Bonjour à tous !

Vos reviews m'ont fait bien rire, et j'en ai vu pas mal parlant de la pub qu'était en train de faire Eileen... J'avoue que je n'y avais pas encore pensé, le prochain chapitre n'avait pas été commencé quand j'ai lu vos reviews de la semaine dernière. Cependant, j'ai vite adhéré à l'idée ! D'ailleurs, Lassa, j'ai adoré ton commentaire ! Je t'ai piqué l'idée, j'espère que tu ne m'en voudras pas... ;)

Merci à tous !

Sur ce, bonne lecture à vous !


Chapitre 34 : La Gazette

Severus n'avait pas eu la folie d'aller rejoindre Regulus sans envoyer Harry avant cela. Cependant, il était agréablement surpris d'apprendre que le Serpentard était bien seul. Un sourire avait dessiné ses lèvres quand il s'était rendu compte que le plus jeune des deux Black avait l'air un peu fébrile.

- Ne t'inquiète pas, je n'ai jamais mordu quelqu'un ! Mais je me sers plutôt bien de ma baguette...

Severus lui-même ne savait pas s'il avait dit cela pour le rassurer ou pour lui faire comprendre qu'il savait se défendre en cas de besoin et qu'il n'hésiterait pas à le faire.

- Effectivement, j'ai entendu dire que tu te battais plutôt bien.

Severus savait qu'il ne parlait pas du club de duel, depuis l'attaque de Pré-Au-Lard, tout le monde savait qu'il ne fallait pas se frotter à lui. Pas que quelqu'un ait déjà essayé, outre les Maraudeurs il y a bien longtemps de cela maintenant.

- Malfoy s'en est remis, au moins ?

Regulus fut surpris, il n'avait pas pensé que le Serdaigle comprendrait et encore moins qu'il saurait qui l'avait attaqué en dernier. Lui le savait parce que malgré la punition qu'il avait reçue par son Maître, Lucius se vantait parfois d'avoir réussi à blesser grièvement Severus Snape, celui qu'il haïssait pour avoir remis sa parole en doute et ne jamais les avoir rejoint.

- Plus ou moins.

Severus entendit Harry rire. Son ami lui avait effectivement dit que Lucius Malfoy avait été puni pour ne pas avoir exécuté les ordres, n'attaquer personne directement. Puis, il avait perdu la quasi-totalité de ses artefacts de magie noire à cause d'Harry et cela avait porté un coup encore plus douloureux à son égo, bien qu'il ne sache pas ce qu'il s'était réellement passé ce jour-là. Les dégâts avaient été immenses, autant financiers que matériels. Les objets de magie noire avaient ravagé la pièce et la magie se trouvant dans tout le manoir.

Malfoy avait donc dû refaire tous les rites de protections et tout ce qui va avec les protections d'un manoir digne d'un «Sang-Pur» tel que lui. Plusieurs mois après, il y était encore. Il avait bien essayé de faire venir des experts pour l'aider mais personne n'avait encore compris à quel point les protections du manoir avaient été ébranlées. Il faudrait des années avant que tout ne revienne à la normale. Lucius était fou de rage, ressortant sa haine dans chaque raid et prenant des risques inconsidérés. La perte de certains sortilèges aujourd'hui oubliés le mettait toujours hors de lui chaque fois qu'il y pensait.

Severus leva un sourcil interrogateur, ne voulant pas faire savoir qu'il était au courant de beaucoup trop de choses pour quelqu'un qui ne fréquentait pas les Mangemorts. Il s'exposait déjà bien assez à cet instant, il n'allait pas en plus prendre le risque que Regulus Black en découvre trop.

- Il est dommage qu'il ait perdu de vue ce qu'il y a de plus important dans les familles « Sang-Pur ». Fit calmement Severus avant de poursuivre devant le regard interrogateur de Regulus. La famille avant tout.

Severus prenait le temps de faire des pauses pour que ses mots marquent bien Regulus. Ce soir, il jouait gros. La chance de récupérer un horcruxe mais également de pouvoir peut-être le sauver.

- Il est comme beaucoup, il a osé penser qu'il était spécial, qu'il était puissant. Mais, on n'est pas puissant sans amour, pas sans amis.

- L'amour et l'amitié nous rendent faibles. Répondit Regulus, par réflexe.

- Demande-toi depuis combien de temps tu doutes de ses idéaux et ce qui t'a donné le courage de retourner ta cape.

Severus savait qu'il ne jouait pas sur le même terrain, qu'il avait une longueur d'avance sur Regulus. Parce que lui savait, grâce à Harry. Il laissa le temps à Regulus de méditer ses paroles avant de reprendre.

- Maintenant, si tu es toujours d'accord. On va mettre au point un plan qui nous permettra de sortir indemnes de cette caverne de malheur…

Regulus acquiesça rapidement de la tête en notant bien que le Serdaigle avait dit «nous» puis il mit au point avec Severus un plan qui pourrait peut-être ne pas faire de cette caverne leur tombeau…

HP HP HP HP

Ce rendez-vous avait duré plus longtemps que prévu, Severus était donc rentré très tard. Il n'avait même pas eu le temps de manger un morceau. Heureusement qu'il avait prévenu Lily parce que sinon tout le monde serait parti à sa recherche. Son statut de Préfet-en-Chef lui avait permis de ne pas être inquiété quand il avait croisé un Professeur dans les couloirs. Regulus, lui, avait son dortoir dans les cachots et avait su se faire discret pour retourner à sa salle commune, mais Severus devait presque traverser tout le château pour retrouver son lit, puis, ce n'est pas comme si il avait essayé de se cacher.

