Chapitre 36: Mort

« Je suis venu te demander d'être mon gardien de la foudre. »

Lambo se contenta de fixer son grand frère d'un air ahuri et après un long moment de silence, il fit, « … Eh ? »

Le petit brun se mit à rire, il avait prévu ce genre de réaction. Il tendit la main pour lui montrer la bague scintillante qui se trouvait sur sa paume. « J'ai besoin d'un gardien de la foudre et tu es la seule personne à qui je puisse le demander. »

Lambo l'observa pendant encore un petit moment, puis ses yeux se remplirent de larmes et son nez commença à couler lorsqu'il se mit à pleurer.

« Eh ? » s'exclama Tsuna qui commençait à paniquer. Il lui avait fait peur ?

L'instant d'après, Lambo se jeta au cou de son grand frère, inondant son T-shirt de larmes. Ne sachant pas quoi faire, Tsuna se contenta de le bercer gentiment pour qu'il arrête de pleurer.

Lorsqu'il se calma enfin, Lambo se recula, les yeux encore rougis par les larmes. Soupira en voyant l'état de ses vêtements, Tsuna secoua la tête et prit un mouchoir pour essuyer le nez de Lambo.

Une fois propre, le petit garçon sourit et tendit la main vers son grand frère. « Donne. » dit-il pressement.

Souriant d'un air exaspéré, Tsuna lui offrit la bague et celle-ci disparut presque instantanément quelque part dans le costume de vache de Lambo.

« Le génial Lambo ne te laissera pas tomber ! » s'écria-t-il d'un air déterminé et Tsuna se prit à sourire.

« Je le sais. » dit-il en l'embrassant sur la tempe. « C'est pour ça que je t'ai choisi. »

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Le lendemain du banquet, Reborn fut assez magnanime pour laisser son élève épuisé dormir quelques heures de plus, sachant qu'il en irait autrement durant les prochains mois. Le petit hitman s'en assurerait lui-même.

Lorsque le jeune héritier se réveilla aux alentours de midi, il se sentit merveilleusement bien reposé, mais cela ne dura pas. Il se rappela que son vol à bord du jet privé des Vongola partait dans à peine une heure et qu'il ne devait pas être en retard s'il ne voulait pas manquer la rentrée des classes. Cela ne lui laissait guère de temps à passer avec son père, sans compter qu'il devait aussi prendre son déjeuner.

Ses pieds se prirent dans les couvertures et Tsuna laissa échapper un petit cri en tombant du lit. Il se releva immédiatement et sans prendre la peine de sauter dans la douche, il s'élança dans les escaliers et courut vers la salle à manger où tout le monde se trouvait. La seconde génération de Vongola semblait encore à moitié endormie et Lambo somnolait même dans les bras de sa mère. Leurs parents en revanche, étaient tous parfaitement réveillés.

Tous levèrent la tête lorsque Tsuna arriva et ses frères et sœurs se redressèrent légèrement sur leurs chaises.

Essayant de contenir son amusement en voyant la réaction des enfants, Giotto fit signe à son fils de venir s'asseoir à côté de lui.

Obéissant sans un mot, un Tsuna somnolant se retrouva bientôt face à un bol de céréales.

Se découvrant un nouvel appétit, le garçon se mit à engloutir son petit déjeuner, sans remarquer l'atmosphère tendue qui régnait dans la salle.

Ce n'est que plus tard, lorsque lui et ses frères et sœurs étaient sur le point de partir avec Reborn, qu'il se rendit compte à quel point son père, et tous les autres gardiens, étaient contrariés.

« As-tu vraiment besoin de retourner au Japon? » demanda Giotto avec appréhension. Il ne pouvait s'empêcher de penser au futur qu'il avait vu, c'était un souvenir ineffable. Il n'aimait guère l'idée de laisser son fils partir à l'autre bout du monde. Si quelque chose arrivait, il ne pourrait être présent. « Pourquoi ne viendriez-vous pas dans une des écoles du coin ? »

Tsuna sourit à son père et le prit dans ses bras. « Tu sais bien qu'on ne peut pas faire ça, papa. On est en plein milieu de l'année scolaire ! Et de toute façon, on aime vivre au Japon. C'est vraiment génial. » En voyant la mine déçue de son père, il tenta de lui remonter le moral. « Mais ne t'en fais pas ! On viendra vous voir pendant les vacances et vous pouvez venir quand vous voulez ! On aura notre diplôme et on reviendra en Italie avant même que tu ne t'en rendes compte ! »

Giotto fit de son mieux pour paraître plus joyeux et il acquiesça, embrassant le petit brun sur la tempe avant de lui dire au revoir.

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Lorsque Tsuna et ses frères retournèrent au Japon, la vie suivit son cours, comme à l'ordinaire. Reborn ne mit à les faire travailler comme des bêtes, les soumettant tous à un entraînement rigoureux bien que les frères et sœurs et Tsuna ait chacun des tuteurs particuliers qui venaient les surveiller de temps à autre.

Le temps passa rapidement et une autre année s'envola ainsi.

Ils avaient passé tous ses mois à s'entraîner et à apprendre à utiliser leurs flammes.

Mais à leur insu, dans un autre monde dix ans dans le futur, les prémisses d'un plan commençaient à se dévoiler. Un plan qui allait changer leurs vies, pour le meilleur ou pour le pire.

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Dix ans plus tard

Tout sembla se dérouler au ralenti.

Les portes de la salle de conférence s'ouvrirent à toute volée et les expressions horrifiées des frères de Tsuna semblèrent figées pour l'éternité. Il pouvait entendre les cris de détresse de Lambo et ceux, enragés, de Hayato. Il était presque capable de voir le sourire disparaître des lèvres de Takeshi et le sang déserter le visage de Ryohei, le laissant pâle et vulnérable. Les cris de Chrome résonnèrent dans sa tête et le son du trident de Mukuro heurtant le sol créa un écho dans la salle. Même Kyoya, pourtant au courant du plan, semblait réellement effrayé pour son jeune frère. Ses yeux étaient vides d'émotion mais son corps tremblait violemment.

La seule chose que Tsuna regrettait était de voir les visages terrifiés de sa famille et de savoir comment son père allait réagir à la nouvelle. Mais il était trop tard pour reculer à présent et Tsuna soupira, fermant les yeux tandis qu'il attendait que son plan se mette en marche.

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Giotto laissa retomber sa tête, l'air dépenaillé. Il était si fatigué, cela faisait si longtemps qu'il était prisonnier de cette cage qu'il avait parfois l'impression qu'il commençait à oublier le visage de son fils. Il redoutait de perdre espoir, mais savait qu'il ne pouvait pas se laisser aller. Il devait préserver son énergie. Il devait continuer à croire qu'un jour, son fils et ses neveux viendraient les sauver.

Cet espoir était ce qu'il le maintenait en vie et Byakuran en avait parfaitement conscience. C'est pourquoi, le jour où il reçut cette merveilleuse information, il décida de se diriger d'abord vers le Don des Vongola.

Se tenant devant la cage de cet homme, il sourit d'un air satisfait, savourant le plaisir de voir son ennemi si faible. L'inébranlable volonté de cet homme l'agaçait mais il savait que l'information qu'il détenait à présent allait le briser. Giotto ne pourrait jamais survivre à cela. Après tout, il avait été la raison de son existence.

Anticipant sa réaction avec joie, l'homme aux cheveux blancs ouvrit la bouche pour prononcer les mots qui allaient détruire le monde de Giotto.

« Tsunayoshi Taru est, depuis quelques heures, déclaré mort. »