Je remercie encore et toujours ma beta: morphée pour son travail et ses conseils. Et Mistycal et Me-violine pour m'écouter me plaindre, raler et dire que je vais tout laisser tomber très régulièrement sans jamais s'énerver.
J'en profite pour féliciter ma beta, Morphée qui a eu son BAC avec mention avec une note époustoufflante en philo (entre autre)! Bravo ma belle!
Et bien sur je remercie tous ceux qui me laisse de gentilles reviews, et meme ceux qui lise sans laisser de review parce que je suis gentille...et tiens même ceux qui laisse des reviews sans lire (ben quoi y'a des fous partout)
bonne lecture et à dans 15 jours!
(et vous, vous avez eu le BAC? (les exams...le brevet...))
enjoy
Du sang tomba sur le sol. Il s'était coupé la main en poussant la pierre. Il secoua la main, agacé, et ramassa une poignée de neige pour frotter la blessure. Il poussa à nouveau la pierre et cette fois ci, elle roula sur le coté, révélant l'entrée d'une sorte de caveau. Oui ici ce serait parfait.
Il descendit une volée de marches et déposa le médaillon dans une niche à droite, tout au fond. Il scella la niche d'un sort, mais même à travers la plaque de marbre qu'il venait d'ériger, il sentait le médaillon… pulser…
Il remonta à l'air libre et reproduit le même sort sur l'ouverture du caveau avant de replacer la pierre.
Satisfait, il sourit. Personne n'aurait pu deviner qu'il y avait là une tombe. Et encore moins quel trésor elle renfermait.
Il se passa une main dans ses cheveux pour en chasser la poussière qui avait dû s'y déposer. Il retira sa main pleine de boucles châtains.Il secoua la main. Il avait depuis longtemps renoncé à son apparence physique. Qu'est-ce qu'était la beauté comparé à la puissance ?
Harry se réveilla en sursaut. Il avait déjà fait ce rêve, et, réalisa-t-il, il n'avait toujours pas eut l'occasion d'en parler à Dumbledore.
Sans faire de bruit, il chaussa ses lunettes et tendit la main vers la carte du maraudeur, qu'il gardait sous son oreiller avec sa baguette. Il constata avec soulagement que son père était dans ses appartements et, vu sa position exacte et son immobilité, il devait être en train de dormir. Il jeta un coup d'œil sur sa montre et grimaça : 2h28 du matin. Sans trop y croire, il chercha l'étiquette du directeur, dont les appartements privés n'apparaissaient pas sur la carte. Il eut la surprise de repérer presque aussitôt la petite étiquette montrant clairement son possesseur faire les cents pas dans son bureau.
Il se leva prestement et s'habilla. Une fois dans la salle commune, il vérifia une dernière fois les positions des divers éléments dangereux. Rusard et Miss Teigne était dans une pièce près des cuisines, immobiles, et Harry soupçonna qu'il s'agissait là des quartiers privés du concierge, Rogue n'avait pas bougé, les professeurs étaient tous dans leurs quartiers respectifs et le directeur faisaient toujours les cents pas.
Harry sortit dans le couloir silencieusement et prit rapidement la direction du bureau directorial, recouvert de sa cape d'invisibilité. Il s'arrêta à de nombreuses reprises pour s'assurer que la voie était toujours libre et le trajet lui prit presque une demi-heure.
Arrivé devant la gargouille qui gardait l'entrée de l'antre de Dumbledore, il resta un moment figé : il n'avait pas le mot de passe. Alors qu'il se demandait s'il allait devoir rebrousser chemin sans avoir vu le directeur, la gargouille pivota soudain sur ce dernier.
Harry eut un mouvement de recul instinctif quand les yeux de Dumbledore se posèrent sur lui.
- Tu voulais me voir Harry ?
L'adolescent eut un soupir imperceptible et retira la cape d'invisibilité qui semblait ne lui être d'aucune utilité face au vieux sorcier.
- J'ai fais un rêve très bizarre, souffla-t-il.
Dumbledore le jaugea du regard quelques secondes avant de s'écarter et de désigner les escaliers d'un geste.
- Allons donc nous installer plus confortablement.
