Voilà la confrontation que vous attendez tous ! Bonne lecture !
Note : J'ai posté ma nouvelle fiction « Le Gardien du Ponton ». N'hésitez pas à aller y jeter un coup d'œil et à me donner votre avis ! :)
Rar aux anonymes :
Moustik : Si si c'est bientôt la fin des ses souffrances. Promis :)
Muse82 : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis contente que ma fiction te plaise à ce point. Je te souhaite de doux rêves :)
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La soirée aura lieu dans une semaine. Je n'ai jamais été aussi stressé et nerveux de ma vie. Je sais que ce soir-là, il ne pourra pas me fuir et devra m'écouter. J'ai déjà préparé ce que je vais lui dire. Certes j'ai peur, mais je suis aussi heureux, il me manque tellement. Quand il dormait, je pouvais au moins sentir son odeur, profiter de sa chaleur et l'admirer à ma guise. Maintenant, il est loin, plus loin qu'il ne l'a jamais été. Je me demande chaque jour s'il ressent aussi ce manque, s'il ressent aussi cette absence. Je pense que mon éloignement doit lui peser mais surtout je sais que ma traitrise le fait souffrir. Quand je me ressasse cette nuit-là, je revois la trahison dans son regard, le déchirement au fond de ses prunelles. La culpabilité me ronge à chaque seconde comme à chaque minute de toutes mes malheureuses journées. Mais je ne peux rien faire, je ne peux retourner en arrière. Je n'ai qu'à patienter et attendre son pardon. J'espère vraiment que l'amour qu'il me porte est plus fort que la douleur, bien que ce soit l'amour la raison de cette peine.
Alors que je relis le soir un ultime dossier dans l'ancienne chambre de Draco, la porte s'ouvre en grand, me faisant sursauter.
- Ah bah, tu es là !
C'est Blaise. Etonné, je me lève viens le saluer. Je ne l'ai pas revu depuis la fameuse nuit, ni eu au téléphone d'ailleurs.
- Tu viens m'accorder un peu de ton précieux temps ? je me moque.
- Je suis désolé. Draco est devenu une vraie pile. Il veut absolument tout savoir de notre monde avant la réception.
Je souris tristement, j'aurais voulu être celui qui découvre avec lui toutes ces nouvelles choses.
- Allez Harry, sois fort. Au fait tu as reçu mon invitation ?
- Bien sûr. Je serai là.
- Je m'en doute. Je dois t'avouer que j'ai du t'envoyer la lettre en douce. Tu es bien sûr invité d'office étant vampire, mais je ne sais pas comment aurait réagi Draco en me voyant l'écrire…
- Il ne veut toujours pas entendre parler de moi ?
- Non. Ton nom ne doit pas être mentionné sous peine de mourir sous son regard le plus noir.
- Je vois.
- Franchement, je trouve qu'il exagère. Il ne veut même pas savoir ce que tu as fait ces trois derniers siècles. Pourtant ton comportement a été plus qu'exemplaire.
- Je sais, Pansy m'a dit.
- Non mais regarde toi, tu es encore dans sa chambre, sûrement en train de te remémorer vos précieux moments.
- Je travaille, je réplique en lui montrant mes dossiers.
- Bien sûr, bien sûr. D'ailleurs où est ton scotch ? Je n'ai même pas vu de bouteille en bas.
Mon regard s'assombrit. Je n'ai pas rebu depuis la nuit.
- Non ! Tu as divorcé du scotch ? s'exclame l'abruti de noir.
- Très drôle, Blaise.
- Non sérieusement, tu vis comment la séparation ?
Je lui tape sur la tête gentiment.
- Arrête tes bêtises.
- Bref, tu as un plan d'attaque ?
- Comment ça un plan d'attaque ?
- Bah si tu veux le choper, t'as intérêt à être préparé parce que il va te fuir comme la peste.
- Ce serait bien qu'il me fuit. Je le vois plutôt être indifférent. Il faut que je brise la glace.
- C'est vrai qu'il va sûrement t'ignorer. J'espère qu'il ne va pas apparaître au bras d'un autre homme.
- Comment ?
- Bah oui, Harry, s'il veut frapper fort, il commencera par ça. Mais ne t'inquiète pas, je m'occuperai d'éloigner l'intrus.
