Et voici le nouveau chapitre! Dans les temps cette fois! (comment ça, j'ai mis plus d'une semaine à la publier? Oui, et? x) ) Comme pour la plupart, il semblerait que vous en ayez marre des questions sans réponses, je vais enfin vous donner quelques réponses! ;) Je préviens, séquences émotions garantie (enfin je crois), et chapitre surtout dédié aux fans d'Haldir et Boromir (au choix). Sur ce , bonne lecture! =D

Reviews:

Melty-chan 93: merci bien pour ta review! Et oui, désolée pour l'absence mais que veux tu, quand ça veut pas sortir ça ne sort pas! Tu auras tes réponses, ne t'en fait pas! =)

Eclipse1995: ce n'est surement pas moi qui vais faire ou dire quoique ce soit pour ton absence, vu le temps qu'il a fallut pour que je sorte un nouveau chapitre! ~.~' Mais ça fait quand même rudement plaisir de retrouver une de mes plus anciennes revieweuse! =D Hey! Ca serait pas drôle si Leggy-chou était toujours là à veiller sur elle comme un chien sur son os (oui, bon, ça c'est plus plutot Luana/Naurofana, mais chut ;) )! Et avoue que si c'était si facile, ça n'intéresserait personne cette love story! Oui, c'est vrai j'avais ce projet, mais pour l'instant il est mis de côté par manque d'inspiration et de temps (on va dire que je suis un peu sur 3 gros projets de roman, en plus de mes fanfics ^^ ) désolée, mais ce sera peut être pour plus tard Kanda!

Small-she-wolf: les désirs de madame sont des ordres, aussi voici un nouveau chapitre pour faire une pause entre les révisions! ;) (tkt, la bac, c'est finger in the noose!) Merci Wolfy, surtout que j'adore ce petit surnom ^^ D'accord entendu, tant que l'inspiration sera là,je continuerai de publier! Oui, elle a enfin retrouvé tous ceux qui comptent pour elle! Les réponses quant à Eric, c'est tout de suite! Par contre, pour Leggy Chou, va falloir attendre un peu =)

rose77260: merci c'est sympa!Pour la blessure de Legolas, je n'ai fait que m'inspirer de brouillon de Tolkien, où il avait songer blesser notre elfe préféré. Après, j'ai improviser. Et avoue que tu n'es pas mécontente du rapprochement avec Luana que ça entraine! ;) Mais enfin, laissez Lindoilin tranquille! Elle a rien fait la pauvre! Hey, nan mais dis donc! Tu me pique pas Leggy! J'en ai besoin pour la suite moi! XD

Roselia001: Rhooo, arrête, la fin du dernier chapitre était pas si terrible que ça! Et puis c'est rien en comparaison de la fin de ton dernier chapitre! . Heureuse que les retrouvailles te plaise! Je dois avouer que je ne pensais pas faire vraiment de retrouvailles avec Nana, mais je me suis rendu compte que ce serait du grand n'importe nawak! -_- Ha? Aurais je réussit à faire entrer Bobo dans tes grâces? J'espère que ce chapitre achèvera de te convaincre! =D Bah Leggy n'est pas non plus là pour la servir, ni même la surveiller, elle est grande ma Luana! Bon, ok, j'avoue que moi aussi ça me fais chier, mais sinon la suite n'aurais plus d'intérêt si tout était si facile (et puis tu peux parler, vu la relation entre Enora et Tristan! =P ) Et je t'interdi de toucher à Lindoilin! Elle est gentille! Plus j'écris sur elle, plus je la découvre moi même et je l'apprécie, alors pas touche! Haha, le Grand 42! Si tu veux savoir d'où ça sort, va voir sur youtube "h2g2le guide du voyageur galactique: quarante-deux" (fais gaffe de pas virer geek comme moi! x) ) Allez, boude pas, les voilà tes réponses! ;) Bonne lecture!


Chapitre 34: Adieu grand-frère.

Le soleil à travers le feuillage doré, les troncs d'argent, le chant éthéré des arbres, la magnificence et la finesse de l'architecture des lieux, le cours tranquille de la vie, l'atmosphère même, auraient eu en d'autres circonstances le don de l'apaiser. Elle n'en avait pour ainsi dire pas profité lors de son précédent séjour dans la cité de Caras Galadhon, ne s'en était pas imprégnée, ni même n'y avait réellement goûté. Elle le regrettait et souhaitait grandement réparer cette erreur, cette faute dont elle s'était rendue coupable. Elle aurait aimé pouvoir s'assoir sur une branche ou au bord d'une fontaine, et contempler les merveilles qui s'offraient à ses yeux, écoutaient les histoires et les légendes que transportaient le vent et le temps, oubliaient ne fusse qu'un instant.

Mais elle n'en avait malheureusement pas le temps pour le moment, ni même le droit. Elle se devait d'éclaircir certain points, et surtout savoir pourquoi son frère était mort. Aragorn avait commencé à lui en fournir la réponse, mais elle désirait l'entendre non pas de la bouche du Rôdeur, mais d'Haldir. Aussi marchait-elle à pas sûrs et déterminés sous les frondaisons, jusqu'à ce qu'une question, de moindre importance face à celles qui la taraudaient, mais assez fondamentale pour la faire s'arrêter net: où se trouvait le talan de l'Elfe après qui elle courait?

- ¡Mierda! Grogna-t-elle en se frappant le front d'une main. ¡Qué estupida soy!

- Auriez-vous quelque problème, jeune Luana? chanta-t-une voix derrière elle.

