Bonjour tout le monde ! On continue notre affaire ! Mieux même, on la conclue ! Que se passe-t-il donc avec Jodie et Shinichi ?! La suite est enfin là ! J'en ai fini avec les Cliff pour cette affaire !

Alors, appréciez bien le chapitre et à bientôt !

Misstykata : J'avoue, ça ferait une belle fête d'Halloween.

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Le masque partit aisément, dévoilant au-dessous le visage de la sublime actrice américaine Chris Vinyard, avec sa longue chevelure blonde ondulée, arborant un sourire aussi froid que son regard.

Jodie ne souriait plus.

Elle se rappelait de cette étrange femme en noir qui avait assassiné son père quand elle était une enfant. Femme qui en toute innocence, lui avait donné les lunettes de son père et lui avait demandé de rester au chevet de celui-ci jusqu'à ce qu'il se réveille avant de mettre le feu à la maison, faisant disparaître le cadavre et le dossier que le père de Jodie constituait pour le FBI sur le cas de Chris. C'était par miracle qu'elle ait survécu, parce qu'elle avait décidé d'aller acheter le jus de fruit favori de son père pour le réveiller. A l'époque, innocente et surprotégée, Jodie n'avait pas réalisé que son père ne s'était pas tout simplement endormi.

- /Oh, tu étais cette petite fille ! je t'ai cherchée partout !/ nota presque joyeusement Chris. / Parce qu'on a juste retrouvé les restes de ton père dans la maison brûlée/.

- /Les collègues de mon père m'ont mise en sécurité en me faisant entrer dans le Programme de Protection des Témoins/.

- /Je vois, ce stupide système qui protège les témoins qui risquent leur vie, en leur donnant une nouvelle identité, adresse et nom. Tout s'explique. Et toi, tu as repris le dossier comme une bonne fifille à son papa/.

Elle croisa des bras avec un rire moqueur, conservant son expression de femme fatale en dépit de ses vêtements masculins. Elle claqua légèrement des doigts et dit en revenant au japonais :

- Bon, nous sommes au Japon, et si nous parlions japonais, miss Jodie Starling, enquêtrice du FBI ?

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- Vermouth, dîtes-vous ? C'est cette personne qui vous a chargé de ce meurtre ? demanda Kogoro au loup-garou sous le regard las de Shinichi.

- En fait, j'en voulais beaucoup à Fukuura-san, expliqua le loup. Cet homme avait terminé un peu trop facilement la série Vendredi Treize que j'adorais et commençait celle du Capitaine du vaisseau fantôme un peu enfantine… j'ai écrit sur la page d'un site haineux sur internet que… que… que je voulais le tuer. C'est alors que cette femme, je crois, Vermouth, s'est intéressée à cette histoire et elle a proposé d'élaborer le meurtre et de trouver l'arme du crime.

Rouge se pinça le nez, se retenant de faire la morale à l'assassin. Ce ne fut pas nécessaire avec la réponse qu'il donna à Kogoro quand celui-ci pointa qu'il avait accepté :

- J'ai voulu refuser, mais par la suite, j'ai reçu des documents présentant des photos de moi, et de ma famille prises en cachette ! Des enregistrements de conversations pointant que ma ligne était sur écoute ! Ainsi que la description de mes mouvements quotidiens ! ça m'a été livré dans un carton plein ! Si je refusais ou si j'allais parler à la police, elle tuerait un membre de ma famille ! C'est ce qu'elle m'a laissé entendre !

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- Vermouth, fit Jodie sans son accent à couper au couteau. La magicienne aux multiples visages… grâce à ce talent pour le déguisement, vous pouvez vous introduire partout et conduire toutes vos recherches à votre guise.

- Mais cette fois, c'est vous qui avez bien trouvé mon personnage de Araide-sensei.

- En effet. Vous ne cessiez de vous rendre à la clinique dans la peau de votre personnage de l'actrice Chris, alors que vous n'étiez même pas malade. Vous aviez décidé de le tuer pour vous faire passer pour lui !

- Cette affaire où la voiture, dans laquelle lui et sa famille étaient montés, a enfoncé la barrière pour sombrer à la mer sous mes yeux, ça venait de vous, n'est-ce pas ?

- Oui, nous avons mis en scène cet accident avant que vous ne l'assassiniez et fait couler la voiture. Si personne n'apprenait sa mort, vous pouviez facilement prendre son identité. Bien entendu, les personnes à bord de la voiture étaient des amis équipés de bouteilles d'oxygène, alors que le vrai continuait tranquillement sa vie loin d'ici. Quant à vous, comme on s'y attendait, vous vous êtes incrustée à la clinique Araide et avez commencé vos recherches. En nous introduisant dans votre chambre, nous avons tout de suite compris. Cette femme aux cheveux châtains avec des mèches rouges et au teint pâle, âgée d'une vingtaine d'années, transpercée d'une fléchette… vous voulez la retrouver et la faire disparaître !

Vermouth ne répondit pas, mais Jodie n'attendait apparemment aucun commentaire, puisqu'elle enchaîna :

- Je voudrais à présent vous posez une question ! Cette petite fille qui ressemble à deux gouttes d'eau à la femme de la photo et que vous vouliez emmener et tuer, demande effectivement son rattachement au Witness Protection Program. Mais croyez-vous vraiment qu'elle soit la fille de la photo ? Et autre chose ! Pourquoi est-il écrit Cool Guy, Angel et Pyromancer sur trois autres photos collées plus bas. Appellations qui nous échappent, tout comme le pourquoi vous vous en êtes pris à un pauvre gamin en lui infligeant la même blessure que ce pauv' gars qui n'est même pas de chez nous à la base. Je ne vais pas parler du cas du petit Edogawa, qui même s'il en a le raisonnement, n'est pas un adulte pour avoir le surnom de guy. D'ailleurs, pourquoi avoir attendu que les garçons s'éloignent de la petite pour mettre la main sur elle ? De ce que je sais, le petit Red aurait été un parfait appât pour retrouver le Pyromancer. Et pourquoi aussi être allée jusqu'à risquer votre vie pour défendre ces enfants dans le bus pris en otage !

