Merci à Lunastrelle et Emokami pour leurs reviews !
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.
Chapitre 36 :
Emilia
Cela faisait maintenant deux jours qu'Ariale et les Argentés parcouraient la forêt entourant la ville, à la recherche du cheval. En fait, Ariale ne s'était jointe aux recherches que le deuxième jour, Sephiroth l'avait obligée à rester au lit toute une journée pour se remettre des blessures que Karl lui avait infligées.
La jeune fille avait béni les esprits de la faire guérir aussi vite. Un être humain normal aurait attendu plusieurs semaines avant que sa main commence à cicatriser. Les matérias de soin aussi avaient fait des merveilles !
Elle était tout de même surprise qu'après sa guérison, Sephiroth ait accepté que le groupe reste pour chercher le cheval. Depuis que les choses avaient été mises au clair entre elle et les garçons, ces derniers avaient l'air moins renfermés. Il y avait toujours de la tristesse en eux, mais il n'y avait plus de tension due au fait que tant de choses aient été retenues entre eux. Le seul qui demeurait vraiment gêné était Kadaj.
Chaque fois qu'Ariale lui parlait, il semblait ailleurs. Et dès qu'elle essayait de le regarder en face, il détournait le regard ou trouvait un prétexte pour s'éloigner. Ce comportement irritait la jeune fille. Quoi, il lui en voulait plus que ses frères d'avoir joué cette comédie avec Sonia et Karl pour la matéria noire ? !
Cette histoire l'énervait, mais elle pensait aussi au cheval. Les chasseurs avaient presque fini de ratisser la forêt, ce qui signifiait que bientôt, la bête risquait d'être capturée ou abattue.
Il faisait encore nuit lorsqu'ils partirent le troisième jour. L'aube viendrait bientôt. Tous les quatre marchaient à travers la forêt, sondant les arbres du regard, essayant de déceler un bruit ou un signe qui leur indiquerait la présence de l'animal.
« Grmmbl… On va chercher encore longtemps ? » dit le gromelot sur l'épaule d'Ariale.
« Pour la vingtième fois, oui ! » répondit Kadaj, énervé.
« Oh, ça va, pas la peine de me répondre sur ce ton ! » répliqua la boule de poils.
« Non, il a raison, tu exagères ! dit Ariale. C'est toi qui as voulu nous accompagner dès le début, alors arrête de grommeler ! »
« Mais… je suis un gromelot ! » gémit le petit animal d'une toute petite voix.
« Bon, ben, occupe-toi ! Fais quelque chose, n'importe quoi, mais arrête de te plaindre ! » dit Ariale.
« Pffft, d'accord… j'vais essayer… ! »
Kadaj serra les poings. Bon sang, si cette bestiole ne la bouclait pas, il allait la jeter dans les airs ! Soudain, un cri retentit.
« C'est le cheval ? ! » demanda le gromelot en bondissant, tout content.
Ariale sut tout de suite que non. Les chevaux ne criaient pas de façon aussi humaine !
« Quelqu'un a besoin d'aide, on dirait », fit Sephiroth.
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Emilia n'en pouvait plus. Ils allaient la rattraper, elle n'en pouvait plus ! Cette maudite forêt ne comportait que des arbres, mais pas de buissons assez gros ou adaptés pour se cacher.
Son pied trébucha contre une racine. Elle tomba à terre. Se retournant, elle vit des hommes en uniforme de fantassin Shinra courir vers elle.
« C'est elle ! »
« La voilà ! »
« On la tient ! »
Terrifiée, la jeune fille ferma les yeux, prête à se faire violemment empoigner par les hommes, mais soudain, il y eut d'autres bruits dans son dos. Elle n'eut pas le temps de tourner la tête, elle vit des éclairs bleus et argentés, puis les hommes de la Shinra reculèrent, avec des brûlures sur le corps.
« Quoi ? ! » crièrent plusieurs.
