Chapitre 34 : Le retour de Sithya

Severus Rogue revint enfin à la réalité. Il n'était plus en sixième année mais dans un couloir de Poudlard en tant que professeur et directeur de la maison de Serpentard. Aria, son premier amour, s'était finalement mariée et était la mère de l'enfant de celui qu'il avait toujours détesté et qu'il ne regrettait pas, Sirius Black. Aria n'avait jamais vu en lui qu'un ami, rien de plus et rien de moins. Mais après cette nuit-là, il s'était détourné d'elle et de son amitié. Il s'était de plus juré de ne jamais plus aimer…

Rogue soupira. Tout ça, c'était du passé ! Beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts depuis cette époque. Mais il avait tenu sa promesse de ne plus aimer. Qui voudrait d'un Mangemort, de toute façon…

« Quelqu'un qui ignore cela… » lui glissa une voix dans sa tête.

Sa main se ferma inconsciemment sur le parchemin qu'il avait glissé dans sa poche lorsqu'il avait vu la progéniture de Black. Il sortit le parchemin et le regarda d'un air vague. C'était la première lettre qu'il recevait depuis bien longtemps. Lorsqu'il était à Poudlard, sa mère ne lui écrivait pas très souvent et son Moldu de père encore moins ! Il avait donc été étonné lorsque, ce matin-là, un hibou avait laissé tomber une enveloppe devant lui. Il avait d'abord cru à une erreur de la part du stupide volatile, mais avait vu que la lettre lui était bien adressée.

Il lut donc la lettre qui venait de Mentha, qui était encore à Ste-Mangouste. Elle lui disait qu'elle ne resterait plus longtemps là-bas et qu'elle avait absolument tenu à le lui faire savoir. Severus avait été touché. Après tout, elle aurait pu prévenir Dumbledore ou McGonagall. Voire Runick. Mais c'était bel et bien à lui qu'elle avait écrit. Signe de confiance… et d'amitié.

Le sourire qu'il avait disparut alors. Quelle tête ferait la jeune femme si elle savait qu'elle avait écrit à un ancien Mangemort ? Un ancien Mangemort, certes, mais un Mangemort quand même. La Marque des Ténèbres était là pour lui rappeler ses erreurs passées et le sang coulé…

Rogue fourra la lettre dans sa poche et se dirigea à grands pas vers les cachots.

Au bout du couloir, Maena avait observé Rogue. La façon dont il lui avait dit qu'elle avait les yeux de sa mère ne lui laissait aucun doute : il avait bien connu sa mère. Et elle aurait été prête à parier tout ce qu'elle avait –même son Eclair de Feu et sa boîte à musique- qu'il en avait été amoureux !

Elle haussa alors les épaules et lorsque Rogue eut disparu, elle disparut à son tour. Elle n'allait quand même pas rester là, à se poser des questions sur Rogue, alors qu'une fête, dont elle était le centre, l'attendait !

°o0o°

Harry, Ron, Hermione et Maena se dirigèrent d'un pas lourd vers la salle de classe de défense contre les forces du Mal.

- Elle a pas intérêt à dire quoi que se soit sur mon père, prévint Maena. Ou je fais un malheur ! Et peu m'importe les conséquences !

- Pourquoi donc ? fit une voix sarcastique derrière les Gryffondor. Elle a tout à fait raison en disant que ton père est un assassin !

Maena se retourna et fusilla Pansy Parkinson du regard.

- Je ne me rappelle pas t'avoir adressé la parole, il me semble ! fit Maena, la voix dure.

- De toute façon, poursuivit Parkinson comme si Maena n'avait rien dit, il n'y a que la vérité qui blesse !

Elle avait parlé d'une voix mauvaise.

- Mon père n'était pas un assassin !

- Ah bon ? C'est pas comme ça qu'on appelle une personne qui tue des gens ? Et ton père a tué douze Moldus et Peter Pettigrow !

Maena serra les poings, comme si elle essayait de se retenir de frapper la jeune fille de Serpentard.

- Va te faire voir, Parkinson ! dit Ron en voulant prendre Maena par un bras pour l'éloigner.

Mais le jeune fille se libéra de son ami d'une secousse et s'avança vers Parkinson. Elles n'étaient plus qu'à un mètre l'une de l'autre et se regardaient dans les yeux.

- Mon père n'a jamais tué personne !

- Et les douze Moldus ? Et Pettigrow ? Ils sont partis en vacances, peut-être ?

- Tu devrais le savoir, toi ! dit Maena d'une voix calme, mais dont les yeux gris envoyaient des éclairs. Après tout, Pettigrow est un Mangemort ! Ton père et lui doivent être potes !

Les élèves qui entouraient les deux jeunes filles auraient été incapables de dire laquelle des deux avait le regard le plus haineux.