- Mince, je n'avais pas pensé à ça.
- Il faut te préparer à tout, Harry. C'est Draco.
Je me laisse tomber dans mon fauteuil en soupirant et me mets la tête dans les mains. Je ne suis pas prêt à cela. Je ne serais d'ailleurs jamais prêt à le voir indifférent et dans les bras d'un autre. Plutôt ne pas venir que d'affronter une telle vision.
- Je crois que je vais rester ici en fait, Blaise.
- Oh non, certainement pas ! Assume un peu ! Après tout c'est ce qu'il a vu quand il s'est réveillé.
- Je ne suis pas sûr d'avoir la force d'affronter cela.
- Harry, ne te décourage pas. Tu es courageux normalement…
Je lui jette un regard noir. C'est bien plus que du courage qu'il faut là.
- Bon allez, je te laisse. Pansy m'attend, on n'a quasiment pas eu de moment à nous depuis le retour de Draco. En tout cas, tu as intérêt à venir, sinon tu pourras te débrouiller tout seul pour le récupérer.
- Bien, je soupire.
- Parfait. A plus.
Là dessus, il me laisse, seul avec mon dossier et un lit vide.
La soirée est enfin arrivée. Seamus et Dean vont passer me chercher vers vingt et une heures. Hermione est venue la veille pour m'aider à choisir ma tenue. Je sais que c'est peut être ridicule, mais je veux mettre toutes les chances de mon côté. Nous nous sommes mis d'accord pour un costume trois pièces, noir, Armani, simple mais classe, avec une chemise verte mettant en valeur mes yeux verts. Une fois enfilé, je repasse devant mon miroir, ajuste ma coiffure. Je sais qu'il m'aime avec les cheveux ébouriffés comme lorsque nous sortions du lit. Je n'ai pas mis de parfum. Il connaît mon odeur naturelle, pas question de changer. Je pense que je suis prêt. Non, ça ne va pas. Mes cheveux ne sont pas assez au naturel, il faut que je repasse par la salle de bain. Je vais donc vers le lavabo et passe mes mains dans mes cheveux pour leur donner la forme voulue. Je n'y arrive pas. Ils ne veulent pas m'écouter. Ils ne veulent jamais m'écouter. Ils ne pourraient pas faire un effort juste pour ce soir ? Apparemment non, c'est trop demandé. Soupirant, j'abandonne et quitte la pièce. Je tourne ensuite en rond, plus nerveux que jamais. Mon estomac est noué et une boule est au niveau de ma gorge. J'ai tellement peur. Heureusement, j'entends enfin un klaxon. Je cours vers ma porte, me précipite dehors et monte dans la voiture.
- Pressé ? demande ironiquement mon meilleur ami au volant.
- Ne l'embête pas. Pas ce soir, me soutient son homme. Tu es très beau, Harry.
- Merci.
- Comment cela, il est beau ?
- Bah je dis ce que je pense.
- Mais tu le trouves beau, vraiment ?
- Oui, il a son charme. C'est Harry, quoi.
Je soupire en voyant mon meilleur ami paniquer.
- Parce que il est célibataire maintenant, continue Seamus.
- Et alors ? demande Dean.
- Bah… Je ne sais pas, tu le trouves beau.
- Oui, et classe aussi d'ailleurs. Sa chemise met en valeur ses yeux verts.
- Vous voulez que je vous laisse seuls ? questionne mon meilleur ami.
Exaspéré, je me saisis de leurs épaules, une dans chaque main.
- Arrêtez de faire semblant d'avoir des problèmes de couple, vous ne savez pas ce que c'est.
J'ai réussi au moins comme ça à les faire taire. Voyant leurs airs coincés et coupables, j'éclate de rire. Mon stress s'échappe d'un seul coup. Au moins, je peux compter sur mes amis pour me remonter le moral. Ils me suivent dans mon rire et c'est joyeux que nous arrivons sur place.