Harry gravit 4 à 4 les escaliers, suivit par un directeur bien plus posé. L'adolescent se laissa tomber dans l'un des fauteuils qui faisait face au bureau et, plutôt que de s'installer à sa place de l'autre côté du meuble, Dumbledore s'installa à ses cotés. Il désigna, selon son habitude, une grosse boite ronde sur le bureau.
- Un bonbon au citron, Harry ? Il y en a aussi à l'orange mais je ne les aime pas vraiment.
Harry sourit et prit un bonbon orange.
- J'aime les deux, je vous laisse les citrons.
- Tu as donc fait un rêve que tu as qualifié de bizarre...
Aussitôt, Harry eut l'air mal à l'aise.
- En fait, c'est la deuxième fois que je le fais, mais la dernière fois, vous n'étiez pas là et je ne voulais pas aller voir le professeur Rogue…
- Ce n'est pas grave Harry, je ne te reproche rien, raconte-moi ce rêve.
Harry s'exécuta, essayant d'être le plus précis possible, ne pouvant pas s'empêcher de frémir en décrivant comment le médaillon semblait pulser à travers la pierre, comme animé d'une vie propre.
Dumbledore resta silencieux un moment après que l'adolescent eut finit de parler, l'air soucieux.
- Harry, commença-t-il prudemment, as-tu déjà entendu parler des horcruxes ?
- Euh… non monsieur, qu'est-ce que c'est ?
- Et bien ça ne m'étonne pas. Un Horcruxe, vois-tu, est un objet dans lequel on a dissimulé un morceau de son âme.
- Je ne comprends pas…
- C'est un procédé très compliqué qui consiste à déchirer son âme pour en cacher un morceau dans un objet quelconque.
- Mais comment est-ce qu'on peut déchirer l'âme ? Ce n'est pas quelque chose que l'on peut saisir.
- Tu as raison Harry, c'est pour cela que les horcruxes font partis de la magie la plus noire qui puisse exister, parce que pour que l'âme se déchire, il faut commettre l'acte le plus noir qu'il soit. Il faut prendre une vie juste avant de faire le rituel d'attachement.
Harry grimaça avant de froncer les sourcils.
- Ça doit être horrible ?
- C'est un acte terriblement douloureux. Vois-tu si tu tues quelqu'un par accident ou en état de légitime défense, tu ressentiras une douleur moindre que les moldus appellent douleur morale. Mais lorsque tu assassines quelqu'un, volontairement, la douleur est terrible.
- Alors pourquoi est-ce qu'ils le font ? Je veux dire, ca apporte quoi pour qu'on passe par-dessus une telle douleur ? demanda Harry visiblement perturbé.
- Tout d'abord, dis toi que c'est une douleur différente de la douleur d'un coup, c'est une douleur particulière et des personnes comme Bellatrix Lestrange s'en repaissent et la recherche. Pour Tom c'est différent, pour lui c'est un mal nécessaire, la douleur lui est indifférente et le but poursuivi infiniment plus important.
- le but ?
- Il s'agit d'atteindre l'immortalité. Ou presque. Vois-tu l'âme ne peut passer de l'autre côté que si elle est entière. Dans le cas des fantômes, l'âme n'a pas pu continuer son chemin parce qu'elle s'est désespérément accrochée à notre monde et que tenter de forcer le passage risquait de la déchirer. Dans le cas des horcruxes, le corps est détruit mais l'âme ne peut se reconstituer. Elle ère donc sans but jusqu'à ce que quelqu'un lui serve de vaisseaux, ainsi que l'avait fait le professeur Quirell, ou ne lui redonne un corps bien à elle, ainsi qu'à réussi à le faire Pettigrow.
- Vous le saviez ?
- Je m'en doutais quand l'Avada s'est retourné contre Tom lorsqu'il a tenté de t'éliminer et que nous n'avons pas retrouvé de corps. C'était un signe. Un avada ne fait pas disparaître les corps. Mais l'âme l'a consumé en essayant d'appeler à elle le morceau manquant. Au fil des années j'ai fait des recherches sur le sujet. J'en ai trouvé deux.
- Deux ? Vous voulez dire que ce malade a fait ça plusieurs fois ?