Il avait une faim de loup, mais n'avait pas eu le courage de faire un détour par les cuisines. Il monta directement dans la salle commune des Serdaigles de septième année. Il avait été des plus surpris quand il était entré ici, les années inférieures n'avaient aucun droit d'y venir et il comprenait maintenant pourquoi ! La dernière année à Poudlard était une étape importante, les septièmes années avaient donc le droit à une chambre privée. C'était étrange de quitter ses amis pour dormir seul à Poudlard, mais il ne pouvait nier apprécier ce traitement. Pas de ronflement, pas de sortilège à poser sur son lit. Il n'y avait que lui, et parfois Lily… Le Paradis !

Presque chaque soir, il passait de longues heures devant le livre d'or des Serdaigles, certains anciens élèves avaient écrit en code et le but était de décoder ces messages ou de réussir à répondre aux questions posées. Serdaigle était d'ailleurs la seule salle commune de septième année à avoir deux livres, l'un pour les signatures d'anciens élèves, l'autre pour décoder les énigmes qui étaient écrites dans le premier. Parfois, les Infinis au grand complet passaient des soirées entières devant les deux livres. Heureusement qu'ils avaient le droit d'inviter d'autres élèves dans les salles communes, bien que cela ne les aurait pas empêchés de le faire. Ils étaient tout de même les rares à s'inviter les uns chez les autres, mais depuis la première année tout le monde en avait pris l'habitude et ne remarquait même plus que des élèves d'autres maisons étaient dans leur salle commune, c'était devenu normal. Heureusement, parce que ces soirées énigmes étaient vraiment des soirées qu'ils chérissaient plus que tout.

Mais ce soir-là, Severus n'avait même pas le courage d'essayer de résoudre une énigme. Il alla donc directement dans sa chambre. Il eut l'heureuse surprise de découvrir Lily, encore habillée de sa robe de sorcière aux couleurs de Gryffondor. Sûrement avait-elle pensé qu'il reviendrait plus tôt. Un petit plateau était posé avec un sandwich poulet-mayonnaise-tomate-salade, le préféré de Severus. Il sauta presque dessus en s'asseyant sur le bord de son lit, regardant amoureusement sa Lily dormir.

La jeune femme dut se sentir observer puisqu'elle se réveilla quelques minutes plus tard. Ils discutèrent calmement de ce que Severus et Regulus s'étaient dit, puis ils se mirent en pyjama pour dormir. Severus avait prêté un t-shirt à Lily pour s'en servir de robe de chambre. À cet instant, Harry était déjà parti. Il n'était pas certain que le besoin de sommeil soit plus fort que les hormones d'adolescents. Mais cette fois, bien que la vue de Lily en petite culotte et avec un t-shirt légèrement trop grand pour elle fût assez mignonne et irrésistible, Severus était bien trop fatigué pour faire des folies ce soir. Il ne sut même pas à quel instant il s'endormit, avant ou après avoir posé sa tête sur l'oreiller. Ils se rattraperaient demain matin, c'était une certitude.

Le lendemain matin, ayant légèrement trop traîné au lit pour leur propre plaisir, Severus et Lily arrivèrent un peu après les autres. La Grande Salle était presque pleine et tout le monde avait les yeux rivés sur le journal. Severus vit quelques regards se tourner vers eux et quelques murmures s'élevèrent suite à cela. Il n'y prêta pas attention et s'installa avec Lily à la table des Serdaigles, à côté de leurs amis.

- Alors, Severus Snape le héros, tu ne nous avais pas tout dit ! Fit Andrew avec un sourire moqueur.

Les Infinis comprenaient mieux pourquoi Eliz idolâtrait son frère et l'appelait son héros. Ce n'était pas seulement parce qu'il lui avait sauvé la vie, mais parce qu'il avait déjà sauvé de nombreuses vies. Severus restait toujours humble et ne parlait que très peu des patients qu'il soignait. Ses amis étaient au courant de tout cela, mais ils n'avaient jamais appris que la potion aidait autant de personnes. Ils auraient pu s'en douter mais Severus avait l'air si désinvolte avec ça qu'ils n'y avaient plus vraiment prêté attention. Severus était juste Severus pour eux, un génie en potion qui ferait de grandes choses. À leur niveau, ils n'avaient pas encore compris qu'il avait déjà fait d'aussi grandes choses mais que malgré tout, il restait Severus, le garçon gentil qu'ils avaient toujours connu depuis leur début à Poudlard.

Andrew tendit son propre journal à Severus et Lily, ainsi, ils comprendraient le pourquoi de l'agitation de la Grande Salle mais également ce silence quasi religieux de personnes lisant avidement des informations plus qu'intéressantes.

« Un Serdaigle prend le risque de sacrifier ses études et son rêve pour nous permettre d'avoir des soins à un prix décent.

Que l'on soit victime d'un sortilège qui tourne mal, d'un accident de balais, d'une potion ratée, de l'attaque d'une créature magique ou bien toutes autres choses nécessitant l'aide de spécialistes, nous nous tournons naturellement vers Ste Mangouste. Je n'ai besoin de dire à personne ce qu'est Ste Mangouste puisque c'est le seul hôpital de notre pays.

Mais, chers lecteurs, savez-vous ce qui se cache dans les bureaux des médecins et hauts dirigeants de Ste Mangouste ? Non ? Et bien, je vais vous raconter une partie de ce qui s'y cache et vous allez en être tout autant soufflé que moi !

Nous avons appris en exclusivité que les membres de la direction de Ste Mangouste se feraient de l'argent sur le dos de leurs patients ! En effet, les potions qui seraient vendues à la clientèle pour nous soigner de tous nos maux seraient vendues à des prix exorbitants. Quand on sait cela, il n'est pas étonnant de savoir pourquoi nous nous en sortons pour - au minimum - une dizaine de Gallions à chaque visite !

