Oublier. Tout oublier. Cela aurait dû être le maître mot de Hermione. Mais elle n'arrivait pas et assimiler l'horreur de la réalité lui avait semblé tellement plus simple et cet appel à la vengeance tellement attirant. Elle avait reprit des forces depuis qu'elle était sortie de l'infirmerie, mais elle restait très maigre et se fatiguait très vite. Malgré tout, chaque moment qu'elle avait de libre, elle le passait dans son dortoir ou la Salle-sur-Demande. Elle allait parfois à la tour d'Astronomie, mais elle devait s'accommoder avec les horaires de cours, et elle y allait surtout pour observer les mouvements suspects dans la forêt. Elle attendait avec impatience l'affrontement, l'heure de sa vengeance.
Drago Malefoy l'avait séduite pour lui mentir, il avait joué avec elle et profité de sa naïveté. Tout cela pour la détruire. Un exemple. Elle avait servit d'exemple pour toutes les autres futures victimes du Seigneur des Ténèbres. Elle avait été un appât, pour montrer au « Survivant »ce qu'il se passerait s'il ne se rendait pas. Ils l'avaient ravalée au rang d'objet, un vulgaire objet qu'on a envie de casser. Ils avaient faillit réussir. Elle avait faillit ne pas revenir de cet enfer.
Mais elle s'était relevée. Elle avait survécu. Son âme avait résisté. Toutefois, des séquelles avaient persisté une partie d'elle s'était perdue. Seul le futur révèlerait si ces blessures cicatriseront un jour. Elle se demandait si la douleur disparaîtrait, si une fois vengée, elle aurait le droit de redevenir la Hermione Granger d'avant. Elle se demandait si, cette fois, le destin serait indulgent avec elle. Malgré tout, elle avait peu d'espoir.
Soupirant, elle regarda sa montre : il était plus de minuit. Elle n'était pas fatiguée, mais elle en avait assez et elle décida de retourner à son dortoir. Dans les couloirs, elle ne croisa personne. Le château semblait vide. Un silence de mort régnait. Mais Hermione ne s'en préoccupait pas. Elle ne se souciait plus de grand-chose depuis deux semaines. En rentrant dans la salle commune, elle eût un moment d'hésitation. Elle fixa longuement la porte de son ancien… colocataire. Elle n'y avait pas pénétré depuis son retour. Mais cette fois-ci, après une épuisante session d'entraînement, sa curiosité prit le dessus. Hésitante, elle tourna lentement la poignée avant de pousser la porte.
Une puissante odeur envahit ses narines. Son odeur. Ravivant des souvenirs terribles qu'elle avait vainement tenté de refouler. Les yeux mi-clos, elle tenta de retenir les larmes qui affluaient. Son regard pénétrant. Son sourire tendre. Sa voix séduisante. Ses lèvres frôlant les siennes. Ses mains caressant son corps. Hermione tomba à genoux, les joues noyées de larmes. Il l'avait trahie, abandonnée, souillée. Cette pensée raviva sa haine et elle se releva.
Tout ce qui passait à portée de sa main finissait à terre, déchiré ou brisé en milles morceaux. Elle renversa tous les meubles, éventra oreillers et matelas. Des larmes de rage coulaient désormais sur ses joues. Soudain, une violente secousse agita le château et la fit tomber par terre. Elle se releva d'un bond et se précipita vers la fenêtre. Une étrange lumière verte éclairait le parc. Une lumière effrayante qui éclaircissait à peine le parc, mais assez pour qu'on la remarque. Une seule chose pouvait être à l'origine de cette fascinante lueur. La Marque des Ténèbres.
Le sang de Hermione ne fit qu'un tour. Ils étaient là. Il était là. L'heure de sa vengeance avait enfin sonné. Elle quitta la chambre maudite et se dirigea vers la sortie du dortoir. Juste devant le tableau, elle tomba nez à nez avec Harry et Ron, essoufflés.
Ron : Hermione ! Ça fait une heure qu'on te cherche. Les Mangemorts sont là. Tout le monde se prépare.
Hermione : J'ai vu. Harry, il faut que tu te caches. Les Horcruxes ne sont pas tous détruits.
Harry : Ne t'inquiètes pas, Hermione. Je sais ce qu'il me reste à faire.
Hermione : Ne te mets pas en tête de sauver le monde. Et ne fais pas de choses insensées.
Harry : C'est la même chose pour toi, Hermione. Fais comme tu as toujours fait écoute ta raison.
Hermione : Allons-y. Au fait, où est Ginny ?
Ron : Dans la Salle-sur-Demande, avec les élèves les plus jeunes.
Harry : Il faut se dépêcher, on va rater le discours.
Hermione : Le discours ?
Ron : Dumbledore a réunit tout le monde dans la Grande Salle.
Quand ils arrivèrent, la Grande Salle était silencieuse. Tout le monde était assit autour des grandes tables. Harry, Ron et Hermione prirent place aux côtés des membres de l'Ordre du Phénix. Dumbledore répartit des tâches selon les qualifications de chacun. À la fin de son discours, une nouvelle secousse agita le bâtiment.
Harry : Ils sont en train de forcer la barrière magique.
Hermione : Où sont-ils ?
Harry, sombrement : Tout autour. Hermione, s'il te plait… va rejoindre Ginny.
