Bonjour ou Bonsoir à toutes et tous !
La dernière partie s'est finalement transformée en quatre parties donc ça m'a pris un peu plus de temps que prévu pour faire suivre le chapitre 34 qui est le plus long chapitre que j'ai écrit jusqu'ici pour cette histoire ! Un vrai plaisir ! Et j'espère qu'il sera à la hauteur des attentes de certains qui suivent toujours cette histoire et des nouveaux lecteurs, bien évidemment !
Réponse au review :
Saragrisom : Te savoir encore présente après autant d'années, j'ai l'impression d'avoir réussi quelque chose d'incroyable. Tu ne peux pas savoir à quel point ça me touche. Je l'avais dit lors de la publication du chapitre 33 que si je pouvais toucher ne serait-ce qu'un seul de mes anciens lecteurs, je m'estimerai comblée et tout à fait chanceuse. Et m'envoyer cette review tout à fait agréable afin de montrer que tu es toujours dans les parages m'a fait tellement plaisir. En espérant que la suite te plaise toujours autant ! Merci beaucoup en tout cas, vraiment :') C'est ce genre de message qui me motive plus encore pour m'atteler à la fin de cette histoire. A bientôt j'espère !
Par avance je m'excuse pour les fautes d'orthographes disséminées dans ce chapitre. Mais j'espère que la quantité de mots me fera plus ou moins pardonnée ;)
Bonne lecture !
Le dîner terminé, les plans pour le solo conclus, ils s'étaient empressés de rejoindre la chambre à couché. Et à présent, sa peau chaude s'étendait sous les caresses de ses paumes, de ses doigts, de sa bouche… Son pantalon, tee-shirt et soutien-gorge avaient déjà rejoint les vêtements de Will au pied du lit. Ils n'étaient plus couverts que de leur sous-vêtement comme ses mains et les siennes s'attardaient langoureusement sur la chair découverte. Il la sentit alors agripper ses cheveux, rassurant un peu plus sa prise tandis qu'il glissait sa langue sur son estomac tout en maintenant fermement, entre ses mains, le bassin de la jeune femme. Elle contractait par instant son corps lorsque sa langue entrait plus longtemps en contact avec sa peau brûlante. Elle gémissait sa satisfaction, renversant sa tête en arrière alors qu'il la guettait avec avidité, l'implorant pensivement de continuer à répondre ainsi à ses attentions.
Son visage descendit plus bas encore si bien qu'il sentit une violente ferveur s'emparer de lui quand sa main s'accrocha plus solidement à ses boucles. Ses doigts se déplacèrent, sillonnant lascivement sur la chair douce de ses jambes. Il releva soudain ses cuisses, passa ses bras en dessous d'elle, puis, surélevant légèrement ses hanches, il commença par laisser une longue trace de baiser à l'intérieur de ses cuisses. Il la scruta alors qu'elle serrait les dents sous les souffles de plaisir qui se propageait dans son corps, excitant plus encore l'homme entre ses jambes. Ils s'observèrent sous l'éclat diffus de la lampe installé sur la table de chevet : la fièvre amenée par ses yeux noyés d'adoration accentua l'ivresse de son exploration. Il ne cessa de la guetter tandis qu'il s'approchait toujours plus près de son intimité.
- Je t'en prie, Will !
Il sourit contre sa cuisse, plus que satisfait et aviver par ses suppliques. Il abandonna ses baisers et laissa sa langue rouler sur sa peau, mordillant par endroit l'intérieur de ses cuisses sous les gémissements plaintif de Rachel qui ferma les yeux et caressa plus avidement sa chevelure.
- Will !
Sur cette dernière imploration, il mit fin à sa frustration et nicha son visage entre ses jambes. Les complaintes de son amante s'accentuèrent, son corps se soulevait pour mieux rencontrer ses lèvres et sentir sa langue taquine qui savait exactement comment elle aimait être explorée.
Avant leur séparation, elle n'avait pas été très à l'aise avec ce genre de préliminaires et Will ne l'aurait jamais brusqué tant qu'elle ne serait pas sentie assez prête pour s'ouvrir d'elle-même à lui. Toutefois, lorsqu'ils s'étaient retrouvés, elle s'était libérée de sa gêne, trouvant une autre forme de plaisir alors qu'il la touchait et l'embrassait pour mieux savourer la partie la plus intime de son corps et l'amener, ainsi, sur de nouveau sentier de contentement.
- Là, juste là ! Elle gémit, suppliante, engendrant une vive décharge d'enthousiasme dans le corps de Will.
Elle se mouvait tant à présent qu'il savait qu'elle était prête à jouir. Ses gémissements devinrent des cris exaltés quand elle arriva à l'apogée de son orgasme. Il sentit ses cuisses se contracter, envahies de frémissements alors qu'il s'assurait de maintenir son orgasme le plus longtemps possible. Après quelques secondes, sa silhouette retomba sur le matelas, comblé, ses tremblements s'étant dissipés. Il releva les yeux vers elle : sa respiration était forte, sa main caressait délicatement ses cheveux cette fois-ci et il crut défaillir lorsqu'il remarqua l'irradiante vitalité dans ses yeux.
Soudain, elle se releva légèrement, passa sa main jusqu'à la base de son cou et ramena promptement son visage vers le sien. Il aima beaucoup ce sentiment de possession qui transparaissait dans son mouvement. Le sentiment d'être soumis de bonne grâce à la volonté d'un conquérant. D'appartenir à quelque chose de plus grand que lui.
Dès qu'il fut à un souffle de sa bouche, elle sourit avec appréciation et attrapa ses lèvres avec fougue. Elle se goutait sur sa langue, et la pensée, comme souvent, intensifia son désir et son érection. Celle-ci, encore pris dans son boxer, frottait le bas ventre de Rachel alors qu'il était captif volontaire de son étreinte et de ses mains qui s'accrochaient à sa nuque et frôlaient de façon intempestives son dos, ses reins et son fessier. Il se dégagea alors de sa bouche pour mordiller sa clavicule avant de murmurer lascivement tout près de son oreille :
- Tu as aimé ?
- Oui, elle soupira, le souffle encore saccadé, rajoutant entre deux baisers. Oh bon sang, oui !
- Bien… Il poursuivit sur un rictus ravi, laissant ses lèvres couvrir sa nuque d'infimes effleurements. Parce que j'adore faire ça. Il regarda alors au fond de ses yeux. J'adore te faire jouir avec ma bouche.
Elle rougit sous cette dernière confession mais ne détourna jamais ses yeux des siens. Il pouvait entrevoir dans ceux-ci une convoitise insatiable et un profond élan d'amour. Elle prenait plus d'assurance si bien qu'il leur était possible d'échanger quelques mots durant leurs ébats, faisant de certaines de ces déclarations des moments hautement excitants.
Partager. Se dire ce qu'ils aimaient, comment ils l'aimaient. Affirmer leur plaisir, leurs envies, leurs besoins…, c'était un vrai bonheur !
Il essaya alors d'embrasser une fois de plus ses lèvres mais elle le retint et vint plutôt dévorer son cou qu'elle embrassa, lécha, mordilla jusqu'à presque perdre le sens des réalités. Sûr qu'il aurait des petites marques demain et devrait peut-être penser à s'habiller en conséquence. Ses lèvres s'approchèrent alors de son oreille et avant qu'il n'ait le temps de le voir venir, elle apposa ses mains sur son torse, enroula son pied à sa jambe droite et les fit rouler à gauche, alternant ainsi leur position.
Elle se retrouva au-dessus de lui et poursuivit ses baisers le long de son cou. Pendant quelques secondes, il sentit sa main caresser son membre par-dessus le boxer jusqu'à ce que ses doigts naviguent derrière l'élastique de son dernier vêtement. Tout en descendant partiellement le tissu sur ses cuisses, elle laissa ses doigts glisser délicatement sur sa verge lui procurant des vagues interminables de perceptions euphorisantes. Son timbre navigua entre soupires, grognements et gémissement alors qu'il sentait sa bouche quitter son cou pour laisser ses lèvres puis sa langue s'arrêter sur son torse et titiller ses mamelons très sensibles. Il déplaça sa chevelure qui l'empêchait de l'observer s'attaquer à sa poitrine. Son geste l'incita à jeter un coup d'œil gourmand dans sa direction, noir de désir, avant qu'elle n'empoigne son membre entre ses doigts chauds qui savaient maintenant parfaitement comment il aimait être touché. Sa langue glissa alors jusqu'à son abdomen, autour de son nombril…, et plus bas encore.
Il l'observa avec surprise, se raidit quelque peu si bien qu'elle s'arrêta lorsqu'elle sentit la tension dans son corps et releva vers lui ses traits qui cherchaient comme une forme d'assentiment. Il ne savait pas quoi dire et ne voulait surtout pas qu'elle fasse ça parce qu'elle s'en sentait obligée.
- Tu n'as pas à…
- J'en ai envie. Elle l'interrompit tout à fait sincère et très avivée, il lui semblait, par cette nouvelle expérience.
C'était la première fois qu'elle montrait un intérêt à cette marque d'affection et de plaisir. Il n'avait jamais ressenti le besoin de se lancer dans cette expérience avec elle puisqu'il n'avait jamais réellement eu la chance de prendre plaisir à cette pratique qu'il n'avait que très peu connu. Il l'avait fait quelques fois avec Terry durant les deux premières années de leur relation. Il n'en gardait pas forcément un bon souvenir puisque qu'aucun des deux à l'époque ne savaient vraiment ce qu'il faisait et n'avaient eu le courage de parler de ces choses-là. A vrai dire, même durant les années qui avaient suivi, il n'avait jamais vraiment parlé de ce qu'ils aimaient. En plus de ça, il avait toujours senti une certaine retenu chez Terry qui n'avait jamais vraiment apprécié faire ça.
A l'inverse, sa relation avec Rachel semblait explorer sans cesse de nouveaux territoires. S'engager dans des contrées luxuriantes avec sans cesse la promesse de – re - découvrir toutes sortes de sensations. Et il était plus que désireux d'entreprendre toutes ces routes avec elle.
- Je veux aussi le faire. Al…, alors n'hésites pas à me dire ce que tu préfères, d'accord ?
Il sentit son membre pulsé sous son boxer, comme si tout le sang de son corps était gorgé à un seul endroit. Elle n'avait pas peur. N'était pas inquiète…, seulement timide et quelque peu troublée par sa propre audace. Il sentait dans son regard le désespoir d'avoir la chance de lui procurer autant de délectation qu'elle n'en avait ressentie grâce à ses lèvres.
- Pas de problème. Il finit par dire, le timbre vacillant et empli d'appréhension.
Elle sourit, parfaitement satisfaite, et poursuivit ses marques d'affection sur le bas de son ventre. Lorsqu'elle le délesta définitivement de son boxer, elle laissa la marque humide de ses lèvres glisser sur sa jambe gauche, de sa cuisse jusqu'à son mollet. Jamais de lèvres n'avaient touché sa chair sur autant de zones et avec autant de dévotion.
Une fois nu devant elle, comme lui un peu plus tôt, elle embrassa l'intérieur de sa cuisse faisant remonter un long frisson dans son échine. Il n'eut pas le temps de la supplier qu'il la guettât déjà lécher l'extrémité de son membre. Il serra les draps entre ses doigts sous l'assaut délicieux. Elle était inexperte et il aima profondément cette idée. Elle commença lentement, hésitante, jusqu'à prendre un peu plus confiance en elle. Elle mit alors une partie de son sexe dans sa bouche et Will expira une longue complainte. Toutefois, après quelques secondes, un léger pique de douleur remonta lorsque sa verge rencontra ses dents, le poussant, contre son gré, à laisser un signe de sa peine passer ses lèvres.
- Désolé… Elle s'interrompit brusquement, envahie par l'embarra.
Il posa une main sur sa joue de façon rassurante. Il ne voulait pas qu'elle croit qu'elle faisait tout de travers quand, en réalité, son désir de lui prodiguer un tel plaisir rendait cette expérience tout à fait hors du commun. Pour elle, c'était un peu comme affronter l'inconnu. C'était donc à lui de l'aider dans son propre plaisir. De la guider afin qu'elle se sente le plus à l'aise possible. Il lui avait promis après tout.
- C'est rien. Ça arrive. Il se releva afin de la réconforter à travers un baiser et susurra, par la suite, très gentiment. Plisse juste un peu plus les lèvres et laisse-toi guider par mes réactions.
Elle lui sourit timidement et, tout doucement, tandis qu'il se rallongeait, elle recommença à appliquer ses incroyables attentions le long de son sexe. Dès l'instant où elle prit une fois de plus sa verge entre ses lèvres et qu'elle plissa ces dernières, son mouvement glissa avec bien plus de facilité, accentuant son plaisir au travers d'une inédite sensation tout à fait extraordinaire.
- Oui, comme ça… Il gronda amoureusement entre ses dents.
Elle agrippa plus fermement ses cuisses, enfonçant profondément les empreintes de ses doigts dans sa chair. Il sentait que son instinct prenait finalement le dessus comme sa langue se mit à jouer avec son membre lorsqu'il disparaissait entre ses lèvres. Cette sensation là l'envoya sur des domaines encore inconnues mais qu'il était enchanté de découvrir.
Il la regarda faire, électrisé par son membre qui disparaissait dans sa gorge. Par son regard qui lorgnait parfois dans sa direction et qui ne reflétait plus aucun malaise comme elle devait forcément sentir à travers son propre plaisir à quel point il aimait ce qu'elle lui faisait. Elle se stoppa le temps de lui renvoyer un regard brûlant couplé à un sourire ensorcelant. Elle glissa alors sa main sur son abdomen, jouant de ses doigts sur son ventre et bas ventre, et le reprit en bouche sous l'exaltation de Will qui atteint presque son paroxysme.
Les mouvements de Rachel s'allongeaient, son rythme gagnait en intensité alors que ses coups de reins et ses gémissements redoublaient de force. Il dût, malgré lui, contrôler les gestes de ses hanches pour ne pas risquer de rendre ce moment trop inconfortable pour elle. Quand sa main qui malaxait presque douloureusement sa cuisse vint frôler alors l'une de ses testicules, il ne put retenir un intense gémissement. Comprenant que l'effleurement l'avait passablement grisé, Rachel continua ses caresses sur cette zone, étudiant chacune des réponses de son corps. Il était si près de sa limite qu'il sut qu'il allait devoir l'arrêter rapidement. Il ne voulait pas risquer de jouir dans sa bouche ou si prêt de son visage. Il n'était pas prêt à ça et ne le serait peut-être jamais : il préférait plutôt s'engouffrer en elle, sentir sa chaleur l'envelopper.