Surprise, la Nauro se retourna pour découvrir, se dirigeant droit sur elle, la belle Lindoïlin au bras du prince de Mirkwood. Les revoir ainsi, deux êtres si beaux et si magnifiques marcher côte à côte, dans le cadre utopique de la Lothlórien, eu un effet tout aussi enchanteur que dévastateur dans le cœur de Luana. Elle était si heureuse de pouvoir enfin les retrouver, voir que Legolas était enfin remis de sa blessure, et ils étaient si bien assortis… qu'elle ne comprenait pas la peine pourquoi persistait en elle ce sentiment de jalousie.

Jalousie?

Elle resta là un long moment, abrutie par cette constation. Elle était jalouse des deux Elfes, qui, arrivés devant elle, la considéraient avec ce qui devait être chez eux de l'amusement. Legolas arborait un fin sourire en coin, tandis qu'un de ses sourcils divinement aillé s'arquait en une question silencieuse. Lindoïlin quant à elle, ne dissimula en rien le léger rire qui fit frissonner l'air de plaisir.

- Et bien, que vous arrive-t-il? Rit doucement la belle Dame. Vous semblez perdue.

- Non. Enfin si! Heu…

Conchatumadre! Je suis pathétique!"

" Non, juste désorientée, dans tous les sens du terme."

" Haha, très drôle Nana!"

Se giflant mentalement aussi fort que possible, Luana se secoua, avant de fixer son attention sur la Dame Elfe.

- Je cherche Haldir. On m'a dit qu'il était à son talan, mais je ne sais pas où ça se trouve.

La mine des deux Elfes se fit sombre, et les yeux de Lindoïlin s'emplirent de pitié alors qu'ils se posaient sur la jeune fille.

" ¡Mierda! Elle a pas finit de me regarder avec ses yeux de chien battu?"

" N'avais tu pas promis de ne plus t'en prendre à elle?"

" Nana, ce n'est pas parce c'est elle. C'est juste que je n'ai aucune envie que l'on s'apitoie sur mon sort, alors tomber sur elle maintenant, alors qu'elle est en compagnie de Legolas, c'est vraiment pas le truc pour que je reste zen. Ça serait Boromir il s'en prendrait tou autant dans la figure!"

- Nous l'avons rencontré il y a peu alors qu'il se rendait au terrain d'entraînement, répondit Legolas. Il se trouve que nous comptions nous y rendre également. Souhaitez-vous nous y accompagner?

La Nauro avisa enfin l'arc et le carquois qu'il arborait à l'épaule. Ils étaient partis dans l'intention de s'entraîner, touts les deux… Les saluant d'une brève révérence, elle commença à s'éloigner.

- Merci, mais je connais le chemin. On se revoit tout à l'heure! Cria-t-elle alors qu'elle partait en courant à travers les frondaisons.

"Depuis quand fuis-tu? En un autre temps, tu aurais accepté avec plaisir."

"Je ne fuis pas. Je ne veux pas m'incruster quand je sais être indésirable, c'est tout."

"L'invitation de Legolas était pourtant sincère, et je doute qu'il vienne un jour à te considérer comme indésirable."

"Tu me fatigue Nana. T'as pas remarqué qu'ils étaient quasi main dans la main? Je pense pas qu'ils avaient prévu de me ramasser au passage alors qu'il compter passer du temps ensemble."

" Avoue qu'il y a mieux comme rendez-vous galant qu'un entraînement au tir à l'arc."

"Je ne connais pas assez le coutumes des Elfes pour juger. Et puis c'est quoi cette discussion rababsurdo? Legolas et Lindoïlin n'ont plus beaucoup de temps à passer ensemble avant que ne la communauté ne reparte, j'ai pas envie de la gâcher, et je me fiche royalement de savoir comment ils le passent! Point barre!"

Luana crut percevoir un profond soupir s'élever au fond d'elle, mais n'y prêtant pas attention, elle finit par déboucher sur une vaste clairière. Là s'étalaient plusieurs rangées de cibles de pailles, dressées de flèches que ne cessaient de leur décochaient ceux qui s'exerçaient à l'arc. Mais il n'y avait pas que le tir que l'on venait perfectionner ici: bon nombres d'Elfes s'affrontaient à l'épée, tandis que d'autre faisaient preuve de voltige et d'une grande adresse à dos de cheval.

Ne restait plus qu'à trouver Haldir parmi tout ce beau monde. Facile! Après tout, tous avaient la silhouette parfaitement dessinées des lutins des bois, presque tous avaient de longs cheveux blonds, et tous portaient quasiment la même tenue. Ouais! Tan fácil como buscar una aguja en un pajar.*

Pourtant, à peine eut-elle posé le regard sur l'un d'eux, qu'elle l'identifia sur le champ. En même temps qu'elle trouvait Haldir, Luana s'aperçut que sa vue avait changé: malgré la distance, elle parvenait à distinguer sans le moindre mal la teinte légèrement plus sombre qu'arborait la chevelure d'Haldir, ainsi que la façon bien à lui qu'il avait de se mouvoir avec grâce et autorité. Un flot de détail la submergeait, sans compter que sa vision magique lui révélait l'aura qui se dégageait de tout ces Elfes. C'était un peu comme si l'on avait allumé une multitude de lampion. Des lampions qui, à travers le filtre de sa vision de vie, prenaient des teintes chaudes, dans les tons rouges, oranges et jaunes, pulsant au rythme du flux sanguin qui les parcouraient.

