Lumos !

C'est avec une certaine émotion que je vous livre ce chapitre.

Il a été modifié, transformé, remanié à l'infinie pour vous plaire. Ma bêta Lau, n'étant pas dispo, c'est Pau qui a prit le relais pour les fautes, mais elles ont toutes les deux participé à l'amélioration de ce chapitre bancal. Donc, merci à elles pour leur aide, et plus particulièrement à Pauu pour avoir corrigé mes monstrueuses fautes d'accords (et les autres évidemment !)

Note importante :

Ce chapitre aurait dû en être deux, il fait donc le double de pages, soit 21 pages. La transition entre l'avant bataille et la bataille, va peut-être être étrange, mais je voulais marquer le coup pour ce dernier chapitre.

Il n'y aura pas de lemon dans cette histoire ! Outre le fait de ne pas briser la charte ffnet, après un rapide sondage, j'en ai déduit qu'il n'aurait pas sa place dans cette histoire qui est plutôt "Family", j'ai donc préféré un lime léger.

Je suis très anxieuse par rapport à l'accueil de ce qu'il se passe pendant ce chapitre et je n'ai jamais été aussi peu sûre de moi pour une publication, j'espère qu'il sera à la hauteur de vos espérances, et que vous ne serez pas déçu.

Bonne lecture !

Nox.


Chapitre 36 (Partie 1 & 2) : Avant de partir... En guerre !

Ce fut à la mi-mai que Nikita retrouva les couloirs de Poudlard. Il était néanmoins resté un bon moment dans les cachots, aux petits soins de sa mère et de son père qui avaient repris leur travail. Lors de sa première apparition dans la Grande Salle, il avait été bien accueilli par beaucoup d'élèves, ce qui lui avait réchauffé le cœur.

Aussitôt qu'il avait pu sortir de son lit, il avait reprit ses entraînements. Il avait en effet perdu beaucoup de poids, de tonus et de muscle pendant son emprisonnement et devait rectifier cela.

Une entrevue surprenante avec Luna l'obligea à intensifier encore plus ses cours supplémentaires. Celle-ci était venue le voir pendant un repas et lui avait soufflé quelques mots à l'oreille :

« C'est bientôt la fin... Dans quelques semaines, tu lui feras face, et le destin de plusieurs personnes sera en jeu. »

Les dires de la jeune fille l'avaient laissé perplexe, il en avait aussitôt parlé à Misha qui lui avait dit de se tenir prêt, tout en le bardant de sorts de protection et de localisation.

Mais avant que la guerre éclate, Harry souhaitait profiter de Charlie au maximum. Hagrid était rentré de son voyage et s'était offert quelques jours de repos avant de reprendre les cours. Charlie devrait donc bientôt retourner en Roumanie, bien que ce soit en traînant des pieds.

Depuis quelques jours, Nikita était bien décidé à passer à l'étape suivante avant que son compagnon s'en aille, et il avait déjà commencé à travailler dans ce sens. C'était donc pour cela qu'il marchait en ce moment même, dans les couloirs de Poudlard, en direction des appartements de son petit ami, repensant au fantastique moment qu'ils avaient passé tous les deux.

Flash Back

Charlie rentrait dans ses appartements lorsqu'il aperçut la silhouette endormie de Nikita sur son canapé. Il sourit et vint immédiatement l'embrasser pour le réveiller doucement. Lorsqu'ils eurent fini de profiter de ces retrouvailles et que Charlie fut assis à côté de lui, le Russe regarda son petit-ami dans les yeux avec un air sérieux.

« Tu pars bientôt et il y a quelque chose que j'aimerais faire avec toi... »

« Que veux-tu Nikita ? » demanda le dragonnier en lui prenant la main, prêt à tout pour lui faire plaisir.

« J'aimerais... aller un peu plus loin avec toi. »

Charlie se figea en entendant cette phrase toute simple, terriblement innocente, et qui pourtant le terrifiait.

« Ne te force pas... Je sais que c'est dur et... »

« Je ne force rien, » coupa Nikita. « J'ai réalisé que je le voulais quand j'étais prisonnier dans les cachots de Voldemort, mais j'ai attendu un peu, après être rentrer. Je voulais être sûr de moi. Et je le suis... »

« Je... Waouh... » Charlie ne savait pas vraiment quoi dire, c'était une conversation inhabituelle.

En temps normal, il sentait quand c'était le bon moment et faisait des tentatives, plus ou moins subtiles, pour avoir une relation.

« Je ne dis pas que nous ferons quoi que ce soit aujourd'hui, mais on pourrait peut-être essayer de... se mettre à l'aise... »

« Heu... Oui, » répondit le dragonnier, qui ne savait pas vraiment quoi faire.

« Charlie... Tu ne m'aides pas vraiment là... » déclara Nikita en baissant les yeux, rouge de honte.

Ça eut le mérite de réveiller Charlie qui réalisa que, non seulement Nikita n'était pas expérimenté, mais surtout, qu'il était traumatisé. Il allait devoir prendre les choses en main et lui prouver qu'il n'avait pas de quoi avoir peur avec lui. Alors, il le regarda de haut en bas et réfléchit à la meilleure façon de s'y prendre.

« Tu reviens de ton entraînement ? » demanda-t-il doucement en lui caressant la joue.

« Oui... » répondit Nikita avec une grimace quelque peu embarrassée. « Je suis venu sur un coup de tête. C'est vrai que j'aurais pu prendre le temps de m'arranger. »

« Non c'est très bien » dit Charlie en l'embrassant chastement.

Il se leva et lui tendit la main pour qu'il en fasse de même. Et ce fut sans la lâcher, que le dragonnier conduisit son compagnon dans la salle de bain, abordant des sujets légers pour le détendre et lui faire oublier ce qu'il pourrait se passer ou non.

Une fois arrivés, il le débarrassa avec lenteur de sa cape, tout en l'embrassant délicatement dans le cou. Il fit ensuite descendre les protections qu'il portait parfois lors de ses entraînements tout en continuant ses caresses très douces.

Nikita ne bougeait pas, il attendait.

Charlie passa ensuite le col roulé de Nikita par dessus sa tête, découvrant un torse musclé, bien qu'encore un peu maigre suite à sa captivité. Il laissa ses doigts parcourir la peau douce et pâle, avant de les remonter pour tirer l'élastique qui retenait les cheveux blonds qu'il aimait tant. Il passa ensuite une main dedans pour les détresser et les étaler sur ses épaules, comme il aimait les voir.

