Chapitre 34 : Temps

Booth avait passé la dernière semaine avec Parker et Rebecca, cette dernière étant complètement dépassée par ce qui était arrivé à leur fils l'avait appelé afin qu'il vienne aider pour gérer les crises. Bien évidemment il n'avait pas pu refuser et s'était donc installé chez son ex afin d'être là lors des cauchemars du garçon.

Il n'avait pas pu discuter de l'évolution de sa relation avec Bones, certes ils s'étaient avoué leurs sentiments, mais ils s'étaient effondrés de fatigue dans les bras l'un de l'autre immédiatement après leur baiser et c'est Rebecca qui avait réveillé la maison en sonnant le matin. L'anthropologue avait filé immédiatement, pensant qu'il était mieux pour les adultes de discuter des événements. Le soir même, la mère de Parker appelait Booth, paniquée, ne sachant que faire pour calmer leur fils. Bien sûr l'agent avait tout de suite prévenu sa partenaire qu'il ne pourrait être avec elle et elle avait compris. C'est ainsi que depuis une semaine, ils ne s'étaient pas vu et n'avaient pu discuter d'eux.

Parker avait fait de gros progrès grâce à Sweets. D'un commun accord, il fut décidé que Booth retournerait chez lui le jour même.
Après avoir déposé ses affaires chez lui, il avait décidé de passer chercher Brennan à l'Institut. Il était impatient de la voir, mais aussi anxieux, il s'en voulait de ne pas l'avoir appelé aussi, souvent qu'il le souhaitait ou de ne pas avoir pu passer la voir, mais il avait porté toute son attention à son fils qui en avait besoin.

Pénétrant dans le Jefferson, il salua Angela et Hodgins de la main, jetant un coup d'œil à la plateforme pour voir si elle était là et continua donc sa marche jusqu'à son bureau. Elle était plongée sur un texte devant son ordinateur, et Booth s'arrêta à la porte, s'appuyant contre l'encadrement et se délectant de la vue. Il resta ainsi quelques minutes. La semaine avait été épuisante et cela lui faisait un bien fou de la voir enfin, il se revigorait en détaillant ses traits.
Elle lui semblait si belle, un chemisier blanc légèrement décolleté surlignant magnifiquement son cou et sa poitrine, ses cheveux redressés en chignon et son air angélique.
Il s'avança silencieusement vers elle, se place derrière sa chaise et l'embrassa dans le cou.
Elle se leva brusquement, poussa un cri de terreur et fut paniquée par le geste de son partenaire, ne l'ayant ni vu ni entendu entrer dans le bureau.
- Bones c'est moi. Dit-il alors, sentant le trouble de la jeune femme
Il contourna le siège afin de s'approcher d'elle, mais elle recula.
- Tempérance, ce n'est que moi. Calme-toi. Je ne veux rien te faire. Jamais je ne te ferais du mal. Tu le sais, n'est-ce pas ? Je t'aime bien trop pour cela. Dit-il d'une voix calme et douce tentant de l'apaiser.
Les yeux de la jeune femme semblaient reprendre vie à ces mots, à cette voix mais elle fixait toujours son partenaire.
- Booth … Souffla-t-elle – Je … Je suis désolée, j'étais tellement concentrée, je ne t'ai pas entendu et… et … et j'ai cru que ..
- C'est moi Bones, j'ai été idiot d'agir ainsi, je suis désolé, je t'ai fais peur. Dit-il faisant à nouveau un pas vers elle, cette fois elle ne recula pas.

Elle lui sourit même, timidement, ce qui l'invita encore à avancer un peu plus vers la jeune femme. Arrivé à sa hauteur, il posa délicatement sa main sur sa joue.
- Tu m'as manqué Tempérance. Chuchota-t-il un sourire dessiné sur ses lèvres.
- Toi aussi tu m'as manqué.
- Je suis désolé de ne pas avoir été là, je sais que tu as besoin de moi et…
- Parker avait d'avantage besoin de toi. Il fallait que tu sois avec lui.

Il lui sourit d'avantage. Il l'a trouvé fantastique, vraiment fantastique. Doucement il approcha ses lèvres de le celles de la jeune femme, plongeant son regard dans le sien, cherchant une quelconque trace de refus, mais il ne vit rien si ce n'est la même envie dans le bleu-vert de ses yeux. Alors délicatement il souda sa bouche à la sienne, dans un tendre baiser. Il ne voulait surtout pas la brusquer, simplement lui montrer tout l'amour qu'il lui portait. Tendrement son autre main vint se poser sur la hanche de sa co-équipière tandis que son autre n'ayant pas bougé, continuait de caresser du pouce sa joue. Brennan avait placé l'une de ses mains dans le haut de la nuque de l'agent, glissant ses doigts fins dans les cheveux de ce dernier, son autre main reposait sur la taille de l'homme. Le baiser ne dura pas, il fut simplement tendre et empli de sentiments et ils restèrent quelques instants front contre front.

Quelques pas plus loin, à l'extérieur du bureau, les fouines, accompagnées de Max avait pu assister à toute la scène. Pour tout dire, ils avaient accouru à l'entrée du bureau en entendant leur collègue crier, mais n'étaient pas entrés en découvrant leurs amis enlacés. Chacun se doutait qu'un rapprochement avait eu lieu, mais aucun n'imaginait ce dernier aussi conséquent. Angela eu du mal à retenir un cri de joie. Elle savait qu'ils étaient faits l'un pour l'autre et que sa meilleure amie avait besoin de son prince charmant, surtout en ce moment. Alors les voir ainsi la rassurait sur le futur, sur le fait de pouvoir à nouveau retrouver une Brenn joyeuse, aimante et ouverte et non la froide et distance Docteur Brennan qu'elle montrait actuellement.