- Oui, je suis navré de devoir affirmer que Tom est allé très loin sur le chemin de l'horreur et de sa recherche d'immortalité. J'ai détruit la bague de sa famille il y a plusieurs années. Et je pense que ton rêve nous explique où trouver le troisième horcruxe, le médaillon.
- Vous avez dit que vous en aviez trouvé deux…
- Oui le second est cette pauvre Naguini. Ce n'est pas par fidélité qu'elle obéit si bien à son maître. Elle est empoisonnée, contrôlée par ce morceau d'âme et par la magie noire qui a servit à l'emprisonner dans son corps. Je n'ose imaginer les souffrances qu'endure cet animal, privée de sa volonté propre, de toutes chances de liberté. Ce sera lui rendre service que de mettre un terme à sa vie. Mais cela ne pourra sans doute se régler que sur-le-champ de bataille je le crains.
- Génial, marmonna Harry.
- Ne t'inquiète pas Harry, tu ne seras pas seul. Je serai à tes côtés, ainsi que tes amis. Le professeur MacGonagall restera aussi près de toi, ainsi que Remus, les Weasley, et les membres de l'Ordre. Et même si je me doute que tu ne me croiras pas, Severus ne laissera personne t'atteindre tant qu'il lui restera un souffle de vie.
Harry ne répondit pas. Il n'était pas convaincu des paroles du directeur et surtout il ne pouvait s'empêcher de se demander : quand le jour de la bataille arriverait, Dementia serait-elle derrière lui ? Ou en face de lui, baguette tendue ?
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OoO
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"- Il faut que tu te battes Demi.
- Je ne suis pas assez forte…
- Guette une brèche. Et dès que tu en auras trouvé une, engouffres-toi dedans et ne les laisse pas te reprendre. Promets-le-moi."
Demi se réveilla en sursaut arrachant un couinement indigné à R.J qui fourra son poing tout entier dans sa bouche en guise de protestation.
Dementia sourit à son fils et changea de position afin de lui présenter son sein. Le nourrisson émit un gazouillement joyeux avant de se mettre à téter avec conviction, apparemment imperméables aux pensées qui troublaient sa mère.
« Guette une brèche » avait dit Sirius dans son rêve. Oui mais une brèche de quoi ? Et elle ne se souvenait jamais de ses rêves. Certes elle savait qu'elle rêvait toutes les nuits, ses études lui avaient appris qu'il était impossible de ne pas rêver, sauf sous l'emprise d'une potion de sommeil sans rêve. Et l'être humain avait besoin de rêver pour ne pas devenir fou, c'était pourquoi cette potion était réglementée et ne pouvait pas être administrée trop souvent. Elle savait aussi que la plupart des gens ne se souvenait au maximum que de 15% de leurs rêves, et bien souvent ils ne se souvenaient de rien. C'était son cas. Auparavant, elle se souvenait d'images, parfois de scènes entières qu'elle racontait ensuite à maman Isa, à Charlus ou à ses copines. Mais cela n'était plus arrivé depuis longtemps.
Et depuis quand exactement, se demanda-t-elle tout en caressant d'un doigt le contour du visage de son fils.
Elle fronça les sourcils en se rendant compte qu'elle était incapable de répondre à cette question.
Le Pop ! caractéristique annonçant l'arrivée d'Alima dans la chambre résonna lui faisant lever la tête et provoquant un hoquet de la part de R.J.
Demi s'excusa auprès de son fils, essuya le lait qui avait coulé hors de sa bouche et profita de l'interruption pour changer de position et lui présenter le second sein.
Dès que l'enfant eut reprit le cours de sa tétée, Demi leva les yeux vers Alima. Elle fronça les sourcils en voyant la petite elfe, les oreilles tombantes, signe chez elle de tristesse ou de contrariété, arranger les coussins du petit canapé que Bellatrix avait fait porter le matin même.
- Ali ? murmura la jeune femme. Quelque chose ne va pas ? Tu t'es disputée avec un des elfes du manoir ?
- Non maitresse Demi, soupira la petite créature. Mais Alima ne peut plus sortir du manoir. Le méchant mage a bloqué la magie des elfes. Il ne veut plus que les elfes puissent aller et venir sans sa permission. Le mage n'a pas confiance en ses elfes.
- Oh… ce n'est pas grave, répondit Demi sans y croire vraiment, une petite voix au fond d'elle lui hurlant qu'au contraire, c'était une catastrophe.