D'où vient le début de tout ce scandale qui pourrait bien remettre en cause tout notre système de santé ? Cela vient de plusieurs patients essayant un traitement expérimental contre la Pneumonie Magique ! Maladie qui n'avait jusque là trouvé aucun traitement, pas même pour soulager les douleurs insoutenables des patients en phases terminales. En effet, il y a quelques mois, nous avons partagé avec vous le fait qu'un tout jeune sorcier avait créé la première potion pouvant lutter contre la pneumonique magique ! Le jeune homme avait créé cette potion pour sa demi-sœur qui était atteinte de cette maladie et était en phase terminale. Quand deux ans plus tard, la jeune fille retrouva les Médicomages de Ste Mangouste plus en forme que jamais, et que ceux-ci annoncèrent au père de la jeune fille qu'elle était passée au tout premier stade de la maladie, comme si elle venait tout juste de la déclarer, ils voulurent rencontrer le jeune homme à l'origine de ce prodige !

C'est ainsi que Severus Snape - sortant tout fraichement de sa cinquième année à Poudlard dans la maison Serdaigle -se retrouva devant le Médicomage personnel de la jeune fille, le chef du département des maladies pulmonaires, deux Maîtres en Potion de l'hôpital mais aussi le directeur de Ste Mangouste en personne !

Je peux à présent partager cela avec vous puisque je viens justement de l'apprendre d'une source fiable, mais il s'avère que le jeune homme fut traité comme un voleur s'attirant le mérite du travail d'un Maître en Potion, ne lui laissant même pas le bénéfice du doute. Il est vrai que compte tenu de son jeune âge et de ce qu'il affirme, cela voudrait dire qu'il aurait créé son tout premier essai de potion contre la pneumonie magique à l'âge de 14 ans ! C'est un fait très rare étant donné que certains Maître en Potion mettent des années avant d'avoir un résultat concret sur des potions plus basiques. Ce fait explique sûrement pourquoi le jeune homme n'a pas été reçu comme il se doit. Mais après plusieurs mois de recherche de la part de Ste Mangouste pour retrouver un Maître en Potion ayant réellement créé cette potion, ils durent se rendre à l'évidence. Le Serdaigle alors âgé de 16 ans n'avait pas menti.

Entre-temps, le jeune homme avait fait breveter sa potion par les Langues de Plomb, la potion de Severus Snape fut donc classée au stade 5. Pour rappel, ce stade a permis au Serdaigle de vendre sa potion (sous le rappel que ce n'est qu'une potion expérimentale) sans que personne ne puisse lui voler ses recherches et la recette de sa potion. À peine deux mois plus tard, la potion passa au stade 4 prouvant ainsi que la potion a de réels bénéfices sur le corps et/ou l'esprit grâce à des tests pratiqués par les Langues de Plombs sur des malades, mais rappelant encore que la potion est toujours en cours d'expérimentation.

Pendant ce même été, Ste Mangouste envoya plusieurs courriers à Monsieur Snape pour lui proposer un nouvel entretien avec eux, certainement pour signer un contrat liant Ste Mangouste à Monsieur Snape. Malheureusement pour Ste Mangouste, Severus Snape refusa. Vous pensez qu'il a refusé à cause des accusations qui lui ont été portées ? Nullement ! Mais heureusement pour nous que le jeune homme refusa de signer un contrat avec Ste Mangouste !

Et voilà pourquoi : le contrat qu'aurait signé Severus Snape avec Ste Mangouste lui aurait permis de faire valider sa potion auprès de l'hôpital, cela lui aurait évité de payer les frais assez élever qui sont demandés par les Langues de Plomb dût aux très nombreux tests faits sur les potions et patients. Néanmoins, pour rembourser cela auprès de Ste Mangouste, le jeune homme aurait dû leur céder une grande partie de ses droits sur son brevetage. Le célèbre hôpital sorcier aurait donc eut le droit de fixer le montant de la potion comme il le souhaitait et n'aurait laissé à Severus Snape d'un pourcentage plus que faible pour ce jeune homme qui avait tout de même fait ce qu'aucun Maître en Potion n'avait réussi jusqu'ici. Ce qui à ce que j'ai entendu, est une des habitudes de Ste Mangouste envers ses Maîtres en Potion.

L'un des hommes les plus puissants de la haute société sorcière et ayant main mise sur tout ce qui concerne les potions de près ou de loin, a demandé un entretien tout ce qu'il y a de plus officiel auprès du Directeur de l'école de Sorcellerie Poudlard, pour proposer un contrat à Severus Snape, le contrat aurait impliqué que l'école Supérieur de Potion de son choix serait entièrement prise en charge, en contrepartie d'un certain pourcentage sur ses potions et créations. Le jeune homme a de nouveau refusé sans même vouloir en entendre plus.

Et pour cause ! Cet homme est l'un de ceux dirigeant Ste Mangouste dans l'ombre et décidant des prix des potions. Faire un contrat avec lui aurait voulu dire faire un contrat avec Ste Mangouste.

Trouvez-vous normal qu'un jeune homme faisant actuellement sa dernière année à Poudlard ne sache toujours pas s'il pourra entrer à l'école Supérieur de Potion de son choix parce qu'il préfère que nous ayons des remèdes à des prix respectables ?

Cela vous paraît-il logique que Ste Mangouste puisse vendre ses potions à n'importe quel prix, et ce, au détriment des patients et des Maîtres en Potions qui ne reçoivent presque rien de leur travail ?