"Nana, c'est moi où ma vue s'est améliorée?"

"Non, ce n'est pas toi. Ta vue s'est un peu plus rapprochée de la mienne.

" Comment ça se fait? Nous avons encore fusionné?"

" En quelque sorte. Le pont que tu as forgé entre nous nous a rapprochées. Quoique non, "rapprocher" n'est pas le terme exact. J'ai beau sondé l'espace qui nous sépare, il n'a guère changé et prend toujours autant de place entre nous. Je pense plutôt que l'élargissement de notre lien permet à mon énergie de s'engouffrer plus aisément, et de t'atteindre en plus grande quantité et avec plus de force."

" Ce qui veut dire vue de loup aiguisée, pareils pour les sens, l'agilité, l'endurance, la capacité de régénération, la vitesse, la force, et tout le chambard?"

" En effet, tu profite d'avantages des effets de notre coexistence."

"Arrêtes, à t'entendre je ne fais que profiter de toi! Je vais finir par me sentir mesquine."

Le rire de Naurofána s'éleva, roulant comme un grondement de tonnerre, grondant comme un roulement de tambour.

"Ce n'était pas mon intention. À travers toi, je puis profiter de bien des choses moi aussi. Et puis, nous ne sommes qu'une. Ce qui profite à l'une, profite à l'autre."

Luana approuva, avant de sursauter violemment alors qu'elle ressortait de ce dialogue intérieur, devant le sourire un tantinet narquois d'Haldir.

- ¡Joder! Ca ne vas pas de me faire peur comme ça? J'ai crut avoir une crise cardiaque!

- Je n'avais nullement l'intention de vous effrayer. Mais vous sembliez en grande conversation, aussi ai-je préféré attendre que vous vous eussiez fini.

- Et ben merci!

Revenant de sa surprise, la Nauro se redressa de toute sa taille et prit un air grave. Il n'était plus temps de tergiverser. Elle devait savoir.

- Haldir, je… je…

Mais rien ne voulut sortir. Les mots qui traînaient au coin de ses yeux se refusèrent à emprunter sa voix et à s'élever de sa bouche. Ils préférèrent à cela couler le long de ses joues. Elle voulait des réponses, et s'étaient juré de les recevoir sans une larme, sans rien montrer. Mais comment parler froidement d'un sujet aussi sensible, encore aussi présent? C'était impossible de le faire en restant insensible. C'était un peu comme désinfecter une plaie avant de la soigner. C'était nécessaire pour elle guérir, mais surtout douloureux. La douleur l'accompagnerait encore longtemps, et malgré sa promesse de ne plus pleurer sur la mort d'Éric, elle ne pouvait pas encore tout à fait la contenir, la peine étant encore trop récente, trop pesante.

Pestant entre ses dents, elle s'excusa, et essuya ses yeux et son visage d'un revers de la main, sans se détourner de l'Elfe. À quoi bon? Il aurait fallut être aveugle pour ne pas voir les sillons humides sur ses joues, sourd pour ne pas entendre sa voie s'enrouer.

- Je sais ce que vous êtes venue quérir auprès de moi, dit-il. Mais ne restons pas là. Ce n'est guère un lieu très adéquat pour discuter paisiblement.

Luana crut avoir eu un moment d'absence, voir d'hallucination. Haldir ne pouvait pas lui avoir parlé si gentiment, ni même sa voix s'être adoucie comme il lui avait semblait l'entendre.

Et pourtant, il tendit une main au devant lui, lui effleurant doucement le dos de l'autre, l'invitant à le suivre.

Abasourdie, elle acquiesça faiblement, et lui emboita le pas, sous un regard de givre impénétrable.

Haldir la mena à travers bois, toujours plus au cœur de la cité, mais surtout toujours plus profondément. Luana s'était attendue à ce qu'il la mène dans les arbres, sur un talan, en hauteur, mais depuis le début, ils ne faisaient que s'enfoncer. Les seules personnes qu'ils avaient croisé en chemin étaient quelques rares Elfes, mais même leur présence avait finit par se faire oublier. À tel point qu'une fois de plus, la Nauro faillit succomber au désir de s'abandonner à la contemplation et à l'extase des lieux. La nature, si généreuse envers ceux qui avaient sut se faire accepter d'elle, si belle pour qui savait la contempler, et pourtant si sauvage de par son essence et la vie qui pulsait en son sein, l'invitait à s'oublier un instant dans une alcôve secrète, un abri à l'entrée du quel elle pourrait laisser ses soucis le temps de se reposer. Plus tard, se promit-elle, plus tard, fit-elle le serment à Dame Nature.

Ce ne fut qu'au bout d'une ultime volée de marche que Luana découvrit, dissimulée aux creux d'une alvéole de racines et de roches sculptées, préservée dans un écrin de verdure d'argent et d'émeraude, posée sur un piédestal, une fontaine laissait s'élever le gazouillis de l'eau, le mêlant au chant des oiseaux.

Taillée à l'image d'une belle dame Elfe, à la haute et svelte taille, au port majestueux, au regard fixe et éternel, la sculpture tenait en ses mains un vase aux courbes agréables et aériennes, d'où un mince filet d'eau ruisselait en chantant, murmurant au vent de rares paroles dont le sens devait être connu de lui seul, avant de se voir accueillit par une vasque posée aux pieds de la statue.

Haldir laissa un instant la jeune Nauro gouter à la beauté des lieux, se gardant bien de montrer ne fusse qu'une once de l'agréable surprise que suscité chez lui un tel émerveillement chez une personne faisant preuve de tant d'indécence.