- Viens sur moi ! Il lui fallut tout l'effort du monde pour se résoudre à prononcer ces mots tant la caresse de sa langue était enivrante et addictive.
Elle dût comprendre son besoin puisqu'elle se détacha de son sexe et rampa jusqu'à ce que son visage soit à hauteur du sien. Elle embrassa tout doucement le coin de sa lèvre, le regard scintillant d'un profond bien être, et s'enfonça sur son sexe raidi. Être en elle, ravager son corps par tant de langueur ne cessait jamais d'engendrer des vagues de contentement. Elle se mouvait au-dessus de lui, le front posé contre le sien alors qu'il guidait ses mouvements en raffermissant plus sa prise sur la chute de ses reins. Il s'embrassait, fermaient les yeux pour s'imprégner plus du moment, les rouvraient pour toujours prendre conscience de l'être qui leur permettait de se sentir si bien. Leurs souffles étaient erratiques et il crut son cœur capable de s'extraire de sa poitrine tant il battait vite.
Sur un dernier baiser au coin de son oreille, elle releva subitement son buste, posa les mains sur son estomac et commença alors à contrôler la suite des évènements. Les mains de Will suivaient simplement les mouvements de ses hanches au lieu de les orienter dans un certain rythme. Il aimait la voir prendre le dessus et la sentir se laisser envahir par ses besoins soudains. Il la regarda faire, frappé par sa beauté ineffable tandis qu'elle le chevauchait, se pinçant parfois les lèvres tout en affichant un naturel qui le troubla. Elle exprimait exactement ce qu'elle ressentait : authentique autant dans la timidité amenée par cette exposition que déterminée à outrepasser ce sentiment car, devant lui, elle pouvait être totalement transparente sur ce qu'elle désirait. Il posa alors son pouce sur son clitoris et tout en la pénétrant, il s'assura de la mener une seconde fois à l'orgasme avant qu'il n'atteigne le sien. Et dès qu'elle trembla au-dessus de lui, ses eux dans les siens, gémissant comme une damnée, il accentua ses coups de reins, reprenant le contrôle pour atteindre la jouissance tout en réussissant à faire perdurer l'orgasme de Rachel jusqu'à ce qu'il se dévers en elle.
Leurs cris se mélangèrent : l'écho rebondit dans toute la pièce pendant de longues secondes. Peu après, elle se nicha calmement tout contre son torse, embrassa tout en douceur sa peau moite. Il sentait son souffle erratique tout contre lui en plus de son cœur qui tambourinait contre sa poitrine dans un rythme presque accordé au sien. Il passa la main dans son dos, caressa son échine transpirante, sentant son érection retomber graduellement alors qu'il se trouvait toujours en elle.
Il embrassa son front qui reposait sous son menton. Ils n'échangèrent aucun mot jusqu'à retrouver un rythme cardiaque plus ou moins normal, appréciant pleinement cette lénifiante torpeur.
- Il faudra refaire ça… Le timbre de Rachel semblait encore navigué sur la fougue qu'avait amené leurs ébats.
- Je suis d'accord. Il compléta en déposant un baiser au sommet de son crâne, sans jamais cesser de jouer de ses doigts sur sa peau nue.
Elle se déplaça progressivement, laissant tout même une partie de sa silhouette couchée en partie sur son corps. Leurs jambes s'entrelacèrent comme pour mieux se lier. Il éteignit alors la lumière de la lampe et après quelques minutes, son souffle devint régulier, lent et il sut donc qu'elle s'était endormie. Le corps et l'esprit de Will était aussi comblé qu'éreinté mais l'homme combattit le sommeil pour mieux apprécier cet instant de paix. Il continua instinctivement ses effleurements le long de son dos, se concentrant sur son souffle qui réchauffait un point précis de son buste. Il pensa à elle, à l'idée même que leur relation ne faisait qu'évoluer vers des rapports où ils se sentaient tous deux capables de bien des choses. De s'engager sur des voies où ils étaient libres d'être honnête quant à ce qu'ils convoitaient.
Ses réflexions furent malencontreusement interrompues lorsque l'un de leur portable vibra à côté d'eux. C'était celui de Rachel. Il tendit rapidement le bras pour s'en emparer et s'assurer que le simple bruit du vibreur ne la réveille pas. Mais c'était peu probable étant donné qu'elle avait un sommeil assez profond. Il lui arrivait d'ouvrir les yeux lorsqu'il faisait parfois un peu de bruit dans la chambre alors qu'elle était encore allongée dans le lit. Le plus souvent, il n'avait qu'à lui dire de se rendormir pour qu'elle s'assoupisse à nouveau.
Dès que Will regarda le nom de la personne qui l'appelait, il sentit une vive irritation s'emparer de lui. La position de Sam auprès de Rachel l'agacerait probablement pour un très long moment. Il avait essayé de contrôler ce sentiment mais rien n'y faisait au bout du compte. C'était plus fort que lui.
Il était un peu plus de vingt-trois heures, pas trop tard donc pour appeler une amie, même en soir de semaine. Néanmoins, le blond devait forcément savoir qu'elle était ici. Elle avait promis de ne l'utiliser comme couverture que s'il était au courant qu'elle ne passerait pas la nuit chez elle. Et elle lui avait dit peu après leur dîner que ses parents la croyaient chez Sam ce soir encore. Il savait qu'il devait être reconnaissant envers le jeune homme car, si ce n'était pour lui et la façon qu'il avait de protéger Rachel, cette dernière et Will aurait dû dire adieu à cette nuit incroyable. Il avait pourtant toujours du mal à accepter la présence qu'il avait dans la vie de Rachel. Leur situation les empêchait de se voir autant qu'ils le souhaitaient et il ne voulait pas que le blond ou qui que ce soit d'autre à vrai dire ne viennent les déranger lors de ces précieux moments. Ils avaient déjà dû dire au revoir à la cour Sud et ces minutes volées lors de la pause déjeuner lui manquait beaucoup.
Le téléphone arrêta brusquement de vibrer puis recommença quelques secondes plus tard. Et une fois encore après. Cela devait être important… Il hésita à réveiller Rachel pour lui dire de prendre l'appel. Mais, égoïstement, il ne voulait que rien ne vienne ternir le souvenir de cette nuit. Surtout pas Sam. Quand le troisième appel s'interrompit, ce dernier fut alors suivi par un texto. Will n'était pas sûr qu'elle aurait apprécier qu'il fouine dans les messages qu'elle échangeait avec son ami. Ça n'aurait pas été pareil que les fois où Rachel lui demandait de lui lire à haute voix ses messages reçus lorsqu'elle avait les mains occupées. Toutefois, il put rapidement lire le début sans avoir à cliquer dessus.
« J'sais que t'es avec lui mais rappelle-moi quand tu peux, stp. Même au milieu de la nuit, c'e… »
Il était donc bien conscient de l'endroit où elle se trouvait. De plus, les prémisses du message annonçaient une certaine forme d'urgence. Son absence aujourd'hui l'avait intrigué, plus encore lorsque Rachel s'était empressé de dire qu'il était tombé malade ce week-end et qu'il reviendrait dès qu'il se sentirait mieux. Mais après le comportement étrange qu'elle avait eu vis-à-vis du blond la semaine passée, ses élans qu'il avait entrevus pour aller le rassurer sans jamais prononcer un mot, il s'interrogeait réellement sur ce qui se passait entre ces deux-là. Quelque chose en lien avec certains problèmes de Sam, c'était évident…, mais quoi ?
Raisonnablement il savait ce qui lui incombait de faire. Mais une maline petite voix dans son crâne lui répétaient inlassablement de reposer le téléphone sur la table de nuit et de s'endormir paisiblement auprès de la femme qu'il aimait. Toutefois, s'il s'agissait de quelque chose de graves ou d'important autant pour Sam que Rachel, il ne se sentait pas capable d'affronter la culpabilité qui découlerait d'un tel choix. En dépit de la relation difficile qu'il partageait avec Sam étant donné qu'il était très au courant de sa liaison avec Rachel, il n'en restait pas moins l'un de ses élèves. Un jeune homme qui affrontait ses propres drames, lui semblait-il, et qui avait, de toute évidence, un mal fou à gérer ce qui était en train de lui arriver. Quoi qu'il soit en train de lui arriver !
Alors Will pris la juste décision. Il se résolut bien malgré lui à écouter le professeur qui sommeillait en lui et de laisser l'amant ravaler sa fierté et d'accepter le fait qu'il ne pouvait pas tout contrôler. Pas même les moments qui leur étaient réservés. Cela aurait blessé Rachel et c'était bien la dernière chose qu'il souhaitait.
- Rachel…
Son murmure n'engendra aucune réaction. Il pensa à prendre cela pour un signe qu'il valait mieux la laisser dormir mais se força à relancer plus fortement, tout en la secouant légèrement :
- Rachel ?
Elle bougea délicatement la tête, alors qu'il répétait son nom pour la sortir suffisamment de sa léthargie. Elle resserra son étreinte sur lui, enfoui un peu plus sa tête dans son cou, rendant sa tâche actuelle plus difficile à conclure.
- T'es avec moi ?
Elle ronronna plus qu'elle n'affirma. Elle papillonna des yeux une seconde, les referma tandis qu'il énonçait sachant qu'elle était suffisamment consciente :
- C'est Sam… Il n'arrête pas de t'appeler.
Ses yeux s'ouvrirent en grand à la seconde où il eut fini sa phrase. Et sa réaction lui fit mal malgré lui. Il n'aurait pas dû le ressentir ainsi, mais ce fut comme une rapide trahison. C'était pure folie, mais il ne contrôlait pas ce genre d'émotions. Il serait toujours jaloux de ce que Sam avait avec Rachel. Il sentait que c'était quelque chose qu'il ne pouvait pas vraiment concevoir. Il ne se souvenait pas d'un ami avec qui il avait jamais eu un semblant de l'intimité qui liait Sam à Rachel.
- Où est mon téléphone ?
Elle demanda nerveusement en tâtonnant le socle de la table de chevet où elle ne trouva que celui de Will.
- Là ! Il déclara amèrement en lui tendant l'instrument qu'il tenait encore entre ses doigts.
Elle s'en empara sans poser de question, sans presque lui jeter un seul regard. Cela l'énerva passablement. C'était comme si les appels du blond avaient brutalement effacé le reste de cette soirée. Il se demanda alors si la conversation avec Sam serait l'évènement dont elle se souviendrait le plus de cette soirée.
C'était puérile de songer à ça. Surtout qu'il connaissait la réponse. C'était tout à fait impensable. Pas après ce qu'ils avaient fait ce soir. Pas après la façon dont ils s'étaient offert à l'autre. Malgré tout, une fois que la question avait fait son nid dans son esprit, il était difficile de la faire disparaitre aussi facilement qu'elle n'était venue.
Lorsqu'elle quitta le lit, sa chaleur lui manqua aussitôt. Il l'observa enfiler sa culotte et fut brièvement touché lorsqu'elle mit sa chemise qu'elle ne prit pas la peine de boutonner. Il contempla avec envie la rondeur de ses petits seins fort agréable à regarder, toucher ou goûter. Mais le sentiment ne dura pas alors que l'irritation reprenait le dessus maintenant qu'elle s'apprêtait à quitter la pièce.
Et dès la seconde où il crut qu'elle allait s'éclipser de la chambre pour passer son coup de fil au blond, elle le prit par surprise et revint de son côté du lit. Il s'ajusta contre la tête de lit tandis qu'elle l'étudiait avec une grande douceur. Puis, s'en trop savoir pourquoi, elle vint l'embrasser tendrement juste avant de murmurer :
- Merci…
Il y avait une telle sincérité et gratitude dans ce simple mot. Avait-elle compris ce que cela lui avait couté de la réveiller pour rappeler le garçon avec lequel il s'était trop souvent senti en compétition ? Pourtant, c'était à peine si son regard l'avait croisé…, étaient-ils devenus si proche pour qu'un simple coup d'œil sur son visage puisse lui donner un aperçu de ce qu'il se passait dans sa tête ?
- Tu as bien fait, vraiment.
Il fallait croire que oui. Et ce n'était pas si étrange finalement car si Will était capable de le faire de plus en plus souvent avec ses propres réactions, c'était donc possible pour elle aussi. Elle avait dû voir dans son regard qu'il avait profondément hésiter à la sortir de ses rêves. Et qu'il regrettait même de l'avoir fait jusqu'ici.
- Je fais au plus vite. Garde le lit bien au chaud. Elle conclut sur un sourire taquin tout en rejoignant la porte.
- Réveille-moi si je dors quand tu reviens.
Elle acquiesça silencieusement avant de quitter la chambre une fois pour toute. Et une chose était sûre, après ce brève échange, Will sut qu'il avait pris la bonne décision. Elle avait rassuré ses craintes en quelques répliques qui avaient été plus que nécessaire pour apaiser sa colère. Leurs rendez-vous ne pouvaient être gâchés tant que tous deux conservaient précieusement leurs souvenirs intacts. Ce n'était pas parce qu'un imprévu perturbait leurs moments que ces derniers perdaient de leur saveur.
Il dût alors s'assoupir quelques minutes puisqu'il entendit la voix de Rachel l'appeler tandis qu'il voguait au milieu de rêveries. Il regarda le réveil : elle avait disparu un peu plus d'une demi-heure. Elle s'engouffra de nouveau sous les couvertures, nichant son dos contre son torse comme il était allongé sur le côté.
- Tout va bien ? Il demanda plus par principe. La dernière chose qu'il voulait maintenant c'était de parler de sa discussion avec Sam.
- On verra… Je ne sais pas. On en parlera demain matin. J'ai plus envie de penser à ça. Pas ce soir.
Il n'aurait pu être plus d'accord sur ces deux dernières répliques. Il n'était même pas curieux du mystère qui pesait derrière sa promesse d'en discuter avec lui alors que jusqu'à présent, elle ne lui avait rien confesser des histoires qui concernaient Sam.
Il oublia alors le blond de façon définitive et fut ravi lorsqu'elle emboîta plus encore son dos contre son torse et qu'elle prit son bras pour le passer autour de sa taille. La nuit s'annonçait finalement telle qu'il l'avait désiré. Elle, enfermée dans son étreinte.