Il repassa la main derrière la tête de Nikita pour l'attirer à lui dans un baiser tendre, auquel le plus jeune répondit immédiatement, ce qui le détendit considérablement. Après de longues minutes de tendresse, Charlie reprit ce qu'il avait entrepris plus tôt. Il mit un genou à terre pour délasser les chaussures boueuses que Nikita envoya voler dans la pièce. Les chaussettes humides d'eau, de boue et de transpiration suivirent aussitôt le même chemin.

En arrivant à la boucle du pantalon, Charlie jeta un regard à son petit-ami qui hocha la tête. Il fit donc glisser le pantalon moulant et souple sur les longues jambes de Nikita, dévoilant aussi la cicatrice sur son mollet droit, héritage de son enlèvement. Contre toute attente, Charlie l'embrassa sur toute la longueur de la blessure contrastant avec la férocité avec laquelle elle avait été infligée.

Nikita était maintenant en boxer devant son petit ami qui le dévorait des yeux. Charlie, d'un mouvement très lent, crocheta le boxer noir de deux doigts et le descendit...

Fin de Flash Back

Le dragonnier s'était déshabillé à son tour, dévoilant son corps plus grand, et plus musclé que Nikita. Sa peau, très légèrement bronzée, était couverte de taches de rousseur. Ses épaules carrées semblaient faites pour protéger, pour accompagner. Sur son torse solide, on pouvait voir les traits parfaitement dessinés de ses pectoraux et de ses abdominaux.

Charlie avait eu l'idée de cette douche commune pour que Nikita voit son corps, qu'il le touche et qu'il l'apprivoise sans avoir la pression de l'acte, car ils savaient l'un comme l'autre que leur première fois ensemble ne serait pas sous la douche. Ce n'était pas le lieu idéal pour cela, et ce fait avait permis à Nikita de décompresser. Il s'était appliqué à savonner minutieusement le dragonnier, découvrant par la même occasion les zones de plaisir, les espaces chatouilleux...

Cela avait été un moment intime, plein de douceur et... de plaisir... Car après avoir précautionneusement lavé leur torse respectif, ils avaient dû finir ce qu'ils avaient commencé et avaient fait glisser leurs mains plus bas...

Rien qu'à ce souvenir, Nikita ne pouvait s'empêcher de rougir. Surtout qu'après ça, Charlie l'avait porté dans son grand lit et qu'ils avaient dormi ainsi, tendrement enlacés.

Depuis ce jour, Nikita dormait toutes les nuits chez Charlie, nu, et ils passaient des moments tendres entre baisers et caresses plus ou moins approfondies. Mais aujourd'hui, il était bien décidé à s'offrir entièrement à son homme.

Il avait revêtu sa plus belle robe, noir profond avec des liserés argents et des reflets bleu nuit. C'était le dernier jour de Charlie en Angleterre et ils voulaient en profiter. Ils allaient manger dans ses appartements et passer la nuit ensemble, la dernière avant un moment.

Ils avaient beaucoup parlé du rôle de Nikita dans cette guerre. Charlie avait réalisé que la pression que subissait Harry s'était irrémédiablement transférée sur Nikita. Ce dernier lui avait expliqué la prophétie et le dragonnier en avait été choqué. Il avait alors compris que, peut-être, Nikita allait mourir dans cette guerre. Il l'avait toujours su, mais, avec l'annonce de cette prophétie, les risques qu'il encourait lui avaient semblaient bien plus réels.

En revanche, Nikita ne lui avait pas dit que la dernière bataille était proche. Que peut-être, ils ne se reverraient plus. Il préférait le voir partir heureux et amoureux que triste et inquiet. Et il tenait à faire de cette soirée, une soirée inoubliable.

Il frappa à la porte cachée derrière le tableau de la vélane et Charlie vint lui ouvrir.

«Tu as le mot de passe pour entrer chez moi, » dit celui-ci en fronçant les sourcils.

« J'essaie de faire les choses bien, pour notre rendez-vous, ne casse pas tout, » répondit Nikita faussement vexé.

« Oh, très bien. Alors, je vous en prie Monsieur Snape, voulez-vous bien vous donner la peine d'entrer dans ma modeste demeure, » dit Charlie avec le parfait air pincé des Malfoy, qui ne lui allait absolument pas.

Ils rirent tous les deux et Nikita s'approcha pour embrasser son homme qui ferma la porte. Ils prirent un apéritif sur le canapé du salon en discutant joyeusement de tout et de rien. Des cours, des amis, des études de Nikita et du travail de Charlie. Ce fut d'ailleurs à ce moment là que celui-ci engagea la discussion sur un sujet qui lui tenait à cœur :

« Tu sais, je ne pourrais pas venir pour la prochaine sortie à Pré-Au-Lard. C'est déjà énorme que mon patron m'ait laissé rester si longtemps ici... Je ne sais pas quand on se verra à nouveau... »

« Je sais mais nous sommes fin mai. Si tu le veux bien, pendant les vacances, je viendrai vous rendre visite, à toi et tes dragons, » répondit Nikita en souriant.

« Je serais ravi de t'accueillir chez moi bien sûr. Mais à vrai dire… Je voulais savoir... » Il s'interrompit, l'air nerveux. « Tu m'a dis qu'après cette guerre, tu voudrais repartir en Russie et... Il y a plein de réserves là bas et je me demandais si ça te plairait si... je demandais ma mutation. »

Il y eut un silence alors que Nikita réfléchissait. Charlie reprit vivement :

« Ça te paraît peut-être précipité, mais cette affectation ne sera pas effective tout de suite. Il faudra plusieurs mois pour qu'elle soit acceptée et qu'une place soit trouvée à l'endroit demandé. Je me disais donc que si dans quelque temps, nous voulions... peut-être... nous installer ensemble, mon travail sera plus près. Je ne pourrais pas rentrer de Roumanie en Russie chaque soir alors... Après tout, je n'ai pas réellement d'attache en Roumanie et je pensais déjà découvrir un autre pays. »

Charlie décida de se taire plutôt que de continuer à bafouiller lamentablement. Nikita ne disait rien, l'air complètement absorbé par l'étude du fond de son verre. Après plusieurs secondes dans un silence angoissant, il prit enfin la parole :

« J'aimerais vraiment envisager un futur où nous serions ensemble tous les jours. Rentrer pour te raconter ma journée, dîner tranquillement et simplement avec toi... » Charlie souffla de soulagement : Nikita ne refusait pas son offre. « Mais il y a une guerre. Une guerre dont je ne suis pas sûr de revenir vivant... Je ne veux pas que tu changes de vie pour moi, alors que je risque de t'abandonner en chemin... »

« Ne dis pas ça Nikita... » le coupa Charlie.