Que pensez-vous des personnes dirigeant Ste Mangouste qui, rappelons-le, est censé être un hôpital public, et ce uniquement pour pouvoir se faire de l'argent sur le dos des malades ?

Pensez-vous qu'il est normal qu'un jeune homme de 17 ans vende une potion contre la Pneumonie Magique 25 Gallions, sachant que sa marge bénéficiaire est des plus faibles, alors que Ste Mangouste en aurait certainement demandé au moins 60 Gallions, et que pour ce geste il n'en retire aucun bénéfice ?

Page 3 : Témoignages de patients testant la potion contre la pneumonie magique.

Page 4 et 5 : Témoignages des Professeurs de Poudlard concernant le jeune homme.

Page 5 : Témoignage d'Eileen Snape, la mère de Severus Snape et de Thomas Grin, son beau-père.

Page 6 : Comment fonctionne réellement Ste Mangouste et comment pouvons-nous faire changer les choses ?

Page 7 : Prix réel des potions vendues par Ste Mangouste.

Votre reporter, Lassa, à votre service ! »

Severus n'en revenait pas. Sa mère et Thomas ne lui avaient pas dit qu'ils avaient été interviewés ! Il parcourut les autres pages, il y avait une bonne dizaine de témoignages de patient, même le patient français qui avait été le premier à être soigné complètement, après Eliz bien sûr. Il y avait aussi le patient américain qui était encore en cours de traitement et qui revenait en Angleterre une fois par mois pour son suivi.

Les Professeurs de Poudlard avaient fait des éloges de lui, tellement qu'il en rougissait rien qu'en les lisant ! « Cela ne m'étonne pas de la part de Monsieur Snape d'avoir créé une telle potion, il a toujours été un élève très studieux, très talentueux dans toutes les matières mais surtout un véritable génie en potion. À présent, il m'apprend plus que je ne lui apprends ! » Avait écrit Horace Slughorn. Même le Directeur y était allé de son petit message personnel : « Je n'ai jamais entendu un seul commentaire négatif sur Monsieur Snape, studieux, gentil, patient, aidant ses camarades. Je pense n'avoir entendu que cela depuis sept années qu'il est à Poudlard. Il est dommage qu'il n'existe pas un système de bourse, comme en France, pour que Monsieur Snape puisse aller étudier dans l'école de son choix. »

Juste en dessous, il était justement expliqué ce système de bourse que Severus devrait certainement étudier pour voir s'il ne pouvait pas s'en servir pour aller à l'école Supérieur de Potion de France. Mais en attendant, il était beaucoup trop subjugué par tout ce que l'on disait de lui. Sa mère expliquait que son rêve était de faire l'école Supérieur de Potion française parce que c'était la meilleure mais aussi parce qu'elle avait un nombre d'options beaucoup plus élevé que les autres écoles et que cela conviendrait mieux à ce que voulait faire Severus, de la recherche et de la Médicomagie. Sa mère disait également qu'il était triste que les écoles Supérieurs ne soient réservées qu'à l'élite pouvant se les financer. Cela posait ainsi une question supplémentaire de la reporter : « L'éducation des jeunes sorciers qui formeront notre avenir passera-t-elle toujours au second plan ? »

Tout à la fin était expliqué comment fonctionnait réellement Ste Mangouste. Aucun doute que ceux-ci n'allaient vraiment pas apprécier la publicité… Severus releva la tête pour ne voir que des têtes ébahies tournées vers lui ou encore en pleine lecture.

- Merlin ! Mais ta sœur a raison ! Tu es un héros ! Fit Franck visiblement très admiratif.

- Parce que vous ne m'aviez pas cru ? Demanda Eliz, outrée.

La jeune fille était derrière Severus et lui mit le journal sous les yeux en pointant du doigt le témoignage d'une patiente.

- Tu as vu ! Paula a témoigné ! Est-ce que tu sais si elle est bientôt guérie ?

- Non, je devais recevoir la lettre de maman aujourd'hui pour le compte rendu.

Severus regarda la table des yeux, personne n'avait pensé à lui dire qu'il avait effectivement du courrier mais il remarqua bien vite la grosse enveloppe non loin du pichet de jus de pomme.

Eliz se fit une place à côté de son frère, lui prit son assiette pour se servir pendant que Severus lisait attentivement la lettre de sa mère ainsi que son compte rendu. Ironiquement, Eileen lui écrivait avoir répondu à une journaliste à son sujet, elle lui disait qu'elle l'avait fait pour qu'aucune vérité ne soit déformée et surtout pour agacer sa famille…

Le Préfet-en-Chef ne savait quoi penser, il avait demandé à sa montre astronomique quand il rentrerait à l'école Supérieur de Potion et à sa plus grande joie, elle lui avait indiqué que cela arriverait dans quelques mois. Il avait encore un peu de mal à la déchiffré sur les longues dates, mais il se doutait bien que cela arriverait pour septembre prochain. Il ne savait pas dans quelle école, mais il était déjà heureux d'avoir la chance de pouvoir s'en payer une.

Cette Lassa, la journaliste, avait été d'une rapidité exemplaire puisque sa mère et Thomas avaient été interrogés la veille. Mais le témoignage de ses parents avait dû passer en dernier vu toutes les informations du journal, elle avait dû mettre plusieurs jours à le peaufiner !

- Paula devrait être guérie, mais elle n'a rendez-vous avec les médicomages que la semaine prochaine. Informa Severus à sa petite sœur.