- C'est endroit est magnifique, souffla-t-elle doucement, de peur de déranger l'esprit des arbres qu'elle pouvait clairement y apercevoir.

- Il l'est en effet. Ce lieu est propice au calme et la quiétude. Je viens souvent m'y ressourcer lorsque le besoin s'en fait sentir.

Elle hoche imperceptiblement la tête, tout à ait d'accord avec lui, et enchantée de la faveur qu'il lui faisait en l'emmenant ici, cet endroit si intime pour lui.

D'un signe, il l'invita à s'assoir sur le banc de pierre qui s'adossait à la vasque, avant d'y prendre place à son tour.

- Il serait judicieux, je présume, que je réponde aux questions que vous me poserez, plutôt que de tenter de vous faire un récit que vous ne manqueriez pas d'interrompre à tout bout de champs.

Luana leva les yeux au ciel; ça, c'était le Haldir que tout le monde connaissait!

Mais la peur de se voir de nouveau incapable de demander la moindre information, de se laisser de nouveau aller à son chagrin, lui noua le ventre. Inspirant profondément, puisant en ce lieu le courage et la confiance dont elle aurait besoin, Luana se jeta à l'eau.

- Aragorn ma dit que, comme ils l'ont fait pour moi, vous aviez arraché mon frère aux mains des Uruk… des Uruk Hai.

Elle fixa longuement l'Elfe, attendant qu'il confirme, qu'il développe et lui raconte ce qu'il s'était passé. Mais il resta de glace, son regard restant impénétrable. La Nauro comprit qu'il ne dirait rien tant qu'elle ne lui aurait rien demandé. Il ne répondrait pas aux questions posées à mi-mots.

- Comment ça se fait qu'il était là? Pourquoi l'ont-ils tué? Lâcha-t-elle avec difficulté.

- Si votre question est de savoir comment votre frère, tout comme vous, est arrivé en Terre du Milieu, sachez que je n'ai nulle affinité avec les mystères de la magie. En outre, votre frère n'est pas mort de la main même d'une de ces créatures. Il a succombé aux maltraitances subies lors de sa captivité, alors que nous le ramenions à Caras Galadhon.

- Quoi? Éric était vivant? Qu'est ce que ces pourritures lui ont fait?

- Oui, il était en vie lorsque nous l'avons secouru, mais sa vie ne tenait qu'à peu de chose. Quant aux traitements qui lui furent infligés, pour le peu que j'en ai connaissance, je ne vous en dirais rien.

Luana réagit au quart de tour.

- Qu'est ce qu'ils lui ont fait! Dites le moi! Je dois savoir!

"Luana! Pourquoi faut-il que tu cherche toujours à souffrir plus que tu ne peux le supporter? Je ne veux pas avoir à étouffer tes sentiments et tes peines pour te préserver, car tu dois apprendre à y faire face pour ne pas te laisser submerger. Mais si tu ne cesse d'ajouter à ta douleur en détails aussi sordides qu'inutiles, je ne pourrais t'empêcher de te noyer! Ne cherches pas à creuser plus en ses sens, je t'en conjure."

" Mais Nana, je dois savoir! Pour Éric!"

" Éric n'aurait jamais voulut que tu connaisses de telles horreurs. Et quelle image aurais-u de lui en apprenant à quel point ses monstres l'on humilié, rabaissé? Arrêtes-toi là, et reprend ton chemin dans l'autre sens."

- Votre louve est plus sage que vous ne l'êtes, déclara Haldir, comme s'il avait lut à travers le visage de Luana la conversation avec l'animal. Suivez ses conseils, ils sauront vous être toujours d'une grande aide et jamais ne vous desserviront.

Étonnée qu'il parle ainsi de la louve sans aucune once de dégoût, elle acquiesça et abandonna la partie. Pour cette fois.

- Vous savez pourquoi ils s'en sont pris à lui?

- Selon toutes vraisemblances, je dirais que leurs chemins se sont croisés par pure coïncidence, et que la nature des Uruk Hai étant ce qu'elle est, ils ont attaqués. C'est ce que je vous dirais, si moi-même je croyais à cette version.

- Si vous y croyiez?

Haldir ne dit rien, attendant une question précise et concise.

- Qu'est ce qui vous fait croire que mon frère n'est pas tombé sur les Uruk Hai par hasard?

- Si votre frère n'avait été qu'un homme sans importance pour eux, ils l'auraient tué sur le champ, abandonnant derrière eux son corps.

- Alors pourquoi l'avoir capturé?

- Je n'en ai pas la moindre idée. La seule que je puis vous certifier, c'est que votre frère n'était pas la proie, mais l'appât.

- Pas la proie? L'appât? C'est quoi ces conner… sornettes!

- Les Uruk Hai n'ont pas pour habitude de s'aventurer sans raison si loin dans nos terres. Le faire en trainant derrière eux un prisonnier, bien en vue, et en s'assurant que ces cris se fassent entendre à des lieux à la ronde, est tout bonnement suicidaire. Ils ne l'auraient pas fait sans un but précis.

- Mais ¡Mierda! Pourquoi ils auraient voulu s'en servir comme appât! Pas pour tendre un piège aux Elfes! Vous les avez attaqués pour défendre vos terres, pas pour sauver Éric! Il n'y à que moi dans toute la Terre du Milieu à avoir un lien avec lui!

