Hey !
Désolée pour le retard, petit problème avec le site.
Merci à ceux qui sont toujours là malgré mon absence, merci aux personnes qui ont lu et commenté le précédent chapitre !
(Désolée Daulphina, je n'arrive pas à te répondre T.T)
Bonne lecture ~
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Chapitre 36
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- Bonjour, je m'appelle Ningyo Camie ! Je suis enchantée de vous rencontrer.
Heu.
Sérieusement ?
- Swallow Cara… enchantée.
- Mr King m'a parlé de vous, j'ai hâte que nous puissions travailler ensemble.
Pas moi. « Mr King » ?
- C'est Brook qui t'a donné cet uniforme ?
La dénommée Camie me sourie de toutes ses dents.
- Oui, il a pris mes mesures lors de mon entretient d'embauche et c'était posé dans mon casier quand je suis arrivée tout à l'heure.
… Elle a laissé Brook lui prendre ses mesures ? Ça a au moins le mérite d'expliquer pourquoi elle a été prise pour le poste. Et elle doit en tenir une bonne couche si elle est toujours là.
… Et moi aussi.
- Oh ! J'ai faillit oublier ! s'écrit-elle soudain un brin trop fort pour l'ambiance tamisé du bar, même si celui-ci n'est pas encore ouvert. Il y avait ça par dessus.
Et elle me tend une enveloppe blanche qui m'est adressée que je décachette un brin trop violemment car je manque de déchirer la lettre qu'elle contient.
Ma très chère Cara,
Si tu lis ces mots, c'est que tu as certainement eu le plaisir de rencontrer la charmante Camie. Après entretient, il s'agit de la seule candidate à avoir accepté le job. Elle est un peu maladroite et tête en l'air, mais adorable.
Je compte sur toi pour la former ma petite Cara.
Ton patron adoré,
King Brook
Ps : J'ai profiter de l'occasion pour faire fabriquer des sous-vêtements assorties à vos uniformes. Tu trouveras les tiens dans le tiroir du haut de mon bureau.
Miséricorde… connaissant Brook, ça ne sonnait même pas comme une blague.
- Camie, c'est ça ?
Je demande, juste pour me donner une contenance. J'ai très bien retenue son nom.
- Quels sous-vêtement portes-tu actuellement ?
- Ceux de l'uniforme, bien sûr !
… Me sourit-elle sans l'ombre d'une gêne. Je ne suis pas tout à fait sûr de comprendre pourquoi, mais elle m'irrite.
Pour me détourner de ce qui semble être la plus pure et la plus gentille des jeunes lycéennes de première année de l'île, je fais semblant de relire la lettre. Stylo à encre, papier fin, écriture soignée.
« Maladroite » et « tête en l'air », hein ?
Juste sur moi, il fallait que ça tombe. Je n'ai pas envie. Et je n'ai pas non plus envie de cacher le fait que je n'ai pas envie.
- Bon alors écoute, je commence et je constate un brin agacé qu'elle m'écoute religieusement comme si j'allais soudain me mettre à débiter des paroles de vérités absolues, ce qui me fait un peu perdre le fil. Heu… tu as déjà une expérience comme serveuse ?
- Non, c'est mon tout premier boulot, s'enthousiasme-t-elle.
Va falloir qu'elle se calme parce qu'elle fiche déjà la migraine.
- Bien, je soupire en me massant les sinus. On est le premier lundi des vacances, donc ce sera plutôt calme. Ensuite, Brook a changer les jours ce mois-ci pour qu'il puisse voyager l'esprit tranquille, donc on ne va pas avoir beaucoup de temps pour te former avant que je change de jours de travaille pour préparer mon concours d'entrée. Tu as ton planning ? Super. Maintenant, écoute moi bien.
Et elle m'écoute.
Je lui fais une bonne demi-heure sur le fonctionnement de la boutique, et elle m'écoute sans broncher, sans faire de remarque ou poser de question. Studieuse et attentive.
Agaçante.
- Tu as saisi ?
- Oui !
Je grimace à sa voix trop forte.
- Et baisse d'un ton. Ce n'est pas un bistrot ici, mais un bar. Ta voix ne dois pas dépasser celle de la musique de fond.
Aussitôt, elle se pince les lèvres pour se museler.
Crispante.