Ils devaient leur rester un peu plus d'une heure de route avant de rejoindre Cincinnati. Ils avaient déjà fait plus de la moitié du chemin alors qu'un panneau quelques kilomètres avant annonçait que la ville n'était plus qu'à quatre-vingt-sept bornes.
Elle délaissait le plus souvent le décor qui défilait sur sa droite et se concentrait généralement sur une vidéo d'un mouvement qu'ils devraient reproduire lors du spectacle : le plus difficile de la chorégraphie qu'ils avaient orchestré pour le solo de David. Elle voulait s'en imprégner de façon à donner plus de naturel à son déhanché afin d'offrir un spectacle aussi réussi que possible. Les entraînements avaient été durs, et plus encore pour ceux qui avaient été retenu comme danseurs sur le solo de Karofsky. Mais ils étaient fin prêts, avaient suffisamment potasser leur pas avec leur partenaire désigné pour obtenir une synchronisation qui les couronnerait d'applaudissement une fois leur numéro fini. Elle était prête à parier que plus de la moitié du public se lèverait une première fois à la fin de leur numéro d'introduction. Elle y croyait et savait pertinemment que tout cela n'aurait été possible sans la collaboration incroyable de Will. De par son talent et son expertise plus poussé sur les danses de salons, il était celui qui avait obtenu la plus grosse charge de travail et avait donc dû dire adieu à tout son temps libre. Le sien et celui de Mike leurs était pratiquement passer sous le nez aussi. Elle s'était tout juste autorisée un déjeuner rapide au Lima Bean hier midi avec le reste de la chorale. Elle avait même préféré délaisser certains de ses devoirs de classes, des exercices majoritairement ou la lecture de quelconque chapitre d'histoire ou de mathématique. Elle pouvait toujours rattraper son léger retard la semaine prochaine, une fois que les Régionales seraient derrière eux et qu'ils auraient bien évidemment gagné.
Et pour s'assurer une victoire écrasante, Will avait beaucoup compté sur Mike et Rachel. Ils étaient, après tout, les deux étudiants du groupe qui maitrisaient le plus - et bien qui plus est - ce genre particulier de danse. C'était d'ailleurs la première raison qui avait poussé Rachel à choisir d'être la partenaire de Mike au départ. La seconde était plus ou moins inaliénable à sa personnalité. Selon la disposition des trois duos de danseurs, il avait été décidé qu'elle et Mike soient mis sur le devant de la scène pour la plus grande partie du numéro étant donné leurs capacités qui dépassaient celles des autres. Ils seraient ainsi plus mis sur le devant de la scène du fait de leur talent. Rachel devait admettre qu'elle appréciait particulièrement d'être mis en avant, et pas seulement grâce à sa voix cette fois-ci. À croire que les nouvelles expériences étaient disséminées de partout ces derniers temps.
Elle pensa immédiatement à Will. Elle sentit son cœur battre plus vite, le rouge lui monter aux joues, la joie imbiber tout son être… Lundi soir avait été particulièrement saisissant de changements et d'exaltations. Elle était reconnaissante de tout ce qui s'était passé cette nuit-là. Et pas seulement parce qu'elle s'était lancée sur une pratique encore inconnue et inattendue mais parce que lui procurer un tel plaisir avait été aussi agréable qu'attisant. Ses réactions, ses gémissements, ses coups de reins lancinant, ses yeux inondés d'un désir éclatant. Elle ne savait pas pourquoi ce soir plutôt qu'un autre. Peut-être était-ce simplement dû aux mots qu'ils lui avaient soupiré cette nuit… Ces mots qui la faisaient encore rougir quand elle y pensait.
« J'aime te faire jouir avec ma bouche. »
Il avait été si sincère qu'elle s'était soudain sentie prête à sauter le pas…, et elle pensait déjà à réitérer ce qui l'avait animé plus qu'elle n'aurait imaginé. Il y avait quelque chose de presque primitif, provocant et séduisant de l'entraîner, seul, jusqu'aux affres de délices délectables qu'elle contrôlait sans avoir à songer à son propre plaisir. Seulement au sien. L'emmener plus prêt, toujours plus loin jusqu'à la perdition. Elle aimait sincèrement ce concept. Elle s'était sentit comme un soleil au sein d'une galaxie qui prenait enfin conscience que sa lumière assurait le bien-être de tout un système cosmique. Sa présence, qui comme l'astre, avivait la vie qui l'entourait.
Oui, c'était proche de ce qu'elle avait éprouvé ce soir-là…
C'était difficile d'exprimer avec de simple mot ce qui se passait en elle à propos de Will. Quand elle essayait, elle finissait par percevoir des centaines de mots ou définitions pour exprimer ses sentiments et pensées. Pour éviter de se perdre, elle choisissait un mot parmi tous et dardait son attention sur lui.
Et celui qui lui vint à cet instant fut « spontanéité ». Tant dans la sincérité qui découlait de ce qu'ils échangeaient, que des bouleversements imprévisibles dans leur relation ou encore dans l'abandon absolu au cours de nuits d'ivresse qui lui rappelaient toujours à quel point elle était vivante entre ses bras. Elle n'appréciait pas seulement l'instant, elle sentait réellement que plus de temps il passait ensemble, plus heureuse elle était. Elle en était arrivée à un stade où elle trouvait une forme d'appréciation et de joie dans leurs disputes qui se faisaient rare ces derniers temps. Elle atteignait une forme d'épanouissement, de peine et de joie dont elle n'avait même pas connaissance en début d'année.
Et certes, Will et elle n'avaient guère pu jouir d'une intimité comme celle qu'il avait partagé lundi – le souvenir fit frissonner toute sa peau -, toutefois, cela ne l'avait pas gêné. Ou du moins pas autant qu'elle aurait cru. Ce, pour deux raisons : la première…, elle aimait beaucoup l'idée qu'ils soient capables de s'investir avec la même ardeur dans un projet qui les passionnait, prêt à mettre en stand-by sa propre vie pour être les meilleurs aux Régionales. Quant à la deuxième raison : elle découlait en réalité de cette première. Ils n'avaient pu être proche au sens strict du terme mais ils avaient malgré tout pu profiter d'une autre forme de complicité. Une alliance soudain plus basée sur une forme de professionnalisme, fondé sur un immense respect, une confiance totale et harmonisée par leur liaison qui prenaient des proportions encore insoupçonnées, toujours surprenante, et ce, à l'insu des autres.
Pour être prêt aujourd'hui, ils n'avaient non pas utilisé deux heures après les cours mais bien trois pour ceux qui participeraient au premier numéro. Will leur avait bien évidemment laisser le choix, et aucun des danseurs choisis pour le numéro ne s'était dérobé. Aucun n'avait même montré l'ombre d'un doute. Britanny et Santana avait même été tout à fait stimulée par l'idée de faire ce numéro toutes les deux.
Will avait réellement été intransigeant avec eux ces derniers jours mais s'était aussi montré très présent pour leur venir en aide. Une ambiance différente des cours habituelles étaient née de ces heures supplémentaires. Il n'hésitait jamais à venir l'assister ou l'aider à se relever en lui tendant la main lorsqu'elle se croyait trop épuisée pour continuer. Il l'avait même remise lui-même sur ses jambes en l'attrapant par la taille à la fin de la session de la répétition générale d'hier. Elle s'était effondrée par terre avec Mike et Puck. Le premier car il avait subis la même charge de travail qu'elle et le second, surement parce qu'il n'était pas encore habitué à de tels entraînements. Quinn et Santana avait remis Puck sur ses jambes, Brittany était partit soutenir Mike, laissant ainsi Will s'occuper d'elle. C'était certes des marques d'intérêt tout à fait normal avec un ami. Moins avec un professeur. Voilà pourquoi l'atmosphère des derniers jours lui avait plus. Les barrières s'étaient suffisamment affaissées pour leur permettre de se laisser aller à certains contacts impulsifs, qu'ils contrôlaient constamment le reste du temps où des témoins se trouvaient autour d'eux. Elle adorait l'idée d'être proche de lui, de le laisser l'aider sans avoir à s'inquiéter du moindre de leurs gestes et du regard des autres où elle aurait craint de discerner certains soupçons.
Rachel sentit alors la présence de quelqu'un venir s'installer sur la place laissée vacante à ses côtés. Elle détourna les yeux de la vidéo de quelques secondes qui tournait depuis quelques minutes déjà, prenant conscience qu'elle avait à peine regarder les images sur son portable tant elle avait été cloîtrée dans ses réflexions. Elle guetta Kurt du coin de l'œil : le garçon affichait un sourire rafraichissant. Elle voyait tout de même dans ses yeux les reflets d'une certaine sympathie qu'elle ne prit pas le temps d'étudier.
- Encore en train d'étudier les pas ? Il demanda en indiquant d'un bref signe de la tête la vidéo qui continuait à tourner silencieusement.
- Pas autant qu'il faudrait. Elle avoua puisque son esprit ne cessait de divaguer d'une pensée à une autre.
Elle rangea alors son portable dans sa poche sachant qu'elle n'arriverait plus à se concentrer dessus. De toute façon, elle le connaissait sur le bout des doigts. C'était seulement par sécurité que par réel nécessité.
- C'est différent de notre voyage jusqu'au sélections ? Il dit avec un brin d'amusement, les yeux pétillants, sans laisser transparaître la moindre mélancolie concernant ce souvenir.
Rachel ricana une seconde jetant un coup d'œil derrière son épaule pour entrevoir entre leurs deux sièges, sur l'autre rangée, le responsable qui leur avait fait raté le car au départ des sélections. L'eau avait définitivement coulé sous le pont puisqu'il était maintenant celui qui détenait le solo de cette compétition.
- J'étais assez perturbé quand il est venu me voir pour me demander de l'aider. Il dit un peu plus bas pour être sûr qu'on ne les entende pas.
- J'veux bien te croire…
- Cela dit, ça remet les choses en perspectives quand tu passes autant de temps à travailler avec quelqu'un qui pour le coup m'a complètement impressionné. Il déclara d'une voix fluette, comme s'il parlait d'un véritable petit miracle. J'étais encore plus mal à l'aise à des moments quand je prenais conscience qu'il s'agissait de Karofsky.
Elle comprenait. Même elle se demandait s'ils n'avaient passé un portail jusqu'à une autre dimension à un moment où à un autre ? Peu importe à quel point le garçon avait pu leur mener la vie dure, il semblait s'épanouir un peu plus chaque jour. La chorale avait cet effet sur eux. Surtout que dès que Dave chantait cette chanson, c'était comme s'il cessait d'exister. Ou alors…, peut-être qu'il renaissait simplement, offrant des aperçus sur ce qu'il voulait être. Libre, confiant et capable de tout. C'était une immense victoire que le colossale Dave Karofsky se soit ainsi ouvert à eux et à lui-même en quelque sorte.
- Tu l'as vraiment bien préparé. Elle le complimenta très franchement. Ça n'a pas dû être facile tous les jours.
- Il y avait quelques tensions au début. Mais il était trop motivé pour que ça nous gêne bien longtemps. Je crois que lui et moi ne pensions même plus à ce qui était arrivé par le passé après quelques heures. On trimait seulement d'arrache-pied. Je pense qu'on a trouvé un terrain d'entente et qui sait, on arrivera peut-être à être ami avec le temps. Même si c'est une notion assez difficile à imaginer avec Dave.
- Je crois que d'une certaine façon, c'est déjà le cas… Rachel se remémora la manière dont David recherchait assez souvent le soutien et l'approbation de Kurt autant que ce dernier se rendait disponible pour lui. Il y avait quelque chose de comique et de touchant à voir ses deux anciens ennemis développer un tel lien. C'était plus amusant encore lorsque Kurt rappelait David à l'ordre sous la lassitude du footballeur qui était deux fois plus large que lui et qui faisait le dépassait d'une bonne tête au moins.
- Oui, tu as peut-être raison. Un rictus tout à fait agréable naquit sur les lèvres de Kurt. Elle sentit sur son expression et la façon dont il soupira qu'il y avait une forme de soulagement face à cette possibilité qui mettrait définitivement un terme à ce que Karofsky lui avait fait vivre.
- Tu n'es pas trop déçu pour le solo ? Il relança après quelques secondes, s'échappant de douce réflexion, il lui semblait.
- Non. Elle dit simplement, en remuant légèrement la tête de gauche à droite. À la place de Mr Schue, j'aurai pris la même décision.
Elle rit intérieurement sachant que c'était exactement ce qu'elle avait fait puisque cette décision, ils l'avaient prise ensemble.
- On va gagner, Kurt. Il se guettèrent très sérieusement. Je le sens.
Ils partagèrent un rictus déterminé, tout à fait prêt à ramener le trophée chez eux. Il se réajusta contre le siège, regardant l'appui tête devant lui, avant de dire :
- Peut-être que Sam nous fera une surprise et sera déjà sur place.
Et voilà ! Elle avait presque réussi. Elle avait pratiquement évité toutes pensées du blond et Kurt venait de tout gâcher. Elle eut quelques ressentiments contre ce dernier. Plus encore lorsqu'elle sut, à la façon dont il la guetta, qu'il avait délibérément cherché à jauger son état d'esprit concernant Sam. Et elle allait parfaitement bien…, tant qu'on ne mentionnait pas son nom !
- Peut-être, oui…
L'espoir dans sa réponse était absent. Elle ne comptait pas sur sa présence. Sam n'y serait pas. Il reviendrait quand il aurait eu toutes les réponses qu'il cherchait. Pas avant.
Bon sang, elle songea alors, heureusement que Will l'avait réveillée ! C'était la fugue garantie si elle ne l'avait pas rappelé cette nuit-là pour lui mettre un peu de plomb dans la tête. Il était trop téméraire et imprévisible pour sa propre sécurité. Il agissait sous impulsions, sans réfléchir suffisamment, oubliant le désarroi que son départ aurait causé à tous ses proches. Même s'il lui avait promis de ne pas disparaître plus que quelques jours, ça aurait été invivable de ne pas savoir où il était et dans quels genres d'aventures il s'embarquait. Son ami avait finalement obtenu les détails de cette fameuse soirée. Il avait réuni son père et sa mère le dimanche soir, lui avait-il dit, et les avait forcés à lui raconter dans les moindres détails ce qui était arrivé. Il n'avait partagé aucune information avec elle, peut-être que jamais il ne le ferait…, et ce n'était pas important. Elle voulait seulement qu'il aille mieux, qu'il se débarrasse une fois pour toutes des démons de son passé et pour cela, il devait aller jusqu'au bout des choses.