« C'est la réalité... » soupira le jeune homme. « Mais une chose est sûre, à l'instant où cette guerre se finit, si je suis toujours en vie, tu pourras poser ta mutation et je ne te lâcherai pas d'une semelle très cher ! »

Ça eut le mérite de détendre un peu Charlie même si une lueur d'inquiétude persistait dans ses yeux.

« On passe à table ? »

« Bien sur. »

Ils se levèrent et allèrent s'installer à la petite table dans le coin salle à manger. Charlie avait soudoyé les elfes de maison pour qu'un repas digne d'un palais soit servi directement chez lui.

Ils se régalèrent et s'amusèrent beaucoup durant le repas, se racontant des anecdotes d'enfance ou d'adolescence. C'était plus simple maintenant que Charlie était au courant de toute l'histoire de Nikita, ils pouvaient parler sans tabou et sans complexe et ça se ressentait dans leur relation. Ils étaient plus ouverts et plus complices. Nikita n'esquivait plus les questions trop personnelles ou celles sur son enfance..

A la fin du repas, Nikita sortit de sa robe deux paquets cadeaux sous le regard surpris de son compagnon. Il lui tendit le plus gros des présents.

« J'ai raté notre anniversaire ? » demanda Charlie avec un sourcil relevé de façon très Snapienne.

« Je voulais... marquer le coup... » répondit Nikita avec hésitation. « Allez ouvre ! » dit-il ensuite pour changer de sujet.

Si Charlie sentit son malaise, il n'en dit rien et il ouvrit délicatement l'emballage rouge de son cadeau pour tomber sur un petit miroir.

Il regarda Nikita avec incompréhension.

« C'est un miroir à double sens. C'était à Sirius... J'ai le même et ils sont reliés ensemble, de cette façon, nous pourrons nous voir tous les jours. »

« A Sirius... » souffla Charlie d'une voix cassée, conscient du sacrifice qu'il faisait en se séparant d'un tel objet.

« C'est Remus qui me l'a rendu. C'est lui qui a récupéré mes affaires après... tu sais... et je lui ai demandé si je pouvais avoir l'exemplaire de Sirius. De cette façon nous pourrons toujours nous voir et en cas de problème, nous pourrons nous contacter immédiatement. » dit Nikita d'une façon amer. « Si seulement j'avais... Bref... Ça n'a pas d'importance, l'essentiel c'est de l'avoir maintenant. Je l'avais cassé mais Misha l'a confié à une femme de son clan, spécialiste dans ce genre d'objet, et elle l'a réparé. Elle a en plus, ajouté un sort incassable, tu pourras l'avoir sur toi en permanence. »

« Merci, » murmura Charlie après un moment, en contemplant l'objet.

Nikita, ne voulant pas s'éterniser sur le sujet, fit glisser le deuxième paquet, nettement plus petit, dans un joli emballage gris brillant.

Charlie s'en empara et l'ouvrit. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il reconnut la petite fiole de liquide gluant et transparent.

Du lubrifiant.

Il releva la tête vers son compagnon, qui souriait mais semblait très nerveux.

« Tu ne penses pas que ça va un peu vite ? » demanda Charlie d'une voix tremblante. « Nous sommes intimes depuis peu, je ne veux pas que tu te sentes forcé... Ce que tu m'offres pour le moment est bien suffisant. »

« Je le veux, » déclara le Russe.

« Mais Nikita... »

« J'ai envie de ça avec toi. Et je veux le faire avant que tu partes. »

« Nous aurons tout le temps, ce n'est pas un adieu. »

Nikita regarda Charlie dans les yeux. Il n'avait peut-être pas tant de temps que ça. La grande bataille approchait et ça serait la dernière. Il n'avait pas envie de mourir, mais c'était une possibilité, et il voulait connaître l'amour avant de partir. Mais il ne pouvait pas dire tout cela à Charlie, il ne voulait pas l'inquiéter, ni le mettre en danger.

« Je sais, mais j'en ai envie. »

Il hésita un moment avant de murmurer :

« Apprends-moi Charlie. »

Cette seule minuscule phrase eut le mérite de d'enflammer les sens de Charlie.

Il se leva, contourna la table et tomba à genoux à côté de la chaise de son compagnon.

« Nikita, je ne peux pas envisager de te voir mourir au combat. J'aimerais te demander de me promettre que tu me reviendras, j'aimerais t'emmener avec moi, loin de tout ça, j'aimerais te rendre heureux... Te voir sourire chaque jour que Merlin fait... Pourtant, je sais que jusqu'à ce que cette guerre soit finie, tout ceci n'est qu'illusion... Alors, je ne te demanderai rien et je vais juste... profiter de t'avoir avec moi, comme si c'était la dernière fois. »

Charlie prit le visage de son compagnon en coupe et l'abaissa pour l'embrasser avec fougue.

.oOo.

Il était partit depuis deux semaines.

Deux semaines maintenant que Nikita n'allait plus en cours, justifiant son absence auprès de Dumbledore par une maladie dûe à son enfermement. Même si le vieux fou n'était pas dupe, il laissait faire Severus et Vlada, sachant que ces derniers temps avaient été compliqués pour eux.

Nikita passait donc tout son temps dans les cachots, se faisait entraîner par son père, sa mère, Remus ou Misha dès que l'un d'eux était disponible.

L'ambiance était pesante entre eux.

Nikita, sentait sur lui, le regard de son père à chaque moment de la journée. Celui de Misha également. Ils étaient là dès qu'ils le pouvaient, dans l'ombre, veillant sur lui. Vlada et Remus se montraient plus tactile, plus prévenant. Ils s'assuraient qu'il dorme au moins six heures par nuit, qu'il se nourrisse correctement et qu'il prenne des potions de vitamines par exemple, pour garantir son bon état de santé.

