Titre : Eclipse Totale
Pairing : Grimmjow Jaggerjack/ Jûshiro Ukitake
Rating : M
Disclamer : Tous les droits sont à Tite Kubo !
Genres : Poetry/Romance
Warning : Yaoi
Mea culpa : Je suis aussi désolée de publier avec du retard... La raison ? J'ai oublié. Je n'ai aucune autre justification... Toutes nos excuses à Itachihaku ! J'avais dit que N'Evoli répondrait... sauf que N'Evoli n'a pas répondu. Pour cela nous nous excusons platement... Quelles auteurs indignes de leurs lecteurs nous faisons...
NOTE MUSICALE : Depuis deux chapitres nous accordons texte et musique. Alors revenons aux origines pour celui-ci : je vous propose Power To Strive l'OST de Bleach. Il est trop court pour le poème, n'hésitez pas à le relancer...
Note conne : Je me suis tapé la tête contre mon clavier lors de l'écriture de ce chapitre. C'était encore plus dur que le Dies Irae. Une fois finit, je me suis mise à chanter toute seule comme une andouille « Plus jamais, plus jamais ça ! »
De : grimmjagger06xxx
A : Ukitake10xxx
Daté du : 26.06.2014
Objet : Des larmes, du silence et un croco.
Jûshirô, mon si empathique Jûshirô,
Sèche tes larmes et relève-toi. Mon but n'était pas de te faire pleurer. Moi j'ai ri ! Ri aux éclats en lisant ton mail ! M'avoir poussé dans mes retranchements ? Pour moi écrire est un jeu dont la mise est de me réinventer. Alors oui, je t'ai jeté à la gueule mon passé, je t'ai montré le point de départ de ma première chute, mais je ne pouvais pas mentir en te chantant une nature tendre et bucolique. Peut-être devrais-je m'excuser ? Je ne le ferrais pas. Je ne regrette aucun de mes mots.
Pourtant mon rire est rapidement mort dans ma gorge. D'étonnement d'abord, surpris d'avoir encore une fois réussi à te bouleverser.
Puis j'ai lu tes mots. Ce texte que tu as mis tant de temps à écrire.
Une claque. Rien de moins. Tu m'as étalé par terre.
Je ne vais pas te mentir. Ce que j'ai aimé dans ta poésie, dès que j'ai commencé à te lire, c'est ta naïveté, ta gentillesse. Tes poèmes étaient les rêves que je ne pouvais pas fabriquer. Des sortes d'absurdités que je gardais précieusement dans l'espoir, moi aussi, d'entendre un jour le sifflement d'un merle.
Alors quand j'ai lu cette nouvelle, ton histoire, je te jure Jûshirô, je suis resté comme un con assis sur ma chaise à regarder mon écran sans comprendre. Je ne cillais pas. Je ne respirais pas. Le temps semblait s'être arrêté.
Quand mes yeux ont glissé sur le dernier mot, je suis resté un moment sans ciller, sans respirer, dans un instant figé, plongé dans le silence de mon appartement et la frappe sourde de tes mots qui battait encore en moi.
Je me suis levé, je me suis déshabillé et je me suis couché. Quand j'ai fermé les yeux, sur mes paupières se dessinait ton visage sur le carré blanc d'un oreiller d'hôpital.
Le lendemain, je suis retourné lire ton mail. Mais cette fois je n'ai pas touché à ton texte. Ah ça non ! Plus jamais ! J'ai pris une fois dans la gueule ta putain de douleur, c'est suffisant ! Pour le coup rassure-toi, tes larmes ont été vengées par ton texte.
Au final, est-ce que j'ai aimé ? Dire que c'est le cas serait faux. Dire que ça ne l'est pas, aussi. En lisant tes mots, ta blessure a fait écho aux miennes comme une sœur. La rencontrer m'a grandement troublé.
Puis j'ai lu ton défi.
J'ai pas compris. Non. Vraiment pas. Du coup, je suis allé réviser mon registre épique et définition d'épopée. Ensuite, j'ai recherché un héros. Il y a peu de gens que je respecte. Alors propulser quelqu'un au rang de héros... la blague. Pourtant, il y en a un. Un homme qui est venu me chercher au fond du désert.