Kadaj sortit des buissons, le bras gauche luisant d'une matéria Foudre.
« Fichez le camp ou la prochaine salve fera plus de dégâts ! » dit le jeune homme en brandissant son poing.
« Pfft ! Tu te prends pour qui, gamin ? » dit un soldat.
« Tuons-le puis emmenons la fille ! » dit un autre.
Kadaj poussa un soupir, puis activa une deuxième fois sa matéria. Cette fois, les éclairs qui en jaillirent touchèrent chaque soldat. Tous tombèrent au sol, gravement amochés.
Emilia avait regardé le spectacle bouche bée. Qui était cet homme vêtu d'une cape noire qui venait de vaincre tous ces hommes ? !
Trois autres arrivèrent bientôt, accompagnés d'une jeune fille avec sur son épaule une curieuse petite boule de poils brun clair.
« Tu pourrais nous attendre avant de commencer le combat ! » dit Loz, l'air vexé.
« Désolé, mais ça semblait urgent », dit Kadaj avec un faux sourire.
« A… Ariale ? » dit Emilia.
Tous regardèrent l'adolescente avec surprise. Ariale était encore plus perdue que les autres.
« On se connaît ? » demanda la jeune fille.
« Oh ! Ariale, c'est toi ! » dit Emilia, en lui sautant au cou.
Surprise, Ariale ne repoussa pas son étreinte mais n'y répondit pas non plus. Elle fixa la fillette de treize ans, aux cheveux roux et au visage piqueté de taches de rousseur. Elle portait une tenue d'hôpital bleue et une blouse jaunâtre, typique de celles qu'on donnait aux gens dans les hôpitaux. Elle devait donc venir d'un laboratoire.
« C'est moi ! Emilia ! Tu ne te souviens pas ? »
« Emilia… ? Oh, mais oui ! Emilia Jones ! Ça fait un bail ! Tu as tellement changé, je ne t'avais pas reconnue ! » dit Ariale en la prenant par les épaules.
« Elles se connaissent ? » murmura Kadaj.
« On dirait bien », répondit Yazoo sur le même temps.
Ariale se tourna vers les autres avec le sourire.
« Emilia Jones était une enfant quand je l'ai connue. Je faisais du baby-sitting quand j'étais plus jeune, pour payer mes études ! »
Plus tard, le groupe avait établi un petit feu dans une clairière. Emilia commença à raconter son histoire.
« J'ai été enlevée avec mon père et ma mère il y a six mois. Nous avons subi des injections Mako. J'ai survécu au traitement, mais mes parents n'ont pas eu cette chance. Il y a quelques jours, on m'a sorti de ma cellule, on voulait m'envoyer dans un hôpital pour soigner quelqu'un grâce à mon don. Mais je m'en suis servie pour m'enfuir. Ça faisait deux jours que je courrais dans la forêt quand vous m'avez trouvée puis porté secours. »
« Je vois », dit Ariale.
« Tu possèdes un don de guérison ? » demanda Yazoo.
« Pas vraiment. Mon don est un peu plus… spécial que ça. »
« Comment ça ? »
Emilia regarda autour d'elle, puis tendit la main vers le gromelot. Ce dernier ouvrit la bouche pour lui demander ce qu'elle allait faire, quand il se figea. Les doigts d'Emilia brillaient d'une douce lueur argentée. Dès qu'ils furent en contact avec sa fourrure, tout son corps rond se mit à rapetisser.
Tous regardèrent avec stupeur le gromelot. Ce dernier se tourna vers Ariale et la fixa avec de grands yeux curieux, comme un enfant.
« Môman ? » demanda le gromelot d'une voix enfantine.
« Je peux faire rajeunir les gens ou les faire vieillir », dit Emilia.
« Waouh ! » dit Loz.
« C'est dingue ! » dit Ariale, soufflée.
« Oh… Eh, tu pourrais me faire vieillir un peu, s'il te plaît ? Juste un ou deux ans de plus, que je sois enfin traitée en adulte par mes frères ! ? » demanda Kadaj, l'air surexcité.
