Chapitre 6 :
La matinée de cours qui suivit fut des plus normales et néanmoins ennuyeuse pour Hermione. Heureusement la pause déjeuner arriva rapidement et elle put aller vaquer à ses occupations bien plus importantes et ne vit pas le temps défiler.
Elle se précipita hors de la salle pour prendre les escaliers tout en lissant nerveusement sa jupe. Elle descendit au troisième étage au même moment où Drago et Blaise arrivaient des étages inférieurs. Elle choisit de continuer sa route sans s'arrêter mais tomba presque nez à nez avec Harry et Ron.
– Hermione ! la salua Ron avec un sourire, visiblement heureux de la voir.
Joie qui n'était pas partagée et qu'Harry remarqua rapidement à l'inverse du roux. Alors que ce dernier allait ajouter quelque chose, Hermione l'en empêcha.
– Je vous ai déjà dit que je refusais de vous parler. Je n'ai pas été assez claire ?
Le sourire de Ron se fana alors qu'il regardait Hermione reprendre sa route. Cette « discussion » fut remarquée par les deux Serpentard et Drago vit là une bonne occasion de s'amuser un peu et de tester l'une de ses théories.
– Houhou ! Regarde-moi ça, Blaise ! On dirait bien que la petite Granger vient de mettre un vent à Saint Potty et Weasmoche.
Blaise rigola doucement, amusé de la réaction d'Hermione et de la provocation de son ami.
– C'est vrai qu'elle peut être désagréable parfois, reprit le blond. Par exemple, l'autre matin dans la salle de bain quand elle revenait de son jogging matinal elle n'a pas été très sympa avec moi… Moi qui pensais qu'après le mois de vacances que nous avions passé avec elle les choses seraient différentes…
Drago abordait un magnifique sourire machiavélique. Il faisait exprès de parler des vacances sur l'île et leur cohabitation, pariant sur le fait qu'elle n'en avait pas parlé aux deux idiots. De plus, il utilisait la psychologie inversée : il prétendait le contraire de ce qu'il pensait réellement. Et cela fonctionna.
– Quoi ?! s'exclama Ron en se tournant vers Hermione qui s'était figée aux paroles de son homologue. Tu étais en vacances avec ces deux guignols ?!
– Mesure tes paroles, le rouquin ! lui conseilla Blaise, mais il ne releva pas.
Malgré elle, Hermione affichait un air coupable. Entendre Ron s'énerver comme ça la faisait se sentir mal à l'aise et baisser les yeux au sol.
– Pourquoi tu ne nous l'as pas dit ? enchaîna Harry, perdu face au comportement de sa meilleure amie.
L'effet fut immédiat, comme une douche froide. Elle releva fièrement la tête, la colère nettement visible sur ses traits et dans ses yeux.
– Tu te fous de ma gueule ? s'écria la jeune fille, faisant ainsi reculer le roux, impressionné par sa colère. Vous osez me reprocher de ne pas vous avoir parlé de mes vacances ?!
Elle tremblait littéralement de rage tandis que Drago jubilait. C'était allé bien au-delà de ses espérances et il s'amusait beaucoup. Sentant qu'Hermione était sur le point d'exploser sans savoir pourquoi, Blaise préféra s'interposer. Il s'approcha lentement et avec précautions de la jeune fille et posa une main apaisante sur son épaule.
– Calme-toi, Hermione, recommanda le métis.
– NE LA TOUCHE PAS ! s'énerva Ron, qui n'avait pas du tout apprécié son geste bien trop intime envers son Hermione.
– Et pourquoi ? demanda Blaise avec un sourcil relevé.
– Hermione est notre amie, pas la vôtre ! Tu n'as pas le droit de la toucher !
