Alors, alors, alors. La décision que j'ai prise pour Violette a été mûrement réfléchie, et c'est ce que je pense être le mieux, à la fois pour elle, à la fois pour Dean. Mais elle ne disparaît pas, bien sûr
Ce chapitre est une légère transition, et aussi un moyen de donner plus de… profondeur? Est-ce qu'on dit comme ça? On va dire ça comme ça. Donc, plus de profondeur à Castiel, et plus tard, c'est ce qui va aider Dean à franchir une dernière étape. Je n'en dis pas plus là-dessus
Dean va bientôt rentrer à la maison. Très bientôt. Et… bon, ce ne sera pas vraiment facile, mais ça va aller
Voilà, je vais arrêter de parler, parce que, comme toujours, j'en dis beaucoup trop
Je vous remercie encore (encore) beaucoup (beaucoup)
Bisous
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2 jours plus tard
Timidement, Dean tape contre la porte. "Salut," fait-il.
"Salut," répond Violette, avant de relever les yeux vers lui.
"Qu'est-ce que tu fais?"
"Il y a des tas de choses que j'avais apportées, dans cette chambre," haussant les épaules, ses mains toujours dans le sac qu'elle est en train de remplir. "Pour que Benjamin ne se sente pas trop comme s'il était à l'hôpital. Et maintenant, je n'ai plus de raison de venir ici, alors… voilà."
"Violette…" doucement.
"Ça va, Dean," dit-elle, sans le regarder. "On survit, pas vrai? C'est ce que tu as dit. Je ne sais pas encore ce que je suis censée faire, mais… je vais partir, tu sais? Pour survivre."
Dean reste appuyé contre l'encadrement de la porte. "Où est-ce que tu as envie d'aller?" demande-t-il simplement.
"Je n'ai envie d'aller nulle part, en réalité, si ce n'est… je ne sais pas. Au paradis?" en se passant les deux mains sur le visage. "Mais ce n'est pas possible, alors je vais… ça non plus, je ne sais pas vraiment. Je vais aller là où les gens ont besoin d'aide. Faire de l'humanitaire, c'est bien, ça, non?"
"Je ne sais pas, Violette, je-" au bord des larmes.
"Tu sais ce qu'on va dire?" en faisant quelques pas dans sa direction, attrapant sa main pour la serrer. "Tu vas vivre ta vie, je vais vivre la mienne, et je viendrai à ton mariage. Si je viens à ton mariage, ça voudra dire que j'aurai gagné. Si je viens à ton mariage, ça voudra dire que tu auras gagné. On aura gagné, et on sera toujours en vie et assez forts. Tu comprends, Dean?"
"Tu vas vraiment… partir?"
"Oui," en acquiesçant. "J'ai besoin de changer d'air, de ne plus voir cette ville, cet hôpital. C'est ce que tu as fait, toi aussi. Tu as déménagé ici quand ton frère est mort."
"Oui, et ensuite, je me suis drogué, et j'ai-"
"Je ne vais pas me droguer," en secouant la tête. "Je n'ai même pas envie de boire, parce que… à quoi bon? l'ivresse ne dure pas pour toujours, et Benjamin sera toujours mort, quoique je fasse."
Dean la regarde un moment dans les yeux, puis finit par hocher la tête, même si c'est un peu à contre cœur. "Tu m'appelleras?" d'une voix plus petite que ce qu'il avait prévu. "Est-ce que je pourrai quand même te parler, par téléphone, ou alors-"
"Bien sûr," en le coupant. "Bien sûr, Dean. Je t'appellerai toutes les semaines. Tu continues de guérir ici, pendant que je… guéris un peu ailleurs. Loin. Mais ça ne veut pas dire que je ne suis plus là," avant de le serrer contre elle, tellement doucement. "Tu prends soin de toi?"
"Toi aussi, Violette?"
"Moi aussi."
Lui rendant son étreinte, Dean dépose un baiser dans ses cheveux, le plus doux du monde, tout en le serrant un peu plus contre lui, et Violette a un léger soupir. "Tu avais raison, Dean," dit-elle. "Rien n'a de sens, et tout est mécanique. Est-ce que c'est encore le cas pour toi? Est-ce que c'est mécanique?"