- Je te laisse visualiser où se situe les boissons au niveau du comptoir, je vais ouvrir, c'est l'heure.
Elle s'exécute rapidement, et je préfère tourner les yeux pour me contenter de déverrouiller la porte et tourner la plaque indiquant « ouvert ».
- Mademoiselle Cara ?
AÏE.
- Appelle moi juste Cara, je n'ai que deux ans de plus que toi.
Elle me répond d'un grand sourire.
- Tu fais plus mature !
C'est ça ouais, je vais te faire faire tout le ménage du bar avant de partir, tu vas voir si je suis mature.
… Faut que je me calme.
Elle pose pas mal de questions, elle est curieuse. Et tête en l'air, même si elle se concentre pour tout retenir.
- Je ne sais pas faire les cocktails, se désole-t-elle soudain alors que je réponds à l'une de ses innombrables questions.
- Brook t'apprendra. Je ne savais pas non plus lorsqu'il m'a engagé, mais c'est un excellent professeur. Tiens, commence par prendre l'habitude de vérifier les dates d'ouvertures des bouteilles. Quand tu ouvres une bouteille, tu mets la date du jour, et la durée maximum de son utilisation avant de la remplacer. J'ai fait celles du comptoir et des étagères pas plus tard qu'hier, mais il a les liqueurs les moins utilisées dans la réserve, et je n'ai pas eu le temps de finir.
Elle s'exécute sans attendre.
Exaspérante.
Je me contente de remplacer une ampoule venant de griller à l'instant lorsque la porte s'ouvre dans un tintement discret.
Aussitôt, ma mauvaise humeur s'envole.
- Pen' ! Shachi ! Bonsoir !
- Salut Cara, me saluent-ils avec un sourire aussi large que le mien.
- Vous êtes à nouveau que tous les deux ? je ne peux m'empêcher de demander en les accompagnant au comptoir où ils s'installent.
- Et oui, Bepo est malade, et notre patron est de garde.
Hum… De quoi entretenir ses cernes en somme.
- Dites, pourquoi est-ce que vous l'appelez « patron » ? Vous êtes plus âgés que lui non ?
Shachi et Pen' échangent rapidement un regard que je n'ai pas le temps de décrypter, mais sans changer de ton, ce dernier m'explique :
- Law était le premier de notre promo dans toutes les matières. Et de très loin. Ça en a rendu plus d'un complètement fou. Lui s'en fichait pas mal, mais ça a finit par nous agacer. On a pris l'habitude de l'appeler ainsi pour pourrir l'ego surdimensionné de certains face à un première année qui en savait plus qu'eux sur leur matière…
- C'était complètement immature ! s'esclaffe Shachi en saisissant la bière que je lui sers. Mais on aura bien rit. Même lui a finit par abandonner l'idée de nous faire arrêter. Attend un peu qu'il termine son doctorat. On aura pas finit de le chambrer !
Je leur fait confiance pour ça.
- Et vous ? Pourquoi infirmiers, et pas médecin ?
- Pas envie, soupira Shachi. Les études n'a jamais été notre truc. Y'a bien que lui (il désigna Pen'), pour s'infliger deux années de plus est obtenir le diplôme avec spécialité.
- Je regrette pas, se vanta son ami en rejetant. Mais c'est vrai que médecine, c'était trop prise de tête. Et toi alors ?
Je sursaute presque. Pendant une seconde, je me suis perdue à imaginer Law à la fac, entre Penguin et Shachi, à étudier…
… opérer illégalement…
… manger dans une cafétéria…
… ouvrir la poitrine d'une victime pour la transplanter…
… peut-être même rire comme devrait rire tous les étudiants de leur âge…
… manipulé par Dofflamingo qui faisait ce qu'il voulait de lui…
La vie de Law n'était définitivement pas un long fleuve tranquille, et sa situation ne s'améliorait pas.
- Cara ? Tu ne t'es toujours pas décidée sur ton université ?
- Si ! je m'empresse de répondre. Université de littérature, dans les Quartier Nord-Ouest.
Les deux amis me sourient.
- Littérature, hein ? Tu veux toujours devenir éditrice ?
Je rougie un peu et détourne les yeux, mal à l'aise.
- Je pensais pas que tu avais une aussi bonne mémoire, même ivre.
Ils rirent.