– On dirait pourtant que ça ne la gêne pas, remarqua Blaise en passant son bras autour des épaules de la jeune fille et de la serrer contre lui. Peut-être que finalement, vous ne la méritez pas…
Ron sortit sa baguette pour menacer Blaise qui se posta devant Hermione pour la protéger. Il fut imité par les trois autres garçons. Harry et Drago se toisant de haut tandis que Blaise menaçait Ron. Seule Hermione n'avait pas bougé, trop choquée par ce qu'elle voyait et entendait.
– TU NE LA CONNAIS PAS ! cria Ron.
– C'est ce que… commença Blaise.
– Ça suffit ! les coupa Hermione. J'en ai marre, vous me fatiguez ! Quant à toi Ronald, tu ferais mieux de ranger ta baguette avant de te rendre plus ridicule que tu ne l'es déjà !
– Mais je fais ça pour toi !
– Ça fait bien longtemps que je n'attends plus rien de vous… termina Hermione d'une voix lasse.
Ron ne put ajouter autre chose car le professeur Mc Gonagall arriva dans le couloir, alertée par les cris.
– Mais que se passe-t-il donc ici ?! Vous êtes devenus fous ? demanda la directrice des rouges et or en arrivant presque en courant. Depuis quand se bat-on, dans les couloirs en plus ?! Elle les observa à tour de rôle et reprit sans les laisser riposter : je suis très déçue par vos attitudes et me vois dans l'obligation de vous donner une retenue, ce soir. Miss Granger, Mr Malefoy, vous êtes censés montrer l'exemple ! De même que vous, Mr Weasley, en tant que préfet ! Vous viendrez tous les cinq en retenue dans ma classe ce soir à 18h. Cela vous apprendra peut-être à réfléchir à vos actes ! Sur ce, allez en cours.
Ils prirent donc le chemin de leur salle de classe dans un silence de mort.
Hermione revenait tout juste de la Grande Salle où elle avait dîné avec Parvati. Elle voulait profiter des quelques minutes qu'elle avait avant sa retenue pour se changer. Rapidement, elle enfila un slim noir et un tee-shirt blanc : tenue simple mais confortable. Elle ramassa sa robe de sorcière qu'elle avait laissé choir au sol quand une exclamation retint son intention.
– Merlin ! s'exclama Drago appuyé nonchalamment contre l'embrasure de la porte de la jeune fille. Granger c'est pas une chambre, c'est un dépotoir ! Et moi qui pensais que tu étais le genre de fille à tout bien ranger comme il faut à la limite de la manie ! Tous mes rêves se brisent…
– Qu'est-ce que tu fous dans ma chambre, Malefoy ?
– J'étais venu t'avouer que j'ai beaucoup apprécié la petite scène de tout à l'heure avec Potter et Weasley, avoua-t-il avec un sourire narquois, c'était très divertissant !
– Bien ! Maintenant que tu l'as fait, tu peux partir ! s'énerva Hermione, qui n'appréciait pas cet envahissement de son espace personnel.
– Mais il y a un truc qui m'échappe, poursuivit le blond sans faire attention à la réplique de la jeune femme. Pourquoi diable en veux-tu autant à Potter et Weasley ? Laisse-moi deviner, ils t'ont piqué un livre et ne te l'ont pas rendu ? Ou bien ont été très méchants avec toi ? Encore mieux, l'un d'eux a refusé tes avances, voire même les deux ?
– Arrête ça, Malefoy, tu ne me connais pas ! Alors au lieu d'essayer de me psychanalyser sors de ma chambre ou on va finir par être en retard!
– Ecoute bien Granger, parce que je ne vais pas me répéter. J'ai bien vu que tu n'étais plus la même. Mais je t'ai bien observé et je suis sûr que tu as du potentiel. Tu t'es visiblement décidée à réagir et de changer d'avis sur les deux crétins qui te servaient d'amis. Eh bien tu devrais continuer.
_ Mais de quoi tu parles ?