- Mais comment Alima pourra aller chercher les magazines de sa maitresse ! couina l'elfe, visiblement bouleversée.
- Je n'ai pas besoin de magazine, assura Demi, avant d'ajouter, sûre de faire retrouver le sourire à sa petite servante : tu veux faire faire son rot à R.J ? Il est né hier et depuis tu n'as pas encore eut l'occasion de le reprendre.
Les oreilles d'Alima se redressèrent comme des ressorts à cette phrase et elle sautilla dans tous les sens avant de s'avancer pour prendre respectueusement l'enfant dans ses bras en roucoulant :
- Tout petit maitre. Alima servira toujours le tout petit maitre.
Laissant Alima le pouponner, Demi s'étira et plongea dans ses pensées.
Quelque chose n'allait pas. Elle n'aurait pas su dire quoi exactement mais quelque chose n'allait pas. Sa présence ici en tout premier lieu. Elle avait prévu d'aller en France, elle en était quasiment certaine. Elle jeta un regard sur R.J. Elle était ici depuis presque 9 mois. Pourquoi ? Et le pire était qu'elle ne se rappelait pas d'avoir écrit à qui que ce soit. Ça ne lui ressemblait pas.
- Alima ? Est-ce que j'ai écris à quelqu'un dehors ? Mon père ? Zoé ?
- Non maitresse.
- Les as-tu vus depuis que nous sommes parties ?
- Oh non maitresse, s'empressa de répondre Alima, Alima a obéi à sa maitresse. Alima n'est allé voir personne.
Demi lui fit un vague sourire pour la rassurer, mais au fond d'elle-même les questions se bousculaient. Pourquoi n'avait-elle pas écrit ? Pourquoi avoir interdit à Alima d'aller voir qui que ce soit ? Elle ne se rappelait absolument pas avoir donné un tel ordre.
Elle essaya de rassembler ses souvenirs mais n'arriva pas à se rappeler quoi que ce soit de concret. Puis son regard accrocha un livre, posé sur son fauteuil et un souvenir s'imposa à elle.
"- Afin de t'apporter quelques distractions, ma bibliothèque personnelle te sera dorénavant ouverte. Tu sais où elle se trouve, je pense."
Le malaise en elle s'accentua. Pourquoi le seigneur des ténèbres lui avait-il ouvert sa bibliothèque ? Pourquoi l'avait-il laissé venir ici pour commencer ? Elle ne représentait aucun intérêt pour lui, mis à part celui d'otage et encore : elle n'avait de valeur dans l'autre camp que pour sa famille. Pas de quoi exercer de pression sur le ministère ou sur Dumbledore. Et si le but du mage était d'exercer une vengeance sur son père, il l'aurait tué, il ne l'aurait pas gardé ici, il n'avait jamais fait dans la subtilité...
Alors pourquoi l'avoir acceptée dans son antre ? Pourquoi lui ouvrir sa bibliothèque ? Pourquoi lui attribuer un médicomage quasiment personnel ?
On frappa à la porte et la jeune femme sursauta si fort qu'elle manqua de tomber du lit.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en tentant de prendre un ton ferme et assuré.
- C'est moi Dem !
La jeune femme se leva d'un bond, ravie d'entendre la voix de Rabastan. Elle ouvrit la porte à la volée et se jeta dans ses bras, manquant de le faire basculer en arrière.
- Ouh là ! Tu es en forme ! s'exclama-t-il.
- Oui ! Viens voir ma merveille !
- Je l'ai déjà vu ! Je te rappelle que j'y étais !
- Ah oui c'est vrai, je me rappelais pas !
- Et bien je te remercie !
- Dis donc, j'étais un peu occupée tu vois !
Rabastan sourit et l'embrassa sur la joue. Il s'installa dans un fauteuil après avoir jeté un regard prudent au bébé, ce qui fit sourire Demi. Ils commencèrent à discuter en disputant une partie d'échec. Alors que la jeune femme observait fixement l'homme assis en face d'elle, cherchant de toute évidence à le déconcentrer pour retourner la partie à son avantage, un souvenir la frappa de plein fouet, manquant de lui arracher un gémissement.