Vermouth esquissa un tout petit sourire, sans répondre, écoutant distraitement par un discret kit main libre ce qu'il se passait sur le navire fantôme. La voyant esquisser un geste, Jodie tira son arme de sa cachette et le coup partit, touchant au travers la veste l'attache qui retenait le flingue de Vermouth, faisant voler le pistolet plus loin.

- Pas un geste ! ordonna Jodie en gardant en joue.

- Voilà une chose bien dangereuse… nota Vermouth avec calme. Avez-vous l'autorisation de la police japonaise ?

- Je demanderai la collaboration de la police après m'être occupée de vous ! Mais avant tout, je tiens à vous poser une autre question !

Le vent devenait de plus en plus fort, mugissant dans leurs oreilles alors qu'un avion passait au-dessus de leur tête.

- Oooh et qu'est-ce que ça peut être ? demanda Vermouth.

- Pourquoi… pourquoi ne vieillissez-vous pas ?

La question incongrue laissa Vermouth silencieuse et la justification d'une telle insinuation ne tarda pas :

- La première fois que je vous ai remarquée, vous prononciez votre phrase fétiche devant le cercueil de Sharon Vinyard. A ce moment, mon cœur a cessé de battre et en faisant des recherches, j'ai trouvé une étrange concordance. Quand vous avez tué mon père en maquillant sa mort en suicide, vous avez pris ses lunettes pour arranger sa position couchée qui manquait de naturel. Celles-ci comportaient sur les verres des empreintes qui s'apparentaient aux vôtres. Mais un doute persistait, vous étiez trop jeune pour être le suspect d'une affaire remontant à plus de vingt ans. Cela m'a semblé impossible, mais en confrontant les empreintes avec celles d'un autre personnage, la vérité a fait jour et j'en ai eu froid dans le dos… vous et ma belle-mère Sharon Vinyard ne faites qu'un !

Jodie jeta un regard à Haibara dans la voiture et poursuivit :

- Ensuite, j'ai fini par trouver le témoin susceptible de m'expliquer pourquoi votre arrestation avait été empêchée.

Elle lança un appel à son équipe cachée dans les environs pour qu'ils viennent s'emparer de la femme et rapporta son attention sur Vermouth.

- Quand vous serez aux mains de la police japonaise, vous finirez par avouer. Et même si vous gardez le silence, un jour ou l'autre, la petite…

BAM !

Un coup de feu perça le flanc gauche de Jodie, la faisant basculer contre sa voiture.

- Thank you, Calvados, remercia calmement Vermouth en regardant une silhouette en hauteur sur un container, tout juste visible de par sa position allongée. Ne la tue pas encore, je voudrais lui demander quelque chose.

Jodie ne comprenait pas ce qu'il se passait, avachie contre la portière passagère, alors que Vermouth récupérait dans la poigne molle le flingue de l'inspectrice.

- J'ai fait en sorte qu'un ami reste vigilant, vous vouliez m'appâter, après tout. Mais je suis venue ici une première fois, il y a deux heures. Je me suis déguisée en vous, et j'ai dit en imitant votre voix...

Souriante, Vermouth se redressa, écartant les bras comme si elle donnait un spectacle :

- This is it tonight ! Come back tomorrow !

Elle imitait à la perfection la voix et le ton de Jodie. Avec un rire moqueur, l'actrice de cinéma croisa les mains dans son dos.

- N'avez-vous rien remarqué ? J'avais un autre motif pour voler les dossiers sur lesquels le détective Mouri travaillait. Certes, je ne voulais pas qu'ils soient décisifs pour le procès, mais avoir tout rassemblé et renvoyé à la préfecture de police avait pour but de laisser entendre à vos collègues du FBI que mon séjour au Japon était lié au détective, afin de surveiller son bureau et les inciter à chercher ce qui s'y dissimulait. Par chance, j'ai compris comment mettre la main sur leur effectif, leur lieu d'hébergement et la façon de les joindre. Je savais aussi que vous me tendriez un piège ici-même.

- Alors… quand nous nous sommes introduits dans votre chambre… haleta Jodie.

- Oui, j'ai fait semblant de ne pas savoir. Je pensais que vous me mèneriez jusqu'à elle ou ce cher Ace en vous montrant leur photo. En ça, vous avez été très efficace, puisque vous avez trouvé les deux. En plus, vous m'avez surprise deux fois ! La première, en vous révélant être la petite fille d'il y a vingt ans, la seconde, en étant au courant pour Araide-sensei. Comment l'avez-vous su ? Cette histoire aurait dû rester secrète.

- Je n'ai pas extorqué de secret, répliqua Jodie en dépit de la douleur et du sang. J'ai fait mon devoir… si je mettais la pression et parvenais à vous démasquer… j'obtiendrais la confiance de... cette petite fille…

Vermouth se redressa en regardant Haibara qui toussa légèrement derrière son masque.

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- Comment ça, tu as compris l'affaire en utilisant la même astuce que le tueur ? demanda Sonoko. Le tueur portait deux déguisements ! Mais toi, tu n'avais que des bandages !

- En fait voilà… commença Shinichi en attrapant un bout de son menton.

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- Vingt ans plus tard, notre entrevue touche à sa fin, annonça Vermouth en braquant le flingue de Jodie entre les deux yeux de l'inspectrice. Allez, souriez, après tout, vous allez rejoindre votre papa au ciel.

Un ballon de foot brisa la vitre de la voiture, la désarmant.