– Allons, Granger, ouvre les yeux ! Ça me fait mal de l'avouer mais tu es bien plus brillante que Potter ! Devant son silence il enchaîna. Potter n'a jamais rien eu de spécial à part sa cicatrice. Il n'a aucun talent. Ce n'est un secret pour personne que tu te donnes corps et âme à tes études et que tu – j'arrive pas à croire que je vais dire ça – réussi tout ce que tu entreprends. C'est ta réussite qui a poussé Potter à se battre. Il faut être aveugle pour ne pas voir qu'il y a une réelle compétition entre vous. Cette histoire d'amitié c'est du pipeau. La vérité c'est que quand tu n'es pas avec eux, ils sont perdus. Potter serait déjà mort depuis longtemps et Weasley serait toujours en première année ! Weasley suit Potter partout comme un toutou son maître tout en crevant d'amour pour toi. Potter ne fait que se servir de toi pour réussir et aller de l'avant. Il a beau dire ce qu'il veut avec ses histoire de « meilleure amie » et de « petite sœur » mais la vérité c'est qu'il a les boules que tu sois meilleure que lui. Ils ont besoin de toi alors que la réciproque n'est pas vraie. Tant que tu ne le remarquais pas et que tu te contentais de passer ton temps soit dans les livres, soit avec eux sans ouvrir les yeux et te remettre en question, tout allait bien. Mais tu verras, quand tu les quitteras pour de bon, ils seront perdus, crois-moi !
Il ne rajouta rien, sachant qu'il avait vu juste et que quoi qu'elle en dise, elle allait y réfléchir. Il quitta sa chambre pour descendre dans la salle commune où quelqu'un toquait au portrait. Drago alla ouvrir et fut surprit de l'identité du visiteur.
– Granger ! Quelqu'un pour toi !
– Je ne veux voir personne !
– Je me permets d'insister, Miss Granger.
Hermione se retourna vivement pour faire face au professeur Dumbledore.
– Oh, c'est vous.
– Je me suis permis de vous rendre une petite visite suite aux événements de tout à l'heure.
– Vous êtes venu me voir personnellement, dans ma chambre, seulement pour me parler de ma retenue ?
– Non, effectivement. Je suis également là pour que nous puissions parler de cet été.
Hermione grimaça. Elle n'avait vraiment pas envie d'avoir cette discussion, ni aucune autre d'ailleurs.
– Il faut que vous compreniez, reprit le directeur, que Messieurs Potter et Weasley voulaient absolument venir vous voir. Mais moi ainsi que l'Ordre le leur avons interdit. C'était beaucoup trop dangereux pour leur sécurité et celle des membres de l'Ordre. Il pouvait s'agir d'un piège tendu par les Mangemorts.
Plus il parlait et plus Hermione se sentait bouillir intérieurement mais prit sur elle pour ne pas s'énerver inutilement.
– Et vous avez préféré me laisser seule, au péril de ma vie.
– Absolument pas ! Miss Granger, nous savions grâce à votre courrier que vous étiez en vie et en aussi bonne santé que l'on peut l'être dans une telle situation. Si tel n'avait pas été le cas, nous aurions immédiatement lancé une opération pour vous secourir.
Que de belles paroles ! pensa amèrement la jeune femme qui faillit se laisser convaincre.
– Donc si je vous comprends bien, reprit Hermione en arpentant sa chambre et avant de s'arrêter devant le bureau d'où elle retira deux enveloppes, vous vous préoccupiez malgré tout de ma sécurité ? Et donc certainement également de celle de mes défunts parents ?
– Bien sûr, Miss, approuva le vieil homme avec un petit sourire. Et croyez-moi quand je vous dis que nous aurions sincèrement aimé que les choses soient différentes.
– FOUTAISES ! cria Hermione en lui balançant les deux lettres qu'il rattrapa de justesse. Vous n'êtes qu'un menteur hypocrite ! Vous n'en avez rien à foutre de ma sécurité ou de celle de mes parents et ces lettres en sont la preuve !