- Et comment tu vas faire finalement ?
Arf. Vous m'avez coupé mon délire les gars. Deux minutes plus tôt j'étais contente de vous voir…
- Je ne sais pas encore. Mais je vais en effet quitter le bar, devoir me trouver un studio et un autre boulot.
- Quel dommage, soupira Pen'. Avec le temps, j'ai presque l'impression que tu fais partie du décors. Ça va me faire bizarre.
- Vous pouvez parler, je pouffe. On pourrait presque vous dédiez ces deux tabourets. Va falloir que j'en touche deux mots à Brook d'ailleurs.
On échange un clin d'œil complice.
- Et tu peux compter sur nous pour un coup de main, ajoute Shachi. On vit tous les deux dans le Quartier Nord-Ouest, on te fera parvenir des annonces.
Ils sont… beaucoup trop gentils. A se demander pourquoi ils sont encore célibataires en fait.
- Et que compte faire Brook ? Il va avoir du mal à trouver une autre barmaid…
C'est ce que je croyais aussi.
- Et bien en fait-
Mais justement, Camie me coupe la parole en débaroulant toute essoufflée mais avec un grand sourire de la réserve.
- Cara ! J'ai- oups !
Elle se muselle inutilement en voyant que je ne suis plus seule. Les deux amis la détaillent avec surprise.
- Ça alors ! Tu as une collègue ?
Pour mon plus grand bonheur.
- Les gars, voici la nouvelle serveuse et barmaid qui me remplacera quand je serais à l'université et durant mes temps libre pour travailler, Camie. Camie, voici les deux personnes qui te feront ton salaire mensuel, Shachi et Penguin.
J'ai à peine finit les présentation que Camie enchaîne en leur posant tout plein de questions auxquelles ils se font une joie de répondre.
Et en deux phrases, je me retrouve hors de la conversation.
Je n'ai même pas le temps d'en placer une, que Camie à toute leur attention et la garde pour elle.
« Irritation », n'est plus le bon terme. Je viens de passer le stade au dessus.
Je dois me retenir de lui demander sèchement de baisser d'un ton, mais je préfère me détourner avant de dire ou faire quelque chose de malheureux et d'immature. Je profite pour jeter un regard à mon téléphone.
Un message de Bonney.
Soudain, toute mon amertume disparaît et je me penche pour le lire à travers mes lunettes.
« Derrière le bar, vite ».
Mince, c'était il y a déjà six minutes. Il va falloir que je mette au moins mon téléphone sur vibreur en travaillant, on ne sait jamais.
Rapidement, je passe par la réserve où j'attrape une bouteille de bière bien fraîche, et je me dirige vers la porte de derrière pour l'ouvrir timidement et jeter un regard aux alentours.
Bonney est bien là, avec l'air de profondément s'ennuyer.
- T'es en retard.
- Je travaille quand même un peu mine de rien. Tiens, pour me faire pardonner.
Elle attrape la bière et je décèle un éclat appréciateur dans ses iris. Bingo. Elle l'ouvre rapidement et descend quelques gorgées avant de claquer la langue, savourant l'alcool.
- Tu sais me parler.
- Je sais parler à ton estomac, je plaisante. Alors ? Que me vaut l'honneur de ton auguste présence ?
Elle boit encore une gorgée avant de me répondre. Adossée à un mur, j'imite sa position, me détendant enfin un peu.
- Tes amis sont rentrés chez eux et ne sortiront pas de la nuit. Je me suis dit que c'était l'occasion de venir t'engueuler.
Je hausse haut un sourcil, amusée par sa menace que je sais être une plaisanterie.
- Miséricorde, je tremble déjà. Qu'est-ce que j'ai encore foiré ?
Elle me lance une œillade rieuse également.
- Tu m'appelles pour me signaler que ton ami se fait suivre sur le chemin du lycée, juste quand vous êtes en vacances, et que donc vous n'allez plus au lycée ?
- Ça fait un mois que je t'appelle au moins une fois par jour pour te le dire ! Tu es difficile à joindre.
- Ma popularité fait de moi une femme très occupée, rigole-t-elle doucement en sirotant sa bière avant de reprendre plus sérieusement. Je vais quand même vous zieuter un moment, voir de quoi il en retourne.
Je hoche la tête avec un regard reconnaissant.