Eliz adorait Paula, c'était une femme d'une petite trentaine d'années avec deux enfants en bas âge. Eliz avait été touchée de cette jeune mère de famille qui avait la maladie à un stade assez avancé. Mais ce qui avait le plus impressionné la jeune fille, c'était l'amour qui liait Paula à son mari, un peu comme celui d'Eileen et son père ainsi que Severus et Lily. Eliz rêvait de vivre un jour un tel amour. C'est un peu à cause du mari de Paula qu'elle avait jeté son dévolu sur George, tout comme l'homme, Georges était discret, intelligent et gentil. Mais surtout, il adorait les créatures magiques !

Habituellement, Severus lisait tranquillement son courrier sans que personne ne lui demande ce qu'il contenait, ses amis lui laissaient son intimité tout comme lui le faisait pour eux. Mais depuis qu'Eliz était arrivée à Poudlard, c'était toute autre chose, elle piochait sans honte dans son assiette, lisait sans scrupule ses courriers jusqu'à ce que Severus lui dise tout de même d'arrêter. En soit, cela ne le dérangeait pas qu'elle lise les comptes rendus de sa mère, mais le problème était qu'elle lisait tout son courrier et que Severus voulait garder une partie de sa vie privée, de plus, il ne voulait pas prendre le risque qu'Elizabeth lise une mauvaise nouvelle dans les rapports de sa mère. Lui ne savait déjà pas comment il réagirait à cela, il se doutait bien que la jeune fille le prendrait encore plus mal que lui. Surtout que la jeune fille ne s'était jamais gênée pour aller voir les patients de Severus qui attendaient tranquillement leur tour, tout le monde connaissait la jeune fille et celle-ci se faisait une joie de parler avec eux ou de jouer avec les enfants. Qu'arriverait-il si un jour elle devait apprendre par inadvertance la dégradation de la maladie de l'un d'eux ou pire, la mort ? Eliz était très mature sur certains sujets à cause de son rapport avec la maladie et la mort, mais elle avait aussi un côté très enfantin et naïf puisqu'elle n'avait pas vraiment pu profiter de son enfance avec des enfants de son âge, Severus voulait avant tout qu'elle garde cette petite part d'innocence le plus longtemps possible…

C'est pour ça que Severus avait décidé qu'il lirait le courrier et ferait un résumé à Eliz pour que la jeune fille ait des nouvelles de ses personnes qu'elle ne voyait plus aussi souvent qu'avant à cause de son entrée à Poudlard. Et donc, ses amis en avaient appris un peu plus sur la potion de Severus et sur ce qu'il faisait pendant les étés. Ils n'en étaient que plus admiratifs puisque dans ses lettres l'été, il ne détaillait jamais tout cela. Maintenant qu'ils avaient lu le journal, ils avaient décidé sans même se concerter qu'une discussion approfondie sur la potion de Severus serait de rigueur, et cette fois, hors de question que le jeune Serdaigle s'en sorte avec un simple geste de la main en disant que tout cela n'était rien !

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- Bonjour ! Fleamont Potter, j'ai rendez-vous avec Madame Éloïse Beaulitron.

- Bonjour, Monsieur Potter. Je vous laisse attendre quelques minutes, Madame la Directrice est actuellement en rendez-vous.

Lord Potter hocha simplement la tête avec un sourire charmeur et s'installa sur l'une des chaises en face du bureau de la secrétaire. Il regardait calmement autour de lui le temps que la Directrice vienne le chercher, il lisait tranquillement les affiches quand la porte du bureau s'ouvrit sur un homme serrant la main d'une femme ayant une petite cinquantaine d'années. L'homme partit et la femme le regarda quelques secondes avant de parler sous un sort de discrétion à sa secrétaire puis elle vint vers lui.

- Monsieur Potter ? Je suis Madame Beaulitron. Fit la femme dans un anglais peu assuré.

- Enchanté de vous connaître, Madame Beaulitron.

Fleamont Potter avait parlé dans un français presque parfait, il avait toujours adoré cette langue et l'avait appris très jeune. Il trouvait dommage que son fils n'ait pas eu envie de l'apprendre, c'était vraiment une langue particulière qu'il s'amusait à parler de temps en temps avec sa femme. En tout cas, la Directrice eut l'air soulagée de le voir parler français.

- Oh ! Vous parlez français ? J'en suis heureuse, je dois avouer que mon anglais est un peu rouillé… Dit-elle en lui faisant signe de la suivre dans son bureau.

- C'est avec plaisir, j'ai toujours eu un faible pour le français.

Fleamont s'installa sur l'un des deux fauteuils qui faisaient face au bureau de la Directrice. Il était assez étrange pour lui d'être là, jamais il n'aurait pensé venir ici un jour. De plus, rencontrer Éloïse Beaulitron était un honneur, la descendante d'une longue lignée de potionnistes dont l'un d'eux avait écrit un livre qui s'étudiait encore aujourd'hui à Poudlard. Éloïse Beaulitron était elle aussi une potionniste talentueuse et elle était maintenant la Directrice de la plus célèbre et réputée école Supérieur de Potion.

- Alors, que puis-je pour vous, Monsieur Potter ?

- J'aimerais faire un don anonyme pour financer les études de Severus Tobias Snape ayant posé un dossier pour faire ses études à la rentrée prochaine.

La Directrice ouvrit l'un de ses tiroirs et prit sans même regarder le dossier de Severus Snape. Elle avait l'impression de n'avoir que des rendez-vous pour financer ce jeune homme depuis quelques semaines, cela arrivait parfois mais jamais autant de personnes à la fois pour un seul élève. Elle s'était bien sûr renseignée, un élève brillant qui avait des notes plus qu'excellentes ainsi que l'approbation de tous ses Professeurs pour son entrée à l'école Supérieur de Potion. En tant que potionniste, elle n'avait également pas pu rater le fait que ce jeune homme avait créé la première potion luttant contre la pneumonie magique. Potion qui aux dernières nouvelles, fonctionnait à merveille. Il lui fallait absolument cet élève dans son école.