"- Bon, ça devient lassant, grogna Rodolphus après s'être dégagé de la poigne de Lucius. On les tue ?
- Ouais, acquiesça Rabastan, j'en ai marre.
- Très bien, vas-y commence, ordonna Bellatrix.
- Avada Kedavra !"
Demi frissonna et Rabastan haussa un sourcil interrogateur.
- Je suis fatiguée, mentit-elle, ce petit monstre m'épuise.
- Bien, je vais te laisser te reposer, de toute façon j'avais gagné.
- Dans tes rêves, protesta Dementia en embrassant l'homme sur la joue, j'allais t'écraser !
Rabastan ricana d'un air délibérément incrédule avant de prendre congé. Demi ferma soigneusement la porte et s'adossa à celle-ci, infiniment soulagée. Elle savait qu'il lui avait compagnie à de nombreuses reprises, elle savait qu'il avait été présent à la naissance de R.J. mais elle venait de réaliser quelque chose, comme si on lui avait soudain retiré un bandeau de devant les yeux.
Rabastan était dangereux.
Elle récupéra son fils et se rallongea avec lui, le calant contre son cœur. Elle ouvrit le livre qu'elle avait trouvé sur son fauteuil et se plongea dans sa lecture.
C'est la pénombre, quelques heures plus tard, qui la tira de sa concentration. R.J. dormait paisiblement à ses côtés, indifférent aux angoisses de sa mère.
Alors que Demi allait appeler Alima, on frappa de nouveau à la porte. Sans attendre de réponse, Bellatrix entra.
- Coucou chérie.
- Coucou maman.
- Je t'apporte une tasse de tisane. J'ai demandé au médicomage, il a dit que ça n'était pas contraire à l'allaitement.
- Attends tiens-moi la deux seconde que j'arrive à le faire lâcher ma robe.
Tandis qu'elle se débattait avec le petit poing serré de son fils, elle sentit les yeux de Bellatrix posés sur elle. Un sentiment de malaise monta soudain en elle sous le regard acéré et un nouveau souvenir s'imposa à elle.
« - Bois donc ta tisane.
- Je n'ai pas soif maman.
- Fais-moi plaisir.
- Maman…
- Bois cette tisane Dementia ! »
Pourquoi cette insistance se demanda la jeune femme. Une petite voix au fond d'elle, une petite voix qui ressemblait fort à celle de Sirius lui hurla de ne rien montrer de son trouble.
S'étant enfin dégagée de la poigne de son fils, Demi se leva et prit la tasse des mains de sa mère avant de la porter à ses lèvres. Elle inclina le récipient, les lèvres bien serrées sur le rebord et déglutit dès qu'elle sentit le liquide l'effleurer, se gardant bien d'en avaler la moindre goutte.
- C'est super bon, sourit-elle en posant sa tasse sur la table de nuit, mais c'est super chaud. Je vais changer R.J pour la nuit et je la boirai en terminant mon livre. Au moins je suis sûre de passer une bonne nuit. Alima s'occupera du bébé s'il se réveille dans la nuit pour autre chose que la tétée de 3h. Merci maman… Tu es géniale !
Bellatrix eut un sourire ravi. Elle s'était souvenue de porter la potion à sa fille juste à temps. Une seconde potion, incolore et sans gout celle-là, avait été versée dans l'eau que la jeune femme buvait à table. Il ne fallait pas que le bébé soit empoisonné par la potion de confusion et le médicomage avait clairement dit qu'il fallait que Demi cesse d'allaiter l'enfant dans un délai de 3 semaines. Ce qui ne tarderait pas à arriver, dès que la jeune femme perdrait son lait. Ils pourraient ensuite lui donner une potion régénératrice de lait qui immuniserait l'enfant contre la potion de confusion. Le plan était un peu tordu mais cela en valait la peine.
La mangemort embrassa sa fille et caressa la joue de son petit fils qui éternua. Elle se retira non sans rappeler à la jeune femme de boire sa tisane.
Quelques minutes plus tard, Demi jetait le contenu de la tasse dans les toilettes et reposait celle-ci sur sa table de nuit, veillant à laisser plusieurs marques de gloss sur le rebord donnant ainsi l'illusion qu'elle avait bu la tisane en plusieurs fois.