- Sabo et moi devons préparer notre concours d'entrée à l'Université, et le premier examen blanc est mi-août. On va passer beaucoup de temps chez eux et à la bibliothèque du Quartier Est.
- D'accord. Tiens moi au courant de tous vos déplacements dans la mesure du possible, je m'occupe de surveiller les alentours.
J'acquiesce, puis pendant qu'elle finit la bouteille, je l'observe un peu plus dans la pénombre. Je fronce les sourcils.
- Ça va aller ton bras ? Il est bien bandé.
Elle me jette un regard surpris, regarde son bras puis hausse les épaules.
- Ça ? C'est une égratignures, j'ai connu pire.
Mouais.
- Tu veux passer chez moi ? Je me doute que tu ne peux pas vraiment de présenter tranquillement dans une pharmacie, et j'ai de quoi te faire quelque chose de plus propre. Il ne faudrait pas que ça s'infecte.
Là, elle me jette un regard de travers.
- Tu invites toujours les personnes qui t'explosent le nez chez toi ?
Ah !
J'éclate de rire, c'est plus fort que moi. Si elle savait !
- Plus souvent que tu ne le crois ! Enfin, ma coloc est repartie chez elle pour les vacances, alors si tu as besoin, j'ai un futon de libre et une boite à pharmacie qui a fait ses preuves.
Elle semble hésiter, puis secoue la tête, l'air désespéré.
- Tu as un grain ma pauvre Cara.
- Sympa, je râle faussement. Tu refuses toujours aussi méchamment les invitations ?
Mais je me doutais qu'elle refuserait. Où qu'elle est été pendant un mois, j'imagine que c'est au moins aussi tordu que mon précédent coloc…
- Enfin si tu as besoin, tu as mon numéro.
- Hum.
Elle jette sa bouteille vide dans le conteneur prévu pour et s'étire.
- Sur ce, je vais essayer de dormir un peu. Je te dois combien pour la bière ?
- Oublie pour cette fois.
- Cool.
- Mais je te commence une ardoise.
- Pas cool.
On échange un sourire, puis nous nous détournons. Je rentre dans le bar pendant qu'elle s'éclipse aussi vivement que d'habitude. Cette fille est un vrai courant d'air.
Une fois que la porte se referme dans mon dos, c'est comme si je redescendais d'un long voyage bien loin de la terre…
Hou là… je me perds un peu moi là. Du nerf Cara.
Mais lorsque je reviens vers le bar, j'entends soudain les éclats de rires sincères et exubérants de Shachi, Penguin et… Camie.
C'est plus blessant que prévu. C'est même carrément douloureux.
Je crois que je vais retourner prendre l'air encore un peu, j'ai besoin de me changer les idées. Et puis il semble évidement qu'ils n'ont pas besoin de moi.
J'ai l'impression un peu étourdissante que tout le monde bouge autour de moi, avance, évolue, mais que je reste planter là. Comme une petite fille qui à peur de grandir.
Miséricorde…
Je crois qu'un bon bol d'air et une bonne claque me ferait le plus grand bien.
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Soirée révision. Seule. Pas mes préférées.
Koala est chez Nojiko pour la semaine et les garçons sont avec leur grand-père pour le week-end, je n'ai pas voulu m'immiscer dans leur réunion de famille.
Donc je suis seule chez moi. Le silence. La tranquillité. La possibilité de tout.
Sauf que que le concours blanc d'entrée arrive inexorablement. Et que ce concours, il est trop important pour que je me laisse aller à juste ouvrir un livre et le dévorer tout le reste de la soirée voire de la nuit.
Avec une pensée un peu déprimée, je réalise que ce silence, cet appart' où je suis la seule qui anime un peu les lieux… ben ça va bientôt être mon quotidien.
Pourtant… qui sait, vivre seule pourrait peut-être être agréable ? Enfin, j'essaie de m'en rassurer, moi qui n'est jamais supportée la solitude. Et pas non plus en colocation avec un ou une ou pire, des inconnues.
Pen' et Shachi m'ont assurés qu'ils m'aideraient à trouver un appart'. Enfin s'ils s'en souviennent, parce qu'ils semblent bien facilement m'avoir remplacés par Camie. Après tout, je ne suis que la serveuse, c'est normal de leur part. Ce sont des habitués, je ne suis pas la première qu'ils rencontrent, alors quand la serveuse s'en va, ils font avec la suivante.