De son côté, Lord Potter voulait absolument éponger sa dette envers Severus Snape. Le jeune homme était quelqu'un d'extrêmement bon, il n'avait pas vendu Remus Lupin, il n'avait jamais répondu aux provocations de son fils et Sirius et n'avait même pas cherché à les faire punir avant cette histoire avec Remus qui aurait pu lui couter la vie. Il avait été grandement déçu de son fils en apprenant tout ça, mais James et Sirius avaient fini par se reprendre et une nouvelle fois, cela était en partie due au jeune homme et à sa mère qui, il en était sûr, avaient monté en tout point les sanctions que son fils et Sirius avaient reçues, et cela leur avait fait le plus grand bien !

Il avait mis de côté l'argent de poche de James pendant trois années consécutives et même l'argent des cadeaux d'anniversaires et Noël qu'ils dépensaient habituellement pour lui. Il était temps de payer une partie de sa dette. De payer pour ses erreurs dans l'éducation de son fils.

- Pour sûr, je fais un don de 1000 Gallions. Et au besoin, je peux rajouter jusqu'à 1000 Gallions par année.

Le sourire de la Directrice s'agrandit considérablement, avec ça en plus des dons qu'elle avait déjà reçus et sûrement d'autres à venir, elle pouvait déjà inscrire Severus Snape dans son école !

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Thomas avait réussi à avoir une permission spéciale pour qu'Eliz et Severus passent le week-end suivant Noël à la maison. Le fait qu'Eileen soit enceinte avait grandement aidé pour la demande et le fait qu'Eliz et Severus soient des élèves sérieux avait fini de convaincre le Directeur qui n'avait pas mis plus de cinq secondes pour se décider. Peut-être que le paquet de bonbons moldus avait également aidé à le convaincre…

Quoi qu'il en soit, Thomas avait été cherché Eliz et Severus à Poudlard. Et quelle n'avait pas été la joie d'Eileen quand elle avait vu ses enfants débarquer alors qu'elle n'était pas au courant. Les hormones ainsi que l'émotion déjà présente avaient suffi à la faire fondre en larme.

Eliz et Thomas avaient ainsi pu profiter de leur mère enceinte de presque huit mois. La fin du week-end arriva bien vite mais Severus en fut tout de même soulagé, il n'était pas habitué à voir sa mère si émotive.

- Thomas ? Fit-il alors qu'il avait son sac à dos sur l'épaule, prêt à prendre la cheminette pour repartir à Poudlard. J'avoue que tu avais raison, même si l'eau doit être gelée, je rentrerai bien à la nage !

Thomas n'avait pu que rire à cela. Il est vrai qu'Eileen alternait de plus en plus les périodes de rire et de larme, surtout en ses périodes de fêtes. C'était la première année qu'Eliz n'était pas là et ils devaient avouer tous les deux que c'était assez difficile de se retrouver seul, même s'ils trouvaient à cela beaucoup d'avantages…

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Deusémia Prince regardait son époux pester contre son bâtard de petit fils. C'est ainsi qu'il l'appelait, entre deux autres surnoms tout aussi gentils et tendres qu'était capable de dire son mari. Mais Deusémia restait silencieuse. De toute façon, en tant que femme, sa parole n'avait aucune importance. Alors elle regardait, s'amusant intérieurement de l'attitude de son époux, admirant en secret les exploits de son petit-fils.

Deusémia n'avait pas eu une vie facile. Provenant d'une famille « Sang-Pur », elle avait dû épouser un homme plus vieux et qu'elle ne connaissait même pas. Mais elle n'avait pas le choix, elle n'avait pas eu son mot à dire. C'était ainsi, personne ne faisait rien depuis des siècles et tout le monde se taisait sur ce fait. Tout sorcier « Sang-Pur » ne respectant pas cette tradition était aussitôt conspué. Elle n'aurait pas permis d'être celle qui mettrait sa famille en disgrâce, elle n'avait pas eu ce courage-là. Sa fille si.

Sa petite Eileen, une jeune fille si joyeuse quand son père n'était pas là. Une vraie Serpentarde cachant bien son jeu. Elle se souvient encore du jour où elle était partie, Poudlard l'avait appelé environ un mois avant ses examens de fin d'année, Eileen n'était pas revenue après une sortie à Pré-Au-Lard. Là, Deusémia avait compris, avant même que son époux confirme qu'elle avait vidé son coffre à Gringotts, elle savait. Eileen n'avait jamais été comme ses autres enfants, elle avait l'esprit rebelle et d'un raisonnement à toute épreuve. Elle passait la majeure partie de son temps la tête plongée dans un grimoire, et cela ne plaisait pas à son père. Il voulait une fille intelligente, mais qui pensait par elle-même, c'était le dur devoir d'être une femme « Sang-Pur » à l'époque. Mais Eileen ne faisait que semblant d'écouter son père, Deusémia l'avait bien vu, mais elle n'avait rien dit.