Haibara descendit de voiture, ses chaussures encore chargés d'énergie.

- Impossible… souffla Vermouth avec des yeux ronds.

La fillette arracha son masque de silicone, dévoilant le visage de Conan.

- Edogawa Conan, détective ! annonça le garçon.

Jodie n'en revenait pas. C'était le Cool Kid et non pas la fillette qu'elle avait récupéré ?

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- Et voilà ! conclut Heiji en se débarrassant du masque.

Shinichi n'était pas là, c'était Heiji qui avait résolu toute cette affaire en se faisant passer pour son ami tokyoïte. Un œil attentif serait capable de voir le kit main libre à son oreille qui mettait le détective du Kansai en contact avec son ami et rival.

Derrière la surprise de tout le monde sous la perfection du déguisement, que ce soit le costume ou la voix et les intonations, Yukiko, alias Miss Gorgone, était satisfaite. Elle avait passé six heures à confectionner le tout de ses petites mains. Cependant, la voix et l'intonation, c'était Shinichi. L'adepte de Sherlock avait écouté l'hypothèse énoncée par son camarade à voix basse, dans un micro installé dans le bandage du pouce. Conan répondait par un autre, qui était dans son propre masque à lui, et la voix ressortait par des haut-parleurs miniatures placés dans la cravate de son remplaçant à bord du navire.

- Honnêtement, j'aurais pas dit non à une équipe pareille il y a vingt ans de ça, avoua Rouge à Yukiko avec tristesse.

- Et on vous aurait aidé avec joie, tout comme on vous aidera à passer outre l'entêtement aujourd'hui, assura l'ancienne actrice avec un sourire réconfortant.

Qu'elle perdit rapidement. Sharon Vinyard avait été une de ses amies quand elle était encore actrice. Amie à qui elle lui avait déjà montré des photos de familles, d'où comment elle avait certainement réussi à reconnaître Shinichi. Cela pouvait aussi expliquer pourquoi elle avait cherché à l'éloigner pour tuer Haibara. Certainement parce qu'elle avait, quelque part dans le truc qui lui servait de cœur, un peu d'affection pour Yukiko et ne souhaitait pas impliquer son fils. Mais cela n'empêchait pas la pauvre mère de se faire du mouron, malgré l'assurance de son fils que tout irait bien.

Elle tourna la tête en sentant Rouge lui frotter le dos pour la réconforter.

- Même si téméraire, ce petit bout d'homme est intelligent, il doit avoir plus d'un tour dans son sac. Sans parler qu'il est bien entouré. Tout ira bien, assura Rouge avec un petit sourire.

Même si le sang gâché un peu l'effet, Yukiko ne put s'empêcher de le lui rendre. Cette femme avait une aura si apaisante, alors qu'elle-même avait des problèmes, c'était incroyable.

Pendant ce temps, dans le nid de pie, Heiji disait à Conan qu'ils en avaient quasiment fini ici.

Conan avait demandé son aide à la base pour déjouer les plans de l'Organisation. Découvrir que Yukiko était rentrée au pays avait foutu la frousse aux deux jeunes, surtout quand on est accueilli avec un pistolet à eau au détour d'un couloir comme elle avait fait à son fils.

Heiji regarda son masque. Pour déguiser les gens, elle n'avait pas son pareil, même KID serait impressionné. Ainsi, il n'avait pas eu à faire son boulot sous une tonne de bandages.

- Pourquoi a-t-il fallut que tu te déguises en Kudô Shinichi ? demanda Mouri qui n'était certainement pas amusé.

- Pardon ! Pardon ! s'excusa Heiji avec embarras. On ne le voit jamais ces derniers temps, il me manquait ! Je pensais le faire sortir de son trou en faisant semblant d'être lui et en énonçant cette hypothèse ! La rumeur de sa mort doit être vraie, finalement !

- Tu es trop souriant, gamin, reprocha Kali.

- Certainement. Mais l'important est qu'on ne mette pas la main sur Miyano, lui répondit le gamin à la peau sombre.

- Taicho couvre l'affaire et Ace est prêt à intervenir.

- Et il fera comment, hein ?

Le scepticisme de Hattori se voyait de très loin.

- Je suis une pirate, je ne suis plus à un vol près.

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Conan tenait Vermouth en joue par sa montre-gadget, lui interdisant de bouger car, là où elle était, elle se tenait droit dans le viseur de son collègue.

- Vous allez monter dans la voiture juste après le professeur Jodie, ordonna Conan. Nous allons voir la police.

Il était peut-être minuscule, mais son sérieux et sa détermination le faisait paraître plus grand et imposant. Tout ça fut gâché par des bruits de course puis un freinage brusque de leur spectateur. Haibara venait d'arriver, s'étant guidée jusqu'à eux avec les lunettes radars de Conan. C'était la pire chose qui pouvait arriver ce soir ! Elle aurait dû rester en sécurité, mais il fallait croire qu'apprendre à forcer une serrure était quelque chose qu'Ace n'aurait jamais dû lui enseigner.

- VA-T'EN HAIBARA ! PARS VITE…

Conan se vit couper la parole par Vermouth qui se jeta sur lui, retournant la montre contre lui.

- Goodnight, baby ! sourit Vermouth en allongeant l'enfant inconscient contre Jodie.

Elle prit un flingue attaché à sa cheville, sous son pantalon, en se relevant pour braquer Haibara qui était figée d'effroi.

- And welcome, Sherry !

Haibara ne bougea pas d'un poil, faisant face à la femme, si jeune en dépit du temps, qui la braquait.

- Tu es une imbécile, tu as gâché le gentil petit plan de ce gamin, et tu n'es venue que pour mourir.