Le téléphone de Booth les fit sortir de leur bulle.
- Booth. Répondit-il en décrochant
- Salut Booth, comment ça va ? Chantonna une voix qu'il reconnu aussitôt
- McDoo ? S'écria-t-il étonné que l'homme ose l'appeler ainsi sur son portable comme si de rien n'était.
- Ouais c'est bien moi. Ton fils va bien ? et un rire retenti dans le combiné.

L'agent avait relâché Brennan, ses poings s'étaient immédiatement serrés et son visage s'était crispé au son de la voix à l'autre bout du fil.
- Qu'est-ce que tu veux ? Lâcha-t-il retenant difficilement sa colère
- Te voir. Répondit l'intéressé d'un ton calme, il semblait s'amuser d'entendre la haine de l'agent
- Comme cela on est deux.
- Heureux de l'entendre. Mais je te veux seul. J'en ai marre de m'amuser avec tes jouets.

McDoo cherchait à énerver l'agent et il savait exactement quoi dire pour que cela fonctionne.
- Ne parle pas d'eux comme cela. Cria l'agent de plus en plus hors de lui
- Ah ah ah .. on dirait que j'ai réussi mon coup au moins. .. quoique vous soyez arrivés un peu trop rapidement la dernière fois, je n'ai pas pu finir avec ton fils.
- Ce n'est qu'un enfant, comment as-tu pu lui faire cela ? S'emporta l'ex-sniper
- Oh, finalement j'ai plutôt bien réussi mon coup, cela t'atteint assez… Et comment va le Docteur Brennan ? J'espère qu'elle se souvient encore de nos petits moments d'intimité. Ria McDoo
- Je te jure que si…
- Tu n'imagines pas le plaisir que j'ai eu à me la faire avant toi Booth. Et c'est un super coup, dommage que tu ne puisses plus en profiter n'est-ce pas ?
- La ferme, je t'interdis de parler d'elle comme cela.

Son interlocuteur ria de plus belle.
- Bon plus sérieusement, je voudrais te voir Booth et seul.
- Où et quand ?
- Et bien tu sembles pressé. 1256 River Bind LN, dans une heure. Et vient seul, pas de FBI ni de partenaire sinon je saurai te le faire payer.
- J'y serai.

Et McDoo raccrocha. Booth resta planté là quelques instants sans dire un mot. Il sentait Bones dans son dos, mais ne voulait pas l'affronter tout de suite. Il devait se détendre et se calmer avant de croiser son regard. Elle s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule, cherchant à le faire se retourner.
- Je vais devoir y aller. Dit-il, toujours sans lui faire face.
- Et tu comptes y aller seul ?
- Oui. Sa colère pour McDoo était toujours présente et transparaissait toujours dans sa voix mais cela n'arrêta la jeune femme.
- Je ne suis pas d'accord. Coupa l'anthropologue, prenant elle aussi une voix froide.
- Je sais, mais je ne te laisse pas le choix. Répondit l'agent. Il savait que cela allait la blesser et il s'en voulait, mais il le fallait, il devait affronter McDoo pour mettre un terme à tout cela.
- Alors tu comptes m'abandonner ?

Elle espérait le faire céder en utilisant cet argument. Cela eu l'effet escompté car il se retourna pour lui faire face.
- Tu sais très bien que ce n'est pas mon intention, mais il me veut seul, et surtout, surtout je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Tu sais comme moi à quel point il est fou, et je me sentirai bien plus tranquille en te sachant ici en sécurité. Dit-il en posant une main sur sa joue
- Et moi comment dois-je me sentir en sachant que tu comptes l'affronter, seul de surcroit ?

Il baissa la tête et retira sa main, il se sentait mal de devoir la laisser là, mais il devait le faire.
- Bones tu sa..
- Dois-je te dire adieu tout de suite ou bien attendre de te retrouver à l'hôpital ou pire dans un sac plastique? Cracha-t-elle froidement
- Tempérance, s'il te plait. Il la suppliait de ne pas poursuivre
- Quoi s'il te plait ? Tu viens de le dire, il est fou, et si tu y va seul, tu n'es pas sûr d'en revenir, tu le sais très bien.

Elle lui criait dessus à présent, et les fouines étaient à l'entrée de son bureau n'osant entrer, n'osant intervenir dans l'échange qu'ils pouvaient voir.
- Je sais, mais il faut bien mettre un terme à tout cela. Il t'a fait du mal, il a fait du mal à Parker et … et tout cela à cause de moi….
- Tu n'es responsable de rien, surtout pas de ses actions, alors ce n'est certainement pas de ta faute. Dit-elle plus calmement en posant à son tour une main sur le visage de l'homme face à elle.

Aucune réponse ne vint en retour, mais elle s'en doutait, elle savait qu'il se sentait coupable pour ce qui leur était arrivé. Elle avait beau lui dire qu'il n'y était pour rien, cela ne changeait pas la vision qu'il avait de lui-même face aux événements.

Au bout de quelques secondes, Booth releva les yeux vers elle, attrapa son visage dans ses deux mains et plongea son regard chocolat dans celui azur de sa compagne
- Il faut que j'y aille Tempérance, tu le sais très bien. Je dois le faire. Je veux que l'on puisse être heureux et tant qu'il sera dehors, libre, ça ne pourra pas arriver. Tu en as autant besoin que moi.
Elle ferma les yeux, profitant simplement du contact avec Booth. Puis les rouvrant elle lui avoua.
- Mais j'ai peur, tellement peur de te perdre. J'ai besoin de toi Seeley.
- Et je serai là. Je serai toujours là Tempérance. Dit-il déposant un baiser sur ses lèvres.