Bonsoir tout le monde. Tout d'abord, merci pour vos gentils commentaires, ils m'aident toujours autant. Je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment mais j'essaye de traduire au plus vite…surtout que l'histoire arrive bientôt à la fin !!! Voici un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Bye bye, et à bientôt…

Chapitre 33 - Inadmissible

Parking de l'hôpital

Jeudi soir, 10 juillet

L'air était épais et humide. Il faisait chaud, et être à l'intérieur d'une voiture sans la climatisation en marche par ce temps était terrible. Ses vêtements commençaient à coller à son corps. Et tout ce qu'elle faisait était pleurer. Elle a finalement fini par s'arrêter, mais se sentait toujours aussi mal. Comment pouvait-elle avoir fait ça ? Comment pouvait-elle l'interdire de le voir ?

Olivia a essuyé la sueur sur son visage avec ses mains. Maintenant que les larmes s'étaient arrêtées et qu'elle s'était calmée, elle a osé ouvrir la porte de la voiture pour un peu d'air frais, respirant profondément. Elle secouait sa chemise pour tenter de la décoller de sa peau. En se penchant entre les sièges avant, elle a vu la bouteille d'eau qu'elle avait laissée plus tôt dans la portière. Elle l'a ouverte et en a pris trois grandes gorgées. Elle s'est tournée sur la banquette, tendant ses jambes en dehors de la voiture.

Elle a entendu des pas, mais ne s'est pas intéressée à qui ils appartenaient.

Une voix familière l'a surprise. « Olivia ? Qu'est-ce que tu fais ici ? » Cragen était penché au-dessus d'elle, une main sur la portière, l'autre sur le toit.

Quand elle a levé les yeux, il était évident qu'elle avait pleuré. Il s'est accroupi pour être face à face avec elle. Il a posé une main sur son genou. « Qu'est-ce qui se passe? Elliot… va bien ? »

Elle a reniflé et incliné la tête. « Il va très bien… Munch et Fin… lui demandent… son rapport. »

Il ne savait pas quoi dire. « Pourquoi n'es-tu pas avec eux ? Je croyais que tu voulais voir Elliot… »

La première chose à laquelle il a pensé était qu'il s'était réveillé et avait dit à Olivia qu'il ne pensait rien de ce qu'il lui avait dit plus tôt, et qu'elle était blessée. Ou qu'il ne se rappelait de rien ou qu'il avait de nouveau dit quelque chose qui l'avait contrariée. Mais une chose était sûre, Elliot était certainement la raison de la présence d'Olivia dans cette voiture, par une chaleur suffocante.

« Ils ne veulent pas me laisser le voir… » Elle a commencé à expliquer mais les larmes ont refait leur apparition.

« Quoi ? Qui ? Munch et Fin ? Ils ne peuvent pas… »

« Non… pas eux… le docteur Tharpe… il a dit que je ne pouvais pas voir Elliot… Kathy a dit…elle lui a dit que je lui faisais du mal en étant près de lui… » Elle essuyait les larmes au fur et à mesure qu'elles tombaient.

« Quoi ? Pourquoi a-t-elle fait ça ? » Il posait la question mais connaissait la réponse.

Kathy était jalouse. Elle avait une bonne raison, mais elle était folle d'avoir fait une chose pareille. Quand Elliot allait découvrir ce qu'elle avait fait… Cragen ne voulait pas être là quand il l'apprendrait. La réaction d'Elliot allait certainement être mauvaise. Très mauvaise.

« Viens… j'ai deux mots à dire au docteur Tharpe…à Kathy aussi d'ailleurs...elle n'a pas le droit de faire ça… » Cragen s'est levé.

« Non… non… je ne veux pas faire de mal à Elliot… et Kathy n'est pas là de toute façon… et peut-être qu'elle a raison… peut-être qu'il vaut mieux que nous ne nous voyons pas… à cause des choses entre nous… tout est si… si compliqué… il besoin de reprendre des forces pour guérir… »

Il a secoué sa tête. « Olivia… ne pas te voir ne va pas l'aider à aller mieux… tu sais qu'il demandera où tu es, comment tu vas et pourquoi tu ne viens pas le voir… et quand il va découvrir ce que Kathy a fait… son état va empirer. Fais-moi confiance. »

« Le docteur Tharpe a dit que si quelqu'un lui dit, elle l'empêchera lui aussi de le voir. » Elle a soupiré.

« Ca n'a pas de sens, Olivia. Dès qu'il le saura, il exigera de te voir. Je lui dirai. Je me moque de ce que Kathy pense ! » Il était à aller tout dire à Elliot.