Hermione : C'est hors de question ! C'est aussi mon combat, tu le sais pertinemment.
Harry : Je le sais. Malheureusement, je le sais.
Hermione : Je dois remonter à mon dortoir. J'ai oublié une chose importante.
Une potion de vitalité ne serait pas inutile. Elle couru jusqu'à la salle commune des préfets. Arrivée dans sa chambre, elle s'arrêta un instant pour reprendre son souffle. Une autre secousse, beaucoup plus forte que les précédentes, la fît tomber par terre. Ils étaient entrés. Elle s'empressa de sortir les quatre fioles qu'elle avait préparées. Une fiole pour chacun de ses amis. Elle bu la sienne d'un trait et glissa les trois autres dans sa poche.
En redescendant, elle rencontra différents groupes qui s'organisaient. Tant que les Mangemorts n'étaient pas entrés dans le château, la situation semblait irréelle. Tout le monde avait peur, mais on faisait tout pour ne penser qu'au sauvetage de Poudlard. Hermione retrouva ses amis au deuxième étage. Ron avait l'épée de Godric Gryffondor et Harry avait le visage fermé. Il savait quelque chose qu'elle ignorait. Elle le sentait.
Hermione : Qu'est-ce qu'il y a, Harry ?
Harry : Rien, pourquoi ?
Hermione : Tu fais une tête d'enterrement. Ne me dis pas qu'il n'y a rien.
Harry, amer : On va affronter une armée de Mangemort et d'autres créatures dont on ne connaît pas l'identité. Je ne vais pas me réjouir.
Hermione : C'est vrai. Excuse-moi. Ron, pourquoi as-tu cette épée ?
Ron : Dumbledore me l'a confiée.
Hermione, tendant les fioles : Buvez ça. C'est une Potion de Vitalité. Je l'ai faite la semaine dernière.
Harry : Merci, Hermione. Dumbledore m'a demandé de te dire qu'il fallait que tu ailles au cinquième étage. McGonagall aura besoin de toi.
Hermione : Mais…
Harry : S'il te plaît, Hermione.
Hermione : Bien.
Elle se dirigea d'un pas rageur vers le cinquième étage. Le château était redevenu silencieux. Hermione s'arrêta un instant devant une fenêtre, scrutant attentivement le parc. Rien ne bougeait. La situation était vraiment étrange. Puis, elle distingua quelques mouvements à la lisière de la forêt. Ils étaient là.
Hermione se précipita vers le cinquième étage, à la recherche du professeur McGonagall. Ne la trouvant pas dans le couloir, elle se dirigea vers l'ancienne volière. Elle n'y était pas non plus. Elle allait sortir quand elle entendit quelqu'un monter les marches.
Hermione : Ginny ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?
Ginny : Tu croyais vraiment que je n'allais pas prendre part à ça ? Aller, viens. McGonagall ne t'attend pas, Harry et Ron ont voulu t'éloigner, comme ils l'ont fait avec moi.
Hermione : Quand ce sera finit, je les tue. Tiens, bois ça. C'est une Potion de Vitalité.
Ginny : Oui, je sais. J'étais cachée derrière une armure tout à l'heure.
Subitement, le silence fût brisé par un bruit affreux qui montait de la grande porte. Elles se penchèrent prudemment par-dessus le parapet. Au dessous d'elles, la bataille avait commencé. Des sorts fusaient de partout, des sorciers tombaient.
Ginny, criant : Viens vite !
Ginny tira la jeune fille par le bras. Elles descendirent très vite jusqu'au troisième étage. Elles commençaient à percevoir les bruits des combats. Leurs baguettes brandies, elles progressèrent prudemment. Elles arrivèrent en haut du grand escalier en marbre. Le hall était envahi par des sorciers. Elles observèrent un moment leurs amis se battre contre les Mangemorts. Ginny se précipita vers frères sans avertissement envers Hermione.
Elle resta un peu plus afin de repérer les personnes en difficulté. Bellatrix et Drago n'étaient pas là. Elles savaient qu'ils étaient trop lâches pour venir eux-mêmes. En se battant, elle pût constater qu'il y avait peu de véritables Mangemorts. C'était vraisemblablement des adeptes du Seigneur des Ténèbre.
Elle propulsa son adversaire contre le mur et se précipita au-devant d'un autre. Elle lança inlassablement des sorts pendant un long moment. Elle ne savait plus depuis combien de temps elle était là. Elle ne distinguait plus vraiment les membres de l'Ordre.
Au bout d'un certain moment qui lui avait parût interminable, elle s'aperçu avec surprise que ses adversaires reculaient. Tout le monde regardait cette scène avec ébahissement l'ennemi battait en retraite. Au fur et à mesure, ils disparurent tous dans la Forêt Interdite. Mais le répit fût de courte durée : la voix terrible de Lord Voldemort s'éleva soudain dans tout Poudlard, comme s'il était tout proche.
Voldemort : Vous voyez, Lord Voldemort sait se montrer clément avec les sorciers. Je ne souhaite que la paix pour tous ceux qui possèdent une baguette. Livrez-moi Harry Potter et ce combat sanglant cessera. Si d'ici une demi-heure, il ne s'est pas manifesté, vous mourrez tous. Mes meilleurs combattants ne se sont pas encore montrés. Réfléchissez bien. Vous avez une demi-heure, pas une seconde de plus.