"Non," sincèrement. "Ce n'est plus mécanique. Ça a du sens."
.
"Dean?" doucement, en s'approchant.
"Oui?"
"Tu ne dors pas?"
Dean se redresse sur les coudes. "Il est trois heures de l'après-midi, Cas," fait-il remarquer. "Je ne dors pas. Je suis juste… ici."
"Pourquoi tu restes en salle de garde?" en s'approchant assez pour s'asseoir sur le bord du lit.
"Parce que personne d'autre que toi ne pense à venir me chercher ici," en se rallongeant sur le dos, les yeux tournés vers le plafond, attrapant la main de Castiel pour la poser sur son ventre.
"Tu ne veux pas être trouvé?" demande Castiel. "Ça fait déjà presque deux jours que tu ne fais que rester là."
"Ça fait presque deux jours que Violette est partie, et quatre que Benjamin est mort," simplement. "Ce n'est pas que je ne veux pas être trouvé, c'est juste… si. Tu as raison. Je ne veux pas être trouvé," en caressant sa main en même temps. "Je me sens très vide et très triste, et ça ne passe pas. J'attends que ça passe."
Castiel semble réfléchir une seconde, et pose son téléphone sur la table de nuit. "Est-ce que je peux m'allonger et attendre que ça passe avec toi?"
"Mmh," l'approbation dans sa voix, en se décalant légèrement, alors que Castiel s'allonge sur le dos, son épaule touchant celle de Dean, qui ne dit rien pendant un certain temps.
Sa main finit par trouver une nouvelle fois la sienne, puis Dean se redresse, se retourne, et se penche, assez pour embrasser Castiel sur les lèvres. D'abord très doucement, puis Castiel répond à son baiser, sans bouger, se laissant embrasser, alors que Dean se redresse encore un peu plus pour s'asseoir, à califourchon sur son bassin.
"Dean…?" entre deux baisers, hésitant, sans être écouté, parce que Dean prend une de ses mains pour la poser sur sa hanche, par-dessous le tissu du t-shirt qu'il porte. "Dean? Tu as envie de penser à autre chose?"
"Oui," dans un souffle, lâchant sa bouche pour embrasser sa mâchoire. "Est-ce que c'est mal?"
"Je ne sais pas… je-" sans pouvoir retenir un gémissement quand Dean attrape la peau de son cou entre ses dents, si fort et assez longtemps pour y laisser une marque. "Pas vraiment. Ce n'est pas… mal."
"C'est ce que je me disais," répond Dean, avant de laisser ses doigts parcourir tout le ventre de Castiel, jusqu'à la ceinture élastique de son pantalon, passant son index dans le nœud qui le fait tenir en place. "On peut être en deuil et faire l'amour en même temps. Hein, Cas?" et il appose un autre suçon, plus petit, en dessous du premier. "Cas?"
"Oui," sa voix comme craquelée par le désir.
Dean glisse sa main dans le boxer de Castiel, puis étouffe un grognement plus que frustré quand le téléphone, toujours posé sur la table de nuit, se met à sonner. "Putain," en tâtonnant pour le prendre, et décrocher sans regarder, ignorant les protestations de Castiel qui se tortille sous lui. "Téléphone de Castiel. J'espère que c'est important, parce qu'il est très, très occupé."
"Bonjour," fait une voix féminine, très douce. "Est-ce que je suis en train de parler à Dean?"
"Effectivement," tout en jetant un coup d'œil en bas, vers Castiel qui se mordille la lèvre inférieure. "Et vous êtes?"
"Addison, la-"
"La mère de Cas?" en se redressant vivement, retirant brusquement sa main du boxer. "Ça m'apprendra à décrocher sans regarder," marmonne-t-il. "Vous voulez lui parler?"
"Tu connais mon prénom?" demande Addison, sans répondre à sa dernière question.
"Vous connaissez le mien."