« Non ! Le docteur Tharpe a dit qu'il ne doit pas être contrarié, ça ne serait pas bon pour lui… il a dit qu'il fallait encore quelques jours pour que les interventions qu'ils ont pratiqué sur ses artères soient sûres de tenir. Capitaine, je ne veux pas être la cause de sa douleur… ou pire. Si quelque chose lui arrivait… je… je… ne dites rien à Kathy… s'il vous plaît. » Elle priait, ses yeux reflétant la douleur qu'elle ressentait.

Cragen a tapoté son épaule. « D'accord. Mais je n'aime pas ça. Je n'aime pas ça du tout. Je vais monter le voir … et tu sais qu'il va demander de tes nouvelles… »

« Dites-lui que… je pense à lui et que j'espère qu'il va mieux… » Elle s'est arrêtée, une nouvelles vague de larmes revenant à la charge.

« C'est inadmissible… simplement inadmissible. » Il se parler plus à lui qu'à Olivia quand il s'est tourné pour partir. Il ne pouvait pas croire que Kathy avait fait ça. Il voulait tout dire à Elliot mais ne le ferait pas. Il allait respecter le souhait d'Olivia. Mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'Elliot découvre ce que son épouse avait fait.

Chambre d'Elliot Stabler

Jeudi soir, 10 juillet

Sa tête était posée sur l'oreiller, et il regardait le plafond. Il était plus pâle que d'ordinaire, et sa barbe foncée de deux jours rendait le contraste encore plus grand. Sa tête s'est tournée vers ses collègues quand il a entendu la porte s'ouvrir.

« Blanche neige est finalement réveillée. Comment ça va ? » Fin a demandé en entrant dans la pièce.

« Salut Elliot. Comment tu te sens ? » Munch a demandé, s'approchant du chevet d'Elliot.

« Je peux mentir ? » Elliot a tendu sa main droite, mais Munch s'est penché pour l'étreindre, faisant attention de ne pas lui faire mal.

Quand il s'est levé, Fin a fait la même chose. Il était soulagé qu'il soit vivant. Mais le voir lui faisait revivre de nouveau la fusillade.

« Attention ! N'abîmez pas la marchandise ! » Elliot a plaisanté. Son sourire s'est effacé quand il a regardé vers la porte.

Munch et Fin se sont regardés, comprenant ce qui se passait. Elliot cherchait Olivia.

« Où est Liv ? Je pensais qu'elle serait avec vous… » Il les a regardés chacun leur tour. Ils ne savaient pas quoi dire.

Munch a dégagé sa gorge. « Elle… heu… n'a pas pu venir. »

Avant qu'il puisse poser une autre question, Munch a commencé à parler. Espérant obtenir l'attention d'Elliot sur autre chose, il a immédiatement commencé à lui indiqué ce qu'ils avaient trouvé sur l'enquête. Fin a lui aussi glissé quelques commentaires.

« Et maintenant que tu vas mieux, tu dois nous donner ton rapport sur la fusillade. » Munch a sorti un petit dictaphone et a appuyé sur le bouton 'enregistrement'.

« Jeudi 10 juillet, hôpital Beth Israël, 18h48, chambre 417. Rapport de l'inspecteur Elliot Stabler, NYPD, insigne numéro 6313, au sujet de la fusillatd impliquant le FBI et l'unité spéciale des victimes, le mercredi 9 juillet à l'angle du salon de thé russe et de la cinquante-septième. Tu es prêt ? » Munch a demandé.

« Ouais ouais…je me rappelle de pas mal de choses…mais certaines sont brumeuses… » Elliot a froncé les sourcils.

« Ne t'inquiète pas… nous allons te poser des questions… essaye juste d'y répondre. » Munch a rapproché une chaise et s'est assis.

« Commençons à partir de la fin de la réunion… avant que toi et… » Munch s'est arrêté, réalisant qu'Elliot ne savait pas que Matt était mort. « … avant que toi et Matt soyez allés prendre un verre. Y a-t-il eu quelque chose d'étrange qui aurait pu vous laisser penser que ceci allait se produire ? »

« Non… pas vraiment… » Elliot a répondu.

« J'ai perdu le compte de combien de fois nous avons écouté l'enregistrement de la réunion… nous n'avons rien trouvé d'étrange nous non plus. »

« Qu'est-ce que tu entends par 'pas vraiment' » ? Fin a froncé les sourcils.

Elliot a laissé sa mémoire travailler. « Heu… Mona… elle… me regardait bizarrement… comme elle l'avait fait la première fois que nous nous étions vus… »

« Bizarrement ? Bizarrement comment ? » Fin a demandé.