La salle est absolument magnifique. Draco a du la choisir, je reconnais son bon goût. Elle a été décorée de façon à rappeler le dix huitième siècle, des lustres en cristal sont accrochés au plafond, le sol est en marbre et les murs sont recouverts de tapisseries dignes de Louis XIV. En entrant j'ai vraiment l'impression de retourner dans le passé, trois cents ans plus tôt. Une fois la surprise de l'aménagement de la salle passé, je le cherche du regard. Il n'est pas encore là. Je ne m'inquiète pas de rater son entrée, je sais qu'il la fera avec classe et que l'on ne pourra voir que lui. Du coin de l'œil, je vois Pansy et Blaise discuter entre eux. Quand ils s'aperçoivent de ma présence, le noir me fait un clin d'œil et sa femme me sourit gentiment.
- Ouah, la salle est magnifique ! s'exclame Dean.
- On voit que c'est Draco qui l'a décorée, confirme mon meilleur ami. Il est où d'ailleurs ?
- Il n'est pas encore là, je réponds.
- Oh, bon bah moi je vais prendre une coupe de champagne, quelqu'un en veut une ?
- Moi, je dis.
- Alors c'est vrai ? s'exclame Seamus. Blaise a raison, tu as abandonné le scotch ?
- Je me suis rendu compte que l'amour que je lui portais n'était pas réciproque, répondis-je ironique, faisant ainsi rire mes deux amis.
- Quel dommage, c'était une magnifique histoire d'amour ! se moque Dean.
- Oui, enfin bref. Si tu ne vas pas les chercher Seamus, je m'en charge.
- Oui, vas-y s'il te plait. Il faut que j'annonce la nouvelle à Hermione, elle ne va pas s'en remettre.
Secouant la tête de désespoir, je me dirige vers une table du buffet. Je me saisis de trois coupes et m'apprête à retourner vers mes amis, lorsque je me fais aborder par Ron. Cela fait longtemps que je n'ai pas vu le roux, depuis plus d'un an.
- Harry, comment vas-tu ?
- Bonsoir, Ron. Ca peut aller.
- C'est vrai ce que tout le monde dit ?
- Que disent les gens ?
- Que toi et Draco, c'est terminé.
Je soupire et repose les coupes.
- C'est compliqué.
- Je ne comprends pas, il ne s'était pas endormi pour toi ?
- Si.
- Bah alors ?
- Ecoute Ron, je ne sais pas très bien où nous en sommes… Et…
Je suis malheureusement coupé dans ma phrase par son arrivée. Magnifique, comme prévu. Je ne peux m'empêcher d'être ébloui par sa beauté, même après avoir passé trois cents ans à l'admirer dans son sommeil. Ce soir, il a opté pour un magnifique costume blanc, comme pour le mariage de Blaise et Pansy. Il n'est cependant pas seul. Un jeune brun est accroché à son bras et semble très fier d'y être. Mes poings se serrent de rage et mes dents crissent lorsque je contracte ma mâchoire.
- On dirait que lui, il sait, me dit Ron, navré.
Je ne l'entends pas. Mon regard reste accroché à Draco. Je veux qu'il tourne son regard vers moi, qu'il assume le minable qu'il a ramené ce soir. Mais lorsque ses yeux font le tour de la pièce, ils ne s'attardent pas sur moi. Son regard passe comme si je n'avais pas été là, comme si j'avais été n'importe qui. Je sens les larmes monter à mes yeux mais je les refoule. Je ne dois pas faiblir, c'est ce qu'il veut. Lentement, je reprends le contrôle, desserre mes poings, respire un grand coup. Je me saisis à nouveau des coupes, salue Ron et retourne auprès de mes amis.
- Tiens, Harry, merci. T'as vu, il est là.
- Oui, Seamus, comment aurais-je pu le rater ?
- Bien sûr.
Hermione, qui nous avait rejoints, me lance un regard plein de sous-entendus. Je dois agir. Après avoir vidé ma coupe, je la tends à la brune avec un sourire, puis vais voir Blaise.
- Harry, tu es venu c'est bien, me dit le noir.
- Bonsoir, Harry, me salue sa femme.
- Pansy, comment ça va ?
- Bien, tiens il arrive.
De suite, je me retourne. Il se dirige vers nous avec son nouveau jouet au bras. Il ne me regarde toujours pas.
- Bonsoir, Pansy, Blaise, voici Thomas.
Au mon dieu, sa voix m'avait tant manqué. Il ne s'adresse pas à moi. Blaise lui réplique alors avec un sourire moqueur.
- Bonsoir Draco, voici Harry.