Même si cette Keimi, toute enthousiaste qu'elle soit, même si elle se fait la main au travail plus facilement que ce que je l'ai fait, même si elle est dans les petits papiers de Brook… et bien elle continue de m'agacer au plus haut point.
Plus habile que moi. Plus jolie aussi. Plus sociable. Plus drôle. Plus douée. Plus appréciée.
La mine de mon critérium se brise, manquant de peu de trouer ma feuille.
Raaaaah ! Silence Cara, arrête tout ton délire ! Concentre-toi un peu !
Le concours, le concours…
Les cours, les cours…
Le sérieux, le sérieux…
… Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour-
Sonnerie de téléphone.
-une distraction.
La sonnerie d'Ace. Vingt-deux heures.
- Allô ?
- Yo Cara, j'te dérange ?
- Non tu parles, je suis perdue entre prosopopée et point d'ironie.
- Gné ?
- Je révise la littérature.
- Ah. Parfait. Tu vas pouvoir arrêter tout de suite.
Me redressant un peu, je hausse un sourcil interrogateur. Quel plan foireux il me fait là encore ?
- Plaît-il ?
- Change toi, met quelque chose de festif et on sort.
… Il est tombé sur la tête.
- Ace, je soupire, je travaille. Et on n'a pas le temps de sortir, où que tu veuilles aller. Et puis, tu n'étais pas avec ton grand-père de toutes façons ?
- Si. Je me suis enfui.
… J'ai peur de comprendre. Un froid malvenue me prend les entrailles.
- Tu me la refais là ? Tu veux dire que tu es sorti seul de chez toi ? Miséricorde Ace, qu'est-ce que tu ne comprends pas dans « y'a un type qui veut ta peau » ?
- Relax la cardiaque. Je savais que tu allais râler, alors détend-toi. Je suis déjà devant ta porte.
Je me lève d'un bon pour me précipiter dans l'entrée et ouvrir grand la porte.
Oh le con, il est vraiment là.
Un immense sourire au lèvre et les yeux brillants, il rit sans gène en me saluant de petits signes de la main.
- Salut !
L'écho de sa voix dans mon téléphone me fait l'effet d'une décharge électrique.
- Aïe ! Cara, arrête ! Tu vas te faire mal…
Mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Je lui assène coup sur coup dans l'espoir de lui faire rentrer dans la tête un peu de bon sens, mais c'est trop en demander visiblement.
- Ace ! Espèce de sombre crétin !
- Allez zen, qu'il rit en levant les yeux au ciel, à peine gêné par mes coups. On habite à un rien et on était à la maison toute la journée avec le vieux. Personne ne serait assez fou pour nous chercher des noises alors qu'il est là.
Tu parles !
- Espèce d'inconscient ! je cris avant de me souvenir de l'existence de mes voisins et de me museler.
D'une main je le tire jusque dans l'appart et claque la porte derrière lui.
Il semble aller pour le mieux, jovial et détendu comme à son habitude.
- Crétin !
Aïe, ma voix m'a trahi.
Il se tourne vers moi, surpris. Je me dépêche, mais je ne réussis pas à essuyer les larmes de panique et de soulagement qui me sont montées d'un coup. Soudain, il semble se sentir un peu coupable.
- Wow, Cara, du calme ! Je ne vais pas mourir parce que je suis sorti de chez moi.
- Seul ! je lui reproche en reniflant, encore tremblante. Alors qu'il y a un tueur dans les parages et que tu as été suivit ! Tu cherches à mourir ?! A te faire enlever ?! Ou pire, torturer, séquestrer, ligoter !
Mal à l'aise devant ma panique que je n'arrive pas à contenir, Ace m'offre une grimace pour se repentir et me prend à bout de bras sans me toucher vraiment en me donnant de petite tapes de réconfort dans le dos.
Aussi idiot que cela soit, le simple fait de sentir Ace, aussi bouillant qu'à son habitude, me rassérène. Je reprends mon calme et lui met un dernier coup dans les abdos pour faire bonne mesure.
- C'est bon ? Tu as finit de paniquer ?
Je renifle une dernière fois.
- Oui. Alors, qu'est-ce que tu fous là ?