C'est pour cette raison qu'elle n'avait pas été étonnée quand son époux avait annoncé renier sa fille aînée parce qu'elle avait lâchement fui. Deusémia l'avait trouvée au contraire tellement courageuse. Elle-même aurait aimé avoir ce même courage à son âge, mais elle ne l'avait pas eu et ne l'avait toujours pas. La seule chose qu'elle avait eu le courage de faire était de mettre de l'or de côté pour sa fille. Quand Lord Prince avait finalement retrouvé sa fille dans une zone industrielle moldue, Deusémia avait vaillamment fouillé les affaires de son époux pour en retrouver l'adresse. Deux mois plus tard, alors qu'une occasion se présentait. Elle était partie pour Gringotts et avait demandé aux Gobelins de prendre le sac d'or qu'elle avait gardé toutes ses années spécialement pour sa fille, et de payer sa maison. Elle ne pouvait peut-être plus la soutenir, mais l'aider à recommencer sa vie à zéro, elle pouvait. Bien sûr, Deusémia ne pouvait savoir quelle vie avait eu sa fille et son petit-fils, mais à lire les articles de la Gazette parlant de son petit-fils, à voir une photo de Severus et Eileen Snape dans le journal, elle ne pouvait qu'être fière.

Ce n'était absolument pas le cas de son mari, et cela plus que tout lui faisait savourer encore plus toute cette histoire. Elle n'avait jamais aimé Arturus Prince. Il n'y avait pas de quoi aimer cet homme, il avait vingt ans de plus qu'elle, il était vieux jeu, rustre, mal aimable, jamais un mot gentil ou de réconfort. Elle avait toujours gravé en mémoire la perte de son premier enfant, un an et demi avant la naissance d'Eileen, elle était enceinte d'un petit garçon. Elle n'avait pas dépassé le quatrième mois, les Médicomages avaient dit qu'elle avait fait une fausse couche, et alors qu'elle pleurait la perte de ce petit être, Arturus Prince n'avait fait que se détourner d'elle avec dégout, comme si elle y était pour quelque chose, qu'elle avait voulu tuer cet enfant. Le lendemain soir, elle se souvenait être de retour dans le lit commun pour faire un nouvel héritier, alors qu'elle pleurait encore la perte de son enfant. De plus, elle avait encore mal suite à sa fausse couche et au fait que son mari se contrefichait de son plaisir. Mais Arturus n'avait qu'une idée en tête, avoir un héritier, et un garçon quant à faire. Mais Eileen était loin d'être un garçon, et la jeune fille avait même été sa revanche à elle tout le long de sa vie. Même sa descendance semblait vouloir se venger d'Arturus Prince.

A presque soixante-dix ans, Deusémia ne faisait qu'espérer qu'Arturus Prince ne meurt bientôt et si possible, dans la pire des disgrâces. Un sourire étira ses lèvres, elle se cacha rapidement derrière sa tasse de thé. Elle posa son regard sur l'article qu'elle voyait au loin, elle n'avait qu'une hâte, que son époux finisse par râler un bon coup en jetant le journal et qu'il parte dans son bureau essayer de remuer ciel et terre pour se sortir de ses problèmes, ainsi, elle pourrait lire l'article avec une joie qu'elle n'aurait pas à cacher.

« Le Ministère reprend en charge l'hôpital Ste Mangouste ! »

HP HP HP HP

- Monsieur Snape ? Veuillez rejoindre le bureau du Directeur s'il vous plaît. Demanda gentiment le Professeur Flitwick. Il paraît que vos parents sont pressés de vous présenter un nouveau membre de votre famille… Votre sœur vous y attend déjà.

Severus prit ses affaires et partit en embrassant rapidement Lily. Il courut jusqu'au bureau du Directeur et cria presque le mot de passe que son Professeur avait écrit sur un morceau de papier. Albus Dumbledore avait un sourire heureux plaqué sur le visage, il était rare de voir des élèves partir pour rencontrer un petit frère ou une petite sœur, parce qu'il était rare chez les sorciers d'avoir une différence d'âge aussi grande chez leurs enfants. Il savoura donc ce moment si spécial qu'était l'excitation se lisant clairement sur le visage des deux frères et sœurs et les laissa partir avec Thomas qui semblait voler sur son petit nuage.

Sa mère semblait un peu plus pâle que d'habitude, mais Severus se dit que c'était certainement normal après avoir accouché. Elle ne pouvait qu'aller bien avec le sourire qu'elle avait en cet instant. Elle leur fit geste de venir sur le lit où elle était allongée, ils se mirent chacun d'un côté d'elle, regardant avec émerveillement le bébé bien emmitouflé dans les bras de sa mère.

- Eliz, Severus. Je vous présente Lucy Élise Grin.

Severus regardait sa petite sœur avec émerveillement, c'était peut-être idiot de se dire ça, mais c'était le premier bébé qu'il voyait d'aussi près.

- Les enfants, nous avons également une autre nouvelle à vous annoncer… Commença Thomas avec un sourire tout aussi rêveur. J'ai demandé à Eileen de m'épouser, et elle a accepté.

Quelques discrets cris de joie se firent entendre. Tout le monde était heureux à cette nouvelle, bien que cela ne changerait pas grand-chose, ils étaient déjà une famille.

- Et si tu le veux bien, Severus, j'aimerais t'adopter pour faire de toi mon fils. Mais si tu le veux…

- J'en serai ravi. Admit Severus avec une voix rauque d'émotion.

Eliz était au comble du bonheur, une petite sœur et un grand frère officiel. Mais Severus sembla réfléchir quelques minutes avant de reprendre d'une voix un peu plus posée où l'on pouvait tout de même entendre l'émotion qu'il essayait de retenir.

- Mais je veux aussi garder mon nom de famille. Severus Tobias Snape-Grin, c'est un peu étrange, mais je m'y habituerai !

Eileen était surprise, jamais elle n'aurait pensé que son fils aurait voulu garder le nom de son père. Elle-même était plus qu'heureuse d'en changer, déjà, si elle n'avait pas repris son nom de jeune fille s'était pour que personne ne sache qu'elle faisait partie de la famille Prince…

- Tu veux garder Snape ? Demanda-t-elle avec curiosité.