- Tu te croix courageuse parce que tu es à Gryffondor ? fit Parkinson avec mépris.

- Il y a un peu de ça.

- Mais, t'es rien ma pauvre fille ! poursuivit Parkinson.

- Parce que toi, t'es quelqu'un, peut-être ? Tu te prends pour quelqu'un uniquement parce que tu sors avec Malefoy, mais en réalité, tu n'es personne !

Parkinson eut l'expression de quelqu'un qui vient de recevoir une gifle et ses joues rosirent tandis que son regard se faisait meurtrier.

- Je me demande franchement ce que tu deviendras lorsqu'il se sera lassé de toi ! assena Maena.

Cette fois, c'était la Gryffondor qui parlait d'une voix mauvaise. Elle voulait faire souffrir Parkinson autant qu'elle l'avait fait souffrir en parlant ainsi de son père. Et elle savait que Malefoy était le point faible de sa « camarade ».

- Il ne se lassera pas de moi !

- Ah bon ? Il ne se lasse pas de toi ? Alors, tu peux peut-être m'expliquer pourquoi il m'a embrassée au début de l'année ?

Harry, Ron et Hermione restèrent bouches bée devant leur amie qui parlait pour faire souffrir quelqu'un. Cela n'était pas ses habitudes ! Bien que cela ne les dérangea pas, ils se demandèrent quand même comment Maena pouvait être aussi… mesquine…

Parkinson, elle, n'avait pas répondu et restait silencieuse. Maena eut un sourire mauvais avant de faire demi-tour et de rejoindre ses amis.

- Tu ne perds rien pour attendre ! siffla Parkinson.

Maena se tourna à moitié vers elle.

- Ah oui ?

Parkinson s'apprêtait à sortir sa baguette magique lorsque la voix de McGonagall se fit entendre.

- Que se passe-t-il, ici ? Pourquoi ce rassemblement ? Allez directement dans vos salle de classe !

Parkinson regarda Maena en plissant des yeux.

- On dirait bien que ta bonne étoile t'a sauvée, Black !

- Pas besoin de bonne étoile ! répliqua Maena.

Et elle partit avec ses trois amis. Ceux-ci étaient un peu déconcertés et impressionnés.

- On ne savait que tu pouvais être comme ça… dit Ron.

- Elle m'énerve, c'est tout ! fit Maena. C'est de sa faute, après tout ! Si elle n'était pas venue me chercher des emmerdes, crois-moi, j'aurais jamais su qu'elle existait !

Maena soupira.

- Et je n'aime pas qu'on salisse la mémoire de mon père ! Ce dont elle ne se prive pas !!

Harry comprenait parfaitement ce que son amie ressentait. Lui non plus n'aimait pas qu'on dise du mal de Sirius.

Arrivés dans la classe de défense contre les forces du Mal, ils retrouvèrent Ombrage assise confortablement derrière le bureau de Sithya. Comme Harry et Ron s'apprêtait à s'asseoir à un banc et que Maena et Hermione s'installaient à un autre banc, Ombrage sourit et dit :

- Ne vous installez pas, je vais changer les places.

- Pardon ?! ne put s'empêcher de dire Maena.

- Oui. Pour éviter les bavardages intempestifs.

- C'est un cauchemar ! dit Maena aux autres tandis qu'Ombrage empêchait Neville et Parvati de s'asseoir l'un près de l'autre.

Peu de temps après, tous les élèves étaient présents dans la classe. Ombrage distribuait les places : un Gryffondor à côté d'un Serpentard. Les Serpentard étaient ravis de l'occasion qui leur était donnée de pouvoir ennuyer les Gryffondor.

- Londubat ! Allez près de Mr Crabbe. Granger, vous irez près de Miss Bulstrode. Finnigan, allez vous placer à côté de Miss Moon. Potter, vous, vous irez à côté de Goyle. Brown, allez à côté de Miss Parkinson (pensée de Maena : « Pauvre, pauvre Lavande ! »). Black… Allez près de Malefoy.

- Ah non alors ! s'exclama Maena.

- Non ? demanda Ombrage d'une petite voix.

- Non ! répéta Maena.

- Faites ce que je vous dis !

- Ou sinon quoi ? demanda Maena avec impertinence.

Ombrage regarda Maena et celle-ci soutint son regard.

- J'enlève trente points à Gryffondor !

- Hein ?!! Mais c'est pas juste !

- Allez vous asseoir ou j'enlève trente points supplémentaires !

Maugréant et maudissant intérieurement la représentante du ministère, Maena alla s'asseoir à côté du Serpentard tandis qu'Ombrage savourait sa victoire sur la jeune fille.