Dumbledore baissa les yeux vers les lettres tandis qu'Hermione serra violemment les poings. Elle respira un grand coup et, les bras le long du corps pour se donner contenance, reprit d'une voix calme.
– Je dois me rendre en retenue, je suis déjà en retard.
Et sans rien rajouter, elle passa à côté du directeur et sortit de la chambre.
Les quatre garçons étaient déjà là, se jetant des regards meurtriers, Drago et Blaise dans un coin et Harry et Ron dans le coin le plus opposé. Il ne manquait plus qu'Hermione, qui arriva cinq minutes plus tard.
– Désolée professeur, s'excusa Hermione, j'ai été retenue par le professeur Dumbledore.
A ces mots, Harry et Ron échangèrent un rapide regard.
– Ce n'est rien, Miss Granger. Puisque vous nous avez rejoints, nous allons pouvoir commencer, expliqua le professeur Mc Gonagall. Devant vous se trouvent les chaudrons que votre professeur de potions souhaiterait que vous nettoyiez, vous trouverez le matériel nécessaire dans le seau, ainsi que de vieux dossiers dans lesquels sont répertoriées les punitions de tous les élèves étant passés par Poudlard depuis sa création. Vous devez les trier par années, par maison et par ordre alphabétique. Débrouillez comme vous le voulez, mais vous ne sortirez pas de cette pièce tant que tout ne sera pas terminé. Et comme convenu, toute magie est interdite. Accio baguette. Bon courage.
Les baguettes de Drago, Harry et Ron atterrit dans les mains de la directrice adjointe. Elle sortit de la salle et les laissa seuls, les enfermant à l'aide d'un sort. Ils s'observèrent pendant un moment, jusqu'à ce qu'Hermione, trouvant qu'ils avaient déjà perdu assez de temps comme ça, soupira et se dirigea vers l'un des trois cartons de dossiers et s'en saisit. Elle se dirigea vers un coin neutre, entre les chaudrons et les autres dossiers. Drago et Blaise prirent les deux restants et les Gryffondor durent s'occuper des chaudrons.
Après une demi-heure de travail en silence, les garçons commençaient à en avoir marre.
– Hey Drago, tu crois qu'il y a aussi nos punitions à nous dans les dossiers ? demanda le métis à son ami.
– Peut-être bien, répondit Drago après réflexion. Mais c'est Granger qui a pris le carton avec les dossiers les plus récents. Il faut voir avec elle.
– Laissez-la tranquille, espèces de serpents ! conseilla Ron.
Hermione le fusilla du regard, déclenchant les rires desdits serpents.
– On dirait qu'Hermione ne veux pas de ton aide, Weasmoche ! rigola Blaise.
Drago donna un coup de coude à Blaise, comme à chaque fois qu'il appelait Granger par son prénom. Mais les Gryffondor n'y accordèrent pas d'importance, trop occupés à tenter de résoudre leurs problèmes.
– Ecoute Hermione, commença Harry en soupirant, tu ne vas pas réussir à nous éviter ou nous ignorer indéfiniment. Il va bien falloir que l'on discute de ce qu'il s'est passé…
A défaut d'avoir attiré l'attention d'Hermione, Harry avait celle des Serpentard, désormais plus curieux que jamais de comprendre enfin la raison de tous ces bouleversements.
– Tu vas bien être obligée de nous écouter, reprit le brun. Tu ne peux pas partir et tu ne peux pas te servir de la magie pour nous faire taire. En plus, on est deux et tu es seule, alors tu vas nous parler ou au moins nous écouter !
– Ne gâche pas ta salive pour rien, lui conseilla-t-elle. Ce cher Dumbledore m'a déjà fait un charmant plaidoyer en votre faveur.
Les deux Serpentard furent une fois de plus surpris par le ton méprisant qu'elle avait utilisé.
– Et ? demanda Ron avec espoir.
– Et ça ne change absolument rien. Je ne suis pas assez stupide pour me faire avoir par de belles paroles !