Car, malgré les réponses que lui avaient donné ses parents, ces derniers avaient refusé de dévoiler ce qui l'intriguait le plus dorénavant : la véritable raison qui avait conduit à cette nuit bouleversante dans la famille Evans et des explications au comportement de son père les semaines précédant l'évènement. Et les seuls indices qu'il aurait pu avoir était à Lexington : d'où son désir de retourner là-bas pour les trouver par lui-même. C'était tout ce qui lui manquait pour enfin atteindre la tranquillité d'esprit qu'il recherchait tant. Mais la fugue n'était pas une solution. S'il voulait faire le tri dans sa vie, il devait compter sur la seule personne capable de les lui amener : son père.
Elle lui avait conseillé de régler ses affaires avec lui. De le supplier de lui dire la vérité. Mais son père, d'après les dire de Sam, avait préféré lui montrer. Ils étaient partis mercredi soir et depuis, elle n'avait eu aucune nouvelle. Elle n'avait d'ailleurs pas essayé de le contacter. Juste avant son départ, elle avait simplement déclaré qu'il aurait l'occasion de participer au National avec eux. Elle lui avait promis car c'était douloureux de savoir qu'il gagnerait aujourd'hui…, mais sans lui.
Les autres membres de la chorale avaient eux aussi été très troublés et peinés par l'absence de leur ami aux Régionales. Toutefois, personnes n'avaient étonnement fait la moindre mauvaise remarque sur la disparition de Sam juste avant les Régionales. La déclaration de leur professeur, qui avait d'abord appris par elle puis par Figgins les problèmes familiaux et personnelles dans la vie de Sam, avait été assez éloquente pour que chacun se retienne de la moindre remarque acerbe. Seule l'inquiétude et la curiosité avait taraudé l'esprit de ses camarades. Et malgré cette dernière émotion, elle avait été ravie qu'aucun ne vienne requérir des détails qu'elle ne leur aurait pas donné ou qu'elle ignorait simplement.
- Désolé. Kurt soupira sincèrement, le visage légèrement affaissé. Je n'aurai pas dû.
- C'est bon… Oublions-ça.
Ils avaient une compétition à remporter et c'était la seule chose sur laquelle il devait tous se focaliser. Rien ni personne ne devait les empêcher d'atteindre leur but. Et c'était tout ce que le blond désirait. Sam l'avait dit lui-même lorsqu'elle l'avait eu au téléphone le soir de son départ : c'était quelque chose qu'il devait faire pour lui et sa famille. Que personnes ne devaient se sentir responsable de son départ. Il lui avait fait promettre de présenter ses excuses aux autres avant qu'il ne puisse le faire lui-même. Et elle avait senti dans sa voix, la culpabilité à l'idée de les abandonner au beau milieu d'un tel moment.
Mais il n'avait pas à l'être. Rachel comprenait. Will aussi. Chacun des camarades de Sam à vrai dire. Les régionales lui avaient donné à l'excuse parfaite pour éviter de ressasser les soucis de Sam jusqu'ici. Mais en réalité, le garçon devait rester dans leur pensée. C'était la meilleure façon de s'offrir la sensation qu'il participait avec eux aux Régionales.
Ils quittaient le parking construit à l'Ouest du Cincinnati Music-Hall, suivant ou avançant au milieu de nombreux spectateurs venus voir la compétition. Certains leur jetèrent des coups d'œil sachant qu'ils devaient forcément être des élèves d'une école participant à la compétition. Toutefois, ils n'y firent guère attention. Ils étaient tous trop concentrés à cet instant précis pour se laisser submerger par le public qui les verrait sur scène dans une heure à peu près. Elle avait aussi repéré à leur arrivé les deux autres bus scolaires déjà garés sur le parking. Les équipes adversaires étaient déjà sur place…, et Sebastian était donc là-bas, sûrement peu préparé à la défaite qu'ils allaient lui infliger.
Le groupe finit par rejoindre les marches peu nombreuses qui se trouvaient devant l'entrée du bâtiment. Celui-ci avait plus l'allure d'une grande église que d'une salle de concert et d'opéra. Les murs avaient été bâtis grâce à des milliers de briques écarlates qui remplissaient toute la façade du grand édifice. Aux coins de l'entrée, qui s'étendait sur une dizaine de mètre, se trouvaient deux larges colonnes d'une teinte proche de l'orge. Les ornements au-dessus des piliers étaient comme une enchevêtrement d'une dizaine d'instrument de musique. Un grand balcon avait été bâti au deuxième et ses extrémités étaient délimitées par les deux tours qui encerclaient la façade principale de l'entrée. Au-dessus de celui-ci, se trouvait deux hautes fenêtres dont la taille couvrait au moins deux étages. Et un peu plus haut encore, sous l'arche érigée à la limite du toit, se dessinait une splendide fenêtre plus imposante que les autres et qui avait été construite de façon à prendre la forme d'une rosace. Les contours de bois blanc ornaient et encadraient cette vitre colossale que l'on trouvait généralement dans les églises.
Ils pénétrèrent dans le hall qui commençait à se remplir à chaque vague. Sur l'aile Ouest se trouvait une grande salle de dîner où des tables avaient été disposées de façon à former un buffet où les gens pouvaient se rafraichir en apéritif et soda ou jus de fruit. Pour l'alcool, les gens se rendait sur la pièce sur l'autre côté du Hall où se trouvait un comptoir de bar en verre transparent tout à fait impressionnant/
- Attendez-moi, là.
Comme chaque fois, Will s'en alla à l'accueil où devaient se présenter les directeurs des différentes chorales pour remplir quelques formulaires et récupérer les détails de la compétition, notamment à quel moment ils devraient monter sur scène. Il se dirigea vers une assez longue table recouvert d'une nappe dorée sur laquelle était dessiné des représentations couleur d'encre qu'elle ne pouvait distinguer de sa position.
Ses camarades échangèrent quelques mots sur la compétition et se regroupèrent un peu plus lorsqu'ils localisèrent quelques membres des Warblers qui se dirigeaient jusqu'à la salle où se trouvait le buffet. Mais ni Blaine, ou l'horrible Sebastian n'était avec eux.
Ils notèrent tout de suite la différence dans leur tenue traditionnelle. Aujourd'hui, ils portaient des pantalons bleu marine plutôt serré, une chemise bleue claire par-dessus laquelle ils avaient mis des vestons sans manches, d'une belle qualité et de la même couleur que leurs pantalons. Sur les vestons était cousu le blason de leur école en dessous de l'épaule gauche du vêtement, tout prêt du cœur. Cette tenue leur allait tellement mieux que les pantalons larges et les blazers informes de leur école. En plus du changement dans leur vêtements, deux des cinq membres présents portaient un feutre noir sur la tête.
Leur tenue, si elle devait indiquer quelque chose, était très certainement un numéro de danses sur un de leur numéro et probablement la volonté de donner un peu dynamisme à leur uniforme ordinaire.
- Combien tu paries que le Sebastian en portera un ? Lança alors Finn tout à fait caustique, insinuant des rires dans les voix de tous ses camarades.
La photographie avait tourné sur pas mal de comptes twitters et avait amené de long fou rire et quantité de blague lorsque la bande entière avait pris connaissance de ce document. Personne ne savait qui avait monté tout ça. Ils s'étaient tous regarder les uns les autres, se demandant si le coupable n'était pas parmi eux.
Certains le croyaient encore comme Quinn déclarai, les yeux plissés mais néanmoins amusés :
- Sérieusement, lequel parmi vous s'est offert ce moment privilégié avec lui ? Finn ? Puck ?
Rachel et Will savaient, eux, qui était la responsable de cette situation. Sue Sylvester l'avait fait. Comment ? C'était sans réponse. Pour qui ? Le garçon qu'elle aimait appeler Porcelaine. Sue était peut-être passé maître dans l'art de leur mettre des bâtons dans les roues et de faire de leur vie une suite interminable d'obstacles – jusqu'à tout récemment – mais lorsqu'il fallait faire preuve d'humanité, elle répondait toujours à l'appel.
- J'aurai aimé ! Mais je suis non coupable sur ce coup-là…, et je le regrette bien.
- La même ! Affirma Puck après Finn.
- Sur les regrets ou sur le fait de pas être coupable ? Finn réinterrogea son ami, le ton tout à fait taquin.
Il les regarda l'air un peu idiot pendant une seconde puis admit assurément :
- Les deux !
Ils rirent tous de l'ambiance chaleureuse actuelle. C'était un très bon moyen de relâcher un peu la pression avant d'avoir à monter sur scène. Après quelques courtes minutes, Will revint jusqu'à eux pour leur annoncer qu'il passerait en deuxième, juste après les Warblers qui avait tiré le dossard numéro un. Et cette réplique était bien tout ce qu'ils voulaient entendre. Chacun se regarda en biais, satisfait de pouvoir passer juste après leurs principaux rivaux et de s'assurer, tel que Karofsky l'avait dit, de les éclipser de la compétition. Qu'ils soient presque oubliés dans l'esprit des juges.
Will leur demanda alors de le suivre pour aller se préparer dans les coulisse de la salle de concerts. Ils empruntèrent l'un des deux escaliers en spirales qui se trouvaient sur le flanc Ouest et Est du hall d'entrée et qui se rejoignaient jusqu'à un large balcon. Les escaliers continuaient sur deux étages mais ils s'arrêtèrent ici, et s'avancèrent vers l'une des trois portes qui donnaient accès à l'auditorium Springer, elle lut au-dessus d'une des entrées. L'accès n'étaient pas encore ouvert au public et Will dût donc sortir un pass - certainement remis par les gens de l'accueil. L'homme de la sécurité, habillé dans un complet trois pièces, leur ouvrit la porte comme un majordome le faisait pour son propre son employeur, humblement, avec toutefois une certaine élégance dans le mouvement.
Dès qu'ils eurent passé l'entrée, laissant le trentenaire aux grands yeux noirs refermés derrière eux, ils furent plusieurs à être époustoufler par l'auditorium Springer. Elle plus que bien d'autre, elle le savait. Elle jeta alors un coup d'œil à Kurt et Will, sachant que tous deux étaient les plus capable d'apprécier l'envergure de ces lieux. Et tout comme elle, leur visage en disait long sur l'envoûtement amené par cette espace. La salle était majestueuse. Bien plus que toute les salles de concert où ils avaient joué jusqu'à présent. Les siège étaient en velours bruns, voire carmin en fonction des jeux de lumières, elle imaginait. Un lustre plus éclatant et élégant qu'elle n'avait jamais vu pendait gracieusement au-dessus de la scène. Et la salle comptait non pas seulement une seule grande galerie de siège pour le public mais deux mezzanines qui se chevauchaient au-dessus de leur tête, soutenus toutes deux par d'immenses et fringants piliers comme ceux qu'elle avait vu quelques minutes plus tôt à l'extérieur.
- Je compte sur vous pour vous montrer digne de jouer dans une telle salle ! Will les défia avec un évident plaisir.
Personne ne dit rien, ils restèrent concentrés et prêts à respecter les mots de leur professeur. C'était exactement le genre de motivation qu'il leur fallait et Will le savait pertinemment. Leur groupe adorait relever des défis !
Ils avaient rejoint les deux loges qui leur avaient été accordés, une pour les garçons, l'autre pour ces demoiselles. Une fois habillé de leur tenue de compétition, Rachel et l'ensemble des élèves se retrouvèrent dans la salle de réunion juxtaposé à leurs loges. Le rideau se lèveraient sur les Warblers dans une quinzaine de minutes. Les places de l'amphithéâtre devaient déjà se remplir petit à petit et ils avaient tous convenus d'aller prendre les places réservées au New Direction pour regarder le show des Warblers. Ne serait-ce que pour garder un œil sur la compétition et soutenir Blaine et ses camarades soumis à la volonté d'un gosse pourri gâté et qui semblaient adorer avoir la main mise sur les autres.
Tout en se rendant aux coulisses, ils gardèrent le silence comme Will ouvrait la marche. Ce dernier s'esquiva au détour d'un couloir pour aller parler avec l'un des membres qui s'occupaient des lumières de la scène. Il leur fit alors promettre de se retrouver dans la salle de concert, aux places qui leur avaient été assignées. Et les jeunes obtempérèrent simplement avant de reprendre leur route dans un silence agréable : chacun dans ses pensées, rejouant très probablement chaque élément de leurs numéros dans leur tête. Unis et focalisés sur un objectif commun. Prêt à tout donner !
Ils se rendirent jusqu'au coulisse qui se rapprochaient de ce à quoi devaient ressembler celles de Broadway. Elle n'avait jamais vu si grande arrière scène : des décors de scènes au matériel mécanique…, en plus d'un grand nombre de poulies, de cordages installés au-dessus de leur tête, sous un plafond en voûte qui culminait au moins à six mètres au-dessus de leur tête.
- Il est là ! Finn murmura pour le reste du groupe qui savait pertinemment à qui il faisait allusion.
Les Warblers s'installaient derrière le rideau sous les arrangements de l'infâme Sebastian. Il se tenait enfin en chair et en os devant eux. Elle vit du coin de l'œil quelques-uns laisser l'empreinte de leur main sur l'épaule de Kurt, mais moins par compassion que comme une marque de loyauté, affirmant en un geste que lorsque l'un d'entre eux étaient blessés, les autres porteraient ce fardeau avec lui et à affronter le responsable de tant de maux.
- Vous voyez Blaine ? Kurt demanda pour tous, sans jamais cesser de lorgner sur les quinze étudiants des Warblers.
Rachel et les autres jetèrent un coup d'œil mais les cheveux noirs coiffés au gel semblaient réellement absent. Elle ou qui que ce soit n'eut le temps de répondre que Kurt relançait :
- C'est bizarre… Elle sentit son regard plein de ressentiment se poser sur Sebastian qui, comme le reste de ses camarades, n'avait toujours pas remarqué leur présence. Je n'aime pas ça.