C'est avec une très grande fierté que je te présente ma rencontre avec lui. À vrai dire, parler de lui est assez facile. Ce n'est pas pour ça que j'ai mis tant de temps à t'écrire. Non, dans cette histoire, ce qui m'a fait chier c'est... le format ! Bon... Déjà tu me demande des vers. Des putains de vers à l'antique avec un nombre de pied défini. Ensuite des hyperboles, des gradations, partout !
Putain ! Ton but c'était quoi dans cette histoire ? Me faire tourner chèvre ?! J'ai cassé trois tasses à m'acharner sur certains vers. Je te jure Jûshirô, que j'espère vraiment que tu vas le savourer ce putain de poème parce que plus jamais, tu lis bien, plus jamais, je refais un travail de cette ampleur.
Puis tu me connais, j'allais rien t'envoyer avant d'avoir terminé. Donc j'ai rien fait.
Quand je n'écrivais pas ou que je ne travaillais pas, il m'arrivait de réfléchir à ton prochain thème. J'ai repensé à ton premier défi : la Nature. Tu m'as dit blanc. J'ai décidé de te répondre noir. Parle-moi de la Ville. Qu'est-ce qu'elle te fait ressentir ? Qu'est ce que ses murs te chuchotent à toi, le grand écrivain ?
J'espère que tu n'es pas mort d'impatience, c'est vrai qu'il m'a fallu du temps pour être enfin satisfait. Mais me voilà.
Donne-moi de tes nouvelles, dis-moi si tu vas bien, même si tu sembles impliqué dans notre jeu, tu disparais. Et je veux te retrouver.
A bientôt,
Grimmjow.
PS : Cette semaine, un colis spécial pour toi. Quelque chose va arriver chez toi. Mais je ne te dirais pas quoi...
Le petit roi et le dragon
Des rires mesquins de gamins
Résonnent dans la rue crasseuse.
Massacre et Souffrance sont
De si amusants jeux d'enfants.
Le temps a fuit et nous grandit.
Pourtant, encore nous jouons.
Coup sur coup les poings se fracassent
Sur les dos, les nez et les côtes.
Frapper pour s'échapper. Cogner
Pour montrer que la solitude
N'a rongé ni notre puissance
Ni notre volonté de vaincre.
Il faut être toujours plus fort.
Le roi qui domine sa terre
Est celui qui court le plus vite,
Celui qui mord ses proies au sang,
Celui qui brise toutes les chaînes.
Se battre pour ne pas mourir.
Le sol est jonché de poussière
Et de souvenirs déchirés.
La nuit obscure a recouvert
La ville déjà drapée dans
Son manteau de brume gelée.
Les cris résonnent dans l'écho.
Je le sais, je ne suis qu'un enfant
Je joue au roi, je fais ma loi
Sur mon chimérique trône
De bois, carton et fumerolles
Par le pouvoir illimité
De ma couronne de papier.
Je m'efforce d'être comme ce si grand roi,
Ce héros que j'admire tant, le Magnifique,
Dont la gracile silhouette fait frémir
Guerriers et enfants, animaux et tueurs.
D'un simple geste de sa main ils cessent tous
Leurs jeux stupides, et s'inclinent face à Lui.
Ils sont terrassés par sa puissance sacrée,
Mais moi, je reste blotti dans l'ombre des murs.
Où avez vous donc vu, qu'un roi de pacotille,
Devait courber l'échine, face à celui qui
Envahi et assiège son territoire ?
J'aurais été sacré le plus ridicule roi.
J'aurais pu ne pas bouger et rester planqué.
Mais son sourire de monarque m'insupporte.
Pourquoi s'octroie-t-il le droit de me dépasser ?
J'ai beau lui faire face et bloquer le chemin
Il avance à pas mesurés, plus régulier
Que le balancement permanent d'un pendule.
Son visage d'albâtre ne m'évite pas.