- Justement. Ne trouvez vous pas étrange que peu de temps après, nous vous retrouvions à votre tour prisonnière des Uruk Hai, mais que cette fois, ils tentent par tous les moyens de fuir nos forêts plutôt que de s'y enfoncer?

Luana resta un instant interdite. Elle comprenait parfaitement où il voulait en venir… mais pourquoi?

- Haldir, pourquoi les Uruk Hai voudraient m'avoir moi, alors que je ne fais qu'escorter Frodon, le porteur de l'Anneau. Je ne suis rien pour eux.

- Je ne suis point dans les confidences de l'Ennemi. Cette question, ce n'est pas à moi qu'il faut la poser.

- Alors à qui? À qui dois-je demander pourquoi on a tué mon frère, dans le seul but de m'avoir moi?

- Les Uruk Hai qui s'en pris à votre frère, ainsi qu'à vous même, portaient la marque de la Main Blanche. La marque de Saroumane le Blanc.

- Saroumane, gronda-t-elle tout bas.

Saroumane, le sorcier qui avait séquestré Gandalf alors qu'il devait rejoindre Frodon à Bree, celui qui les avait ensevelis sous des tonnes de neiges et de rocks, alors qu'ils tentaient de franchir le col de Caradhras, celui à cause de qui ils avaient empruntaient la route des mines de la Moria, où Gandalf avait trouvé la mort. Encore et toujours ce même damné magicien! Non content de leur avoir barré la route et de les avoir privés d'un compagnon, il venait de lui voler son frère, pour une raison qu'elle ne comprendrait sans doute jamais! En ce cas, elle le lui ferait payer! Elle le jurait sur sa vie!

Se relevant, elle s'inclina face à Haldir.

- Je vous remercie Haldir, de m'avoir ramené mon frère, et de m'avoir éclaircie de vos réponses. Mais j'ai encore une chose à vous demander.

- Qu'elle est elle?

- Le corps d'Éric, qu'en avez-vous fait durant mon absence?

L'Elfe lui adressa un faible sourire, comprenant ses intentions.

- Ne sachant pas qu'elles étaient vos coutumes funéraires, nous l'avons entreposé dans un endroit où la putréfaction ne pouvait s'en emparer. Si vous voulez bien me suivre, je vous y mènerais.

Luana le remercia une fois de plus, et tandis qu'il prenait le chemin inverse, rendant à la statue le calme des lieux, Haldir se tourna vers elle, le visage étrangement adoucit.

- Avant de mourir, votre frère vous a appelé. Il ne cessait de répéter votre nom. Lorsque je lui ai apprit que nous le ramenions près de vous, il m'a demandé de vous dire ceci: "Vit heureuse petite sœur, maintenant que tu as trouvé ta place, je peux partir en paix."


Les flammes avaient finit par mourir. Sans plus aucune source de combustible, sans rien qui puisse encore nourrir leur appétit dévastateur, leur insatiable besoin de défaire ce qui fut, les langues de feu s'étaient débattues, mais très vite avaient été étouffées par le vent, et n'avaient eu d'autre choix que de se retrancher dans les dernières braises rougeoyantes. Les dernières avaient longuement brillé, telles des étoiles dans l'aurore, avant de s'éteindre une à une, emportant avec elles les dernières traces d'une vie dont il ne restait plus que cendres tièdes et poussières éthérées.

À la fin de leur entretien, Haldir s'était montré d'une infinie prévenance. Il l'avait menée au corps d'Éric, avait mis à sa disposition plusieurs Elfes, qui l'aidèrent à monter un bûcher funéraire, à l'écart de la cité, où ils déposèrent la dépouille, lavée et purifiée, vêtue d'une tunique et d'un pantalon elfique. Par respect et pudeur, ils l'avaient ensuite quittée là, lui laissant la dure tâche d'allumer le brasier qui effacerait à tout jamais la présence physique de son frère.

Combien de temps étaient-elles restée là, debout, à regarder les flammes exécuter leur œuvre? Elle n'aurait trop sut dire. Tout ce qu'elle savait était que le soleil avait dépassé son zénith depuis de longues heures déjà. Le ciel commençait à s'assombrir, qu'elle était encore là, à contempler le brasier dont il ne restait désormais plus qu'un tas grisâtre. Personne hormis elle n'avait assisté à ce spectacle aussi émouvant que tragique et pitoyable. Nul autre qu'elle ne connaissait Éric en ce lieu, aussi nul ne vint lui rendre un dernier hommage, cela n'étant ni leur rôle ni même leur droit, elle les possédait, elle seule devait répondre à ce devoir. Les membres de la Communauté n'avaient pas même étaient avertis. Même Naurofána s'était retirée dans l'inconscience et se faisait oublier.

Luana souhaitait être seule afin de dire adieu à son frère, le dernier membre de sa famille, la seule personne qui l'eut réellement aimer dans leur monde, l'unique lien qui lui restait celui-ci. En acceptant sa disparition, elle prenait pleinement conscience de la portée de ses choix. Elle avait définitivement quitté la Terre qui l'avait vu grandir, l'avait porté. Masi désormais, elle savait que cette fichue Terre n'avait jamais été chez elle. Son cœur avait dès le départ compris que le foyer de son âme se trouverait en Terre du Milieu. Elle-même ne l'avait compris que bien des mois plus tard, alors qu'Éric, par le plus grand des mystères, l'avait deviné dès lors qu'il l'avait sut en cet univers si différent du leur.