Finalement, l'un des Warblers fit signe à Sebastian de regarder sur sa gauche, là où douze paires d'yeux le foudroyaient du regard. Le garçon plissa les yeux alors qu'il voyait tous un fin rictus apparaître au coin de ses lèvres. Dans la seconde, Rachel crut l'entendre dire à ses partenaires de continuer de s'installer comme il les délaissait pour venir, seul, jusqu'à eux. Seul, sans soutien de qui que ce soit, comme s'il était plus fort et plus à l'aise lorsqu'il affronter les évènements par lui-même. Il ne les craignait pas, n'avait de toute évidence rien à craindre d'eux si on en croyait la façon dont il s'approchait de leur position. Il y avait quelque chose de dérangeant chez lui. Autant dont la façon dont ses visages s'exprimaient que dans sa posture.
Quand il termina la vingtaine de mètre qui les séparaient et il déclara presque comme une menace :
- Les New Directions… J'imagine que c'est moins un plaisir pour vous de me rencontrer que ça ne l'est pour moi.
Il parlait bien…, trop bien pour un jeune de dix-sept ans. Blaine avait dit qu'il était différent, plus intelligent, bon avec les mots, charmeur. Et en une réplique, elle pouvait déjà le voir.
- Kurt, je présume ? Il s'arrêta finalement sur leur ami, en partie caché par l'épaule de Finn. Tu es très photogénique, on te l'a déjà dit ?
Il sourit, dédaigneux, prenant de toute évidence un plaisir fou à jouer ainsi avec les sentiments des autres. La réaction du groupe ne se fit pas attendre comme ils s'approchèrent presque tous de lui l'allure menaçante. Mais il ne bougea pas d'un pouce. Ne se départit jamais de cette insupportable suffisance.
- Frappez moi maintenant et je n'aurai pas le plaisir de voir le trophée vous passez sous les yeux lors de la remise des prix. De voir la déception dans vos jolis petits yeux.
Une telle froideur…, une telle impertinence…, elle n'avait jamais vu ça !
- Tu sais parler normalement ?! Grogna Puck qui semblait s'irriter autant que se moquer de son tempérament plus qu'hautain.
- Tu veux dire sans finesse, sans esprit et sans courtoisie ? Comme un looser ?
Finn dût retenir Puck par le bras alors que le garçon à la crête faisait un grand pas dans la direction de Sebastian, les traits hargneux et prêt à effacer le rictus du visage de Sebastian. Mais, soudain, à la façon dont ses yeux perçaient les leurs, un par un, elle pensa que la violence ne lui aurait probablement pas déplu. Bien au contraire, même…
Puck lorgna alors son chapeau vissé sur son crâne, légèrement plus calme et dit tout à fait railleur :
- Chouette chapeau ! On a du mal à accepter sa calvitie précoce ?
Les New Directions pouffèrent librement sous la moquerie de Puck qui fut rapidement suivit par la langue de vipère de Santana :
- Est-ce que lorsque tu retires cette merde sur ta tête, on peut encore voir ton vrai visage ? Est-ce que la raie de ton cul est toujours bien visible sous les petits poils au cul qui ont surement – et malheureusement - repoussé depuis ?
Santana avait toujours été grande amatrice de métaphores. Elle s'en sortait toujours très bien si bien que les rires enflèrent un peu plus. Mais Rachel se retint la seconde fois. Tout comme Kurt. Elle étudia intensément le manque de réaction de Sebastian face aux répliques de ses amis. Elle trouvait cela assez déstabilisant.
- Oh, j'ignore lequel d'entre vous a réalisé ce tour… Il dit placidement. Je doute par ailleurs que ce soit l'un d'entre vous…, cela dit, ça m'a très franchement inspiré pour un de nos numéros. Il termina cette phrase avec le sourire aux lèvres, tout en tapotant le chapeau sur son crâne. J'ai pensé que c'était Blaine pendant un moment mais…
- Où est-ce qu'il est ?! L'interrompit Kurt, tout à fait tendu et agacé par le comportement de l'autre.
- Il n'a pas trop aimé quand je lui ai dit ce matin que ce serait sa dernière compétition avec les Warblers. Il a préféré quitté l'équipe plus tôt.
La nouvelle révolta Kurt qui vrombit d'une voix plus grave que d'ordinaire, transformée par la colère dans son timbre :
- Il est capitaine de l'équipe !
- Capitaine remplaçant. L'équipe est à moi.
- Il n'y en a pas un qui t'apprécie comme ils peuvent apprécier Blaine. Ils ont seulement peur de toi ! Kurt répliqua sereinement.
- Bien. Parce que c'est tout ce que je souhaite.
Sa réponse et le flegme dans son ton en choquèrent plus d'un. Désirait-il réellement que les gens le craignent ?
- Tu n'as même pas participer aux sélections ! Lança alors la voix de Mercedes qui l'épiait avec un profond dégoût.
- J'aime jouer avec des gagnants… Et pour savoir s'ils en étaient, ils devaient forcément gagner sans moi.
Les New Directions se renvoyèrent quelques œillades comme ils n'arrivaient pas à croire que le garçon puisse dire des choses aussi monstrueuses. Comment pouvait-il vivre avec lui-même ? Ça la dépassait !
- Vous savez, je me suis renseigné un peu sur chacun de vous… Il dit tout à fait acerbe, les considérant vicieusement chacun leur tour. Et je dois dire que vous êtes une belle brochette de clichés ambulant. Le petit couple de chinois probablement plein de rêves en tête qui seront très vite détruit par leur parent amateur d'avocat, de médecin et j'en passe… La cheerleader qui se fait mettre en cloque par le meilleur ami de son petit-ami, qui n'était autre qu'un quater back, bien sûr ! Elle met au monde une petite bâtarde qu'elle abandonne et s'empresse de retourner jouer avec ses pompons dès…
Puck se jeta sur lui, l'attrapa par le col, l'interrompant dans le reste de sa réplique. Quelques personnes, des techniciens majoritairement et quelques Warblers se retournèrent vers eux sous l'action qui poussa le reste des New Direction à retenir Puck même si ce satané Sebastian aura bien mérité une rude correction.
- Puck, lâche-le ! On commence à nous regarder.
A regret, le jeune homme écouta Finn et se résolut à lâcher prise sur leur adversaire tout en lui crachant au visage :
- T'es qu'un rat !
- Ton tour alors, « Puckerman » ? Il dit nonchalamment tout en réajustant sa tenue plus pour le style que par réel nécessité. C'est comme ça qu'ils t'appellent, hein ? Je ne pense pas qu'il faudra un long moment avant qu'une de tes frasques t'envoient au placard pendant quelque temps. Et je peux t'assurer que ce jour-là, tu découvriras à quoi ressemble les « vrais durs ».
Les mâchoires de tous étaient crispés. Les poings de quelques filles et garçons se contractèrent en même temps que ceux de Rachel. Il n'y avait rien à tirer de lui. Rien qui n'aurait pu le mettre à mal.
- Allons-y ! On perd notre temps avec lui. Rachel dit pour la première fois, intraitable, ne voulant plus qu'un seul de ses camarades ne subissent l'horreur des mots de Sebastian.
Elle ouvrit la marche, suivie par ses camarades qui semblaient satisfaits que l'un d'entre eux ait mis un terme à ce petit jeu avant que les choses ne dégénèrent. Ils passèrent devant lui, les garçons n'hésitèrent pas à lui renvoyer de rude coup d'épaules alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie secondaire pour rejoindre l'auditorium par l'accès au public et non par la scène.
- Rachel Berry, c'est ça ?
Il parla si fort que plusieurs personnes en charge des fonctions de coulisses les observèrent plutôt agacé ou curieux par cet échange qui devait avoir l'air aussi tendu de loin que de près. Rachel, elle, s'arrêta, virevolta suivis par ses camarades qu'elle sentait l'entourer comme une grande vague de soutien.
- Tu es - il reprit moins fort mais suffisamment pour que elle et ses camarades l'entendre - probablement celle dont je devrais le plus m'inquiéter si tu chantes un solo dans cette compétition.
« Que tu crois ! » Elle songea férocement, en jetant un rapide coup d'œil à Karofsky qui semblait plus énervé qu'elle ne l'avait jamais vu.
- Tu as sûrement des rêves de Broadway plein la tête. Il reprit, le timbre tranchant. Et, je crois que tu es peux être la seule de ton petit groupe à avoir le talent pour faire quelques pas dans ce domaine…, jusqu'à prendre très vite conscience que tes rêves t'éloigneront toujours des autres au bout du compte. Ceux-là même dont tu recherches désespérément l'approbation. Mais tu te retrouveras seules puisque tu subiras toujours la jalousie des autres. Et puisque tu n'es pas comme moi, tu deviendras le parfait cliché de la star au début prometteur qui finira par s'effondrer sous la pression parce que tu es trop sensible et fragile pour affronter un monde qui te dépasse. Il n'est pas fait de paillettes et de joie et de gloire. Le showbiz est une arène dans laquelle tu finiras par être dévorer.
S'en fut trop pour les jeunes gens autour d'elle qui lui renvoyèrent en plein figure, comme animés par une même pensée :
- Tu ne t'es pas regardé ! Tu parles de clichés mais regardes-toi, sérieux ?! Commença Finn.
- Qu'est-ce que tu es si ce n'est Monsieur fils à papa de riche qui prend son pieds en humiliant et rabaissant les autres ? Quinn compléta encore fulminante après la façon dont il l'avait traité.
- Et ça surement parce que ses parents n'étaient pas assez présents pour lui lorsqu'il était petit. Un pauvre laissé pour compte, c'est ça ? Santana poursuivit tout à fait acerbe et caustique.
- C'est ça qui te plaît ? Balancer toute ta colère et frustration sur les autres ?! Conclut alors Kurt tout à fait cinglant.
Le visage de Sebastian cessa d'exprimer la moindre émotion. Rien ne filtrait sur ses traits. Son silence et la froideur dans ses yeux, qui semblaient dénués d'éclat, devinrent presque éprouvant.
Elle sut sans qu'il n'ait à dire quoi que ce soit que même si cela avait été sa vie, ce n'était pas ceci qui l'avait transformé en ce qu'il était aujourd'hui. Il n'était pas en colère. Ni même frustré pour la simple et bonne raison qu'il paraissait ne rien ressentir. C'était la seule chose qu'elle put entrevoir dans ses yeux. Une forme de néant tout à fait inquiétant.
- Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Rachel demanda très sérieusement. Sa question n'était pas en soi une insulte pour affirmer qu'il n'était pas normal. Elle était curieuse et voulait une franche réponse. Blaine avait sous-entendu quelque fois qu'il n'était pas commun et elle voulait savoir ce que cela signifiait vraiment.
Elle ignora ce que son visage témoigna alors mais pendant quelques secondes il la guetta avec un vif intérêt qui semblait la plus sincère émotion qu'il n'ait montré jusqu'à présent. Elle se sentit telle une proie fasse à un prédateur, pourtant jamais elle ne baissa les yeux. Elle ne sut ce qu'il retira de cet échange silencieux mais après quelques secondes, il retrouva à nouveau ce flegme glaçant, ajusté par un rictus presque constant.
- D'après mon psy, j'aurai un trouble de la personnalité antisociale, plus communément appelé sociopathie du fait de l'environnement social dans lequel j'aurai été élevé. Je ne peux donc pas être un cliché puisque je ne réagis pas à un sens de morale comme la majorité des gens. Peu importe mes actions immorales, malhonnêtes ou égoïstes, le spectre de la responsabilité ne me touche pas. Je n'ai pas d'empathie et donc ne ressent aucun besoin d'appartenir à un groupe et, par conséquent, à un cliché. Vous n'êtes que des copies de copies… Je peux être n'importe lequel d'entre vous ou tous à la fois ou rien de tout cela…
Sa -trop- longue réplique les mit tous très mal à l'aise. Sebastian n'était pas une petite brute qui ne savait pas comment passer sa frustration autrement qu'en s'en prenant aux autres. Il représentait tout ce qui allait de travers dans leur monde. Il n'avait aucun remord et était clairement indifférent au sort des autres. Son narcissisme le rendait cruel. Il pouvait ne pas croire un mot de ce qu'il disait, ce n'était pas important. Elle comprenait qu'il cherchait seulement à les blesser. A les pousser à la faute. A jouer odieusement à leur dépends pour son propre bénéfice…, parce qu'il aimait ça ! C'était très certainement la seule chose qu'il aimait : faire du mal aux autres. Ça et lui-même bien évidemment !
- Même si je perds aujourd'hui, ça ne m'atteindra pas. Je me fiche de ce concours. Mais pas vous. Et c'est là presque tout son intérêt. Je jubilerai de vous voir perdre. Et si vous l'emportez, je passerai à autre chose à la seconde même où les juges auront rendu leur verdict. Je peux même vous promettre de vous applaudir si vous gagnez, venir vous félicitez en ayant l'air parfaitement sincère.
- On s'en passera ! Rachel rugit plus qu'elle ne parla.
- J'imagine. Ah, je crois qu'il va être temps pour vous de rejoindre vos places dans le public.
Il guetta l'ouverture du large couloir qui conduisait aux loges, à l'autre bout des coulisses d'où ils étaient arrivés avant de tomber sur la personne la plus ignoble qu'elle n'ait jamais rencontré. Ils repèrent rapidement Will qui ignorait encore leur présence dans les coulisse comme il discutait avec un technicien quelconque, probablement le responsable des lumières pour leur passage.
- Vous savez qu'il est certainement l'un des pires clichés de votre groupe.
Les yeux de Rachel se plissèrent. Il valait mieux qu'il fasse très attention à ce qu'il allait dire maintenant.
- Je vois bien chez lui le vieil étudiant qui rêvait de spectacle, rattrapé par ses rêves et cherchant à remonter une chorale pour se rappeler le seul moment où sa vie à eu un semblant de sens. Probablement très proche de ses élèves, au point de se comporter avec eux comme avec des amis puisqu'ils représentent tous son bonheur passé… Je serai même pas étonné si il sautait l'une de ses étudiantes, qu'il prenne son pied avec son fantasme de jeunesse jusqu'à briser le cœur de cette pauvre groluche lorsqu'il aura compris qu'elle n'était qu'une banale échappatoire à tous ses regrets. Une image d'un passé révolu.
Elle ne pensa même pas à la réaction de ses camarades vis-à-vis de la seconde partie de ses paroles. Tous les mots de son vocabulaire connecter à la colère, mis bout à bout, n'aurait pas suffi à exprimer ce qu'elle ressentait à cet instant précis. Seul un cri abominable retentit dans son esprit.
Comment osait-il ?! Il ne le connaissait pas ! Ne savait rien ! Rien du tout !