Les seuls moments vraiment sereins étaient ceux où il appelait Charlie avec le miroir à double sens. Chaque soir, ils discutaient au minimum un quart d'heure, racontant leur journée. Cela redonnait à Nikita le moral et le courage dont il avait besoin. Il ne lui avait pas dit que la bataille approchait et, ainsi, il ne subissait pas cette ambiance lourde et les regards inquiets de son amant.

Oui, amant.

Ils avaient franchit le cap, juste avant le départ de Charlie et ça avait été merveilleux.

Le dragonnier s'était montré doux, tendre, patient et Nikita avait pris son pied comme jamais, malgré la peur qui lui scindait le ventre. Lorsqu'ils avaient connu l'extase, Charlie lui avait dit à quel point il l'aimait et ils s'étaient embrassés, le plus simplement du monde.

Ça avait été... exceptionnel.

Nikita était conscient que ce moment était peut-être le dernier qu'il allait vivre, et il en avait profité allègrement.

Le fait que tout le monde prenne la mise en garde de Luna avec autant de sérieux pouvait être surprenant, mais ils avaient tous le pressentiment qu'elle disait la vérité, et que derrière cette jeune fille fantasque, se cachait un don précieux. De toutes manières, il ne fallait pas être Merlin pour comprendre que Voldemort allait attaquer... Il était furieux à cause de l'évasion de son prisonnier et cet échec lui donnait envie de reprendre les rênes, de prouver au monde sa puissance et sa domination.

La bataille approchait...

Lorsque personne n'était disponible pour l'aider, il se plongeait dans des grimoires plus ou moins sombres, apprenant le maximum de sorts, cherchant ceux qui lui seraient utiles.

« Tu t'en souviens n'est-ce pas ? » fit une voix grave derrière Nikita.

Il était assis au sol, appuyé contre le sofa de l'appartement de ses parents, plongé dans un parchemin ancien sur les sorts de protection.

« Oui Misha... Je te le promets. »

« Bien. »

« Tu n'es pas du genre à t'inquiéter d'habitude, » déclara Nikita sans se retourner.

« D'habitude mon frère ne risque pas sa vie... » répondit Misha en s'asseyant sur le fauteuil.

Il y eut un silence paisible, chacun réfléchissant aux risques et conséquences de cette bataille qui serait, sans nul doute, la dernière.

« Veux-tu aller prendre l'air ? » demanda Misha.

« Non... » répondit évasivement Nikita, replongé dans les écrits. « J'aimerais finir ça. »

« Et moi je veux que tu viennes partager un moment joyeux avec tes amis de Poudlard qui sont rassemblés dehors. »

Nikita releva la tête, les yeux légèrement écarquillés.

« Tous ensemble ? » demanda-t-il.

« Tous. »

« Hermione et Draco ? »

« Assis l'un à côté de l'autre, lisant le même livre de runes, » répondit le vampire avec un sourire.

« Génial ! » cria Nikita en se relevant d'un bond.

Depuis qu'il s'était fait des amis dans chaque maison, il était plutôt rare de les voir ensemble lorsque lui même n'était pas présent, mais Hermione et Draco encore moins. S'ils ne s'insultaient plus, ils ne s'adressaient que très rarement la parole et les voir ensemble sans Nikita pour les y forcer était inimaginable.

Il voulait voir ça !

Ce fut avec un sourire qu'il franchit le seuil de l'appartement pour rejoindre ses amis.

Misha sourit à son tour : ce petit bol d'air frais ferait du bien à son frère.

.oOo.

Effectivement, ce fut une bonne idée : grâce à cela, Luna avait réussi à le persuader de participer à la sortie de Pré-Au-Lard du deuxième week-end de juin.

La voir argumenter pour le convaincre de sortir avait mis la puce à l'oreille de Nikita. C'était inhabituel de la voir demander quelque chose qui, apparemment, lui tenait à cœur. Alors, il avait accepté, sans faire part de ses soupçons à qui que ce soit.

Évidemment, ses parents avaient été réticents à le laisser sortir, mais s'étaient finalement inclinés. S'en était ensuite suivi une violente dispute entre Severus et Vlada, qui avait mis Nikita dans tous ses états.

Vlada avait décidé qu'elle serait accompagnatrice, chose que son époux n'avait pas accepté. Pourtant, elle avait continué à lui tenir tête. Nikita les avait entendus derrière la porte de sa chambre. Ils n'avaient pas tout compris de leur conversation, mais suffisamment pour savoir que sa mère avait affirmé qu'elle irait, que ça lui plaise ou non et que son père avait dormi sur le canapé...

Vlada avait longuement pleuré dans sa chambre et Nikita, quant à lui, s'était roulé en boule dans son lit, sous sa forme de Novy.

Il savait que ses parents lui cachaient des choses, mais n'avait pas eu le courage de s'imposer pour exiger des réponses. Ce qu'il savait, était qu'actuellement, alors qu'il se promenait dans les rue de Pré-Au-Lard, son père, sa mère et son parrain, patrouillaient dans les environs.

Le soleil était haut dans le ciel en cette douce journée du mois de juin.

« Mak m'a dit qu'il avait passé ses examens hier. Il a peur de ne pas avoir réussi, surtout en sortilège, » déclara Draco.

« Quel était le sujet ? » demanda Hermione.

« C'était apparemment sur les sortilèges d'oubli. »

« Oh c'est intéressant ! » s'extasia la jeune fille. « Ils ne nous les apprennent pas ici. »

« Vous allez arrêter de parler des cours... » geignit Neville à côté d'eux.

« C'est vrai qu'il y a plus intéressant, » renchérit Misha avec un sourire narquois. « Comme le futur voyage que Neville s'apprête à faire avec Elena... »

Le petit groupe s'arrêta net alors que tous fixaient le brun rougissant. Lui n'osa lever les yeux et regardait fixement ses chaussures, se balançant d'un pied sur l'autre.

« C... Comment sais-tu ça ? » bégaya-t-il au vampire dont il avait toujours une trouille bleue.

« Elle en parlait avec son frère la dernière fois que je suis allé la voir. Alors ? »

Neville hésita puis regarda ses amis.