Avec calme, malgré le rythme effréné auquel son cœur battait, Haibara retira les lunettes radars de son visage et les rangea, avant de répondre :

- Je ne suis pas venue seulement pour ça, mais aussi pour en finir. Parce que vous aurez beau être arrêtée, tant que je vivrai, votre traque ne cessera jamais. Je suis donc prête à me sacrifier du moment que vous ne touchez à personne. Ce qui implique Portgas, même si, maintenant qu'il est dans la nature et en colère, c'est plus un conseil que je vous donne de rester loin de lui.

- J'aurais bien dit d'accord pour tout, mais Ace-chan est un sujet d'étude bien trop précieux et la femme du FBI nous dérange. Mais pour le reste, je ferai le nécessaire. Mais d'abord toi, Sherry, tes parents ont repris leurs stupides recherches…

Personne ne loupa le coup qui résonna dans le coffre de la voiture de Jodie.

Encore moins quand il le fit s'ouvrir avec violence.

Bientôt, Ran se tenait debout sur le toit de la bagnole, avec un manteau et un jogging. Elle fonça à toute vitesse sur Haibara, si vite que le tireur ne parvint pas à l'avoir (même si Vermouth demanda à son collègue de ne pas tirer).

D'un saut, la karatéka se jeta sur l'enfant, la protégeant de sa carrure.

Vermouth tira sur son collègue, lui faisant bien comprendre de rester en dehors de ça avant de braquer son arme sur le dos de Ran presque allongée sur la petite scientifique.

- Allez, écarte-toi d'elle, demanda Vermouth. Vite si tu ne veux pas mourir !

- Non ! Je ne bougerai pas ! refusa Ran en continuant de protéger l'enfant.

- Allez ! Vite !

Ran ne l'écouta pas, se contentant de souffler à Haibara qu'elle avait appelé la police et de patienter encore un peu. Cette aura et ce ton de voix rappela à Sherry sa défunte sœur aînée.

- MOVE IT, ANGEL ! ordonna Vermouth.

Une balle dans l'épaule lui rappela qu'elle n'avait pas que des amis ici. Jodie avait réussi à se déplacer dans l'angle mort du tireur en dépit de sa blessure. La prochaine fois que l'agent tirerait, ça serait dans le crâne de l'ancienne actrice.

SHAC

C'était le bruit d'un fusil à pompe, venant d'une allée à côté du container contre lequel Jodie s'était adossée.

- OK Calvados, prends-la en tenaille.

Les pas se rapprochaient, et Jodie ne pouvait rien faire, elle était fichue.

- Tue ce petit chaton du FBI avec ton remington adoré, encouragea Vermouth avec un sourire.

Akai sortit de l'allée, un fusil sniper à l'épaule, un fusil à pompe en main.

- Oh, donc, cet homme, c'est Calvados ? s'enquit le brun au bonnet. En comptant le fusil à pompe et la carabine, ça fait trois flingues. Avec tout ça, on peut passer pour un marchand d'armes.

- Aka… Akai Shûichi… reconnut Jodie.

Un sourire apparut sur le visage de la femme à terre. Elle n'était plus seule.

- Je lui ai cassé les deux jambes, donc, le commerce est suspendu pour l'instant, continua calmement l'homme. Le calvados, c'est de l'alcool de pomme distillé, ça va de pair avec la pomme pourrie.

- Pomme pourrie ? répéta Vermouth sans comprendre.

- Rotten Apple est le nom de cible qu'on vous a collé. La grande actrice Sharon était sur les feux de la rampe, c'était la pomme golden de la scène ! Vous êtes toujours aussi belle. Mais à l'intérieur, vous êtes une pomme pourrie toute ridée !

Attaquée dans son égo, Vermouth le mit en joue.

Shû fut plus rapide et lui tira dans le ventre. Quand Jodie lui reprocha de vouloir la tuer, il lui dit qu'elle devait porter des rembourrages et un gilet pare-balle, chose visible avec ses mouvements.

- Regarde plutôt son visage déchiré par la chevrotine, et sans fard. C'est ça la vraie Sharon Vinyard, annonça Akai.

Vermouth fonça vers la voiture de Jodie et se saisit de Conan amorphe en guise de bouclier. Dans un crissement de pneu, elle prit le large avec son otage, tirant au passage dans le réservoir de la dernière voiture en visant par son rétroviseur, la faisant exploser. Tour de force qui tira un sifflement d'admiration à Akai.

- Quel talent, reconnut-il.

- Ton admiration est mal venue, elle s'est enfuie en prenant un otage ! rouspéta Jodie.

- Tu aurais au moins pu enlever les clefs de la voiture.

- Eurg… désolée…

Akai se tourna vers les containers où était posté le sniper Calvados, satisfait d'en avoir au moins un.

Un hurlement de douleur les surprit, suivi d'un SBOING sur le métal.

- Yare yare, tu l'as mal fouillé, soupira Thatch en se montrant au bord de la zone où était le sniper, un katana dans son fourreau dans une main et un fourreau vide derrière la nuque. Il avait un derringer en poche, un peu plus et il se suicidait.

- Thatch ? s'étonna Jodie.

- Pourquoi t'es pas sorti dire bonjour à Vermouth, Whisky ? demanda Akai avec un sourire.

- Mon frangin le fera pour moi, Rye. D'où sort la gamine ?

- De mon coffre, répondit Jodie.

Les trois adultes relevèrent la tête quand des sirènes de police retentirent dans le lointain. Thatch se retourna, retira son arme de la main de Calvados qu'il avait épinglé pour l'empêcher de se suicider, ramassa le micro flingue avant de ranger son sabre.

- Ran-chan a dit avoir appelé la police, fit Jodie en allant s'accroupir auprès des filles immobiles en dépit de sa blessure. Même sans pouvoir entendre les conversations, elle a compris par les coups de feu. Elle a dû voir les photos chez moi et avoir des soupçons.