Will pouvait les remettre à leur place comme personne. C'était un ami, oui. Mais aussi un mentor, une sorte de frère, de père…, un amant dans son cas. Une partie de son rêve, c'était eux. Les amener non pas au plus proche de la gloire, mais de les conduire sur les bons sentiers pour qu'ils deviennent des jeune gens accomplis, ouverts d'esprit, capables de compassion et prêts à tout pour leurs aspirations et leurs rêves. Un tel être dépassait l'entendement pour quelqu'un comme Sebastian. Et elle comprit enfin quelque chose…
Il parlait de chose dont il ignorait tout. Il était maître dans l'art d'insulter et de rabaisser les autres mais le jeune homme ne ressentait rien. Il était incapable d'empathie et donc de comprendre les autres. Ils étaient des clichés mais c'était à travers ce qu'ils ressentaient qu'ils devenaient tous uniques. C'était Sebastian qui n'était qu'une copie d'une copie puisque qu'il était obligé d'imiter leur réaction pour savoir comment réagir à son environnement. Elle était sûre que son vrai visage était celui qu'elle avait entrevu lorsqu'elle avait cherché à le remettre à sa place. Vide. Froid. Austère…, comme l'image de ce qu'il y avait dans son cœur. Sa vie ne devait être qu'une horloge au tic-tac qui prendrait un jour fin sans avoir probablement jamais ressenti ce qu'était de vivre une émotion. Personne ne réagissait au chose de la même manière et il était incapable de saisir ce que cela signifiait.
Pour preuve, les mots censés caractériser la relation que Will partageait réellement avec elle ne définissait pas du tout la liaison qu'ils entretenaient. Le comportement de Will avec Rachel s'opposait totalement aux mots de Sebastian. Ses regards, sa façon de la supplier, de la toucher, de l'embrasser, de lui parler…, de l'aimer. Il n'était pas seulement enfermé dans ce fantasme grotesque dont il parlait - et qui devrait probablement l'excité. Will n'était pas avec elle parce qu'elle était une jeune lycéenne, reproduction d'un fantasme de certains hommes trop perdus dans leur passé ou amateur du fantasme de la cheerleader ou de l'étudiante catholique en uniforme. Le fait qu'elle soit son élève était un obstacle et surement pas un fait qui ne l'emballait plus que ça. C'était malgré cela qu'il était avec elle. Et autant qu'elle, il craignait cette situation.
Elle rêvait au jour où elle célébrerait son dix-huitième anniversaires et qu'elle aurait enfin obtenu son diplôme. Dès cet instant, il n'y aurait plus rien à cacher. Elle n'en ferait pas un esclandre mais laisserait les marques de leur relation, du couple qu'il formait se propager jusqu'au monde extérieur. Elle pourrait émettre de simples gestes qui en disaient parfois beaucoup sur la relation entre deux personnes. Se toucher la main, le prendre dans ses bras, frôler sa joue, murmurer au coin de son oreille et tant d'autre petites choses encore…
- Pourquoi tu n'irais pas lui dire tout ça en face ?! Finn le défia tout à fait agressif, au bord de l'explosion lui aussi.
Et lorsque qu'elle jeta un œil à tous ses camarades, elle vit et fut fier que chacun d'eux fussent presque aussi outragée qu'elle par les mots de Sebastian.
- Oh, vous savez que ce n'est pas un problème pour moi. Mais j'obtiens une plus belle réaction en vous les disant à vous.
L'un de ses partenaires qui guettaient de loin le conflit, sans savoir ce qui se disait, interpella alors Sebastian pour lui dire que le rideau se lèverait dans moins de cinq minutes.
- Ce fut très divertissant en tout cas !
Il leur souhaita alors bonne chance et feint la sincérité sur ses mots avec une véritable maitrise. S'il était seulement venu leur dit ces mots-là, elle aurait pu le croire. Mais après tout ce qu'il avait dit, la façon dont il l'avait dit…, elle frémit à l'idée de quelqu'un si à l'aise pour feindre si bien n'importe quelle émotion sans jamais pouvoir ressentir celle-ci.
- Il me rend malade ce type. Lâcha Tina alors que Mike enroula son bat autour de ses épaules comme pour la rassurer.
- On dirait la jeune version de Patrick Bateman. Inséra alors Arti, à propos d'un personnage qu'elle ne connaissait pas mais qui ne devait surement pas être connu pour sa gentillesse.
- Dis pas ça mec, t'as vu ce que devient le personnage dans le film ! Compléta Puck qui qui continuait à guetter de loin Sebastian avec beaucoup de haine.
- Vous croyez vraiment qu'il était sérieux ? Demanda alors Mercedes plus ou moins retourné par ce dont ils avaient été témoin.
- Je suis sûr que c'est simplement un rôle qu'il se donne ! Ça doit le faire bander, rien de plus. Renchérit Santana, comme pour convaincre le reste du groupe.
- C'est à espérer ! Termina Mike.
Rachel n'y croyait pas. Pas plus que Finn, Kurt et Quinn il lui sembla. Pour les autres, c'était peut-être plus rassurant d'espérer aux mots de Santana que d'affronter l'idée que des personnes comme Sebastian existaient bel et bien. Que leur présence ne fût pas seulement cantonnée à des œuvres où il finissait la plupart du temps comme tueurs en série. Mais en vérité, elle avait lu un article un jour qui mentionnait la proportion du nombre de gens atteint d'un tel trouble et des métiers qu'ils choisissaient en général. Avec son bagou, son charme, son cynisme et son narcissisme, elle était sûr que Sebastian ferait des merveilles en tant que PDG d'une entreprise où pouvoir, contrôle et profit serait le but ultime. Elle le voyait bien devenir un de ces PDG avide de notoriété, prêt à dominer un marché, en cherchant toujours à cacher son véritable visage grâce à son charme et sa manipulation. Beaucoup de gens qui croiseraient sa route souffrirait certainement et une chose était sûre, elle refusait de faire partie de ces personnes-là. Plus jamais elle ne voulait que sa route ne recroise la sienne. Comme il l'avait dit, elle n'était pas comme lui…, et c'était pour le mieux !
- Vous croyez vraiment qu'on devrait aller le voir jouer avec le reste de sa clique ? Demanda alors Finn, espérant de toute évidence qu'aucun de ses camarades n'en aient envie.
- Blaine n'y participe même pas ! Je ne vois pas pourquoi j'irai. Admit Kurt qui semblait vouloir retourner à la loge pour retrouver son téléphone et contacter son petit ami.
- Ouais, moi non plus.
Ils furent plusieurs à y aller de commentaire allant dans le sens des deux garçons quand ça la frappa finalement. Sebastian avait sûrement atteint son but premier. Les insulter et les démolir n'était probablement qu'un bonus personnel pour lui. Toutefois, une chose était sûre : plus personne n'était focalisée sur la compétition. Tout le monde avait oublié ce qui était en jeu parce qu'il les avait manipulés avec une maitrise parfaitement révoltante.
- On doit voir ce qu'il donne sur scène, Rachel s'interposa fermement. Ne serait-ce que pour nous remettre dans la compétition ! Nous redonner un bon coup fouet parce qu'il nous a clairement fait oublier pourquoi on était là !
Plusieurs baissèrent la tête par remord sachant que c'était on ne peut plus vrai. Mais elle n'en voulait à personne. Elle aussi s'était faîte avoir par le garçon au point d'oublier, à un instant crucial, ce qui était en jeu aujourd'hui.
- Je veux voir le numéro qu'il a préparé et dont il semble si fier. Affirma Karofsky dont le timbre était affreusement bas, et horriblement grave. J'ai dit que je voulais être là avant, pendant et après !
- Dave, t'as bien vu que rien ne peut atteindre ce type ? Ça sert à rien avec lui !
Kurt n'avait pas tort. Peu importe les désirs de David, Sebastian ne serait jamais sincèrement touché par leur victoire. Il ne pourrait le rabaisser comme il l'avait souhaité, lui faire subir le goût de la défaite pour une compétition dont il n'avait, au bout du compte, rien à faire.
- Je me fous qu'on puisse pas l'atteindre, que rien à vrai dire ne puisse atteindre ce petit sociopathe de mes deux ! Ce n'est pas parce que sa défaite le laissera froid qu'elle ne me fera pas putain de plaisir ! Il ne doit pas gagner, point barre !
Ses mots-là ravivèrent la flamme dans les yeux de tous, éteinte depuis leur rencontre avec Sebastian. A quel moment Dave Karofsky était devenu l'une des voix qui les poussait à se rappeler ce qui était important de faire pour la chorale ? Probablement qu'il était plus facile de l'écouter puisque tous savaient qu'il n'avait pas réellement d'intérêt à retirer de cet victoire. A vrai dire, s'il perdait aujourd'hui le glee club serait dissous et David pourrait finir son année scolaire sans Mais quelque chose chez Sebastian semblait procurer en lui une haine incommensurable. Plus vorace et ardente que tous les élèves de ce club. C'était inexplicable pour elle puisqu'elle ne connaissait pas assez Dave et était donc incapable de savoir ce qu'il se passait concrètement dans sa tête. Mais elle n'avait pas besoin de savoir. Son but final était largement suffisant.
- Vous êtes encore là ?
Certains sursautèrent sous les mots de Will. Ce dernier parut capter tout de suite la tension à couper au couteau et la colère dans les yeux de chacun de ses étudiants.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Il demanda les sourcils froncés, les traits inquiets.
- On a rencontré l'ennemi et il n'est pas très accommodant… Mais, ce n'est pas important. Rachel répondit rapidement, devançant tout le monde de façon à faire comprendre à ses camarades de ne plus relancer le sujet. Mais c'était une façon de dire à Will qu'elle lui en parlerait plus tard.
- Très bien. On ferait mieux d'aller rejoindre nos places.
Et tout le monde suivit Will, déterminé et galvanisé par le désir de la défaite de Sebastian.
La salle devint silencieuse. Par elle ne savait quel concours de circonstance malheureux, elle s'était retrouvée à côté de Will. Elle n'aimait pas trop être si près de lui quand il y avait autant de monde autour d'eux. Plus encore quand ils étaient encerclés par Finn et Puck de son côté laissant le reste de la troupe aligné sur le flanc gauche de Will.
Sa main ou n'importe lequel de ses mouvements avaient tendance à chercher un contact avec lui lorsqu'ils se retrouvaient si proches. Mais fort heureusement, l'apparition du présentateur venu annoncer l'entrée en scène de la première école lui permit de se détacher de ses instincts. L'homme présenta les Warblers sous les applaudissements rapides du public. Aucun clappement de mains ne provint des New Direction toutefois. L'homme robuste quitta alors la scène, la lumière s'éteint dans le public et sur scène. Puis un spot se ralluma après quelque secondes et cette fois-ci, suivit par des bruits de pas dans la pénombre de la scène, une silhouette vint se placer au milieu de la lumière. Sebastian !
Elle put presque deviner les dents de ses amis grincés, les entendre fulminer et le traiter mentalement de tous les noms dès son apparition. Il semblait calme, le regard presque séducteur et tout à fait intense. Il pouvait réellement jouer n'importe quel rôle et les gens n'y voyaient que du feu. Mais, ses amis, eux, savaient même si certains préférait feindre. Mais au fond d'eux même ils étaient tous parfaitement conscients de ce qu'il était.
[Dustin Tebutt / I'm Looking up]
I'm looking up to where these stars still shine for you
I'm looking up, beyond a crescent moon
I'm looking up, for a way to bring you home
'Cause I'm lost without you
Sebastian commença à chanter après les premiers accords de la musique. Le rythme pris de la vitesse par rapport à la chanson originale. Elle reconnut la chanson de Dustin Tebbut, « First Light » car il s'agissait d'un artiste que Sam appréciait beaucoup. Il était grand amateur de folk et lui avait faits connaître des chanteurs et chansons tout à fait magnifique. Elle trouva presque triste qu'un jeune homme comme Sebastian n'interprète l'œuvre de cette artiste au ton mélancolique. Toutefois, et ça la tuait de le dire mais sa voix était un bel atout. Elle tendait vers les aigus plus que vers des sons graves. Et c'était une bonne prise de risque que d'interpréter une chanson loin de la pop de ses dernières années contrairement à tout le répertoire des Warblers lors des dernières Sélections.
Your eyes, at first light
Now I know that's wonderful
Your heartbeat, by wood fire
I'm in as far as one can fall
Passé le premier couplet au ton plus grave, Sebastian recréa efficacement, en y apportant sa touche personnel, l'harmonie aérienne dans la voix de Tebutt. Il réussit à maintenir son timbre sans fausse note. Il était doué et savait changer les tons de sa voix avec précision.
And I was all around you
I'm looking up
For the star that you've become
And I know I've found you
That's how I know I've found you
Sa technique était impeccable. Son jeu de scène très inspiré. Mais quelque chose sonnait faux. Il manquait de cœur. Mais est-ce qu'elle voyait ça seulement parce qu'elle savait ce qu'il était ? Les juges se feraient-ils avoir comme le reste du public autour d'elle ?
Come on first light
Give me first light
Et au milieu du numéro, le rideau se leva comme les voix du reste des Warblers firent échos à celle de Sebastian. Installé selon les modalités de Sebastian comme une formation en vol d'oiseau. L'atout des Warblers résidait dans la synchronisation merveilleuse de leur voix avec celles de leurs confrères. Ils excellaient dans ce domaine.
Come on first light
I see first light
Come on first light
Come on first light
Your eyes, at first light
For the stories that I told
Your heartbeat, like wildfire
You're in as far as one can fall
I'm in as far as one can fall.
I'm looking up to where these stars still shine for you
I'm looking up, for a way to bring you home
'Cause I'm lost without you
Il avait pris un risque en interprétant une musique que peu de gens connaissait, plus encore de la musique folk. Et c'était un pari gagné jusqu'à présent. Toutefois, même s'il avait été bon, il n'avait pas été assez bon. Leur numéro d'entrée allait écraser le sien.
Sebastian partit alors s'installer avec le reste de ses camarades toujours en formation et les notes bien plus rythmées de leur second numéro commencèrent. Très vite, les Warblers jouèrent de leur voix sur la chanson, laissant la possibilité à d'autres chanteurs de sortir du lot comme les New Directions le faisaient dans leur numéro. Ils avaient préparé une chorégraphie rythmé et endiablé mais sans prise de risque dans les pas. Seuls quelques membres de leur équipe avaient un bon niveau…, Sebastian inclus. Néanmoins certains manquait encore d'entraînement en termes de danse.