« Et bien... C'est vrai que nous nous entendons bien et que nous avons prévu de nous retrouver pour passer nos vacances en Amazonie à la recherche de plantes rares. »

Des sifflements se firent entendre autour de lui alors qu'il était plus rouge que son écharpe. Même Draco s'y était mis, faisant fi de ses bonnes manières pour un court instant.

Nikita riait ouvertement, et allait même renchérir, lorsque des bruits de transplanage se firent entendre.

Sur ses gardes, il regarda autour de lui et vit avec horreur de multiples ombres noires apparaître dans le village. Des cris commencèrent à fuser de toute part et Lord Voldemort apparut, en personne, face au petit groupe d'adolescents. Il était toujours aussi laid, dans ses robes en lambeaux. Son corps maigre dont les os saillaient sous la peau, avait une teinte cadavérique et ses yeux rouges reflétaient une joie malsaine.

A côté de lui, trois Mangemorts masqués lui servaient de garde du corps.

« Mon petit fugueur... » susurra-t-il avec un sourire sournois.

« Voldy, » répondit effrontément Nikita.

A ce moment là, Nikita était sûr que si le Seigneur des Ténèbres avait eu des narines, elles auraient frémi de rage. Il le vit ensuite se tourner vers Draco et l'appeler.

« Jeune Malfoy, il est temps de montrer ta véritable allégeance... »

Celui-ci ne bougea pas, complètement terrorisé. Cela-dit, il n'eut pas le temps de faire un geste, qu'une ombre noire apparut devant lui.

« Mes excuses my Lord, mais Draco ne viendra pas, » dit Lucius Malfoy, protégeant courageusement son fils de son corps.

Néanmoins, son assurance n'était que de façade, Nikita remarqua ses mains légèrement tremblante et ses épaules contractées.

« Misérables vermisseaux ! » grogna Voldemort.

Neville pendant ce temps, s'était rapproché de Blaise et d'Hermione, les deux personnes les plus proches et essaya de transplaner, se heurtant à des barrières invisibles. Apparemment, seuls les porteurs de la Marque des Ténèbres pouvaient à présent transplaner dans le village.

Nikita essayait de garder son calme, et d'analyser la situation alors que les combats commençaient d'ors et déjà autour d'eux. Il vit son père protéger sa mère d'une attaque de trois Mangemorts, et Remus se ruant sur Fenrir Greyback.

Ils ne savaient pas comment se sortir de là, et n'eut pas vraiment le temps de réfléchir car déjà, les gardes du corps du Lord Noir se jetaient sur Lucius qui avait dégainé sa baguette et protégeait les adolescents derrière lui, bien qu'ils lui vinrent immédiatement en aide.

Misha s'était jeté sur l'un des Mangemorts qu'il savait être un vampire, grâce à son odorat aiguisé.

Seuls Nikita et Luna n'avaient pas bougé.

Ils se contentaient de fixer Voldemort, attendant le moindre mouvement.

Mouvement que, malgré son entraînement pointu, Nikita n'avait pas prévu. Il s'attendait à devoir esquiver un sort, protéger un proche, voir même courir pour s'échapper, mais il n'avait pas penser que Voldemort se volatiliserait devant eux...

Pour réapparaître juste derrière lui, l'attraper par les épaules et repartir aussitôt.

Nikita se sentit être emmené dans les méandres d'un transplanage, mais juste avant que ses pieds ne quitte terre, il sentit un poids, blottit contre son côté gauche, accroché à ses hanches.

Le transport fut le plus désagréable qu'il n'ait jamais connu. Il fut ballotté dans tous les sens, résistant à ce transplanage qui n'était pas de son fait, essayant par tous les moyens de se défaire de la poigne de... l'homme, derrière lui.

Pourtant, il n'eut pas à s'en soucier plus longtemps, car à peine furent-ils arrivés, que celui-ci le lâcha et s'écarta violemment. Il sentit le corps accroché à lui tomber au sol dans un petit cri de panique et reconnut la voix comme étant celle de Luna. Il fronça les sourcils en ouvrant les yeux qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir fermés et son regard se posa immédiatement sur Luna,prostrée au sol, en proie à de violentes nausées.

Nikita releva la tête et son regard se posa sur les arbres environnants. Il hoqueta de surprise lorsqu'il reconnut l'endroit dans lequel ils étaient. C'était la clairière de la forêt interdite, dans laquelle il avait surpris Voldemort en train de boire du sang de licorne, lors de sa première année.

« Ainsi donc, mes doutes sont confirmés, » fit la voix glaciale du Seigneur des Ténèbres juste à côté de son oreille.

Nikita sursauta violemment et se retourna pour lui faire face, reculant de plusieurs pas. Il n'alla néanmoins pas très loin, pour ne pas laisser Luna seule, proche de cet homme. Celle-ci se releva difficilement et s'approcha de lui, titubant légèrement en tenant entre ses mains, sa baguette brisée par sa chute.

Il la regarda faire avec inquiétude et se plaça devant elle pour la protéger de son corps, fixant le Lord Noir avec hargne. Celui-ci le fixait, mais pour une fois, il ni avait pas de rage dans son regard. Juste une jubilation intense comme si les questions de l'univers avaient enfin trouvées des réponses, uniquement grâce à lui. Une fierté déplacée et malsaine.

« Bonjour, Harry Potter, » dit-il avec délectation.

Nikita se sentit vaciller sous le choc.

Il savait.

Voldemort connaissait son secret.

Celui-ci reprit :

« Je ne comprenais pas pourquoi, Harry Potter avait disparu si précipitamment. Je sentais encore la connexion et puis, plus rien... Severus a vraiment bien jouer le coup... Malheureusement pour toi, tu t'es trahi... »

« Je ne vois pas de quoi vous parlez... » souffla Nikita.

Le sourire de Voldemort s'agrandit, il fit un pas en avant, puis se pencha très légèrement :

« C'est vrai ? » demanda-t-il faussement surpris. « Alors comment expliques-tu que nous aillons cette conversation... en fourchelangue ? »

Nikita haleta.

Il s'était fait avoir. Il n'avait, à aucun moment, réalisé qu'ils parlaient dans la langue des serpents. Il ne savait même pas qu'il le pouvait encore, après avoir retiré l'Horcruxe logé en lui.