"Vit heureuse petite sœur, maintenant que tu as trouvé ta place, je peux partir en paix." Cette phrase ne cessait de lui tourner la tête. Elle sous-entendait qu'Éric n'avait vécut que dans l'espoir de la voir heureuse, de la voir un jour là où elle devait être. Il avait toujours été là pour elle. Il n'avait vécu que pour elle. Et elle ne le voyait que trop tard, mais il avait toujours tout sacrifié pour elle: son temps, ses forces, sa vie, son avenir. Il travaillait à n'en plus pouvoir, enchainant les heures sup' et les extras dans le seul but de lui apportait un peu de confort, se refusant à envisager une vie à lui, où il pourrait fonder sa famille, avoir sa maison, pouvoir enfin exister sans que sa petite sœur n'entre en compte, au point d'être usé avant l'âge.

Il avait finit par accepter de prendre enfin le repos qu'il méritait, d'enfin penser à lui, que lorsqu'il avait compris qu'elle n'avait plus eu besoin de lui, qu'elle avait trouvé sa place et son but. Il avait lâché, et s'était endormi à jamais.

- Ho, Éric! Je suis désolée, tellement désolée! Tu as tout fait pour que je sois heureuse, et quand c'est ton tour d'accéder au bonheur, il faut que tu partes! C'est injuste! Trop injuste!

Luana laissa quelque larmes perler le long de ses joues, alors qu'elle se penchait et ramassé les cendres. Elle les plaça avec tendresse et amour dans une boite en bois d'ébène qu'Haldir lui avait confié.

- J'ai été égoïste. J'ai tant souhaité que tu me rejoignes, je dépendais encore tellement de toi, que par ma faute, tu es arrivé ici. Pardonnes moi, grand frère. Pardonnes moi de t'avoir fait souffrir toutes ces années! Par ma faute, papa et maman sont morts, et pourtant, tu ne m'en as jamais tenu rigueur! Tu as tant fait pour moi! Tu aurais mieux fait de m'oublier une fois partie, refaire ta vie, mais tu n'as pas abandonné! Je t'aime Éric! Je ne t'oublierais jamais!

Serrant la boite contre son cœur, à genou, la Nauro laissa les mots fuirent ses lèvres, de peur que jamais elle ne les laisse sortir. Jamais elle ne lui avait assez montré, assez dit à quel point elle tenait à lui, et maintenant, elle s'en mordait les doigts. Mais elle ne devait pas, elle n'avait pas le droit de regretter ce qu'elle n'avait pas fait. Et puis, les derniers mots d'Éric lui intimaient d'être heureuse, et non pas de s'apitoyer sur le passé. Il voulait qu'elle découvre le bonheur dans ce monde qu'elle aimait tant.

Se levant, Luana continua de serrer contre elle les restes de son frère.

- Viens, grand frère, je vais te montrer mon monde.

Alors qu'elle marchait en direction du cœur de Caras Galadhon, puis qu'elle s'élançait à l'ascension d'un des plus vertigineux arbres de la cité, gravissant lentement les marches une à une, par crainte de trop se brusquer, elle parla longuement de la Terre du Milieu, comme si Éric pouvait encore l'entendre. Intimement, elle en avait la conviction. Elle sentait qu'il serait comblé de découvrir le nouveau chez soi de sa petite sœur adorée. Aussi s'appliqua-t-elle à lui raconter ses périples au fil des routes et des rencontres, à lui décrire les paysages qu'elle avait traversé. Elle lui révéla avec une grande fierté sa nature de Nauro, tout ce que ça impliquait, lui présenta mentalement Naurofána. Elle expliqua dans les moindres détails la quête dans laquelle elle s'était lancée, son amitié profonde pour Frodon, Aragorn, Merry, Pippin, Sam, et celle naissante envers Boromir et Gimli, celle inachevée avec Gandalf, ainsi que celle, délicate et fragile, qu'elle tentait de lier avec Legolas.

- Je suis prête à parier que tu te serais super bien entendu avec eux! Bon, Boromir j'ai un peu de mal avec lui, mais dans le fond, c'est pas quelqu'un de mauvais; te connaissant, tu serais capable d'entrer dans ses faveurs! Plaisanta-t-elle, ralentissant le pas de peur d'arriver trop vite à destination.

«Gimli… bah c'est Gimli. Il est assez bourru, pas sûre que tes bonnes manières acceptent facilement les rots et autres finesses de sa part. Pour ça, t'inquiètes que tu serais bienvenu chez les Elfes!

«Quoique, vu tes talents de cuistot, je pense que les Hobbits t'accapareraient trop vite pour que ça arrive! Tu passerais ton temps avec eux à cuisiner –surtout avec Sam –et à faire la fête –ça c'est plus avec Merry et Pippin. C'est des sacrés vivants!

«Quant à Aragorn… il me fait penser un peu à papa. Bon, ok c'est vrai, ils n'ont rien à voir tous les deux, mais Aragorn est vraiment un chic type. Il veille sur tout le monde, il prend soin de tous, et déteste voir les gens souffrir! Il sait se battre et n'hésite pas à le faire si besoin est! Ouais, c'est un type génial! Et roi qui plus est!»

Elle lui fit un bref résumé de l'histoire de la Terre du Milieu, afin qu'il ne soit pas perdu dans tout ce qu'elle pouvait lui apprendre, entrant dans les grandes lignes, faisant référence surtout à la première guerre contre Sauron, à Isildur, l'ancêtre d'Aragorn, à l'Anneau, enfin à tout ce qui avait un lien avec ce qui leur tombait dessus.