"Castiel parle beaucoup de toi, au téléphone. Gabriel aussi, mais pas du tout de la même façon," et Dean peut presque percevoir son sourire à l'autre bout du fil. "J'ai l'impression de te connaître. Est-ce que Castiel t'a un peu parlé de moi?"
"Oui, un peu," répond Dean. "De vous, et de son père. Chuck, c'est ça?"
Castiel pose sa main sur sa cuisse, juste délicatement, alors que Dean lui adresse un petit regard, et un hochement de tête.
"C'est ça," reprend Addison, avant de faire une petite pause, puis de reprendre, moins assurée. "Est-ce que je pourrais te rencontrer, Dean?"
"Me… rencontrer?" surpris et déconcerté.
"Je suis censée passer voir Castiel demain, et peut-être que… je ne sais pas. Tu voudrais bien?"
Il y a un moment de silence, pendant lequel Dean ne fait que froncer les sourcils, le regard plus qu'insistant sur Castiel, et celui-ci se contente de le lui rendre. Dean prend une inspiration. "Est-ce que… Cas vous a assez parlé de moi pour que vous compreniez que je… je-" trop hésitant.
"Que tu ne peux peut-être pas encore rencontrer Chuck?" pour l'aider un peu.
"Oui, c'est ce que je veux dire."
"Alors, oui," répond Addison. "Il a assez parlé de toi, et… tu peux me rencontrer moi, pour commencer. Seulement moi, avec Castiel. Ça pourrait aller?"
"Je ne… je ne sais pas. Peut-être. Est-ce que je peux vous passer Castiel?"
Celui-ci lui prend doucement le téléphone des mains. "Maman?" alors que Dean se recule pour s'asseoir sur le lit, le dos contre le mur, permettant à Castiel de se redresser.
"Castiel?"
"Oui."
"Est-ce que je viens de lui faire peur?" soucieuse.
"Ne t'inquiète pas," le ton rassurant. "Je vais en parler avec Dean, et… ne t'inquiète pas. Je te rappelle un peu plus tard, d'accord?"
"D'accord," fait Addison. "Ne le force pas, si vraiment il ne veut pas, s'il a peur, ou alors-"
"Ne t'inquiète pas," répète Castiel. "S'il y a quelqu'un que je peux gérer, c'est Dean," avec un sourire à l'attention de ce dernier, qui hausse un sourcil presque dédaigneux. "Je te rappelle, maman. Je t'aime."
Il sourit quand Addison répond qu'elle l'aime aussi, puis raccroche, reposant le téléphone sur la table de nuit, pour finalement se retourner vers Dean. "Alors comme ça, tu peux me gérer?" demande celui-ci.
"Évidemment," avec un sourire encore plus grand.
"Mmh," vaguement amusé, avant de reprendre son sérieux. "Je ne veux pas blesser ta mère, ou… je ne veux pas qu'elle croit que je ne veux pas la rencontrer. Je voudrais, mais c'est juste… Et si elle ne m'aime pas?"
"C'est ce qui t'inquiète?" les sourcils froncés. "Que ma mère ne t'aime pas?"
"Oui. Je suis-"
"Tu es parfait," en le coupant. "Et ma mère t'aime déjà. Comment est-ce qu'on pourrait ne pas t'aimer, Dean?"
"Je ne sais pas," souffle Dean. "Je ne sais pas. Tu es sûr?"
"Je suis certain," en attrapant sa main. "Ma mère t'aime déjà, et elle va t'aimer encore plus quand elle t'aura rencontré en personne. Elle va probablement te prendre dans ses bras, t'ébouriffer les cheveux, et te traiter comme un… petit poussin."