Il entendit vaguement le Lord Noir ricaner, trop plongé dans la détresse qui l'habitait.

Si lui savait... Qui d'autre ? Comment allaient réagir les gens ? Ses proches ? Que diraient Hermione, Draco, Neville, lorsqu'ils l'apprendraient par la presse ?

Non.

Il ne pouvait pas... ne voulait pas laisser cela arriver. Pas d'autres drames et une vie tranquille, loin de sa popularité, c'est à cela qu'il aspirait.

« Avada Kedavra »

Non.

Chamboulé au plus profond de son âme, il ne vit que trop tard, le sort se précipiter sur lui, mais ce n'était pas le cas de Luna. Avec force, elle tira Nikita sur le côté, vacilla quelques instants et reçut le sort en pleine poitrine.

« Non, » murmura Nikita en voyant le corps sans vie, tomber à ses pieds.

Il tomba à son tour à genoux, touchant le visage de son ami dont les yeux pâles reflétaient un vide même que celui qu'il avait vu dans les yeux de Cedric Diggory.

Encore une fois, il n'avait pas été assez fort. Encore une fois, il n'avait pas su protéger un être cher. Et, alors qu'au loin, les explosions et les cris faisaient rage, Nikita se sentit sombrer.

« Non ! » hurla-t-il, les larmes dévalant ses joues.

Un ricanement lui répondit.

En face de lui, Voldemort jubilait face à la situation.

« Vois-tu, je ne savais pas comment toucher Nikita Snape, mais pour ton plus grand malheur, je connais les faiblesses d'Harry Potter, et l'une d'elle, c'est l'amour qu'il porte à ses proches. »

Les sanglots secouaient le corps de Nikita et Voldemort s'en délectait. Ce jeune homme qu'il n'avait pas réussi à atteindre pendant un mois de torture, était en train de pleurer lamentablement à ses pieds.

« Tu as raison, » susurra-t-il en se baissant à son oreille. « L'Avada n'est pas une bonne solution pour toi... Je vais jouer un peu avant... Doloris ! »

Nikita hurla de toute la force de ses poumons, alors qu'il se tordait au sol, se roulant dans la terre sèche de la petite clairière. Il était certain que le Lord Noir avait mis de puissantes barrières anti-vampire et des sorts de silence tout autour d'eux au préalable. Pourtant, la torture s'arrêta soudainement lorsqu'il entendit Voldemort grogner :

« Mes barrières... »

Nikita ouvrit difficilement les yeux pour regarder le dos de la personne qui s'était interposée entre lui et son adversaire. Il n'eut même pas besoin de lever la tête pour reconnaître Misha ; ses bottes parfaitement cirées étaient reconnaissables entre mille, tout comme son aura, son odeur… Apparemment, les nouveaux sorts que Misha avait posés sur lui depuis son enlèvement passaient outre les barrières que Voldemort avait trouvées.

Nikita tourna la tête pour voir le visage pâle de Luna, et se souvint :

« C'est bientôt la fin... Dans quelques semaines, tu lui feras face, et le destin de plusieurs personnes seront en jeu. »

Il se redressa péniblement et posa sa main sur l'épaule de Misha qui faisait toujours face au Seigneur des Ténèbres, les deux se toisaient avec dédain. Nikita ne les laissa pas continuer leur duel de regards et secoua le vampire :

« Misha, je t'en prie ! »

Misha regarda en arrière, pour voir le corps de la jeune fille. Il regarda Nikita le sondant, puis après avoir acquiescé, se précipita sur Luna et chevaucha ses hanches, avant de poser ses lèvres dans son cou pour y planter ses crocs aiguisés. Il n'avait que quelques minutes avant que son âme ne quitte son corps.

Pendant ce temps, Nikita avait repris sa place en face de Voldemort et, baguette au poing, attendait le prochain mouvement de son ennemi.

Cela ne tarda pas.

Après quelques secondes, les sorts commencèrent à fuser, projetant des étincelles dans tous les coins de la clairière, ils jouaient avec les éléments, mêlaient les sorts et entremêlaient leurs mouvements dans une danse improvisée et périlleuse.

Nikita aurait pu croire qu'après tout ce temps passé en temps qu'âme, et ce corps rachitique, le Lord Noir ne serait pas aussi habile, voir même lent, et compenserait ce fait en force brut... Mais il n'en était rien...

Lord Voldemort était craint par toute la communauté sorcière d'Angleterre, et à ce moment précis, c'était parfaitement compréhensible.

Il bougeait avec aisance, esquivait, se protégeait et lançait des sorts d'une puissance dévastatrice. Pourtant, il ne faisait que quelques pas à chaque fois, ne courait pas dans tous les sens, ne transpirait même pas, restait dans sa zone de confort.

Après un échange violent de plusieurs minutes, le jeune russe prit un sort de découpe dans la jambe gauche. Il chancela et aussitôt après, un souffle de vent puissant le propulsa dans un buisson.

Depuis son coin, caché par le feuillage, il prit le temps d'observer. Ainsi, il put voir que Misha était parti, sûrement pour finaliser le rituel qu'il avait amorcé. Il ne lui en voulait évidemment pas, sauver Luna était une priorité. Nikita avait aussi une magnifique vue sur le Lord Noir et son visage rayonnant.

« Tu ne pourras pas m'échapper bien longtemps Harry Potter, » ronronna celui-ci. « Je vais te tuer. Puis je tuerai ton père, puis ta mère, et ton insignifiant vampire. Toutes les personnes auxquelles tu tiens un temps soit peu seront torturées, avant d'être tuées. Et tout ça sera ta faute Harry. »

Nikita fit un effort considérable pour ne pas réagir. Le caractère Gryffondor au sang chaud n'était jamais bien loin et il devait se brider pour ne pas tout simplement sortir des buissons et essayer de pulvériser le cadavre vivant à quelques pas de lui.

Au lieu de cela, il prit plusieurs respirations profondes, ignorant les insultes et moqueries de Voldemort pour élaborer un plan.

Un plan idiot, mais le seul qu'il parvenait à concevoir entre la colère qu'il ressentait, la peur, l'adrénaline et la perte de sang.

