quelques secondes pour se stabiliser. Puis, elle ouvrit la porte, et entendit tous les chuchotements qui lui parvenaient auparavant s'éteindre, comme une chandelle que l'on souffle. Prudemment, Enora descendit les escaliers, en se maintenant à la rampe en bois. Elle perçut alors des pas précipités venir vers elle. Apparurent devant elle Harry, Hermione et Ginny. Ces dernières poussèrent un cri exclamatif. De son côté, le Survivant lui tendit la main, prévenant, pour que la demi-Elfe se servent de lui comme d'un appui. Rapidement, Pompom arriva et remplaça le binoclard balafré. L'infirmière examina Enora quelques instants, marmonnant dans sa barbe contre les patients qui n'étaient pas patients du tout et qui voulaient quitter leur lit avant d'être totalement rétabli. Mais la rousse ne supporta pas longtemps d'attendre le bon vouloir de la vieille femme pour pouvoir partir à la recherche de son amoureux. Harry sembla le remarquer et fit en sorte de presser madame Pomfresh.
- Mais, dites-moi mademoiselle Rogue… Comment avez-vous fait pour vous réveiller de votre coma ?, demanda l'infirmière. C'est bien trop brutal pour que ce soit naturel…
- Vous devez savoir que je suis liée à Drago par un lien d'empathie. Mon esprit n'a pas supporté la douleur venant de lui qu'il a ressentie. Cependant quand elle a cessé, j'ai pu me réveiller. C'est aussi simple que cela. Et puis, je pense qu'étant une Elfe, je récupère plus rapidement que les sorciers normaux, répondit-elle rapidement, en trépignant. Maintenant, je dois partir.
- Où ça ?, interrogea Harry.
- Je dois aller chercher Drago ! Vous vous doutez bien que je ne pourrais pas rester là à ne rien faire alors que je sais qu'il a des problèmes. Des problèmes qui le mènent même à se faire torturer ! Vous vous doutez bien que si ce n'est pas une partie de plaisir pour moi, alors qu'est-ce que ça doit être pour lui !
- Mais où vas-tu aller le chercher ?
- Je vais commencer par chez lui. J'ai ma baguette. Tout devrait bien se passer.
- Non !, s'exclama Hermione, en s'avançant. Si Drago a des problèmes, cela doit avoir un rapport avec les Mangemorts. Alors ça sera sûrement super dangereux ! Tu ne peux pas y aller ! On va envoyer les Aurors ! On va les prévenir de ce qui se passe !
- Tu as entendu ce que je t'ai dit ? Je dois y aller ! Tu le ferais bien si c'était Ron, Harry, ou Ginny à la place de Dray ! Tu ne les laisserais pas tomber ! Et bah, moi, c'est pareil ! Et puis, ce n'est pas parce que tu as peur du Manoir Malefoy que je dois continuer d'en avoir peur moi aussi !, expliqua Enora en se rapprochant de plus en plus de la porte d'entrée.
Sa dernière phrase fit frémir la brune qui se rapprocha de Ronald, qui lui serra tendrement la main pour la rassurer, en jetant un regard froid sur la demi-Elfe.
- Tu comptes y aller comment ?, demanda Harry, un peu sarcastique malgré l'urgence dans la voix de son amie. Tu ne sais même pas transplaner !
- J'essaierai !
- Tu vas te désartibuler !
- Je m'en fous, tant que je le sauve !
- Je viens avec toi, dit finalement Harry, le plus calmement du monde, comme s'il ne venait pas de crier sur la rousse quelques secondes plus tôt.
- Je viens aussi, déclara Ginny. Je suis d'accord avec toi. On doit faire quelque chose.
Enora eut un triste sourire pour les deux amoureux. Elle intercepta un regard chargé de tendresse entre eux, ainsi qu'entre Arthur et Molly, jusque-là silencieux.
- Je viens aussi, informa le père de famille. Molly se chargera de prévenir les Aurors et George quand il rentrera à la maison.
- Nous restons avec maman. Nous assurerons la base arrière, notifia le plus jeune des garçons de la famille Weasley, serrant encore plus fort la main de sa petite amie pour lui montrer qu'il ne la quittait pas.
Ainsi, Harry, Enora, Ginny et Arthur sortir du Terrier. Enora et Arthur se tinrent l'un l'autre pour transplaner. Quelques secondes plus tard, ils disparurent, direction le Manoir Malefoy, autrement dit la gueule du loup.
Nous voici à la fin !
Prets ? Feu ? A vos claviers ! Ecrivez moi un petit quelque chose que je sache que vous êtes passé par là !
Allez !
A la revoyure !