Cela dit, la chorégraphie prit alors un tournant différent lorsqu'ils cessèrent de chanter, laissant le solo des musiciens accompagnés la seconde partie de leur danse. Sebastian l'avait dit, ce qui lui était arrivé l'avait inspiré. Et la façon dont il avait tapoté son chapeau avait été la seule réponse dont ils avaient eu besoin.
Les chapeaux que quelques-uns portaient volèrent alors adroitement et gracieusement d'une main à l'autre, traversant parfois toute la scène en arc de cercle pour atterrir dans la main d'un autre. Combien de temps s'étaient-ils entraînés pour monter un tel spectacle ? Elle se demanda sincèrement. De longues heures mais sûrement pas assez… La coordination était loin d'être parfaite et le trac prenait le dessus sur quelques membres qui s'emmêlaient un peu les pinceaux dans leurs lancés ou réception du couvre-chef. Et elle vit de loin le visage de Sebastian peu content pendant une brève seconde à chaque fois qu'ils rataient un geste.
C'était difficile à voir pour un œil qui n'était pas habitué à repérer tous ces détails perdus au milieu de leurs mouvement combiné à la façon dont ils se déplaçaient sur la scène. Mais elle savait que si elle pouvait le voir, les juges aussi ! Il le fallait. Autrement, ces juges n'avaient vraiment pas leur place ici !
Quand le solo des musiciens s'interrompit enfin, les Warblers interrompirent leur « danse du chapeau » et laissèrent Sebastian conclure de sa voix le numéro sous une salves d'applaudissements et d'un public au trois quarts debout en plus de deux des quatre juges de ces Régionales.
Ce dernier numéro était le dernier des Warblers comme ils saluaient maintenant la foule en remerciement. Ils avaient tout misé sur celui-ci qui avait su mettre en avant les talents d'autres élèves et une originale chorégraphie d'accessoire. Mais elle ne croyait que c'était suffisant pour gagner.
Pourtant, lorsqu'elle regarda le reste des New Directions, elle fut surprise d'entrevoir la peur se diffuser sur le visage de la plupart de ses amis. Will, par ailleurs, était tendu à côté d'elle si bien qu'elle se risqua à pencher la tête près de son épaule, pendant les applaudissements :
- On est meilleur. Tu nous as bien mieux préparé.
Elle se réinstalla aussi vite alors qu'il jetait rapidement vers elle un regard rempli de gratitude. Elle serra brièvement sa main posée sur l'accoudoir sans qu'aucun ne puisse voir son geste avant que Will ne leur dise qu'ils étaient temps pour eux d'aller prendre position dans les coulisses. Il jouerait dans dix minutes à compter de la fin du spectacle des Warblers. C'était leur moment et ils ne se louperaient pas !
Will, le savait, la tension était à son comble. Il avait été inquiet par la performance des Warblers, avait eu peur que l'originalité de leur numéro et le timbre changeant de Sebastian lors de son solo convainquent les juges. Mais Rachel avait interrompu tous ses doutes grâce à deux courtes phrases. Elle avait raison. Ce n'était pas de grands atouts qui feraient oublier aux juges – s'ils l'avaient remarqués – les défauts dans leur chorégraphie, les voix moins entraînées des élèves qui avaient chanté durant le second numéro ou encore le manque d'émotion dans le solo de Sebastian.
Il ignorait ce que le garçon avait fait ou plutôt dit à ses élèves pour les mettre dans un tel état tout à l'heure. Rarement, voire jamais, il n'avait vu tous ses étudiants habités par une même colère. Et les réponses qu'il souhaitait avoir et que Rachel avait d'une certaine façon promis de lui faire part un peu plus tard pouvaient attendre.
Le numéro d'introduction de ses élèves commençait. La scène et le public était plongé dans le noir. Et le piano résonna enfin…
[Feeling Good - Nina Simone / Michael Buble live au David Foster & Friend]
Birds flyin' high, you know how I feel
Sun in the sky, you know how I feel
Breeze driftin' on by, you know how I feel
Un projecteur laissa alors une lumière diffuse éclairer David qui entama le premiers vers tout en justesse, habité par le spectacle, loin de toute nervosité. Son timbre onctueux résonna dans toute la salle. Il renvoyait une certaine prestance et insinuait une redoutable émotion sur chacun des vers jazz du chant.
It's a new dawn,
Soudain, sous le vrombissement de l'orchestre qui vibra puissamment le temps d'une courte seconde, un spot illumina le premier duo de danseur, Brittany et Santana, installées sur la droite de la scène, à quelque pas sur le flanc de David. Elles dansèrent un pas saisissant avant que le projecteur s'éteigne tandis que David enchaînait…
it's a new day,
Dès que la lumière les éclairait, les danseurs avaient le temps d'émettre un pas tout à fait énergique afin d'épouser parfaitement l'effet de la chanson jusqu'à ce que l'éclat sur leur silhouette s'éteigne pour passer au duo suivant. Ainsi Quinn et Puck opérèrent un pas différent des deux premières jeunes filles et se lancèrent dans un renversement et un rapide jeu de jambe plus swing que jazz. Et alors, une fois encore, l'éclairage s'éteignit alors que Dave continuait sur…
it's a new life…
Rachel et Mike furent à leur tour illuminés, au centre de la scène, placés à quelques pas devant David qui se trouvaient encore sur les marches de la scène. Ils enchaînèrent promptement un « tuck turn » parfaitement exécuté : la grâce et l'articulation de leur mouvement était juste. Quand la lumière les fit disparaître des yeux du public, Dave fut alors de nouveau seul sous la lumière, plus transcendé encore que lors de leurs répétitions. Son dévouement à la musique et la chanson pris alors plus d'ampleur que lors des dernières répétitions et Will sentait que Sebastian et la conversation qu'il avait eu avec ses élèves en était très certainement la cause.
for me
And I'm feelin' good.
Sur la fin de l'entrée en matière de la chanson, l'orchestre s'emballa, les lumières de la scène éclairèrent plus encore la scène et chacun des duos de danseurs enchaînèrent finalement leur chorégraphie sur la chanson qu'interprétait David. L'effet dû à la mise en scène semblait déjà envouté le public avant même qu'ils ne leur aient montrés exactement ce dont ils étaient tous capable.
Fish in the sea, you know how I feel
River runnin' free, you know how I feel
Blossom on the tree, you know how I feel
It's a new dawn, it's a new day, it's a new life for me,
And I'm feelin' good
Les quadrilles, mouvements, impulsions, embardées, jeux de jambes, de hanche, de bras, de mains se suivirent les uns après les autres dans une cadence tout à fait ajustée, et très bien coordonnés avec les mouvements des autres duos. Il les sentait tous se laisser emporter par l'actions et les cavalcades pour lesquels ils s'étaient entraîné d'arrachepied. Leurs attitudes étaient juste et élégantes. Leurs pas de danse, tout à fait inspirés… Il prenait un plaisir fou, ça se voyait !
Dragonfly out in the sun, you know what I mean, don't you know,
Butterflies all havin' fun, you know what I mean.
Sleep in peace when day is done: that's what I mean,
And this old world is a new world and a bold world for me...
Lors du solo des musiciens, David passa alors entre les danseurs qui eux-mêmes ondoyaient autour de lui sans jamais rompre une forme en delta. Les pas se complexifièrent au milieu de Dave qui agissait comme un véritable performer.
Stars when you shine, you know how I feel
Scent of the pine, you know how I feel
Yeah, freedom is mine, and I know how I feel..
It's a new dawn, it's a new day, it's a new life for me
[scat]
Il était si fier d'eux. De chacun d'eux. Et plus encore de David qui revenait de tellement loin. Le jeune homme s'était libéré de ces erreurs passé et tandis qu'il concluait son chant, Will sentit comme un changement s'opérer en lui, dans son regard. Un changement définitif qu'il savait se trouver sur le dernier vers. Celui-ci était comme l'écho de tout ce qu'il ressentait à présent : être en paix avec lui-même.
And I'm feelin'... good.
Les spots de lumière s'éteignirent sur eux et une salve d'applaudissement suivit rapidement ce premier numéro. Ce dernier avait déjà poussé une grande partie de public à se lever pour les acclamer. Ils avaient fait merveille et le savaient si bien qu'ils enchaînèrent rapidement leurs deux derniers numéros... Ils avaient fait un tel chemin et Will sentait qu'ils l'avaient emmené sur ses routes avec eux. Et pour ça, il leur serait éternellement reconnaissant.
Les portes du Cincinnati Music Hall s'ouvrit pour laisser les New Directions sortirent du bâtiment, portant fièrement le trophée plaqué or qui faisait plus de la moitié de la taille d'un homme. Les élèves émergèrent par la grande entrée comme des conquérants rugissant jusqu'aux confins des domaines leur victoire récente. Les rires étaient de mise, en plus d'une prospère joie de vivre. Ils ressortaient d'ici gagnant, plus que jamais unifié et en route pour les prochaines Nationales.
Un rêve se réalisait ! Et c'était difficile de quantifié le bien-être que la pensée de cet évènement entraînait en elle. Rachel était si heureuse !
Sans surprise, lorsqu'elle et ses camarades avaient conclus leurs deux autres numéros, c'était une standing ovation du public et jury qui les avaient félicités pour leur incroyable performance.
- Je repensais à ce que disais l'autre qui n'aurait eu que ses yeux pour pleurer s'il était capable de ressentir quoi que ce soit…
Ils rirent tous de la réplique avant que Finn ne puisse poursuivre.
- Une partie de nous sera toujours un cliché et c'est une bonne chose. Surtout qu'on est tellement plus que ça !
Personne ne dit quoi que ce soit pendant quelques secondes, laissant les mots de Finn s'imprégner en eux. Elle aimait le son de ceux-ci parce qu'ils étaient on ne peut plus vrai et accentuaient la beauté de ce qu'ils étaient. Si chacun d'eux avait en lui une forme de stéréotype, leur groupe, lui, ne l'était pas. Elle ne connaissait aucun groupe d'ami dans lequel on pouvait trouver autant de tempéraments et personnalités si différentes.
Ils avaient gagné parce qu'ils étaient soudés, avaient affronté cette compétition comme les rouages d'une mécanique qui marchait de mieux en mieux. Par cette victoire, c'était comme si tout le pouvoir que Sebastian avait eu sur eux avant la compétition s'était évanoui. L'esprit d'équipe avait finalement triomphé de la tyrannie.
Elle savait que le garçon s'était battu pour les mauvaises raisons. Pour lui-même et le désir d'infliger de la peine à leur groupe. Et même si sa défaite, comme il leur avait promis, n'avait laissé aucune amertume s'emparer de lui lors de la révélation, ils l'avaient vaincu. Peu importe que cela ne le touche pas, ce qui comptait réellement était de savoir qu'il avait perdu contre eux et qu'ils avaient gagné !
Elle envoyait un texto à Sam qui disait simplement « On va aux Nationales ! » lorsque Kurt piqua alors l'intérêt de tous en demandant caustiquement :
- Quel cliché nous correspondent le plus vous croyez ? Je veux dire pour chacun de nous.
Le jeune homme avait été ravivé par la victoire en plus de sa bonne humeur qui avait été ranimé dès lors qu'il avait pu avoir Blaine au téléphone peu après leur passage.
- Facile pour toi Kurt, commença Santana. T'es le stéréotype parfait du gay qui vient refaire la déco de ton appartement et qui a l'air plus excité par la tâche que le véritable propriétaire.
Quelques rires enflèrent, notamment un ricanement sincère de Kurt, alors qu'elle rajoutait :
- Quant à moi, on le sait tous, je suis la latina aigri et sarcastique et sexy au possible !
- J'aimerai voir la photo de la latina sexy au possible. La réponse de Britanny était bien tout ce qui pouvait définir le cliché qu'elle était : la candide et sulfureuse blonde pourtant très souvent touchante et drôle malgré elle.
Chacun y alla alors de son commentaire. Finalement, de ce qui aurait dû les blesser ne ressortait que plaisanteries et gaité. Sebastian avait réellement raté son coup à tous les niveaux et la pensée intensifia sa joie indomptable.
- Le geek au lunette carré et en chaise roulante en prime !
- Le quaterback bien incapable de danser correctement.
- La diva soul qui chante du gospel dans une église.
- La petite brute épaisse qui porte une crête pour rappeler que c'est un vrai dur.
Elle vit Will plus ou moins perplexe par leur échange comme il regardait derrière son épaule alors qu'elle-même disait :
- Celle qui rêvait à Broadway et à Barbra !
- Ouais, vous êtes un paquet dans ce cas-là ! Répliqua Mercedes avec malice.
- En plus avec tes origines juives, c'est une autre façon d'enfoncer plus encore le cliché ! Conclut Quinn avec sarcasme.
Les rires s'accrurent en plus de celui de Rachel. D'un rapide coup d'œil, elle vit Will s'amuser de leurs singeries mais su aussi qu'il souhaitait vivement leur demander la raison d'un tel échange entre eux. Il se retint toutefois d'interrompre le moment comme Puck apostropha le seul qui n'avait pas clamé son cliché. Il se planta devant lui, marcha en arrière, sous les regards attentifs des élèves . De toute évidence, Puck ne comptait pas le laisser se défiler.
- Allez, Karofsky, tu dois bien en avoir un pour nous ?
Le jeune homme au physique imposant afficha alors un rictus énigmatique, jeta un coup d'œil à chacun d'eux. Il prit alors une profonde inspiration, elle le vit serrer le point non par colère il lui semblait mais comme pour chercher du courage. Il souffla alors de façon rhétorique :
- Qu'est-ce que vous pensez du type qui n'est tellement pas à l'aise avec ce qu'il est qu'il préféra s'en prendre à celui qui assumait totalement ce que tous deux étaient ? Le cliché de l'homophobe qui est en réalité pédé comme un phoque !
Tout le monde resta sous le choc, s'arrêtant d'un même mouvement en plein milieu du parking. L'action aurait pu être comique si ce n'était pour les mots de David qui résonnaient dans l'esprit de tous. Même ceux qui étaient parfaitement au courant de son secret étaient dubitatifs. Personne n'aurait pu s'attendre à un tel coming out : révéler sur un brin d'humour qui lui allait parfaitement bien et qui avait permis d'atténuer cette révélation.