Il me sourit.
- Ce soir, toi et moi on sort.
Je vais l'achever de mes propres mains.
- Quoi ? Tu remets ça ?!
Il lève les mains en signe de défense.
- Laisse-moi t'expliquer avant de t'emporter. Sabo a eut un appel de Ivan. Ce soir, c'est soirée privée au NewKamaLand. Ils nous a tous invité.
Voilà qui est gentil de sa part mais connaissant Sabo…
- Sauf que bon, Sabo hein. Il n'est pas du fan de ce genre de chose et il a décliné.
- Pas toi, je devine.
Il hoche la tête.
- Donc change-toi, cette nuit on se détend. On sera en sécurité et dans une ambiance géniale m'a promis Ivan.
J'hésite.
C'est tellement tentant.
- Il faut que je travaille mon concours d'entrée…
- Tu travailles déjà tous les jour, prendre une nuit pour décompresser ne te fera pas de mal. Au contraire.
- Demain je travaille au bar…
- Tu auras tout le temps de récupérer demain dans la journée.
- …
- C'est bon, tu es à court d'arguments contre ? On peut y allez maintenant ?
C'est juste tellement tentant. Et puis Ace semble décider à y aller que je le veuille ou non. Ce ne serait pas sérieux de ma part de le laisser seul, n'est-ce pas ?
Il semble saisir ma décision et a un rire. L'ignorant, je me dirige vers la chambre pour passer un short court et un chandail dans des couleurs plus festives que celles que je porte d'habitude. Je tire mes cheveux en arrière et j'ai même la longueur suffisante pour en faire une queue de cheval. Il faut que je passe chez le coiffeur assez vite. Attachant des boucles rebelles avec des épingles, j'en profite pour finalement regarder Ace.
Lui aussi a opté pour de la couleur. Et lui aussi aurait bien besoin d'un passage chez le coiffeur.
- Tu comptes les garder longs ? je demande, avant de rajouter devant son air confus. Tes cheveux.
Il tire une mèche qui commence à lui chatouiller la nuque.
- Je sais pas. Tu n'aimes pas ?
- Si, juste que c'est la première fois que tu les as si long. Tu veux tenter la tignasse de Rayleigh ?
Je plaisante à demi. Il sourit et secoue la tête.
- Bah, j'y réfléchirais plus tard. Tu me prête un élastique ?
Et on sort dans la nuit encore un peu clair à cause de la saison. Le NewKamaLand n'est pas si loin, on peut se permettre d'y allez à pied. Et puis ça nous permet de discuter. Comme si on ne le faisait pas déjà assez.
- Ça fait un moment que tu ne m'as plus parlé de ton boulot. Ça va ?
Oh Ace, ne met pas les pieds dans le plats comme ça sans prévenir…
Repoussant les images du nouveau trio du Laboon's Soul qui risqueraient de m'agacer, je secoue la tête.
- Je te raconterai, mais pas maintenant. Change de sujet, vite.
Il hausse les épaules.
- Alors rajoute le à la liste des raisons pour lesquelles on sort faire la fête et se détendre. Avec le concours.
- La colocation.
- Les examens.
- Le tueur de D.
- Les blessures qui ont du mal à guérir.
- Les amis et la famille.
- L'amour et le jus de poire au piment.
- La Police et les fugitifs.
- Franchement, on nous met trop la pression.
- Hum, on fait bien de sortir un peu.
On échange un sourire, décomplexés. Rien n'est jamais de trop, rien ne manque. Autant Ace est incertain, sensible et peut se montrer fragile lorsqu'il s'agit de sa personne, mais lorsqu'une autre est impliquée… il devient plus solide que du diamant, plus sûr et plus sécurisant que n'importe qui d'autre.
Rien n'est embarrassant ou gênant avec Ace. Tout semble soudain si lointain… sans importance, ou du moins sans l'importance qu'on leur donnait un instant avant. C'est parfois si facile de parler avec lui… de se laisser complètement aller…
Ace ne juge pas. Ace ne cherche pas plus loin que ce qu'on lui confit. Ace est une oreille attentive et empathique avec qui on peut être… juste soi.
Quelque soit le sujet, l'heure du jour ou de la nuit, le lieu…
- Ace ?
- Hum ?