« Elle me dévisageait… j'ai d'abord pensé que… vous savez… que je l'intéressais...elle m'avait posé quelques questions la première fois… j'ignorais qui elle était à ce moment-là … » Elliot a frotté son visage avec sa main droite.

« Quelles questions a-t-elle posées ? » Munch a demandé, se penchant dans sa chaise.

« Elle m'a demandé si j'avais déjà été au bar de Sasha… je lui ai dit non, et alors elle m'a demandé si j'avais été au bar d'Ivan. … je lui ai dit non…que j'étais de Chicago. » Il a expliqué.

« Ok… qu'est-ce qui s'est produit la nuit dernière ? Qu'est-ce qu'elle a fait ? » Munch a poursuivit.

« Elle continuait à me regarder… alors je l'ai vu aller dire quelque chose à Paul… qui m'a regardé d'un air mécontent. » Il a fait une pause. « Dix ou quinze minutes plus tard, j'ai vu Paul parler à Gavlik… qui m'a regardé en fronçant les sourcils. J'étais persuadé qu'elle nous soupçonnait, d'ailleurs je l'ai dit à Matt. »

« Tu es sûr que tu ne l'avais jamais vu avant ces réunions? » Fin a arrêté d'écrire pour regarder Elliot.

« Je ne l'avais jamais vu en personne… simplement sur une bande vidéo… mais elle n'était pas habillée comme ça… elle ne semblait même pas être la même femme… je ne l'avait pas identifié jusqu'à ce que Gavlik me dise son nom de famille à la deuxième réunion. » Il a secoué sa tête.

« Tu as dit que tu pensais qu'elle vous soupçonnait… que s'est-il produit après ? »

« Matt et moi avons pris un verre… je lui ai parlé de Mona et de son comportement… mais comme tout s'était bien déroulé, nous ne nous sommes pas plus inquiétés… » Elliot a regardé dans le vide. « Nous… nous sommes sortis et quand nous sommes arrivés à la ruelle, deux types nous ont attrapés… j'ai pensé à une agression… mais après j'ai vu Gavlik, et j'ai réalisé que c'était Boris et Luka qui nous tenaient… ils nous menaçaient avec leur arme. Dean a hurlé 'FBI, plus un geste', et l'enfer a commencé. J'ai…heu… j'ai essayé de me cacher mais…j'ai été trop lent. » Il a mis une main sur chacune de ses blessures.

« Est-ce que tu peux nous dire autre chose Elliot ? » Munch a demandé.

« Non… » Il a secoué sa tête. Son esprit rejouait une partie de la scène. Elliot s'est soudainement rappelé quelque chose. « Attendez ! Matt… je l'ai vu se faire tirer dessus… comment va-t-il ? »

Munch et Fin se sont regardés. Aucun des deux ne voulait annoncer la mauvaise nouvelle. Elliot a tout de suite compris que quelque chose n'allait pas. Son cœur a commencé à battre plus rapidement.

« Dites-moi ! Comment va Matt ? »

Munch s'est levé et a parlé doucement. « Matt n'a pas survécu Elliot. Je suis désolé. »

La bouche d'Elliot s'est ouverte puis fermée. Il essayait de parler mais aucun mot ne sortait. Il a passé plusieurs fois ses mains sur son visage, essayant de clarifier ce qu'il venait d'apprendre.

« Non… non » Il sentait les larmes brûler ses yeux. « Et les autres… comment vont-ils ? Mon dieu dites-moi que les autres vont bien ! » Ses yeux voyageaient rapidement entre ses deux collègues.

« Dean a reçu une balle dans l'épaule… il est sorti de l'hôpital cet après-midi. Dave a été tué ainsi que… ainsi que… » Fin n'arrivait pas à dire que Lake était mort. L'équipier de fin. Lake était mort. Des larmes jaillissaient de ses yeux alors que Fin ne pleurait jamais.

Munch, sentant que Fin était dans l'ennui, a pris le relai. « Elliot… Chester est parti, aussi. »

Elliot le regardait comme s'il n'avait pas compris. Il secouait se tête lentement et à mesure qu'il comprenait il la secouait plus rapidement. « Non ! Non ! Cela n'a pas pu se produire ? Pas Lake ! Pas Matt et Dave ! » Les larmes coulaient maintenant librement sur ses joues, sa main sur son visage ne faisant rien pour les cacher.