- Je te l'avais dit que les cacher faisait encore plus louche, pointa Thatch en jetant le tireur inconscient sur son épaule.

Il sauta sans difficulté les deux étages de métal qui le séparaient de ses collègues, ses katanas dans sa main de libre.

- Pour le coup, elle s'est cachée dans ma voiture pour en savoir plus. Elle est sortie en entendant les coups de feu, et elle a protégée la petite qui se trouvait dans la ligne de mire du pistolet. Elles se sont toutes les deux évanouies à cause de l'impact de tout à l'heure… faut-il qu'elles aient du courage…

- Bon, on te laisse la suite. Dis qu'un enquêteur du FBI venu au Japon pour de longues vacances s'est laissé embarquer dans une affaire d'enlèvement, fit Akai en se détournant avec Thatch. Parce que même avec Calvados, peu importe ce qu'on racontera, personne ne nous croira. Et de toute façon, le Boss ne s'est pas montré.

- Fais passer à monnaie, Shû-chan ! caqueta Thatch en tendant sa main qui tenait auparavant le malfrat sur son épaule.

- Connard, lui dit le brun avec lassitude.

Thatch ne se départit pas de son sourire.

- Tu sais que tu bosses pour nous, pour le coup. Tu pourrais faire au moins passer les infos, grommela le brun en tirant son portefeuille de sa poche. Du genre, le rapport entre la gamine et l'autre femme, là, Sherry.

- Nop. Sherry, c'est l'affaire d'Ace, et il m'en veut déjà bien assez, j'ai pas l'intention d'en rajouter.

- Pourquoi est-ce qu'il t'en voudrait ? s'étonna Jodie.

Elle vit l'argent changer de main et fronça les sourcils.

- Thaaaatch, on a dit quoi sur les paris ?

Les deux hommes l'ignorèrent allègrement en s'éloignant de la zone, leur invité Calvados dans leur bagage.

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Loin de là, dans les bois, Vermouth recevait un e-mail de son Boss.

On lui avait laissé trop de liberté, il était temps de rentrer. Elle répondit rapidement qu'elle allait le faire, avant de se tourner vers Conan sur le siège passager, toujours inconscient.

Que devait-elle faire de lui qui se croyait tout permis ?

Elle fronça les sourcils en entendant un étrange son venant de l'enfant et sortit un couteau cranté pour lui découper ses vêtements.

Conan avait deux électrodes reliées à un moniteur d'électro-cardiogramme de poche. Le tout rattaché à un enregistreur télémétré qui avait dû enregistrer les sons de son téléphone. Elle voulut le débrancher, mais l'enfant se manifesta, montrant qu'il était en réalité éveillé.

- Ne le débranchez pas, sinon, on ne percevra plus mon cœur et l'enregistrement sera envoyé et on connaîtra l'adresse de votre Boss.

Vermouth s'écarta de l'enfant qui s'assit correctement sur son siège avec un sourire froid.

- Les compagnies de téléphone ont l'obligation du secret professionnel envers leurs abonnés, mais avec l'aide de la police, un haut placé de la compagnie consentira à apposer son sceau sur les documents privés et on réussira à obtenir ce qu'il faut. Si le numéro d'arrivée de l'appel n'est pas un téléphone mobile, mais un fixe, on saura même où il habite ! Les sons sont enregistrés, analysés, les lettres et les chiffres départagés, ce qui nous permettra de découvrir le nom et l'adresse de votre patron ! Me tuer n'y changera rien ! Si aviez emmené Sherry, la traîtresse que vous recherchiez, comme prévu, sans savoir que ce n'était pas la bonne, nous aurions pris les coordonnées de votre patron ! Puisque c'est Jodie qui a été ciblée, nous avons quelque peu modifié nos plans.

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Un peu plus loin, une antenne sur le toit de sa voiture, Agasa écoutait la conversation, un téléphone à l'oreille.

- Oui, il a repris connaissance. Tu es certain de pouvoir… bon très bien, je te fais confiance.

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- Quelque part, loin d'ici, un ami attend un appel. Si vous ne voulez pas qu'il soit émis, emmenez-moi jusqu'à votre patron ! Finissons-en, Vermouth ! Cessons de jouer à cache-cache !

Pour bien insister sur la menace, Conan tira sur les fils de ses électrodes.

Vermouth sortit son téléphone.

- D'accord, tu as gagné, je laisse tomber pour Sherry et Ace-chan.

Elle appuya sur un discret bouton à côté de l'antenne, faisant jaillir un gaz qu'elle braqua sur Conan.

- C'est juste un gaz soporifique, rassura la blonde devant la panique du gamin.

- Mais vous aussi vous allez être … commença Conan en se débattant pour la repousser.

- Oui, c'est un pari, lui dit-elle en lui saisissant une main qui passa trop près d'elle. Si c'est toi qui te réveilles le premier, tu appelleras la police et je serai interpellée, et ainsi, vous vous infiltrerez chez mon patron. Mais si c'est moi qui me réveille la première, sais-tu ce qui arrivera ?

- Portgas a raison en disant que vous êtes une garce sanglante.

Et Conan s'endormit.

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Vermouth était en ligne avec Gin, depuis une cabine téléphonique, lui disant qu'elle s'était faite avoir par Akai Shûichi et qu'elle y avait laissé trois côtes. Ce n'était pas la première fois que l'homme manquait de la tuer.

- Je regrette que nous n'ayons pas été assez déterminés pour le tuer la dernière fois. Le Boss redoute que cet homme ne devienne un jour notre Silver Bullet.

« Aucun silver bullet ne pourra jamais nous anéantir. » lui répondit Gin.