- Weasley, vous allez vous installer près de Mr Zabini…

Maena sortit ses affaires tandis qu'Ombrage envoyait Parvati aux côtés de Sally-Anne Perks et Dean auprès de Nott.

Il était clair que la salle de classe ne sera pas troublée par les bavardages intempestifs ! Les Gryffondor et les Serpentard ne se parleraient pas ! Par contre, les Serpentard prirent un malin plaisir à ennuyer les Gryffondor qui n'osaient répliquer de peur de se voir enlever des points supplémentaire.

Seules deux personnes étaient tranquilles : Parvati, qui était assise à côté de Sally-Anne Perks, qui était la jeune fille la plus petite, la plus sensible et la plus gentille de sa maison. Et Maena. On aurait dit que Malefoy préférait travailler sur les Inferi plutôt que d'ennuyer la jeune fille. Ce dont la jeune fille se réjouissait !

Mais elle était quand même intriguée. D'ordinaire, il aurait sauté sur l'occasion pour lui dire une méchanceté ou une chose blessante. Mais là, rien de rien ! Ce qui avait de quoi intriguer, vu qu'on parlait bien de Drago Malefoy !

Alors que la jeune fille lisait le chapitre sur les protections dont on peut se servir contre les cadavres ambulants, elle sentit quelque chose à sa cheville. Elle baissa les yeux et vit une souris en papier. Elle jeta un coup d'œil à ses amis et vit qu'ils la regardaient en souriant. Elle posa sa plume et fit exprès de faire tomber son crayon. Elle se baissa pour le ramasser et prit la sourit de papier.

Discrètement, elle déplia la souris et vit qu'il s'agissait d'un parchemin divisé en quatre. Trois des quatre cases étaient occupés par des dessins. La dernière case devait lui être réservée.

Le premier dessin représentait un garçon qui noyait une caricature de Rogue et une autre d'Ombrage dans un chaudron. Les dessins étaient magiques, donc, animés. En-dessous, elle put lire : « Mon plus grand rêve » et elle reconnut l'écriture d'Harry.

Le deuxième dessin représentait une Ombrage qui s'étouffait. Un garçon passa et au lieu d'aider la femme, il lui fourrait autre chose dans la bouche et l'Ombrage du dessin s'étouffa encore un peu plus. « Je crois que ça montre assez bien mes espoirs ? » faisait la note à l'écriture désordonnée de Ron.

Le dernier dessin, mieux dessiné que les autres, montrait une Ombrage qui tombait dans les escaliers pour atterrir dans une flaque de boue. Le dessin d'Hermione était plus raisonnable que ceux des garçons. L'écriture soignée de la jeune fille disait : « un crapaud, ça aime la boue ! ».

Maena jeta un grand sourire à ses mais. Elle prit le parchemin et commença à dessiner. Son dessin montrait une Ombrage foudroyée par la foudre avant de se faire avaler par un dragon difforme. Elle écrivit ensuite de sa belle écriture légèrement penchée : « Si Dieu veut que cela arrive, je peux jurer devant lui qui je savourerai ce magnifique spectacle ! ».

Lorsqu'elle eut fini son dessin, elle prit sa baguette magique, murmura une formule qui eut pour effet de plier le parchemin en forme de souris et la fit glisser au sol.

- Vous risquez de graves ennuis si elle vous surprend, lui dit Malefoy.

Maena se tourna vers lui, surprise.

- Tiens ! Je croyais que tu avais perdu ta langue ! dit-elle. Mais je rêve ou quoi ? Tu viens de me prévenir.

- Et alors ?

- Et alors ? Tu ne sens pas bien, c'est ça ? Tu oublies que je suis une Gryffondor et que tu me détestes ?

Malefoy haussa les épaules et se remit au travail.

Soudain, Ombrage se leva et se mit à arpenter la classe, s'arrêtant quelques fois pour regarder par-dessus les épaules des Gryffondor.

Lorsqu'Ombrage passa près de Maena, celle-ci lisait déjà le chapitre suivant, ayant fini de faire ce que Mentha Sithya avait demandé de faire.

- Que faites-vous, Miss Black ? demanda Ombrage.

- Je lis, répondit Maena.

- Je vois ça ! Et votre travail sur les Inferi ?

- Terminé, dit Maena en montrant deux rouleaux de parchemin sur le banc, devant elle.

- Vous permettez alors que je les lise et que je les corrige, non ?

Ombrage avançait sa main vers le travail de Maena mais cette dernière posa une main sur les rouleaux et les éloigna.

- Non, dit Maena en souriant aimablement.

- Non ? demanda Ombrage.

- Non ! répéta Maena. Seul mon professeur peut corriger mon travail. Or, mon professeur, ce n'est pas vous, c'est Sithya !