- Tu sais, ce monde est magnifique! Il y a tant de belle chose à voir! Pas que chez les Elfes! Tu verrais les mines des Nains! Ils te creusent des villes dans des montagnes! Si seulement il n'y avait pas cette ombre qui flotte toujours au dessus de tout! Ce serait tellement plus beau! Une fois l'Anneau détruis et Sauron anéantit, je compte bien tout visiter, de long en large, découvrir chaque parcelle de cette terre!

Sur ces mots, Luana et son précieux chargement atteignirent la dernière plateforme de l'arbre, presque à sa cime. S'approchant de la rambarde, son regard s'étendit de plus en plus loin vers l'horizon. De là où elle se tenait, elle pouvait voir presque à perte de vue les bois de la Lothlórien, plongés dans la mi-obscurité du crépuscule. Derrière elle, vers l'ouest, la masse sombre des montagnes avait engloutit le soleil, étendant leur ombre sur ce que la nuit n'avait pas encore couvert.

- Même si on n'arrête pas de nous répéter que nous courons à notre perte, je veux croire en notre réussite. Croire que ce monde sera préserver, et que les Elfes resteront un peu plus longtemps, que les orques ne feront plus de mal. Je dois encore attendre ce jour pour pouvoir jouer les touristes en Terre du Milieu, et attendre d'avoir vengé ta mort.

«Mais toi Éric, tu n'as pas besoin d'attendre tout ce temps, dit-elle en soulevant le couvercle de l'urne.

«Pars devant, découvre ce monde que j'aime et qui est le mien, regardes moi, car je ferai tout pour te rendre fier! Tu as toujours était plus lent que moi à la course, je te rejoindrai. Adieu grand frère! Je t'aime!

Alors que résonnait l'écho de ces paroles emplies d'amour, Luana laissa le vent emporter les cendres de son frère, les emmener hauts dans le ciel, lui confiant la mission de les emporter loin, très loin, afin qu'il puisse voir toutes les merveilles de la Terre du Milieu, qu'il puisse voir tout ce qui s'y passait, et un jour peut être, voir sa sœur triompher et enfin prétendre au bonheur.

Elle regarda les cendres s'envoler et disparaître dans la nuit. Éric était mort, mais il serait à présent partout où elle irait. Brusquement éreintée et à bout de force, elle se couvrit le visage de ses mains, se laissant glisser dos à la balustrade, paupière closes.

- Ce sont des funérailles dignes d'un roi.

Sursautant violemment, Luana ouvrit les yeux, et tomba nez à genou avec Boromir. Levant le regard, elle découvrit le Gondorien, grave et solennel.

- Qu'est ce que vous faites là? Vous m'espionnez? Dit-elle avec dérision, sans faire preuve d'antipathie ou d'animosité.

Il eut un bref sourire gêné, puis haussa les épaules.

- La fumée ne passe guère inaperçu en forêt. Il me fut aisé d'en découvrir l'origine, et vous avec.

La Nauro le fixa d'un regard aussi inquiet que suspect.

- Heu dites… vous ne m'avez quand même pas suivie jusqu'ici. Je veux dire, vous avez…

- Je ne voulais pas vous priver de ces derniers instants avec votre frère, aussi ai-je gardé mes distances.

Soulagée qu'il n'ait rien entendu de la discussion à sens unique qu'elle avait maintenue tout le long de sa progression, Luana soupira doucement. À sa plus grande surprise, Boromir vint s'assoir à ses côtés, s'adossant à son tour à la balustrade, sans plus de cérémonie, ni même le moindre trouble ou signe d'embarras. Elle en vint à se demander quel tableau ils devaient faire tous les deux, elle les genoux relevés contre sa poitrine, ses bras en équilibre précaire dessus, lui un genou relevé, l'autre jambe étendue devant lui, bras croisés, regard levé vers le ciel obscurci.

- Je sais déjà ce que vous répondrez à cela, mais je tiens à vous dire une fois de plus combien je suis désolé pour vous.

- Alors pourquoi vous le dites? Souffla-t-elle, mi-amusée, mi-exaspérée.

- Parce que je sais ce que c'est que de perdre un parent. C'est une douleur si vive et si poignante, qu'il est difficile de l'étouffer, dit-il en appuyant ses mots d'un regard entendu. Il est des fardeaux qu'il serait bon de ne pas porter seul. Demandez à Frodon, il doit en savoir long sur le sujet.

Luana le considéra d'un air effaré. Boromir… l'ancien cabron du siècle… si froid et méprisant avec elle… se confiait et tenait à partager sa douleur? Il allait pleuvoir de la mer…

- Ne me regardez pas ainsi, je vais finir par regretter mon geste!

- Désolée, c'est juste que… je pensais que vous me détestiez… Mettez vous un peu à ma place!

- Je ne vous déteste pas. Mais avouez que vous pouvez être d'une insoutenable insolence.

Elle laissa passer la pique avec un soupir, levant les yeux au ciel avec dépit.

- Merci, vous me remontez vraiment le moral.