- Quoi qu'il en soit, je suis-

Vermouth ne put s'empêcher de crier de surprise quand un bras passa littéralement au travers de l'appareil, le mettant d'office hors d'usage et coupant la conversation. La femme essaya de se relever pour sortir, mais glissa lamentablement de nouveau au sol.

Elle avait déjà trop donné.

Un grognement attira son attention sur l'extérieur, lui faisant apercevoir une paire de crocs luisants et des yeux brillants dans la nuit.

- Calme, Iro, elle est à moi. Comme on se retrouve, ma chère, chère, chère et tendre garce.

Quelqu'un contourna la cabine téléphonique et bientôt, la porte s'ouvrit sur Ace qui souriait comme un dément, des lucioles de feu éclairant sa silhouette adulte en chemise et bermuda d'une lueur éthérée, son visage dans l'ombre de son stetson orange.

- Toi… reconnut Vermouth avec stupéfaction.

- Bonsoir. Désolé, je pensais que tu avais fini ton appel !

Son sourire devint un chouilla plus grand alors qu'il posait un genou à terre devant la blonde actrice couverte de sang.

- Je voulais te voir pour deux raisons. De mauvaises nouvelles pour toi et tes potes.

- Tu es aveugle ! Tu ne…

Le pirate éclata d'un rire sans joie alors que son Hotarubi se rapprochait de la cabine.

- Il y a tellement de chose que toi et tes amis ignorez sur mes flammes. Tu m'as pris mes deux yeux, mais je peux m'en faire des centaines à volonté.

Un maigre sourire étira les lèvres de la femme.

- Tu aurais eu tellement à gagner si tu avais accepté de te joindre à nous. On t'a rendu la vie, tu aurais pu être un minimum reconnaissant.

- Je vous ai rien demandé, c'est votre choix, je vous dois rien du tout. Mon tatouage dorsal dit clairement à qui je dois mon allégeance et ce n'est certainement pas à toi et ta bande de tocards. Tu pourras dire à Vodka que la prochaine fois, je le louperai pas ? Sa voix me rappelle tellement mon assassin que j'aurai pas besoin de forcer pour vouloir l'égorger !

Vermouth regarda la lame du couteau cranté qu'Ace venait de tirer à sa ceinture. Sans que ses yeux ne cessent de fixer le vide devant son visage, il fit remonter la lame avec précision le long de la chaussure de la blonde, jusqu'à la limite de celle-ci.

- D'abord, je voulais te remercier pour mon frère.

- On sait bien tous les deux que Dawn D. Red n'existe pas.

- Oh, mais je parlais pas de lui… je parlais de mon nakama ! Thatch était le quatrième commandant et le maître coq de notre équipage. Il vous a eu en beauté !

La lame continua sa remontée, découpant aisément le tissu du pantalon de la femme qui n'avait aucune issue de secours possible à cause d'Ace qui lui coupait toute marge de manœuvre. La pointe de l'arme dessina une estafilade sanglante sur la peau laiteuse de Vermouth qui serra les dents mais ne laissa échapper aucun cri.

- Quant à moi, j'étais le second commandant, le chasseur, le traqueur. Il me suffisait d'une cible pour faire de la vie d'une personne un enfer. Et pour le coup, c'est toi.

Il se rapprocha un peu plus d'elle, sa main libre se refermant avec force sur le bassin de la blonde, penchant son visage au niveau de son oreille pour chuchoter ce qu'il avait à lui dire :

- Crois-moi, bientôt, tu seras obligée de regarder en permanence par-dessus ton épaule par peur que je sois dans ton dos.

Sa saisie devint caresse qui fit courir un frisson malsain, effrayant et désagréable chez la femme, alors que le couteau venait d'atteindre le genou et descendait désormais sur sa cuisse.

- Vous vous êtes fait avoir en beauté. Que ce soit par Thatch ou par moi. Nous sommes des pirates, des cons comme vous, on en a vu des tas dans nos vies. Et tous ont mordu la poussière quand ils ont essayé de nous faire courber l'échine. Vous ne savez rien de nous, je peux vous l'assurer.

Ace se redressa, levant son couteau une fois qu'il eut atteint la limite de la ceinture.

- On va jouer, toi et moi.

- Et à quoi, espèce de gamin sans cervelle ?

- On va parier sur le temps que mettra Gin pour venir sauver ta peau. Aujourd'hui, je commence ma vengeance. Je me demande comment ils vont réagir en te voyant ainsi, tes amis de l'Organisation. Dis-toi que tu as tout intérêt à m'éviter à l'avenir, parce que cette fois-là, tu risquerais de perdre toute utilité auprès des tiens.

La femme poussa un hurlement de douleur à l'instant même où le couteau de chasse fendait l'air, projetant du sang sur la paroi de la cabine téléphonique.

- On se reverra, Vermouth, si tu meurs pas stupidement ici. C'est pas agréable, hein, de se faire trancher ainsi, n'est-ce pas ? Ja ne, chère garce !

Ace se releva, nettoyant sa lame sur son bermuda et s'en alla en utilisant ses lucioles pour pas se perdre en chemin.

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Conan avait sa tête des mauvais jours, assis à l'avant de la voiture d'Agasa.

Vermouth avait tiré dans son enregistreur, ils avaient tout perdu. Il ne lui restait que sa mémoire à lui.

- Ah ! Ace-kun est de retour !

Conan releva la tête et manqua de faire un arrêt cardiaque quand une bête sauvage sauta sur le capot de la voiture, lui offrant une vue directe sur des dents laiteuses et acérées.

- Iro, descends, vilaine fille, demanda Ace en arrivant près de la voiture.

Il annula sa technique et se guida jusqu'à la portière arrière du bout des doigts, avant de l'ouvrir. Le félin sauta de son perchoir à l'avant et alla se glisser sur la banquette arrière avec enthousiasme, bientôt suivie du pirate qui referma la porte sur lui avant de grogner en se frottant le front.