Elle allait devoir trouver un moyen de faire certaines choses. La première étant de rassurer son père sur son état de santé. Ensuite elle chercherait un moyen de rentrer à la maison.
Se blottissant contre R.J, elle éteignit les lumières d'un mouvement de baguette et s'endormi.
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OoO
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Draco replia la lettre de sa mère et la glissa dans sa poche. Il se leva et se dirigea vers la sortie de la salle commune avant de se raviser et de faire demi-tour en direction de la cheminée. Sortant le parchemin il le jeta dans les flammes et, saisissant un tisonnier, il remua les cendres jusqu'à être certain que la missive avait bien été totalement consumée.
Une fois qu'il fut sûr qu'aucun morceau lisible ne subsistait, il sortit de la salle commune et prit le chemin de la salle de potion. Il avait à peu près un quart d'heure d'avance mais il voulait parler au professeur Rogue avant le cours. Il ne lui fallut que quelques minutes pour atteindre la salle de classe et il tapa quelques coups à la porte avant d'entrer. Sans surprise, Rogue était déjà là, préparant les ingrédients particuliers nécessaire au cours, ceux que les élèves n'était pas censé avoir dans leur réserve personnelle. En entendant la porte s'ouvrir, le professeur tourna la tête vers lui.
- Un problème Malefoy ? demanda-t-il en haussant un sourcil interrogateur.
- Non. J'ai reçu une lettre de ma mère. Elle m'a donné des nouvelles de Dementia.
Rogue, qui avait recommencé à préparer ses cours se tourna si brusquement vers lui qu'il pu entendre nettement son cou craquer.
- Elle va bien, s'empressa de dire Draco, Mère dit qu'elle reste enfermée dans sa chambre. Elle n'a jamais participé à quoi que ce soit. Jamais.
- Je suis heureux de l'entendre, répondit Rogue, la voix rauque.
- Elle veut partir... mais tante Bellatrix la surveille sans cesse. Mais elle n'est pas du côté du Seigneur des Ténèbres. Elle ne l'a jamais été.
- Elle va bien ? Vous êtes sûr ?
- Elle va très bien. Mère dit qu'elle remonte la pente doucement mais sûrement.
Rogue s'avança vers Draco et lui tendit la main.
- Merci Draco.
L'adolescent serra la main tendu et Rogue le serra brièvement dans ses bras. À cet instant précis la porte s'ouvrit et la majorité des élèves entrèrent dans la pièce, le trio en tête. Harry resta figé devant la scène. Il sentit la jalousie lui tordre les entrailles et serra les dents. Rogue lâcha Draco qui, en se retournant pour s'installer à sa place intercepta le regard de son ennemi. Il ne put retenir un demi-sourire amusé ; ainsi saint Potter était jaloux ! Voilà qui était intéressant !
Sa satisfaction augmenta encore quand il vit Harry lui jeter un regard noir en s'installant à ses côtés pour le cours. Ça allait être un jeu d'enfant.
Dès que les élèves eurent commencés leur potion, et que le professeur Rogue se fut éloigné pour contrôler les préparations, Draco attaqua.
- Alors saint Potter ? Tout va comme tu veux ?
- Ta gueule Malefoy !
- Ouh quel vilain langage ! Si ton père t'entendait ! Encore que... je suppose qu'il préfère passer du temps avec moi !
- Tant mieux pour toi, siffla Harry, les dents serrées.
- En même temps je peux le comprendre, qui choisirait de prendre en charge un gamin mal élevé, qui attire les ennuis, provoque des catastrophes et, n'ayons pas peur des mots, porte malheur ? À moins d'y être forcé... euh mais c'est le cas non ?
Harry serra les dents, bien décidé à ne pas répondre. Le contenu de son chaudron se mit à bouillir et l'adolescent réalisa soudain que cela n'avait rien à voir avec le feu ou les ingrédients. C'était lui. Magie accidentelle. Sa colère et sa frustration étaient en train de prendre le dessus. Il tenta de respirer lentement mais Malefoy ne se taisait pas, il continuait à insister sur combien Rogue n'avait pas de chance d'avoir eu l'obligation de s'occuper de lui. Harry essaya désespérément de garder son calme, en vain. La table commença à trembler. L'adolescent entendit vaguement Draco appeler Rogue avant qu'il ne sente sa magie jaillir hors de lui. La dernière chose qu'il entendit avant de perdre conscience fut l'explosion de toutes les fioles de verre de la pièce et les hurlements de Parvati et Lavande.