Dean semble réfléchir une seconde. "Ça a l'air… agréable," finit-il par dire. "Elle a dit que si je ne voulais pas encore rencontrer ton père, alors ce serait juste elle. Et toi. Et moi. Tu m'en veux si j'ai peur de rencontrer ton père, Cas?" en caressant sa paume. "Ce n'est pas personnel, c'est juste… je ne sais pas à quoi ressemble un père normal, et ma vision est sans doute très déformée, mais… l'idée est intimidante pour moi. Je suis intimidé. Est-ce que tu-"
"Bien sûr que je ne t'en veux pas, Dean," l'interrompt Castiel. "Je ne pourrais jamais t'en vouloir pour ça, et mon père ne t'en voudra pas non plus. Il est psy, lui aussi. Comme Gabe, alors il sait que c'est difficile de casser des schémas psychologiques établis depuis l'enfance."
"Ils sont tous psy, dans ta famille?"
"Non," avec un petit rire. "Ma mère est comptable. Mais elle est très curieuse et très perspicace, alors elle va aussi très probablement te poser beaucoup de questions."
"Bon… d'accord," un peu plus sûr de lui. "Je veux bien rencontrer ta mère demain."
Castiel a un de ses fabuleux sourires qui réchauffent le cœur de Dean, et celui-ci se penche vers lui pour l'embrasser au coin des lèvres, mordillant doucement. "Merci, Cas," dans un murmure. "D'être qui tu es, et de me laisser du temps pour me reconstruire."
"Je t'aime," en posant sa main quelque part sur sa joue, interrompant le baiser pour le regarder dans les yeux. "On pourrait peut-être demander à Charlie si elle est d'accord pour que tu sortes de l'hôpital demain après-midi, puis que tu reviennes ensuite. On pourrait retrouver ma mère en ville, et tu pourrais voir autre chose que cet hôpital."
"Vraiment?"
"Oui," en hochant la tête. "Peut-être que tu es rentré à la maison trop brutalement, la dernière fois, et peut-être qu'on pourrait d'abord essayer un après-midi, pour commencer. Ça t'irait?"
"Ça m'irait super bien, même," en commençant à se lever. "Je vais parler à Charlie."
Il a presque atteint la porte quand Castiel le coupe dans son élan. "Tu ne voulais pas faire l'amour?"
"Excuse-moi, Cas," en se retournant à peine. "Mais je ne peux pas faire l'amour avec toi alors que je viens de parler à ta mère. Je ne peux définitivement pas faire l'amour avec toi en pensant à ta mère."
Castiel éclate de rire, puis se lève à son tour pour le rejoindre dans le couloir, refaisant rapidement le nœud de son pantalon. "Je viens avec toi," en glissant sa main tout contre le bras de Dean, sans prendre sa main, en même temps qu'ils marchent vers l'ascenseur pour monter deux étages plus haut.
Dean ne frappe pas, et entre directement dans le bureau de Charlie, qui lève les yeux vers lui, alors que Castiel reste sur le seuil.
"Bonjour à toi aussi, Dean," quand celui-ci s'assoit en face d'elle. "Tu as un peu de mal à frapper aux portes. Tu sais que c'est mon bureau, pas le tien?"
Avec un large sourire, Dean donne deux petits coups sur le bureau, juste devant lui. "Contente?" demande-t-il.
"Tu te trouves drôle?" sans pouvoir s'empêcher de rouler des yeux .
"Très."
"Qu'est-ce que vous faites là, tous les deux?" demande finalement Charlie, le regard passant de Dean à Castiel. "Quelque chose ne va pas?"
"Je voudrais une permission de sortie," réplique Dean, sans préambule. "Cas a suggéré que je pourrais peut-être sortir demain après-midi. Juste l'après-midi. Si tu es d'accord, bien sûr, parce que… je suppose que tu décides de si je suis assez… comment vous dîtes, déjà?" songeur. "Ah. Stable."
"Est-ce que tu te sens assez stable?" doucement.
Dean hausse les épaules. "Pour un seul après-midi, oui," sans vraiment hésiter. "On va juste…" en se retournant légèrement vers Castiel. "… prendre un café? Ou une grenadine, pour moi, avec la mère de Cas."
"Mmh," fait Charlie. "Comment tu te sens, en ce moment?"
"Comme si Benjamin venait de mourir, et comme si Violette venait de partir à l'autre bout du monde," d'une traite. "Ça fait mal. Comment tu veux que je me sente?"