- Quelque chose ne va pas, Ace-kun ? demanda Agasa en ignorant totalement l'éléphant dans la pièce, ou plutôt, la panthère dans sa voiture.

- Quand je me connecte à une flamme, je vois à trois cent soixante degrés… plus je fais ça longtemps, plus je me déclenche une forte migraine, grommela le pirate en appuyant ses paumes sur ses yeux.

- On s'en fout de ta migraine, c'est quoi cette panthère ! s'énerva Conan en se préparant à gonfler un ballon pour se débarrasser du félin.

- Iro, mon chat.

La panthère adressa un regard innocent à Conan, avant de s'allonger sur les jambes du pirate.

- C'est pas un chat, c'est un animal sauvage ! Tu sais combien de gens meurent chaque année à cause de ces bêtes ?!

- J'ai pris Iro avec moi alors qu'elle était à peine sevrée. Sa mère l'avait rejetée parce qu'elle avait consommé par erreur un akuma no mi. Elle est pas méchante, sauf si elle se sent ou me sent menacé.

En effet, le comportement de l'animal ressemblait plus à un mélange du chat domestique, voire du chien, qu'à celui d'un animal sauvage. Conan regarda, sans trop savoir comment réagir, le tas de fourrure se mettre à ronronner sur les genoux d'Ace, avec sa fourrure virant à un jaune joyeux et festif.

- On lui trouvera un petit bout de kairoseki pour la rendre plus normale et signifier qu'elle n'est pas sauvage, assura Agasa en mettant le contact. En attendant, on rentre.

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Yukiko rejoignit Rouge alors que Kali s'en allait de son côté.

- Alors, vous avez réussi à amadouer le cerbère ? demanda l'ancienne actrice.

- Non, sourit la D. Et c'est peut-être mieux ainsi de voir une fille aussi fidèle à mon fils. Cependant, elle fermera les yeux sur mes tentatives d'approche. Et elle m'a laissé une énigme derrière. Une énigme assez simple à résoudre. Aussi fier et puissant que soit le léopard, le jaguar reste plus rapide.

La femme sortit ses clefs de voiture de sa poche et le fit tournoyer autour de son doigt.

- Je vous dépose ? proposa-t-elle.

- Avec plaisir, accepta Yukiko.

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- QUOI ?! VOUS ÊTES ENQUÊTEUR AU FBI, PROFESSEUR JODIE !? SANS BLAGUE !

- Baisse d'un ton, je pense qu'on t'a pas bien entendu à Londres, conseilla Thatch alors que Ran essayait de faire comprendre à Sonoko de baisser la voix.

Jodie était assise dans son lit d'hôpital, Thatch à ses côtés sur une chaise, recevant la visite de ses deux étudiantes favorites qui venaient visiblement de finir leurs cours au vu de leur uniforme.

- On est à l'hôpital, parle moins fort, gronda Ran.

- Ah oui, pardon, s'excusa piteusement Sonoko en baissant la tête, pour la relever presque immédiatement pour savoir la véritable raison de la présence de Jodie au Japon.

L'histoire de couverture était simple, et le couple s'y tenait. Jodie avait malencontreusement laissé échapper au beau milieu d'une enquête un criminel qu'elle traquait depuis longtemps, faisant qu'on lui avait fait prendre plus ou moins de force un congé. Comme Thatch voulait essayer de voir s'il pouvait retrouver sa famille de l'orphelinat ici, au Japon, et que Jodie adorait les jeux-vidéos nippons, elle avait suivi son compagnon. Pour que ce qui était de son rôle d'enseignant, c'était un de ses rêves. Au final, elle finissait à l'hosto avec une blessure au ventre.

- Et cette quête de carte au trésor dont vous nous aviez parlé pour justifier votre retour ? demanda Sonoko.

- T'as pas trouvé plus crédible ? se moqua Thatch.

- Shut up, gronda Jodie avec une moue à l'adresse de l'homme.

L'homme leva les mains et fit mine de se zipper la bouche. Satisfaite, la blessée revint à la discussion :

- Mon supérieur m'a contactée, me demandant de rentrer parce que la trace de ce meurtrier a été retrouvée, c'était une chance de me rattraper ! Je voulais saluer le Cool Kid et Little Devil avant de partir, aussi, me suis-je rendue chez le professeur Agasa, et un drôle de personnage forçait Conan-kun et Ai-kun à monter dans sa voiture et les a emmenés. Je les ai suivis jusqu'aux docks, il m'a tiré dessus et j'ai répliqué ! Bien sûr, je suis parvenue à m'emparer de son arme, mais j'ai été aidée !

Jodie adressa un sourire à Ran qui baissa la tête en rougissant comme une tomate sous l'embarras.

- Mouri-san était cachée dans mon coffre, elle a appelé la police et a protégé Ai-kun ! J'étais blessée, je ne pouvais pas bouger. Les agresseurs ont renoncé à leur prise d'otages, préférant tuer les enfants et prendre la fuite !

Heureusement que depuis son poste dans le coffre, Ran n'avait pas entendu grand-chose outre le moteur ou les coups de feu, cela assurait qu'elle ne serait pas plus impliquée et mise en danger dans cette affaire. Sonoko regarda son amie d'un air ébahi qui lui expliqua comment elle s'était retrouvée là :

- J'ai trouvé des photos de Conan-kun, Red-kun, de Shinichi et d'autres, collées derrière le miroir de Jodie-sensei. Je voulais aller lui demander pourquoi, mais elle n'était pas là quand je suis passée pour les explications. J'allais rentrer quand j'ai trouvé sa voiture garée devant son appartement, et, le coffre étant ouvert, je ne me suis pas posée de question…

Thatch secoua la tête, amusé. Franchement, il n'avait pas besoin d'être sur la Grand Line pour voir des choses bizarres de la part des gens. Penser que c'était logique de monter dans le coffre d'une voiture, juste pour demander l'origine de photographies.