– Mais enfin ! s'énerva Harry. Si tu as écouté Dumbledore tu as bien dû comprendre que c'était une question de sécurité ! Et que nous n'avions pas eu le choix !
– Ce n'est pas toi qui répète tout le temps qu'on a toujours le choix ? argua-t-elle d'une voix toujours calme malgré quelques trémolos dus à sa colère grandissante. Et on parle de la sécurité de qui, là ? Parce qu'il ne s'agit certainement pas de la mienne et encore moins celle de mes défunts parents !
Drago et Blaise se regardèrent perplexes : depuis quand les parents de Granger étaient-ils morts ?
– Mais Mione, tenta Ron. On est tes amis, tu dois nous laisser une chance de t'expliquer !
Hermione serra la mâchoire, tentant de se maîtriser tant bien que mal.
– Eh bien allez-y ! s'exclama Hermione en se relevant et en les foudroyants du regard. Expliquez-moi ! Parce que j'ai effectivement du mal à comprendre !
– Mione… l'interrompit Ron.
– Ne.m' .comme.ça ! ordonna-t-elle au roux en serrant les dents avant de se tourner vers Harry. Tu voulais que l'on parle, eh bien parle ! Explique-moi pourquoi, en rentrant de vacances, j'ai trouvé les cadavres de mes parents en décomposition ? Morts, alors que vous m'aviez promis qu'ils seraient en sécurité et protégés par l'Ordre, seules raisons qui m'ont convaincues de partir ? Et pourquoi m'avoir laissée affronter ça toute seule ?
– C'est notre faute, approuva Harry, tu as raison. Nous n'aurions jamais dû les laisser sans surveillance et si tu savais à quel point on s'en veut ! Si seulement on pouvait changer les choses, on le ferait, je te le jure ! Je serais prêt à donner ma vie pour eux ! Et Dumbledore nous avait interdit de te contacter, prétextant un piège de la part des Mangemorts pour affaiblir l'Ordre.
– Harry s'est même violemment disputé avec Dumbledore, renchérit Ron.
Hermione sembla se calmer et fixa son regard sur ses camarades. Les Serpentard quant à eux commençaient à saisir la situation, qui était bien loin de tout ce à quoi ils avaient pu penser. Cette découverte était d'autant plus surprenante car ils n'avaient pas entendu parler d'une attaque contre les Granger, ils s'en seraient souvenus !
– Je suppose, reprit calmement Hermione, qu'avec du temps je pourrais peut-être finir par vous pardonner.
Harry et Ron soufflèrent de soulagement à ces mots tandis que Drago s'exaspérait intérieurement de la bêtise de la jeune fille.
– Mais il y a une autre chose qu'il faudrait que vous m'expliquez, termina Hermione.
– Laquelle ? demanda Ron rasséréné.
– Pour quelles putains de raison avez-vous torturés Maxwell Harris à mort ?
Les quatre garçons présents se figèrent et Ron devint très pâle, contrastant avec la rousseur de ses cheveux.
– Je… Je ne vois pas de quoi tu parles, tenta Harry.
– Ne me ment pas, Potter, tu n'arrangeras pas ton cas comme ça !
Ron sursauta en entendant le nom de famille prononcé avec autant de mépris tandis que Drago esquissait un sourire.
– On est en temps de Guerre, soupira l'Elu, et il faut parfois…
– J'n'en ai rien à foutre de tes explications ! le coupa celle qui avait été sa meilleure amie.
– Comment l'as-tu appris ?
– C'est tout ce que tu trouves à me répondre, pauvre abruti ?! s'écria Hermione tout contrôle disparu. Si je le sais, c'est parce que lorsque j'ai découvert les corps de mes parents, il y avait deux lettres, adressées à l'Ordre du Phénix de la part des Mangemorts. La première expliquait qu'ils voulaient faire un simple échange : Maxwell, dont le fils était mourant et qui réclamait son père, contre mes parents. Mais comme l'Ordre n'est jamais venu assurer la protection de mes parents bien que tu me l'aies promis, vous n'avez jamais eu vent de cette lettre !