Nos yeux se lancent dans une lutte sans merci.
Il grandit : c'est un géant, un pic, une montagne.
Il remue la poussière où ses pas foulent
Le sol encrassé. Il créé un brouillard qui
S'estompe comme une cape de spectres funestes.
Ses yeux topaze brillent à travers la fumée.
On dirait deux joyaux dont le feu immortel
Se répand sur le sol désolé. Il s'impose
Tel un dragon ondoyant, ondulant. Superbe.
A ses pieds, nous devenons alors des fourmis.
Des souffles furtifs qu'un cauchemar éteint.
Il s'impose à moi comme une hallucination,
Il tournoie tout autour de moi, aérien,
Puis se pose gracieusement, impose
Le silence. Ses lèvres, plus fines que des lames
S'entrouvrent sur des dents couleur nacre et ivoire.
Son sourire m'hypnotise. Je suis saisi.
Dois-je m'enfuir pour mieux être dévoré, ou
Affronter le monstre ? C'est une question stupide.
Je ne peux même pas bouger, je suis cloué,
J'étouffe. Le monde se recroqueville sur
Lui-même pour tenir dans le creux de sa main.
Je suis une brindille face à un cyclone.
Sa main se lève et s'apprête à me foudroyer.
Au lieu de ça, une caresse s'abat
Sur ma joue pour essuyer une larme de
Désespoir qui passait par là, fourbe, traîtresse.
Ses yeux froids et dominateurs ont disparu
Pour devenir le feu doux de l'âtre d'un foyer.
De sa langue câline, contre mon oreille
Il m'implore de le suivre. C'est un refrain
Qui me pousse à me jeter dans une étreinte
Chaude, sans pudeur et de toute mon ardeur.
J'aimerais tant lui faire confiance, mais
Je tremble, incapable de me décider.
Je ne suis qu'une minable bête traquée.
Il insiste, sans démordre de son sourire.
Sa main tendue vers moi ne s'abaisse pas. Il
Veut que je marche sur ses pas. Me transformer
D'un roi de pacotille à un bébé dragon
Aux ailes d'acier. Il m'en fait la promesse.
Alors je prends la plus grande inspiration
De toute ma vie et je m'envole avec lui.
Je cours à ses côtés comme un chien suivrait
Une lumière mais cette lumière
Me rend si heureux. Ses bras puissants me tirent
De la fange et me montrent la marche à suivre.
Je deviens un parfait petit dragonneau
Hargneux, la gueule écumante, prêt à sauter
Au cou de celui qu'il m'indiquera d'abattre.
Il m'apprend à marcher et à me cacher,
Il me montre comment cracher du feu, saisir
Ma proie, inquiéter, effrayer et tuer.
L'étreinte de ses bras ne se tarie jamais.
Avec tous les autres petits nous imitons
Tous ses mouvements, tels les soldats de Dieu,
qui dans sa grandeur, nous a tous pris sous son aile.
Ce sont ses mots que nous suivons, pour avoir du pain.
Ce sont ses yeux qu'il nous faut toujours garder en tête.
Tous les enfants ont eu des héros à chérir.
Des grands hommes qui sauvaient des villes entières,
Des héros qui pensaient aux autres avant eux. Moi,
Mon héros est égoïste, orgueilleux et
Extrêmement susceptible. Il est bien plus
Intelligent qu'un tas de muscles à l'état brut.
Mon héros est celui qui m'a sauvé de la
Solitude, de la déchéance et de la
Violence sans but. Chaque jour, de son doigt impérieux,
Il me montre la voie. Sans question, je fonce.
J'ai goûté à nouveau au sens du mot bonheur
Dès que je lui ai donné ma confiance.
Il me cache, me protège dans sa caverne
Bien loin d'une stupidité latente qui
Pourrais faire de moi une pourriture.
Pour toujours et à jamais son premier
Sourire sera le symbole du début
De ma vie. Ma première lueur d'espoir.
Merci d'avoir lu jusqu'au bout ! A dimanche prochain,
Cadeaux et boule de neige !
Une petite review ?