- Mais finalement, tout va bien, vous n'êtes pas méchante ! sourit joyeusement Ran à l'adresse d'une Jodie perplexe. Je me suis dit que vous étiez liée à l'affaire dans laquelle est impliqué Shinichi, et sentant le tueur le menacer, vous recherchiez son point faible en le prenant en photo. Alors, vous auriez pu directement rencontrer son agresseur et l'abattre !

Encore une fois, aussi surprenant que cela puisse paraître, Ran devinait quelque chose de juste avant de partir totalement dans une histoire qui n'avait rien à voir. Jodie et Shinichi étaient bels et biens liés à la même affaire, puisqu'ils traquaient chacun les mêmes criminels.

- Ces photos, ce sont celles des personnes avec lesquelles j'ai sympathisées au Japon. En fait, je les avais collées sur un panneau dans le salon, mais Thatch m'a dit que c'était très bizarre, alors, je les ai déplacées !

- Et c'est encore plus bizarre de les mettre derrière le miroir de la salle de bain, pointa le cuisinier. C'est quelque chose qui se fait dans certains pays, mais ici au Japon, c'est franchement pas coutumier.

- Et vous ? Vous allez repartir aussi ? demanda Ran à Thatch.

- Nan. Cela fait un moment qu'entre Jodie et moi, c'est plus l'amour fou. On reste bons amis et en contact, mais on se sépare. Je vais rester ici, voir si je peux retrouver d'autres survivants de l'orphelinat.

- Survivants ? répétèrent les filles avec perplexité.

- J'ai eu un accident, y'a deux ans, faisant que j'ai été séparé de ceux que je voyais comme ma famille depuis que je suis tout gamin. J'ai cherché à les retrouver et Red est le premier sur qui j'ai mis la main. Et le premier à m'annoncer les mauvaises nouvelles avec la destruction de notre foyer. Son cousin Ace m'a expliqué un peu plus dans le détail ce qu'il s'est passé mais il n'avait pas le fin mot de l'histoire. Chose que Kali nous a apporté, en nous disant que l'homme qu'on appelait tous Oyaji est mort durant l'incident.

- Oh… on est désolée pour votre perte, soufflèrent tristement les deux filles.

- Il se faisait déjà vieux. C'est dur, mais il faut qu'on continue d'avancer. On savait très bien qu'il n'en avait plus pour très longtemps, on a assez de médecins dans la famille pour ne pas nous faire d'illusion.

Il eut un sourire crispé, les yeux suspicieusement brillants, mais resta fort. La conversation en resta là quand on toqua à la porte. Les demoiselles partirent avec des encouragements pour le duo, laissant James Black entrer dans la chambre d'hôpital. Il attendit que la porte se referme pour s'enquérir de la santé de Jodie.

- Plutôt bien, les organes vitaux n'ont pas été touchés et mes maigres connaissances en Haki m'ont sauvée du gros des dégâts, répondit la blonde. Dîtes-nous plutôt, la police japonais s'est-elle satisfaite du rapport ?

- Oui, entendant les sirènes de police, les ravisseurs se sont enfuis chacun de leur côté. L'un d'eux a pris l'un des enfants en otage, qu'il a ensuite abandonné dans la voiture, en forêt, avant de disparaître. L'autre est officiellement porté disparu, ils n'ont pas besoin de savoir que c'est nous qui avons Calvados, qui dit encore et toujours que tu es un traître, Thatch.

Sans avoir l'air coupable ou quoi que ce soit, le pirate se laissa aller dans sa chaise, les mains derrière la nuque.

- Pour être un traître, il aurait fallu que je leur sois fidèle. Là où vous êtes plus intelligent, c'est de l'avoir compris et de m'avoir fait une offre de collaboration intéressante. Je ne suis ni un des leurs, ni un gars du FBI. Mon allégeance restera la même jusqu'à ma fin définitive.

- Nous le savons bien, tout comme nous savons que l'on ne pourra jamais te faire témoigner dans un procès, sous peine qu'on découvre qu'on t'a créé de toute pièce une identité, assura James en hochant la tête.

- Et pour revenir au rapport ? demanda Jodie.

- Le visage des fuyards était dans l'ombre, ce qui fait que ni toi, ni les enfants n'ont pu le voir. Bien entendu, le mot a été donné à la petite Haibara et à Edogawa. Même si vous n'êtes pas parvenue à arrêter le tueur et à trouver son objectif, nous avons annoncé qu'il s'agissait de Chris Vinyard, afin de ne pas embrouiller d'avantage l'affaire. Je t'avais fait mener cette enquête secrète sans aucune explication, ce qui fait que j'ai à présent une dette envers la police japonaise. Le problème est que cette petite a été appelé Sherry

Oui, le fait que Vermouth ait identifié Haibara par son nom de code rajoutait une autre couche de complexité à l'affaire

- Vous croyez que notre demande sera acceptée, monsieur ? demanda Jodie à son supérieur.

- Pourquoi, tu crois qu'elle dira non ? s'étonna Thatch.

- Le Little Devil m'a littéralement ri au nez quand je lui ai fait la proposition.

Thatch regarda Jodie avec des yeux ronds, avant de lui adresser un immense sourire.

- Tu aurais pu me le dire que tu voulais l'y inclure, je t'aurai dit d'économiser ta salive ! Le D. sous protection ! Ahahahaha ! Même Atmos qui fait du french cancan, c'est moins improbable que la tête de mule qui accepte d'admettre qu'il a besoin d'être protégé !

Les deux agents du FBI regardèrent d'un air blasé le cuisinier pirate rire à se casser une côte.