A/N: Coucou tout le monde! Eeeeh voilà, voici arriver les derniers chapitres de Iell Pentin! J'espère que cette fin vous tiendra en haleine grâce à quelques chapitres bien longs! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

Aussi, la traduction de Rhenio mì Ennor avance bien, j'en suis presque à la moitié et ne tarderai donc plus à la poster! ;)


Disclaimer: Je ne possède ni les personnages présentés dans cette histoire ni la majorité des scènes qui s'y déroule. Je ne possède que mes personnages Baraz et Fíli, fils de Kíli ainsi que les aventures qu'ils vivent.


35. Le retour


2 F.A.


5 janvier


Quitter Rivendell pour peut-être la dernière fois de son existence fut sans aucun doute possible l'une des choses les plus difficiles que Baraz ait jamais faites. Se battre contre un Orc ? Facile. Achever un Troll ? Simple. Voler sur le dos d'un Aigle ? Ha ! Mais quitter ce lieu qu'elle considérait comme un refuge ? Impossible…

Au matin du 25 septembre, Lord Elrond se tenait devant le pont du Bruinen pour attendre que ses invités viennent le saluer. Lui et sa compagnie allaient bientôt eux-mêmes quitter la cité avec les sept Hobbits pour rejoindre les Havres Gris.

Baraz se sentit extrêmement triste alors qu'elle regardait la petite silhouette de son oncle être soulevée dans une carriole. Elle savait ce qui allait se passer. Elle savait que le Sixième Porteur de l'Anneau allait être emmené sur un navire vers Valinor, les Terres Immortelles.

Mais elle savait aussi ce que signifiait l'expression dure sur le visage de Frodo, qu'il s'agissait de plus que de la tristesse à l'idée de laisser Imladris derrière lui. Elle savait que son ami d'enfance souffrait encore de cauchemars et de souvenirs intenses de ce qu'il avait vécu, que son âme avait été marquée. Elle savait ce qu'il traversait, et secrètement, elle avait compris que lui aussi allait bientôt quitter Middle Earth.

Le premier groupe que Baraz salua fut celui formé de Samwise, son épouse Rosie et leur fille Elanor. Le ventre arrondi de Rosie démontrait la vie qui grandissait à l'intérieur, et quand elles s'enlacèrent, Baraz remercia la jeune Hobbite pour son hospitalité et lui souhaita que son enfant à naitre ait la plus belle des vies.

Sam versa une petite larme quand elle se tourna vers lui, quelque chose qu'elle avait cru impossible avant et pendant la Quête. Ils ne s'étaient pas bien connus alors, et même si Baraz avait vu grandir le père de Sam, Hamfast, le plus jeune des Gamgee avait toujours été plus effacé.

Merry et Pippin furent bien plus contrariés quand vint leur tour, lui faisant promettre de leur rendre visite et promettant de lui rendre la pareille et ils pleurèrent à chaudes larmes quand Baraz se força à se détacher d'eux. Lord Elrond parut amusé quand elle s'approcha de lui, mais il ne dit rien qui concernait les jeunes Semi-Hommes.

Baraz remercia le Seigneur Elfe pour la énième fois, et ils échangèrent des murmures dans la langue des Elfes avant que Baraz n'atteigne le charriot et ses occupants.

Bilbo, comme d'habitude, ne comprit pas vraiment qu'il s'agissait d'un adieu, pensant sans doute qu'ils se verraient une fois de plus et que Baraz entendrait sa nouvelle composition. Cela fit battre le cœur de Baraz avec un peu de cette joie que le vieux Hobbit faisait transparaitre.

« Poppy… » vint alors l'appel murmuré avant que les bras de Frodo ne se ferment autour de sa taille.

« Frodo… » répondit-elle de la même manière, serrant son petit corps contre elle aussi fort qu'elle le pût, en espérant peut-être qu'un peu de sa force lui soit transmise. « Fais attention à toi. »

Il se sépara d'elle, un sourire triste sur les lèvres alors que sa main voletait instinctivement vers son épaule blessée. « Nous avons vu trop de choses affreuses, ma chère Poppy. Il est temps pour nous de nous reposer. »

Elle acquiesça, une larme lui coulant sur la joue. « Oui. Oublions donc toutes ces choses horribles et recommençons à zéro. » Elle voulait lui faire comprendre qu'il pourrait tout reprendre en Middle Earth, dans la Comté ou ailleurs, mais Frodo ne fit que sourire, et lui prit la main.

« Je te reverrai quand tu quitteras cette terre, Baraz Gazardu. Rends-nous fiers. » Il tira sur sa main pour qu'elle se penche assez bas que pour lui permettre d'embrasser son front, puis il prit place dans le charriot avec Bilbo, qui démarra une conversation enthousiaste avec son neveu.

Merry et Pippin en profitèrent pour de nouveau sauter sur Baraz, et presqu'une demi-heure plus tard, Baraz et Fíli grimpaient en direction des Montagnes, alors qu'une compagnie de trente autres traversaient le pont et partaient dans la direction opposée…


« Comment te sens-tu ? » se fit entendre la voix de Fíli la troisième nuit dans les Montagnes. C'était l'hiver, et le soleil était rare, mais ils avaient pu trouver refuge dans une petite grotte et allumé un feu. Aucun Gobelin ne se montra.

Fíli n'avait pas adressé la parole à sa cousine depuis qu'ils avaient quitté Rivendell. Baraz soupçonnait qu'il était souvent en train de penser à Ceassa et à la possibilité de la retrouver, mais elle soupçonnait également qu'il souhaitait la laisser avec ses propres soucis.

Et elle en avait beaucoup.