David, d'abord effrayé, laissa le soulagement envahir chaque expression de son visage. Il laissa un rire radieux passé ses lèvres, suivi rapidement par tous, Will inclus, dans cet épisode de sa vie qui changerait bien des choses pour lui. Tout ce qu'il avait fait aujourd'hui, ce solo qu'il avait interprété, c'était tout ce dont il avait eu besoin. La chanson, il l'avait dit lui-même, prenait tout son sens pour lui alors qu'il se sentait capable d'avouer une partie de qui il était. Il était bien. C'était une nouvelle aube. Un nouveau jour. Une nouvelle vie…
- Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer un peu cette histoire de cliché ? Demanda alors Will trop curieux à présent, tout en se remettant en route engendrant le même automatisme chez ses étudiants. Rachel sentait que c'était aussi là une façon d'éviter le silence gênant qui aurait probablement suivi leur fou rire et aurait très certainement gêner David.
Finalement, leur professeur allait avoir sa réponse plus tôt que prévu comme Puck, Finn et quelques autres firent un rapport assez précis de leur « altercation » avec Sebastian. Ils lâchèrent aussi quelques informations sur ce qu'il avait affirmé sur Will mais, fort heureusement, les élèves ne mentionnèrent point le passage sur le fait qu'il « sautait l'une de ses élèves ».
- Et bien…, le gamin a tapé dans le mille ! Will répondit avec espièglerie, tout à fait sarcastique, loin de se laisser démonter pour si peu. Il semblait plus se moquer des mots de Sebastian que leur porter de l'intérêt.
- Je n'espère pas pour vous parce qu'il vous a collé un autre cliché sur le dos… Rit alors Puck.
Et avant même que quelqu'un ne puisse l'en empêcher, le garçon à la crête se mit à déblatérer dans les grande lignes la seconde partie du cliché que l'autre sociopathe avait vu chez Will. Celui-là même qui la concernait tout autant que lui.
« Quel crétin ! » Pensa Rachel mal à l'aise que Will n'apprenne cette partie-là au milieu de ses étudiants et d'elle-même.
Elle ne sut pas ce que fut sa réaction par ailleurs comme elle préféra se focaliser sur ses camarades. La plupart des étudiants renvoyèrent un regard lassé ou furieux vers Puck quand les autres restant, regardèrent Will avec inquiétude et embarra. Elle se rangea dans la catégorie des furieux plus pour éviter de ne serait-ce qu'oser renvoyer un coup d'œil à Will après de telles paroles. Si son regard avait croisé le sien à cet instant précis, ça aurait presque été comme une confession devant tous les membres de la chorale.
- Sérieux Puck ?! Lâcha Finn profondément exaspéré.
Le garçon n'eut le temps de répondre alors qu'il hochait des épaules sans comprendre ce qu'il avait fait de mal.
- Ce n'est pas grave Finn… Lorsqu'elle entendit le rire dans la voix de Will, elle détourna finalement un regard vers lui comme le reste de ses camarades dont l'attention était maintenant posé sur lui. On sait tous que ça a toujours été la raison pour laquelle je suis devenu prof. C'est bien mon genre !
Tous rirent sincèrement de la réaction réellement drôle de Will. Même Rachel, en dépit des circonstances, laissa un rire aussi sincère que nerveux s'emparer d'elle. Elle fut tellement rassurée de voir une telle désinvolture sur ses traits en plus d'un profond amusement face aux mots que Sebastian avait pour lui. Elle sentit que comme elle, il savait pertinemment qu'il n'y avait aucune vérité dans les mots du sociopathe de service si ce n'était la relation qu'il avait avec une élève. La description de cette relation était, toutefois, à des lieux de celle qu'il en avait faite.
Ils changèrent alors rapidement de topic sous les conseils de Will jusqu'à ce qu'ils ne rejoignent finalement l'autobus. Le chauffeur ouvrit la porte et dans une ambiance bonne enfant, ils grimpèrent à l'intérieur, échangeant les places qu'ils avaient à l'allée. Elle prit une place prêt d'une fenêtre, vers l'avant du bus. Finn vint alors s'asseoir à côté d'elle et déclara jovialement avant même d'être tout à fait assis :
- Une super journée, hein ?
- Unique en son genre !
Ils se sourirent gentiment, tout à fait à l'aise d'être en présence de l'autre après tant de damas dans leur passé commun. L'idée était vraiment agréable. Elle tourna calmement la tête vers la vitre alors que Will affirmait au chauffeur qu'il pouvait y aller. Elle entendit le moteur démarrer et n'avait d'yeux que pour les gens au dehors qui rejoignaient leur véhicule respectif. Elle passait d'une silhouette à une autres sans trop y réfléchir et…
« Une seconde ! » Elle songea brutalement tandis qu'un frisson macabre remonta dans tout son corps.
Ses yeux retombèrent sur le jeune homme qui se tenait devant la portière du conducteur d'un véhicule bleu, à une dizaine de rangée de la leur, un peu plus à l'ouest. Il regardait dans leur direction. La regardait elle plus précisément ! il était familier… Trop familier pour être ici !
Au moment où il leva la main pour la saluer par ironie, elle sut, et elle sentit alors l'air se raréfier dans ses poumons. Une vague de sueurs froides vint lécher sa peau, son cœur, son être… Il n'y avait de doute. Ce corps robuste…, ces cheveux ébènes doux au touché…, son teint halé…, sa fossette au menton…, ce sourire satisfait qu'il lui avait renvoyé plusieurs fois et qu'elle pouvait entrevoir que trop clairement. Ce sourire lui fit plus peur que tout ce qu'elle n'avait jamais affronter comme situation effrayante jusqu'ici.
Spontanément, sans réfléchir une seconde de plus, elle se jeta maladroitement par-dessus Finn, manquant presque de s'écrouler sur le sol entre les rangés de siège. Son geste engendra stupeur chez ses camarades et Will mais elle n'en fit rien. C'était viscéral, instinctif, nécessaire…, elle devait lui mettre la main dessus maintenant ! Pourquoi était-il là ?! Pourquoi ?! Pourquoi ?!
- OUVREZ LA PORTE ! La reine du drama hurla au chauffeur aussi hystérique qu'un animal enragé ou qu'une victime sur le point d'y passé. Jamais elle n'avait ressenti l'adrénaline d'une telle peur noyer jusqu'à la moindre pensée raisonnable et contrôle de soi qui lui restait.
- Rachel, qu'est-ce qu'il se passe ?!
Elle ne fit pas attention à la voix de Will qui vint de tellement loin, tout comme elle ignora les paroles incompréhensibles de ses amis à cet instant précis. Elle chercha des yeux le bouton d'urgence d'ouverture de la porte comme le chauffeur perplexe n'agissait pas. Elle appuya sur lui à l'instant même où elle le repéra. Elle repoussa les bâtant d'un coup d'épaules, s'échappant de la soudaine pression sur son épaule d'une main qui lui était très familière.
Elle passait la porte et se libéra sans détour de la prise de l'homme derrière elle, presque violemment, et courut le sprint de sa vie. Elle détalla à tout allure jusqu'à lui sans savoir ce qu'elle ferait si elle le rejoignait. Mais elle devait à tout prix l'atteindre avant qu'il ne disparaisse. Malheureusement, il montait dans sa voiture et allumait le contact tandis qu'elle se précipitait jusqu'à sa position. Elle percuta des gens sur sa route, créant des exclamations virulentes et hargneuses. Malgré tout, rien n'aurait pu l'arrêter. Pas même l'écho de cette personne criant son nom derrière elle. Le son était presque déformé alors que le vent fouettait ses oreilles sous le rythme de sa course. Elle sentait les larmes – qu'elle ne souvenait pas avoir versée – volées dans le vent à mesure qu'elle prenait de la vitesse dans ce sprint acharnée. Elle sentait son monde s'effriter un peu plus, comme un vieux livre fragiliser par le temps, alors que la voiture du jeune homme s'engageait déjà sur la route et quittait le parking… C'était trop tard !
Elle continua pourtant à courir, sans savoir dorénavant quoi atteindre, encore sous le choc quand, finalement, prêt de la sortie du parking, elle sentit une main s'enrouler fermement à son bras, l'arrêtant net dans sa course.
Will la força à l'observer, les traits paniqués, essoufflé par l'effort pour la rattraper. Elle comprit qu'ils bloquaient l'accès à la sortie alors que quelques voitures klaxonnaient et qu'il l'amena de force sur le côté, à quelques mètres, entre deux voitures pour ne plus gêner la circulation. Elle ne sentait plus ses jambes et s'étonnait que celles-ci puissent encore lui permettre de tenir debout. Où était-ce Will et ses deux mains enroulées autour de ses avant-bras qui la maintenaient sur ses jambes ? Elle l'ignorait…
- Bon sang, mais qu'est-ce qu'il t'a pris ?! Il dit aussi furieux qu'anxieux face à son comportement.
Quelle que fut la détresse et le désespoir dans ses yeux et sur ses traits, ils bouleversèrent Will.
- Rachel…, calme-toi. Il reprit tout doucement et prudemment, s'assurant de lâcher prise sur elle, de s'éloigner d'un pas au risque que l'un des deux n'émettent un geste qui les aurait trahis devant les membres de la chorale. Ces derniers étaient à une centaine de mètre de leur position, ayant quittés le bus et étudiant chaque détail de leur mouvement à cet instant.
Mais pourquoi se cacher d'eux alors qu'il était peut-être déjà trop tard ?
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
Elle respirait mal, tremblait avec plus d'intensité qu'une feuille dans les vents d'automne.
- C'é… c'était Lucas !
- Qui ? Il demanda, de toute évidence inconscient de ce que sa présence ici représentait.
- Will… Oh mon Dieu...
Sa voix tremblait, empli d'effroi si bien qu'elle sut que Will faillit venir l'enlacer, trop confus et ému par ses réactions.
- Non !
Elle l'arrêta en posant discrètement une main sur son torse et jetant un coup d'œil derrière lui. Heureusement, les élèves, de par leur position, ne pouvaient entrevoir que le dos de Will qui cachait sa silhouette de leur curiosité.
- C'était l'étudiant de Hurst. Je ne pense pas que tu as oublié lorsque toi et Sam êtes venus me ramener d'une soirée ! Tu n'as pas dû oublier non plus la position dans laquelle tu m'as retrouvé avec lui !
Elle n'avait pas eu besoin de finir son discours pour voir son visage se décomposer dès lors qu'elle avait dit le mot « Hurst ». Il encaissait, réfléchissait vite, se frotta la nuque par nervosité, avant de dire, comme pour sa raccrocher à quelque chose :
- Ce n'était peut-être qu'une coïncidence ? Will espéra, sans trop y croire.
- Il m'a salué de loin ! Il m'a souri ! Elle appuya ces affirmations, au bord de la crise de nerf. Et pas d'une façon dont on sourit gentiment à quelqu'un. Il sait ! J'en suis sûr ! Et après la dernière fois, qui sait ce qu'il va faire ? Ce n'est pas bon, Will.
Elle conclut, les pleurs voguant sur son timbre et se détourna, paniquée, comme prête à faire les cent pas. Elle s'arrêta toutefois, avant même d'entamer le mouvement sachant ce qu'il leur restait à faire :
- Il faut qu'on aille le voir ! Elle virevolta vers lui, aussi émotive que déterminée. Il faut qu'on sache ce qu'il va faire ou…
Elle ne put finir. Elle ne voulait pas dire ses mots aux risques qu'ils soient vrais.
- Ce qu'il a peut-être déjà fait… Will conclut pour elle avec la plus grande des difficultés, générant une tristesse incommensurable dans leurs deux regards.
- Tu le crois prêt à s'en prendre à nous après autant de temps et pour si peu ? Will relança, pas tout à fait convaincu que cela soit réellement possible.
Elle aurait eu dû mal à y croire avant aujourd'hui étonnement. Mais maintenant qu'elle avait rencontré Sebastian, elle pouvait affirmer que oui ! Certaines personnes, sans forcément être des sociopathes en puissance, avait parfois tant d'ego qu'ils étaient capables de détruire la vie des autres pour remettre les choses en ordres tels qu'ils le voyaient.
C'était sa faute ! Pourquoi était-elle allée là-bas ? Était-ce là le moment de sa vie qu'elle regretterait le plus ? Bon sang ! C'était. Sa. Fa…
- Ne fait pas ça Rachel ! Il rugit entre ses dents, serrant les points comme pour s'empêcher de tenir son visage entre ses mains. Ce n'est pas ta faute ! On fait des choix et des tas de choses arrivent après ça… Mais ne commence pas à te rendre responsable, s'il te plaît ! Surtout que si ce n'était pour cette soirée qui sait si on se serait remis ensemble ? Qui sait si je n'aurai pas quitté la ville ? Tu sais que c'est ce que j'avais prévu…
L'idée fut la pire de toute. Rien que penser à sa disparition pur et simple dans un autre endroit, sans plus jamais avoir de nouvelle de lui était insupportable. Et elle était consciente qu'il avait raison. Sans cette nuit tout à fait atypique, tout ce temps passé ensemble depuis la mi-février n'aurait peut-être été qu'un fantasme.
- On va arranger ça ! Il tint son regard dans le sien, plus résolu encore que toutes les fois où il leur avait promis qu'ils iraient aux Nationales cette année. Je vais arranger ça ! D'une façon ou d'une autre… d'accord ?!
Elle voulait y croire autant que lui. S'en convaincre. Mais cette voix des premières semaines de leur relation, celle qui était revenue lorsque Sam avait tout découvert, cette voix qui lui avait dit un jour « Rien ne dure… Surtout pas cette histoire » …, elle était finalement de retour, plus vivace et perçante que jamais.
- Cette histoire-là sera bientôt un vieux souvenir. Je te le promets !
À moins que ce ne soit eux qui finissent par devenir « un vieux souvenir » ?!
Non ! Surement pas ! Elle ne le tolérerait pas ! Elle regarda alors gravement Will, aussi décidée que lui à régler ce problème..., quoi qu'il en coûte !
A suivre
Et voilà, fin sur un cliffhanger ! Ne m'en voulez pas ;)
J'ignore quand le prochain chapitre sortira, il est loin d'être aussi avancé que celui-ci l'était. Mais j'essaie de faire au mieux, promis. Il ne reste plus que trois chapitres avant la fin donc je vais faire en sorte de m'atteler à cette tâche.
J'espère que l'histoire vous plait toujours après autant de temps parce que c'est une véritable joie de la reprendre !
A bientôt j'espère !