Je me mords la lèvre une seconde, soudain un peu hésitante.
- Fait attention… s'il te plaît.
Ma voix n'est qu'un souffle, mais elle ne lui échappe pas. Comprenant que je suis sérieuse mais surtout inquiète, il se rapproche pour passer une main dans mes boucles noirs, dérangeant mes lunettes au passage.
- Ne t'en fait pas. Je ne ferais rien sans être certain de ce que je fais.
Je ne suis pas certaine que cela doivent me rassurer, mais je le connais assez pour savoir qu'il s'agit déjà pour lui d'un grand engagement. Ça me suffit pour le moment. Et puis je fais étrangement confiance en Bonney, à qui j'ai passer un appel discret et rapide pour l'informer de notre sortie.
Je ne sais pas ce qu'elle vaut en filature ou en cassage de figure… mais j'ai encore le souvenir très clair de son regard lorsqu'elle évoque Le Ténébreux. Elle ne laissera pas cet homme faire du mal à qui que ce soit si elle est dans le coin, j'en suis persuadée.
Alors pour le moment…
Ace a raison.
Ce soir, c'est l'occasion parfaite de décompresser. D'oublier un peu notre quotidien et de dénouer les tensions accumulés sur nos épaules.
Le NewKamaLand est en vu. De l'extérieur, tout semble calme.
Pourtant, lorsque Ace toque à la porte et qu'un videur nous ouvre, la musique nous parvient. Il semble que ce soit une grande soirée en effet ! Ace montre son téléphone avec notre laissez-passer et bien vite, la nuit tiède et silencieuse devient une salle crépitante et pleine de vie.
La musique n'a rien d'assourdissante et on se croirait plus dans une salle de concert que dans une boite de nuit. Les gens dansent sur la piste, les musiciens sur la scène assurent le spectacle, il y a des groupe autour des tables, quelques personnes accoudés au bar…
Je ne peux pas m'empêcher de sourire. L'ambiance est contagieuse !
Je ne sais pas mais… c'est quelque chose dans l'air, à moins que ce ne soit la musique ? Le visage détendu des invités, les éclats de rire qui résonnent, les épaules souples ? Le personnel plaisantant avec les clients ?
Il y a quelque chose ici qui ne ressemble à rien de ce que j'ai déjà pu croiser. Rien à voir avec un festival ou une soirée au lycée.
Non ici… rah… je n'arrive pas à mettre le doigt dessus ou à le nommer.
Mais je me tourne vers Ace en le sentant s'agiter à côté de moi. Il aborde le même sourire que le mien, les yeux brillants et sautillant presque. Lui aussi semble touché par l'ambiance.
On échange un rire et le remercie pour son invitation d'une brève pression sur son poignet.
- Pas d'alcool pour les mineurs.
Nous nous tournons vers le barman qui s'est approché pour nous accueillir. Inazuma qui sirote lui-même son verre de vin. Nous nous avançons pour le saluer.
- Merci pour l'invit' ! lance Ace. Sabo a décliné mais on est quand même venu.
- Vous avez bien fait. Ce soir, nous connaissons très bien tout le monde. Vous ne risquez rien, alors amusez-vous.
Il ne fallait pas le dire deux fois à Ace. Il commanda un grand verre de jus d'ananas qu'il descendit en deux gorgées. Il claqua le verre sur le comptoir et s'étira. Je me contente d'observer son manège, amusée.
Jusqu'au moment où il se tourne vers moi, bien droit pour s'incliner poliment, une main paume ouverte. Je hausse haut les sourcils, un peu déphasée.
- M'offririez-vous cette danse, mademoiselle ?
- Comment refuser ?
Et je prend sa main. Sans attendre, il nous fait rejoindre le groupe de danseurs où il me fait valser sans que cela ne colle un seul instant à la musique. Notre maladresse nous fait faire pas mal d'écart mais on rit tellement qu'au final, on ne danse même plus vraiment. Finalement lorsque le morceau change, on reprend en rythme.
Rapidement, la musique glisse de mes oreille à ma poitrine et la libère. Mes mouvements font jouer mes muscles et les décontractes. Mes pensées se contentent de suivre la mélodie et j'ai l'agréable sensation que mon cerveau se vide.