Alors que Voldemort continuait à déblatérer au sujet de la mort lente et douloureuse qu'il infligerait à chacun de ses proches, Nikita se métamorphosa en Novy et se faufila dans les profondeurs des buissons, sans le moindre bruit.

Sa respiration était hachée et il boitait légèrement de sa patte blessée, néanmoins, il se mouvait avec la grâce familière des félins, faisant attention aux feuilles mortes, brindilles et éventuelles flaques d'eau. Si sa vision était réduite par sa petite taille, son ouïe, elle, était accrue, ainsi que son odorat. Ce dernier sens lui apprit d'ailleurs que quelqu'un approchait de leur position, il ne reconnaissait pas vraiment l'odeur, même si elle lui était familière.

Son plan était simple : aller le plus discrètement possible se poster derrière le sorcier sombre et le surprendre. Cela-dit, il n'avait pas songé à la distance qu'il devrait parcourir avec ses petites pattes et il sentait que Voldemort commençait à se rendre compte de son stratagème, ne le voyant pas ressortir des buissons.

Nikita reconnut finalement l'odeur de Misha qui s'approchait de l'endroit qu'il venait de quitter. Ce dernier, ayant deviné le plan de son frère, remuait légèrement les feuilles, pour faire croire à la présence de Nikita. Il le pria silencieusement, remerciant Merlin de pouvoir compter sur son frère en toutes circonstances et reprit sa route à travers les branchages.

Lorsqu'il fut dans le dos de son adversaire, à quelques mètres de lui, il se transforma à nouveau et décrocha son piercing à l'oreille pour lui redonner sa taille originelle, dans le plus grand silence. Tout aussi lentement, il prit une minuscule fiole, précieusement conservée dans une ses poches, et en imbiba son arme.

Tapis dans les buissons, sa pointe de dragon tenue fermement en main, Nikita attendit une ouverture.

« Alors Harry, tu te caches ? Aurais-tu peur ? Préfères-tu que je m'occupe de ta famille avant ? » ricana Voldemort.

Nikita serra les poings pour ne pas lui sauter dessus et attendre véritablement le bon moment.

« Harry ? Tu ne veux plus me faire face ? » demanda encore le Lord, en se tournant légèrement pour essayer de l'apercevoir.

Nikita prit ce mouvement comme un signal et bondit hors de sa cachette, brandissant sa pointe imbibée du précieux venin de basilic, récupéré cette année dans la chambre des secrets. En même temps, il murmura une formule vampirique que Misha lui avait fait répéter inlassablement.

Le Lord n'eut que le temps de se retourner, recevant l'arme en pleine poitrine. Il s'effondra sous la force du corps précipité contre le sien, emportant le jeune homme avec lui.

Au quatre coins du pays, des petits objets, contenant des morceaux d'âme se fendillèrent avant d'imploser, laissant sortir des hurlements de douleur. Leurs cris contrastaient avec le silence régnant dans la clairière, seulement entrecoupé d'une respiration haletante et d'un souffle erratique.

Lorsque Nikita se redressa, il s'appuya sans sommation sur le torse aux côtes saillantes sous lui et reçut un jet de sang sur le visage lorsque Voldemort toussa bruyamment. Il fit un bond en arrière pour s'éloigner du Lord, soudain pris de tremblement.

Les yeux rouges plantés dans les siens exprimaient toutes sa souffrance, avec une pointe d'incrédulité. Nikita était bien plus touché qu'il ne l'avait imaginé. C'était son but depuis des années. C'était pour ça qu'il s'était entraîné si dur...

Et pourtant…

Pourtant en cet instant, il avait l'impression qu'une partie de son âme, lui était arrachée.

Grâce à Severus et aux information qu'il avait récolté, Nikita avait appris qui avait été Tom Jedusor. Du moins, dans les grandes lignes : un enfant abandonné, mal aimé, élevé dans un environnement malsain… Comme lui.

Malgré le morceau d'âme qu'il n'avait plus en lui, il se sentait toujours lié à cet homme qui avait saccagé sa vie aussi sûrement qu'une tempête soufflait une maison.

L'homme qui avait tué ses parents.

L'homme qui était responsable de la mort de Sirius.

L'homme qui l'avait condamné à une vie de peine et de souffrance.

L'homme qu'il aurait pu devenir, s'il n'avait pas rencontré des gens comme Hermione, Ron, Sirius, Remus et toute la famille Weasley.

Oui, malgré tout cela, il se sentait mal.

Alors, il resta là, regardant le corps agonisant, souhaitant cependant que celui-ci trouve enfin la paix.

Lord Voldemort, plus humain que jamais, commença à dodeliner de la tête, sentant la vie quitter son corps, mais dans un dernier effort, il regarda celui qui aurait pu être son compagnon d'âme dans une autre vie, et murmura :

« Harry Potter, l'amour sera toujours ta faiblesse. Si seulement… »

Les larmes coulèrent librement sur le visage de Nikita alors qu'il voyait la flamme quitter les yeux de son ennemi de toujours. Un bruit derrière lui attira son attention.

Il se retourna vivement pour tomber sur le visage défait de son directeur d'école. Celui-ci s'approcha doucement, les yeux écarquillés. C'était la première fois que Nikita voyait une expression de surprise sur le visage ridé de son ancien mentor.

« Harry… ? » murmura-t-il.

« Non, » répondit Nikita d'une voix tranchante, fixant de nouveau son regard sur le corps inerte à ses pieds.

« Que… »

« Harry n'existe plus, depuis le jour où vous l'avez laissé enfermé avec son bourreau, dans une chambre miteuse au 4 Privet Drive. »

Le vieux directeur, plus voûté que jamais, s'avança encore, jusqu'à arriver à sa hauteur. Il regarda à son tour le corps squelettique.

« Je suis ravi de savoir que tu vas bien… » dit-il finalement.

Il allait reprendre la parole, mais Nikita se planta devant lui, le regardant avec défi.

Tous les sentiments qu'il ressentait étaient exacerbés et tout à coup, tous ses horribles souvenirs défilèrent devant ses yeux. Les mauvais choix de cet homme avait causé son déclin. Il avait faillit mourir et tout était de sa faute. A cet instant, il redevint Harry Potter, celui qui avait trop souffert.

« Et moi je ne suis pas ravi de savoir que vous connaissez mon secret, » dit-il d'une voix tranchante. « Alors je vais vous expliquer ce qu'il va se passer, » continua-t-il en le pointant d'un doigt accusateur.