"Est-ce que tu as envie de boire?" sans faire attention au léger haussement dans le ton de Dean.
"Ça va," répond celui-ci. "Je n'ai pas non plus envie de me droguer. Ça va. Je te promets que ça va, Charlie, et puis… je ne peux pas passer ma vie ici simplement parce qu'il y a de la drogue dehors. Ce n'est pas ça, le but de tout ça? Faire en sorte que je ne me drogue pas même si j'ai la possibilité de le faire?"
Charlie reste silencieuse un instant, et Dean insiste :
"S'il te plaît," la voix plus douce. "C'est juste un après-midi. Je peux gérer un après-midi, quand même. Et puis Cas sera là, de toute façon, alors si ça ne va pas, on-" en se coupant. "Pourquoi est-ce que tu souris?"
"Parce que la dernière fois, on a dû te convaincre que tu étais prêt à sortir, que tu étais assez fort, et maintenant… très bien. Tu peux sortir demain après-midi."
"C'est vrai?" soudain plein d'enthousiasme. "Je peux?"
"C'est ce que je viens de dire," en levant la tête pour échanger un bref regard avec Castiel, qui ne fait que sourire sans quitter Dean des yeux.
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"Tu es prêt?"
Dean lève les yeux vers Castiel quand celui-ci passe le seuil. Il déplie ses jambes pour descendre du lit. "J'ai un peu peur," répond-il.
"De ma mère?" et Dean acquiesce vivement, arrachant un rire à Castiel. "Je suis sûr qu'elle a un peu peur de te rencontrer, elle aussi, mais quand tu vas la voir, tu n'auras plus peur du tout. C'est juste… elle est comme toutes les mères, Dean, tu sais, et-"
"Non, je ne sais pas. Justement. Je ne sais pas," l'air un peu triste.
"C'est vrai," souffle Castiel. "Excuse-moi. Alors… ma mère est gentille, un peu trop tactile, mais si tu lui demandes d'arrêter de te toucher, elle va comprendre. Elle sourit beaucoup, elle rit, et tu vas l'aimer, Dean. Promis. Tu me fais confiance?"
Hochant doucement la tête, Dean attrape sa main. "Tu es plus proche de ta mère ou de ton père?"
"De ma mère, parce que mon père est vraiment comme Gabe, alors il passe son temps à essayer de me faire sortir de mes gonds, et à m'appeler Cassie," en l'entraînant dans le couloir. "Je ressemble beaucoup plus à ma mère."
"Alors elle doit être toute douce," avec un sourire.
Castiel se contente de lui sourire aussi, s'arrêtant devant le bureau des infirmiers. "Attends une seconde," dit-il, avant d'entrer pour revenir rien qu'une seconde plus tard, un document et un stylo à la main. "Il faut juste que tu signes ici," en lui indiquant le bas de la page. "C'est seulement pour que-"
"Charlie croit sincèrement que j'ai l'intention de m'enfuir?" en attrapant le document pour le signer, s'appuyant contre le mur.
"Charlie respecte la procédure," répond Castiel. "On ne sait jamais ce qu'il peut arriver à l'extérieur, alors-"
"Qu'est-ce qu'il peut arriver si tu es là?" en lui rendant le document, que Castiel accroche au tableau d'affichage juste derrière lui. "Je suis en sécurité avec toi, et toi, tu es en sécurité avec moi. Il ne va rien arriver, Cas. Toi aussi, essaie de me faire confiance. D'accord?"
"D'accord," le ton plus bas.
Dean l'embrasse doucement, puis continue de l'embrasser jusque dans l'ascenseur, et aussi quand ils arrivent dans le hall d'entrée. "Est-ce que je peux conduire?" demande-t-il, en s'arrêtant devant la voiture.
"Bien sûr," en lui lançant les clés, que Dean rattrape au vol, avant de monter dans le voiture.
Il pousse un soupir en caressant le volant, alors que Castiel s'assoit sur le siège passager et lui fait signe d'attendre une seconde, se penchant vers la banquette arrière pour attraper une chemise rouge. "Je suis passé chercher ça pour toi."