Ah… voilà… l'ambiance ici est… détendue. Plus que n'importe où ailleurs. Il n'y a pas la moindre tension ou la moindre gène. Et c'est ce qui fait la différence.
Finalement, un peu essoufflée, je fais signe à Ace qui danse avec un gars de notre âge que je vais au bar m'asseoir un instant et je commande la même chose que lui pour l'avaler tout aussi rapidement.
J'en profite pour jeter un regard à la salle.
Ouais… détendue. Sans me départir de mon sourire, je m'accoude un instant au bar pour me contenter d'observer Ace s'éclater. Il semble dans son élément, fluide dans la foule, en harmonie avec la musique. Il avait vraiment besoin de ça.
Il prend une courte pause pour venir me rejoindre et descendre un second verre, accoudé au bar, à bout de souffle. Amusée, je lui tapote le haut du crane. Il rit en me repoussant et je ris avec lui. Il se pose sur la chaise à côté de la mienne et nous observons la salle pleine face à nous.
- Est-ce que nous sommes au Paradis ?
Je souris en réponse à sa voix perdu dans les limbes d'une euphorie trop longtemps retenue. Ouaip, là c'est sûr, il n'est pas prêt de faire une crise de narcolepsie.
- Au Paradis je ne sais pas, mais en bonne compagnie ça c'est sûr.
Il hoche la tête, approuvant. Puis soudain, il se redresse un peu.
- Autant chui pas fan des culottes à rubans roses, autant lui avec son collant, je le trouve charmant.
J'éclate de rire et d'une main, le pousse de la chaise pour le pousser à rejoindre le type en question. Il s'éloigne d'un pas sautillant en me jetant un clin d'œil par dessus son épaule. Je lève les yeux au ciel sans me départir de mon sourire et m'accoude au bar.
Je sursaute un peu lorsque je sens un doigt se poser sur mon coude et je me retourne. Une fille qui doit être à peine plus âgée que nous me sourit.
- Je peux t'offrir un verre ? Ou t'inviter à danser ?
Surprise, je cligne des yeux et lève les mains, un peu gênée.
- Oh heu… c'est gentil mais je… suis hétéro…
Mais elle continue de me sourire.
- Et ça t'empêche de danser ? Allez viens, tu avais l'air de bien t'amuser !
Elle a un rire et je ne peux m'empêcher de l'imiter. Ouais, je m'amusais bien. Alors je prend la main qu'elle me tend et la suit parmi les fêtards, non loin de Ace, pour me joindre à elle.
Elle n'a aucun problème à bouger ou se déhancher et elle m'invite à l'imiter. Petit à petit, le peu de retenue que j'avais s'évapore.
Personne ne va me juger ici.
Alors je me contente de m'amuser.
De danser, de rire, de chanter.
Et lorsque Imperio Ivankov lui-même monte sur scène pour embraser l'ambiance déjà électrique… tout devient encore plus fou.
Et pendant une soirée, coupée du monde et de ma vie… je m'amuse… !
Je m'amuse pour la première fois depuis longtemps. Légère et sans attache…
Juste la musique, la joie de vivre, le sourire éblouissant de Ace et le tournis d'un lâché prise.
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La dernière partie de ce chapitre est inspirée et dédiée à l'une d'entre vous qui se reconnaîtra ! Je pense que tu en attendais plus, mais pour cette scène c'est tout ce que j'avais à dire. Peut-être plus de folie une prochaine fois, pour une autre occaz'…
Et la première pertie, à celle qui se reconnaîtra tout autant et qui me disait se demander qui allait travailler avec Brook ! Camie me semblait toute indiquée.
Chapitre plus long que le précédent, favoria ^^
Merci d'avoir lu et n'hésitez pas à me faire part de vos retours, positif ou négatif ~
La suite : quand le site ne buggera pas une semaine sur deux ~
PS : Hey ! Les followers que je ne connais pas ! Faites moi aussi part de vos impressions ! Faites-vous entendre ! Manifestez-vous ! Votre avis, positif, négatif, mitigé, m'intéresse ! Vos commentaires, vos points de vu font aussi avancer cette histoire, me fait réfléchir, me force à me surpasser ! Cette histoire s'est aussi construite au fil des commentaires, et la diversité des avis n'est que positif, au moins pour moi ! Une fois de temps en temps, faites entendre cotre opinion !
Amour et clafoutis ~