Severus hocha les épaules tout en réfléchissant à sa réponse. Son regard tomba sur Lucy et il répondit en ne détachant pas ses yeux de sa deuxième petite sœur.

- Snape est le rappel de ma vie. Les bons comme les mauvais moments. Ce n'est qu'un nom, il ne représente pas mon père tout comme je ne le représente pas lui. Et je veux faire de ce nom le rappel de quelqu'un de bien et de bon.

Severus ne releva la tête que quand il sentit la main de sa mère sur sa joue. Elle avait les larmes au bord des yeux et il savait qu'elle ne les retiendrait pas longtemps. Elle posa son front contre le sien, les yeux fermés alors que quelques larmes s'échappaient déjà.

- Je suis si fière de toi, mon fils. Dit-elle dans un murmure.

Elle ne pouvait pas être plus sincère. Son fils avait tellement de courage… Là où elle fuyait son nom pour tourner la page, son fils le gardait pour l'affronter et faire de ce nom quelque chose de bon et non le rappel constant de Tobias Snape. Son fils était si courageux…

- Et moi ?

Tout le monde tourna le regard vers Eliz, qui semblait attendre quelque chose d'important. Elle ne boudait pas, mais presque.

- Qu'est-ce qu'il y a, ma Princesse ?

- Tu ne veux pas être ma maman ? Demanda Eliz avec un sanglot dans la voix.

- Tu veux… que je t'adopte ? Demanda Eileen avec surprise, se reprenant bien vite voyant les larmes d'Elizabeth prêtes à tomber d'un instant à l'autre. Je ne pensais pas que c'est ce que tu voudrais… Nous devons voir avec le Ministère si c'est possible, les circonstances ne sont pas les mêmes… Mais si tu le veux bien, alors moi aussi. Admit calmement Eileen en caressant la joue d'Eliz d'où quelques larmes perlaient.

Eileen regarda Thomas qui approuva d'un simple signe de tête, bien sûr qu'il voulait bien qu'Eileen soit la mère officielle d'Eliz. Ils n'y avaient simplement pas pensé parce que cela n'avait rien avoir avec la situation de Severus. Le Serdaigle n'avait plus de père depuis bien longtemps, si on pouvait appeler Tobias du nom de père d'ailleurs. Severus pouvait donc être adopté s'il était d'accord. Mais Elizabeth avait encore sa mère, bien qu'ils ne savaient pas où elle se trouvait et bien qu'elle n'ait pas donné de nouvelles depuis qu'elle avait lâchement fui pour les abandonner avec la maladie d'Eliz. Elle pourrait même être morte qu'ils ne l'auraient même pas su.

Le silence avait perduré si longtemps qu'Eileen s'était endormie paisiblement, toujours en tenant fermement sa petite Lucy.

- Et si on allait manger un morceau dans le salon pendant qu'elles se reposent ? Proposa Thomas, puisque l'heure du repas était arrivée.

Ses deux enfants se levèrent et il commença à vouloir prendre Lucy pour la poser dans son berceau.

- Si tu m'enlèves mon bébé, je te fais manger tes deux bras ! Marmonna Eileen dans son demi-sommeil.

- Hm… Je pense que Lucy est très bien là où elle est… Laissons-les comme ça…

Thomas ne faisait pas le fier, il avait quand même dû supporter Eileen pendant toutes ses sautes d'humeur, alors maintenant que toutes ses hormones retombaient, il n'allait toujours pas prendre de risque inconsidéré.

- T'inquiètes pas papa. Fit Severus en tapant doucement l'épaule de son père. J'aurai essayé de créer une potion pour refaire pousser tes bras…

Eliz secoua la tête en riant alors que Thomas leva la tête vers le ciel en ricanant lui aussi. Qu'ils avaient de merveilleux enfants… Il poussa le journal d'aujourd'hui qui reposait sur le plan de travail et commença à préparer le repas.

« La déchéance de Lord Prince !

Une fois de plus, une loi qui permettait à Lord Prince de ramasser un beau petit tas d'or sans se fouler fut annulée hier au Magenmagot. La majorité du conseil semble penser qu'il est temps pour les Maîtres en Potion de retrouver ce qu'il leur revient de droit. Ainsi donc, chaque Maître en Potion ouvrant sa boutique n'aura plus l'obligation de payer à Ste Mangouste une taxe pour concurrence.

Loi qui, rappelons-le, avait été instaurée le 5 Aout 1910 par Lord Arturus Prince lui-même, et du fait qu'il était déjà à l'époque l'un des dirigeants de l'ombre de Ste Mangouste, il récupérait une partie de cet or avec l'accord de Ste Mangouste. »

Pendant ce temps, alors que les Grin fêtaient la venue au monde d'une petite Lucy, qu'Arturus Prince s'arrachait presque les cheveux en voyant toutes ses lois être peu à peu annulées ou suspendues, Harry suivait attentivement celui qui fut un jour Tom Jedusor. Celui-ci n'avait plus rien d'humain depuis longtemps, mais Harry ne l'avait jamais vu montrer autant de sentiments qu'à cet instant. De la fierté mais aussi une pointe de regret. Voilà les sentiments qui tiraillaient Voldemort, bien qu'il n'y prêtait volontairement pas d'attention. Il déposa la coupe d'Helga Poufsouffle dans le tronc d'un des plus gros arbres de la forêt, le tronc se referma sur la coupe jusqu'à disparaître complètement. Il posa de nombreux sortilèges et disparut comme une ombre.