"Comment tu sais que c'est la rouge que je préfère?" en la prenant, les sourcils légèrement froncés.
"C'est celle que je préfère sur toi."
"Mmh," fait Dean, retirant vivement le t-shirt qu'il porte, sous les yeux de Castiel, qui ne les détourne pas du tout. "Cas… Ne me regarde pas comme ça, tu veux bien?" en enfilant la chemise. "Concentre-toi."
"Je me concentre sur toi," en même temps que Dean attache les boutons, laissant le premier ouvert. "Attends," avant de poser sa main sur la sienne pour l'écarter, et défaire le deuxième bouton. "Voilà. Là, tu es parfait."
Dean a un petit rire, puis bouge le rétroviseur pour se regarder dedans, et se passe une main dans les cheveux. "D'accord," en le remettant en place, observant brièvement l'intérieur de l'habitacle. "Il faudrait vraiment que tu changes de voiture, Cas. Excuse-moi de te le dire, mais je suis obligé."
"Tu ne voudrais pas récupérer la voiture de-"
"Non," en le coupant, sans même le regarder. "L'impala est très bien là où elle est, et mon père aussi, il est très, très bien là où il est. On peut arrêter d'en parler?"
"On peut arrêter d'en parler pour l'instant," alors que Dean démarre.
Il ne dit rien en sortant du parking, puis jette un coup d'œil à Castiel, juste avant de prendre un virage. "J'ai un rendez-vous téléphonique avec Violette, ce soir," dit-il.
"Elle t'a déjà appelé, depuis qu'elle est partie?"
"Non," en secouant la tête. "Elle m'a envoyé un message pour dire, je cite : bien arrivée, tout va bien, l'avion ne s'est pas écrasé," avec un rire un peu amer. "Ce qui veut dire que tout ne va pas bien et qu'elle aurait aimé que l'avion s'écrase."
"Tu aurais aimé qu'elle reste ici?" demande Castiel.
"Non," encore une fois. "Elle est partie parce qu'elle pense que c'est ce qui peut l'aider à avancer. Rester ici, c'était faire du sur-place, et Violette ne veut pas faire du sur-place," les yeux fixés sur la route. "J'aurais voulu qu'elle reste parce que c'est mon amie, mais je veux qu'elle fasse ce qui est bon pour elle, et si c'est aller construire des puits dans le Sahara, alors… j'espère que ça va vraiment l'aider."
Castiel se tait une seconde. "Tu as vraiment grandi," finit-il par reprendre.
"C'est… gentil. Je suppose," en prenant un autre virage.
"C'est vrai," simplement, sans rien ajouter. "Tu peux te garer ici?"
Dean obtempère, arrête le moteur, puis reste assis une seconde. Se tourne vers Castiel quand celui-ci détache sa ceinture. "Tu sais, Cas," en prenant sa main. "Je vais finir par être d'accord pour rencontrer ton père, même si pour l'instant j'ai l'impression que tous les pères sont comme le mien. Je sais que c'est faux, et c'est juste… je n'arrive pas encore à penser autrement, mais ça va venir, hein? Ça va venir, et peut-être que tout ne sera pas parfait, mais ce sera mieux," son regard planté dans le sien. "Je ne sais pas à quoi m'attendre aujourd'hui parce que j'ai grandi sans ma mère, et les souvenirs que j'ai d'elle sont très flous."
"Sois naturel, c'est tout. Sois toi-même," souffle Castiel. "Garde à l'esprit que je t'ai aimé quand tu te comportais comme un abruti fini avec moi."
"Je ne me suis jamais comporté comme-"
Coupé par Castiel, qui l'embrasse furtivement sur le front, étouffant un petit rire. "Bien sûr que si," avant d'ouvrir la portière pour sortir de la voiture.
"Je ne vais pas me comporter comme un abruti fini avec ta mère," en le suivant jusque devant le café.
"Sois juste toi-même," répète Castiel, en ouvrant la porte.