« Vous ne direz à personne où est caché Harry Potter, quitte à le déclarer officiellement mort. Je veux que vous annonciez que Voldemort n'est plus, sans pour autant vanter vos louanges ! C'est ma victoire et je veux qu'elle reste la mienne ! Personne n'a besoin de le savoir »

« Harry… »

« Non ! Vous avez enchaîné les erreurs ! Avec moi et certainement avec d'autres. Vous n'êtes plus de taille à occuper des postes à responsabilité. Si vous avez été digne d'être un dirigeant durant une bonne partie de votre vie, ce n'est aujourd'hui plus le cas. »

« Harry… »

« Non, c'est terminé. J'ai maintenant une famille et je vais retourner dans mon pays de cœur. Si vous aviez un tant soit peu de respect pour moi en tant qu'Harry Potter, vous ferez ce que je vous dis, » déclara Nikita, laissant une chance au directeur de réparer ses erreurs.

Le directeur le regarda avec tristesse, l'air plus vieux, plus voûté.

« J'ai peut-être surestimé ma capacité à prendre cette guerre en charge… Je pense… qu'il est temps pour moi de me retirer… J'ai une maison sur la plage, que je réservais pour mes vieux jours. Ils arrivent seulement… plus tôt que je ne le pensais. »

Un bas grognement animal retentit.

Ils se retournèrent tous les deux, pour voir une panthère noire marcher dignement et venir s'enrouler autour des jambes de Nikita. Celui-ci planta sa main dans la fourrure de l'animal qui ronronna en lançant des regards furieux au directeur.

Albus comprit.

Il ne fallait pas être Merlin pour deviner qui était en réalité cet animal, ni l'avertissement dans ses feulements.

Albus jeta un œil derrière Nikita et vit le frère vampire du jeune homme arriver, pour se planter derrière lui, tenant le corps de la jeune Lovegood dans ses bras.

Pour une fois dans sa vie, le directeur décida de baisser les bras, de faire ce qu'on lui demandait, de lâcher prise…

Avec un soupir de défaite, il se tourna vers la forêt et, les épaules basses, quitta la clairière.

Nikita se retourna vers son père qui reprit sa forme humaine et le prit dans une étreinte d'ours.

« Comment va mama ? Draco ? Hermione ? et tous les autres ? » demanda-t-il, inquiet.

« Vlada va bien, elle a juste fait un malaise et elle est à l'infirmerie. Draco va bien et Hermione est juste légèrement blessé. Pour les autres… nous verrons. »

Malgré son appréhension, Nikita acquiesça et se tourna vers Misha.

« Je ne présente pas mon calice... » sourit le vampire. « Elle va bien, ne t'inquiète pas. »

Nikita souffla et se tourna vers son père.

« Je veux rentrer à la maison. »

« Nous ne pouvons pas transplaner. Les Aurors ont tout bloqué pour que personne ne puisse s'enfuir. Les Mangemorts se sont tous écroulés… la douleur de la marque sûrement. »

« Et toi ? » demanda subitement Nikita, inquiet.

« Lucius et moi n'avons pas souffert. Je pense que seuls les véritables fidèles ont été touchés. »

Nikita soupira de soulagement et Severus continua :

« Misha peux-tu l'emmener ? »

« Ca ne va pas être possible… Je ne peux emmener qu'une personne par les ombres et je ne peux laisser mon calice seule dans cet état, avec un lien si récent. »

« Alors nous allons marcher… » déclara Severus en sortant des potions de sa poche.

Il en fit boire certaines à Nikita, en proposa d'autres à Misha qui déclina poliment, et lança des incantations sur les blessures de son fils pour le soigner, au moins de façon provisoire.

Une fois les soins terminés, il passa la main de Nikita derrière sa nuque et le soutint par la taille de façon à porter une partie de son poids pour l'aider à avancer seul. De cette façon, ils purent commencer leur marche jusqu'à Pré-au-Lard, où se trouvaient plusieurs médicomages, l'infirmerie de Poudlard étant surpeuplée depuis bien longtemps maintenant.

Le chemin fut assez rapide. Ce qui avait paru être un parcours interminable et terrifiant lorsque Nikita avait traversé la forêt à onze ans se révéla être une balade agréable en compagnie de son père et de son frère. Aucun d'eux ne parla, profitant de ce calme étrange, essayant de se convaincre que la guerre était belle et bien finie, qu'ils allaient rentrer chez eux.

Mais plus ils approchaient des maisons et plus l'horreur de la situation parvint à Nikita.

Pré-au-Lard n'avait plus rien du petit village coquet qu'il avait découvert en troisième année, caché sous sa cape d'invisibilité. De la fumée s'échappait des habitations, des corps jonchaient le sol, laissant couler des flots de sang sur les pavés et des pleurs résonnaient à chaque coin de rue.

Nikita prit conscience de la bataille qui s'était joué ici, pendant que lui était dans la forêt. Et si le combat avait été difficile, ça n'était rien en comparaison de la déchéance qui régnait à cet endroit, laissant supposé de bien pires combats et tortures

Alors qu'il avançait tel un automate, guidé par son père, il passa devant des dizaines de corps, reconnaissant certain comme étant des Serdaigles, des Gryffondors, des Poufsouffles et même des Serpentards. Pour la plupart, il ne les connaissait que de vue, mais il connut aussi la peine de voir le visage légèrement joufflu d'Hannah, coincé sous le corps d'un Mangemort, les yeux vides de toute vie. Il vit des anciens élèves qu'il n'était pas sensé connaître, tel que Olivier Dubois, et des plus jeunes, comme Colin Crivey.

Combien d'autres étaient mort en ce jour funeste ? Il n'avait pas vraiment envie de le savoir. Pas maintenant.

Il resserra un peu son bras sur l'épaule de son père, et sentit la réponse de celui-ci. Il continua de marcher la tête haute, laissant les larmes dévaler ses joues encore une fois. Se rattachant uniquement à la présence de son père à ses côtés, il continua d'avancer, comme il l'avait toujours fait...


Voilà, c'était le dernier chapitre de RDMC, j'espère qu'il vous a plu, on se retrouve mardi prochain pour l'épilogue qui clôturera cette histoire.