Munch a mis une main sur son épaule pour le calmer. Il avait déjà subi assez de dommages corporels, il devait ménager sa santé. Elliot a levé la tête brusquement, la terreur écrite sur son visage. Il s'est assis dans son lit, a attrapé Munch par les revers de sa veste et l'a tiré vers lui.

« Elle … elle est morte elle aussi… c'est ça ? C'est pour ça qu'elle n'est pas là… c'est pour ça que vous avez dit qu'elle ne pouvait pas être là ce soir ! Oh, mon Dieu ! Olivia ! Olivia ! Je croyais que j'avais rêvé ! Olivia ! ! Liv ! Liv ! Olllliiiviiiaaa ! » Il sanglotait, son cœur brisé. Il a enterré son visage dans la poitrine de Munch. « Olivia ! » Même si ses cris étaient insonorisaient par le tissu de la veste de Munch, ses deux amis étaient malheureux pour lui.

« Non ! Elliot ! Olivia va très bien...Je te le promets ! » Munch voulait le consoler mais il n'écoutait plus rien.

Elliot l'appelait toujours, sa respiration devenant de plus en plus difficile. L'électrocardiogramme commençait à émettre des bruits irréguliers et inquiétants.

« Elliot, Olivia va bien...elle était en surveillance dans le camion...elle n'a pas été blessée ! Elle n'est pas blessée ! » Fin, alarmé par la réaction d'Elliot, essayait lui aussi de le calmer, sans succès.

La porte s'est ouverte brusquement, le docteur Tharpe, un interne et une infirmière entrant avec un défibrillateur. Fin s'est vite écarté pour les laisser passer. Munch, lui, ne pouvait pas se déplaçait, Elliot étant toujours accroché à lui.

« Vous devez sortir, s'il vous plaît. » La colère du docteur était évidente dans sa voix.

Le docteur Tharpe et l'infirmière ont dégagés Elliot de sa prise sur Munch, pendant que l'interne injectait un produit dans la perfusion. Presque immédiatement après l'injection, la voix d'Elliot commençait à baisser en volume, et au bout d'à peine une minute il était calme de nouveau. Quand ils l'ont de nouveau étendu sur le lit, ils ont remarqué du sang sur le bandage de sa poitrine. Au même moment, quelqu'un est entré dans la chambre.

Choqué par la scène à laquelle il venait d'assister, Cragen était paralysé à la porte, et fronçait les sourcils. « Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce qu'il va bien ? »

Munch et Fin regardaient leur capitaine. « Il… il pense… qu'Olivia est morte. » Munch a parlé tranquillement.

Cragen a lentement secoué la tête.

Bureau du docteur Tharpe

Vendredi matin, 11 juillet

« Madame Stabler, je pense vraiment que vous devriez réfléchir à votre décision. » Le docteur frottait ses yeux, manquant visiblement de sommeil.

Il était resté debout une partie de la nuit car Elliot avait de nouveau été ramené en chirurgie. Trois points de suture sur son artère pulmonaire avaient lâché. Le docteur était certain que cet accident était dû au fait qu'il avait appris de mauvaises nouvelles sur ses collègues, mais surtout qu'il était persuadé que son équipière était morte. Mais Kathy était catégorique, il était hors de question qu'Olivia approche Elliot. Et maintenant l'équipe de l'USV entière complétait la liste.

« Je n'ai nullement besoin de réfléchir, docteur Tharpe. Ceci s'est produit en raison de ce que les inspecteurs Munch et Tutuola lui ont dit. Je ne veux aucun d'entre eux près de lui. » Elle était ferme sur sa décision.

« Je vous demande juste une chose, laissez-le s'il vous plaît voir l'inspecteur Benson … juste assez longtemps pour qu'il voie qu'elle va bien et qu'elle est vivante. » Le docteur la priait presque.

« Ma décision est irrévocable. » Elle plissait ses yeux.

« Vous savez, votre mari va récupérerer et finira par apprendre ce que vous avez fait… vous pensez vraiment qu'il n'y aura aucunes conséquences ? Qu'essayez-vous de prouver en agissant comme ça ? » Il ne comprenait pas du tout sa décision.

« J'essaye de protéger mon mari pour qu'il aille bien ! »

« Madame Stabler…… je ne sais pas ce qui se passe… je ne vous connais que depuis peu de temps… mais il est plus qu'évident que votre mari et son équipière s'inquiètent l'un de l'autre. Mon avis, professionnel et médical, est que le bien être et la guérison de monsieur Stabler seraient meilleurs s'il savait que l'inspecteur Benson va bien. Reconsidérez votre décision. »

« Je ne veux pas cette femme près de mon mari. Si vous avez un problème avec ça, je peux demander un autre docteur. Ou faire transférer mon mari dans un autre hôpital. »

« Vous pouvez en effet faire cela, madame Stabler. Cependant, vous devez savoir qu'en vingt-sept ans de pratique, je n'ai jamais eu affaire à une réaction aussi inadmissible. » Il s'est levé et a ouvert la porte de son bureau, la priant silencieusement de sortir.