Depuis qu'ils avaient laissé derrière eux sa famille et amis à Imladris, Baraz avait senti tout le poids de la mission qui s'était une nouvelle fois présentée à elle se déposer sur ses épaules. Elle ne cessait de penser à ses retrouvailles potentielles d'avec Bard si longtemps après l'avoir quitté, et ce qu'elle ferait en le revoyant.

Alors quand Fíli lui demanda comment elle se sentait, elle n'en avait honnêtement aucune idée.

« J'ai froid ? » répondit-elle avec un sourire moqueur.

Il soupira et resta silencieux pendant quelques secondes. « Tout va bien se passer. »

Baraz ne répondit rien. Elle avait d'énormes doutes sur le fait que tout irait bien.


Ils descendirent le flan de la Montagne quelques jours avant Yule, et quand ils entreprirent de traverser Mirkwood sur la nouvellement refaite Route de l'Est, les bois avaient été décorés pour les festivités elfiques.

Baraz était ravie de voir l'ancienne forêt aussi rajeunie. C'était quelque chose qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir voir, et cela la mit de très bonne humeur.

Chaque soir pendant deux semaines, ils eurent la compagnie d'un, deux ou trois Elfes qui leur racontèrent des histoires et leur demandèrent de faire de même. La haine ancestrale entre les Elfes et les Nains semblait avoir complètement disparu, et Fíli avait l'air de se sentir bien plus à l'aise en présence du Peuple Sylvain.

Jusqu'à ce qu'un jour, alors qu'ils approchaient des Halls de Thranduil, Baraz n'entende son nom être crié non loin du chemin.

« Aier ! » Bien qu'elle ait entendu le surnom de nombreuses fois lorsqu'elle était en compagnie d'Elrohir ou Elladan, Baraz sentit son sang se figer quand elle se retourna, heureuse et presque trop heureuse de voir qui courait en sa direction.

« Legolas ! » Le Prince la rejoignit en deux enjambées, plusieurs jeunes Elleths derrière lui transportant des guirlandes de fleurs qu'elles devaient sans aucun doute accrocher à un arbre proche. Il souriait largement, ce qui lui donnait l'air plus jeune qu'elle l'ait jamais connu, et quand il l'atteignit, il l'attira lui-même dans une étreinte enjouée.

« Aier ! Rwalaer ! Je suis si heureux de vous voir ! » Il se détacha de Baraz et salua Fíli. « C'est une belle surprise ! »

Baraz était encore sous le choc de son arrivée, mais sourit de même. « Oui, ça s'est décidé en dernière minute mais c'est en effet une belle surprise. Comment vas-tu, mon ami ? »

« Je pourrais te poser la même question, mon amie, » il éclata de rire, et le son, ressemblant à un carillon dans le vent, envoya une vague de joie droit dans la poitrine de Baraz. « Allons, venez, nous préparons la fête de Yule. Tauriel sera aux anges de voir que vous êtes là. »


Tauriel était en effet aux anges et, étonnamment, Thranduil permit aux deux Nains de rester aussi longtemps qu'ils le souhaitaient. Il refusa effrontément de parler la Langue Commune en présence de Fíli, mais Baraz était trop heureuse de pouvoir utiliser son elfique. Et puis, son cousin avait énormément appris au cours des deux ans pendant lesquels il avait agi comme ambassadeur à Greenwood.

« Dites-nous, que s'est-il passé après que nous nous soyons séparés ? » demanda Legolas le second soir, tandis qu'ils regardaient des jeunes Elfes danser autour d'un feu de joie, des lucioles tout autour de la clairière.

Baraz sourit tristement. « Hélas, la Comté était sous le joug de Saruman et de sa soif de vengeance quand nous sommes arrivés. Nos amis et moi-même avons dû nous opposer à lui, et cela a demandé beaucoup de tact et de stratégie. Après cela, le pays tout entier a eu besoin d'être reconstruit. »

« Et tu as décidé d'y rester. »

Ce n'était pas une question mais une affirmation, et pourtant il n'y avait aucune surprise dans les yeux de Legolas, ce qui était normal vu qu'il connaissait très bien son amour pour le peuple hobbit.

Baraz acquiesça. « Pendant un temps, en effet. Mais je n'ai plus rien à faire là-bas. J'en ai trop vu, mon âme est trop sombre pour un tel endroit. » Legolas acquiesça de même, mais n'ajouta rien de plus. Il n'y avait pas besoin qu'il le fasse de toute manière.

« Eh bien, vous pouvez rester ici aussi longtemps que vous le voulez, mes chers amis. »


Baraz et Fíli passèrent les célébrations de Yule avec les Elfes. Il y avait d'autres célébrations un peu partout ailleurs, mais rien n'était comparable aux fêtes elfiques. Chaque arbre était décoré, chaque animal était en quelque sorte invité, et il y avait comme un gout de magie dans l'air dès qu'une chanson était chantée ou une danse dansée.

Puis, près du premier jour de l'année, ils quittèrent Greenwood, une promesse au bord des lèvres, une promesse qu'il ne serait pas difficile de tenir vu la faible distance qui les séparerait de la forêt.

Cela prit six jours aux deux amis pour rejoindre New Dale, même s'ils furent ralentis par la neige qui recouvrait tout.

Baraz se tint en-dessous de l'arche marquant le pont de la Porte Ouest et fixa du regard les rues noires de monde, et ce même dans le froid.

« Ils se préparent pour le mariage, » dit Fíli en serrant la mâchoire.

Baraz sentit un nœud se former dans sa gorge, et elle acquiesça. « Viens, allons retrouver les nôtres. » Elle fit un pas puis deux, puis s'arrêta.

Un groupe de gardes nains s'approchait d'eux, en armure et armé jusqu'aux dents.

« Lady Baraz Gazardu, vous êtes convoquée devant le Roi, » dit leur chef, et Baraz comprit alors qu'elle était partie trop longtemps…