Rogue se précipita vers la table du premier rang à l'appel de Draco mais il comprit en une seconde qu'il n'arriverait pas à temps. Il se contenta donc de lancer un sort de protection complexe qui enveloppa individuellement chaque élève. Une fois que tous les morceaux de verre furent retombé sur le sol, il leva le sort de protection et posa un genou devant son fils. Il donna deux ou trois coups de baguette et poussa un soupir de soulagement, l'adolescent n'avait rien. Juste un surmenage magique.
- Que s'est-il passé ? demanda-t-il à Draco.
- J'en sais rien, répondit Malefoy en haussant les épaules, il voulait savoir de quoi on parlait quand ils sont arrivés. Il s'est énervé quand je lui ai dit qu'il n'avait qu'à vous demander.
Rogue hocha la tête sans répondre et fit un signe impérieux à Ron et à Hermione.
- Miss Granger, je ne doute pas qu'une Miss-Je-Sais-Tout dans votre genre soit capable de faire léviter cet incapable jusqu'à l'infirmerie ; quant à vous Mr Weasley, ce ne doit pas être au dessus de vos piètres capacités que de rassembler les affaires d'Harry et de les ramener dans votre dortoir.
- Euh oui professeur Rogue, murmura Hermione sans oser protester.
Elle sortit sa baguette et prononça le sort adéquat, faisant avancer doucement Harry devant elle. Au moment où elle allait passer la porte, précédée par Ron, Rogue l'interpella.
- Oh et quand cet idiot se réveillera, vous lui annoncerez qu'il sera en retenue pour le prochain mois.
- Mais professeur...
- Et s'il émet la moindre protestation, il sera définitivement exclu de mon cours ! S'il veut être auror un jour, il ferait mieux de faire profil bas.
Hermione n'osa pas répliquer et, sur un dernier soupir, elle sortit des cachots.
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« - Il est tellement persuadé que l'amour est la clef de tout, se mit à rire Bellatrix, tout sera bientôt fini. Et le maitre m'a promis que je pourrai m'occuper de tous les deux moi-même ! Il a dit que la petite resterait en dehors de ça. Il m'a également assuré que lorsqu'il s'occupera du gamin, nous auront droit à un magnifique spectacle.
- J'en suis convaincu »
Dementia lâcha le livre qu'elle était en train de lire, prise par surprise par le souvenir. Comment avait-elle pu oublier que le but des mangemorts était de tuer Harry ? Merlin qu'est-ce qu'elle fichait là ? Pourquoi était-elle parmi ceux qui voulaient détruire sa famille et exterminer tous ceux qui avaient le malheur d'avoir de la famille moldue ? Qu'est-ce qu'il lui avait pris ?
Elle se leva et avança jusqu'au miroir. Son reflet déclencha un nouveau souvenir.
« - Dementia ? C'est bien toi ?
- Oui… tu voulais me rencontrer Bellatrix, je suis là. Je n'ai pas beaucoup de temps, je pars en France.
- Je suis contente que tu aies accepté de venir.
- Comme si j'avais eu le choix ! Tes menaces étaient très claires. Ou je venais ou tu t'en prendrais à ceux que j'aime. Encore.
- Je voulais juste te voir une fois. Je suis ta mère, ce n'est quand même pas trop demander !
- Avec ce que tu as fait ? J'ai eu tort de venir…
- Je ne peux pas te laisser partir, murmura Bellatrix en sortant sa baguette.
- Tu as dit quelque chose ?
- Non… juste… Turbatium ! »
Dementia recula loin du miroir avec un hoquet. Elle l'avait piégé. Elle l'avait ensorcelée et probablement droguée par la suite. Pourquoi ? Qui le savait ? Lui probablement, rien ne semblait se faire sans son ordre. Pourquoi elle ? Et que feraient-ils lorsqu'ils réaliseraient qu'elle n'était plus sous leur emprise ?
La jeune femme prit son bébé dans les bras et alla se pelotonner dans un fauteuil.
Maintenant elle avait peur.