Quand elle a été parti, il s'est assis et a posé sa tête sur ses bras croisés sur son bureau. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un d'aussi froid. Tout ce qu'il fallait était que monsieur Stabler voit madame Benson une minute, pour qu'il se rende compte qu'elle va bien. Si elle continuait à refuser, il n'aurait plus qu'une seule solution pour le garder en sécurité, celle de le mettre dans le coma artificiel pendant quelques jours, le temps que ses blessures internes guérissent. Et même s'il espérait que seul le bien être de son mari comptait pour elle, il savait que la seule raison pour justifier les agissements de Kathy Stabler était un défaut vieux comme le monde…la jalousie.

Salle d'équipe de l'USV

Vendredi matin, 11 juillet

Munch, Fin et Olivia étaient partis au siège du FBI. Ensemble ils avaient comparé leurs notes et leurs rapports sur la fusillade de mercredi soir. Comme Fin et Olivia étaient sur l'enquête depuis le départ, les fédéraux leur avaient laissé l'interrogatoire de Paul Sollecito ainsi qu'un nouvel intervenant dans l'affaire, Rob Sollecito. Luka, Boris, Natalia et plusieurs autres personnes impliquées avaient déjà été entendues.

Maintenant, Olivia et Fin se rendaient à la prison pour femmes de Sealview pour parler à Mona. Olivia était heureuse de pouvoir occuper son esprit sur autre chose qu'Elliot. Elle voulait tellement le voir que le simple fait d'y penser lui faisait mal.

Cragen était au téléphone dans son bureau quand ils sont revenus, et ses cris s'entendaient même avec sa porte fermée. Il avait l'air extrêmement furieux. Il a raccroché violemment le combiné, faisant sauter le téléphone sur le bureau. Il l'a ramassé et l'a claqué aussi fort que la première fois, veillant cette fois-ci qu'il reste à sa place.

Son équipe le regardait, choquée, se demandant ce qui pouvait le mettre dans une telle colère. Il s'est finalement levé, s'est dirigé vers la porte et l'a ouverte. Il les a alors appelés.

« Olivia ! Fin ! Munch ! J'ai besoin de vous. Maintenant ! »

Ils se sont précipités à la porte, peu disposés à le faire attendre, ne voulant pas l'irriter encore plus. Olivia est entrée d'abord, regardant nerveusement autour d'elle. Fin l'observait. Munch, quant à lui, avait l'air beaucoup moins bouleversé qu'eux. Cragen ne leur a pas proposé de s'asseoir, voulant faire vite pour pouvoir se calmer.

« J'espère que le rapport qu'Elliot vous a donné est aussi complet que possible… » Il a demandé, décalant son regard entre Fin et Munch.

« Oui monsieur. J'ai tout noté et Munch l'a enregistré. Pourquoi ? » Fin a demandé en fronçant les sourcils.

« Que se passe-t-il, capitaine ? » Munch regardait par-dessus ses lunettes, ses mains dans le dos.

Cragen a regardé Olivia. Quand leurs yeux se sont rencontrés, il a tourné la tête. « Les médecins n'ont pas réussi à arrêter la blessure d'Elliot de saigner. Il est de nouveau retourné en chirurgie… » Olivia a arrêté de respirer. Ils se sont tous tournés vers elle. Fin caressait son dos tandis que Munch avait posé sa main sur son bras.

« Il va bien maintenant. Quelques points sur son artère pulmonaire avaient lâchés. C'était Kathy au téléphone. Le docteur Tharpe a dit que les informations qu'il a reçu hier soir étaient ce qui a fait se produire cet incident. Kathy nous blâme et refuse maintenant qui que ce soit de l'USV d'approcher Elliot. Elle m'a également dit que le docteur a mis Elliot dans le coma artificiel pour quelques jours afin de permettre à son corps de guérir plus vite. » La voix de Cragen montait au fur et à mesure qu'il délivrer les informations.

Olivia restait là, sans voix. « J'ai besoin de vous pour clore cette enquête. Je suis sûr que quand Elliot ira mieux, tout sera terminé. Et quand ce sera le cas, je ne voudrais pas être dans les chaussures de Kathy Stabler… bien que j'aimerais tout de même être présent ! Au travail. » Il s'est assis à son bureau, frottant ses tempes avec ses doigts.