Si ça peut le faire gagner en maturité… mais même avec un pouvoir aussi incroyable que celui de cette fille, j'en doute ! pensa Sephiroth en levant les yeux au ciel.
« Non, désolée. C'est trop dangereux, je maîtrise mal les effets pour le vieillissement. Encore qu'avec les animaux, ça passe », dit Emilia en retouchant le gromelot.
Celui-ci reprit alors sa taille initiale. Il cligna des yeux, l'air perdu.
« Tiens ? Qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai comme un trou… » dit la boule de poils.
« C'est un sacré pouvoir, Emilia ! Je comprends que les hommes de la Shinra tiennent à te garder. Qui ne rêverait pas de rester éternellement jeune et en bonne santé ? ! » dit Yazoo.
À cette remarque, Emilia ne sourit pas, elle se contenta de pousser un soupir.
« Je déteste ce pouvoir. Ce que ces gens m'ont fait… Tuer mes parents, me changer en une espèce de bête de foire, réduire ma vie à celle d'une fugitive sur une planète inconnue… Ariale, je suppose que tu es dans la même situation que moi ? »
« Hein ? Euh, oui, c'est vrai, je suis passé par là. »
« Ah ? Ça a changé ? » demanda Emilia, curieuse.
Ariale se tourna vers les argentés et leur adressa un léger sourire auquel ils répondirent.
« Tu sais, beaucoup d'autres terriens se sont enfuis et dispersés sur cette planète. Mes parents ont réussi à former un clan pacifique, isolé de tous. Je le sais parce qu'ils me l'ont dit en rêve. Si tu veux, je peux les contacter puis leur demander comment t'envoyer auprès d'eux. Tu serais en sécurité. »
« Oui… ce serait bien… Si ça peut m'éloigner de ces monstres… » dit Emilia, peu convaincue.
« Des monstres ? Quels monstres ? » demanda Sephiroth.
« Trois types et une femme, habillés en noir. Ils sont cruels, ils me font si peur ! Ils sont passés au laboratoire et ont ordonné qu'on me fasse muter. Ils m'ont regardée d'une telle façon… J'en frissonne encore, rien que d'y penser ! Pour eux, je n'étais qu'un vulgaire objet dont ils jaugeaient la qualité. Ils disaient qu'ils voulaient se servir de moi pour soigner leur patron. »
« Leur patron ? ! » dirent Sephiroth et Kadaj en chœur.
« Oui. Brutus… non, Rufus Shinra, je crois. Ils disaient que je devais me servir de mon pouvoir pour lui rendre sa jeunesse. Il paraît qu'il est dans une sorte de coma profond et au seuil de la mort, tant il a vieilli. »
Ariale sentit son sang se glacer dans ses veines. Un homme très vieux, escorté de personnes tout en noir… Des souvenirs défilèrent devant ses yeux.
(Flashback)
Rufus saisit la télécommande puis se mit à taper sur d'autres touches. Il y eut soudain un long sifflement, puis le clignotant de la télécommande vira au rouge avant de s'éteindre.
Dylan eut un violent soubresaut, puis tomba au sol.
« DYLAN ! » cria Ariale.
Elle courut le prendre dans ses bras. Le jeune homme saignait du nez, et la peau de son front avait pris une teinte violacée inquiète, comme si des vaisseaux sanguins dans sa tête avaient explosé.
« Oh non… » murmura la jeune fille.
Dylan leva lentement les yeux vers elle, puis tendit une main pour caresser sa joue.
« Je t'aime… Je… t'aime ! », dit-il dans un souffle.
« Dylan… » répondit Ariale d'une voix emplie de sanglots.
La main de Dylan retomba sur sa poitrine. Sa tête bascula en arrière. Ariale se figea, puis secoua négativement la tête. Non ! Elle ne le supporterait pas ! Elle se mit à le secouer, à crier son nom, mais rien y fit.