Le blond l'incendie alors du regard. Cependant, il se reprend en voyant l'air narquois de son meilleur ami et continue sur un ton mielleux.
- Thomas est un jeune homme tout à fait charmant et intègre.
Aïe. Bien lancé. Mais Blaise ne se démonte pas et réplique :
- Harry est très agréable, il a des yeux absolument magnifiques, et ça reste entre nous mais il paraît qu'il a un corps de rêve, c'est une source sûre, un vieil ami à moi…
Le reste de la phrase a été dit sur le ton de la confidence pendant que le noir faisait semblant de se pencher vers Draco. Un sourire étire nos lèvres à Pansy et moi. J'adore cet homme.
- Oh mais Thomas n'a pas de quoi être jaloux.
Le blond se penche vers son meilleur ami et lui glisse à l'oreille de façon à ce que seul moi et lui l'entendons :
- J'ai pu l'expérimenter la nuit dernière…
Un frisson glacé me parcourt l'échine. Je lance alors un regard plus que noir au jeune homme qui était devenu tout rouge suite à la phrase précédente de son compagnon de soirée, et de nuit apparemment. Le pauvre Thomas recule sous mon regard meurtrier et Pansy décide alors de l'emmener loin de moi. Draco reste, étant toujours en combat visuel avec le noir. Celui-ci, voyant qu'il ne reste que nous trois, quitte son air sérieux et lance d'une voix joviale avant de s'éclipser rapidement :
- Bon, désolé les amis mais il faut que j'y aille.
Nous ne sommes donc plus que tous les deux, Draco regardant toujours dans la direction où était son meilleur ami. Je souffle ensuite doucement :
- Draco.
Il se tourne alors violemment vers moi et dit d'un ton un peu trop fort :
- Oui, Harry ? Quelque chose à dire ?
- Je… Oui, il faut que nous parlions.
- Je n'ai rien à te dire.
Le blond se détourne de moi mais je le retiens par le bras. Il me regarde alors avec un regard venimeux et dit d'un ton froid.
- Lâche moi, Potter.
- Non, il faut que tu m'écoutes.
- Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi, je te l'ai dit la nuit où je me suis réveillé. Ce n'était pas clair ?
- Ne sois pas ridicule, Draco. On ne peut pas tirer un trait sur tout ce que nous avons vécu parce que j'ai commis une erreur. Tu me l'as fait payer avec ce Thomas, maintenant écoute moi, au moins.
Je termine sur un ton suppliant, mais ce n'est visiblement pas suffisant puisqu'il me lance alors :
- Comment peut tu minimiser ainsi ce que tu as fait ? J'ai tout sacrifié pour toi ! Je ne referai pas deux fois la même erreur.
Il s'apprête alors à partir de nouveau, arrachant son bras de ma main. Mais je n'ai pas fini.
- Peut être mais tu m'aimes toujours, tu ne pourras pas changer cela.
De derrière lui, je vois son dos se raidir. Il respire un grand coup, puis après un long moment de silence, répond enfin :
- Non, Harry, c'est là que tu fais erreur. L'amour que je te porte n'est pas assez fort pour que je puisse oublier, il va s'effacer et vu comment j'ai aimé la nuit dernière, cela ne va pas mettre trop de temps. Ne t'inquiète pas pour moi, je m'en remettrai plus que bien.
Je sens dans ses paroles du venin qui va se ficher droit dans mon cœur. Moi, je ne m'en remettrai pas bien. Et maintenant, il est parti, loin. Je le vois prendre dans ses bras son nouveau compagnon et l'embrasser à pleine bouche. S'en ait trop, je quitte la soirée en trombe sans dire au revoir. Je cours dans la rue. Cela fait trop mal. Mes pieds résonnent dans les petites rues, j'ai quitté les Champs. Je n'en peux plus. Rapidement, j'arrive sur les quais. La Seine est magnifique ce soir, éclairée de mille feux. Je continue ma course, jusqu'à ne plus en pouvoir, je cours, encore et encore. A la fin, toute pensée a quitté mon esprit. J'arrive chez moi, vidé mais dans un meilleur état d'esprit qu'au début de ma course. Je ne laisserai pas tomber.
OoOoOoOOoOoOoOoOoOo
Le suite vendredi :)
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