Chambre d'Elliot Stabler

Mardi matin, 15 juillet

Demain, cela fera une semaine que la fusillade avait eue lieu. Maureen était avec Elliot. Kathleen allait venir après le déjeuner. Elle observait son papa, reconnaissante qu'il soit toujours en vie. Hier soir, le docteur Tharpe l'avait sorti du coma artificiel et avait dit qu'il se réveillerait le matin suivant. Il avait remué un peu et avait ouvert les yeux plusieurs fois. Il avait également essayé de parler, mais dans un langage incompréhensible.

Maureen avait eu beaucoup de temps pour penser. Elle avait bien essayé de travailler sur ses devoirs mais ses pensées la perturbaient. Sa grand-mère et sa tante Emily étaient restées presque tout le dimanche et son oncle Joey et sa tante Erin étaient venus samedi. Elle, Kathleen et leur mère étaient venues à tour de rôle. Ils n'avaient pas besoin d'être là tous en même temps.

Une pensée la harcelait. Malgré tout le temps qu'elle avait passé ici, elle n'avait jamais vu personne du travail de son père. Surtout Olivia. Maureen était extrêmement perturbée à ce sujet, sachant qu'il était impossible qu'elle ne soit pas à ses côtés dans une telle épreuve. Et son père voudrait qu'elle soit là. Il se passait quelque chose. Elle le sentait. Elle en avait parlé à sa mère, qui lui avait répondu qu'ils étaient certainement trop occupés à essayer d'attraper les coupables de la fusillade.

Maureen a soupiré et s'est levée de sa chaise. Elle a marché jusqu'à la fenêtre, observant les gens sortir et entrer dans l'hôpital. Elle a entendu un bruit, et quand elle s'est retournée, elle a trouvé les yeux bleus de son père la regardant fixement. Il a souri et a tendu sa main vers elle.

« Viens ici, bébé. » Sa voix était rauque de ne pas avoir été utilisée pendant plusieurs jours.

« Papa… » Elle s'est précipitée vers lui et l'a serré dans ses bras.

« Oh, papa, je suis tellement heureuse que tu ailles bien… » Maureen a commencé à pleurer.

« Je sais… je t'aime, bébé. » Il a caressé ses longs cheveux blonds et l'a serré aussi fort qu'il pouvait.

« Je t'aime aussi. Comment tu te sens ? Tu as mal ? » Elle a demandé pendant qu'elle essuyait ses larmes.

« Bien… fatigué… ma jambe et ma poitrine me font mal… mais c'est supportable. » Il a souri et a essayé de se redresser. « Je voudrais m'asseoir. »

Elle a appuyé sur un bouton et le lit s'est relevé lentement. « Merci. »

Il a alors vu sur le mur juste en face de lui un calendrier. Mardi 15 juillet. Il a froncé les sourcils et Maureen a noté la confusion sur son visage.

« Qu'est-ce qu'il y a, papa ? Quelque chose ne va pas ? » Elle a regardé ce qu'il observait mais n'a rien vu d'anormal.

« Le calendrier… il est normal ? »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » Maintenant elle était perplexe.

« La date… c'est la bonne ? Le dernier jour dont je me rappelle est jeudi… que s'est-il passé entre vendredi et aujourd'hui ? » Il l'a regardée, fronçant de plus en plus les sourcils.

« Oh… le docteur a dû te mettre dans le coma pour que tu guérisses plus vite. »

« Pourquoi ? Je ne comprends pas… »

Elle ne connaissait pas vraiment les raisons mais ne voulait pas lui rappeler les décès de ses collègues. Elle ne savait pas qu'il pensait qu'Olivia était morte.

« Je ne sais pas vraiment, papa. Tu veux que j'appelle le docteur Tharpe ? » Elle préférait que ce soit le docteur qui lui explique toute l'histoire.

Elliot ne lui a pas répondu. Il semblait sur une autre planète. Elle a entendu l'électrocardiogramme émettre des bruits bizarres et les autres machines ont commencé à s'affoler. La mémoire lui est revenue d'un coup, brisant de nouveau son cœur. Il se rappelait que Lake était mort. Matt était mort. Dave aussi. Alors il s'est rappelé que Munch avait dit que Liv ne pouvait pas venir. Maureen voyait les émotions s'inscrire les une après les autres sur le visage de son père. Il a alors commencé à pleurer.

« Elle est morte. Oh non. Non ! Non ! Oh, mon Dieu, qu'est-ce que je vais faire ? Olivia ! Non ! S'il te plaît, s'il te plaît ! Maureen, je dois sortir d'ici ! » Il essayait d'enlever la perfusion sur son bras.