« La deuxième expliquait qu'en refusant d'effectuer cet échange, vous aviez condamné mes parents au même sort que la famille de Maxwell : lui ayant été torturé à mort par tes bons soins, sa femme morte de chagrin devant la disparition de son époux et celle proche de son fils unique. Et enfin leur fils, Parker, qui par je ne sais quel miracle a survécu, pour se retrouver orphelin à 5 ans !
Elle s'arrêta pour reprendre son souffle pendant qu'ils réfléchissaient à ses paroles.
– Tu veux dire que… osa Ron.
– Oui ! Je veux dire que mon père a connu les mêmes tortures que celles que vous avez fait vivre à Maxwell, à la coupure près !
– Mais c'est impossible ! contra Harry.
– Espèce d'idiot dégénéré ! Mais quand comprendras-tu que lorsque tu es en colère, tu es directement relié à l'esprit de Voldemort qu'il le lit comme un livre ouvert ?! Il n'a pas été difficile pour lui de voir ce que tu faisais subir à Maxwell et d'indiquer aux Mangemorts ce qu'ils devaient faire ! En plus d'avoir torturé en toute connaissance de cause un autre être humain, tu as condamné mes parents ! Me condamnant par la même occasion à vivre cette épreuve seule, devant travailler 15h par jour pour avoir de quoi survivre, n'étant pas majeure chez les moldus. Hantée sans cesse par ces atroces images ! Tout ça à cause de toi ! Alors quoi que tu tentes de dire ou de faire, ça ne changera rien de l'image que j'ai de toi, Harry Potter ! Je te hais, allez en enfer, toi et ton Ordre du Phénix !
Ils étaient sans voix devant de telles révélations et surtout devant la colère et la haine de la jeune femme. Cette dernière s'était détournée et se dirigeait vers la porte.
– Tu ne peux pas sortir, lui rappela Blaise qui voulait calmer le jeu, on est enfermé et on n'a pas nos baguettes…
Mais Hermione ne s'arrêta pas pour autant et lorsqu'elle fut à deux mètres de la porte, celle-ci explosa en morceaux. Les garçons se jetèrent au sol pour éviter les éclats de bois alors qu'Hermione n'y prêta aucune importance. Quand elle passa ce qui avait été la porte, elle se retrouva face à un Dumbledore désolé qui tenait toujours les lettres dans ses mains et une Mc Gonagall sous le choc. Elle voulut arrêter la jeune femme, mais en voyant le regard de pure haine de cette dernière, elle poussa une légère exclamation et fit un pas en arrière. Hermione en profita et prit la direction du parc, plongé dans le noir, et d'où seul l'écho de la pluie qui tombe perturbait le silence du soir. Elle partit en direction du terrain de Quidditch, lieu qu'elle appréciait, contre toute attente.
– Laissez-la Minerva, indiqua Dumbledore en posant sa main sur l'épaule de sa directrice adjointe. Elle a besoin d'être seule.
Il dirigea son regard vers la salle où se trouvaient encore les garçons qui regardaient dans la direction qu'avait pris Hermione. Ron avait la bouche légèrement ouverte, Harry avait les yeux dans le vide, Blaise et Drago avaient les sourcils froncés devant toutes ces révélations perturbantes. Drago comprenant enfin pourquoi il n'en savait rien : ça c'était produit durant ses vacances et à cette époque il n'était pas encore d'un rang aussi élevé qu'à l'heure actuelle dans la hiérarchie des Mangemorts. Blaise ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour Hermione, ayant peur qu'elle fasse une bêtise après autant d'émotions. Mais une chose était sûre pour les deux Serpentard : Hermione Granger avait définitivement quitté l'Ordre du Phénix ainsi que le côté dit « du bien », ce qui était parfaitement compréhensible après ce qu'elle avait vécu.