Un silence un tantinet tendu s'installa entre eux. Ni l'un ni l'autre ne savait plus vraiment quoi dire. Tout deux craignaient que la discussion jusque là polie et partie d'une bonne intention, ne vire en pugilat. Boromir avait eu l'intention de lui montrer sa sympathie et sa sollicitude en cette épreuve difficile, mais il n'était guère doué pour ce genre de chose. Il savait les mots dont il fallait user pour raviver la hardiesse d'une armée, remettre un homme à sa place, pas ceux pour remonter le moral à une petite pest… à une jeune fille venant de perdre son frère et de quitter définitivement le monde d'où elle venait. Il ne l'aurait avoué pour rien au monde, pourtant, s'était la voir sans cesse redoubler d'efforts et se relever après chaque chute qui le pousser à en faire autant. Au début, cela n'avait était que par fierté, parce qu'il ne pouvait décemment pas se laisser distancer par une gamine venue de nulle part, Nauro de surcroit, pour ne plus voir que son dos tandis qu'elle avançait toujours plus. À présent, c'était parce qu'il ne lui restait plus que ce dos, cette silhouette qui s'éloignait un peu plus chaque jour, qui lui permettait de ne pas dévier du droit chemin. La voir s'effondrer maintenant eut été la pire des défaites pour lui. Bien qu'elle semblait de nouveau prête à tout affronter et à surpasser la disparition de tous ses repères, il avait craint qu'à long terme, cela ne la ronge de l'intérieur, faisant s'effriter les fondements de l'édifice, jusqu'à ce que tout s'écroule. Mais que pouvait-il dire de plus? Elle n'avait visiblement pas besoin de lui. Elle était bien plus forte qu'il ne l'avait crut. Bien plus forte que lui-même. C'était douloureux pour son égo de mâle dominant, il fallait néanmoins l'accepter. Soupirant, il posa une main au sol afin de se remettre sur pied, mais des doigts d'ivoire le retinrent avant qu'il n'est put se redresser.

- Dites… qui avez-vous perdu? Je veux dire… lequel de vos parent est mort?

Le Gondorien resta un instant en suspens. Il fut tenté de répliquer que cela ne la concernait en rien. Mais après le discours qu'il lui avait tenu, cela aurait été mal venu. Et puis, le regard de Luana semblait si sincère, si clair. L'étrange spectacle de ces éclairs dorés qui sillonnaient l'argent de ses iris avait quelque chose de déstabilisant, et à la fois si envoûtant. Il n'y avait là nulle trace d'une quelconque curiosité morbide, ou le désir de se moquer de ses souffrances à lui. Juste l'envie de le connaître, de découvrir enfin qui il était. Lire tant de chose dans les yeux d'une si jeune fille, qu'il avait si mal jugé, finit par le convaincre. Se réinstallant, il inspira, avant de répondre avec lenteur:

- Ma mère, alors que je n'étais qu'un enfant.

Luana acquiesça sans un mot, d'un simple hochement de tête.

- Elle est morte prématurément, de maladie. Le vide qu'elle laissa derrière elle fut immense, sans parler de la froideur qui pénétra par la suite le cœur de notre père, qui s'enferma dans le silence.

- Vous n'avez eu une enfance facile. Entre votre mètre et votre père…

- Je n'ai guère à me plaindre. Malgré la distance qu'il mettait entre lui et nous, il fut un bon père, qui veilla à ce que ses fils sachent se battre et gouverner.

- Ses fils? Vous avez des frères?

- Un seul, répondit Boromir, un doux sourire s'épanouissant sur son visage d'ordinaire si tendu. Faramir.

- Comment est-il? À vous voir, c'est évident que vous l'adorez!

-C'est vrai. Lui et moi fûmes inséparables durant notre jeunesse. Sa passion pour la science des archives et la chanson font de lui un homme de peu de valeur aux yeux des autres, mais il est hardi, et possède toutes les qualités d'un chef. Si seulement père pouvait le voir.

- Il ne voit que ce qu'il veut?

- Sûrement, avoua-t-il avec difficulté. Faramir fait tou pour assouvir les volontés de notre père, mais celui-ci ne lui accorde aucun crédit, malgré tout l'amour que lui porte mon frère. Vous savez, Faramir est aussi fort qu'il est sentimental. Il ne fait guère part de ses opinion car personne n'y prête l'oreille, pourtant il sait réfléchir. Je crois que vous fréquenter lui ferait le plus grand bien!

Luana lui jeta un regard en coin face à la pointe d'ironie qui perçait dans sa voix.

- Lorsque nous en aurons finit, je souhaiterai vous le présenter. Je suis sûr que vous vous entendrez à merveille!

- Hey, vous êtes quand même pas en train de jouer les faiseurs de couples! Fit-elle mine de s'offusquer, histoire de cacher à quelle point l'offre du Gondorien la touchait.

- Non, bien sûr que non. Je ne souhaiterais pas infliger pareil tourment à mon petit frère!

Elle lui donna un petit coup de coude dans les côtes, pour la forme.

- C'est comment chez vous? Finit-elle par demander au bout d'un nouveau silence.

- Magnifique. Il n'y a pas de mot assez fort pour décrire la beauté de Minas Tirith, aussi ne tenterais-je pas de vous la décrire.

- Alors vous me la montrerez, dès que tout ça sera finit.

Boromir hocha de la tête, avant de se relever définitivement.

- Vous feriez bien de descendre. Je doute que les Hobbits patientent encore longtemps avant de prendre le dîner. Ou le souper, je ne sais jamais.

- Ha les Hobbits! Des moitiés d'homme, et pourtant, ils dévorent plus qu'un Nain!

Avec un dernier sourire, ils descendirent tout deux, après un dernier regard vers l'horizon nocturne, où voletaient encore les cendres d'Éric.


Voilà! J'espère avoir répondu à quelques questions, et que vous avez apprécié les passages avec Haldir et Boromir! Sur ce, à la prochaine!