« Non ! Papa ! Tu ne peux pas ! » Elle a attrapé sa main pour l'empêcher de la retirer. Mais il y est tout de même parvenu. Elle voyait le bouton d'appel d'urgences mais ne voulait pas lâcher son père, de peur qu'il ne se lève.

Le personnel médical était déjà sur le chemin de sa chambre, mais Maureen l'ignorait.

« A l'aide ! ! J'ai besoin d'aide ! S'il vous plaît ! Vite ! J'ai besoin d'aide ! »

Le docteur Tharpe et son équipe sont entrés dans la chambre d'Elliot Stabler. Et de nouveau il a reçu un sédatif. Et de nouveau avant de sombrer il a répété que son équipière était morte.

Maureen était très inquiète pour son papa. Quand le docteur Tharpe a eu vérifié les blessures d'Elliot et remis sa perfusion, il s'est tourné vers elle.

« Que s'est-il passé ? » Il a réalisé que son ton était dur. « Je suis désolé … nous avons eu peur pour votre père. Pouvez-vous me dire s'il vous plaît ce qui s'est produit ?

« Il s'est réveillé, et quand il a vu le calendrier, il a demandé ce qui s'était passé les autres jours. Je lui ai dit que vous l'aviez mis dans le coma… alors il a semblé se souvenir de quelque chose. Et soudainement il a arraché sa perfusion et a parlé d'Olivia. Je pense qu'il croie qu'elle est morte… » Elle a regardé le docteur pour une confirmation.

Il a soupiré. « C'est le cas. Il pense qu'elle est morte et c'est en grande partie pour cela que j'ai dû le mettre dans le coma.»

« Pourquoi ? Appelez Liv pour qu'elle vienne… et tout ira bien. Ils sont vraiment proches. Vous savez pourquoi elle n'est pas là ? » Elle ne comprenait pas pourquoi tout allait si mal quand un simple coup de fil pouvait tout arranger.

Le docteur l'a simplement regardé. Il ne pouvait pas lui dire. Il a lentement secoué sa tête. « Non… je ne sais pas pourquoi… peut-être devriez-vous demander à votre mère. » Il s'est tourné et a quitté la salle.

Salle d'équipe de l'USV

Mardi après-midi, 15 juillet

Cragen se tenait à la porte de son bureau, regardant son équipe. Munch avait le téléphone dans une main et un stylo dans l'autre. Fin dactylographiait, très concentré sur son travail. Olivia remuait des papiers sur son bureau, semblant chercher quelque chose.

Cragen s'inquiétait pour elle. Elle avait perdu du poids depuis la semaine dernière. Il savait qu'elle ne mangeait pas et il n'était pas le seul à s'en être rendu compte. Presque chaque matin Munch ou Fin lui apportaient quelque chose à grignoter et au déjeuner un sandwich ou une salade apparaissait sur son bureau. Le plus souvent tout restait intact. Quand elle essayait de manger, c'était seulement pour prendre quelques bouchées.

Les cernes sous ses yeux lui indiquaient aussi qu'elle ne dormait pas. Ou pas beaucoup. Elle essayait de le cacher mais il savait qu'elle ne rentrait pas chez elle le soir. Elle restait juste ici et dormait quelques heures. Il savait aussi qu'elle avait été au moins deux fois à l'hôpital et s'était assise sur un banc. Il l'avait su parce qu'un capitaine d'un autre service, en visite pour un de ses proches, avait vu Olivia. C'était une manière pour Olivia d'être proche de lui. Son cœur se brisait pour elle. Et pour Elliot. Elle n'avait demandé aucune nouvelles de lui depuis l'interdiction de visite pour toute l'unité. Elle n'avait pas parlé de Rhett non plus. Il se demandait ce qui allait se produire quand Elliot allait découvrir ce que Kathy avait fait. Il a pensé que quand il prendrait sa retraite, il pourrait écrire un livre sur toute cette histoire. Ce serait certainement un excellent best-seller.

Il s'est approché d'Olivia pour lui parler. Pour savoir comment elle allait. Quand il est passé près du bureau de Fin, il l'a arrêté pour lui montrer quelque chose sur l'ordinateur.