Le regard d'Ombrage se durcit ainsi que les traits de son visage. Les élèves avaient momentanément arrêté de travailler pour voir ce qui allait se passer.

- Vous n'avez pas votre langue dans votre poche ! fit Ombrage.

- Héritage paternel, fit Maena.

- Ça va vous attirer des ennuis, prédit Ombrage.

Maena haussa les épaules d'une manière insolente. Ombrage allait répliquer quand on frappa à la porte. Elle resta sans bouger, foudroyant toujours Maena du regard. Mais lorsqu'on frappa une deuxième fois à la porte avec plus de force et d'insistance, Ombrage ne put que dire :

- Entrez !

La porte s'ouvrit et, aussitôt, il y eut des exclamations de joie car la personne se trouvant dans l'embrassure de la porte n'était autre que Mentha Sithya !

- Bonjour ! dit-elle joyeusement.

- Mentha ? Que faites-vous ici ?

Ombrage semblait avoir été foudroyée sur place et son expression ressemblait à s'y méprendre à celle que lui avait dessiné Maena.

- Je viens reprendre mon poste ! répondit Mentha avec joie.

- Mais… c'est impossible…

- Pourquoi donc ? Parce que les spécialistes que vous aviez soudoyés –sous la menace- m'ont quand même laissé partir ? Cela, je le dois à monsieur de ministre. Lorsque les spécialistes de Sainte-Mangouste l'ont vu en colère, ils se sont empressés de tout avouer !

Ombrage semblait paralysée.

- Ne vous en faites pas, Dolores, la sentence ne sera pas si terrible ! Vous avez juste perdu votre place au sein de Magenmagot. Au revoir, Dolores.

Ombrage ne bougea pas pendant quelques temps puis sortit de la salle sans un regard en arrière. Mentha referma ensuite calmement la porte et soupira de bien-être.

- Ça fait du bien ! dit-elle. Oh ! Au fait, je dois dire à certains d'entre vous que la brigade inquisitoriale n'est plus.

Quelques soupirs déçus se firent bien entendu entendre tandis que les Gryffondor s'échangeaient des grands sourires heureux. Maena vit Malefoy retirer vivement son minuscule « I » d'argent et le poser sur le banc.

- Tu dois être terriblement déçu, non ? lui dit Maena, narquoise, tandis que la cloche sonnait.

- Pas tellement, non, répondit-il en rangeant ses affaires.

Et il se dépêcha de partir. Maena rangea ses affaires en haussant les épaules. Son regard tomba alors sur le « I » en argent que Malefoy avait laissé là.

- Maena ! Dépêche-toi ! lui dit Harry. Y a entraînement de Quidditch !

- J'arrive ! dit-elle en prenant le « i » d'argent et en le fourrant dans sa poche.

Elle rejoint vite ses amis et sortit avec eux de la classe. Elle ne sut pas que deux personnes avaient surpris son geste. L'une de ses personnes se trouve être sa meilleure amie, Hermione Granger. L'autre personne était Zabini Blaise qui était assis juste derrière la jeune fille. Ce dernier sourit, comme s'il venait de comprendre quelque chose.

Les quatre amis Gryffondor exprimaient leur joie de revoir Sithya.

- Au fait, fit soudain Hermione, quelqu'un a récupérer la souris ?

- Elle a sûrement dû être écrasée… dit Ron. N'empêche, j'aurais bien voulu les garder.

- J'espère qu'on n'aura pas d'ennui si quelqu'un la trouve, s'inquiéta Hermione.

- Mais non ! dit Maena. Si quelqu'un la trouve, il l'exposera pour que tout le monde puisse voir notre magnifique œuvre ! On deviendra peut-être célèbres avec ça !

- C'est vrai que les dessins étaient bien faits ! dit Harry en souriant.

- Mais, comme d'hab, dit Ron aux filles, vous avez fait mieux que nous ! Comment vous faites pour dessiner aussi bien ?

Les deux jeunes filles rirent et Maena avoua avoir utilisé une Plume Dessinatrice de la boutique de Fred et George. Les quatre amis se mirent à rire, dans la joie et la bonne humeur.

°o0o°

Mentha Sithya, dans la salle de classe vide, rangeait son bureau lorsqu'elle vit quelque chose de blanc bouger sur le sol. Elle contourna son bureau et trouva une souris en papier. Elle l'attrapa.

- Mmh… Beau sortilège de Pliage…

Elle déplia la souris. Lorsqu'elle vit les dessins, elle éclata de rire. Elle retourna derrière son bureau et mit la feuille dans un tiroir de son bureau.

- Piètres dessinateurs… mais plein d'imagination ! dit-elle en regardant les dessins magiques d'Harry, Ron, Hermione et Maena.