Le corps de Dylan s'enveloppa d'une lumière blanche, puis disparut dans ses bras. Impuissante, les yeux ruisselants de larmes, Ariale regarda l'étrange masse lumineuse s'élever le ciel pour y disparaître.
Elle ne pouvait pas y croire. Pas lui ! Elle n'eut pas le temps d'y penser davantage. Il y eut soudain un autre coup de feu.
Et cette fois, elle ressentit nettement la douleur dans son dos, au niveau du cœur.
La jeune fille tomba à genoux. À travers la douleur, elle se retourna et vit le coupable : Rufus Shinra. Il avait sorti son fusil et tiré sur elle !
Ariale ne comprit alors rien à ce qui se passa. La douleur dans sa poitrine parut électriser tout son corps, puis tout devint… flou, comme si quelqu'un d'autre avait pris les commandes de son corps.
Le visage de la jeune fille se déforma. Ses yeux devinrent ronds et noirs comme ceux d'un requin, et ses dents s'allongèrent, comme la mâchoire d'un poisson carnivore. Ses mains se couvrirent de griffes.
Elle s'accroupit sur elle-même, comme un fauve. Puis soudain, elle se dressa vers le ciel et poussa un hurlement déchirant. Tous les animaux s'enfuirent vers l'océan, les oiseaux s'envolèrent vers le ciel, noyant la foule dans un nuage d'ailes et de plumes.
Lorsque Rufus put à nouveau voir, il réalisa que la fille se trouvait juste devant lui ! Elle leva la main droite devant lui, celle où se trouvait une étrange blessure, puis la posa violemment sur sa poitrine, pile à l'endroit du cœur.
Il sentit cinq griffes se planter dans sa peau, puis une douleur foudroyante envahir sa poitrine et se répandre dans tout son corps. Il tomba au sol. La créature se baissa avec lui, sans le lâcher.
« PATRON ! » hurlèrent les Turks.
Tseng et Elena sortirent leurs armes à feu et se mirent à tirer sur cette… chose. Sentant les balles la toucher, Ariale se tourna vers eux et leur adressa une grimace sifflante.
Enfin, elle finit par lâcher Rufus et s'enfuit vers la mer à une vitesse surhumaine. Elle plongea dans l'océan et y disparut.
Sephiroth détacha son regard de la fuyarde pour se tourner vers Rufus. Il était toujours allongé par terre. Mais il put constater, comme tout le reste de la foule, qu'il n'était plus le même.
Ce n'était plus un jeune homme blond qui se tenait allongé par terre, mais un vieillard couvert de rides, avec de rares cheveux blancs épars sur un crâne piqueté de taches rouges.
(Fin du Flashback)
C'était lui, l'homme qui avait provoqué la mort de son fiancé, avec cette télécommande qui contrôlait le jeune homme comme un robot. Et c'était lui qui lui avait tiré dessus, provoquant une rage incroyable en elle. La jeune fille croyait pourtant l'avoir tué, en utilisant le pouvoir de sa fente nourricière, lorsqu'elle n'avait encore que l'esprit de l'eau en elle.
« Alors, il est toujours en vie… » dit Yazoo, songeur.
« Manquait plus que lui ! Comme si on n'avait pas assez d'ennemis dans cette histoire », soupira Loz.
Kadaj ne dit rien. Il connaissait un peu plus Rufus qu'eux et il le haïssait, même s'il savait qu'il lui avait fait du tort autrefois au nom de Jenova. Sephiroth, lui, le haïssait depuis toujours, et il n'avait pas éprouvé le moindre regret en voyant la façon dont Ariale l'avait traité. Il regarda la jeune fille. Elle ne semblait pas déçue, mais effrayée.
Cet homme, Rufus Shinra, celui qui avait programmé tout le projet d'enlèvement et d'expérimentation sur les terriens, celui à cause de qui tant de gens avaient souffert… Il était toujours en vie !