S'arrêtant à la porte de la salle, elle a regardé autour d'elle. Elle a trouvé la personne qu'elle cherchait, fouillant par les papiers sur son bureau. Son aspect l'a choqué. La dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était à l'hôpital, après la fusillade, il y avait une semaine. Elle était bronzée et heureuse qu'Elliot soit en vie. Là son bronzage était presque parti, et son visage paraissait beaucoup plus mince. Elle avait perdu du poids. Trop de poids. Des cernes foncées marquaient ses yeux. Elle se demandait depuis combien de temps elle n'avait pas dormie. Ou mangée. Elle était presque désolée pour elle. Presque. Elle blessait son père et elle en était très fâchée.

Du coin de son œil, Cragen a vu quelqu'un près de la porte. Il n'y a pas prêté attention jusqu'à ce que cette personne s'approche d'Olivia. Il s'est alors rendu compte de qui cette personne était. Elle s'est arrêtée sur le côté gauche d'Olivia. Olivia a laissé tomber le dossier dans ses mains, effrayée par la présence de la jeune femme.

« Maureen… ? » Quand la crainte s'est emparée d'elle, elle a saisi Maureen par les épaules. « Quelque chose s'est produit ! C'est ça ? S'il te plaît…dis-le-moi ! Est-ce qu'il va bien ? »

Son cœur s'est emballé. Si Maureen était ici, c'était certainement pour annoncer de mauvaises nouvelles.

« Comme si ça t'intéressait. »

« Excuse-moi? » Olivia a reculé comme si Maureen l'avait frappée. Elle a laissé tomber ses mains de ses épaules.

« J'ai dit 'comme si ça t'intéressait' ! Et tu n'as aucune excuse! Tu n'a même pas été le voir ! Tu crois que je vais te dire comment il va quand tu ne prends même pas un peu de temps pour aller le voir ? » Olivia reconnaissait cette fureur. Maureen avait le même tempérament que son père.

« Maureen… s'il te plaît… je… je… voulais… je voulais vraiment… » Olivia passait sa main dans ses cheveux, regardant Cragen, Munch et Fin qui s'approchaient d'elle.

« Il pense que tu es morte ! » Elle a crié, faisant un pas plus près d'Olivia.

« Je… je sais… mais il n'y a rien que je… » Elle a essayé d'expliquer.

Ses yeux se sont élargis. « Tu le sais ? Tu sais qu'il pense que tu es morte et tu ne vas pas le voir ? Je ne peux pas le croire ! Je…je pensais que tu tenais à lui! Je pensais que tu… que tu… » Maureen s'est arrêtée, ne voulant pas dire ce qu'elle allait dire devant les trois hommes. « Pourquoi ? Si tu sais qu'il pense que tu es morte, pourquoi tu ne vas pas le voir Olivia? Pourquoi le laisses-tu penser ça ? Il t'appelle… non… il crie pour toi… il pleure ta mort et dit qu'il ne sait plus quoi faire. Tu ne sais pas qu'il a besoin de toi ? Comment peux-tu lui faire ça ? Comment peux-tu le laisser souffrir comme ça, Olivia ! » Les larmes s'écoulaient maintenant sur son visage.

« Maureen… s'il te plaît… » Olivia pleurait aussi, et quand elle a tendu ses mains vers Maureen, elle les a repoussées.

Fin n'en pouvait plus. Il ne pouvait laisser Maureen blâmer Olivia pour quelque chose dont elle n'était pas responsable. Il était temps que Kathy fasse face aux conséquences de ce qu'elle avait fait ! Il a fait un pas vers Olivia, mettant son bras autour de ses épaules, la serrant contre lui. Il l'a libérée puis s'est déplacé pour être face à face avec Maureen.

« Ce n'est pas la faute de Liv. Elle a passé presque dix-huit heures à côté de ton papa, ne mangeant pas et ne dormant pas. D'ailleurs elle ne mange et ne dort toujours pas ! Tout ça à cause de ton père ! Elle serait avec lui si elle pouvait… »

« Non Fin…ne fais pas ça, s'il te plaît. » Olivia priait, mettant sa main sur son bras.

Il a dégagé son bras et s'est tourné vers Olivia. « Non… c'est une grande fille, Olivia. Elle doit savoir. C'est seulement une question de temps avant que tout le monde le sache de toute façon. »

Il a de nouveau fait face à Maureen. « Tu veux savoir pourquoi elle n'est pas allée à l'hôpital… pourquoi aucun de nous n'y est allé ? Tu dois demander à ta maman pourquoi ! » Il s'est tourné et est allé à son bureau, tirant sa chaise et s'y asseyant lourdement.

Maureen l'a regardé s'éloigner, repensant à ce que le Dr. Tharpe avait dit… 'Peut-être devriez-vous demander à votre mère'. Fin lui disait maintenant la même chose. Elle avait bien l'intention de le faire.